Homélie du pape Léon XIV pour la solennité de Marie, Mère de Dieu 2026

Le jeudi 1er janvier, le pape Léon XIV a prononcé l’homélie lots de la messe pour la solennité de Marie, Mère de Dieu et pour la 59e Journée mondiale de la Paix.

Voici le texte intégral:

Solennité de Marie, Mère de Dieu
59e Journée mondiale de la Paix

Homélie du pape Léon XIV

Basilique Saint-Pierre
Jeudi 1er janvier 2026

Chers frères et sœurs,

aujourd’hui, en cette solennité de Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, qui marque le début de la nouvelle année civile, la liturgie nous offre le texte d’une très belle bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).

Dans le livre des Nombres, elle fait suite aux indications concernant la consécration des nazirs, soulignant la dimension sacrée et féconde du don dans la relation entre Dieu et le peuple d’Israël. L’homme offre au Créateur tout ce qu’il a reçu et Celui-ci répond en tournant vers lui son regard bienveillant, comme au commencement du monde (cf. Gn 1, 31).

Le peuple d’Israël, à qui cette bénédiction s’adressait, était un peuple de libérés, d’hommes et de femmes nés de nouveau après un long esclavage, grâce à l’intervention de Dieu et à la réponse généreuse de son serviteur Moïse. En Égypte, ce peuple jouissait de certaines sécurités — la nourriture ne manquait pas, tout comme un toit et une certaine stabilité —, mais cela au prix de la servitude, de l’oppression d’une tyrannie qui réclamait toujours plus en donnant toujours moins (cf. Ex 5, 6-7). À présent, dans le désert, beaucoup de ces certitudes du passé ont disparu, mais il y a en échange la liberté qui se concrétise par une voie ouverte vers l’avenir, par le don d’une loi de sagesse et la promesse d’une terre où vivre et grandir sans plus de chaînes ni de fers : en somme, une nouvelle naissance.

Ainsi, la liturgie nous rappelle, en ce début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la réponse de notre liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours.

Nous gardons tout cela à l’esprit alors que nous célébrons le mystère de la Maternité Divine de Marie qui, par son “oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.

En ce début d’année, alors que nous nous mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent, demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous, la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant, afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 41). Mais en même temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.

Saint Augustin enseignait qu’en Marie « le créateur de l’homme est devenu homme afin que, bien qu’Il soit le maître des étoiles, Il puisse téter le sein d’une femme ; bien qu’Il soit le pain (cf. Jn 6, 35), Il puisse avoir faim (cf. Mt 4, 2) ; […] pour nous libérer même si nous sommes indignes » (Sermon 191, 1.1). Il rappelait ainsi l’un des traits fondamentaux du visage de Dieu : celui de la gratuité totale de son amour par lequel il se présente à nous – comme j’ai tenu à le souligner dans le Message de cette Journée Mondiale de la Paix –, “désarmé et désarmant”, nu, sans défense comme un nouveau-né dans son berceau. Et cela pour nous enseigner que le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni crainte.

Tel est le visage de Dieu que Marie a laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses prétentions et à ses garanties – comme savent le faire les mères -, en consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le redonner à son tour au monde.

Dans la Maternité Divine de Marie, nous voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf. Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus grande puissance : la liberté.

Saint Jean-Paul II, méditant sur ce mystère, invitait à regarder ce que les bergers avaient trouvé à Bethléem : « La tendresse désarmante de l’Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l’humble simplicité de Marie et de Joseph » ont transformé leur vie en faisant d’eux des « messagers du salut » (Homélie lors de la messe de Marie, Mère de Dieu, 34e Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2001).

Il le disait à la fin du grand Jubilé de l’an 2000, avec des mots qui peuvent nous faire réfléchir nous aussi : « Combien de dons – affirmait-il – combien d’occasions extraordinaires le grand Jubilé a-t-il offert aux croyants! Dans l’expérience du pardon reçu et donné, dans le souvenir des martyrs, dans l’écoute du cri des pauvres du monde […] nous avons nous aussi ressenti la présence salvifique de Dieu dans l’histoire. Nous avons comme touché de façon tangible son amour qui renouvelle la face de la terre » (ibid.), et il concluait : « Comme aux pasteurs qui accourent pour l’adorer, le Christ demande aux croyants, auxquels il a offert la joie de le rencontrer, une disponibilité courageuse afin de repartir pour annoncer son Évangile, ancien et toujours nouveau. Il les invite à vivifier l’histoire et les cultures des hommes avec son message salvifique » (ibid.).

Chers frères et sœurs, en cette fête solennelle, au début de la nouvelle année, à l’approche de la fin du Jubilé de l’espérance, approchons-nous avec foi de la crèche comme le lieu par excellence de la paix “désarmée et désarmante”, lieu de bénédiction où nous nous souvenons des prodiges que le Seigneur a accomplis dans l’histoire du salut et dans notre existence, afin de repartir comme les humbles témoins de la grotte, en « glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu. Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour notre vie chrétienne.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation du Bureau de presse du Saint-Siège.

 

Message Urbi et Orbi du pape Léon XIV pour Noël 2025

Le 25 décembre 2025 à midi, le pape Léon XIV a prononcé le traditionnel message de Noël et la bénédiction “urbi et orbi”  depuis le Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de son message pour Noël 2025 :

MESSAGE DE NOËL
de pape Léon XIV

NOËL 2025

Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre
Jeudi 25 décembre 2025

Chers frères et sœurs !

« Tous ensemble, réjouissons-nous dans le Seigneur : notre Sauveur est né sur terre ! Aujourd’hui, pour nous, descend du ciel la paix véritable » (Antienne d’ouverture de la messe de la nuit de Noël). Ainsi chante la liturgie dans la nuit de Noël, et ainsi résonne dans l’Église l’annonce de Bethléem : l’Enfant né de la Vierge Marie est le Christ Seigneur, envoyé par le Père pour nous sauver du péché et de la mort. Il est notre paix, Celui qui a vaincu la haine et l’inimitié par l’amour miséricordieux de Dieu. C’est pourquoi « la Nativité du Seigneur est une Nativité de paix » (Saint Léon le Grand, Sermon 26).

Jésus est né dans une étable, car il n’y avait pas de place pour Lui dans le logement. À sa naissance, sa mère Marie « l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire » (cf. Lc 2, 7). Le Fils de Dieu, par qui tout a été créé, n’est pas accueilli et son berceau est une pauvre mangeoire d’animaux.

Le Verbe éternel du Père, que les cieux ne peuvent contenir, a choisi de venir au monde ainsi. Par amour, il a voulu naître d’une femme, afin de partager notre humanité ; par amour, il a accepté la pauvreté et le rejet et il s’est identifié à ceux qui sont mis au rebut et exclus.

Dans la Nativité de Jésus se profile déjà le choix fondamental qui guidera toute la vie du Fils de Dieu, jusqu’à sa mort sur la croix : le choix de ne pas nous faire porter le poids du péché, mais de le porter Lui-même pour nous, d’en assumer la charge. Lui seul pouvait le faire. Mais Il a montré en même temps ce que nous seuls pouvons faire, c’est-à-dire assumer chacun notre part de responsabilité. Oui, car Dieu, qui nous a créés sans nous, ne peut nous sauver sans nous (cf. saint Augustin, Discours 169, 11. 13), sans notre libre volonté d’aimer. Celui qui n’aime pas n’est pas sauvé, il est perdu. Et celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas (cf. 1 Jn 4, 20).

Sœurs et frères, voici le chemin de la paix : la responsabilité. Si chacun – à tous les niveaux –, au lieu d’accuser les autres, reconnaissait d’abord ses propres fautes et demandait pardon à Dieu, et en même temps se mettait à la place de ceux qui souffrent, se montrait solidaire des plus faibles et des opprimés, alors le monde changerait.

