Prier avec le pape Réflexion – août 2026

Mes frères et sœurs : En ce mois d’août, le pape nous invite à prier pour l’évangélisation en milieu urbain : afin que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. 

L’effervescence de la vie urbaine peut facilement masquer le manque de liens entre les gens, alors que chacun mène une vie solitaire, sans le soutien d’une communauté où l’on pourrait partager les joies et les peines de la vie, et sur laquelle on pourrait compter dans les moments difficiles. 

Prions pour avoir un cœur ouvert et un esprit créatif, afin que notre imagination dépasse nos structures actuelles et ne s’y limite pas. Prions pour un esprit d’audace, afin de nous lancer dans de nouvelles initiatives. 

Prions également pour la sagesse, afin de comprendre et de ne pas nous contenter de liens superficiels qui semblent promettre beaucoup mais n’apportent que peu. Cela s’applique à tout ce qui nous fait garder la tête baissée et les yeux rivés sur un écran.

Bien qu’il soit certainement tentant de choisir la voie de la facilité, prions pour la force intérieure nécessaire pour lutter contre cette tentation. 

Enfin, prions pour que nous nous efforcions de construire une communauté de foi qui favorise des liens et des amitiés concrets et authentiques, car Jésus-Christ désire entrer dans nos vies et les transformer de manière réelle. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui. 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 12 août 2026

Calendrier romain général de 1960, tiré du Bréviaire romain de 1961. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur *Sacrosanctum Concilium*, la constitution de Vatican II sur la liturgie. Mettant en perspective le calendrier liturgique, il a déclaré que celui-ci « doit […] être compris comme un renouvellement constant de l’œuvre de salut que le Christ accomplit dans l’histoire. Au fil de ce cycle temporel, l’Église reste en contact avec l’action rédemptrice du Seigneur, afin que tous les fidèles puissent être comblés de sa grâce. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

le cinquième chapitre de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC) est consacré à l’année liturgique, thème sur lequel nous souhaitons aujourd’hui fixer l’attention, afin d’en expliquer la valeur dans la vie de tout croyant.

Tout d’abord, il convient de rappeler que cette manière de définir le cycle des fêtes chrétiennes comme « année liturgique » s’est répandue dans le langage ecclésial grâce à l’œuvre du Serviteur de Dieu, l’abbé Prosper Guéranger (1805-1875).

Dans l’encyclique Mediator Dei, le Pape Pie XII affirme qu’il ne s’agit pas d’« une représentation froide et inerte de faits appartenant au passé, ni d’une simple […] évocation de réalités d’autrefois. [L’année liturgique], c’est plutôt le Christ lui-même, qui vit toujours dans son Église et qui poursuit le chemin d’une immense miséricorde qu’il a lui-même commencé […] dans cette vie mortelle […], afin de mettre les âmes humaines en contact avec ses mystères et de les faire vivre pour eux ; mystères qui sont perpétuellement présents et efficaces » (III Divinum Officium et Annus Liturgicus, II Cyclus Mysteriorum). L’année liturgique doit donc être comprise comme une actualisation constante de l’œuvre du salut que le Christ accomplit dans l’histoire. En parcourant ce cycle temporel, l’Église reste en contact avec l’action rédemptrice du Seigneur, de sorte que tous les fidèles sont comblés de sa grâce (cf. SC, 102c). La rencontre avec Jésus, mort et ressuscité pour nous, est la finalité que l’Église poursuit sans cesse, en plaçant au centre de chaque instant la célébration de l’événement pascal.

C’est pourquoi les Pères conciliaires considèrent le dimanche, « le jour de fête par excellence » (cf. SC, 106), comme « le fondement et le cœur de l’année liturgique ». Dans plusieurs langues modernes, son nom atteste qu’il s’agit du « dies Domini », « le jour du Seigneur ». Même dans les langues où a prévalu la référence au « jour du soleil » (Sunday, Sonntag), on entrevoit le lien avec le Christ : le Christ est le véritable « soleil de justice » qui illumine chaque homme !

