Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 18 mars 2026

Fonts baptismaux de San Giovanni in Fonte, qui font partie du complexe de la cathédrale de Vérone. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur Lumen Gentium, la constitution dogmatique du Concile sur l’Église. Il a déclaré que « L’Église, donc, en tant que communion des fidèles qui inclut évidemment les pasteurs, ne peut se tromper dans la foi : l’organe de cette propriété, fondé sur l’onction du Saint-Esprit, est le sens surnaturel de la foi de tout le peuple de Dieu, qui se manifeste dans le consentement des fidèles. ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Aujourd’hui, je voudrais m’attarder à nouveau sur le second chapitre de la Constitution conciliaire Lumen gentium (LG), consacré à l’Église comme peuple de Dieu.

Le peuple messianique (LG, 9) reçoit du Christ la participation à l’œuvre sacerdotale, prophétique et royale où s’accomplit sa mission salvifique. Les Pères conciliaires enseignent que le Seigneur Jésus a institué, par la nouvelle et éternelle Alliance, un royaume de prêtres, en constituant ses disciples en un « sacerdoce royal » (1 P 2, 9 ; cf. 1 P 2, 5 ; Ap 1, 6). Ce sacerdoce commun des fidèles est donné par le Baptême, qui nous rend capables d’adorer Dieu en esprit et en vérité et de « professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu » (LG, 11). De plus, par le sacrement de la Confirmation, tous les baptisés « sont liés plus parfaitement à l’Église, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et ainsi plus strictement obligés tout à la fois à répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ » (ibid.). Cette consécration est à la base de la mission commune qui unit les ministres ordonnés et les fidèles laïcs.

À ce sujet, le pape François faisait remarquer : « Regarder le peuple de Dieu signifie rappeler que nous faisons tous notre entrée dans l’Église en tant que laïcs. Le premier Sacrement, celui qui scelle pour toujours notre identité et dont nous devrions toujours être fiers, est le Baptême. À travers lui et avec l’onction de l’Esprit Saint, (les fidèles) « sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint » (Lumen gentium, n. 10). Notre consécration première et fondamentale prend ses racines dans notre baptême» (Lettre au Président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, 19 mars 2016).

L’exercice du sacerdoce royal se réalise de multiples façons, toutes orientées vers notre sanctification, avant tout par la participation à l’offrande de l’Eucharistie. Par la prière, l’ascèse et la charité agissante, nous témoignons ainsi d’une vie renouvelée par la grâce de Dieu (cf. LG, 10). Comme le résume le Concile, « le caractère sacré et la structure organique de la communauté sacerdotale se réalisent par les sacrements et les vertus » (LG, 11).

Les Pères conciliaires enseignent ensuite que le peuple saint de Dieu participe également à la mission prophétique du Christ (cf. LG, 12). C’est dans ce contexte qu’ils introduisent le thème important du sens de la foi et du consensus des fidèles. La Commission Doctrinale du Concile précisait que ce sensus fidei « est comme une faculté de toute l’Église, grâce à laquelle elle reconnaît dans sa foi la révélation transmise, en distinguant le vrai du faux dans les questions de foi, et en même temps, elle y pénètre plus profondément et l’applique plus pleinement dans la vie » (cf. Acta Synodalia, III/1, 199). Le sens de la foi appartient donc aux fidèles non pas à titre individuel, mais en tant que membres du peuple de Dieu dans son ensemble.

Lumen gentium met l’accent sur ce dernier aspect et le relie à l’infaillibilité de l’Église, à laquelle est liée, en la servant, celle du Souverain Pontife. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint-Esprit (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs, elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel (cf. LG, 12). L’Église, donc, en tant que communion des fidèles qui inclut évidemment les pasteurs, ne peut se tromper dans la foi : l’organe de cette propriété, fondé sur l’onction du Saint-Esprit, est le sens surnaturel de la foi de tout le peuple de Dieu, qui se manifeste dans le consentement des fidèles. De cette unité, que le Magistère ecclésial préserve, il découle que chaque baptisé est un sujet actif de l’évangélisation, appelé à rendre un témoignage cohérent du Christ selon le don prophétique que le Seigneur insuffle à toute son Église.

L’Esprit Saint, qui nous vient du Christ Ressuscité, dispense en effet « parmi les fidèles de tous ordres les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église » (LG, 12). La vie consacrée, qui ne cesse de germer et de fleurir sous l’action de la grâce, offre une manifestation particulière de cette vitalité charismatique. Les formes d’association ecclésiales sont elles aussi un exemple lumineux de la variété et de la fécondité des fruits spirituels pour l’édification du Peuple de Dieu.

Très chers, réveillons en nous la conscience et la gratitude d’avoir reçu le don de faire partie du Peuple de Dieu ; ainsi que la responsabilité que cela implique.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 11 mars 2026

Église du sanctuaire des martyrs canadiens, Midland (Ontario). Le plafond de la nef s’inspire de la coque d’un canoë traditionnel wendat. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur Lumen Gentium, la constitution dogmatique du Concile sur l’Église. Il a déclaré que l’Église est « le peuple de Dieu qui tire son existence du corps du Christ et qui est lui-même le corps du Christ ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Poursuivant notre réflexion sur la Constitution dogmatique Lumen gentium (LG), nous nous penchons aujourd’hui sur le deuxième chapitre, consacré au Peuple de Dieu.

Dieu, qui a créé le monde et l’humanité et qui désire sauver chaque homme et chaque femme, accomplit son œuvre de salut dans l’histoire en choisissant un peuple concret et en habitant parmi lui. C’est pourquoi il appelle Abraham et lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et le sable de la mer (cf. Gn 22, 17-18). Avec les enfants d’Abraham, après les avoir affranchis de l’esclavage, Dieu fait alliance avec eux, les accompagne, prend soin d’eux et les rassemble lorsqu’ils s’égarent. Ainsi, l’identité de ce peuple est donnée par l’action de Dieu et par la foi en lui. Il est appelé à être une lumière pour les autres nations, comme un phare qui attirera tous les peuples, toute l’humanité (cf. Is 2, 1-5).

