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Les voies du désert…


Premier dimanche de carême
26 février 2012

Genèse 9,8-15; 1 Pierre 3,18-22; Marc 1,12-15

Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui attend le Carême avec impatience? Qu’est-ce qui nous attire dans le Carême? Quels aspects de cette démarche nous mettent à l’épreuve? Pour nous aider, les textes de l’Écriture de ce temps liturgique ont été soigneusement choisis pour rejouer l’histoire du salut sous nos yeux.

Nous commençons avec Jésus au désert… Le désert, le soleil et les affres de la faim et de la soif conjurent le démon. Marc présente Jésus aux prises avec Satan, seul et silencieux dans le désert. Dans la « tentation de Jésus au désert », Marc ne parle pas des trois tentations ni du fait que Jésus aurait jeûné. Pour Marc, la tentation de Jésus s’inscrit dans la lutte entre le bien et le mal, entre Dieu et Satan. Lire la suite…

Il a fallu quarante jours

Mercredi des Cendres
22 février 2012

Joël 2,12-18; 2 Corinthiens 5,20 – 6,2; Matthieu 6,1-6.16-18

L’Église entreprend aujourd’hui sa grande aventure du Carême avec Jésus, sur la route vers Jérusalem. Pendant des siècles, le Carême a été un parcours spirituel intense pour ceux qui suivent Jésus le Christ.

Pourquoi le Carême compte-t-il quarante jours? Il a fallu quarante jours pour que le péché soit noyé dans le déluge et qu’une nouvelle création puisse hériter de la terre. Il a fallu quarante ans pour que meure la génération des esclaves et qu’une autre, née en liberté, puisse entrer dans la Terre promise. Moïse, Élie et Jésus ont jeûné et prié pendant quarante jours pour se préparer à l’œuvre de leur vie.

Le Carême nous invite à nous détourner de nous-mêmes et de nos péchés et à former une communauté. Nous exprimons notre repentance par l’abnégation, qui comprend trois volets selon l’évangéliste Matthieu. Lire la suite…

Jusqu’où aller pour rencontrer Jésus?

Septième dimanche du temps ordinaire
Isaïe 43,18-19.21-22.24c-25; 2 Corinthiens 1,18-22; Marc 2,1-12

Les récits de guérison dans les Évangiles ne sont jamais le simple renversement d’une infortune physiologique. C’est à travers les miracles que Dieu travaille, à travers les forces politiques, l’action sociale, l’intrigue, le chaos personnel et sociétal et à travers la vie quotidienne ordinaire, pour nous relever là où nous avons chuté et nous rediriger vers le droit chemin.

L’histoire présentée aujourd’hui, celle de la guérison du paralytique, réunit plusieurs aspects du début du ministère de Jésus dans l’Évangile de Marc. L’histoire clôt une série de guérisons miraculeuses qui ont commencé et se terminent à Capharnaüm (Marc 1,21; 2,12). Pour des raisons inconnues, Marc nous dit que Jésus a relocalisé son ministère dans ce village de pêche sur la rive nord-ouest de la mer de Galilée. C’est de là que Jésus a appelé cinq de ses disciples.

Le récit d’aujourd’hui (Marc 2,1-12) rend explicite ce qui était implicite dans les semaines précédentes : en guérissant les malades et en chassant les démons, Jésus manifeste le pardon de Dieu pour les péchés de son peuple. Dans les Écritures, le péché est souvent assimilé à la maladie (voir Psaume 103,3). Le psaume d’aujourd’hui (Psaume 41) annonce cette scène de l’Évangile : Dieu vient en aide à l’homme sur son lit de malade, le guérit de ses péchés et le rend capable de se tenir debout devant le Seigneur pour toujours. Lire la suite…

Categories: Réflexion biblique

Ne craignons pas les sépulcres de cette terre

Sixième Dimanche du Temps Ordinaire
Lévitique 13,1-2.44-46; I Corinthiens 10,3-11,1; Marc 1,40-45

La première lecture pour ce dimanche esquisse les lois sévères qui s’appliquaient aux personnes atteintes d’une maladie de la peau qu’on appelle habituellement, à tort ou à raison, la lèpre (Lévitique 13,1-2.44-46).  À travers l’histoire, peu de maladies ont suscité autant de crainte que cette horrible affection. Elle était jadis si grave et si répandue que Dieu donna à Moïse des instructions détaillées pour y faire face, comme le démontrent les chapitres 13 et 14 du Lévitique. La croyance voulant que Dieu seul puisse guérir la lèpre est un élément clé pour comprendre le miracle présenté aujourd’hui, miracle qui prouve l’identité de Jésus.