Jésus-Christ est notre paix avant tout parce qu’Il nous libère du péché, ensuite parce qu’Il nous montre la voie à suivre pour surmonter les conflits, tous les conflits, des conflits interpersonnels aux conflits internationaux. Sans un cœur libéré du péché, un cœur pardonné, on ne peut être un homme ou une femme pacifique, artisan de paix. C’est pour cela que Jésus est né à Bethléem et qu’il est mort sur la croix : pour nous libérer du péché. Il est le Sauveur. Avec sa grâce, nous pouvons et devons tous faire notre part pour rejeter la haine, la violence, la confrontation et pratiquer le dialogue, la paix, la réconciliation.

En ce jour de fête, je souhaite adresser un salut chaleureux et paternel à tous les chrétiens, en particulier à ceux qui vivent au Moyen-Orient que j’ai voulu rencontrer récemment lors de mon premier Voyage apostolique. J’ai écouté leurs craintes et je connais bien leur sentiment d’impuissance face à des dynamiques de pouvoir qui les dépassent. L’Enfant qui naît aujourd’hui à Bethléem est le même Jésus qui dit : « Ayez la paix en moi. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde ! » (Jn 16, 33).

Nous L’invoquons, pour la justice, la paix et la stabilité pour au Liban, en Palestine, en Israël et en Syrie, confiants dans ces paroles divines : « L’œuvre de la justice sera la paix, et la pratique de la justice, le calme et la sécurité pour toujours » (Is 32, 17).

Nous confions au Prince de la Paix tout le continent européen, en Lui demandant de continuer d’y inspirer un esprit communautaire et de collaboration, fidèle à ses racines chrétiennes et à son histoire, un esprit solidaire et accueillant envers ceux qui sont dans le besoin. Nous prions tout particulièrement pour le peuple ukrainien meurtri : que le bruit des armes cesse et que les parties impliquées, soutenues par l’engagement de la communauté internationale, trouvent le courage de dialoguer de manière sincère, directe et respectueuse.

Nous supplions l’Enfant de Bethléem d’accorder la paix et la consolation aux les victimes de toutes les guerres en cours dans le monde, en particulier celles qui sont oubliées, et pour tous ceux qui souffrent à cause de l’injustice, de l’instabilité politique, de la persécution religieuse et du terrorisme. Je pense en particulier à nos frères et sœurs du Soudan, du Soudan du Sud, du Mali, du Burkina Faso et de la République Démocratique du Congo.

En ces derniers jours du Jubilé de l’Espérance, prions le Dieu-fait-homme pour le cher peuple d’Haïti, afin que cesse toute forme de violence dans le pays et qu’il puisse progresser sur la voie de la paix et de la réconciliation.

Que l’Enfant Jésus inspire tous ceux qui, en Amérique latine, ont des responsabilités politiques afin que, face aux nombreux défis, la place soit donnée au dialogue pour le bien commun et non pas aux préjugés idéologiques et partisans.

Nous demandons au Prince de la Paix d’éclairer le Myanmar de la lumière d’un avenir de réconciliation. Qu’Il redonne espérance aux jeunes générations, qu’Il guide le peuple birman sur les chemins de la paix et qu’Il accompagne ceux qui sont privés de logement, de sécurité ou de confiance en l’avenir.

Nous Lui demandons de rétablir l’ancienne amitié entre la Thaïlande et le Cambodge et que les parties concernées continuent à œuvrer pour la réconciliation et la paix.

Nous Lui confions également les populations d’Asie du Sud et d’Océanie, durement éprouvées par de récentes et dévastatrices catastrophes naturelles qui ont frappé durement des populations entières. Face à ces épreuves, j’invite chacun à renouveler avec conviction l’engagement commun à venir en aide à ceux qui souffrent.

Chers frères et sœurs,

dans l’obscurité de la nuit, « la vraie Lumière qui éclaire tout homme » est venue au monde (Jn 1, 9), mais « les siens ne l’ont pas reçue » (Jn 1, 11). Ne nous laissons pas gagner par l’indifférence envers ceux qui souffrent, car Dieu n’est pas indifférent à nos misères.

En se faisant homme, Jésus prend sur Lui notre fragilité, Il s’identifie à chacun de nous : à ceux qui n’ont plus rien et ont tout perdu, comme les habitants de Gaza ; à ceux qui sont en proie à la faim et à la pauvreté, comme le peuple yéménite ; à ceux qui fuient leur terre pour chercher un avenir ailleurs, comme les nombreux réfugiés et migrants qui traversent la Méditerranée ou parcourent le continent américain ; à ceux qui ont perdu leur emploi et ceux qui en cherchent un, comme tant de jeunes qui peinent à trouver un travail ; à ceux qui sont exploités, comme les trop nombreux travailleurs sous-payés ; à ceux qui sont en prison et vivent souvent dans des conditions inhumaines.

Au cœur de Dieu parvient l’invocation de paix qui monte de chaque terre, comme l’écrit un poète :

« Non pas la paix d’un cessez-le-feu,
ni même la vision du loup et de l’agneau,
mais plutôt
comme dans le cœur quand l’excitation est passée
et qu’on ne peut parler que d’une grande fatigue.
[…]
Qu’elle vienne
comme les fleurs sauvages,
à l’improviste, car le champ
en a besoin : une paix sauvage ». [1]

En ce jour saint, ouvrons notre cœur à nos frères et sœurs qui sont dans le besoin et dans la peine. Ce faisant, nous l’ouvrons à l’Enfant Jésus qui nous accueille à bras ouverts et nous révèle sa divinité : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).

Dans quelques jours, l’année jubilaire prendra fin. Les portes saintes se fermeront, mais le Christ, notre espérance, restera toujours avec nous ! Il est la Porte toujours ouverte qui nous introduit dans la vie divine. Telle est la bonne nouvelle de ce jour : l’Enfant qui est né est Dieu –fait-homme ; Il ne vient pas pour condamner mais pour sauver ; son apparition n’est pas éphémère, Il vient pour rester et se donner Lui-même. En Lui, chaque blessure est guérie et chaque cœur trouve repos et paix. « La Nativité du Seigneur est une Nativité de paix ».

Je souhaite de tout cœur à chacun un serein et saint Noël !


[1] Y. Amichai, « Wildpeace », dans The Poetry of Yehuda Amichai, Farrar, Straus and Giroux, 2015.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

 

Homélie du pape Léon XIV pour la messe de minuit 2025

Le mercredi 24 décembre, le pape Léon XIV a prononcé l’homélie de la messe de minuit. Il nous rappelle que : « Par l’enfant Jésus, Dieu donne au monde une vie nouvelle : la sienne, pour tous. Ce n’est pas une solution à tous les problèmes, mais une histoire d’amour qui nous implique tous ».

Voici le texte intégral:

SOLENNITÉ DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR

Homélie du pape Léon XIV

Basilique Saint-Pierre
Mercredi 24 décembre 2025

Chers frères et sœurs, 

Pendant des millénaires, partout sur terre, les peuples ont scruté le ciel, donnant des noms et des formes à des étoiles muettes : dans leur imagination, ils y lisaient les événements futurs, cherchant là-haut, dans les astres, la vérité qui manquait ici-bas, chez eux. Comme à tâtons, dans cette obscurité, ils restaient cependant déroutés par leurs propres oracles. Cette nuit-là, cependant, « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is 9, 1). 

Voici l’astre qui surprend le monde, une flamme à peine allumée et ardente de vie : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2, 11). Dans le temps et dans l’espace, là où nous sommes, vient Celui sans qui nous n’aurions jamais été. Celui qui donne sa vie pour nous vit avec nous, illuminant notre nuit de son salut. Aucune ténèbres que cette étoile n’éclaire, car à sa lumière, l’humanité tout entière voit l’aurore d’une existence nouvelle et éternelle. 

C’est la naissance de Jésus, l’Emmanuel. En son Fils fait homme, Dieu ne nous donne pas quelque chose, mais lui-même, « afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple » (Tt 2, 14). Celui qui nous rachète de la nuit naît dans la nuit : la trace du jour qui se lève n’est plus à chercher loin, dans les espaces sidéraux, mais en baissant la tête, dans l’étable voisine. 