Le Concile affirme que « Tout cela cependant n’était que pour préparer et figurer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ, et la révélation plus totale qui serait transmise par le Verbe de Dieu lui-même, fait chair.» ( Lumen gentium, 9). C’est en effet le Christ qui, par le don de son Corps et de son Sang, rassemble définitivement ce peuple en lui. Il est désormais composé de personnes de toutes les nations ; il est unifié par la foi en lui, par l’adhésion à lui, par une vie animée par l’Esprit du Ressuscité. Ainsi est l’Église : le peuple de Dieu qui tire son existence du corps du Christ [1] et qui est lui-même le corps du Christ [2] ; non pas un peuple comme un autre, mais le peuple de Dieu, réuni par lui et composé d’hommes et de femmes de tous les peuples de la terre. Son principe unificateur n’est ni une langue, ni une culture, ni un groupe ethnique, mais la foi en Christ : l’Église est donc – selon une magnifique expression du Concile – « L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus » ( Lumen gentium, 9).

Il s’agit d’un peuple messianique, précisément parce que son chef, le Christ, est le Messie. Ceux qui lui appartiennent ne se vantent ni de mérites ni de titres, mais seulement du don d’être, en Christ et par Lui, fils et filles de Dieu. Avant toute tâche ou fonction, ce qui importe donc véritablement dans l’Église, c’est d’être greffés sur le Christ, d’être, par grâce, enfants de Dieu. C’est aussi le seul titre honorifique que nous devrions rechercher en tant que chrétiens. Nous sommes dans l’Église pour recevoir continuellement la vie du Père et pour vivre comme ses enfants et frères entre nous. Par conséquent, la loi qui anime les relations dans l’Église est l’amour, tel que nous le recevons et l’expérimentons en Jésus ; et son but est le Royaume de Dieu, vers lequel elle chemine avec toute l’humanité.

Unifiée dans le Christ, Seigneur et Sauveur de tout homme et de toute femme, l’Église ne peut jamais se replier sur elle-même, mais elle est ouverte à tous et est pour tous. Si les croyants en Christ y appartiennent, le Concile nous rappelle que « à faire partie du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés. C’est pourquoi ce peuple, demeurant uni et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés» (LG, 13). Même ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile sont donc, d’une certaine manière, orientés vers le Peuple de Dieu, et l’Église, coopérant à la mission du Christ, est appelée à répandre l’Évangile partout et à tous (cf. LG, 17), afin que chacun puisse entrer en contact avec le Christ. Cela signifie que dans l’Église, il y a et il doit y avoir une place pour chacun, et que chaque chrétien est appelé à proclamer l’Évangile et à témoigner dans tout milieu où il vit et travaille. C’est ainsi que ce peuple manifeste sa catholicité, accueillant les richesses et les ressources des différentes cultures et, en même temps, leur offrant la nouveauté de l’Évangile pour les purifier et les élever (cf. LG, 13).

En ce sens, l’Église est une mais inclut tout le monde. Un grand théologien l’a décrite ainsi : « Unique Arche du Salut, elle doit accueillir dans sa vaste nef toute la diversité humaine. Unique Salle du Banquet, la nourriture qu’elle distribue provient de toute la création. La robe sans couture du Christ est aussi – et c’est une seule et même chose – la robe multicolore de Joseph.» [3]

C’est un grand signe d’espérance – surtout à notre époque, marquée par tant de conflits et de guerres – de savoir que l’Église est un peuple où des femmes et des hommes de nationalités, de langues et de cultures différentes coexistent par la force de la foi : c’est un signe inscrit au cœur même de l’humanité, un rappel et une prophétie de cette unité et de cette paix auxquelles Dieu le Père appelle tous ses enfants.

APPEL (traduction provisoire)

Aujourd’hui, à Qlayaa, au Liban, sont célébrées les funérailles du père Pierre El Raii, prêtre maronite d’un des villages chrétiens du sud du Liban. Ces villages connaissent à nouveau la tragédie de la guerre. Je suis proche de tout le peuple libanais en cette période d’épreuve grave.

En arabe, « El Raii » signifie « le berger ». Le père Pierre était un véritable berger, qui est toujours resté aux côtés de son peuple, avec l’amour et le sacrifice de Jésus, le Bon Berger. Dès qu’il a appris que certains paroissiens avaient été blessés dans un bombardement, il s’est précipité pour leur venir en aide sans hésiter. Que le Seigneur fasse en sorte que le sang qu’il a versé soit une semence de paix pour le Liban bien-aimé.

Chers frères et sœurs, continuons à prier pour la paix en Iran et dans tout le Moyen-Orient, en particulier pour les nombreuses victimes civiles, dont beaucoup d’enfants innocents. Que notre prière soit un réconfort pour ceux qui souffrent et une semence d’espoir pour l’avenir.

[1] J. Ratzinger, Le Nouveau peuple de Dieu, Brescia 1992, 97.

[2] Y. M.-J. Congar, Un peuple messianique. L’Église, sacrement du salut. – Salut et libération, Brescia 1976, 75.

[3] H. de Lubac, Catholicisme: Les aspects sociaux du dogme, Milan 1992, 222.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 4 mars 2026

Achevée en 1967, la cathédrale métropolitaine du Christ-Roi à Liverpool, au Royaume-Uni, est une méditation saisissante sur le Corps mystique du Christ. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a repris sa catéchèse sur Lumen Gentium, la constitution dogmatique du Concile sur l’Église. Il a déclaré que « l’Église est à la fois une communauté terrestre et le corps mystique du Christ, une assemblée visible et un mystère spirituel, une réalité présente dans l’histoire et un peuple en marche vers le ciel ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Aujourd’hui, nous poursuivons notre approfondissement de la Constitution conciliaire Lumen gentium, Constitution dogmatique sur l’Église.

Dans le premier chapitre, où l’on cherche avant tout à répondre à la question sur ce qu’est l’Église, celle-ci est décrite comme « une réalité complexe » (n° 8). Demandons-nous maintenant : en quoi consiste cette complexité ? Quelqu’un pourrait répondre que l’Église est complexe en ce sens qu’elle est “compliquée”, et donc difficile à expliquer ; un autre pourrait penser que sa complexité découle du fait qu’elle est une institution chargée de deux mille ans d’histoire, avec des caractéristiques différentes de celles de tout autre groupe social ou religieux. En latin, cependant, le mot “complexe” désigne plutôt l’union ordonnée d’aspects ou de dimensions différents à l’intérieur d’une même réalité. C’est pourquoi Lumen gentium peut affirmer que l’Église est un organisme bien structuré, dans lequel coexistent les dimensions humaine et divine, sans séparation ni confusion.

