Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 11 février 2026

Un diacre porte le Livre des Évangiles dans une église dans le cadre d’une procession d’entrée. Photo de Miguel White sur Cathopic.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa réflexion sur la constitution dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II, en mettant l’accent sur le rôle central de la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église. Il a souligné que de la relation entre les Écritures et l’Église, affirmant que « dans la communauté ecclésiale, les Écritures […] trouvent le cadre dans lequel elles peuvent accomplir leur mission particulière et atteindre leur objectif : faire connaître le Christ et ouvrir le dialogue avec Dieu ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

Dans la catéchèse d’aujourd’hui, nous nous méditerons sur le lien profond et vital qui existe entre la Parole de Dieu et l’Église, lien exprimé par la Constitution conciliaire Dei Verbum, au chapitre six. L’Église est le lieu propre de l’Écriture Sainte. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, la Bible est née du peuple de Dieu et est destinée au peuple de Dieu. Elle a pour ainsi dire son habitat dans la communauté chrétienne : c’est en effet dans la vie et dans la foi de l’Église qu’elle trouve l’espace où révéler sa signification et manifester sa force.

Vatican II rappelle que « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. » De plus, « l’Église eut et elle a toujours pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la sainte Tradition,» (Dei Verbum, 21).

L’Église ne cesse jamais de réfléchir à la valeur des Saintes Écritures. Après le Concile, un moment très important à cet égard a été l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur le thème « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église », en octobre 2008. Le Pape Benoît XVI en a récolté les fruits dans l’exhortation post-synodale Verbum Domini (30 septembre 2010), où il affirme : « Le lien intrinsèque entre la Parole et la foi met vraiment en évidence que l’authentique herméneutique de la Bible ne peut se situer que dans la foi ecclésiale, qui a dans le ‘oui’ de Marie, son paradigme. […] Le lieu originaire de l’interprétation scripturaire est la vie de l’Église. » (n°29).

Dans la communauté ecclésiale, l’Écriture trouve donc le cadre dans lequel elle peut accomplir sa tâche particulière et atteindre son but : faire connaître le Christ et ouvrir au dialogue avec Dieu. « L’ignorance de l’Écriture est en effet ignorance du Christ ». [1] Cette célèbre expression de saint Jérôme nous rappelle le but ultime de la lecture et de la méditation de l’Écriture : connaître le Christ et, à travers Lui, entrer en relation avec Dieu, relation qui peut être comprise comme une conversation, un dialogue. Et la Constitution Dei Verbum nous a présenté la Révélation précisément comme un dialogue, dans lequel Dieu parle aux hommes comme à des amis (cf. DV, 2). Cela se produit lorsque nous lisons la Bible dans une attitude intérieure de prière : alors Dieu vient à notre rencontre et entre en conversation avec nous.

La Sainte Écriture, confiée à l’Église, gardée et expliquée par elle, joue un rôle actif : en effet, par son efficacité et sa puissance, elle soutient et fortifie la communauté chrétienne. Tous les fidèles sont appelés à s’abreuver à cette source, tout d’abord dans la célébration de l’Eucharistie et des autres Sacrements. L’amour des Saintes Écritures et la familiarité avec elles doivent guider ceux qui exercent le ministère de la Parole : évêques, prêtres, diacres, catéchistes. Le travail des exégètes et de ceux qui pratiquent les sciences bibliques est précieux ; et la place de l’Écriture est centrale pour la théologie, qui trouve dans la Parole de Dieu son fondement et son âme.

Ce que l’Église désire ardemment, c’est que la Parole de Dieu puisse atteindre chacun de ses membres et en nourrir le cheminement de foi. Mais la Parole de Dieu pousse également l’Église au-delà d’elle-même, elle l’ouvre continuellement à la mission envers tous. En effet, nous vivons entourés de tant de paroles, mais combien d’entre elles sont vides ! Parfois, nous entendons aussi des paroles sages, mais qui ne touchent pas notre destin ultime. La Parole de Dieu, en revanche, répond à notre soif de sens, de vérité sur notre vie. Elle est la seule Parole toujours nouvelle : en nous révélant le mystère de Dieu, elle est inépuisable, elle ne cesse jamais d’offrir ses richesses.

Très chers amis, en vivant dans l’Église, on apprend que l’Écriture Sainte est entièrement relative à Jésus-Christ, et on expérimente que c’est là la raison profonde de sa valeur et de sa puissance. Le Christ est la Parole vivante du Père, le Verbe de Dieu fait chair. Toutes les Écritures annoncent sa Personne et sa présence salvatrice, pour chacun de nous et pour l’humanité tout entière. Ouvrons donc notre cœur et notre esprit pour accueillir ce don, à l’école de Marie, Mère de l’Église.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 4 février 2026

Fragment de papyrus de Jean 18:31-33. Bibliothèque John Rylands, Ms Greek P 457 (Papyrus 52), Manchester, Royaume-Uni. Datant du IIe siècle de notre ère, il s’agit du plus ancien fragment existant du Nouveau Testament. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II et sa réflexion sur Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine. Il a déclaré que « à chaque époque, l’Église est appelée à proposer à nouveau la Parole de Dieu dans un langage capable de s’incarner dans l’histoire et de toucher les cœurs ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

La Constitution conciliaire Dei Verbum, sur laquelle nous réfléchissons ces dernières semaines, indique dans la Sainte Écriture, lue dans la Tradition vivante de l’Église, un espace privilégié de rencontre où Dieu continue de parler aux hommes et aux femmes de tous les temps, afin qu’en l’écoutant, ils puissent le connaître et l’aimer. Les textes bibliques, cependant, n’ont pas été écrits dans un langage céleste ou surhumain. Comme nous l’enseigne également la réalité quotidienne, en effet, deux personnes qui parlent des langues différentes ne se comprennent pas, ne peuvent entrer en dialogue, ne parviennent pas à établir une relation. Dans certains cas, se faire comprendre de l’autre est un premier acte d’amour. C’est pourquoi Dieu choisit de parler en se servant des langages humains et, ainsi, différents auteurs, inspirés par l’Esprit Saint, ont rédigé les textes de la Sainte Écriture. Comme le rappelle le document conciliaire, « les paroles de Dieu, passant par les langues humaines, sont devenues semblables au langage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes ». (DV, 13). Ainsi, non seulement dans son contenu, mais aussi dans son langage, l’Écriture révèle la miséricordieuse condescendance de Dieu envers les hommes et son désir de se faire proche d’eux.