Le signe clair donné au monde obscure est, en effet, « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12). Pour trouver le Sauveur, il ne faut pas regarder vers le haut, mais contempler vers le bas : la toute-puissance de Dieu resplendit dans l’impuissance d’un nouveau-né ; l’éloquence du Verbe éternel résonne dans le premier cri d’un nourrisson ; la sainteté de l’Esprit brille dans ce petit corps à peine lavé et emmailloté. Le besoin d’attentions et de chaleur, que le Fils du Père partage dans l’histoire avec tous ses frères, est divin. La lumière divine qui rayonne de cet Enfant nous aide à voir l’homme dans toute vie naissante. 

Pour éclairer notre aveuglement, le Seigneur a voulu se révéler à l’homme comme un homme, son image véritable, selon un projet d’amour commencé avec la création du monde. Tant que la nuit de l’erreur obscurcit cette vérité providentielle, alors « il n’y a pas d’espace non plus pour les autres, pour les enfants, pour les pauvres, pour les étrangers » (Benoît XVI, Homélie dans la nuit de Noël, 24 décembre 2012). Les paroles du Pape Benoît XVI, tellement actuelles, nous rappellent qu’il n’y a pas de place pour Dieu sur terre s’il n’y a pas de place pour l’homme : ne pas accueillir l’un signifie ne pas accueillir l’autre. En revanche, là où il y a de la place pour l’homme, il y a de la place pour Dieu : alors une étable peut devenir plus sacrée qu’un temple et le sein de la Vierge Marie est l’arche de la nouvelle alliance. 

Admirons, chers amis, la sagesse de Noël. Par l’enfant Jésus, Dieu donne au monde une vie nouvelle : la sienne, pour tous. Ce n’est pas une solution à tous les problèmes, mais une histoire d’amour qui nous implique tous. Face aux attentes des peuples, Il envoie un enfant, afin qu’il soit parole d’espérance ; face à la souffrance des misérables, Il envoie un être sans défense, afin qu’il soit la force pour se relever ; face à la violence et à l’oppression, Il allume une douce lumière qui éclaire de salut tous les enfants de ce monde. Comme le remarquait saint Augustin, « l’orgueil humain t’a tellement écrasé que seule l’humilité divine pouvait te relever » (Sermo in Natale Domini 188, III, 3). Oui, alors qu’une économie faussée conduit à traiter les hommes comme de la marchandise, Dieu se fait semblable à nous, révélant la dignité infinie de toute personne. Alors que l’homme veut devenir Dieu pour dominer son prochain, Dieu veut devenir homme pour nous libérer de toute esclavage. Cet amour nous suffira-t-il pour changer notre histoire ? 

La réponse vient alors que nous nous réveillons à peine, comme les bergers, d’une nuit mortelle à la lumière de la vie naissante, en contemplant l’enfant Jésus. Au-dessus de l’étable de Bethléem, où Marie et Joseph, émerveillés, veillent sur le nouveau-né, le ciel étoilé devient « une troupe céleste innombrable » (Lc 2, 13). Ce sont des armées désarmées et désarmantes, car elles chantent la gloire de Dieu, dont la paix est la manifestation sur terre (cf. v. 14) : dans le cœur du Christ, en effet, palpite le lien qui unit dans l’amour le ciel et la terre, le Créateur et les créatures.

Ainsi, il y a exactement un an, le Pape François affirmait que la naissance de Jésus ravive en nous « le don et l’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue », car « avec Lui, la joie fleurit, avec Lui la vie change, avec Lui l’espérance ne déçoit pas » (Homélie dans la nuit de Noël, 24 décembre 2024). C’est par ces mots que débutait l’Année Sainte. Maintenant que le Jubilé touche à sa fin, Noël est pour nous un temps de gratitude et de mission. Gratitude pour le don reçu, mission pour en témoigner au monde. Comme le chante le psalmiste : « De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! » (Ps 95, 2-3).

Sœurs et frères, la contemplation du Verbe fait chair suscite dans toute l’Église une parole nouvelle et véridique : proclamons donc la joie de Noël, qui est la fête de la foi, de la charité et de l’espérance. C’est la fête de la foi, car Dieu devient homme, naissant de la Vierge. C’est la fête de la charité, car le don du Fils rédempteur se réalise dans le dévouement fraternel. C’est la fête de l’espérance, car l’Enfant Jésus l’allume en nous, faisant de nous des messagers de paix. Avec ces vertus dans le cœur, sans craindre la nuit, nous pouvons aller à la rencontre de l’aube du jour nouveau.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation du Bureau de presse du Saint-Siège.

 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 17 décembre 2025

Philippe de Champaigne, « Saint Augustin ». Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont la résurrection du Christ offre une espérance à nos cœurs agités, en déclarant : « Lorsque nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit que oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

La vie humaine est caractérisée par un mouvement constant qui nous pousse à faire, à agir. Aujourd’hui, la rapidité est requise partout pour l’obtention de résultats optimaux dans les domaines les plus divers. De quelle manière la résurrection de Jésus éclaire-t-elle cet aspect de notre expérience ? Quand nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit : oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie. Alors, devons-nous simplement attendre, ou cela peut-il nous transformer dès maintenant ?

Nous sommes absorbés par tant d’activités qui ne nous apportent pas toujours satisfaction. Nombre de nos actions concernent des choses pratiques et concrètes. Nous devons assumer de nombreux engagements, résoudre des problèmes, affronter des difficultés. Jésus, lui aussi, s’est impliqué auprès des autres et dans la vie, sans s’épargner, se donnant jusqu’au bout. Pourtant, nous percevons souvent que trop en faire, loin de nous épanouir, devient un tourbillon étourdissant qui nous prive de sérénité et nous empêche de vivre pleinement ce qui compte vraiment dans nos vies. Nous nous sentons alors fatigués, insatisfaits : le temps semble se disperser en mille choses pratiques qui, pourtant, ne percent pas le sens ultime de notre existence. Parfois, au terme de journées chargées, nous ressentons un vide. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des machines, nous avons un cœur – ou plutôt, pouvons-nous dire, nous sommes un cœur.

Le cœur est le symbole de notre humanité tout entière , une synthèse de pensées, de sentiments et de désirs, le centre invisible de notre personne. L’évangéliste Matthieu nous invite à méditer sur l’importance du cœur, en citant cette belle phrase de Jésus : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ( Mt 6,21).

C’est donc dans le cœur que l’on conserve le véritable trésor, non dans les coffres-forts de la terre, ni dans de grands investissements financiers qui n’ont jamais été autant affolés qu’aujourd’hui, et sont injustement concentrés, idolâtrés au prix sanglant de millions de vies humaines et de la dévastation de la création de Dieu.

Il est important de réfléchir à ces aspects, car dans les nombreux engagements auxquels nous sommes constamment confrontés, le risque de dispersion, parfois de désespoir, de perte de sens, affleure de plus en plus, même chez des personnes ayant apparemment réussi. Au contraire, lire la vie à la lumière de Pâques, la regarder avec le Christ ressuscité, c’est accéder à l’essence de la personne humaine, à notre cœur : cœur « Inquietum ». Par cet adjectif, « inquiet », saint Augustin nous aide à comprendre l’élan de l’être humain vers son plein accomplissement. La phrase intégrale renvoie au début des Confessions, où Augustin écrit : « Seigneur, tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » (I, 1, 1).

L’inquiétude est le signe que notre cœur ne se meut pas au hasard, sans but ni raison, mais qu’il est orienté vers sa destination ultime, du « retour à la maison ». Et le véritable amarrage du cœur ne consiste pas à posséder des biens matériels, mais à atteindre ce qui peut le combler pleinement ; c’est-à-dire l’amour de Dieu, ou mieux encore, Dieu Amour. Ce trésor, cependant, ne se trouve qu’en aimant le prochain que nous rencontrons sur notre chemin : nos frères et sœurs en chair et en os, dont la présence interpelle et questionne notre cœur, l’invitant à s’ouvrir et à se donner. Notre prochain nous demande de ralentir, de le regarder dans les yeux, parfois de revoir nos plans, voire de changer de direction.