Saint Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini (31 mai 1998), enseigne que le dimanche est le jour du Seigneur, le jour de l’Église, le jour de l’homme et, enfin, le « jour des jours » : « Le dimanche étant la Pâques hebdomadaire, où est commémoré et rendu présent le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts, il est aussi le jour qui révèle le sens du temps. […] Jaillissant de la Résurrection, il fend le temps de l’homme, les mois, les années, les siècles, telle une flèche directrice qui les traverse en les orientant vers le but de la seconde venue du Christ. Le dimanche préfigure le jour ultime, celui de la Parousie » (n° 75), où nous ressusciterons tous.

Pour sanctifier le dimanche, il est fondamental de célébrer l’Eucharistie. L’écoute de la Parole et la participation au Corps du Christ impliquent, selon les Pères conciliaires, le convenire in unum (cf. SC, 106), c’est-à-dire le rassemblement festif des fidèles. Au sein de cette assemblée, la communauté chrétienne rend visible sa communion avec le Seigneur et témoigne de son appartenance au Christ et de sa fidélité à l’Église. Cette assemblée ne peut être remplacée par une présence purement virtuelle, ni se réduire à un rassemblement purement passif. L’assemblée liturgique se réalise en effet dans la participation active des frères et sœurs, convoqués ensemble pour « rendre grâce à Dieu qui les a engendrés, “par la résurrection du Christ d’entre les morts, pour une espérance vivante” (1 P 1, 3) » (ibid.).

À cet égard, j’exhorte chacun à rechercher les meilleures conditions pour que puissent prendre part à la sainte Messe même ceux qui, le dimanche, n’ont pas la possibilité de s’absenter de leur travail.

Très chers, l’année liturgique, rythmée par les dimanches, a une histoire intéressante, dans laquelle s’entremêlent la foi et la dévotion de l’Église. En effet, dès le IIe siècle après J.-C., à la célébration hebdomadaire de la Pâque s’est ajoutée celle de la Pâque annuelle, « solennité suprême » (SC, 102), étendue à la « période très joyeuse » de cinquante jours, culminant à la Pentecôte, et préparée par le temps du Carême avec son caractère pénitentiel (cf. SC, 109). Le développement du cycle de Noël, qui s’est ensuite inspiré du modèle pascal, a permis de revivre les mystères de l’incarnation du Verbe de Dieu, de sa naissance et de sa manifestation au monde. L’Église a ensuite intégré dans les différents temps liturgiques la vénération de la Bienheureuse Vierge Marie, « indissolublement unie à l’œuvre salvifique de son Fils » (SC, 103), ainsi que « la mémoire des martyrs et des autres saints qui […], dans les cieux, chantent à Dieu la louange parfaite et intercèdent pour nous » (SC, 104).

L’année liturgique propose ainsi, sous une forme sacramentelle, la pédagogie de l’histoire du salut, guidant les fidèles depuis l’attente du Messie jusqu’à la plénitude du mystère pascal et à l’anticipation de la gloire future. En son sein, l’Église célèbre l’actualité salvifique du mystère du Christ, permettant aux croyants d’y participer toujours plus profondément. C’est pourquoi l’année liturgique constitue le principe inspirateur et le cadre de référence essentiel de toute action pastorale.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 5 août 2026

Photo de Titi Maciel Pérez sur Cathopic.

Le pape Léon XIV a repris ses audiences générales hebdomadaires ainsi que sa catéchèse sur Sacrosanctum Concilium, la constitution de Vatican II sur la liturgie. Il a déclaré : « Dans cette constitution, le terme “prière” désigne la liturgie dans son ensemble. Cette perspective est déterminante, car elle a guidé la réforme liturgique, faisant de la participation active des fidèles son pilier central. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Dans cette catéchèse, nous reprenons la réflexion sur la Constitution conciliaire sur la liturgie Sacrosanctum Concilium (SC). Aujourd’hui, nous nous attardons sur la dimension ecclésiale de la prière liturgique.