Au cours de l’histoire de l’Église, on a étudié la relation entre l’Auteur divin et les auteurs humains des textes sacrés. Pendant plusieurs siècles, de nombreux théologiens se sont attachés à défendre l’inspiration divine de la Sainte Écriture, considérant presque les auteurs humains comme de simples instruments passifs de l’Esprit Saint. Plus récemment, la réflexion a réévalué la contribution des hagiographes à la rédaction des textes sacrés, au point que le document conciliaire parle de Dieu comme « auteur » principal de la Sainte Écriture, mais appelle également les hagiographes « vrais auteurs » des livres sacrés (cf. DV 11). Comme le faisait remarquer un exégète perspicace du siècle dernier, « rabaisser l’œuvre humaine à celle d’un simple copiste n’est pas glorifier l’œuvre divine » [1]. Dieu ne mortifie jamais l’être humain et ses potentialités !

Si donc l’Écriture est la parole de Dieu exprimée en termes humains, toute approche qui néglige ou nie l’une de ces deux dimensions est limitée. Il s’ensuit qu’une interprétation correcte des textes sacrés ne peut faire abstraction du contexte historique dans lequel ils ont mûri et des formes littéraires utilisées ; au contraire, renoncer à l’étude des langages humains dont Dieu s’est servi risque de déboucher sur des lectures fondamentalistes ou spiritualistes de l’Écriture, qui trahissent son sens. Ce principe s’applique également à l’annonce de la Parole de Dieu : si elle perd le contact avec la réalité, avec les espoirs et les souffrances des hommes, si elle utilise un langage incompréhensible, peu communicatif ou anachronique, elle s’avère inefficace. À chaque époque, l’Église est appelée à proposer à nouveau la Parole de Dieu dans un langage capable de s’incarner dans l’histoire et de toucher les cœurs. Comme le rappelait le pape François, « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui ». [2]

Tout aussi réductrice, d’autre part, est une lecture de l’Écriture qui néglige son origine divine et finit par la considérer comme un simple enseignement humain, comme quelque chose à étudier simplement d’un point de vue technique ou comme « un texte seulement du passé » [3]. Au contraire, surtout lorsqu’elle est proclamée dans le contexte de la liturgie, l’Écriture entend parler aux croyants d’aujourd’hui, toucher leur vie présente avec ses problématiques, éclairer les pas à faire et les décisions à prendre. Cela n’est possible que lorsque le croyant lit et interprète les textes sacrés sous la conduite du même Esprit qui les a inspirés (cf. DV, 12).

En ce sens, l’Écriture sert à nourrir la vie et la charité des croyants, comme le rappelle saint Augustin : « Quiconque croit avoir compris les Écritures divines […], sans toutefois réussir, avec ce qu’il a compris, à ériger l’édifice de ce double amour – de Dieu et du prochain-, ne les a pas encore comprises». [4] L’origine divine de l’Écriture rappelle également que l’Évangile, confié au témoignage des baptisés, tout en embrassant toutes les dimensions de la vie et de la réalité, les transcende : il ne peut être réduit à un simple message philanthropique ou social, mais c’est l’annonce joyeuse de la vie pleine et éternelle que Dieu nous a donnée en Jésus.

Chers frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur qui, dans sa bonté, ne laisse pas notre vie manquer de la nourriture essentielle de sa Parole, et prions pour que nos paroles, et plus encore notre vie, n’obscurcissent pas l’amour de Dieu qui y est raconté.

APPELS

J’exhorte tout le monde à soutenir par la prière nos frères et sœurs d’Ukraine, durement éprouvés par les conséquences des bombardements qui ont recommencé à frapper également les infrastructures énergétiques. J’exprime ma gratitude pour les initiatives de solidarité promues dans les diocèses catholiques de Pologne et d’autres pays, qui s’efforcent d’aider la population à résister en cette période de grand froid.

Demain expire le traité New START signé en 2010 par les présidents des États-Unis et de la Fédération de Russie, qui a représenté une étape importante dans la limitation de la prolifération des armes nucléaires. Tout en renouvelant mon encouragement à tout effort constructif en faveur du désarmement et de la confiance mutuelle, j’adresse un appel pressant à ne pas abandonner cet instrument sans chercher à lui assurer une suite concrète et efficace. La situation actuelle exige que tout soit mis en œuvre pour éviter une nouvelle course aux armements qui menacerait davantage la paix entre les nations. Il est plus urgent que jamais de remplacer la logique de la peur et de la méfiance par une éthique commune capable d’orienter les choix vers le bien commun et de faire de la paix un patrimoine préservé par tous.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 28 janvier 2026

Au-dessus de l’autel de la chaire dans la basilique Saint-Pierre, les nuages dorés et les rayons de lumière émanant de la fenêtre du Saint-Esprit descendent vers la chaire de Saint-Pierre et les docteurs de l’Église qui la soutiennent. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II et sa réflexion sur Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine. Il a déclaré que « la Parole de Dieu […] n’est pas fossilisée, mais qu’elle est plutôt une réalité vivante et organique qui se développe et grandit dans la Tradition. Grâce au Saint-Esprit, la Tradition la comprend dans toute la richesse de sa vérité et l’incarne dans les coordonnées changeantes de l’histoire ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

En poursuivant la lecture de la Constitution conciliaire Dei Verbum sur la Révélation divine, nous réfléchissons aujourd’hui sur le lien entre l’Écriture Sainte et la Tradition. Nous pouvons prendre comme toile de fond deux scènes évangéliques. Dans la première, qui se déroule au Cénacle, Jésus, dans son grand discours-testament adressé à ses disciples, affirme : « Je vous ai dit ces choses pendant que je suis encore avec vous. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. […] Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jn 14, 25-26 ; 16, 13).

