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« Les trois rois mages ». Détail de la mosaïque « Marie et l’enfant, entourés des anges ». Basilique de Sant’Apollinare Nuovo, Ravenne. Wikimedia Commons.
Le pape François a poursuivi son cycle de catéchèse sur « Jésus-Christ notre espérance », dans le cadre du Jubilé 2025. Cette semaine, il a réfléchi à la visite des Mages à l’enfant Jésus, écrivant que les Mages « sont des hommes qui ne restent pas immobiles mais qui, comme les grands élus de l’histoire biblique, ressentent le besoin de bouger, d’aller de l’avant. Ce sont des hommes capables de regarder au-delà d’eux-mêmes, qui savent regarder vers le haut ».
Lisez ci-dessous le texte préparé de sa catéchèse.
Chers frères et sœurs,
Dans les évangiles de l’enfance de Jésus, il y a un épisode propre au récit de Matthieu: la visite des Mages. Attirés par l’apparition d’une étoile qui, dans de nombreuses cultures, est le présage de la naissance de personnes exceptionnelles, des mages se mettent en route depuis l’Orient, sans connaître exactement leur but. Il s’agit des Mages, des personnes qui n’appartiennent pas au peuple de l’alliance. La dernière fois, nous avons parlé des bergers de Bethléem, marginalisés dans la société juive parce que considérés comme «impurs»; aujourd’hui, nous rencontrons une autre catégorie, les étrangers, qui viennent immédiatement rendre hommage au Fils de Dieu entré dans l’histoire avec une royauté entièrement inédite. Les Evangiles nous disent donc clairement que les pauvres et les étrangers sont parmi les premiers à être invités à rencontrer le dieu fait enfant, le Sauveur du monde.
Les Mages étaient considérés comme représentant à la fois les races primitives, générées par les trois fils de Noé, et les trois continents connus dans l’Antiquité: l’Asie, l’Afrique et l’Europe, ainsi que les trois phases de la vie humaine: la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Au-delà de toute interprétation possible, ce sont des hommes qui ne restent pas immobiles mais qui, comme les grands appelés de l’histoire biblique, sentent l’invitation à bouger, à se mettre en route. Ce sont des hommes qui savent regarder au-delà d’eux-mêmes, qui savent regarder vers le haut.
L’attirance pour l’étoile apparue dans le ciel les met en marche vers le pays de Juda, jusqu’à Jérusalem, où ils rencontrent le roi Hérode. Leur ingénuité et leur confiance à demander des informations sur le nouveau-né roi des Juifs se heurte à la ruse d’Hérode qui, agité par la peur de perdre son trône, cherche immédiatement à en avoir le cœur net, en contactant les scribes et en leur demandant de mener l’enquête.
Le pouvoir du régnant terrestre montre ainsi toute sa faiblesse. Les experts connaissent les Ecritures et signalent au roi le lieu où, selon la prophétie de Michée, devait naître le chef et le pasteur du peuple d’Israël (Mi 5, 1): la petite Bethléem et non la grande Jérusalem! En effet, comme le rappelle Paul aux Corinthiens, «ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort» (1 Co 1, 27).
Mais les scribes, qui savent identifier exactement le lieu de naissance du Messie, montrent le chemin aux autres, mais eux-mêmes ne bougent pas! Il ne suffit pas, en effet, de connaître les textes prophétiques pour se syntoniser sur les fréquences divines, il faut laisser son âme être scrutée et permettre à la Parole de Dieu de raviver le désir de chercher, d’allumer le désir de voir Dieu.
C’est alors qu’Hérode, en secret, comme le font les trompeurs et les violents, demande aux Mages le moment précis de l’apparition de l’étoile et les incite à poursuivre leur voyage et à revenir ensuite lui donner des nouvelles, pour que lui aussi puisse aller adorer le nouveau-né. Pour ceux qui sont attachés au pouvoir, Jésus n’est pas une espérance à accueillir, mais une menace à éliminer!
Lorsque les Mages se remettent en route, l’étoile réapparaît et les conduit jusqu’à Jésus, signe que la création et la parole prophétique représentent l’alphabet avec lequel Dieu parle et se laisse trouver. La vue de l’étoile suscite chez ces hommes une joie incontrôlable, car l’Esprit Saint, qui anime le cœur de quiconque cherche sincèrement Dieu, le remplit également de joie. Entrés dans la maison, les Mages se prosternent, adorent Jésus et lui offrent des dons précieux, dignes d’un roi, dignes de Dieu. Pourquoi? Que voient-ils? Un auteur antique écrit: ils voient «un humble petit corps à travers lequel le Verbe s’est incarné; mais la gloire de la divinité ne leur est pas cachée. On voit un enfant; mais ils adorent Dieu» (Chromace d’Aquilée, Commentaire à l’Evangile de Matthieu, 5, 1). Les Mages deviennent ainsi les premiers croyants parmi tous les païens, image de l’Eglise rassemblée de toutes les langues et de toutes les nations.
Chers frères et sœurs, mettons-nous aussi à l’école des Mages, de ces «pèlerins de l’espérance» qui, avec beaucoup de courage, ont tourné leurs pas, leur cœur et leurs biens vers Celui qui est l’espérance non seulement d’Israël, mais de toutes les nations. Apprenons à adorer Dieu dans sa petitesse, dans sa royauté qui n’écrase pas mais rend libres et capables de servir avec dignité. Et offrons-lui les dons les plus beaux pour lui exprimer notre foi et notre amour.
Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana
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