La première dimension est immédiatement perceptible, car l’Église est une communauté d’hommes et de femmes qui partagent la joie et les difficultés d’être chrétiens, avec leurs qualités et leurs défauts, annonçant l’Évangile et se faisant signe de la présence du Christ qui nous accompagne sur le chemin de la vie. Pourtant, cet aspect – qui se manifeste également dans l’organisation institutionnelle – ne suffit pas à décrire la véritable nature de l’Église, car celle-ci possède également une dimension divine. Cette dernière ne consiste pas en une perfection idéale ou en une supériorité spirituelle de ses membres, mais dans le fait que l’Église est engendrée par le dessein d’amour de Dieu sur l’humanité, réalisé en Christ. L’Église est donc à la fois communauté terrestre et corps mystique du Christ, assemblée visible et mystère spirituel, réalité présente dans l’histoire et peuple en pèlerinage vers le ciel (LG, 8 ; CCC, 771).

La dimension humaine et la dimension divine s’intègrent harmonieusement, sans que l’une ne se superpose à l’autre ; ainsi, l’Église vit dans ce paradoxe : elle est une réalité à la fois humaine et divine, qui accueille l’homme pécheur et le conduit à Dieu.

Pour éclairer cette condition ecclésiale, Lumen gentium renvoie à la vie du Christ. En effet, qui rencontrait Jésus le long des routes de Palestine faisait l’expérience de son humanité, de ses yeux, de ses mains, du son de sa voix. Qui décidait de le suivre était poussé précisément par l’expérience de son regard accueillant, par le toucher de ses mains qui étaient une bénédiction, par ses paroles de libération et de guérison. Mais en même temps, en suivant cet Homme, les disciples s’ouvraient à la rencontre avec Dieu. En effet, la chair du Christ, son visage, ses gestes et ses paroles manifestent de manière visible le Dieu invisible.

À la lumière de la réalité de Jésus, nous pouvons maintenant revenir à l’Église : lorsque nous la regardons de près, nous y découvrons une dimension humaine faite de personnes concrètes, qui parfois manifestent la beauté de l’Évangile et d’autres fois peinent et se trompent comme tout le monde. Cependant, c’est précisément à travers ses membres et ses aspects terrestres limités que se manifestent la présence du Christ et son action salvifique. Comme le disait Benoît XVI, il n’y a pas d’opposition entre l’Évangile et l’institution, au contraire, les structures de l’Église servent précisément à « la réalisation et à la concrétisation de l’Évangile à notre époque » (Discours aux évêques de Suisse, 9 novembre 2006). Il n’existe pas d’Église idéale et pure, séparée de la terre, mais seulement l’unique Église du Christ, incarnée dans l’histoire.

C’est en cela que réside la sainteté de l’Église : dans le fait que le Christ l’habite et continue à se donner à travers la petitesse et la fragilité de ses membres. En contemplant ce miracle perpétuel qui s’accomplit en elle, nous comprenons la “méthode de Dieu” : il se rend visible à travers la faiblesse des créatures, continuant de se manifester et d’agir. C’est pourquoi le pape François, dans Evangelii gaudium, exhorte chacun à apprendre « à ôter les sandales devant la terre sacrée de l’autre (cf. Ex 3, 5) » (n° 169). Cela nous rend encore capables aujourd’hui d’édifier l’Église : non seulement en organisant ses formes visibles, mais en construisant cet édifice spirituel qu’est le corps du Christ, à travers la communion et la charité entre nous.

La charité, en effet, engendre constamment la présence du Ressuscité. « Veuille le ciel, » disait saint Augustin, « que tous gardent à l’esprit seulement la charité : elle seule, en effet, vainc toutes choses, et sans elle, toutes les choses ne valent rien ; partout où elle se trouve, elle attire tout à elle » (Serm. 354,6,6).

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 18 février 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II. Il s’est penché sur Lumen Gentium, la constitution dogmatique du Concile sur l’Église. Réfléchissant à la méditation de saint Paul sur l’Église comme « mystère », il a déclaré que le terme « mystère » fait référence au plan de Dieu, qui a pour but d’unifier toutes les créatures grâce à l’action réconciliatrice de Jésus-Christ, une action qui s’est accomplie dans sa mort sur la croix.

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Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

Le Concile Vatican II, dont nous étudions actuellement les documents dans nos catéchèses, a tout d’abord cherché à expliquer l’origine de l’Église lorsqu’il a voulu la décrire. Pour ce faire, dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium, approuvée le 21 novembre 1964, il a puisé dans les Lettres de saint Paul le terme « mystère ». En choisissant ce mot, il ne voulait pas dire que l’Église est quelque chose d’obscur ou d’incompréhensible, comme cela arrive couramment lorsqu’on entend prononcer le mot « mystère ». C’est exactement le contraire : en effet, lorsque saint Paul utilise ce mot, surtout dans la Lettre aux Éphésiens, il veut désigner une réalité qui était auparavant cachée et qui a maintenant été révélée.

Il s’agit du dessein de Dieu qui a un but : unifier toutes les créatures grâce à l’action réconciliatrice de Jésus-Christ, action qui s’est accomplie dans sa mort sur la croix. Cela s’expérimente tout d’abord dans l’assemblée réunie pour la célébration liturgique : là, les différences sont relativisées, ce qui compte, c’est d’être ensemble, parce qu’attirés par l’amour du Christ, qui a abattu le mur de séparation entre les personnes et les groupes sociaux (cf. Ep 2, 14). Pour saint Paul, le mystère est la manifestation de ce que Dieu a voulu réaliser pour l’humanité tout entière et se fait connaître dans des expériences locales, qui s’étendent progressivement jusqu’à inclure tous les êtres humains et même le cosmos.

