Quelles relations plaisent à Dieu ? Appelés autour d’une même table | Comme je vous ai aimés

Prenez et mangez, ceci est mon Corps, La Cène par Cathopic.

Quelles relations plaisent à Dieu ? Appelés autour d’une même table

Une réflexion sur le chapitre 4 de Dilexi te

 

Dans la réflexion de la semaine dernière sur le chapitre 3 de Dilexi te, nous avons examiné le type d’Église que Dieu nous appelle à être. Inspirés par le témoignage des saints, nous avons vu comment l’Église est appelée à se tenir aux côtés des pauvres et des marginalisés, comme Dieu lui-même. Le chapitre 4 commence par un survol de la doctrine sociale de l’Eglise concernant la solidarité avec les pauvres. L’idée principale du chapitre est que les ceux et celles qui vivent dans la pauvreté et la souffrance ne sont pas simplement des bénéficiaires de la charité ou des personnes pour lesquelles nous devrions éprouver de la pitié. Ils sont des membres de la société à part entière, dont les voix, les récits de vie et les qualités appellent notre respect, notre solidarité et notre engagement. 

 

Les structures du péché

La doctrine sociale catholique a depuis longtemps compris que le péché n’est pas seulement une réalité au niveau personnel. Il s’applique également aux structures sociales injustes auxquelles, malheureusement, nous contribuons au quotidien. Ces structures sociales maintiennent certaines populations, tant au niveau national qu’international, dans des cycles de pauvreté, d’exclusion et de marginalisation. En ce sens, l’Évangile nous appelle à la conversion, non seulement en tant qu’individus, mais aussi aux niveaux social, politique et économique. 

En tant qu’êtres humains, nous sommes tous nés avec une dignité égale donnée par Dieu. Malheureusement, nous ne sommes pas tous nés égaux en termes de notre situation sociale. Faisant écho aux paroles du pape François, le pape Léon a identifié l’inégalité comme « la racine des maux de la société », affirmant qu’« on s’aperçoit bien des fois que, de fait, les droits humains ne sont pas les mêmes pour tout le monde » (n° 94). À l’échelle mondiale, on pourrait penser aux structures politiques et économiques qui soutiennent des gouvernements qui fomentent le génocide et les guerres injustes qui affligent les populations civiles. Dans le contexte canadien, on pourrait penser aux inégalités et aux injustices infligées aux peuples autochtones.

Le pape Léon souligne que les structures du péché sont souvent ancrées « dans une mentalité dominante qui considère normal ou rationnel ce qui n’est rien d’autre que de l’égoïsme et de l’indifférence » (n° 93). Il est si facile de tomber dans des mentalités qui nous rendent indifférents et insensibles à la souffrance des autres. Comme le souligne le pape Léon :

« Il devient normal d’ignorer les pauvres et de vivre comme s’ils n’existaient pas. Le choix semble raisonnable d’organiser l’économie en demandant des sacrifices au peuple pour atteindre certains objectifs qui concernent les puissants. Pendant ce temps, seules les ‘miettes’ qui tomberont sont promises aux pauvres » (n° 93).

Dans ce contexte, « nous devons nous engager davantage à résoudre les causes structurelles de la pauvreté » (n° 94). Cette disparité entre les différentes parties de l’humanité ne peut être tolérée comme une simple réalité de la vie. L’injustice et l’inégalité de nos systèmes sociaux et économiques ne semblent normales que pour ceux et celles qui en bénéficient. Elles sont à juste titre intolérables pour les personnes qui subissent leurs conséquences dévastatrices. La difficulté réside dans le fait que ces deux groupes sont souvent isolés l’un de l’autre. Ils vivent dans des mondes séparés, ils ne se connaissent pas et ils ne se côtoient pas. 