Comme le suggère l’apôtre Paul, c’est l’Esprit Saint qui nous enseigne à prier. Depuis le jour de la Pentecôte, l’Esprit habite l’Église, inspirant chacune de ses activités et, en particulier, la prière. La vie de la première communauté, née à Jérusalem après la Pâque de Jésus, est une vie dans l’Esprit donné par le Seigneur ressuscité. « Depuis lors – dit le Concile –, l’Église n’omit de se réunir pour célébrer le mystère pascal ; en lisant « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24, 27), en célébrant l’Eucharistie dans laquelle « sont rendus présents la victoire et le triomphe de sa mort » et en rendant en même temps grâces « à Dieu pour son don ineffable » (2 Co 9, 15) dans le Christ Jésus « pour la louange de sa gloire » (Ep 1, 12) par la puissance de l’Esprit Saint. (SC, 6).

À notre époque, dans des contextes dominés par une mentalité axée sur l’efficacité et la consommation, la prière peut sembler inutile et dérisoire. Dans un monde où la science et la technique prétendent apporter toutes les réponses, prier peut apparaître comme une forme d’évasion. De plus, même dans de nombreuses familles chrétiennes, la tradition de la prière ne se transmet plus, tandis que beaucoup de personnes risquent de la confondre avec une technique parmi d’autres, de nature psychologique et visant le bien-être personnel. La prière, en revanche, en tant que dimension fondamentale de notre humanité, mérite d’être redécouverte dans sa vérité.

La Constitution Sacrosanctum Concilium a pris cette exigence au sérieux. Et cela réjouissait profondément le pape saint Paul VI qui, en promulguant ce premier document approuvé par le Concile Vatican II, affirmait : « Dieu à la première place ; la prière, notre première obligation ; la liturgie, première source de la vie divine qui nous est communiquée, première école de notre vie spirituelle » (Discours, Basilique Saint-Pierre, 4 décembre 1963).

Dans la Constitution, en effet, le terme « la prière » désigne l’ensemble de la liturgie. Cette perspective est déterminante, car elle a orienté la réforme liturgique en plaçant la participation active des fidèles au cœur de celle-ci. La liturgie est présentée avant tout comme le lieu de la rencontre, de l’initiative de Dieu qui se fait proche de l’humanité en son Fils, « le Verbe fait chair, oint par le Saint-Esprit » (SC, 5), à laquelle nous pouvons répondre « par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, dans l’unité du Saint-Esprit », c’est-à-dire grâce à la « prière que le Christ, uni à son Corps, élève vers le Père » (SC, 84).

C’est pourquoi saint Paul VI désirait ardemment que la Liturgie des Heures, c’est-à-dire la prière publique quotidienne de l’Église, inséparable de l’Eucharistie, imprègne profondément, ravive, guide et exprime toute la prière chrétienne et alimente efficacement la vie spirituelle du peuple de Dieu (cf. Const. ap. Laudis canticum).

Pour que ce désir se réalise, la Liturgie des Heures demande à être de plus en plus accueillie et vécue dans la vie quotidienne des baptisés et des communautés. À tant de personnes qui veulent apprendre à prier, en particulier aux catéchumènes, elle peut offrir le chemin et l’école de la prière chrétienne.

Chaque semaine et chaque jour, l’Eucharistie et la Liturgie des Heures sont le souffle de la vie de l’Église qui fait circuler l’Esprit Saint dans son Corps. Dans cette prière, le Christ « s’adjoint toute l’humanité et se l’associe dans ce divin cantique de louange. » (SC, 83) ; ainsi, jour après jour, nous sommes toujours plus associés au mystère pascal et conformés à Lui.

Saint Augustin affirme : « Lorsque nous parlons à Dieu dans la prière, nous ne devons pas séparer de lui le Fils ; et lorsque le corps du Fils prie, qu’il ne se sépare pas de sa propre tête ; que ce soit donc le même et unique Sauveur de son corps, notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, celui qui prie pour nous, qui prie en nous et qui est prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre ; il prie en nous comme notre chef ; il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc en lui notre voix, et sa voix en nous » (Enarr. in psalmum LXXXVPL 37, 1081).