La condition humaine est une fragmentation que les êtres humains ne sont pas en mesure de réparer, bien que le désir d’unité habite leur cœur. C’est dans cette condition que s’inscrit l’action de Jésus-Christ qui, par l’Esprit Saint, vainc les forces de la division et le Diviseur lui-même. Se retrouver ensemble pour célébrer, après avoir cru à l’annonce de l’Évangile, est vécu comme une attraction exercée par la croix du Christ, qui est la manifestation suprême de l’amour de Dieu ; c’est se sentir convoqués ensemble par Dieu : c’est pourquoi on utilise le terme ekklesía, c’est-à-dire l’assemblée des personnes qui reconnaissent être convoquées. Il y a donc une certaine coïncidence entre ce mystère et l’Église : l’Église est le mystère rendu perceptible.

Cette convocation, précisément parce qu’elle est mise en œuvre par Dieu, ne peut toutefois se limiter à un groupe de personnes, mais est destinée à devenir l’expérience de tous les êtres humains. C’est pourquoi le Concile Vatican II, au début de la Constitution Lumen Gentium, affirme ainsi : « L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (n° 1). L’utilisation du terme “sacrement” et l’explication qui en découle visent à indiquer que l’Église est, dans l’histoire de l’humanité, l’expression de ce que Dieu veut réaliser ; ainsi, en la regardant, on saisit dans une certaine mesure le dessein de Dieu, le mystère : en ce sens, l’Église est un signe. En outre, au terme “sacrement” s’ajoute celui d’“instrument”, précisément pour indiquer que l’Église est un signe actif. En effet, lorsque Dieu agit dans l’histoire, il implique dans son activité les personnes qui sont les destinataires de son action. C’est par l’Église que Dieu atteint son objectif d’unir les personnes à lui et de les réunir entre elles.

L’union avec Dieu trouve son reflet dans l’union des personnes humaines. Telle est l’expérience du salut. Ce n’est pas un hasard si, dans la Constitution Lumen Gentium, au chapitre VII consacré à la nature eschatologique de l’Église en pèlerinage, au n° 48, on utilise à nouveau la description de l’Église comme sacrement, avec la précision “de salut”: « En effet, dit le Concile, le Christ, élevé de terre a tiré à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32 grec) ; ressuscité des morts (cf. Rm 6, 9), il a envoyé sur ses Apôtres son Esprit de vie et par lui a constitué son Corps, qui est l’Église, comme le sacrement universel du salut ; assis à la droite du Père, il exerce continuellement son action dans le monde pour conduire les hommes vers l’Église, se les unir par elle plus étroitement et leur faire part de sa vie glorieuse en leur donnant pour nourriture son propre Corps et son Sang».

Ce texte permet de comprendre le rapport entre l’action unificatrice de la Pâque de Jésus, qui est mystère de passion, mort et résurrection, et l’identité de l’Église. En même temps, il nous rend reconnaissants d’appartenir à l’Église, corps du Christ ressuscité et unique peuple de Dieu en pèlerinage dans l’histoire, qui vit comme une présence sanctifiante au milieu d’une humanité encore divisée, signe efficace d’unité et de réconciliation entre les peuples.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 11 février 2026

Un diacre porte le Livre des Évangiles dans une église dans le cadre d’une procession d’entrée. Photo de Miguel White sur Cathopic.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa réflexion sur la constitution dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II, en mettant l’accent sur le rôle central de la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église. Il a souligné que de la relation entre les Écritures et l’Église, affirmant que « dans la communauté ecclésiale, les Écritures […] trouvent le cadre dans lequel elles peuvent accomplir leur mission particulière et atteindre leur objectif : faire connaître le Christ et ouvrir le dialogue avec Dieu ».

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Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

Dans la catéchèse d’aujourd’hui, nous nous méditerons sur le lien profond et vital qui existe entre la Parole de Dieu et l’Église, lien exprimé par la Constitution conciliaire Dei Verbum, au chapitre six. L’Église est le lieu propre de l’Écriture Sainte. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, la Bible est née du peuple de Dieu et est destinée au peuple de Dieu. Elle a pour ainsi dire son habitat dans la communauté chrétienne : c’est en effet dans la vie et dans la foi de l’Église qu’elle trouve l’espace où révéler sa signification et manifester sa force.

Vatican II rappelle que « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. » De plus, « l’Église eut et elle a toujours pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la sainte Tradition,» (Dei Verbum, 21).

L’Église ne cesse jamais de réfléchir à la valeur des Saintes Écritures. Après le Concile, un moment très important à cet égard a été l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur le thème « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église », en octobre 2008. Le Pape Benoît XVI en a récolté les fruits dans l’exhortation post-synodale Verbum Domini (30 septembre 2010), où il affirme : « Le lien intrinsèque entre la Parole et la foi met vraiment en évidence que l’authentique herméneutique de la Bible ne peut se situer que dans la foi ecclésiale, qui a dans le ‘oui’ de Marie, son paradigme. […] Le lieu originaire de l’interprétation scripturaire est la vie de l’Église. » (n°29).

Dans la communauté ecclésiale, l’Écriture trouve donc le cadre dans lequel elle peut accomplir sa tâche particulière et atteindre son but : faire connaître le Christ et ouvrir au dialogue avec Dieu. « L’ignorance de l’Écriture est en effet ignorance du Christ ». [1] Cette célèbre expression de saint Jérôme nous rappelle le but ultime de la lecture et de la méditation de l’Écriture : connaître le Christ et, à travers Lui, entrer en relation avec Dieu, relation qui peut être comprise comme une conversation, un dialogue. Et la Constitution Dei Verbum nous a présenté la Révélation précisément comme un dialogue, dans lequel Dieu parle aux hommes comme à des amis (cf. DV, 2). Cela se produit lorsque nous lisons la Bible dans une attitude intérieure de prière : alors Dieu vient à notre rencontre et entre en conversation avec nous.

La Sainte Écriture, confiée à l’Église, gardée et expliquée par elle, joue un rôle actif : en effet, par son efficacité et sa puissance, elle soutient et fortifie la communauté chrétienne. Tous les fidèles sont appelés à s’abreuver à cette source, tout d’abord dans la célébration de l’Eucharistie et des autres Sacrements. L’amour des Saintes Écritures et la familiarité avec elles doivent guider ceux qui exercent le ministère de la Parole : évêques, prêtres, diacres, catéchistes. Le travail des exégètes et de ceux qui pratiquent les sciences bibliques est précieux ; et la place de l’Écriture est centrale pour la théologie, qui trouve dans la Parole de Dieu son fondement et son âme.