La première étape vers une véritable solidarité consiste à apprendre à se reconnaître en tant qu’êtres humains, à connaître le nom et l’histoire des personnes qui vivent dans la pauvreté, et à commencer à travailler ensemble sur un pied d’égalité, en tant que partenaires, pour un avenir plus juste et plus humain pour tous et toutes. Cela peut sembler utopique, mais c’est en fait le chemin vers le royaume de Dieu que nous sommes appelés à parcourir ici et maintenant, sans attendre que les choses s’arrangent ou s’améliorent d’elles-mêmes. À travers l’histoire, Dieu nous invite à être ses collaborateurs sur le chemin de la justice et de la paix, pas à pas.

 

Autour d’une même table

Le pape Léon fait siennes les paroles du Document d’Aparecida de l’épiscopat d’Amérique latine :

« Les différences criantes entre riches et pauvres nous invitent à nous engager davantage pour être des disciples capables de partager la table de la vie, la table de tous les fils et filles du Père, une table ouverte et inclusive, dont personne n’est exclu » (n° 99).

Chaque année, pendant le temps de l’Avent, nous entendons des paroles du prophète Isaïe, qui nous appelle à préparer le chemin du Seigneur : « Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! » (Isaïe 40, 3-5) De même, Marie, dans son Magnificat, loue le Seigneur car « il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles » (Luc 1, 52). Sans vouloir paraître trop révolutionnaire, se réunir autour d’une même table en tant qu’égaux nécessite un rééquilibrage des inégalités flagrantes qui marquent nos sociétés, comme nous le rappelle la parole de Dieu.

Dieu ne veut pas qu’une poignée de privilégiés soient extrêmement riches tandis que d’autres souffrent de la faim. Dieu ne souhaite pas non plus que le pouvoir soit concentré entre les mains d’une élite toute-puissante. Au contraire, Dieu révèle son style de leadership lors de la dernière Cène. Jésus s’assoit à table avec ses apôtres. Il se fait l’un d’entre eux, et ils ne font qu’un avec lui. Jésus n’amasse pas de richesses et ne s’assoit pas sur un trône somptueux, obligeant les autres à le servir. C’est plutôt lui, notre Seigneur et notre Maître, qui se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge qu’il se noue à la ceinture. Jésus s’abaisse pour laver les pieds de ses disciples, assumant ainsi la tâche d’un esclave.

 

 

Dieu, qui est au-dessus des cieux, se met à notre niveau. Il n’a pas honte de notre vulnérabilité, de nos faiblesses ou de nos défauts. Il ne garde pas une distance de sécurité, mais il s’associe à nous. Il se fait proche, au point de devenir notre prochain. Il se met à table avec nous et nous appelle à nous accueillir les uns les autres comme des égaux, comme ses enfants, comme des frères et sœurs.

Quand on commence à voir la réalité selon la logique de l’Évangile, quel est l’impact sur notre manière d’aborder nos frères et sœurs défavorisés, exclus et marginalisés ? Comment la perspective de Dieu change-t-elle notre manière de comprendre les relations entre les nations puissantes et les populations moins puissantes à travers le monde ? Quel type de relations Dieu nous appelle-t-il à entretenir les uns avec les autres en tant qu’êtres humains, non pas sur la base du succès, du prestige et de la richesse, mais plutôt sur celle de la solidarité, de la compassion et de la fraternité ? Quel est le premier pas que vous pouvez prendre à cet égard cette semaine ?

Dieu notre Père, tu rêves de rassembler tous tes enfants autour de la même table dans ton Royaume. Guide nos pas sur le chemin de la justice et de la paix, et ouvre nos cœurs à l’amour fraternel dans la grande famille humaine. Amen.

 

 

Quelle Église sommes-nous appelés à être ? « Va et fais de même » | Comme je vous ai aimés

La parabole du bon Samaritain. Crédit photo Istock.