Liée à l’Eucharistie, dont elle prolonge la lumière, la Liturgie des Heures sanctifie le temps de notre vie quotidienne : le matin, nous commençons la journée avec foi et gratitude ; à midi, nous demandons la force de rester fidèles au milieu des épreuves ; le soir, une fois le travail terminé, les Vêpres accompagnent le moment du coucher du soleil ; la nuit, nous nous endormons en nous en remettant à la paix de Dieu. Chaque heure est un acte d’espérance : au cours de notre pèlerinage terrestre, nous veillons en attendant, avec toute l’Église, le retour glorieux du Seigneur.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Prier avec le pape Réflexion – juillet 2026

Mes frères et sœurs : En ce mois de juillet, le pape Léon nous invite à prier pour le respect et la protection de la vie humaine à toutes ses étapes, en la reconnaissant comme un don de Dieu.

Nous, catholiques, prions souvent pour le respect de la vie, de la conception jusqu’à sa fin naturelle.

Ne pensons pas que nous prions simplement pour qu’une conversion du cœur s’opère chez les autres ; quel rôle est-ce que je joue, moi ? Comment puis-je aider les autres à respecter et à protéger la vie à toutes ses étapes ?

Comment puis-je soutenir concrètement les femmes enceintes qui bénéficient de très peu d’appui, tant pendant qu’après leur grossesse ?

De même, comment puis-je soutenir concrètement ceux qui croient à tort qu’ils sont un fardeau pour leur famille, et pour qui mettre prématurément fin à leur vie semble pouvoir alléger ce fardeau pour tous ?

Il y a aussi des moments où nous devons prendre position pour ce respect de la vie, car les enfants à naître, leurs mères et ceux qui approchent de la fin de leur vie sont les personnes les plus vulnérables qui soient.

Prions pour ne pas être aveugles aux besoins des autres, et pour voir les personnes vulnérables comme des dons de Dieu plutôt que comme des fardeaux.

Prions pour que le Seigneur nous aide à franchir le prochain pas, afin de contribuer à bâtir, dans notre communauté, une manière de vivre ensemble qui respecte et protège la vie à toutes ses étapes.

Prions pour ne pas garder le silence, et pour défendre les plus vulnérables dans la société. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 17 juin 2026

Photo de Fran Zaina sur Pexels.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a partagé ses réflexions sur son voyage apostolique en Espagne. Il a ainsi pu encourager les fidèles « à surmonter toute forme de division et de conflit en favorisant sans cesse la communion, le dialogue et l’unité dans la diversité ». De plus, la célébration de la messe à la Sagrada Família lui a permis « de percevoir de ses propres yeux le caractère même de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité vivante et non comme une chose du passé ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.

Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.

Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.

En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.

À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.

C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.

Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.

Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Prier avec le pape Réflexion – juin 2026

Mes frères et sœurs : En ce mois de juin, pendant lequel se déroule la Coupe du Monde, le pape Léon nous invite à prier pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures et les nations, et que par lui soient promues des valeurs telles que le respect, la solidarité et le dépassement personnel. 

Il est difficile d’ignorer la dimension financière des grands événements sportifs, surtout d’une envergure aussi considérable que la Coupe du Monde ; mais le sport a aussi le grand pouvoir de rassembler les gens, lorsque nous encourageons la même équipe. Le sport peut véritablement nous unir.

Pourtant, le sport ne nous unit pas pour affronter un ennemi commun. Il y a quelque chose de plus dans le sport, et nous le sentons instinctivement.

Pensons à la façon dont nous applaudissons naturellement les gestes d’esprit sportif : l’honnêteté, la poignée de main après le match, la démonstration d’un respect mutuel.

Le sport peut effectivement transcender la victoire et la défaite, et favoriser des valeurs telles que le sens de la fraternité. Il peut faire ressortir bien plus que la seule compétitivité et le désir de réussir ; il peut nous rendre plus humains.

