Église en Sortie – 15 février 2021

Dans cet épisode d’Église en Sortie, on fait mémoire du christianisme social au Québec avec l’historien Frédéric Barriault. On vous présente un reportage sur l’église de la Visitation de l’île-Dupas. Et on parle du livre « l’âme retrouvée: le cadeau d’une crise » et avec le théologien et auteur Jean-François Gosselin. Église en sortie est tous les lundis à 20H30 et en reprise les vendredis à 19H30. Sur les ondes de Sel + Lumière, votre chaîne canadienne de télévision catholique.

La santé est un tout: réflexion sur la 29e Journée mondiale des malades

(Image par truthseeker08 de Pixabay)  Aujourd’hui 11 février, l’Église célèbre la fête de Notre-Dame de Lourdes ainsi que la 29eJournée mondiale du malade. Il est évident que les circonstances de pandémie ont donné une signification particulière au thème de cette année : Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères (Mt 23, 8). Comment donc mettre « La relation de confiance à la base du soin des malades »au centre des soins de santé ? Voilà une question à laquelle la prière peut apporter sagesse et discernement.

Une relation d’accueil

Dans son message pour l’édition 2021 de cette Journée, le pape François soulignait que « Pour qu’une thérapie soit bonne, l’aspect relationnel est décisif car il permet d’avoir une approche holistique de la personne malade » (no 4). Qu’est-ce que ce lien spécial qui unit un malade à son soignant ? Les circonstances nous en disent beaucoup sur celle-ci. D’abord, puisque personne ne désire être malade, personne ne désire a priori aller chez le médecin. Cela peut donc être difficile mais le soignant doit toujours pallier au malaise du patient par un excès d’accueil et de bonté proportionnel à la souffrance du malade. Faire la connaissance d’une personne lorsqu’on est en souffrance peut grandement affecter l’humeur de la rencontre !  Certes cela peut paraître ingrat, mais une fois la guérison obtenue, le patient trouvera certainement l’énergie pour remercier. Cette remarque préliminaire nous aide à comprendre que la relation soignant/soigné doit s’insérer dans une vision globale de la médecine qui, par un certain réalisme, témoigne tant des possibilités que des limites de la profession médicale.

La santé dans l’humilité

Accueillir l’autre par dévouement et avec patience n’est pas tout. Il faut aussi de la part du soignant une certaine dose d’humilité. Parfois affectés par le « complexe de Dieu » certains médecins ont une estime trop grande de leur propre capacité et, par le fait même, exacerbe les attentes des patients. Cette dynamique n’est pas saine, ni pour le soignant, ni pour le malade. Dans ce cas de figure, le soignant, loin de travailler pour le bien du malade, cherche, par l’entremise de celui-ci, à atteindre ses objectifs personnels de performance. On risque alors l’acharnement thérapeutique. Devant une telle logique, la confiance du malade peut être affectée, entraînant ainsi des conséquences néfastes dans sa volonté de suivre le traitement prescrit. Pour pallier à cette logique qui mine l’institution même de la médecine, le Pape invite à

« Établir un pacte entre ceux qui ont besoin de soin et ceux qui les soignent ; un pacte fondé sur la confiance et le respect réciproques, sur la sincérité, sur la disponibilité, afin de surmonter toute barrière défensive, de mettre au centre la dignité du malade, de protéger la professionnalité des agents de santé et d’entretenir un bon rapport avec les familles des patients. » (No 4).

Pour ce faire, l’univers médical doit retrouver une vision de la santé en accord avec une vision globale de la personne humaine.

La santé est un tout

Dans nos sociétés, nous associons trop souvent la notion de « santé » à sa dimension purement biologique. Or, bien qu’essentielle au déploiement de beaucoup de potentialité humaine, la santé biologique ou sa privation dans la maladie n’est pas seule garante d’une vie accomplie. Bien qu’il soit parfois difficile de le concevoir, la réalisation de nos plus profondes aspirations ne dépend pas de notre santé physique. Combien de saints (je pense à saint Ignace ou sainte Thérèse de Lisieux) ont découvert leur vocation au cours d’une maladie qui les avait cloués au lit ? Les maux que sont la souffrance et la mort ne doivent pas nous empêcher de voir que notre destinée ultime se trouve au-delà du biologique. Bien sûr les maladies et virus sont des maux à combattre. Ce combat ne doit toutefois pas se faire au détriment de ce qui donne sens à l’existence humaine. Tout à la santé physique nous fait oublier que la santé est un tout.