Quelle Église sommes-nous appelés à être ? « Va et fais de même »

Une réflexion sur le chapitre 3 de Dilexi te

 

La réflexion de la semaine dernière portait sur la manière dont Dieu choisit d’être aux côtés de ceux et celles qui connaissent la pauvreté, l’exclusion, la marginalisation et la souffrance. Voir Dieu sous cet angle peut changer notre compréhension de qui il est et de la manière dont il nous voit. Dieu n’est pas un juge sévère, mais un rédempteur compatissant qui reste particulièrement proche de ses enfants qui sont le plus dans le besoin. Si Dieu est ainsi, qu’est-ce que cela signifie pour l’Église ? Le chapitre 3 de l’exhortation apostolique Dilexi te du pape Léon XIV apporte un éclairage précisément sur cette question. 

 

Une Église pour les pauvres

Si Dieu est pour les pauvres, alors l’Église doit elle aussi être pour les pauvres. C’est dans ce sens que nous pouvons interpréter la célèbre déclaration du pape François : « Comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! » C’est par ces mots, quelques jours après son élection comme pape en 2013, que François a expliqué comment il avait choisi son nom. A la fin du conclave, un cardinal d’Amérique latine assis près de François lui a chuchoté : « N’oublie pas les pauvres ! » Pour garder les pauvres au cœur de son ministère, le pape a choisi de s’appeler en l’honneur de saint François d’Assise. 

Saint François d’Assise venait d’une famille assez aisée. Son père était un riche marchand de soie et sa mère était issue de la noblesse provençale. Il a mené une vie fastueuse tout au long de sa jeunesse, s’habillant somptueusement et dépensant sans compter. L’histoire raconte qu’un jour, il vendait les tissus raffinés de son père sur le marché. Alors que François servait des clients, un mendiant s’approcha de lui pour lui demander de l’argent. François lui dit d’attendre son tour. Lorsque l’homme s’éloigna, François courut après lui et lui donna tout l’argent qu’il avait dans sa bourse. Un événement similaire se produisit plusieurs années plus tard, lorsque François passa à cheval près d’un lépreux au bord de la route. Au début, François eut peur de cet homme, mais il finit par descendre de cheval et s’approcha de lui, lui baisa la main et lui donna son manteau. Alors que François poursuivait son chemin, il se retourna, mais l’homme avait disparu. François comprit à cet instant qu’il n’avait pas simplement rencontré un lépreux, mais le Christ lui-même en chair et en os.

Ce fut un tournant dans la vie de François d’Assise. Il renonça à son statut social et embrassa la pauvreté afin de suivre le Christ de plus près et de se consacrer entièrement au service des autres. François voyait dans les pauvres et les souffrants le visage et la chair de Jésus. Comme le fait remarquer le pape Léon à propos de François d’Assise, « sa pauvreté était relationnelle : elle le conduisait à se faire proche, égal, voire inférieur. Sa sainteté germait de la conviction que l’on ne peut vraiment recevoir le Christ qu’en se donnant généreusement aux frères » (n° 64).

Le modèle de vie de François d’Assise est une source d’inspiration pour toute l’Église. Si l’Église est appelée à être centrée sur le Christ, elle ne peut pas maintenir les pauvres et les souffrants en marge. Ils doivent être au centre de l’attention de l’Église, comme ils le sont pour le Christ.

 

Les saints des pauvres

La vie des saints peut nous inspirer à être une Église qui garde dans son esprit et dans son cœur les personnes qui vivent dans la pauvreté et la souffrance. Nous pouvons penser aux nombreuses communautés religieuses de femmes et d’hommes qui, à travers les âges, ont consacré toute leur existence à soigner les malades, à visiter les détenus, à accueillir les étrangers et à éduquer les enfants défavorisés, mettant en pratique le message de Jésus dans Matthieu 25.