Prions pour un élargissement de nos cœurs, afin de chercher davantage que la simple supériorité sur les autres ou le gain financier lorsque nous pratiquons et apprécions le sport.

Prions également pour le désir de nous unir, plutôt que de nous diviser.

Enfin, prions pour que le sport nous fasse grandir dans le respect de l’autre. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 3 juin 2026

Des prêtres concélébrant la messe à la chapelle du séminaire d’Asidonia-Jerez, dans le sud de l’Espagne. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série consacrée à la constitution de Vatican II sur la liturgie sacrée, *Sacrosanctum Concilium*. Il a déclaré : « Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un simple revêtement extérieur du mystère sacramentel, ni un ensemble de cérémonies arbitraires, mais la médiation ecclésiale par laquelle le don divin nous parvient. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

en poursuivant notre catéchèse sur la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC), nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée, tels que le rite, le signe et le symbole.

Le Concile Vatican II, s’inspirant du précieux travail du Mouvement liturgique, nous a aidés à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin. C’est précisément pour cette raison que le Concile invite à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières (cf. SC, 48).

Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs étrangers ou muets (cf. ibid.) face à la liturgie, mais si nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur. À travers le rite sacré, nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi.

Le rite nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel. Nous découvrons ainsi une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, et une autre expérience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons l’expérience d’une logique de gratuité, nous trouvons une pause qui régénère le cœur, nous reconnaissons que nous sommes précédés de la grâce divine, nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint.

La grammaire du rite est tissée des signes et des symboles propres à la liturgie. En elle, comme l’affirme le Concile, « la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » (SC, 7). Le Catéchisme de l’Église Catholique approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que « leur signification s’enracine dans l’œuvre de la création et dans la culture humaine, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèle pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ » (n° 1145). Emblématique est le signe de l’eau : depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.

“Signe” et “symbole” sont des termes souvent utilisés comme synonymes. En réalité, un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes aspergés avec l’eau bénite, cela ravive en nous la conscience du don reçu lors du baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ. Deuxièmement, les symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement. Surtout, les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales.

Dans la Lettre apostolique Desiderio desideravi, le pape François, faisant sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait « la première tâche du travail de formation liturgique : l’homme doit retrouver sa capacité symbolique » (n° 44). Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie. L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps (cf. 1Th 5, 23).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 27 mai 2026

L’église de l’Oratoire de l’Immaculée Conception à Birmingham, au Royaume-Uni, siège de l’Oratoire de saint Philippe Néri. Cet oratoire a été fondé par saint John Henry Newman, qui a également développé une riche théologie du « développement de la doctrine », qu’il concevait comme la croissance organique de la tradition. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV invite croyants et non-croyants à réfléchir au sens profond de la liturgie dans la vie humaine et spirituelle. À travers un langage accessible et des exemples concrets, il rappelle que les rites, les symboles et les gestes religieux ne sont pas de simples traditions du passé, mais des moyens de nourrir l’espérance, la fraternité et la paix intérieure dans un monde souvent marqué par l’agitation et l’incertitude. Cette catéchèse s’inscrit dans une série de réflexions consacrées aux grands textes du Concile Vatican II, qui continuent d’inspirer le dialogue entre l’Église et la société contemporaine.

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Dans l’encyclique Mediator Dei, le vénérable Pie XII écrit que « l’Église est un organisme vivant et, en tant que tel, y compris en matière de liturgie sacrée, tout en préservant l’intégrité de son enseignement, elle grandit et se développe, s’adaptant et se conformant aux circonstances et aux exigences qui se présentent au fil du temps» (I, V).

En pleine continuité avec ce principe, le Concile Vatican II, dans le préambule de la Constitution Sacrosanctum Concilium (SC), reconnaît qu’il est de son devoir «à un titre particulier de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie» (n° 1). L’assemblée conciliaire avait en effet été réunie dans le but «de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes au sein de l’Église» (ibid.).