Ce que l’Église désire ardemment, c’est que la Parole de Dieu puisse atteindre chacun de ses membres et en nourrir le cheminement de foi. Mais la Parole de Dieu pousse également l’Église au-delà d’elle-même, elle l’ouvre continuellement à la mission envers tous. En effet, nous vivons entourés de tant de paroles, mais combien d’entre elles sont vides ! Parfois, nous entendons aussi des paroles sages, mais qui ne touchent pas notre destin ultime. La Parole de Dieu, en revanche, répond à notre soif de sens, de vérité sur notre vie. Elle est la seule Parole toujours nouvelle : en nous révélant le mystère de Dieu, elle est inépuisable, elle ne cesse jamais d’offrir ses richesses.

Très chers amis, en vivant dans l’Église, on apprend que l’Écriture Sainte est entièrement relative à Jésus-Christ, et on expérimente que c’est là la raison profonde de sa valeur et de sa puissance. Le Christ est la Parole vivante du Père, le Verbe de Dieu fait chair. Toutes les Écritures annoncent sa Personne et sa présence salvatrice, pour chacun de nous et pour l’humanité tout entière. Ouvrons donc notre cœur et notre esprit pour accueillir ce don, à l’école de Marie, Mère de l’Église.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 4 février 2026

Fragment de papyrus de Jean 18:31-33. Bibliothèque John Rylands, Ms Greek P 457 (Papyrus 52), Manchester, Royaume-Uni. Datant du IIe siècle de notre ère, il s’agit du plus ancien fragment existant du Nouveau Testament. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II et sa réflexion sur Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine. Il a déclaré que « à chaque époque, l’Église est appelée à proposer à nouveau la Parole de Dieu dans un langage capable de s’incarner dans l’histoire et de toucher les cœurs ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

La Constitution conciliaire Dei Verbum, sur laquelle nous réfléchissons ces dernières semaines, indique dans la Sainte Écriture, lue dans la Tradition vivante de l’Église, un espace privilégié de rencontre où Dieu continue de parler aux hommes et aux femmes de tous les temps, afin qu’en l’écoutant, ils puissent le connaître et l’aimer. Les textes bibliques, cependant, n’ont pas été écrits dans un langage céleste ou surhumain. Comme nous l’enseigne également la réalité quotidienne, en effet, deux personnes qui parlent des langues différentes ne se comprennent pas, ne peuvent entrer en dialogue, ne parviennent pas à établir une relation. Dans certains cas, se faire comprendre de l’autre est un premier acte d’amour. C’est pourquoi Dieu choisit de parler en se servant des langages humains et, ainsi, différents auteurs, inspirés par l’Esprit Saint, ont rédigé les textes de la Sainte Écriture. Comme le rappelle le document conciliaire, « les paroles de Dieu, passant par les langues humaines, sont devenues semblables au langage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l’infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes ». (DV, 13). Ainsi, non seulement dans son contenu, mais aussi dans son langage, l’Écriture révèle la miséricordieuse condescendance de Dieu envers les hommes et son désir de se faire proche d’eux.

Au cours de l’histoire de l’Église, on a étudié la relation entre l’Auteur divin et les auteurs humains des textes sacrés. Pendant plusieurs siècles, de nombreux théologiens se sont attachés à défendre l’inspiration divine de la Sainte Écriture, considérant presque les auteurs humains comme de simples instruments passifs de l’Esprit Saint. Plus récemment, la réflexion a réévalué la contribution des hagiographes à la rédaction des textes sacrés, au point que le document conciliaire parle de Dieu comme « auteur » principal de la Sainte Écriture, mais appelle également les hagiographes « vrais auteurs » des livres sacrés (cf. DV 11). Comme le faisait remarquer un exégète perspicace du siècle dernier, « rabaisser l’œuvre humaine à celle d’un simple copiste n’est pas glorifier l’œuvre divine » [1]. Dieu ne mortifie jamais l’être humain et ses potentialités !

Si donc l’Écriture est la parole de Dieu exprimée en termes humains, toute approche qui néglige ou nie l’une de ces deux dimensions est limitée. Il s’ensuit qu’une interprétation correcte des textes sacrés ne peut faire abstraction du contexte historique dans lequel ils ont mûri et des formes littéraires utilisées ; au contraire, renoncer à l’étude des langages humains dont Dieu s’est servi risque de déboucher sur des lectures fondamentalistes ou spiritualistes de l’Écriture, qui trahissent son sens. Ce principe s’applique également à l’annonce de la Parole de Dieu : si elle perd le contact avec la réalité, avec les espoirs et les souffrances des hommes, si elle utilise un langage incompréhensible, peu communicatif ou anachronique, elle s’avère inefficace. À chaque époque, l’Église est appelée à proposer à nouveau la Parole de Dieu dans un langage capable de s’incarner dans l’histoire et de toucher les cœurs. Comme le rappelait le pape François, « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui ». [2]

Tout aussi réductrice, d’autre part, est une lecture de l’Écriture qui néglige son origine divine et finit par la considérer comme un simple enseignement humain, comme quelque chose à étudier simplement d’un point de vue technique ou comme « un texte seulement du passé » [3]. Au contraire, surtout lorsqu’elle est proclamée dans le contexte de la liturgie, l’Écriture entend parler aux croyants d’aujourd’hui, toucher leur vie présente avec ses problématiques, éclairer les pas à faire et les décisions à prendre. Cela n’est possible que lorsque le croyant lit et interprète les textes sacrés sous la conduite du même Esprit qui les a inspirés (cf. DV, 12).

En ce sens, l’Écriture sert à nourrir la vie et la charité des croyants, comme le rappelle saint Augustin : « Quiconque croit avoir compris les Écritures divines […], sans toutefois réussir, avec ce qu’il a compris, à ériger l’édifice de ce double amour – de Dieu et du prochain-, ne les a pas encore comprises». [4] L’origine divine de l’Écriture rappelle également que l’Évangile, confié au témoignage des baptisés, tout en embrassant toutes les dimensions de la vie et de la réalité, les transcende : il ne peut être réduit à un simple message philanthropique ou social, mais c’est l’annonce joyeuse de la vie pleine et éternelle que Dieu nous a donnée en Jésus.