 

Saint Laurent, diacre et martyr

Dès les premières communautés chrétiennes, les pauvres occupaient une place privilégiée dans l’Église. Au cours des premiers siècles du christianisme, alors que les chrétiens étaient martyrisés par l’Empire romain, saint Laurent était diacre dans la ville de Rome. Laurent, diacre au service du pape Sixte II, reçut l’ordre de remettre les trésors de l’Église aux autorités romaines. Le jour venu, Laurent emmena avec lui les pauvres.

Lorsque les autorités protestèrent, Laurent répondit simplement : « Ce sont eux les trésors de l’Église » (n° 38). Plus tard, Laurent subit le martyre, mais la puissance de son témoignage résonne encore aujourd’hui.

 

Saint Jean Chrysostome, prédicateur de l’amour pour les pauvres

Le témoignage de Laurent rappelle les paroles de saint Jean Chrysostome, l’un des pères les plus renommés de l’Église. Jean Chrysostome appelait les fidèles à reconnaître le Christ dans ceux et celles qui sont dans le besoin. Il prêchait :

« Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu et, pendant qu’ici tu l’honores par des étoffes de soie, ne le méprise pas à l’extérieur en le laissant souffrir le froid et la nudité […]. En effet, [le corps de Jésus-Christ qui est sur l’autel] n’a pas besoin de vêtements, mais d’une âme pure, au lieu que cet autre a besoin de beaucoup de soin. […] Honore-le donc aussi de la manière qu’Il a établie, c’est-à-dire en donnant ses richesses à des pauvres. Dieu n’a pas besoin d’objets en or, mais d’âmes en or » (n° 41).

Les trésors de l’Église ne sont pas les calices en or ou les objets exposés dans les musées du Vatican, mais ceux et celles qui sont les plus précieux aux yeux de Jésus, avec lesquels il s’identifie personnellement. Ils doivent être au cœur même de la vie et de la mission de l’Église. Nous ne pouvons pas vraiment rencontrer le Christ sur l’autel si nous ne sommes pas prêts à le rencontrer dans le sans-abri qui dort dans le froid sur le seuil de l’église.

 

 

Mère Teresa, icône universelle de la charité

Plus récemment, le monde a connu l’exemple prophétique de Mère Teresa. Un jour, un journaliste lui a demandé ce qui la motivait à se dévouer quotidiennement aux personnes mourantes et abandonnées. Sans ciller, elle a tout de suite répondu, reprenant les paroles de Jésus : « C’est à moi que vous l’avez fait ». Comme le dit le pape Léon, Mère Teresa « est devenue une icône universelle de la charité vécue jusqu’à l’extrême en faveur des plus exclus de la société » (n° 77).

Mère Teresa a vécu de manière radicale le message qu’elle prêchait : « Nous voulons annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés. Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre compassion. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité » (n° 77).

Selon le pape Léon, Mère Teresa « ne se considérait pas comme une philanthrope ou une militante, mais comme une épouse du Christ crucifié, qui servait avec un amour total les frères souffrants » (n° 77).

Inspirés par le témoignage des saints, nous pouvons nous demander : comment manifestons-nous l’amour de Dieu aux personnes qui sont dans le besoin ? Nos familles, nos paroisses et nos communautés sont-elles des lieux accueillants pour les pauvres, les malades et les personnes qui souffrent ? Quelle place est-ce qu’on leur accorde dans nos cœurs et dans nos priorités ? Sommes-nous prêts à consacrer du temps et des ressources pour venir à leur rencontre et à leur aide ? Sommes-nous prêts à reconnaître en eux le Christ qui vient à notre rencontre ? 

« La sainteté chrétienne fleurit souvent dans les lieux les plus oubliés et les plus blessés de l’humanité. Les plus pauvres parmi les pauvres – ceux qui manquent non seulement de biens, mais aussi de voix et de reconnaissance de leur dignité – occupent une place spéciale dans le cœur de Dieu. Ils sont les préférés de l’Évangile, les héritiers du Royaume (cf. Lc 6, 20). C’est en eux que le Christ continue de souffrir et de ressusciter. C’est en eux que l’Église retrouve sa vocation à montrer sa réalité la plus authentique » (n° 76).