La deuxième scène nous conduit, quant à elle, sur les collines de Galilée. Jésus ressuscité se montre à ses disciples, qui sont surpris et dubitatifs, et leur donne une mission : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, […] leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Dans ces deux scènes, le lien étroit entre la parole prononcée par le Christ et sa diffusion au cours des siècles est évident.

C’est ce qu’affirme le Concile Vatican II en recourant à une image évocatrice : « La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin » (Dei Verbum, 9). La Tradition ecclésiale se ramifie tout au long de l’histoire à travers l’Église qui garde, interprète et incarne la Parole de Dieu. Catéchisme de l’Église Catholique (cf. n° 113) renvoie à cet égard à une devise des Pères de l’Église : « La Sainte Écriture est écrite dans le cœur de l’Église avant d’être écrite sur des supports matériels », c’est-à-dire dans le texte sacré.

Dans le sillage des paroles du Christ que nous avons citées plus haut, le Concile affirme que « la Tradition d’origine apostolique progresse dans l’Église avec l’aide du Saint-Esprit » (DV, 8). Cela se produit grâce à la pleine compréhension par « la réflexion et l’étude des croyants », à travers l’expérience qui naît d’une « intelligence plus profonde des choses spirituelles » et, surtout, grâce à la prédication des successeurs des apôtres qui ont reçu « un charisme certain de vérité ». En résumé, « l’Église, dans sa doctrine, sa vie et son culte, perpétue et transmet à toutes les générations tout ce qu’elle croit » (ibid.).

À ce propos, célèbre est l’expression de saint Grégoire le Grand : « La Sainte Écriture grandit avec ceux qui la lisent » [1]. Et saint Augustin avait déjà affirmé qu’« il n’y a qu’un seul discours de Dieu qui se développe dans toute l’Écriture et qu’il n’y a qu’un seul Verbe qui résonne dans la bouche de tant de saints » [2]. La Parole de Dieu n’est donc pas figée, mais elle est une réalité vivante et organique qui se développe et croit au sein de la Tradition. Grâce à l’Esprit Saint, celle-ci la comprend dans toute la richesse de sa vérité et l’incarne dans les coordonnées changeantes de l’histoire.

À cet égard, ce que proposait le saint docteur de l’Église John Henry Newman dans son ouvrage intitulé Le développement de la doctrine chrétienne est suggestif. Il affirmait que le christianisme, tant comme expérience communautaire que comme doctrine, est une réalité dynamique, comme l’a indiqué Jésus lui-même dans les paraboles de la graine (cf. Mc 4, 26-29) : une réalité vivante qui se développe grâce à une force vitale intérieure. [3]

L’apôtre Paul exhorte à plusieurs reprises son disciple et collaborateur Timothée : « O Timothée, garde le dépôt qui t’a été confié » (1Tm 6, 20 ; cf. 2 Tm 1, 12.14). La constitution dogmatique Dei Verbum fait écho à ce texte paulinien lorsqu’elle dit : « La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église », interprété par le « Magistère vivant de l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ » (n° 10). Le terme « dépôt » est, dans son sens originel, de nature juridique et impose au dépositaire le devoir de conserver le contenu, qui dans ce cas est la foi, et de le transmettre intact.

Le « dépôt » de la Parole de Dieu est encore aujourd’hui entre les mains de l’Église et nous tous, dans les différents ministères ecclésiaux, devons continuer à le préserver dans son intégrité, comme une étoile polaire pour notre cheminement dans la complexité de l’histoire et de l’existence.

En conclusion, très chers amis, écoutons encore la Dei Verbum, qui exalte l’interdépendance entre la Sainte Écriture et la Tradition : elles sont – affirme-t-il – si étroitement liées et unies entre elles qu’elles ne peuvent subsister indépendamment l’une de l’autre, et ensemble, selon leur propre manière, sous l’action d’un seul Esprit Saint, elles contribuent efficacement au salut des âmes (cf. n° 10).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 14 janvier 2026

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II. Il a médité sur la Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine, en déclarant qu’« avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à son but ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses fils et ses filles, et nous appelle à devenir comme Lui ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Nous avons ouvert le cycle de catéchèse sur le Concile Vatican II. Aujourd’hui, nous commençons à approfondir la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine. Il s’agit de l’un des documents les plus beaux et les plus importants du concile et, pour nous y introduire, il peut être utile de rappeler les paroles de Jésus : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). C’est un point fondamental de la foi chrétienne, que Dei Verbum nous rappelle : Jésus-Christ transforme radicalement la relation de l’homme avec Dieu, qui sera désormais une relation d’amitié. C’est pourquoi l’unique condition de la nouvelle alliance est l’amour.

Saint Augustin, dans son commentaire sur ce passage du quatrième Évangile, insiste sur la perspective de la grâce, seule capable de nous rendre amis de Dieu dans son Fils (Commentaire sur l’Évangile de Jean, Homélie 86). En effet, une ancienne devise disait “Amicitia aut pares invenit, aut facit”, “l’amitié naît entre égaux, ou rend tels”. Nous, nous ne sommes pas égaux à Dieu, mais Dieu lui-même nous rend semblables à Lui dans son Fils.

C’est pourquoi, comme nous pouvons le voir dans toute l’Écriture, il y a dans l’Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l’homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité. Notre ressemblance avec Dieu ne s’obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Ève (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme.