Chers frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur qui, dans sa bonté, ne laisse pas notre vie manquer de la nourriture essentielle de sa Parole, et prions pour que nos paroles, et plus encore notre vie, n’obscurcissent pas l’amour de Dieu qui y est raconté.

APPELS

J’exhorte tout le monde à soutenir par la prière nos frères et sœurs d’Ukraine, durement éprouvés par les conséquences des bombardements qui ont recommencé à frapper également les infrastructures énergétiques. J’exprime ma gratitude pour les initiatives de solidarité promues dans les diocèses catholiques de Pologne et d’autres pays, qui s’efforcent d’aider la population à résister en cette période de grand froid.

Demain expire le traité New START signé en 2010 par les présidents des États-Unis et de la Fédération de Russie, qui a représenté une étape importante dans la limitation de la prolifération des armes nucléaires. Tout en renouvelant mon encouragement à tout effort constructif en faveur du désarmement et de la confiance mutuelle, j’adresse un appel pressant à ne pas abandonner cet instrument sans chercher à lui assurer une suite concrète et efficace. La situation actuelle exige que tout soit mis en œuvre pour éviter une nouvelle course aux armements qui menacerait davantage la paix entre les nations. Il est plus urgent que jamais de remplacer la logique de la peur et de la méfiance par une éthique commune capable d’orienter les choix vers le bien commun et de faire de la paix un patrimoine préservé par tous.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 28 janvier 2026

Au-dessus de l’autel de la chaire dans la basilique Saint-Pierre, les nuages dorés et les rayons de lumière émanant de la fenêtre du Saint-Esprit descendent vers la chaire de Saint-Pierre et les docteurs de l’Église qui la soutiennent. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II et sa réflexion sur Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine. Il a déclaré que « la Parole de Dieu […] n’est pas fossilisée, mais qu’elle est plutôt une réalité vivante et organique qui se développe et grandit dans la Tradition. Grâce au Saint-Esprit, la Tradition la comprend dans toute la richesse de sa vérité et l’incarne dans les coordonnées changeantes de l’histoire ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

En poursuivant la lecture de la Constitution conciliaire Dei Verbum sur la Révélation divine, nous réfléchissons aujourd’hui sur le lien entre l’Écriture Sainte et la Tradition. Nous pouvons prendre comme toile de fond deux scènes évangéliques. Dans la première, qui se déroule au Cénacle, Jésus, dans son grand discours-testament adressé à ses disciples, affirme : « Je vous ai dit ces choses pendant que je suis encore avec vous. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. […] Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jn 14, 25-26 ; 16, 13).

La deuxième scène nous conduit, quant à elle, sur les collines de Galilée. Jésus ressuscité se montre à ses disciples, qui sont surpris et dubitatifs, et leur donne une mission : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, […] leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Dans ces deux scènes, le lien étroit entre la parole prononcée par le Christ et sa diffusion au cours des siècles est évident.

C’est ce qu’affirme le Concile Vatican II en recourant à une image évocatrice : « La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin » (Dei Verbum, 9). La Tradition ecclésiale se ramifie tout au long de l’histoire à travers l’Église qui garde, interprète et incarne la Parole de Dieu. Catéchisme de l’Église Catholique (cf. n° 113) renvoie à cet égard à une devise des Pères de l’Église : « La Sainte Écriture est écrite dans le cœur de l’Église avant d’être écrite sur des supports matériels », c’est-à-dire dans le texte sacré.

Dans le sillage des paroles du Christ que nous avons citées plus haut, le Concile affirme que « la Tradition d’origine apostolique progresse dans l’Église avec l’aide du Saint-Esprit » (DV, 8). Cela se produit grâce à la pleine compréhension par « la réflexion et l’étude des croyants », à travers l’expérience qui naît d’une « intelligence plus profonde des choses spirituelles » et, surtout, grâce à la prédication des successeurs des apôtres qui ont reçu « un charisme certain de vérité ». En résumé, « l’Église, dans sa doctrine, sa vie et son culte, perpétue et transmet à toutes les générations tout ce qu’elle croit » (ibid.).

À ce propos, célèbre est l’expression de saint Grégoire le Grand : « La Sainte Écriture grandit avec ceux qui la lisent » [1]. Et saint Augustin avait déjà affirmé qu’« il n’y a qu’un seul discours de Dieu qui se développe dans toute l’Écriture et qu’il n’y a qu’un seul Verbe qui résonne dans la bouche de tant de saints » [2]. La Parole de Dieu n’est donc pas figée, mais elle est une réalité vivante et organique qui se développe et croit au sein de la Tradition. Grâce à l’Esprit Saint, celle-ci la comprend dans toute la richesse de sa vérité et l’incarne dans les coordonnées changeantes de l’histoire.

À cet égard, ce que proposait le saint docteur de l’Église John Henry Newman dans son ouvrage intitulé Le développement de la doctrine chrétienne est suggestif. Il affirmait que le christianisme, tant comme expérience communautaire que comme doctrine, est une réalité dynamique, comme l’a indiqué Jésus lui-même dans les paraboles de la graine (cf. Mc 4, 26-29) : une réalité vivante qui se développe grâce à une force vitale intérieure. [3]

L’apôtre Paul exhorte à plusieurs reprises son disciple et collaborateur Timothée : « O Timothée, garde le dépôt qui t’a été confié » (1Tm 6, 20 ; cf. 2 Tm 1, 12.14). La constitution dogmatique Dei Verbum fait écho à ce texte paulinien lorsqu’elle dit : « La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église », interprété par le « Magistère vivant de l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ » (n° 10). Le terme « dépôt » est, dans son sens originel, de nature juridique et impose au dépositaire le devoir de conserver le contenu, qui dans ce cas est la foi, et de le transmettre intact.

Le « dépôt » de la Parole de Dieu est encore aujourd’hui entre les mains de l’Église et nous tous, dans les différents ministères ecclésiaux, devons continuer à le préserver dans son intégrité, comme une étoile polaire pour notre cheminement dans la complexité de l’histoire et de l’existence.