Marie, Santé des malades

Alors que cette année 2021 s’ouvre dans l’espoir de vaincre la pandémie qui nous affecte tous, le recours à Marie, Santé des malades, peut nous être grandement profitable. Tant dans l’accueil des malades que dans l’expérience fructueuse de la maladie, du développement et de la pratique d’une médecine véritablement humaine que dans la diffusion d’une vision globale de la santé personnelle et collective, Marie nous apprend à « méditer » (Lc 2, 19) dans nos cœurs le cours des événements afin d’y trouver les principes de notre action. Par l’intercession de Marie nous retrouverons cette « confiance » à l’intérieur de laquelle nous pourrons « fleurir comme enfants de l’unique Père, appelés à vivre une fraternité universelle » (No 1)

Vous trouverez ci-dessous la Messe de Notre-Dame de Lourdes, présidée par Mgr Christian Lépine, en provenance de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal:

Église en sortie 8 février 2021

Dans cet épisode Église en Sortie, Francis Denis discute de la fête de Notre-Dame de Lourdes avec le théologien et père Mariste Yvan Mathieu. On vous présente un reportage sur l’église de l’Annonciation d’Oka. Et on parle du patrimoine de l’église Saint-Jean-Baptiste de Québec avec l’ethnomuséologue Claude Corriveau.

Une journée pour une nouvelle fraternité humaine

(Image: Courtoisie VaticanNews) Aujourd’hui, jeudi 4 février 2021, se tient la première « Journée internationale de la fraternité humaine ». Pleinement impliqué dans cette initiative internationale votée « à l’unanimité par l’Assemblée des Nations Unies le 21 décembre 2020 », le Saint-Siège a mis de l’avant une participation centrée sur le rôle des grandes religions dans la construction d’une véritable culture de la paix. Deux événements récents manifestent cet engagement du Saint-Siège au service de la fraternité humaine. En lien avec la signature du document sur la « Fraternité humaine » co-signé avec Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb et sa plus récente encyclique « Fratelli Tutti », le pape François souhaite que l’implication de l’Église soit comprise comme une manifestation de ce « courage de l’altérité », courage permettant de comprendre que «celui qui est différent de moi, culturellement et religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous ». Dans ce contexte, les religions ont non seulement une grande responsabilité mais aussi une capacité unique pour rendre notre monde plus fraternel.

La paix, entre architecture et artisanat

Alors que notre monde vit une crise sanitaire, pour plusieurs, sans précédent, il est central de penser à l’état des lieux de notre monde pour tenter de modifier les mauvaises routes qui nous désorientaient jusqu’à présent. Guidée par des principes dirigés vers le développement global de la personne, la reprise pourrait être l’occasion de développer des relations humaines et politiques véritablement au service du bien commun. Comment donc être un acteur de cette culture de la paix dans notre vie quotidienne ? Pour le pape François :

Les processus efficaces d’une paix durable sont avant tout des transformations artisanales réalisées par les peuples, où chaque être humain peut être un ferment efficace par son mode de vie quotidien. Les grandes transformations ne sont pas produites dans des bureaux ou dans des cabinets. (No 231)

Bien que les grandes organisations internationales aient un rôle irremplaçable en facilitant l’amitié entre les États et les différentes institutions de la société civile, nous sommes tous appelés à prendre notre part de responsabilité. La fraternité n’est donc pas seulement une « architecture » mise de l’avant par des professionnels, elle est également un « artisanat » auquel toute personne peut participer. Cela est tout particulièrement vrai pour les croyants. Par la prière, la connaissance approfondie de sa propre foi (ce que le Pape nomme « le devoir d’identité »)ainsi que le dialogue, les hommes et les femmes de toutes les religions sont appelés à faire rayonner l’apport des grandes traditions religieuses en faveur de la fraternité universelle.

L’amitié dans la liberté

Cette pandémie a bien évidemment eu comme première conséquence, outre la maladie de ceux qui ont eu le malheur d’être infectés, la diminution sinon une perte considérable de notre liberté de mouvement. Cette expérience, vécue presque universellement, peut nous rendre sensibles à ce que signifie pour beaucoup de croyants du monde les restrictions en matière de liberté religieuse. Comment, en effet, faire la promotion d’une fraternité universelle sans permettre à nos frères et sœurs en humanité de prier et de vivre leur foi librement ? Comme le dit le Pape :

« Nous, chrétiens, nous demandons la liberté dans les pays où nous sommes minoritaires, comme nous la favorisons pour ceux qui ne sont pas chrétiens là où ils sont en minorité (No 279).