Les paroles du Seigneur Jésus que nous avons rappelées – “je vous ai appelés amis” – sont reprises dans la Constitution Dei Verbum, qui affirme : « Par cette révélation, en effet, Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1Tm 1, 17), dans son grand amour, parle aux hommes comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15) et il s’entretient avec eux (cf. Bar 3, 38), pour les inviter et les admettre à la communion avec lui » (n° 2). Le Dieu de la Genèse conversait déjà avec les premiers parents, dialoguant avec eux (cf. Dei Verbum, 3) ; et lorsque ce dialogue est interrompu par le péché, le Créateur ne cesse de rechercher la rencontre avec ses créatures et d’établir à chaque fois une alliance avec elles. Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l’Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour. La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l’amitié et, comme dans l’expérience de l’amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l’échange de paroles vraies.

La Constitution Dei Verbum nous le rappelle également : Dieu nous parle. Il est important de saisir la différence entre la parole et le bavardage : ce dernier s’arrête à la surface et ne réalise pas de communion entre les personnes, tandis que dans les relations authentiques, la parole ne sert pas seulement à échanger des informations et des nouvelles, mais à révéler qui nous sommes. La parole possède une dimension révélatrice qui crée une relation avec l’autre. Ainsi, en nous parlant, Dieu se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à l’amitié avec Lui.

Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l’écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs ; en même temps, nous sommes appelés à parler avec Dieu, non pas pour lui communiquer ce qu’il sait déjà, mais pour nous révéler à nous-mêmes.

D’où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d’abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n’est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c’est Lui-même qui nous parle à travers l’Église ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l’intimité du cœur et de l’esprit. Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n’est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui.

Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d’un geste spectaculaire de rupture, ou d’une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu’à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Plonger dans les profondeurs avec Dieu – Dive Deep

Il y a des livres qui nous surprennent et qui nous invitent à prendre une vraie respiration intérieure. Dive Deep: 40 Days with God at Sea, « Dans les profondeurs » en fait partie.

Ce qui est marquant, c’est l’histoire de son auteure, Sœur Orianne Pietra René, f.s.p. Née à Winnipeg, élevée dans la vallée de l’Outaouais, elle a découvert la foi catholique à seulement 12 ans. Malgré une allergie… aux poissons, elle aime passionnément la mer. Elle raconte d’ailleurs un souvenir qu’il l’a marqué : un jour, au large du Pérou, elle a vu des otaries apprendre à leurs petits à nager. Ce mélange d’émerveillement et de simplicité transparaît dans son livre. Aujourd’hui, elle travaille dans le ministère des médias sociaux et Dive Deep est son tout premier ouvrage publié.

Et puis, il y a les illustrations. Elles sont signées Romi Caron, une artiste de la région d’Ottawa-Gatineau. Son parcours est impressionnant : plus de 90 livres illustrés ! Mais ce qui me fascine, c’est plutôt son histoire personnelle. Née en Tchécoslovaquie sous le régime communiste, elle a grandi dans un monde où Dieu « n’existait pas », et que porter une croix pouvait vous coûter vos études ou votre avenir. Romi a dû « plonger très profondément » pour trouver la foi et, depuis, elle en témoigne avec courage et beauté.

Le livre lui-même est une véritable traversée spirituelle : 40 jours avec Dieu en mer. On y trouve des passages bibliques, des petites histoires de vie, des prières toutes simples et des invitations concrètes pour vivre sa foi au quotidien. C’est un peu comme si Sœur Orianne nous embarquait avec elle sur un bateau, pour découvrir Dieu dans le vent, dans les vagues, et même dans les tempêtes.

Et ce voyage continue à l’écran !

Le premier ouvrage publié de Sr Orianne Pietra René, f.s.p, garni des illustrations de l’artiste Romi Caron, toutes deux canadiennes, nous montre une traversée spirituelle de 40 jours avec Dieu en mer. Les trois épisodes, inspirés de Dive Deep seront diffusés sur Sel + Lumière Média, révèle la promesse que Dieu marche avec nous, même dans les vagues :

  • L’Arche de Noé : un retour aux origines bibliques où l’eau devient à la fois signe de destruction et de salut. Avec Sœur Orianne, ce récit prend une nouvelle dimension : comment, dans nos propres tempêtes, Dieu nous offre aussi une arche, un lieu sûr pour traverser.
  • Après la mort de Jean-Baptiste : un moment de deuil et de fragilité où Jésus lui-même cherche le silence et la prière au bord de l’eau. Sœur Orianne nous aide à voir comment, dans nos pertes et nos blessures, nous pouvons aussi trouver consolation auprès du Christ.
  • Après la Résurrection – Rappelez-vous : ici, c’est la joie pascale au bord du lac de Galilée. Les disciples retrouvent Jésus sur le rivage, autour d’un simple repas de poisson. C’est une invitation à reconnaître la présence de Dieu dans la simplicité de nos vies quotidiennes et à nous laisser renouveler par sa victoire.

À partir du 1er septembre, Journée mondiale de prière pour la création, vous pourrez découvrir les épisodes chaque lundi matin sur Sel + Lumière Plus, sur la chaîne YouTube de  Sel + Lumière Média et sur nos réseaux sociaux pendant les deux semaines suivantes. Regardez la bande-annonce ici :

Vous pouvez découvrir et acquérir son livre ici : paulinestore.com

« Dans les profondeurs » et ces épisodes sous forme de vidéos, l’ensemble ressemble à un souffle d’air marin : rafraîchissant, vivifiant, et rempli de la promesse que Dieu marche avec nous, même dans les vagues. Je vous invite à les regarder avec vos proches et vos enfants.

 

Le Christ, roi de nos âmes

(Image : Courtoisie de Wikimedia)

Vivant dans des sociétés démocratiques et libérales, nous sommes habités par un idéal d’égalité qui, pour certains, rend la fête du Christ-Roi difficile à comprendre ou à apprécier.

