Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 3 juin 2026

Des prêtres concélébrant la messe à la chapelle du séminaire d’Asidonia-Jerez, dans le sud de l’Espagne. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série consacrée à la constitution de Vatican II sur la liturgie sacrée, *Sacrosanctum Concilium*. Il a déclaré : « Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un simple revêtement extérieur du mystère sacramentel, ni un ensemble de cérémonies arbitraires, mais la médiation ecclésiale par laquelle le don divin nous parvient. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

en poursuivant notre catéchèse sur la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC), nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée, tels que le rite, le signe et le symbole.

Le Concile Vatican II, s’inspirant du précieux travail du Mouvement liturgique, nous a aidés à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin. C’est précisément pour cette raison que le Concile invite à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières (cf. SC, 48).

Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs étrangers ou muets (cf. ibid.) face à la liturgie, mais si nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur. À travers le rite sacré, nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi.

Le rite nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel. Nous découvrons ainsi une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, et une autre expérience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons l’expérience d’une logique de gratuité, nous trouvons une pause qui régénère le cœur, nous reconnaissons que nous sommes précédés de la grâce divine, nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint.

La grammaire du rite est tissée des signes et des symboles propres à la liturgie. En elle, comme l’affirme le Concile, « la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » (SC, 7). Le Catéchisme de l’Église Catholique approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que « leur signification s’enracine dans l’œuvre de la création et dans la culture humaine, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèle pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ » (n° 1145). Emblématique est le signe de l’eau : depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.

“Signe” et “symbole” sont des termes souvent utilisés comme synonymes. En réalité, un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes aspergés avec l’eau bénite, cela ravive en nous la conscience du don reçu lors du baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ. Deuxièmement, les symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement. Surtout, les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales.

Dans la Lettre apostolique Desiderio desideravi, le pape François, faisant sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait « la première tâche du travail de formation liturgique : l’homme doit retrouver sa capacité symbolique » (n° 44). Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie. L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps (cf. 1Th 5, 23).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 27 mai 2026

L’église de l’Oratoire de l’Immaculée Conception à Birmingham, au Royaume-Uni, siège de l’Oratoire de saint Philippe Néri. Cet oratoire a été fondé par saint John Henry Newman, qui a également développé une riche théologie du « développement de la doctrine », qu’il concevait comme la croissance organique de la tradition. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV invite croyants et non-croyants à réfléchir au sens profond de la liturgie dans la vie humaine et spirituelle. À travers un langage accessible et des exemples concrets, il rappelle que les rites, les symboles et les gestes religieux ne sont pas de simples traditions du passé, mais des moyens de nourrir l’espérance, la fraternité et la paix intérieure dans un monde souvent marqué par l’agitation et l’incertitude. Cette catéchèse s’inscrit dans une série de réflexions consacrées aux grands textes du Concile Vatican II, qui continuent d’inspirer le dialogue entre l’Église et la société contemporaine.

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Dans l’encyclique Mediator Dei, le vénérable Pie XII écrit que « l’Église est un organisme vivant et, en tant que tel, y compris en matière de liturgie sacrée, tout en préservant l’intégrité de son enseignement, elle grandit et se développe, s’adaptant et se conformant aux circonstances et aux exigences qui se présentent au fil du temps» (I, V).

En pleine continuité avec ce principe, le Concile Vatican II, dans le préambule de la Constitution Sacrosanctum Concilium (SC), reconnaît qu’il est de son devoir «à un titre particulier de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie» (n° 1). L’assemblée conciliaire avait en effet été réunie dans le but «de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes au sein de l’Église» (ibid.).

À ce moment historique, on ressentait fortement la nécessité d’un renouveau des formes rituelles, par lesquelles, depuis des siècles, l’Église avait réalisé la glorification de Dieu et la sanctification du peuple chrétien. Grâce au Mouvement liturgique, s’était mûrie la conviction, exprimée par la suite par saint Jean-Paul II, qu’« il existe en effet un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Eglise. L’Église agit dans la liturgie, mais elle s’y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales » (Lettre Dominicae Cenae, 13).

Afin de favoriser l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la liturgie sacrée, la Constitution Sacrosanctum Concilium indique donc, par une formule très efficace, la voie à suivre : « maintenir la saine tradition et s’ouvrir à un progrès légitime » (SC, 23).

Le pape Benoît XVI a perçu dans cette déclaration d’intentions le « programme de réforme » des Pères conciliaires, « en équilibre avec la grande tradition liturgique du passé et de l’avenir », notant que « bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progrès », alors qu’« en réalité, les deux concepts s’intègrent : la tradition inclut en quelque sorte le progrès. En d’autres termes, le fleuve de la tradition porte en lui également sa source et tend vers l’embouchure » (Discours aux participants au Colloque à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, 6 mai 2011).