À ce moment historique, on ressentait fortement la nécessité d’un renouveau des formes rituelles, par lesquelles, depuis des siècles, l’Église avait réalisé la glorification de Dieu et la sanctification du peuple chrétien. Grâce au Mouvement liturgique, s’était mûrie la conviction, exprimée par la suite par saint Jean-Paul II, qu’« il existe en effet un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Eglise. L’Église agit dans la liturgie, mais elle s’y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales » (Lettre Dominicae Cenae, 13).

Afin de favoriser l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la liturgie sacrée, la Constitution Sacrosanctum Concilium indique donc, par une formule très efficace, la voie à suivre : « maintenir la saine tradition et s’ouvrir à un progrès légitime » (SC, 23).

Le pape Benoît XVI a perçu dans cette déclaration d’intentions le « programme de réforme » des Pères conciliaires, « en équilibre avec la grande tradition liturgique du passé et de l’avenir », notant que « bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progrès », alors qu’« en réalité, les deux concepts s’intègrent : la tradition inclut en quelque sorte le progrès. En d’autres termes, le fleuve de la tradition porte en lui également sa source et tend vers l’embouchure » (Discours aux participants au Colloque à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, 6 mai 2011).

Le Concile affirme la légitimité de ce progrès enraciné dans l’authentique Tradition, en distinguant, au sein de la liturgie, « une partie immuable, car d’institution divine », des « parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées » (SC, 21). Des changements de ce genre se sont produits constamment au fil des siècles afin de permettre aux fidèles une participation fructueuse, par le biais des actions rituelles, au mystère pascal du Christ, fondement de la foi chrétienne. Le culte de l’Église s’est donc “incarné” dans les formes culturelles de chaque époque et a été capable d’influencer celles-ci, voire de les transformer. La liturgie a ainsi été, pendant des siècles, un moteur d’évangélisation. Aujourd’hui, il faut renouveler cette énergie dans la continuité de la tradition catholique authentique et vivante, c’est-à-dire selon une dynamique visant à introduire les croyants à la plénitude de la vérité.

On comprend alors pourquoi les Pères conciliaires ont recommandé que la révision des rites, lorsqu’elle répond à « une utilité réelle et avérée pour l’Église », soit toujours effectuée « après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique. » (SC, 23). Pour le bien de toute l’Église, toute réforme doit « toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique et pastorale » (ibid.). Le Magistère conciliaire invite ainsi à éviter de désorienter les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit, en matière liturgique, de sa propre initiative (cf. SC, 22). Le progrès évoqué par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale : il vise plutôt à la confirmer et à la favoriser.

J’exhorte donc tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, en particulier les prêtres qui exercent le ministère de la présidence liturgique, à toujours garder ce respect des textes et des dispositions de la liturgie qui naît d’une attitude intérieure de disponibilité et de confiance en Dieu, en manifestant de l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 20 mai 2026

Icône de la Cène au monastère des Saints Serge et Bacchus à Maaloula, en Syrie. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a entamé une nouvelle série consacrée à la constitution de Vatican II sur la liturgie sacrée, *Sacrosanctum Concilium*. Il a évoqué le « renouveau – biblique, patristique et liturgique – que l’Église a connu au cours du XXe siècle ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Nous commençons aujourd’hui, une série de catéchèses sur le premier Document promulgué par le Concile Vatican II : La constitution sur la sainte liturgie, Sacrosantum Concilium (SC).

En élaborant cette Constitution, les Pères conciliaires ont voulu non seulement entreprendre une réforme des rites, mais aussi amener l’Église à contempler et à approfondir ce lien vivant qui la constitue et l’unit : le mystère du Christ. La liturgie, en effet, touche au cœur même de ce mystère : elle est à la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’Église reçoit du Christ sa propre vie. En effet, dans la liturgie, « s’exerce l’œuvre de notre rédemption » (SC, 2), qui fait de nous une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis (cf. 1 P 2, 9).