L’idéal du roi chrétien

L’institution de cette fête, célébrée pour la première fois en 1926 et introduite par le pape Pie XI dans l’encyclique  Quas primas, émerge d’une expérience politique et sociale concrète. Après la Première Guerre mondiale, l’Europe est frappée par la montée des idéologies. Sur tout le continent, des monarques pétris de religion sont déposés et remplacés par de nouveaux dirigeants, souvent hostiles au phénomène religieux. La fête du Christ-Roi est née en réponse à ce mouvement et insiste sur la souveraineté du Christ sur l’ensemble de la Création. 

L’attachement à l’idée monarchique était courant chez les catholiques de l’époque, enraciné dans une tradition mystique qui existait du Moyen Âge au XIXe siècle. De même, la relation filiale entre le roi et son sujet est profondément ancrée dans notre expérience humaine. Le désir irrépressible de servir le vrai roi, et donc de participer à quelque chose qui va au-delà de – et transcende la – banale égalité passive de nos vies quotidiennes, est largement exprimé dans la culture humaine à travers les âges. Pourtant, bien que nous l’oublions trop souvent, nous avons un Roi : 

Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. (Daniel 7:14)

Le Christ-Roi dans la culture populaire

Aujourd’hui, alors que nous nous donnons beaucoup de mal pour rendre invisible la relation de service mutuel entre celui qui commande et celui qui participe au bien commun par une obéissance active, cette expérience reste bien vivante à travers une remarquable diversité de représentations dans la culture populaire. 

Par exemple, de nombreuses personnes, en particulier des catholiques, ont été touchées par les vertus héroïques des personnages de la trilogie Le seigneur des anneaux de Tolkien, qui, du plus humble au plus puissant, jouent chacun leur rôle dans un mouvement qui conduit à la défaite du seigneur des ténèbres et au couronnement dans la gloire du digne héritier de la véritable lignée royale. 

Aragorn, le roi exilé du Gondor, représente ainsi un point culminant de la représentation narrative du Christ-Roi dans la culture populaire contemporaine, et l’extraordinaire approbation critique et populaire de son incarnation dans la trilogie cinématographique qui fête cette année son vingtième anniversaire illustre la permanence de ce trope, profondément inscrit dans notre imaginaire. Qui n’a pas envie de se battre aux côtés d’Aragorn? 

La royauté cosmologique du Christ 

En 1969, le pape saint Paul VI a changé le nom de cette fête, qui est devenue la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, roi de l’Univers. En même temps, il en déplace la date au dernier dimanche du calendrier liturgique, juste avant le début de l’Avent. 

D’une fête conçue comme une réponse à l’estrangement des ordres politique et religieux, le Christ-Roi a pris une orientation eschatologique, où la royauté du Christ est abordée du point de vue des derniers jours. Ces deux perspectives sur la royauté du Christ, loin de se contredire, se situent sur un continuum qui embrasse notre nature pour l’élever dans la Grâce. 

Si nous sommes appelés, en effet, à participer à la vie sociale et politique de nos démocraties libérales avec bonne foi, avec le goût du bien commun, nous devons aussi garder une conscience aiguë de leurs défaillances. Le vrai Souverain seul commande en justice une allégeance sans réserve. 

En un sens très profond, être disciple du Christ, être chrétien, c’est prêter un serment de fidélité au Roi des rois, s’engager dans l’armée du Christ, choisir son camp dans une combat spirituel qui se poursuit malgré l’assurance d’une victoire décisive. Le Christ-Roi se trouve au sommet d’une hiérarchie cosmique à laquelle nous appartenons concrètement. Lorsque nous reconnaissons le Christ comme notre Roi, faisons-le de manière très concrète, avec tout ce que cela implique. 

Loin de nous les simples invocations pieuses ! 

Le gouvernement de nos âmes

Paul VI, en donnant une tonalité nouvelle à la fête du Christ-Roi, montre le chemin et le lieu concret de cette allégeance. Être fidèle au Christ, ce n’est pas d’abord rechercher le retour de l’État chrétien où s’harmonisent la justice divine et la justice humaine. L’armée du Christ n’est vraisemblablement pas composée de croisés : 

Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. (Jean 18:36). 

Le combat auquel le Seigneur nous invite n’est pas entre les hommes, ici sur la Terre. C’est d’abord un combat spirituel, qui se déroule en chacun de nous – dans nos cœurs, nos âmes et nos consciences. Dans cette lutte, le Christ doit être notre commandant, afin que nous devenions ses instruments inutiles. 

Une vie qui suscite la louange de Dieu

(Image : courtoisie de Unsplash)

«Les fidèles apprécieront ce ministère à sa valeur, et ils rendront gloire à Dieu pour cette soumission avec laquelle vous professez l’Évangile du Christ, et pour la générosité qui vous met en communion avec eux et avec tous. » (2Co 9:13)

Le but ultime de tout chrétien est de vivre une vie qui suscite la louange de Dieu.

Une vie que les autres ne puissent voir sans s’exclamer:  « Dieu, merci! ».

Je crois que c’est ce que tous les saints ont fait nous contemplons leurs vies et nous ne pouvons nous empêcher de sentir un chemin s’ouvrir vers Dieu, s’approchant de la Source divine. Lorsque nous découvrons leurs vies, dans un livre, un film ou à l’occasion d’une conversation avec un ami, nous ne pouvons nous empêcher de louer Dieu. Les saints ont suscité la louange de Dieu tout au long de leur vie et même – surtout – après leur mort.

Il est remarquable  que certains saints aient eu un tel impact sur les gens autour d’eux et que parfois un simple geste inspiré ait tourné des âmes directement vers Dieu. Je pense aux récits de pêcheurs qui, ayant simplement croisé le regard de Padre Pio, ont vécu une expérience profonde, irréversible. Certains partaient en tremblant, en pleurant ou en implorant la miséricorde de Dieu.