Jésus, ouvre nos oreilles à l’appel radical de l’Évangile. Ouvre nos yeux pour que nous te voyions dans nos frères et sœurs qui sont dans le besoin. Ouvre nos mains pour offrir ce que nous avons, et transforme nos cœurs pour les rendre plus semblables au tien. Amen.

 

Quelle est notre image de Dieu ? « C’est à moi que vous l’avez fait » | Comme je vous ai aimés

Photo par sedmak sur iStock.

Quelle est notre image de Dieu ? « C’est à moi que vous l’avez fait »

Une réflexion sur le deuxième chapitre de Dilexi te

 

Dans la continuité de la réflexion de la semaine dernière sur le premier chapitre de Dilexi te, nous allons cette semaine nous pencher sur le chapitre 2. La semaine dernière, nous avons vu les multiples formes de pauvreté abordées par le pape Léon XIV dans ce premier document majeur de son pontificat. Dans la continuité du pape François, le pape Léon appelle toute l’Église à entendre le cri de ceux et celles qui vivent la pauvreté sous diverses formes. Le deuxième chapitre de Dilexi te met en évidence la manière dont Dieu choisit les pauvres et nous appelle à faire de même.

 

Un Dieu qui choisit les pauvres

Il existe dans la Bible de nombreux exemples illustrant comment Dieu choisit les pauvres. Dieu montre sa plus grande sollicitude envers les populations les plus vulnérables à l’époque des prophètes : les veuves et les orphelins. D’un point de vue chrétien, les personnes qui vivent dans la pauvreté, l’injustice et la marginalisation sont véritablement la prunelle des yeux de Dieu. Selon les mots du pape Léon : « Les pauvres ont une place de choix dans le cœur de Dieu […]. Tout le chemin de notre rédemption est marqué par les pauvres » (DT, n° 17).

Alors, que signifie le fait que Dieu choisisse les pauvres ? Le fait que Dieu « choisisse les pauvres » ne signifie pas qu’il décide qui sera pauvre ou non, ou qui souffrira ou non. Cela signifie plutôt que Dieu se met du côté de ceux et celles qui se trouvent dans des situations de pauvreté, de souffrance, d’injustice et d’exclusion. Il se fait tout proche d’eux, il entend leurs cris et il est particulièrement solidaire avec eux.

Cela peut entrer en conflit avec notre propre image de Dieu si nous l’imaginons comme un juge sévère plutôt que comme un sauveur miséricordieux. Comme le pape François l’a souvent rappelé, le style de Dieu est la proximité, la tendresse et la compassion. Les voies de Dieu peuvent sembler en contraste flagrant avec la mentalité de notre monde. Il semblerait normal de préférer être plus fort, plus riche ou plus prospère. C’est certainement le message que nous transmettent nos sociétés occidentales contemporaines. 

Mais la logique de Dieu n’est pas celle de la bourse de Wall Street. Dieu n’a pas une plus grande estime pour les personnes qui amassent le plus d’argent ou le plus de pouvoir. Au contraire, Dieu aime la petitesse. Dieu exalte l’humilité. Nous pouvons penser à la grande prière de Marie, le Magnificat, dans laquelle elle loue Dieu pour avoir « dispersé les superbes, renversé les puissants de leurs trônes, élevé les humbles, comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides » (Lc 1, 46-55). Ces paroles peuvent sembler sévères ou révolutionnaires, mais elles nous donnent un aperçu de la réalité du point de vue de Dieu. 

Dieu n’est pas impressionné par les démonstrations grandioses de puissance et de force. Aux yeux de Dieu, le véritable pouvoir est l’amour. Et la véritable force est le service. Cette logique allait contre-courant à l’époque de Jésus, et cela continue d’être le cas aujourd’hui. La question qui se pose à nous est la suivante : comment pouvons-nous faire en sorte que nos relations avec les personnes qui ont moins que nous soient caractérisées par l’amour et le service ?  