Comme l’a montré le triple renouveau – biblique, patristique et liturgique – qui a traversé l’Église au cours du XXe siècle, le Mystère en question ne désigne pas une réalité obscure, mais le dessein salvifique de Dieu, caché depuis l’éternité et révélé en Christ, selon l’affirmation de saint Paul (cf. Ep 3, 3-6). Voici donc le Mystère chrétien : l’événement pascal, c’est-à-dire la passion, la mort, la résurrection et la glorification du Christ, qui nous est rendu sacramentellement présent précisément dans la liturgie, de sorte que chaque fois que nous participons à l’assemblée réunie « en son nom » (Mt 18, 20), nous sommes plongés dans ce Mystère.

Le Christ lui-même est le principe intérieur du mystère de l’Église, peuple saint de Dieu, né de son côté transpercé sur la croix. Dans la sainte liturgie, par la puissance de son Esprit, il continue d’agir. Il sanctifie et associe l’Église, son épouse, à son offrande au Père. Il exerce son sacerdoce absolument unique, lui qui est présent dans la Parole proclamée, dans les Sacrements, dans les ministres qui célèbrent, dans la communauté rassemblée et, au plus haut degré, dans l’Eucharistie (cf. SC, 7). C’est ainsi que, selon saint Augustin (cf. Serm., 277), en célébrant l’Eucharistie, l’Église « reçoit le Corps du Seigneur et devient ce qu’elle reçoit » : elle devient le Corps du Christ, « demeure de Dieu par l’Esprit » (Ep 2, 22). Telle est « l’œuvre de notre rédemption », qui nous configure au Christ et nous édifie dans la communion.

Dans la sainte liturgie, cette communion se réalise « par les rites et les prières » (SC, 48). La ritualité de l’Église exprime sa foi – selon le célèbre adage lex orandi, lex credendi –, et façonne en même temps l’identité ecclésiale : la Parole proclamée, la célébration du sacrement, les gestes, les silences, l’espace, tout cela représente et donne forme au peuple convoqué par le Père, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit. Chaque célébration devient ainsi une véritable épiphanie de l’Église en prière, comme l’a rappelé saint Jean-Paul II (Lettre apostolique Vicesimus quintus annus, 9).

Si la liturgie est au service du mystère du Christ, on comprend pourquoi elle a été définie comme « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et, en même temps, la source d’où jaillit toute son énergie » (SC, 10). Il est vrai que l’action de l’Église ne se limite pas à la seule liturgie, mais toutes ses activités (la prédication, le service des pauvres, l’accompagnement des réalités humaines) convergent vers ce « sommet ». À l’inverse, la liturgie soutient les fidèles en les plongeant sans cesse dans la Pâque du Seigneur et, par conséquent, à travers la proclamation de la Parole, la célébration des sacrements et la prière commune, ils sont fortifiés, encouragés et renouvelés dans leur engagement de foi et dans leur mission. En d’autres termes, la participation des fidèles à l’action liturgique est à la fois « intérieure » et « extérieure ».

Cela signifie également qu’elle est appelée à se déployer concrètement tout au long de la vie quotidienne, dans une dynamique éthique et spirituelle, de sorte que la liturgie célébrée se traduise en vie et exige une existence fidèle, capable de concrétiser ce qui a été vécu dans la célébration : c’est ainsi que notre vie devient « un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu », réalisant notre « culte spirituel » (Rm 12, 1).

Ainsi, «la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur » (SC, 2), et forme une communauté ouverte et accueillante envers tous. Elle est en effet habitée par l’Esprit Saint, elle nous introduit dans la vie du Christ, elle fait de nous son Corps et, dans toutes ses dimensions, elle représente un signe de l’unité de toute l’humanité en Christ. Comme le disait le pape François, « le monde ne le sait pas encore, mais tous sont invités au repas des noces de l’Agneau (Ap 19, 9) » (Lettre apostolique Desiderio desideravi, 5).