Je suis certaine qu’après avoir partagé un repas, serré la main de quelqu’un, écrit une lettre, fait un geste ou eu une simple conversation, les saints ont laissé les gens dire: « merci, mon Dieu!». Ils vivent de manière si authentique, dans une telle union avec Dieu, que ces petites actions évangélisent et étendent le Royaume de Dieu.

Bien sûr, nous ne pouvons pas oublier tous les fruits de leur travail sur Terre, qui génèrent tant de bonté dans le monde, des décennies et des siècles plus tard. Ce travail est important.

Mais c’est leur témoignage, leur confession de l’Évangile du Christ, qui compte le plus. Les saints, en plus de leur travail connu, ont suscité d’innombrables instants de louange à Dieu. Il y a une surabondance d’histoires de ce genre, qu’elles soient silencieuses et gardées dans le cœur de ceux qu’elles ont touchés, ou manifestes et partagées avec émotion pour que les autres puissent les connaître.

Lorsque nous vivons pleinement et totalement en Dieu, même lorsque nous tenons la main de quelqu’un, même lorsque nous le regardons simplement dans les yeux, d’autres aussi louent Dieu. Cela ne devrait-il pas être notre but, la mission de notre vie dans sa plus simple expression, que de passer dans ce monde en suscitant la louange de Dieu? Faire en sorte que tous ceux qui nous rencontrent chantent la gloire du Tout-Puissant!

Cette idée prend notamment racine dans les mots de saint Paul, lorsqu’il exhorte les premiers chrétiens de Corinthe à susciter la louange de Dieu par leurs actions. Cependant, elle apparaît et réapparaît également ailleurs dans les Écritures. Un autre verset de saint Paul, par exemple, rend compte de cette mission de manière simple et précise:

« Tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu. » (1Co 10:31)

Jésus lui-même nous appelle chacun à vivre une telle vie dans l’Évangile selon saint Matthieu:

« De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »  (Mt 5:16)

Lorsqu’on vit pleinement notre foi, lorsqu’on en témoigne par nos actions, on ouvre le chemin vers Dieu. L’Évangile de Jésus-Christ qui nous le montre. Que la louange de Dieu continue de s’accroître, et qu’elle déborde à travers ses fidèles ici sur Terre!

Crucifié non pas pour condamner mais pour sauver : le don de Vendredi saint

Une réflexion sur la Passion de notre Seigneur

Qu’est-ce que nous célébrons le Vendredi saint ? Pourquoi nous attardons-nous à la Passion du Christ chaque année au lieu de sauter directement dans la joie de la résurrection ? Ne savons-nous pas que Jésus est ressuscité ? Souffrons-nous d’ amnésie annuelle, en nous remémorant les mêmes évènements sans arrêt ?

Le Vendredi saint, nous nous rassemblerons en silence devant la Croix du Christ. Les prêtres et les diacres se prosterneront, face contre terre, solennels devant la souffrance de Jésus. Nous écouterons la lecture de la Passion selon Saint Jean. Nous nous agenouillerons silencieusement lorsque nous entendrons les dernières paroles de Jésus sur la Croix, « Tout est accompli ». Nous marquerons ce jour par un jeûne, nos cœurs contemplant la mort de Dieu aux mains des hommes pleins de haine. Nous serons sans voix devant la torture d’un homme innocent.

Quel est le sens de tout cela ?

Est-ce simplement pour aiguiser notre culpabilité ? Est-ce pour nous mettre mal à l’aise, en tant que membres d’une espèce qui a tué Dieu incarné quand Il est venu sur terre ? Est-ce pour engendrer la désespérance et la tristesse ?

Nous trouvons une clé pour répondre à ces questions dans la Lettre aux Hébreux, deuxième lecture du Vendredi saint, qui nous oriente vers la signification de ce que nous célébrons :

« En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (Hébreux 4,14-16).

Sur la Croix, nous ne voyons pas un juge tyrannique. Nous ne voyons pas un censeur venu nous condamner. Nous ne voyons pas un Dieu qui est nerveux et amer. Nous voyons notre Sauveur. Nous voyons Jésus. Nous voyons un homme en train de souffrir volontairement pour notre salut. Nous voyons la miséricorde du Père donnée à chacun d’entre nous – pour chaque homme et femme de toute l’histoire humaine, pour vous et pour moi !

Voilà le mystère de la Croix. Voilà l’amour de Dieu. Voilà le don que nous célébrons le Vendredi saint. Nous ne sommes pas enthousiastes comme les foules du dimanche des Rameaux. Nous ne sommes pas fous de joie comme les disciples qui voient le tombeau vide le dimanche de Pâques. En silence et solennellement, nous recevons le don de Jésus offert à tous et chacun. Nous remercions Celui qui n’a rien retenu. Nous nous ouvrons à recevoir ce qu’Il est venu nous donner.

Le don de Jésus c’est pas la honte pour nos péchés. Il n’est pas venu nous accuser et nous laisser enchaînés dans notre culpabilité. Il est venu Se donner à nous. Rien d’autre ne pouvait nous sauver. Rien d’autre ne pouvait enlever ce qui nous sépare de Dieu. Rien d’autre ne pouvait libérer cette abondance de vie, maintenant et pour toujours. Il est venu nous rendre libres. Il est venu racheter nos péchés. Il est venu nous apporter un amour qui nous comble pleinement.

Voici l’amour de Dieu, qui S’est donné entièrement pour nous. Non pas afin de nous faire sentir coupables ou inconvenants, mais afin que nous puissions recevoir le don de Lui-même. De retour, Il ne veut pas notre désespérance, ni notre mélancolie, ni notre auto-condamnation. Il veut que nous Lui donnions nos péchés, afin de les surmonter, afin de les détruire, afin de les effacer, pour nous rendre libres, heureux, et en paix.

Jésus meurt sur la Croix, notre Sauveur miséricordieux. Jésus vient Se donner à nous, pour nous. Il ne cesse pas de Se donner jusqu’au « Tout est accompli ».