Le Concile affirme la légitimité de ce progrès enraciné dans l’authentique Tradition, en distinguant, au sein de la liturgie, « une partie immuable, car d’institution divine », des « parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées » (SC, 21). Des changements de ce genre se sont produits constamment au fil des siècles afin de permettre aux fidèles une participation fructueuse, par le biais des actions rituelles, au mystère pascal du Christ, fondement de la foi chrétienne. Le culte de l’Église s’est donc “incarné” dans les formes culturelles de chaque époque et a été capable d’influencer celles-ci, voire de les transformer. La liturgie a ainsi été, pendant des siècles, un moteur d’évangélisation. Aujourd’hui, il faut renouveler cette énergie dans la continuité de la tradition catholique authentique et vivante, c’est-à-dire selon une dynamique visant à introduire les croyants à la plénitude de la vérité.

On comprend alors pourquoi les Pères conciliaires ont recommandé que la révision des rites, lorsqu’elle répond à « une utilité réelle et avérée pour l’Église », soit toujours effectuée « après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique. » (SC, 23). Pour le bien de toute l’Église, toute réforme doit « toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique et pastorale » (ibid.). Le Magistère conciliaire invite ainsi à éviter de désorienter les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit, en matière liturgique, de sa propre initiative (cf. SC, 22). Le progrès évoqué par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale : il vise plutôt à la confirmer et à la favoriser.

J’exhorte donc tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, en particulier les prêtres qui exercent le ministère de la présidence liturgique, à toujours garder ce respect des textes et des dispositions de la liturgie qui naît d’une attitude intérieure de disponibilité et de confiance en Dieu, en manifestant de l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 20 mai 2026

Icône de la Cène au monastère des Saints Serge et Bacchus à Maaloula, en Syrie. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a entamé une nouvelle série consacrée à la constitution de Vatican II sur la liturgie sacrée, *Sacrosanctum Concilium*. Il a évoqué le « renouveau – biblique, patristique et liturgique – que l’Église a connu au cours du XXe siècle ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Nous commençons aujourd’hui, une série de catéchèses sur le premier Document promulgué par le Concile Vatican II : La constitution sur la sainte liturgie, Sacrosantum Concilium (SC).

En élaborant cette Constitution, les Pères conciliaires ont voulu non seulement entreprendre une réforme des rites, mais aussi amener l’Église à contempler et à approfondir ce lien vivant qui la constitue et l’unit : le mystère du Christ. La liturgie, en effet, touche au cœur même de ce mystère : elle est à la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’Église reçoit du Christ sa propre vie. En effet, dans la liturgie, « s’exerce l’œuvre de notre rédemption » (SC, 2), qui fait de nous une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis (cf. 1 P 2, 9).

Comme l’a montré le triple renouveau – biblique, patristique et liturgique – qui a traversé l’Église au cours du XXe siècle, le Mystère en question ne désigne pas une réalité obscure, mais le dessein salvifique de Dieu, caché depuis l’éternité et révélé en Christ, selon l’affirmation de saint Paul (cf. Ep 3, 3-6). Voici donc le Mystère chrétien : l’événement pascal, c’est-à-dire la passion, la mort, la résurrection et la glorification du Christ, qui nous est rendu sacramentellement présent précisément dans la liturgie, de sorte que chaque fois que nous participons à l’assemblée réunie « en son nom » (Mt 18, 20), nous sommes plongés dans ce Mystère.

Le Christ lui-même est le principe intérieur du mystère de l’Église, peuple saint de Dieu, né de son côté transpercé sur la croix. Dans la sainte liturgie, par la puissance de son Esprit, il continue d’agir. Il sanctifie et associe l’Église, son épouse, à son offrande au Père. Il exerce son sacerdoce absolument unique, lui qui est présent dans la Parole proclamée, dans les Sacrements, dans les ministres qui célèbrent, dans la communauté rassemblée et, au plus haut degré, dans l’Eucharistie (cf. SC, 7). C’est ainsi que, selon saint Augustin (cf. Serm., 277), en célébrant l’Eucharistie, l’Église « reçoit le Corps du Seigneur et devient ce qu’elle reçoit » : elle devient le Corps du Christ, « demeure de Dieu par l’Esprit » (Ep 2, 22). Telle est « l’œuvre de notre rédemption », qui nous configure au Christ et nous édifie dans la communion.

Dans la sainte liturgie, cette communion se réalise « par les rites et les prières » (SC, 48). La ritualité de l’Église exprime sa foi – selon le célèbre adage lex orandi, lex credendi –, et façonne en même temps l’identité ecclésiale : la Parole proclamée, la célébration du sacrement, les gestes, les silences, l’espace, tout cela représente et donne forme au peuple convoqué par le Père, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit. Chaque célébration devient ainsi une véritable épiphanie de l’Église en prière, comme l’a rappelé saint Jean-Paul II (Lettre apostolique Vicesimus quintus annus, 9).

Si la liturgie est au service du mystère du Christ, on comprend pourquoi elle a été définie comme « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et, en même temps, la source d’où jaillit toute son énergie » (SC, 10). Il est vrai que l’action de l’Église ne se limite pas à la seule liturgie, mais toutes ses activités (la prédication, le service des pauvres, l’accompagnement des réalités humaines) convergent vers ce « sommet ». À l’inverse, la liturgie soutient les fidèles en les plongeant sans cesse dans la Pâque du Seigneur et, par conséquent, à travers la proclamation de la Parole, la célébration des sacrements et la prière commune, ils sont fortifiés, encouragés et renouvelés dans leur engagement de foi et dans leur mission. En d’autres termes, la participation des fidèles à l’action liturgique est à la fois « intérieure » et « extérieure ».