 

 

Le Christ s’identifie personnellement aux « plus petits de nos frères et sœurs »

En Jésus, Dieu vient à nous dans la pauvreté. Il n’est pas un Messie riche et puissant qui vient conquérir l’humanité par sa seule puissance. Jésus a des origines humbles, enfant d’une famille contrainte de fuir son pays natal, qui vit parmi les classes ouvrières de l’époque. Jésus n’a jamais été un homme riche. Il ne possédait ni terres ni biens matériels. Au contraire, Jésus passait son temps avec les exclus et fréquentait quotidiennement ceux et celles qui vivaient en marge de la société. 

Mais ce n’est pas tout. Au cœur de l’Évangile se trouve la vérité profonde que Jésus s’identifie ici et maintenant, personnellement, aux « plus petits de nos frères et sœurs » (Mt 25, 40). En effet, aux yeux du Christ, ils ne sont pas en réalité « les plus petits ». Au contraire, les personnes qui sont considérés comme « les plus petits » aux yeux du monde sont les plus grands dans l’esprit et le cœur de Jésus. 

Comment pouvons-nous laisser la mentalité de Jésus influencer et transformer la nôtre ? Comment pouvons-nous être ouverts à la rencontre avec lui chez nos frères et sœurs qui sont en marge de la société, les personnes qui luttent pour trouver un logement, les parents qui ont besoin d’aide pour nourrir leur famille ? Jésus nous attend chez les frères et sœurs que nous négligeons, évitons ou ignorons.

Seigneur, tu prends soin des personnes qui sont dans le besoin et tu relèves ceux et celles qui sont abattus. Convertis nos cœurs et renouvelle nos esprits afin que nous te voyions dans ces frères et sœurs que tu tiens tout près de ton cœur. Amen.

Qui est mon prochain ? Entendre le cri | Comme je vous ai aimés

Sculpture représentant un pauvre mendiant devant une église. Photo prise par Yandry Fernández Perdomo sur Cathopic.

 

Qui est mon prochain ? Entendre le cri

Une réflexion sur le premier chapitre de Dilexi te

 

Dilexi te est le premier document majeur du pape Léon XIV. Cette exhortation, qui a pour thème l’amour envers les pauvres, sert de pont entre les deux derniers pontificats. Commencée par le pape François, puis reprise par le pape Léon, elle a été promulguée le 4 octobre 2025, jour de la fête de saint François d’Assise, célèbre pour son esprit de pauvreté. Léon XIV a choisi son nom en souvenir du pape Léon XIII, qui est surtout connu pour sa doctrine sociale au tournant du XXe siècle. À la suite des révolutions industrielles, Léon XIII a défendu les droits des ouvriers et des personnes défavorisées par les progrès technologiques fulgurants de l’époque. Après plus d’un siècle, ce nouveau document de Léon XIV nous donne une synthèse de l’enseignement de l’Église sur le soin des personnes en situation de pauvreté, d’injustice et d’exclusion au XXIe siècle. Il s’agit avant tout d’un appel à voir les personnes dans le besoin comme Dieu les voit, à les aimer de son cœur, à passer du temps avec elles et à avancer ensemble.

Ce sujet nous met en contact avec le cœur même de l’Évangile, que nous sommes appelés à vivre chaque jour. Cela est particulièrement vrai pendant le temps du Carême. Ainsi, alors que nous cheminons vers Pâques, réfléchissons ensemble, chaque semaine, à un chapitre de Dilexi te.