Dans la Bible, la lèpre apparaît sous deux formes principales. Les deux commencent par la décoloration d’une plaque de peau. La maladie devient ensuite systémique et touche les organes internes. La déformation des mains et des pieds se produit lorsque les tissus entre les os se détériorent et disparaissent. Lire la suite…

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Guérir les fièvres de la vie

Cinquième Dimanche du Temps Ordinaire
5 février 2012

Job 7,1-4.6-7; 1 Corinthiens 9,16-19.22-23; Marc 1,29-39

La pièce maîtresse des ruines du village de Capharnaüm sur la rive nord-ouest de la mer de Galilée est l’église octogonale noire du Panis Vitæ (le Pain de Vie), construite directement au-dessus de ce que l’on croit être la maison de Simon-Pierre. Voilà le décor du récit de l’Évangile de cette fin de semaine (Marc 1,29-39). L’un de mes mentors et professeurs, le père passioniste Carroll Stuhlmueller, m’a dit un jour qu’on devrait plutôt trouver sur la grande-place de Capharnaüm une immense statue commémorative dédiée à toutes les belles-mères du monde!

Essayez pour un moment d’imaginer le contexte de cette journée dans la vie de Jésus. Le groupe nouvellement constitué de disciples qui avaient laissé leurs filets, leurs bateaux, leurs employés et même leur père pour suivre le Seigneur (Marc 1,16-20) goûte totalement sa présence. Les paroles et les gestes de Jésus dominent totalement le mal. Sa personnalité est tellement convaincante et attirante. Quittant la synagogue où un esprit mauvais a été vaincu, Jésus et ses disciples font à peine quelques pas avant de croiser sur leur chemin d’autres maux, ceux de la maladie, des préjugés et des tabous. Nous lisons : « la ville entière se pressait à la porte » (Marc 1,33-34). Quelle agitation! Lire la suite…

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Annoncer la Parole de Dieu avec autorité

Quatrième dimanche du temps ordinaire
Deutéronome 18,15-20; 1 Corinthiens 7,32-35; Marc 1,21-28

Le début du récit de Marc à propos du Fils de Dieu raconte la vocation des premiers disciples (Marc 1,16-20) et la confrontation avec le mal (Marc 1,21-28). Ces appels à la vocation, influencés par les récits de vocation des prophètes (Isaïe 6,1- 13; Jérémie 1,14-19), sont des modèles à suivre. Jésus n’est pas un prophète solitaire, mais un prophète qui appelle des compagnons à « être avec lui ». Il entre dans la vie de quatre personnes engagées dans leurs occupations ordinaires, il leur dit simplement : « Suis-moi », et immédiatement, elles laissent tout pour le suivre.

Le récit de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm caractérise les premiers jours de son ministère, faits d’exorcismes et de guérisons. L’histoire reflète la pensée juive contemporaine qui croyait que la venue du Royaume de Dieu marquerait la défaite du mal, personnifié par un déploiement de démons et d’esprits impurs. La parole de Jésus est si puissante que les gens abandonnent leurs occupations et le suivent. Même les puissances démoniaques sont impuissantes devant sa parole. Jésus appelle les gens de se changer le cœur, de jeter un nouveau regard sur leur vie et de faire confiance à la Bonne Nouvelle. Ce n’est pas seulement une histoire du passé, mais histoire qui continue de parler puissamment et prophétiquement aux gens d’aujourd’hui. Lire la suite…

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Le gros poisson, la belle prise, l’ultime mandat

Troisième Dimanche du Temps Ordinaire
Jonas 3,1-5.10; 1 Corinthiens 7,29-31; Marc 1,14-20

Ceux qui prennent la Bible à la lettre remettront beaucoup de choses en question dans l’histoire de Jonas (Jonas 3,1-5.10): le gros poisson, la taille et la population de cette ville gigantesque, la conversion des Assyriens.