Très chers, voici le secret du mouvement du cœur humain : retourner à la source de son être, goûter à la joie intarissable, qui ne manque jamais. Nul ne peut vivre sans un sens qui aille outre le contingent, outre ce qui passe. Le cœur humain ne peut vivre sans espérer, sans savoir d’être fait pour la plénitude, non pour le manque.

Jésus-Christ, par son Incarnation, sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, a posé un fondement solide à cette espérance. Le cœur inquiet ne sera pas déçu s’il s’engage dans la dynamique d’amour pour laquelle il a été créé. L’amarrage est certain, la vie a triomphé et en Christ, elle continuera de triompher dans toutes les morts du quotidien. Telle est l’espérance chrétienne : bénissons et remercions sans cesse le Seigneur qui nous l’a donnée !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Consultez tous nos articles et la couverture du pape Léon XIV sur notre page :  slmedia.org/fr/pape-leon-xiv

Prier avec le pape Réflexion – Décembre 2025

Mes frères et sœurs,  en ce mois de décembre, le Pape nous invite à prier pour que les chrétiens qui vivent dans des contextes de guerre ou de conflit, en particulier au Moyen-Orient, soient des semences de paix, de réconciliation et d’espoir.

Comme le dit si bien saint Paul VI : « Si vous voulez la paix, travaillez pour la justice ». Pour ce faire, nous devons aller au-delà de la simple analyse des guerres et des conflits comme des pièces sur l’échiquier géopolitique, car cela déshumanise les personnes qui y sont impliquées volontairement ou involontairement. 

Les vies perdues, les souffrances immenses endurées, les traumatismes réels subis… tout cela est arrivé à des êtres humains réels, tant à des soldats qu’à des civils. 

Les guerres et les conflits menacent de nous plonger dans le désespoir, mais résistons-y ! Mettons notre espoir dans le Seigneur, qui est la source de tout espoir, qui est venu nous donner une paix que le monde ne peut donner. Il ne s’agit pas de prier pour que les problèmes du monde disparaissent, mais plutôt d’apprendre à voir le monde comme Dieu le voit. 

Voici comment Dieu voit le monde : il voit la fracture et la souffrance ; il en est profondément ému parce qu’il nous aime ; et il envoie son Fils parmi nous pour nous donner l’espoir. Être ému par la souffrance n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de refus de déshumaniser et d’être déshumanisé.

Luttons activement contre le sentiment de désespoir et accrochons-nous à l’espoir qu’est Dieu. Prions et luttons pour une paix qui, comme le décrit le pape Léon 14 , est désarmée et désarmante. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Homélie du Saint-Père sur le front de mer de Beyrouth

Photo Crédit: Vatican Media

Pape Léon XIV, lors de son homélie de la messe offerte sur le front de mer de Beyrouth en présence de plus de 150 000 personnes : « En ce front de mer où se rejoignent la beauté et les blessures du Liban, nous nous rassemblons pour confier au Seigneur nos épreuves et notre espérance. Que cette célébration ravive en nous le désir de paix, de réconciliation et de fraternité pour tout le peuple libanais. ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Pour en savoir plus sur le voyage apostolique du pape Léon XIV en Turquie et au Liban, rendez-vous sur slmedia.org/fr/turquie-liban.

Chers frères et sœurs,

au terme de ces journées intenses que nous avons partagées dans la joie, nous rendons grâce au Seigneur pour les nombreux dons de sa bonté, pour la manière dont Il se rend présent au milieu de nous, pour la Parole qu’Il nous offre en abondance et pour ce qu’Il nous a donné de vivre ensemble.

Jésus aussi – comme nous venons de l’entendre dans l’Évangile –a des paroles de gratitude envers le Père et, s’adressant à Lui, Il prie en disant : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange » (Lc 10, 21).

Cependant, la louange ne trouve pas toujours sa place en nous. Parfois, accablés par les difficultés de la vie, préoccupés par les nombreux problèmes qui nous entourent, paralysés par l’impuissance face au mal et opprimés par tant de situations difficiles, nous sommes davantage portés à la résignation et à la plainte qu’à l’émerveillement du cœur et à l’action de grâce.

C’est à vous, cher peuple libanais, que j’adresse cette invitation à cultiver toujours des attitudes de louange et de gratitude. À vous qui êtes les destinataires d’une beauté rare dont le Seigneur a enrichi votre terre et qui, en même temps, êtes les spectateurs et les victimes de la manière dont le mal, sous de multiples formes, peut obscurcir cette magnificence.

Depuis cette esplanade qui surplombe la mer, je peux moi aussi contempler la beauté du Liban chantée dans les Écritures. Le Seigneur y a planté ses hauts cèdres, les nourrissant et les rassasiant (cf. Ps 103, 16), Il a parfumé les vêtements de l’épouse du Cantique des Cantiques avec le parfum de cette terre (cf. Ct 4, 11), et à Jérusalem, ville sainte revêtue de lumière pour la venue du Messie, Il a annoncé : « La gloire du Liban viendra chez toi : cyprès, orme et mélèze ensemble, pour faire resplendir le lieu de mon sanctuaire ; et ce lieu où je pose mes pieds, je le glorifierai » (Is 60, 13).

Mais en même temps, cette beauté est assombrie par la pauvreté et les souffrances, par les blessures qui ont marqué votre histoire – je viens de me rendre sur le lieu de l’explosion, au port, pour prier – ; elle est assombrie par les nombreux problèmes qui vous affligent, par un contexte politique fragile et souvent instable, par la crise économique dramatique qui vous oppresse, par la violence et les conflits qui ont réveillé d’anciennes peurs.

Dans un tel contexte, la gratitude cède facilement la place au désenchantement, le chant de louange ne trouve pas sa place dans la désolation du cœur, la source de l’espérance est asséchée par l’incertitude et la désorientation.

La Parole du Seigneur, cependant, nous invite à trouver les petites lumières qui brillent au cœur de la nuit, pour nous ouvrir à la gratitude et pour nous inciter à nous engager ensemble en faveur de cette terre.

Comme nous l’avons entendu, Jésus ne rend pas grâce au Père en raison des œuvres extraordinaires, mais parce qu’Il révèle sa grandeur précisément aux petits et aux humbles, à ceux qui n’attirent pas l’attention, qui semblent compter peu ou pas du tout, ceux qui n’ont pas de voix. Le Royaume que Jésus vient inaugurer a en effet cette caractéristique dont nous a parlé le prophète Isaïe : il est un germe, un petit rameau qui pousse sur un tronc (cf. Is 11, 1), une petite espérance qui promet la renaissance quand tout semble mourir. C’est ainsi que le Messie est annoncé et, venant dans la petitesse d’un germe, il ne peut être reconnu que par les petits, par ceux qui, sans grandes prétentions, savent reconnaître les détails cachés, les traces de Dieu dans une histoire apparemment perdue.

Cela est aussi une indication pour nous, afin que nous puissions avoir le regard assez clairvoyant pour reconnaître la petitesse du germe qui pousse et grandit même au sein d’une histoire douloureuse. Les petites lumières qui brillent dans la nuit, les petites pousses qui apparaissent, les petites graines plantées dans le jardin aride de cette époque, nous pouvons les voir nous aussi, ici aussi, aujourd’hui aussi. Je pense à votre foi simple et authentique, enracinée dans vos familles et nourrie par les écoles chrétiennes ; je pense au travail constant des paroisses, des congrégations et des mouvements pour répondre aux demandes et besoins des gens ; je pense aux nombreux prêtres et religieux qui se dépensent dans leur mission au milieu de multiples difficultés ; je pense aux laïcs, engagés dans le domaine de la charité et de la promotion de l’Évangile dans la société. Pour ces lumières qui tentent avec peine d’éclairer l’obscurité de la nuit, pour ces petits germes invisibles qui ouvrent cependant l’espérance en l’avenir, nous devons aujourd’hui dire comme Jésus : “Nous te louons, ô Père!”. Nous te remercions d’être avec nous et de ne pas nous laisser vaciller.