En conclusion, très chers amis, écoutons encore la Dei Verbum, qui exalte l’interdépendance entre la Sainte Écriture et la Tradition : elles sont – affirme-t-il – si étroitement liées et unies entre elles qu’elles ne peuvent subsister indépendamment l’une de l’autre, et ensemble, selon leur propre manière, sous l’action d’un seul Esprit Saint, elles contribuent efficacement au salut des âmes (cf. n° 10).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 21 janvier 2026

Mosaïque représentant le Christ et les anges. Basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf, Ravenne. Wikimedia Commons.

Lors de l’audience générale d’aujourd’hui, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur Dei Verbum. Il a rappelé que « dans le Christ, Dieu s’est communiqué à nous et, en même temps, il nous a révélé notre véritable identité en tant que ses enfants, créés à l’image du Verbe ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenu !

Nous poursuivons notre catéchèse sur la Constitution dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II, sur la Révélation divine. Nous avons vu que Dieu se révèle dans un dialogue d’alliance, dans lequel il s’adresse à nous comme à des amis. Il s’agit donc d’une connaissance relationnelle, qui ne communique pas seulement des idées, mais partage une histoire et appelle à la communion dans la réciprocité. L’accomplissement de cette révélation se réalise dans une rencontre historique et personnelle où Dieu lui-même se donne à nous, se rendant présent, et nous nous découvrons reconnus dans notre vérité la plus profonde. C’est ce qui s’est produit en Jésus-Christ. Le document dit que la profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l’homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation (cf. DV, 2).

Jésus nous révèle le Père en nous impliquant dans sa propre relation avec Lui. Dans le Fils envoyé par Dieu le Père, « les hommes […] peuvent se présenter au Père dans l’Esprit Saint et sont rendus participants de la nature divine » (ibid.). Nous parvenons donc à la pleine connaissance de Dieu en entrant dans la relation du Fils avec son Père, en vertu de l’action de l’Esprit. L’évangéliste Luc en témoigne par exemple lorsqu’il nous raconte la prière d’action de grâce du Seigneur : « À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : “Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler” » (Lc 10, 21-22).

Grâce à Jésus, nous connaissons Dieu comme nous sommes connus de Lui (cf. Ga 4, 9 ; 1Co 13, 13). En effet, en Christ, Dieu s’est communiqué à nous et, en même temps, il nous a révélé notre véritable identité de fils, créés à l’image du Verbe. Ce « Verbe éternel illumine tous les hommes » (DV, 4) en leur dévoilant leur vérité dans le regard du Père : « Ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Mt 6, 4.6.8), dit Jésus ; et il ajoute que « le Père connaît nos besoins » (cf. Mt 6, 32). Jésus-Christ est le lieu où nous reconnaissons la vérité de Dieu le Père tandis que nous nous découvrons connus de Lui comme des enfants dans le Fils, appelés au même destin de vie pleine. Saint Paul écrit : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, […] afin que nous recevions l’adoption filiale. Et ce qui prouve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : “Abba ! Père !” » (Ga 4, 4-6).

Enfin, Jésus-Christ est révélateur du Père par sa propre humanité. C’est précisément parce qu’il est le Verbe incarné qui habite parmi les hommes que Jésus nous révèle Dieu par sa propre véritable et intégrale humanité: « C’est pourquoi, dit le Concile, le voir, c’est voir le Père (cf. Jn 14, 9) – qui, par toute sa présence et par la manifestation qu’il fait de lui-même par ses paroles et ses œuvres, par ses signes et ses miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection glorieuse d’entre les morts, par l’envoi enfin de l’Esprit de vérité, achève en l’accomplissant la révélation » (DV, 4). Pour connaître Dieu dans le Christ, nous devons accueillir son humanité intégrale : la vérité de Dieu ne se révèle pas pleinement là où l’on enlève quelque chose à l’humain, tout comme l’intégrité de l’humanité de Jésus ne diminue pas la plénitude du don divin. C’est l’humanité intégrale de Jésus qui nous révèle la vérité du Père (cf. Jn 1, 18).

Ce ne sont pas seulement la mort et la résurrection de Jésus qui nous sauvent et nous rassemblent, mais sa personne même : le Seigneur qui s’incarne, naît, soigne, enseigne, souffre, meurt, ressuscite et reste parmi nous. Par conséquent, pour honorer la grandeur de l’Incarnation, il ne suffit pas de considérer Jésus comme le canal de transmission de vérités intellectuelles. Si Jésus a un corps réel, la communication de la vérité de Dieu se réalise dans ce corps, avec sa manière propre de percevoir et de ressentir la réalité, avec sa manière d’habiter le monde et de le traverser. Jésus lui-même nous invite à partager son regard sur la réalité : « Regardez les oiseaux du ciel, dit-il, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas plus qu’eux ? » (Mt 6, 26).

Frères et sœurs, en suivant jusqu’au bout le chemin de Jésus, nous arrivons à la certitude que rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu : « Si Dieu est pour nous, écrit encore saint Paul, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, […] comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? » (Rm 8, 31-32). Grâce à Jésus, le chrétien connaît Dieu le Père et s’abandonne à lui avec confiance.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 14 janvier 2026

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son nouveau cycle de catéchèse sur les documents du Concile Vatican II. Il a médité sur la Dei Verbum, la constitution du Concile sur la révélation divine, en déclarant qu’« avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à son but ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses fils et ses filles, et nous appelle à devenir comme Lui ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Nous avons ouvert le cycle de catéchèse sur le Concile Vatican II. Aujourd’hui, nous commençons à approfondir la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine. Il s’agit de l’un des documents les plus beaux et les plus importants du concile et, pour nous y introduire, il peut être utile de rappeler les paroles de Jésus : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). C’est un point fondamental de la foi chrétienne, que Dei Verbum nous rappelle : Jésus-Christ transforme radicalement la relation de l’homme avec Dieu, qui sera désormais une relation d’amitié. C’est pourquoi l’unique condition de la nouvelle alliance est l’amour.

Saint Augustin, dans son commentaire sur ce passage du quatrième Évangile, insiste sur la perspective de la grâce, seule capable de nous rendre amis de Dieu dans son Fils (Commentaire sur l’Évangile de Jean, Homélie 86). En effet, une ancienne devise disait “Amicitia aut pares invenit, aut facit”, “l’amitié naît entre égaux, ou rend tels”. Nous, nous ne sommes pas égaux à Dieu, mais Dieu lui-même nous rend semblables à Lui dans son Fils.