Mais ceux qui écoutent attentivement et reçoivent cette histoire avec les oreilles et les yeux de la foi ne se laisseront pas arrêter par ces détails. L’essentiel n’est pas la taille des monstres marins à la solde de Dieu ni les distances à parcourir à l’intérieur des villes ni le nombre élevé des conversions.

Pour les croyants, l’histoire étonnante de Jonas renferme un message bien plus important. Parce que les gens de Ninive se sont repentis en écoutant la prédication de Jonas et qu’ils se sont détournés « de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés » (Jonas 3,10). Personne ni aucun lieu ni aucune situation n’est au-delà de la miséricorde de Dieu et de son action curative.

Il n’est donc pas étonnant que le christianisme ait vu en Jonas un personnage positif préfigurant le Christ et son Évangile universel. Par le Christ, Dieu aborde son monde d’une façon nouvelle, décisive, afin d’accomplir toutes les attentes et les espoirs de l’Ancien Testament. Lire la suite…

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Le prix à payer pour être disciple

Deuxième Dimanche du Temps Ordinaire B

1 Samuel 3,3b-10.19; 1 Corinthiens 6,13b-15a.7-20; Jean 1,35-42

En réfléchissant aux lectures de ce dimanche, en particulier à l’appel de Samuel et à celui d’André et de son frère, je me suis souvenu de ce qu’a écrit le pasteur luthérien allemand Dietrich Bonhoeffer depuis sa prison dans l’Allemagne nazie : « Ce n’est qu’en vivant sans réserve les devoirs, les problèmes, les réussites et les échecs, les expériences et les perplexités de cette vie… qu’on devient un homme et un chrétien. » Bonhoeffer a vécu ce qu’il nommait de façon si poignante « le prix de la grâce » de vivre en disciple. Lire la suite…

Categories: Réflexion biblique

Habemus Cardinalem…

Au nombre des nouveaux cardinaux nommés aujourd’hui par le pape Benoît XVI se trouve l’archevêque de Toronto, Monseigneur Thomas Collins.  C’est un grand honneur pour le futur cardinal, pour l’Église de Toronto et pour l’Église canadienne! Monseigneur Collins est bien connu à Télévision Sel et Lumière. Il est pour chacune et chacun de nous à la fois un bon pasteur et un grand ami.

Les cardinaux sont choisis par le Saint Père pour être ses principaux adjoints et conseillers dans l’administration centrale des affaires de l’Église. Ensemble, ils forment le Collège des cardinaux. Le mot « cardinal » vient de deux mots du latin classique, cardo et cardinis.  Depuis trois cents ans, on traduit ces deux mots par « gond » ou « charnière » : ils désignent la pièce importante qui permet d’articuler deux forces opposées et d’en assurer la combinaison harmonieuse. De même que le gond permet d’accrocher facilement la porte à son chambranle, ainsi les cardinaux, disait-on, facilitent les rapports entre les fonctions d’enseignement et de gouvernement dans la hiérarchie de l’Église. Le Collège des cardinaux continue de jouer un rôle déterminant dans l’Église d’aujourd’hui, celui d’un pivot.

La couleur rouge que portent les cardinaux symbolise le sang versé par les martyrs et les témoins de la foi. Le témoignage public et transparent de la foi est en effet au cœur de la mission du cardinal. Pour citer le pape Benoît XVI, lors d’un récent consistoire, «le lien de communion et d’affection particulières qui lie ces nouveaux cardinaux au Pape, fait d’eux de singuliers et précieux coopérateurs du haut mandat confié par le Christ à Pierre, de paître ses brebis (cf. Jn 21, 15-17), pour réunir les peuples avec la sollicitude de la charité du Christ. C’est précisément de cet amour qu’est née l’Eglise, appelée à vivre et à cheminer selon le commandement du Seigneur, dans lequel se résument toute la loi et les prophètes. Etre unis au Christ dans la foi et en communion avec Lui signifie être «enracinés, fondés dans l’amour» (Ep, 3, 17), la trame qui unit tous les membres du Corps du Christ. »

