Par Stefano Cascio
[NDLR: Stefano est séminariste pour le diocèse de Rome, en stage pastoral à Télévision Sel + Lumière pour six semaines. Il sera un collaborateur régulier de ce blogue.]
Le Secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone vient de recevoir le prix Gaudium et Spes, à la 125ième convention suprême des Chevaliers de Colomb. Je désire donc réfléchir avec vous, durant quelques jours sur cette encyclique et en particulier sur l’article 43 ou comment la foi informe la vie du croyant…
Introduction
La philosophie des lumières envahissant les esprits a provoqué la Révolution française fortement opposée au catholicisme, puis le Libéralisme politique et économique du XIXème siècle. Progressivement des domaines entiers de la société civile échappent au pouvoir de l’Eglise : l’économie, la santé et l’éducation. Apparaît alors l’idée naturelle, face à ce nouveau visage de la société, que la religion doit se vivre dans la sphère privée.
Face à une telle sécularisation de la société, les Pères vont vouloir promulguer, pour la première fois, un document important d’un Concile à tous les hommes. Il n’a été précédé dans ce sens que par l’encyclique Pacem in Terris de Jean XXIII.
La Constitution Pastorale De Ecclesia in mundo hujus temporis, (dont “Gaudium et Spes” sont les premiers mots), qui désire présenter le rôle de l’Eglise dans le monde contemporain est exceptionnelle par son but et sa forme :
C’est le plus long texte de toute l’histoire conciliaire. Son style est original pour être accessible au plus grand nombre : les ébauches du texte furent rédigées en français, langue vivante la plus usitée parmi les Pères et les experts. Pour le texte officiel latin, les Pères ont privilégié la clarté et l’intelligibilité plutôt que de soigner le latin classique.
Pour la première fois également, l’aspect temporel de la vie chrétienne est très largement abordé. Mais une constitution pastorale ne peut répondre à tous les problèmes, elle donnera donc des principes d’actions de longues durées.
Nous le verrons, ce texte va accepter l’anthropocentrisme qu’il a christianisé. La vision chrétienne de l’homme et du monde est un humanisme eschatologique. Le nouvel axe de la présence de l’Eglise dans le monde passe par la liberté de l’homme chrétien. Mais il n’y a pas opposition entre la présence de l’Eglise et la liberté de l’homme, entre l’Eglise et le monde.
Après trois chapitres où sont exposés la dignité de l’homme, son caractère communautaire, le sens de son entreprise de construction du monde, le chapitre IV définit la mission divine et humaine de l’Eglise.
Ce chapitre reprend donc le principe posé au chapitre III, sur la “ juste autonomie des réalités terrestres ” (n°36). Il est appliqué aux trois domaines de la vie personnelle, de la vie sociale, de la construction du monde. L’Eglise observe et apprécie, “tient en grande estime” le dynamisme de l’histoire (n°41), les bienfaits actuels des progrès sociaux et politiques (n°42).
Les Pères vont, tout d’abord, réaffirmés la place de la foi dans la vie de tous chrétiens (I) en condamnant certains comportements (A) et en les exhortant à réaliser une synthèse entre la foi et les activités profanes (B). Puis, dans la première partie du numéro 43, que nous étudierons, ils s’attachent, plus particulièrement, au rôle des laïcs qui se doivent “d’imprégner” le monde d’esprit chrétien (I) en reconnaissant la valeur propre des activités séculières (A) et leur responsabilité (B). Cette mission ne peut se faire sans être témoin du Christ (III), en étant attentif à sa conscience (A) et au milieu de la communauté humaine (B)
à suivre…
Nombreux sont les prélats, évêques et cardinaux, qui se sont rendus à Nashville USA pour la 125ième convention suprême. Dans une entrevue accordée cet après-midi dans le cadre de Zoom, Mgr André Gaumond, archevêque de Sherbrooke et Président de la CECC, a expliqué que les C de C sont essentiels pour réaliser la mission de l’Église. Et comment! Dans son discours sur la situation des chevaliers, le chevalier suprême Carl Anderson faisait état de millions d’heures de bénévolat des C de C en 2006. Chiffré par le Independant Institute, ce temps vaut environ 1,3 milliard de dollars. À 18,77 l’heure, faites le calcul… Plus encore, le district d’état du Québec fut le plus généreux, en contribuant plus de 7,8 millions de dollars aux charités de l’Ordre. Comme quoi les Chevaliers demeurent une force et une ressource incontournable pour l’Église et pour la société en général.
Chaque année, le 6 août est consacré à la fête de la Transfiguration du Seigneur. C’est un très grand mystère que nous sommes amenés à contempler à la suite des trois apôtres que Jésus prit avec lui sur la montagne : Pierre, Jacques, et Jean. Mais c’est surtout à la suite de Pierre que nous allons assister à cet événement unique dans la vie de Jésus. Car s’il y a quelqu’un qui a osé se manifester ce jour-là, c’est bien Pierre: la Transfiguration du Seigneur a tellement marqué l’esprit de cet apôtre qu’il en a parlé longuement dans sa deuxième épître (cf. 2 P. 1, 16-18). Avec Pierre, et à sa suite, voyons ce qui s’est passé en ce 6 août avant la mort de Jésus…
Sur la sainte montagne, Pierre est heureux! Jacques et Jean le sont aussi, mais il n’y a que Pierre qui ose le dire à Jésus. Vraiment, l’enthousiasme de Pierre fait de lui le témoin privilégié de cet événement. Et il veut que cela dure, longtemps, longtemps ! Si longtemps qu’il veut dresser des abris, des sortes de tentes, afin que Jésus, Moïse et Elie puissent demeurer là, devant lui, dans l’éclat et la splendeur de la Gloire !
Rappelons-nous la mort du Pape Paul VI (qui, un jour, sera déclaré bienheureux) survenue le dimanche 6 août 1978, fête de la Transfiguration. Fidèle imitateur de son Seigneur, il portait dans son cœur la lumière du Mont Thabor, et avec cette lumière, il marcha jusqu’à la fin, portant sa croix avec une joie évangélique. Sans doute, Pierre, le premier Pape, et son Successeur, le Pape Paul VI, sont-ils tous deux entrés dans la Gloire du Seigneur ayant dans l’esprit le souvenir de la Transfiguration de Jésus…
Benoît XVI a signé vendredi dernier son
Le 4 juillet, l’Église se souvient du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, un des patrons que le pape Jean-Paul II a donnés aux Journées mondiales de la jeunesse.
Athlétique, plein de vie, toujours entouré d’amis pour qui il était une inspiration, Pier Giorgio décida de ne pas devenir prêtre ou religieux car il préféra témoigner de l’Evangile en temps que laïc.
Les jeunes adultes peuvent se reconnaître dans ce beau jeune homme amateur de plein air. Comme eux, il connut tous les problèmes auxquels les jeunes doivent faire face, encore aujourd’hui: les études, les examens de fin d’année, l’engagement politique, les importantes décisions à prendre concernant sa vie, la fidélité de son engagement à la prière quotidienne, la souffrance découlant d’un amour éperdu, un père et une mère qui se débattaient dans leur propre relation : Combien de jeunes vivent ces mêmes combats chaque jours! En fait, la vie de Pier Giorgio rejoint profondément la réalité contemporaine du ministère pastoral universitaire.
Le pallium est une sorte de large collier de laine.