Cela signifie également qu’elle est appelée à se déployer concrètement tout au long de la vie quotidienne, dans une dynamique éthique et spirituelle, de sorte que la liturgie célébrée se traduise en vie et exige une existence fidèle, capable de concrétiser ce qui a été vécu dans la célébration : c’est ainsi que notre vie devient « un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu », réalisant notre « culte spirituel » (Rm 12, 1).

Ainsi, «la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur » (SC, 2), et forme une communauté ouverte et accueillante envers tous. Elle est en effet habitée par l’Esprit Saint, elle nous introduit dans la vie du Christ, elle fait de nous son Corps et, dans toutes ses dimensions, elle représente un signe de l’unité de toute l’humanité en Christ. Comme le disait le pape François, « le monde ne le sait pas encore, mais tous sont invités au repas des noces de l’Agneau (Ap 19, 9) » (Lettre apostolique Desiderio desideravi, 5).

Très chers, laissons-nous façonner intérieurement par les rites, les symboles, les gestes et surtout par la présence vivante du Christ dans la liturgie, que nous aurons encore l’occasion d’approfondir lors des prochaines catéchèses.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Ouvrir les portes et les fenêtres de l’Église : 60 ans depuis le début du Concile Vatican II

Le concile Vatican II à l'oeuvre (Wikimedia Commons).

Le concile Vatican II à l’oeuvre (Wikimedia Commons).

Le 11 octobre 2022 marque les 60 ans du début du concile Vatican II. Qu’est-ce que Vatican II et pourquoi est-il important aujourd’hui ? Vatican II a été le plus grand événement ecclésiastique du 20e siècle, réunissant tous les évêques de l’Église catholique – 2 625 ! – avec le pape et de nombreux invités spéciaux et observateurs, de 1962 à 1965. Toutes ces décennies plus tard, il y a encore tant de choses qui n’ont pas été mises en pratique. Dès le départ, saint Jean XXIII a convoqué le Concile pour ouvrir les portes et les fenêtres de l’Église, afin d’inaugurer un nouveau printemps pour renouveler l’Église et pour présenter la foi d’une manière qui résonne avec les hommes et les femmes de notre temps. Bien sûr, Vatican II a changé la langue de la messe, passant du latin aux langues que nous parlons aujourd’hui, mais il y a bien plus encore.

Vatican II a été un moment décisif de l’Esprit Saint qui a conduit à 16 documents révolutionnaires, dont les plus importants sont les 4 constitutions : Sacrosanctum Concilium sur la liturgie ; Dei Verbum sur la révélation divine ; Lumen Gentium sur l’Église ; et Gaudium et Spes sur la relation entre l’Église et le monde moderne. Le pape François nous invite à redécouvrir et à décortiquer ces quatre constitutions majeures à l’occasion des 60 ans du Concile. À travers ces documents, Vatican II a appelé tous les catholiques à voir l’Église sous un jour nouveau, comme le peuple de Dieu en pèlerinage à travers l’histoire (LG 9-17), en solidarité avec tous et chacun, et surtout avec ceux et celles qui souffrent (GS 1).

Le Concile nous appelle, en tant que chrétiens, à discerner les signes des temps (GS 4-10) – en d’autres termes, à être en contact avec ce que les gens vivent ici et maintenant – afin d’être du levain pour la venue du royaume de Dieu dans chaque chapitre de l’histoire (GS 40). Le Concile a enseigné que cela ne s’applique pas seulement aux prêtres et aux moniales, mais à nous tous (cf. Apostolicam Actuositatem) puisque l’appel à la sainteté est universel (LG 39-42), et non pas réservé à une petite élite. Chacun de nous est appelé à faire de sa vie quotidienne un moyen de transformer la société à la lumière du Christ, car c’est seulement en Jésus que nous voyons clairement le monde et la personne humaine (GS22). Vatican II nous a appelés à poursuivre notre mission de chrétiens non pas en opposition à nos frères et sœurs des autres religions et cultures (cf. Nostra Aetate) mais ensemble, comme une seule famille humaine qui avance dans l’amour de Dieu, le Père de tous. Saint Paul VI a dit que l’esprit du Concile est celui du bon Samaritain, avec un cœur ouvert et des bras tendus pour partager l’amour de Dieu par la façon dont nous nous aimons les uns les autres. À la fin du Concile, Paul VI a résumé le message du Concile ainsi : c’est « une invitation pressante et amicale à l’humanité d’aujourd’hui à redécouvrir Dieu dans l’amour fraternel […] telle est notre espérance pour l’humanité entière que nous avons appris ici à aimer davantage et à mieux servir » (Conclusion du Concile Vatican II, 7 décembre 1965).

Notre monde a besoin du type d’Église que Vatican II a imaginé il y a soixante ans. Que pouvons-nous faire, vous et moi, pour être cette Église-là aujourd’hui ?

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