 

« Toronto la bonne » est devenue encore meilleure quand Monseigneur Thomas Collins a accepté l’invitation du pape Benoît à passer d’Edmonton au grand archidiocèse de Toronto, il y a cinq ans. Pendant les cinq dernières années, il a été pour nous un berger, un pasteur, un maître, un administrateur et un leader sage et avisé, homme nourri de la Parole de Dieu parce qu’il habite tous les jours la demeure du Verbe. L’appui qui il donne à Télévision Sel et Lumière et sa participation à plusieurs de nos émissions et de nos entrevues, et notamment aux soirées de Lectio Divina diffusées depuis la cathédrale St. Michael’s, sont vivement appréciés.

Toute l’équipe de Sel et Lumière se réjouit avec l’archidiocèse de Toronto et toute l’Église du Canada et elle célèbre le fait que le pape Benoît XVI fera sous peu de Monseigneur Thomas Collins un cardinal de l’Église catholique romaine.

Nous offrons tous nos vœux au futur cardinal Collins et nous promettons de prier à son intention. Que le Seigneur le bénisse, qu’Il lui accorde la santé, le courage et la paix de l’esprit et du cœur à l’heure où s’accroissent ses responsabilités pour l’Église universelle. Puisse-t-il ne jamais perdre la simplicité qui lui a gagné l’affection de tant d’entre nous, et en particulier des jeunes! Que Dieu vous garde longtemps parmi nous, Excellence, bientôt Éminence!

Parmi les nouveaux cardinaux est un autre grand ami de Sel et Lumière, l’archévêque de New York Monseigneur Timothy Dolan qui est en même temps Président de la Conférence des Evêques des Etats-Unis d’Amérique.  Félicitations au futur Cardinal Dolan et aux peuples de ce grand et important diocèse de New York.

Sel et Lumière sera présent à Rome le mois prochain pour couvrir les grandes cérémonies du consistoire des nouveaux cardinaux le 18 et 19 février prochain.

Père Thomas Rosica, csb
Directeur général, Fondation catholique Sel et Lumière média

Categories: Église au Canada

Les nations viendront vers ta lumière – Solennité de l’Épiphanie

Lectures: Isaïe 60,1-6; Éphésiens 3,2-3a.5-6; Matthieu 2,1-12

Les lectures de la liturgie de l’Épiphanie ont de quoi nous secouer! Considérons la scène de la prophétie d’Isaïe. Les Gentils viennent de loin, attirés par la splendeur de Jérusalem; ils apportent des cadeaux et portent tendrement les fils et les filles de la cité sainte. Les ténèbres avaient enveloppé le peu- ple mais la gloire du Seigneur fait éclater la lumière et une aube nouvelle se lève. Admirable description de ce que nous venons tout juste de célébrer à Noël!

Dans l’Évangile de Matthieu (2,1-12), l’histoire des mages nous révèle le combat inévitable qu’entraîne pour le monde la manifestation de Dieu dans le Christ. Si nous lisons bien, nous voyons tout de suite que ce récit n’a rien d’un conte pour enfants : c’est une tragédie d’adultes. La ligne de front est nette et les forces prennent position. Un enfant est né au moment où domine un pouvoir qui sème la mort. Jésus constituait une menace : pour le trône d’Hérode, pour l’empire religieux des autres.

Dans leurs pays lointains, les mages bénéficiaient d’un niveau de vie princier, mais il leur manquait quelque chose – ils étaient inquiets, insatisfaits. Ils étaient disposés à courir des risques pour trouver ce que leur vision leur promettait. Contrairement aux bergers, les mages ont dû faire un long ; ils ont dû affronter l’adversité pour atteindre leur but. Les bergers aussi connaissaient l’adversité et elle les avait préparés à entendre le message des anges. Mais une fois leur peur surmontée, ils sont simplement « allés à Bethléem » pour rencontrer le Christ enfant.
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Categories: Réflexion biblique