En même temps, cette gratitude ne doit pas être une consolation intimiste et illusoire. Elle doit nous conduire à la transformation du cœur, à la conversion de la vie, à considérer que c’est précisément dans la lumière de la foi, dans la promesse de l’espérance et dans la joie de la charité que Dieu a pensé notre vie. C’est pourquoi nous sommes tous appelés à cultiver ces germes, à ne pas nous décourager, à ne pas céder à la logique de la violence et à l’idolâtrie de l’argent, à ne pas nous résigner face au mal qui se répand.

Chacun doit faire sa part et nous devons tous unir nos efforts pour que cette terre retrouve sa splendeur. Et nous n’avons qu’un seul moyen de le faire : désarmons nos cœurs, faisons tomber les armures de nos fermetures ethniques et politiques, ouvrons nos confessions religieuses à la rencontre réciproque, réveillons au plus profond de nous-mêmes le rêve d’un Liban uni, où triomphent la paix et la justice, où tous puissent se reconnaître frères et sœurs et où, enfin, puisse se réaliser ce que nous décrit le prophète Isaïe : «  Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble » (Is 11, 6).

Tel est le rêve qui vous est confié ; c’est ce que le Dieu de la paix met entre vos mains : Liban, relève-toi ! Sois une maison de justice et de fraternité ! Sois une prophétie de paix pour tout le Levant !

Frères et sœurs, je voudrais moi aussi répéter les paroles de Jésus : “Je proclame ta louange ô Père”. Je rends grâce au Seigneur de m’avoir permis de partager ces journées avec vous, tout en portant dans mon cœur vos souffrances et vos espérances. Je prie pour vous, afin que cette terre du Levant soit toujours éclairée par la foi en Jésus-Christ, soleil de justice, et que grâce à Lui, elle garde l’espérance qui ne passe pas.

_____________________________

Appel du Saint-Père

Chers frères et sœurs,

au cours de ces journées de mon premier Voyage Apostolique, entrepris en cette Année Jubilaire, j’ai voulu venir en pèlerin d’espérance au Moyen-Orient, implorant Dieu d’accorder la paix à cette terre bien-aimée, marquée par l’instabilité, les guerres et la douleur.

Chers chrétiens du Levant, lorsque les résultats de vos efforts pour la paix tardent à venir, je vous invite à lever les yeux vers le Seigneur qui    vient ! Regardons-le avec espérance et courage, en invitant chacun à s’engager sur la voie de la coexistence, de la fraternité et de la paix. Soyez des artisans de paix, des annonciateurs de paix, des témoins de paix !

Le Moyen-Orient a besoin de nouvelles attitudes, pour rejeter la logique de la vengeance et de la violence, pour surmonter les divisions politiques, sociales et religieuses, pour ouvrir de nouveaux chapitres sous le signe de la réconciliation et de la paix. La voie de l’hostilité réciproque et de la destruction, dans l’horreur de la guerre, a été trop longtemps empruntée, avec les résultats déplorables que tout le monde peut constater. Il faut changer de voie, il faut éduquer le cœur à la paix.

Depuis cette place, je prie pour le Moyen-Orient et tous les peuples qui souffrent à cause de la guerre. Je prie également pour la Guinée-Bissau, en espérant une solution pacifique aux conflits politiques. Je n’oublie pas non plus les victimes de l’incendie survenu à Hong Kong et leurs chères familles.

Je prie tout particulièrement pour le Liban bien-aimé ! Je demande une fois encore à la communauté internationale de ne ménager aucun effort pour promouvoir les processus de dialogue et de réconciliation. Je lance un appel pressant à tous ceux qui détiennent une autorité politique et sociale, ici et dans tous les pays en proie à la guerre et à la violence : écoutez le cri de vos peuples qui implorent la paix ! Mettons-nous tous au service de la vie, du bien commun et du développement intégral des personnes.

Enfin, à vous, chrétiens du Levant, citoyens à part entière de ces terres, je répète : courage ! Toute l’Église vous regarde avec affection et admiration. Que la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame de Harissa, vous protège toujours.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Consultez tous nos articles et la couverture du pape Léon XIV sur notre page :  slmedia.org/fr/pape-leon-xiv

Intention de prière du pape Léon pour décembre 2025

Rejoignez-nous dans la prière pour les intentions qui nous ont été confiées par le pape Léon.
Pour décembre 2025, nous nous joignons au Saint-Père pour prier pour les chrétiens qui vivent dans des contextes de conflit :

Prions pour que les chrétiens qui vivent dans des contextes de guerre ou de conflit, en particulier au Moyen-Orient, soient des semences de paix, de réconciliation et d’espoir.

Écoutez également la Video du Pape sur les intentions de décembre.

Prions pour que les chrétiens qui vivent dans des contextes de guerre ou de conflit, en particulier au Moyen-Orient, soient des semences de paix, de réconciliation et d’espoir.

Dieu de paix,
toi qui, par le sang de ton Fils,
as réconcilié le monde avec toi,
nous te prions aujourd’hui pour les chrétiens
qui vivent au milieu des guerres et des violences.

Même plongés dans la douleur,
qu’ils ne cessent jamais de percevoir la douce bonté de ta présence
et la prière de leurs frères et sœurs dans la foi.

Car ce n’est qu’en toi,
et fortifiés par les liens fraternels,
qu’ils peuvent devenir semences de réconciliation,
bâtisseurs d’espérance, dans les gestes les plus simples comme dans les plus grands,
capables de pardonner et d’aller de l’avant,
de jeter des ponts,
et de rechercher la justice avec miséricorde.

Seigneur Jésus,
toi qui as appelé bienheureux
ceux qui œuvrent pour la paix,
fais de nous tes instruments de paix,
même là où l’harmonie semble impossible.

Esprit Saint,
source d’espérance dans les heures les plus sombres,
soutiens la foi de ceux qui souffrent et affermis leur espérance.
Ne permets pas que nous tombions dans l’indifférence,
et fais de nous des artisans d’unité, à l’image de Jésus.

Amen

Prière quotidienne

Vous pouvez accompagner l’intention de prière du Pape par cette prière d’offrande quotidienne:

Dieu, notre Père, je t’offre toute ma journée.

Je t’offre mes prières, pensées,
paroles, actions, joies
et souffrances en union avec
ton Fils Jésus-Christ
qui continue à s’offrir à toi
dans l’Eucharistie pour le salut du monde.

Que l’Esprit Saint
qui a guidé Jésus,
soit mon guide et ma force
aujourd’hui pour que je puisse témoigner de ton amour.

Avec Marie,
la mère du Seigneur et de l’Église,
je prie spécialement aux intentions
que le Saint-Père recommande
à la prière de tous les fidèles pour ce mois.

Pour en apprendre plus sur l’Apostolat de la Priere, visitez le site du Réseau Mondial de la Prière.

 

Cliquez ici pour lire d’autres billets de blogues concernant les intentions du Pape.

 

Au port de Beyrouth, prière d’espérance du pape pour le Liban

Vue panoramique du port de Beyrouth où s’est produite l’énorme explosion du 4 août 2020. Istock

Vous pouvez suivre notre couverture médiatique du voyage apostolique du pape Léon XIV au Liban à partir de demain sur Sel + Lumière TV et Sel + Lumière Plus. Visitez slmedia.org/fr/turquie-liban pour en savoir plus.

Le Liban est connu pour sa diversité religieuse unique : on y compte officiellement dix-huit communautés reconnues par l’État. Parmi elles, le christianisme occupe une place centrale et se répartit principalement entre deux grandes appartenances : l’Église orthodoxe et l’Église catholique. Du côté catholique, on retrouve plusieurs Églises orientales en communion avec Rome, notamment l’Église maronite — la plus nombreuse — ainsi que les Églises : melkite grecque-catholique, arménienne catholique, syriaque catholique, chaldéenne et latine (romaine). Chacune possède son propre héritage liturgique, spirituel et culturel, ce qui contribue à la mosaïque religieuse du pays. 

Cette diversité a profondément influencé non seulement la culture, la vie politique et l’architecture libanaises, mais aussi la population elle-même, façonnant une société.

