Par Sébastien Lacroix
Les propos du cardinal Marc Ouellet devant la Commission Bouchard/Taylor la semaine dernière ont fait beaucoup jaser. Plusieurs se sont précipités sur leur blogue, ou sur les pages d’opinions dénonçant l’intégrisme catholique, la violence des religions monothéistes, etc. En lisant certains propos, j’en venais à douter que nous avions écouté la même présentation.
Le mémoire de l’archevêque de Québec ne cherche pas à expliquer pourquoi les Québécois ont abandonné les églises ni à faire le mea culpa de l’Église catholique au Québec. Cela n’a-t-il pas déjà été fait à maintes reprises? Il ne s’agit pas de retourner en arrière, on ne peut ni ne doit le faire, mais nous sommes appelés à user de courage et d’audace pour dire qui nous sommes et ce que nous voulons comme société.
Sel + Lumière présentera en rappel la présentation du cardinal Ouellet à la Commission Bouchard/Taylor ce mardi 6 octobre à midi, heure normale de l’Est.
C’est dans la lumière de la fête de tous les saints que nous faisons mémoire, le 2 novembre, de tous les fidèles défunts. Ce jour est un jour où l’on se souvient, mais aussi où l’on peut parler de la mort et en parler sereinement, puisque nous ne sommes pas dans le moment du deuil.
Être délivrés de la mort ? Nous le pouvons avec le Christ : Premier-né de toute créature, il est aussi le Premier-né d’entre les morts (Col 1, 13-18). La résurrection du Christ – et le Christ ressuscité lui-même – est principe et source de notre résurrection future. Mais déjà, vivant avec lui, nous n’avons plus peur de la mort. La mort que nous redoutions, que nous haïssions, la mort au «dard venimeux» (1 Co 15, 56) n’a plus d’emprise sur nous. Saint Paul va jusqu’à dire qu’elle «représente un gain» (Ph 1, 21-23). Elle nous fait mesurer combien chaque instant est précieux, chaque rencontre est unique, chaque amour est fragile. Envisagée dans la foi au Christ, elle devient le lieu de notre rencontre heureuse avec lui: « Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes; nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c’est là qu’il nous attend. »

L’évangile d’aujourd’hui retrace l’appel de l’apôtre Matthieu. Matthieu était un collecteur d’impôts et, par son métier, il gagnait son pain en collectant une taxe auprès de ceux qui voyageaient sur la route commerciale locale. On peut imaginer que Matthieu en serait venu à connaître Jésus, qui passait régulièrement sur cette route. Apparemment, chaque fois que Jésus donnait une pièce de monnaie à Matthieu, il lui offrait bien plus que le simple désir de « rendre à César ce qui appartient à César. »
