Par Sébastien Lacroix
La question lancée par le cardinal Marc Ouellet a résonné dans les chaumières du Québec cet-après midi. Cette question, Jean-Paul II l’avait lancé au français en 1996 à Tours, à l’occasion du 1 500e anniversaire du baptême de Clovis (roi de France) – et donc du baptême de la France. Le Québec pour sa part comporte toujours une majorité de catholique. Reste à savoir s’il s’agit d’une majorité slencieuse.
Je trouve les dépots de mémoires devant la commission Bouchard-Taylor beaucoup plus intéressants que les consultations publiques qui ont permis à plusieurs d’étaler leur méconnaissance de l’autre au grand jour. L’archevêque de Québec était attendu, et cela m’a fait sourire. Les médias auront enfin de quoi de consistant à se mettre sous la dent. Résumons:
Le primat pose d’abord un diagnostic clair de la crise actuelle et des prémisses au débat sur les accommodements raisonnables.
Le débat actuel touche directement la religion et les relations entre communautés culturelles, mais le vrai problème n’est pas celui de l’intégration des immigrants qui serait rendue plus difficile à cause de leurs demandes religieuses d’accommodement. Les statistiques révèlent que les demandes d’accommodements pour motifs religieux sont minimes, ce qui indique que la raison des tensions actuelles est ailleurs. Qu’on ne fasse donc pas porter la responsabilité d’une crise profonde de la société québécoise à ceux et celles qui sont venus y chercher un refuge ou une terre d’accueil ou à leur religion qu’on juge envahissante.
Le vrai problème québécois est le vide spirituel créé par une rupture religieuse et culturelle, une perte substantielle de mémoire, entraînant une crise de la famille et de l’éducation, qui laisse les citoyens et citoyennes désorientés, démotivés, sujets à l’instabilité et rivés à des valeurs passagères et superficielles.
D’où le désarroi de la jeunesse, la chute vertigineuse des mariages, le taux infime de natalité et le nombre effarant d’avortements et de suicides pour ne nommer que quelques unes de ces conséquences qui s’ajoutent aux conditions précaires des aînés et de la santé publique. Et pour comble, ce vide spirituel et culturel est entretenu par une rhétorique anticatholique farcie de clichés qui se retrouve malheureusement trop souvent dans les médias. Ce qui favorise une véritable culture du mépris et de la honte à l’égard de notre héritage religieux, qui détruit l’âme québécoise. Il est grand temps de se demander : Québec, qu’as-tu fait de ton baptême ? Il est grand temps qu’on freine l’intégrisme laïciste, imposé à même les fonds publics, et qu’on retrouve un meilleur équilibre au Québec entre la
tradition et l’innovation créatrice au service du bien commun. On doit réapprendre le respect de la religion qui a façonné l’identité de la population et le respect de toutes les religions sans céder à la pression des intégristes laïcs qui réclament l’exclusion de la religion de l’espace public.Le Québec est mûr pour une nouvelle évangélisation en profondeur qui se dessine en certains milieux par des initiatives catéchétiques importantes, de même que par des efforts communautaires de retour aux sources de notre histoire. Notre société a besoin d’un mouvement de conversion à ses valeurs spirituelles profondes et d’une nouvelle alliance entre sa foi devenue dormante ou passive et la culture commune en émergence qui cherche ses racines. Un renouveau spirituel et culturel est possible si le dialogue entre l’État, la Société et l’Église reprend son cours, constructif et respectueux de notre identité collective désormais pluraliste.
Pour le cardinal Ouellet, un tel dialogue doit aller au-delà du statut quo actuel quant à l’enseignement religieux. L’archevêque de Québec remet en doute le programme d’enseignement culturel des religions qui sera mis en place l’automne prochain et prêche en faveur de la liberté de choix des parents. L’enseignement religieux confessionnel a sa place à l’école, une idée que ne privilégie pas tous les évêques au Québec. Pourtant, les propos du cardinal sont l’écho de nombreux parents qui, malgré tout, sont marginalisés par les élus et les médias.
Espérons que ces propos poussent les Québécois à réfléchir et à remettre en question un modèle qui peut certainement être renouvellé. “Il importe, précise le cardinal, surtout à l’heure actuelle que la majorité catholique se réveille, qu’elle reconnaisse ses vrais besoins spirituels et qu’elle renoue avec ses pratiques traditionnelles afin d’être à la hauteur de la mission qui lui incombe depuis ses origines.”
Le texte complet du mémoire du cardinal Ouellet est disponible sur le site du diocèse de Québec.

L’évangile d’aujourd’hui retrace l’appel de l’apôtre Matthieu. Matthieu était un collecteur d’impôts et, par son métier, il gagnait son pain en collectant une taxe auprès de ceux qui voyageaient sur la route commerciale locale. On peut imaginer que Matthieu en serait venu à connaître Jésus, qui passait régulièrement sur cette route. Apparemment, chaque fois que Jésus donnait une pièce de monnaie à Matthieu, il lui offrait bien plus que le simple désir de « rendre à César ce qui appartient à César. »

La vie de Mère Teresa n’était pas un cliché. Nous vivons à l’ère des manchettes chocs. Alors que tout va très vite, on répond aux grands enjeux de notre époque sans réfléchir, comme des poules sans tête. La vie de Mère Térésa était une métaphore de dévouement désintéressé et de sainteté. C’est pourquoi tant de jeunes femmes de presque partout et de tant d’origines continuent d’entrer chez les Missionnaires de la Charité. Mère Teresa fonda un ordre qui compte désormais plus de 4500 femmes qui oeuvrent dans plus de cent pays. Elles gèrent plus de 500 maisons, hospices et refuges pour des milliers de mourants et de délaissés, en plus de centaines d’écoles, cliniques mobiles, maisons pour les lépreux et les sidéens. Bien que la chanteuse soit partie, le chant de l’amour, de la charité et de l’espérance continue d’être chanté par ces anges de la miséricorde qui découvre Jésus dans la détresse du pauvre.
Dieu merci pour des saints comme Teresa de Calcutta et ses disciples comme S. Nirmala Joshi qui continuent de nous rappeler que la sainteté, la bonté, la joie, la générosité et la paix demeurent possibles dans un monde si compliqué. De son vivant, Mère Teresa a dû faire face aux ombres du doute, à l’angoisse et à la nuit profonde de sa foi. Ces expériences l’ont purifiée et lui ont permis de rejoindre la multitude des saints, mystiques et bienheureux qui ont vécu des expériences similaires sur leurs chemins vers la sainteté.
Cette parole de l’ange Gabriel à Marie, rapportée par l’évangile de saint Luc que nous venons d’entendre, éclaire l’existence de chacun de ceux que Dieu appelle et qu’Il accueille dans son alliance. Elle éclaire particulièrement la vie du cardinal Jean-Marie Lustiger que nous accompagnons aujourd’hui tandis qu’il entre dans la lumière de Dieu et avant que son corps ne repose dans sa cathédrale.
Le Secrétaire d’état du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone vient de recevoir le prix Gaudium et Spes, à la 125ième convention suprême des Chevaliers de Colomb. Je désire donc réfléchir avec vous, durant quelques jours sur cette encyclique et en particulier sur l’article 43 ou comment la foi informe la vie du croyant…