Très chers, laissons-nous façonner intérieurement par les rites, les symboles, les gestes et surtout par la présence vivante du Christ dans la liturgie, que nous aurons encore l’occasion d’approfondir lors des prochaines catéchèses.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 13 mai 2026

Amedeo Angilella, fresque dans l’abside de l’église San Filippo Neri à Eurosia, Rome. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale, mercredi 13 mai, Pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur la Constitution Lumen gentium du Concile Vatican II.Il a réfléchi au dernier chapitre de la constitution, intitulé « La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église ». Il a déclaré que « en Marie, qui, sous l’action de l’Esprit Saint, a accueilli et mis au monde le Fils de Dieu fait chair, nous pouvons reconnaître à la fois le modèle, le membre éminent et la mère de toute la communauté ecclésiale ».

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

Le Concile Vatican II a voulu consacrer le dernier chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Église à la Vierge Marie (cf. Lumen gentium, 52-69). Elle « est saluée comme membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité » (n° 53). Ces paroles nous invitent à comprendre comment, en Marie, qui, sous l’action du Saint-Esprit, a accueilli et engendré le Fils de Dieu venu dans la chair, on peut reconnaître à la fois le modèle, le membre par excellence et la mère de toute la communauté ecclésiale.

En se laissant façonner par l’œuvre de la Grâce, venue s’accomplir en elle, et en accueillant le don du Très-Haut par sa foi et son amour virginal, Marie est le modèle parfait de ce que toute l’Église est appelée à être, créature de la Parole du Seigneur et mère des enfants de Dieu engendrés dans la docilité à l’action du Saint-Esprit. En tant que croyante par excellence, en qui nous est offerte la forme parfaite de l’inconditionnelle ouverture au mystère divin dans la communion du peuple saint de Dieu, Marie est membre éminent de la communauté ecclésiale. Enfin, en tant qu’elle engendre des enfants dans le Fils, aimés dans l’Éternel Bien-Aimé venu parmi nous, Marie est mère de toute l’Église, qui peut s’adresser à elle avec une confiance filiale, dans la certitude d’être écoutée, protégée et aimée.

On pourrait exprimer l’ensemble de ces caractéristiques de la Vierge Marie en parlant d’elle comme de la femme icône du Mystère. Le terme femme met en évidence la réalité historique de cette jeune fille d’Israël, à qui il a été donné de vivre l’expérience extraordinaire de devenir la mère du Messie. L’expression icône souligne qu’en elle se réalise le double mouvement de descente et d’ascension : en Elle resplendissent tant l’élection gratuite de la part de Dieu que le libre consentement de la foi en Lui. Marie est donc la femme icône du Mystère, c’est-à-dire du dessein divin de salut, autrefois caché et révélé en plénitude en Jésus-Christ.

Le Concile nous a laissé un enseignement clair sur la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption (cf. Lumen gentium, 60-62). Il a rappelé que le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2, 5-6) et que sa Très Sainte Mère « n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ mais en manifeste au contraire la vertu. » (LG, 60). En même temps, « la bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, […] apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. » (ibid., 61).

Le mystère de l’Église se reflète également dans la Vierge Marie : en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En la Mère du Seigneur, l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être.

Comme on peut le voir, les réflexions sur la Vierge Mère rassemblées dans Lumen gentium nous enseignent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu qui vient et qui s’accomplira pleinement dans la gloire.

Laissons-nous donc interpeller par ce sublime modèle qu’est Marie, Vierge et Mère, et demandons-lui de nous aider, par son intercession, à répondre à ce qui nous est demandé à travers son exemple : est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église ? Est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini ? Est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne ? Est-ce que je regarde Marie comme modèle, membre éminent et mère de l’Église, et est-ce que je Lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ?

Sœurs et frères, que le Saint-Esprit, descendu sur Marie et invoqué par nous avec humilité et confiance, nous donne de vivre pleinement ces merveilleuses réalités. Et, après avoir approfondi la Constitution Lumen gentium, demandons à la Vierge de nous obtenir ce don : que grandisse en chacun de nous l’amour pour la Sainte Mère Église. Ainsi soit-il !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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