Chasser l’aveuglement : retrouver la vue dans la lumière du Christ

Une réflexion pour le quatrième dimanche du Carême

Il est difficile d’imaginer à quel point la vie serait différente si nous étions nés aveugles. Comment fonctionnerions-nous ? Comment percevrions-nous le monde ? Mais est-ce que la cécité physique est la seule sorte d’aveuglement ? S’agit-il du pire type d’aveuglement ?

Le quatrième dimanche du Carême nous montre que ce n’est pas le cas. Il nous est présenté l’Évangile du mendiant aveugle de naissance (Jean 9,1-41). Le récit commence lorsque Jésus arrive sur les lieux avec Ses disciples. Tout de suite, ils Lui demandent : « Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». « Ni lui, ni ses parents », réplique Jésus. C’était plutôt pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Jésus termine : « Je suis la lumière du monde. » Puis, Il crache à terre, Il fait de la boue, Il la met sur les yeux du mendiant, et Il l’envoie se laver à la piscine de Siloé. Miraculeusement, quand l’homme revient, il voit.

Les voisins de l’aveugle-né sont sceptiques : « Comment est-ce possible ? ». Celui-ci répond simplement : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. ». Incrédules, ils l’amènent aux Pharisiens. Là, il raconte une deuxième fois ce que Jésus a fait pour lui. La stratégie des Pharisiens est de discréditer Jésus en en faisant un pécheur. Dans l’échange qui suit, même les parents de l’homme sont interrogés pour confirmer qu’il était véritablement né aveugle. Doute sur doute sur doute.

Jésus revient à l’homme, qui proclame sa foi toute simple, pas du tout affectée par le cynisme qui l’entoure : « Je crois, Seigneur ! ». Les Pharisiens inquisiteurs reviennent une fois encore. Ils demandent à Jésus : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? ». La réponse de Jésus met un point final qui résume tout l’événement : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais à partir du moment où vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »

Que tirons-nous de tout cela ?

Dès le début, les disciples, les voisins, et les Pharisiens nous révèlent quelque chose sur notre nature humaine. Les disciples pointent leurs doigts accusateurs. Sûrement, ce doit être la faute de quelqu’un dans le cas d’un homme né aveugle. Alors, qui est coupable ? – Le mendiant ou ses parents ? Ses voisins se joignent au cynisme des disciples. Au lieu de se réjouir du fait que leur voisin peut finalement voir, ils sont méfiants. Ne trouvant aucune autre façon d’expliquer la situation, les Pharisiens ont recours à une accusation contre Jésus, et Lui trouvent comme une fraude.

Comme il est facile de tomber dans le même piège ! Quand nous ne comprenons pas, quand nous ne maitrisons pas une situation, nous nous sentons menacés ! Alors nous devenons méfiants, nous accusons les autres, nous fabriquons des histoires. Nous sommes alors absorbés par notre propre perspective et nous perdons de vue l’ensemble. Nous pensons seulement à notre propre bien au détriment du bien des autres. Pourquoi est-il si difficile de se réjouir et d’apprécier les bonnes choses qui arrivent aux autres ? Pourquoi est-ce que les hommages et les succès qui arrivent aux autres nous rendent-ils malheureux ou mal-à-l’aise ? Quel aveuglement nous empêche de voir la bonté qui nous entoure ? Et comment sortir de cet aveuglement ?

Jésus donne à Ses disciples le secret pour guérir leur aveuglement même avant qu’Il commence à guérir l’homme né aveugle. Il leur dit : « Je suis la lumière du monde. ». Voilà le remède à leur aveuglement. L’homme aveugle de naissance manifeste la puissance de Dieu en révélant le remède à notre aveuglement. Le remède qui nous rend capable de voir véritablement : c’est Jésus !

L’aveuglement des Pharisiens prend racine dans leur manque d’assurance. Ils ne peuvent pas accepter que Jésus fasse du bien de peur que cela mette en péril leur statut dans la société. Leur vision était si obscurcie par leur volonté d’avoir raison qu’ils étaient incapables de se réjouir lorsque l’homme né aveugle fut définitivement guéri. Ils étaient à ce point absorbés par leurs tentatives de prouver leur supériorité face aux autres que leurs manigances les ont empêchés de voir la puissance de la bonté de Dieu. Leur attachement à leur propre perspective a brouillé leur vision les empêchant de voir les choses à partir de la perspective de Dieu.

Jésus est la vraie lumière par laquelle nous sommes capables de nous voir nous-même et notre voisin. Dieu voit les choses comme elles sont véritablement. Jésus nous révèle la perspective de Dieu. Il est l’antidote à notre cynisme, notre doute, et notre méfiance qui nous empêchent de voir clairement la réalité. Ils obscurcissent notre vision et nous portent à trébucher. Si nous doutons de la bonté de Dieu, nous aussi, nous devenons insécures. Nous pouvons faire passer notre manque d’assurance sur les autres, et nous pouvons être tentés de les rabaisser afin de réussir. Nous pouvons les ignorer afin de nous rassurer. Nous pouvons échouer à voir notre vraie valeur. L’orgueil et l’égoïsme s’installent quand nous ne nous voyons pas comme Dieu nous voit. Alors, nous essayons de compenser en prétendant être meilleurs que les autres, en les rabaissant pour nous sentir mieux. Comme dans le cas des Pharisiens, notre aveuglement face à la vérité sur les autres vient de notre aveuglement face à la vérité sur nous-même.