Si l’amitié ne se trouve que dans la liberté, et que celle-ci n’est véritablement possible que dans un cadre politique et légal respectant la liberté religieuse, nous devons, chacun à son niveau, mettre en pratique ce principe fondamental. L’invitation du Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb adressée au pape François à participer à une réunion en visioconférence en présence du Cheikh Mohammed Ben Zayed d’Abou Dhabi peut être comprise en ce sens. En soulignant l’engagement commun au service de cette fraternité humaine, cette invitation est en soit un exemple de cette esprit de liberté et, donc, de fraternité. Elle manifeste que l’amitié est possible non pas, en faisant fi des différences mais, bien au contraire, en les assumant pleinement.

Un prix pour l’engagement en faveur de la fraternité

Créé en 2019 dans la foulée de ce nouveau canal du dialogue islamo-chrétien ouvert sous le pontificat du pape François, le « Prix Zayed de la Fraternité humaine »sera remis aujourd’hui 4 février par visioconférence. Grâce à Vatican news[12], KTO TV et Sel + Lumière Média, vous serez en mesure d’écouter cette cérémonie exceptionnelle. Les lauréats de cette année sont Latifah Ibn Ziaten, fondatrice de l’Association Imad pour la jeunesse et la paix et António Guterres, 9e Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Laissons-nous inspirer par ces modèles d’un engagement au service de la fraternité universelle. Un rendez-vous à ne pas manquer !

(Vidéo: Courtoisie PC Interreligious Dialogue Journée Internationale de la Fraternité Humaine)

Retrouver son âme durant le confinement avec Jean-François Gosselin

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis s’entretient avec le théologien et mathématicien Jean-François Gosselin pour parler de son plus récent livre « L’âme retrouvée: le cadeau d’une crise« . Sont notamment abordés les thèmes de la pandémie, du confinement, de l’âme, du temps, de l’Amour, du rapport à soi, de notre rapport à la mort en lien avec l’apport de la spiritualité chrétienne. Tout cela et bien plus sur Parrêsia, votre balado qui prend le temps de penser.

Église en sortie 1er février 2021

Cette semaine à Église en Sortie, on parle du livre « Faire nôtre l’exhortation Amoris Laetitia avec le théologien et auteur Gilles Routhier. On vous présente un reportage sur l’église Saint-Thomas d’Aquin à Saint-Lambert. Et on s’entretient de l’année de la Famille décrétée par le pape François avec Isabelle Gagnon.

Renouveler la famille pour changer le monde

(Image: courtoisie PixAbay) Quelques semaines avant Noël, le pape publiait un livre d’entretien avec le journaliste Austen Ivereigh intitulé « Un temps pour changer » dans lequel il nous invite à saisir l’opportunité que pourrait constituer cette pandémie mondiale. Comment donc opérer ce changement des dynamiques toxiques qui affectent trop souvent nos sociétés ? Et pour cela, comment distinguer « le bon grain de l’ivraie » (Mt, 13, 24) ? Une chose est certaine, si la société a besoin d’être réformée, cela ne pourra se faire qu’avec l’apport de sa cellule fondamentale : la famille. Comme le dit le Concile Vatican II : « Le Créateur a fait de la communauté conjugale l’origine et le fondement de la société humaine » (AA, no 11). Renouveler la société passe donc par une redécouverte du don de la famille. Rien d’étonnant à ce que le même Souverain Pontife ait décrété une année spéciale dédiée à celle-ci.

Des familles au service de la société

Il est clair que le renouvellement de nos cellules familiales ne pourra s’opérer que par la prière et la méditation des Mystères divins. Sans l’action transformatrice de la Grâce de Dieu offerte à tous gratuitement, aucune transformation en profondeur ne sera possible. Or, une des conditions essentielles à ce changement intérieur des familles est le temps. Comme le dit le pape François dans l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia :

L’amour a besoin de temps disponible et gratuit, qui fait passer d’autres choses au second plan. Il faut du temps pour dialoguer, pour s’embrasser sans hâte, pour partager des projets, pour s’écouter, pour se regarder, pour se valoriser, pour renforcer la relation. Parfois le problème, c’est le rythme frénétique de la société, ou les horaires qu’imposent les engagements du travail. D’autres fois le problème est que le temps passé ensemble n’est pas de qualité. (no 224)

Le confinement actuel n’est-il pas le moment opportun nous permettant de nous retrouver et contempler ce qui, en nous, s’opère à chaque instant. Cette frénésie, tel un anesthésiant, ne nous avait-elle pas habitués à orienter nos vies sur ce qui est accessoire sinon futile ? Ainsi, parce qu’elle nous a donné l’opportunité de nous retrouver simplement en famille, la pandémie pourrait être cet élément déclencheur qui « met en évidence l’importance de l’amour comme principe de vie dans la société (cf. n. 44), lieu où s’apprend l’expérience du bien commun » (Caritas in Veritate, no 44).