C’est pourquoi, comme nous pouvons le voir dans toute l’Écriture, il y a dans l’Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l’homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité. Notre ressemblance avec Dieu ne s’obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Ève (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme.

Les paroles du Seigneur Jésus que nous avons rappelées – “je vous ai appelés amis” – sont reprises dans la Constitution Dei Verbum, qui affirme : « Par cette révélation, en effet, Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1Tm 1, 17), dans son grand amour, parle aux hommes comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15) et il s’entretient avec eux (cf. Bar 3, 38), pour les inviter et les admettre à la communion avec lui » (n° 2). Le Dieu de la Genèse conversait déjà avec les premiers parents, dialoguant avec eux (cf. Dei Verbum, 3) ; et lorsque ce dialogue est interrompu par le péché, le Créateur ne cesse de rechercher la rencontre avec ses créatures et d’établir à chaque fois une alliance avec elles. Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l’Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour. La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l’amitié et, comme dans l’expérience de l’amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l’échange de paroles vraies.

La Constitution Dei Verbum nous le rappelle également : Dieu nous parle. Il est important de saisir la différence entre la parole et le bavardage : ce dernier s’arrête à la surface et ne réalise pas de communion entre les personnes, tandis que dans les relations authentiques, la parole ne sert pas seulement à échanger des informations et des nouvelles, mais à révéler qui nous sommes. La parole possède une dimension révélatrice qui crée une relation avec l’autre. Ainsi, en nous parlant, Dieu se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à l’amitié avec Lui.

Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l’écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs ; en même temps, nous sommes appelés à parler avec Dieu, non pas pour lui communiquer ce qu’il sait déjà, mais pour nous révéler à nous-mêmes.

D’où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d’abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n’est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c’est Lui-même qui nous parle à travers l’Église ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l’intimité du cœur et de l’esprit. Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n’est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui.

Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d’un geste spectaculaire de rupture, ou d’une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu’à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 17 décembre 2025

Philippe de Champaigne, « Saint Augustin ». Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont la résurrection du Christ offre une espérance à nos cœurs agités, en déclarant : « Lorsque nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit que oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

La vie humaine est caractérisée par un mouvement constant qui nous pousse à faire, à agir. Aujourd’hui, la rapidité est requise partout pour l’obtention de résultats optimaux dans les domaines les plus divers. De quelle manière la résurrection de Jésus éclaire-t-elle cet aspect de notre expérience ? Quand nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit : oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie. Alors, devons-nous simplement attendre, ou cela peut-il nous transformer dès maintenant ?

Nous sommes absorbés par tant d’activités qui ne nous apportent pas toujours satisfaction. Nombre de nos actions concernent des choses pratiques et concrètes. Nous devons assumer de nombreux engagements, résoudre des problèmes, affronter des difficultés. Jésus, lui aussi, s’est impliqué auprès des autres et dans la vie, sans s’épargner, se donnant jusqu’au bout. Pourtant, nous percevons souvent que trop en faire, loin de nous épanouir, devient un tourbillon étourdissant qui nous prive de sérénité et nous empêche de vivre pleinement ce qui compte vraiment dans nos vies. Nous nous sentons alors fatigués, insatisfaits : le temps semble se disperser en mille choses pratiques qui, pourtant, ne percent pas le sens ultime de notre existence. Parfois, au terme de journées chargées, nous ressentons un vide. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des machines, nous avons un cœur – ou plutôt, pouvons-nous dire, nous sommes un cœur.

Le cœur est le symbole de notre humanité tout entière , une synthèse de pensées, de sentiments et de désirs, le centre invisible de notre personne. L’évangéliste Matthieu nous invite à méditer sur l’importance du cœur, en citant cette belle phrase de Jésus : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ( Mt 6,21).

C’est donc dans le cœur que l’on conserve le véritable trésor, non dans les coffres-forts de la terre, ni dans de grands investissements financiers qui n’ont jamais été autant affolés qu’aujourd’hui, et sont injustement concentrés, idolâtrés au prix sanglant de millions de vies humaines et de la dévastation de la création de Dieu.

Il est important de réfléchir à ces aspects, car dans les nombreux engagements auxquels nous sommes constamment confrontés, le risque de dispersion, parfois de désespoir, de perte de sens, affleure de plus en plus, même chez des personnes ayant apparemment réussi. Au contraire, lire la vie à la lumière de Pâques, la regarder avec le Christ ressuscité, c’est accéder à l’essence de la personne humaine, à notre cœur : cœur « Inquietum ». Par cet adjectif, « inquiet », saint Augustin nous aide à comprendre l’élan de l’être humain vers son plein accomplissement. La phrase intégrale renvoie au début des Confessions, où Augustin écrit : « Seigneur, tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » (I, 1, 1).

L’inquiétude est le signe que notre cœur ne se meut pas au hasard, sans but ni raison, mais qu’il est orienté vers sa destination ultime, du « retour à la maison ». Et le véritable amarrage du cœur ne consiste pas à posséder des biens matériels, mais à atteindre ce qui peut le combler pleinement ; c’est-à-dire l’amour de Dieu, ou mieux encore, Dieu Amour. Ce trésor, cependant, ne se trouve qu’en aimant le prochain que nous rencontrons sur notre chemin : nos frères et sœurs en chair et en os, dont la présence interpelle et questionne notre cœur, l’invitant à s’ouvrir et à se donner. Notre prochain nous demande de ralentir, de le regarder dans les yeux, parfois de revoir nos plans, voire de changer de direction.

Très chers, voici le secret du mouvement du cœur humain : retourner à la source de son être, goûter à la joie intarissable, qui ne manque jamais. Nul ne peut vivre sans un sens qui aille outre le contingent, outre ce qui passe. Le cœur humain ne peut vivre sans espérer, sans savoir d’être fait pour la plénitude, non pour le manque.

Jésus-Christ, par son Incarnation, sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, a posé un fondement solide à cette espérance. Le cœur inquiet ne sera pas déçu s’il s’engage dans la dynamique d’amour pour laquelle il a été créé. L’amarrage est certain, la vie a triomphé et en Christ, elle continuera de triompher dans toutes les morts du quotidien. Telle est l’espérance chrétienne : bénissons et remercions sans cesse le Seigneur qui nous l’a donnée !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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