Au-delà du système politique libanais, qui reste fortement confessionnel, la réalité quotidienne est bien différente : les Libanais et les Libanaises vivent, étudient et travaillent ensemble dans une grande spontanéité. Je me souviens d’ un cours que je suivais au Centre-ville de Beyrouth : nous étions douze étudiant.es, chacun.e issu.e d’une communauté différente. Cette diversité ne créait aucune barrière; au contraire, elle était et est toujours source de richesse parce qu’au Liban, on se côtoie naturellement dans la vie de tous les jours. C’est souvent lorsque la politique s’en mêle que les tensions réapparaissent, comme si certains s’efforçaient d’appliquer le vieux principe du « diviser pour régner ». Cette dualité entre convivialité quotidienne et manipulation politique est une réalité profondément ancrée dans l’expérience libanaise.

Depuis toujours, le Liban a été une terre marquée par des tensions : des siècles de conflits, de guerres de succession et d’invasions étrangères ont marqué son histoire. Diverses civilisations : Romains, Perses, Ottomans, Français, et bien d’autres,  ont tour à tour occupé ce territoire, profitant parfois des divisions locales. Tel que la guerre civile (1975-1990) qui s’est conclue avec une occupation syrienne qui a duré quinze ans. Un grand rassemblement de tous les Libanais et Libanaises en 2005 a mis fin à cette période. Toutefois, l’ombre de l’occupation et des rivalités ne s’est jamais tout à fait estompée.

Les cinq dernières années

Au cours des cinq dernières années, le Liban a traversé certaines des épreuves les plus difficiles de son histoire récente : 

  • L’effondrement financier de 2019, né d’un soulèvement populaire menant à une crise bancaire, a fait disparaître les économies de toute une population et dissous une classe moyenne autrefois solide ; 
  • La dévaluation brutale de la livre libanaise a entraîné une inflation galopante et rendu l’accès aux biens essentiels toujours plus ardu ; 
  • La pandémie de COVID-19 est survenue en plein chaos, aggravant pauvreté, fragilité sociale et difficultés d’accès aux soins ; 
  • Puis l’explosion ou blast du port de Beyrouth le 4 août 2020 : l’une des plus violentes non nucléaires de l’histoire moderne, a dévasté la capitale, causant plusieurs centaines de morts, des centaines de milliers de déplacé.es et plus de dix milliards de dollars de dégâts ; 
  • Enfin, en 2024, une nouvelle guerre le long de la frontière sud, marquée par bombardements et destructions massives, a forcé plus d’un million de personnes à fuir, rendant certaines zones inhabitables.

Cette succession de crises économiques, sanitaires, humaines et militaires révèle un pays profondément éprouvé, mais jamais entièrement brisé malgré la fragilité de l’État, la corruption persistante et les tensions régionales. Mais elle a cependant laissé derrière elle une population déboussolée, et une jeunesse de plus en plus désespérée, souvent poussée à envisager de quitter le pays faute de perspectives dans leur propre patrie. 

La visite du pape Léon XIV, un messager de paix

La visite historique du pape Léon XIV au Liban, du 30 novembre au 2 décembre 2025, revêt une signification particulièrement forte, après des années de souffrance et d’épreuves pour le pays. Il vient porter un message de paix et d’espérance — non seulement aux Libanais et Libanaises sur place, mais aussi à toute la diaspora libanaise, qui suit avec anxiété le sort de son pays. 

Léon XIV n’est pas le premier pape à fouler le sol libanais : trois de ses prédécesseurs l’ont déjà fait :

  • Paul VI est passé à Beyrouth le 2 décembre 1964, lors d’une escale sur son chemin vers l’Inde. 
  • Jean-Paul II a visité le Liban les 10 et 11 mai 1997, à l’occasion de la conclusion d’un synode spécial pour le Liban.
  • Benoît XVI y est allé du 14 au 16 septembre 2012.

Cette visite s’annonce comme un véritable rayon d’espérance : dans un contexte de profonde crise  économique, sociale, politique, le pape Léon XIV est perçu comme un messager de paix. Sa venue peut contribuer à remonter le moral des Libanais et des Libanaises, et rappeler à tous et à toutes que le Liban que le pape Jean Paul II a considéré une Terre Sainte dans son exhortation apostolique post-synodale: Une Espérance Nouvelle Pour le Liban en 1997, est un symbole d’unité religieuse et de dialogue, même dans la tourmente et que les Libanais et Libanaises continueront à être messagers et messagères de la foi et de l’espérance.

La prière du pape sur le site de l’explosion au port de Beyrouth

La prière du pape Léon XIV particulièrement sur le site du port de Beyrouth dépasse largement le cadre d’un geste symbolique : elle porte une dimension spirituelle profonde, adressée aux Libanais, et aux Libanaises, surtout à cette jeune génération qui, découragée par l’instabilité, l’exil forcé ou la perte d’espoir, cherche une vie ailleurs. En se tenant devant les ruines du port, le Pape rappelle que cette terre n’est pas seulement une géographie blessée — c’est une Terre de mission, de foi, d’histoire et de vocation. 

Les procédures d’enquête autour de l’explosion ou du blast sont embrouillées, bloquées, contestées, manipulées au gré des intérêts. Beaucoup de Libanais et Libanaises ont fini par craindre que la vérité ne soit jamais complètement révélée et qu’elle reste noyée sous les pressions, les menaces et le silence officiel. 

Ainsi, la prière du Pape au port relie le ciel et la terre, l’espérance et la responsabilité, la foi et la justice. Elle rappelle aux Libanais et aux Libanaises que leur douleur est vue, portée, reconnue, et que malgré les mécanismes opaques qui tentent d’étouffer la vérité, il existe encore un regard extérieur qui appelle à la transparence, à la dignité et à la guérison véritable.

Selon S.E. Mgr Paul Marwan Tabet, Évêque de l’Éparchie Saint-Maron du Canada en réfléchissant sur ce sujet : « la prière du pape Léon XIV sur le site de l’explosion du port de Beyrouth (4 août 2020) peut être interprétée comme un appel explicite à la justice mondiale. En choisissant ce lieu chargé de douleur, il rappelle que la catastrophe n’est pas seulement un événement passé, mais une plaie encore ouverte pour ceux qui continuent de souffrir : les blessés, les familles des victimes, les habitants traumatisés, la capitale du Liban détruite, et tous ceux qui ont tout perdu. Par ce geste, il souligne la nécessité de faire toute la lumière sur les responsabilités qu’elles soient individuelles, institutionnelles ou liées à des négligences graves et d’obtenir une justice digne pour les innocents touchés. Sa présence incarne ainsi un soutien moral puissant et une invitation à la communauté internationale à ne pas détourner le regard tant que la vérité et la réparation n’auront pas été pleinement assurées ».

La visite apostolique au Liban du pape Léon XIV vient confirmer ce que pape François a déclaré lors de son discours, le premier vendredi saint de son pontificat en 2013 : « Nous l’avons vu quand le Pape Benoît est allé au Liban : nous avons vu la beauté et la force de la communion des chrétiens de cette Terre et de l’amitié de tant de nos frères musulmans et de beaucoup d’autres. Ce fut un signe pour le Moyen-Orient et pour le monde entier : un signe d’espérance. »

Les messages rassembleurs du pape Léon XIV, Apôtre de la paix

Bienheureux Yaacoub Al Haddad Al Kabbouchi, OFM Cap, fondateur de l’hôpital psychiatrique Deir al Salib. Le pape Léon XIV visitera l’hôpital le lundi 2 décembre. Wikimedia Commons.