Une société au service des familles

Il est clair que le constat du pape François n’est pas reluisant. Comme il le dit dans l’encyclique « Fratelli tutti » : « De nombreuses formes d’injustice persistent aujourd’hui dans le monde, alimentées par des visions anthropologiques réductrices et par un modèle économique fondé sur le profit, qui n’hésite pas à exploiter, à exclure et même à tuer l’homme » (no 22). Ce manque de scrupules de certains à abuser de leur position pour dominer l’autre est, nous dit le Pape, une conséquence d’une dilution du sentiment de fraternité universel. Or, comment comprendre et vivre selon cette vérité que cet « autre » est un frère ou une sœur sans en avoir d’abord fait l’expérience en famille ? Nous sommes en plein cercle vicieux. Moins il y aura de familles où se vivent l’amour, la patience, le don et la gratuité, moins nos sociétés pourront être qualifiées de ces adjectifs. Comment s’en sortir ?

Puisqu’il est primordial de retrouver collectivement le sens de la famille, nous devons également surmonter « l’affaiblissement de la foi et de la pratique religieuse [qui] dans certaines sociétés affecte les familles et les laisse davantage seules avec leurs difficultés ». (No 43). En d’autres termes, une des premières mesures en faveur de la promotion de la famille et, donc, d’une société solidaire serait de reconnaître la place qui revient de droit à la religion. Comprenant que le religieux est d’abord et avant tout, une donnée constituante de la nature humaine, la société aurait tout avantage à renouer avec cette dimension religieuse de notre être. Mettre fin au climat de suspicion à l’égard des personnes de foi par une attitude franche et ouverte serait déjà un pas dans la bonne direction et un bon moyen de favoriser la vie familiale authentique à moyen et long terme.

Pour une fructueuse réciprocité

La pandémie de COVID a manifesté l’ensemble de nos fragilités. Ce qui était faible et vulnérable a été fragilisé sinon emporté tandis que ce qui était fort et bien portant a pu supporter sinon profiter de la crise. Même avec les meilleurs systèmes de protection sociale, il est désormais évident qu’il est impossible de prendre soin de toutes les personnes vulnérables. Avec l’appui professionnel des services d’État, seule la famille peut remplir cette tâche immense. Redécouvrir la réciprocité qui doit exister entre la société et la famille et établir des mécanismes imprégnés de cette mutuelle dépendance pourrait être un premier pas vers un avenir meilleur.

Pour approfondir le sujet et aller plus loin, ne manquez pas sur nos ondes lundi 1erfévrier à 20 h 30 l’émission Église en Sortie dédiée à cette question de la famille dans l’Église et la société.

Église en sortie 11 janvier 2021

Cette semaine à Église en Sortie, on parle des relations entre la psychologie et le christianisme avec le professeur Christian Bellehumeur. On vous présente un résumé de la fin de semaine de célébrations entourant la béatification du père Michael McGivney. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis reçoit le directeur suprême des Chevaliers de Colomb, Daniel Duchesne.

Église en sortie 14 décembre 2020

Cette semaine à Église en Sortie, on parle de la pastorale en temps de COVID-19 avec l’archevêque Montréal Mgr Christian Lépine. On vous présente un reportage sur l’église Saint-Michel à Vaudreuil. Et on parle de l’évangélisation auprès des peuples autochtones avec le directeur de « Mission chez nous » Mathieu Lavigne.

Église en Sortie 30 novembre 2021

Cette semaine à Église en Sortie, on parle du livre « Entre l’arbre et l’écorce: Fidélité et obéissance dans l’Église d’aujourd’hui » avec l’éditeur adjoint chez Novalis Simon Maltais. On vous présente un reportage sur la cathédrale Sainte-Céline de Valleyfield. Et on s’entretient de la grandeur et beauté du sacerdoce ministériel avec la philosophe Laurence Godin-Tremblay.

Secured By miniOrange