La cure c’est de croire avec la foi simple de l’homme né aveugle : « Je crois, Seigneur ! ». Cette cure nous permet de voir la vérité sur nous-mêmes, de nous voir à travers la lumière de Jésus. Dans Sa lumière, nous nous voyons tels que nous sommes véritablement. Nous nous voyons comme Dieu nous voit. Nous voyons que Dieu nous aime vraiment, nous voyons que Dieu nous a créés, et nous voyons qu’en Jésus, Dieu est venu pour racheter nos péchés. Nous voyons ainsi que Dieu est vraiment miséricordieux, qu’Il se réjouit de nous pardonner. Nous voyons que le pardon de Dieu n’est pas seulement pour toute l’humanité globalement, mais aussi pour chacun de nous, pour moi personnellement. Nous voyons que Dieu veut ce qui est véritablement bon pour nous, et qu’Il ne se fatigue jamais de nous accueillir encore et encore, les bras ouverts. Nous voyons que nous sommes bons à Ses yeux. Lorsque nous voyons par la lumière du Christ, nous commençons à voir véritablement.

Quelle menace est-ce que l’homme né aveugle représentait pour les Pharisiens ? Pourquoi est-ce que ses voisins n’ont pas accepté qu’il soit guéri ? La guérison de cet aveugle menaçait l’aveuglement des Pharisiens. Leur aveuglement les a empêchés de voir la lumière qui vient de Jésus. Leurs yeux sont restés fermés à la vérité sur eux-mêmes, et donc ils n’ont pas pu accepter la vérité sur Dieu et sur les autres. Jésus vient illuminer notre vision afin que nous puissions voir la bonté de Dieu – à l’œuvre dans notre vie et la vie de nos voisins. Il ouvre nos yeux afin que nous puissions voir véritablement.

Le don de Dieu : la rencontre qui désaltère

Une réflexion pour le troisième dimanche du carême

Nous avons tous un aspect de nous-mêmes que nous souhaiterions différent. Quelque chose en nous que nous souhaitons autre. Souvent cet aspect est une source de honte, de peur, de regret ou d’embarras. C’est quelque chose qui nous rend malheureux et que nous aimerions voir disparaître. Nous souhaitons que ça change mais rien n’y fait ! Que peut-on faire de plus?

L’Évangile de ce troisième dimanche du carême (Jean 4,5-42) commence avec un curieuse précision de temps : « C’était la sixième heure, environ midi ». Jésus atteint une ville de Samarie où il y a un puits construit par Jacob le patriarche, celui qui a donné sa tunique de plusieurs couleurs à son fils Joseph. Jésus arrive vers midi. S’agit-il simplement d’une précision pour mieux définir les lieux ? Justement non ! À l’époque de Jésus, personne n’allait au puits au milieu du jour. Tout le monde s’abritait du soleil de midi. Personne ne voulait s’aventurer au puits, avec une cruche en plus, pour ensuite la ramener pleine à ras bord chez soi. Juste y penser nous fait transpirer !

Mais Jésus arrive à midi quand même. Le puits est désert. Il est fatigué et Il s’assoit. Une femme arrive seule pour puiser de l’eau. Elle ne s’attendait pas à rencontrer quelqu’un au puits. C’est précisément pour cette raison qu’elle a choisi de venir à cette heure-là. Quelle surprise de trouver un homme assis en pleine chaleur à midi ! Jésus lui demande une gorgée d’eau. La question la met mal à l’aise : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » Aucun Juif qui se respectait ne voulait avoir affaire avec un Samaritain au temps de Jésus. Cependant Jésus réplique : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire,” c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ».

La conversation qui suivra dépasse toutes les attentes de la femme. La voilà l’eau qu’elle cherchait ! Jésus sait qu’elle a eu cinq maris. Jésus sait que celui avec qui elle vit maintenant n’est pas l’un d’eux. La rencontre est si forte que, là sous le soleil de midi, la femme qui un moment avant voulait rester cachée et passer inaperçue, laisse sa cruche et se hâte vers la ville en s’exclamant : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Son témoignage est si lumineux que les gens de sa ville accueillent Jésus chez eux et croient en Lui.

Que tirons-nous d’une telle rencontre ? Quel impact a-t-elle sur notre chemin de carême et notre chemin de vie ? Nous aussi, nous avons soif. Nous aussi, nous avons des aspects de nos vies qui nous font honte et peur, qui nous rendent malheureux. Nous avons soif. Jésus vient à nous dans notre soif, dans les aspects de nos vies où nous avons le plus grand besoin de Lui. Il connaît ces aspects de nous avant même que nous disions un mot. Il sait que nous avons soif et Il lui tarde de nous désaltérer. Jésus vient essuyer la buée qui brouille le pare-brise de nos vies. Il est venu laver les taches que nous cherchons à dissimuler. Il est venu enlever notre péché et nous remplir de l’eau qui désaltère. Jésus est l’eau qui désaltère !

Jésus nous apporte quelque chose qui ne rentre pas dans une cruche. Jésus nous apporte l’amour de Dieu. Cet Amour vient à la rencontre de la femme au puits. Il connaissait déjà toutes sa vie et son histoire. Il a voulu la libérer de ce qui l’enchaînait le plus. C’est un Amour qui désire nous pardonner et nous rendre libres. Jésus nous parle non pas comme un juge impatient, mais comme un ami qui s’assoit à nos côtés sous le soleil de midi. Cet Ami a les réponses que nous cherchons. Il est Lui-même l’eau vive qui nous désaltère. Nous pouvons nous confier à Lui. Nous pouvons Lui parler comme à un ami, comme à quelqu’un qui nous connaît et qui nous veut du bien.

L’Évangile de la femme samaritaine nous lance un défi. Nous sommes appelés à l’imiter. Allez vers Jésus. Parlez avec Lui à cœur ouvert. Permettez-Lui d’entrer vos peurs, vos hontes, vos inquiétudes, et vos incertitudes. N’ayons pas peur. Il n’est pas venu nous juger. Il nous apporte l’amour de Dieu. Jésus vient à nous à midi. Il nous rencontre dans la chaleur, en plein midi, pour nous désaltérer. Jésus sait que nous avons soif. Il veut nous désaltérer. Jésus est l’eau vive qui nous désaltère !

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