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Les messages rassembleurs du pape Léon XIV, Apôtre de la paix,  

lors de sa visite en Turquie et au Liban

Six mois après son élection, le pape Léon XIV entame son premier déplacement à l’extérieur de l’Italie, en Turquie et au Liban du 27 au 02 décembre. Il se rendra d’abord en Turquie (appelée aussi Turkiye) pour la commémoration des 1 700 ans du concile œcuménique de Nicée à Iznik qui a eu lieu en l’an 325, et qui reflète l’unité que tous les chrétiens peuvent trouver dans le Dieu trinitaire, telle qu’elle est exprimée dans le Credo. Et malgré que le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasse pas le 1%, le christianisme reprend vie après tout un siècle de violences et de pressions… 

Par la suite, il se rend au pays des Cèdres et des Saints, effectuer sa première visite apostolique au Liban, ma très chère patrie. Cette visite est d’une importance capitale pour le peuple Libanais, nos concitoyen.nes, parents, adultes, jeunes, malades ou handicapé.es. Elle se range dans la lignée des papes : Paul VI, Benoît XVI et Jean-Paul II de venir au Liban, pour avoir la possibilité d’annoncer un message de paix au Moyen-Orient ; et surtout dans un pays qui a été longtemps meurtri et qui a énormément souffert. 

Le pape François, empêché par des problèmes de santé, a tant aimé venir au Liban. Dans son discours en conclusion de la prière œcuménique du jeudi, 1er juillet 2021, intitulé : « Le Seigneur Dieu a des projets de paix. Ensemble pour le Liban ».

Ses mots résonnent encore auprès du peuple Libanais : « Ne vous découragez pas, ne faiblissez pas, retrouvez dans les racines de votre histoire l’Espérance de germer à nouveau ». Et « Qu’une aube d’Espérance se lève dans ce beau pays qu’est le Liban. » 

Le pape Léon XIV a choisi de s’arrêter à des endroits qui n’ont pas été visités d’avance par ses prédécesseurs. Sa visite dépasse les limites du protocole… Et puis !? La béatitude qui dit « Heureux ceux qui font œuvre de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » provient de l’Évangile de Matthieu (Matthieu 5:9). Être des artisan.nes de paix, nous laisse réfléchir à la volonté de travailler activement pour la paix, non seulement en l’absence de guerre, mais aussi en construisant des relations harmonieuses. C’est ce que le pape Léon XIV désire faire.

Déchirés mais forts dans leur foi, les Libanais et les Libanaises se sentent plus que jamais soutenus par la visite du pape Léon XIV qui leur procure paix et espérance. Rallié.es à l’Église catholique universelle depuis bien longtemps maintenant, ils et elles aspirent sans cesse pour avoir un avenir paisible et meilleur. Le plus grand miracle au monde qu’ils ou elles soient resté.es vivant.es malgré des guerres qui se perpétuent. Il n’y a pas de doute que la foi est le nerf central de notre existence ! 

Et le Liban mérite que sa vérité soit connue et publique. De plus, le Vatican veut pour eux, pour elles un pays stable, souverain, indépendant ou les personnes peuvent vivre avec dignité et respect du vivre ensemble ! 

Sa venue au Liban est une historique, porteuse d’un message d’espérance et plus particulièrement pour les jeunes. Nos jeunes ont besoin d’espérance pour qu’ils continuent à vivre dans le pays. Nous assistons à des exodes continus de jeunes en pleine vivacité, capacité et productivité. Le pays les perd, car ils s’en vont ! Ils ont donc besoin de foi, de croire en un avenir meilleur. Leurs parents -de cette classe moyenne- ont tout perdu avec la confiscation des biens au-delà des souffrances humaines, après l’incroyable blast du port de Beyrouth. Ils ont besoin maintenant de croire qu’il peut exister dans ce pays une espérance pour leurs enfants. D’où la venue du Pape est essentielle ! Ils et elles sont la preuve d’exister après tant de temps difficiles et oppressants. Et un grand miracle peut survenir encore et encore… Selon le président de l’Association des Chevaliers de l’Ordre de Malte au Liban, M. Marwan Sehnaoui, dans un épisode de Ici L’Entretien, sur #IciBeyrouth. 

Dans le même sens, M. Farid Elias El-Khazen, ancien ambassadeur du Liban près du Saint-Siège, dévoile dans un entretien avec l’Orient le jour, que « comme le pape François qui a aimé visiter le Liban pour nous fortifier sur le chemin de la foi, le pape Léon XIV va venir pour nous accompagner sur la route de la paix ». 

Pourquoi le Liban est-il important pour le Vatican ?

Rappelons que le 22 novembre 2025, le Liban vient de fêter son 82e anniversaire d’Indépendance. Le 22 du mois est doublement cher au cœur de St Charbel, le moine et extraordinaire ermite de l’Ordre Maronite Libanais – OML, qui avait dit à la grande miraculée Nohad El Chami : « Nohad, Le Liban est voué au Saint Cœur de la Vierge Marie. » Et d’ajouter que « Tous les 22 du mois vous irez à l’Ermitage, en union de prière. » 

La dévotion mariale est très ancrée dans la tradition biblique. Le Liban, cité 72 fois dans la Bible, est considéré comme une Terre Sainte, car ses chemins ont été parcourus par Jésus. Le premier miracle de Jésus, « Les Noces de Cana, » s’est passé à Cana en Galilée et qui se trouve au sud du Liban. En ce lieu, se déroulèrent les noces au cours desquelles Jésus accomplit son premier miracle, rapporté dans l’Évangile de Jean. C’est aussi à Cana que se trouvait Jésus, lorsque le centurion romain de Capharnaüm accourut vers lui, pour lui demander de guérir son fils.

Quelles sont les préoccupations du Pape lors de cette visite ? Quel message veut-il faire passer ?

  1. C’est de préserver la dimension oecuménique (entre les chrétiens catholiques, orthodoxes et protestans), et celle du dialogue chrétien-musulman.   
  2. Que les Libanais et Libanaises soient bien plus ancré.es dans leur terre, la Terre de mission, comme l’appelait le pape Jean-Paul II. Car elle est la terre des Saints. 
  3. Le pape Jean-Paul II, bien avant 1997 l’a proclamé « Liban-message (mission) ». Son message en est un de liberté et de pluralisme. Un message de paix !
  4. Et que l’espoir leur épargne le mal des ténèbres… 
  5. Que « la bonté du Pape guérit notre cœur endolori » voici un cri haut et fort pour une intercession rapide et durable surtout du Sauveur, de la Vierge Marie, etc. 

 

Une première visite à Annaya, au Liban

Le 1er décembre, le pape Léon XII effectue sa première visite à Annaya, au Liban, une étape clé de son pèlerinage après les rencontres avec le président Aoun, les responsables civiles et religieux, ainsi que les dirigeants des instances politiques. Il désire être proche du peuple, l’accompagner et le bénir sur les routes de toute la région, jusqu’à se rendre à l’ermitage pour se recueillir devant le tombeau de saint Charbel et soumettre sa visite dans les mains du saint qui se veut présent aux côtés de tout le monde qui le demande. Le nom de saint Charbel attire les fidèles, de tous horizons et de toutes confessions, par sa vie et les centaines de milliers de témoignages et de récits de guérisons miraculeuses qui lui sont attribués. Les fidèles affluent de toute part et cherchent paix, réconfort et espérance.   

1- Une demande à prévoir : 

C’est rendre l’ermitage de saint Charbel, un site ou patrimoine mondial. 

Les incrédules et les personnes de foi faible sont invité.es à venir visiter l’ermitage, prier à distance pour une intercession divine à travers saint Charbel et s’informer du livre d’or des guérisons.   

 

Relation entre le Vatican et Deir al salib, 

et la présence de Abouna Yaacoub !

  • L’Église est aux côtés du souffrant et sème l’espérance et l’amour du prochain

Lundi 2 décembre, le pape Léon XIV se rendra à l’Hôpital Psychiatrique De La Croix Deir Al Salib, qui est l’endroit qui concrétise les sens de l’amour et de l’humanité sur terre. C’est pour la première fois, qu’un Pape planifie particulièrement une rencontre avec les Sœurs, les employé.es et les malades de cet hôpital. C’est le plus grand hôpital au Liban et au Moyen-Orient pour les maladies mentales, psychologiques, etc. 