 

Parler des « pauvres »

Parler des « pauvres » est un terme chargé et risqué. D’une part, la tradition chrétienne désigne les « pauvres » comme un groupe particulièrement précieux aux yeux de Dieu, comme des personnes que le Christ nous appelle à aimer et à servir quotidiennement en priorité. Le psalmiste nous dit : « Un pauvre crie, le Seigneur entend » (Ps 33). Dans l’Ancien Testament, Dieu voit la misère de son peuple opprimé par l’esclavage, il entend leur cri et vient à leur secours (Ex 3, 7-10). Dans les Évangiles, Jésus ne se contente pas de venir en aide aux pauvres, il va jusqu’à s’identifier personnellement à eux : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). D’un autre côté, désigner une personne ou un groupe de personnes comme « les pauvres » serait dévalorisant et irrespectueux. Le risque est d’ignorer leurs capacités et de les réduire à ce qui leur manque plutôt que de reconnaître leurs vraies identité et dignité en tant qu’être humain.

Il ne s’agit surtout pas d’éviter de parler de la pauvreté, ce qui ne ferait que masquer et minimiser la dure réalité que tant de personnes vivent dans notre pays et dans le monde entier. Il s’agit plutôt de trouver la juste manière de parler de la pauvreté de façon sensible, empathique et socialement consciente. En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de parler d’eux ou de faire quelque chose pour eux, mais plutôt de les écouter et d’agir ensemble avec eux.

 

 

Les multiples formes de pauvreté

Dilexi te souligne qu’il existe de nombreuses formes de pauvreté. Il y a bien sûr la pauvreté matérielle et économique, mais aussi l’exclusion sociale, la pauvreté morale et spirituelle, la fragilité et la vulnérabilité – qu’elles soient physiques, mentales ou émotionnelles, de manière temporaire ou permanente. Il y a aussi la pauvreté politique qui consiste à « n’avoir aucun droit, aucun espace, aucune liberté » (n° 9). Dans un certain sens, chaque vie comporte une certaine expérience de la pauvreté : la prise de conscience que nous manquons tous de quelque chose. Aucun d’entre nous n’est autosuffisant. Nous avons tous des moments de besoin, nous avons tous des blessures et des faiblesses. Cependant, nous réalisons également que certains d’entre nous se trouvent dans une situation bien plus grave que d’autres. Malheureusement, ceux et celles qui ont le plus besoin d’aide sont souvent en marge de la société. Souvent, nous pouvons également les maintenir en marge de notre vie de manière volontaire. À la lumière de notre foi, que pouvons-nous faire pour ouvrir nos yeux, tendre l’oreille et la main ?

 

Entendre le cri

Dilexi te affirme que la situation des personnes dans le besoin constitue un « un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église » (n° 9). Entendre ce cri, c’est suivre l’exemple de Dieu lui-même, qui entend le cri de ceux et celles qui dans le besoin et nous appelle tous et toutes à leur tendre la main. Dieu prête l’oreille à leur cri, et son cœur est toujours ouvert, sensible à ce qu’ils vivent. Pourtant, nos oreilles sont souvent fermées, et nos cœurs peuvent rester indifférents aux épreuves de nos frères et sœurs. Qu’est-ce qui nous empêche d’entendre leur cri ? Qu’est-ce qui empêche nos cœurs de s’ouvrir ?

Léon XIV souligne divers états d’esprit et préjugés qui peuvent nous empêcher de nous soucier de ceux et celles qui sont dans le besoin. Compte tenu de l’énorme développement économique des dernières décennies, nous pouvons être amenés à penser que la pauvreté est une simple question du passé, ou même que ceux et celles qui la vivent aujourd’hui ont dû faire quelque chose pour se retrouver dans une telle situation. Pourtant, comme l’affirme le pape : « Les pauvres ne sont pas là par hasard ou par un destin aveugle et amer » (n° 14). Au contraire, durant les dernières décennies « la richesse a augmenté », mais les inégalités aussi (n° 13), de sorte que la couche supérieure de la société s’enrichit sans cesse, tandis que d’énormes parties de la population doivent faire face à des conditions de vie ardues. On peut penser ici à la réalité croissante des « travailleurs pauvres », ceux et celles qui travaillent « du matin au soir […] même s’ils savent que leurs efforts ne serviront qu’à les faire survivre et jamais à améliorer véritablement leur vie ». Cette situation n’est qu’exacerbée par les progrès technologiques effrénés à l’ère de l’intelligence artificielle, qui augmentent encore le risque de laisser sur le bord de la route une grande partie de la population. Léon met en garde contre le préjugé cruel selon lequel ceux et celles qui vivent dans la pauvreté « n’auraient pas acquis de “mérites”, selon cette fausse vision de la méritocratie où seuls ceux qui ont réussi dans la vie semblent avoir des mérites » (n° 14).