Sr Samia Sami, une religieuse de la Croix témoigne dans un entretien sur la plateforme This is LEBANON que le pape Léon XIV voulait y consacrer une visite, car l’Église n’est pas juste pour la prière, mais elle a aussi pour mission de soutenir et d’appuyer les personnes marginalisées et oubliées de notre société. Il veut principalement ramener au centre des préoccupations de tous les Libanais et Libanaises l’importance d’inclure les personnes défavorisées et désavantagées par la vie, blessées dans leur discernement ou leur intelligence, ou prises avec des maladies graves, etc. Que ces malades délaissé.es par leurs parents, et malheureusement la plupart du temps par la société dans laquelle ils et elles vivent. 

Son action vient consolider la vocation des Sœurs et des employé.es qui y travaillent en silence, avec joie et amour depuis des années, à procurer non seulement les soins nécessaires, voire même indispensables pour la santé des malades ; mais que l’espace dans lequel ils et elles se trouvent en soit un de sécurité, de quiétude et de paix. Et d’y vivre avec ces bénéficiaires avec joie et amour.

Ils et elles sont les trésors vivants ou « reliques vivantes » de Abouna Yaacoub Al Haddad Al Kabbouchi, ajoute Sr Samia Sami. 

Chacun.e possède une mission dans cet hôpital, et suit le chemin tracé par le bienheureux Yaacoub Al Kabbouchi qui, au moment il a créé cet établissement, n’a jamais demandé l’appartenance, la race ou la confession de ses malades. Aujourd’hui, il compte plus de huit cents malades de toute nationalité et religion confondues qui reçoivent à Deir Al Salib des soins et traitements particuliers.      

Le Pape prévoit rencontrer les Sœurs, les employé.es et les malades regroupé.es ensemble. Il ira voir tous les bénéficiaires de l’hôpital, y compris les personnes qui vivent avec de lourdes difficultés physiques, mentales, etc. et leur inspirera confiance et espérance. Le Saint-Père, rappelle à chacun.e, sa valeur, son importance comme fils et fille de Dieu, et entend leur appel.  

2- Une 2e demande à prévoir : 

Les Libanais et les Libanaises aspirent à entendre le pape Léon XIV se prononcer sur une pressante demande : c’est celle d’élever au rang de sainteté le bienheureux Yaacoub Al Kabbouchi, béatifié le 22 juin 2008. Rappelons que Abouna Yaacoub a connu les guerres, la famine, la douleur et la pauvreté ; et a œuvré pleinement toute sa vie avec la grâce de Dieu et le Crucifié aux côtés des malades, handicapé.es, vulnérables, rejeté.es et errant.es dans les rues. 

Le pape Léon XIV pourrait rassembler le monde pour la paix et l’espérance au milieu des conflits. Il va encourager l’établissement de bonnes relations harmonieuses œcuméniques, interchrétien.nes et aussi entre chrétien.nes et musulman.nes.  Dans le cadre des stations spirituelles et humanitaires de la visite du pape Léon XIV, un nouveau souffle est généré par que la paix et l’espérance reçues soient l’élan de chaque personne à se lancer dans la vie animée par une foi solide.    

 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 26 novembre 2025

Photo de Vidal Balielo Jr. sur Pexels.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont l’espérance de la résurrection peut inspirer les couples à engendrer une nouvelle vie, affirmant que « le courage de vivre et d’engendrer la vie, de témoigner que Dieu est l’« amoureux de la vie » par excellence, comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui plus urgent que jamais ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

La Pâque du Christ éclaire le mystère de la vie et nous permet de le regarder avec espérance. Cela n’est pas toujours facile ni évident. Partout dans le monde, beaucoup de vies semblent difficiles, douloureuses, pleines de problèmes et d’obstacles à surmonter. Et pourtant, l’être humain reçoit la vie comme un don : il ne la demande pas, il ne la choisit pas, il en fait l’expérience dans son mystère, du premier jour jusqu’au dernier. La vie a une spécificité extraordinaire : elle nous est offerte, nous ne pouvons pas nous la donner nous-mêmes, mais elle doit être nourrie constamment : il faut un soin qui la maintienne, la dynamise, la préserve, la relance.

On peut dire que la question de la vie est l’une des questions abyssales du cœur humain. Nous sommes entrés dans l’existence sans avoir rien fait pour le décider. De cette évidence jaillissent comme un fleuve en crue les questions de tous les temps : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens ultime de tout ce voyage ?

Vivre, en effet, implique un sens, une direction, une espérance. Et l’espérance agit comme une force profonde qui nous fait avancer dans les difficultés, qui nous empêche d’abandonner dans la fatigue du voyage, qui nous rend certains que le pèlerinage de l’existence nous conduit à la maison. Sans l’espérance, la vie risque d’apparaître comme une parenthèse entre deux nuits éternelles, une brève pause entre l’avant et l’après de notre passage sur terre. Espérer dans la vie, c’est plutôt anticiper le but, croire comme certain ce que nous ne voyons ni ne touchons encore, faire confiance et nous en remettre à l’amour d’un Père qui nous a créés parce qu’il nous a voulus avec amour et qu’il nous veut heureux.

Très chers amis, il existe dans le monde une maladie répandue : le manque de confiance dans la vie. Comme si l’on s’était résigné à une fatalité négative, à un renoncement. La vie risque de ne plus représenter une opportunité reçue en don, mais une inconnue, presque une menace dont il faut se préserver pour ne pas être déçu. C’est pourquoi le courage de vivre et de générer la vie, de témoigner que Dieu est par excellence « l’amant de la vie », comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui un appel plus que jamais urgent.

Dans l’Évangile, Jésus confirme constamment sa diligence à guérir les malades, à soigner les corps et les esprits blessés, à redonner vie aux morts. Ce faisant, le Fils incarné révèle le Père : il restitue leur dignité aux pécheurs, accorde la rémission des péchés et inclut tout le monde, spécialement les désespérés, les exclus, les éloignés, dans sa promesse de salut.

Engendré par le Père, Christ est la vie et il a engendré la vie sans compter jusqu’à nous donner la sienne, et il nous invite également à donner notre vie. Engendrer signifie donner la vie à quelqu’un d’autre. L’univers des vivants s’est étendu grâce à cette loi qui, dans la symphonie des créatures, connaît un admirable “crescendo” culminant dans le duo de l’homme et de la femme : Dieu les a créés à son image et leur a confié la mission de donner la vie à son image, c’est-à-dire par amour et dans l’amour.

Dès le début, l’Écriture Sainte nous révèle que la vie, dans sa forme la plus élevée, celle de l’être humain, reçoit le don de la liberté et devient un drame. Ainsi, les relations humaines sont également marquées par la contradiction, jusqu’au fratricide. Caïn perçoit son frère Abel comme un concurrent, une menace, et dans sa frustration, il ne se sent pas capable de l’aimer et de l’estimer. Et voilà la jalousie, l’envie, le sang (Gn 4, 1-16). La logique de Dieu, en revanche, est tout autre. Dieu reste fidèle pour toujours à son dessein d’amour et de vie ; il ne se lasse pas de soutenir l’humanité même lorsque, à l’instar de Caïn, elle obéit à l’instinct aveugle de la violence dans les guerres, les discriminations, les racismes, les multiples formes d’esclavage.

Donner la vie signifie donc faire confiance au Dieu de la vie et promouvoir l’humain dans toutes ses expressions : tout d’abord dans la merveilleuse aventure de la maternité et de la paternité, même dans des contextes sociaux où les familles ont du mal à supporter le poids du quotidien, souvent freinées dans leurs projets et leurs rêves. Dans cette même logique, donner la vie signifie s’engager pour une économie solidaire, rechercher le bien commun dont tous puissent profiter équitablement, respecter et prendre soin de la création, offrir du réconfort par l’écoute, la présence, l’aide concrète et désintéressée.

Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus-Christ est la force qui nous soutient dans cette épreuve, même lorsque les ténèbres du mal obscurcissent notre cœur et notre esprit. Lorsque la vie semble s’être éteinte, bloquée, voici que le Seigneur Ressuscité passe encore, jusqu’à la fin des temps, et marche avec nous et pour nous. Il est notre espérance.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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