Enfin, Léon souligne que nous, chrétiens, pouvons également nourrir des préjugés à l’égard des pauvres : 

« Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine » (n° 15).

La question qui se pose à chacun d’entre nous est la suivante : comment le Christ m’appelle-t-il à travers la voix des pauvres et des souffrants ? Comment puis-je changer progressivement ma façon de penser, en abandonnant la logique de l’injustice et de l’inégalité pour adopter celle de l’Évangile ?

Jésus, toi qui entends toujours le cri de ceux et celles qui sont dans le besoin, ouvre nos oreilles pour que nous entendions ta voix qui nous parle à travers eux. Ouvre nos cœurs et nos mains pour que nous te servions à travers eux. Amen.

Suivre le chemin du bon Samaritain : Une réflexion 60 ans après le concile Vatican II

À la manière du pape Jean XXIII, Vatican II a appelé l’Église à « ouvrir ses fenêtres » au dialogue avec le monde. Photo Pexels par Ksu&Eli Studio.

La fin de l’année 2025 a marqué le 60e anniversaire de la clôture du concile Vatican II, célébrée le 8 décembre 1965. Ensuite, au début de l’année 2026, le pape Léon XIV a déclaré qu’il démarrait un cycle de catéchèses sur le concile lors de ses audiences générales chaque mercredi. 

En ce moment crucial de la vie de l’Église et du monde, il est utile de rafraîchir notre mémoire collective sur l’importance et le sens du concile, dont les documents constituent une constellation d’étoiles qui continuent à briller pour guider notre chemin au XXIe siècle.   

Le concile a été lancé par le pape Jean XXIII, qui a appelé à un renouveau (en italien, aggiornamento) non pas des contenus de la foi, mais de la manière dont l’Église présente et communique la foi. Fort de ses décennies d’expérience en tant que diplomate du Vatican dans divers pays, puis archevêque de Venise, Jean XXIII rêvait d’une Église plus pastorale, mieux équipée pour mettre les gens en contact avec la réalité de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. 

Après la mort de Jean XXIII, un an après le début du concile, c’est au pape Paul VI, nouvellement élu, que revint la décision de le poursuivre ou non. Paul VI guida le concile jusqu’à son achèvement trois ans plus tard. Par la suite, Paul VI résuma ainsi l’objectif du concile Vatican II : « rendre l’Église du XXe siècle encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité du XXe siècle » (Evangelii nuntiandi, no 2).

Au milieu du XXe siècle, Paul VI soulignait le besoin d’approfondir le dialogue entre l’Église et le monde moderne. Il comprenait qu’il ne suffisait pas de réitérer les énoncés de la doctrine ; l’Église devait s’engager dans un dialogue mutuel avec le monde moderne, avec ses diverses cultures et religions, ses joies et ses espoirs, ses angoisses et ses défis. 

Au cours des quatre sessions du concile, de 1962 à 1965, seize documents clés ont été publiés sur des sujets cruciaux pour la vie et la mission de l’Église, notamment ses relations avec le monde moderne, avec les autres confessions chrétiennes et avec les autres religions. Le double génie du concile a été : a) de présenter la foi d’une manière plus accessible, plus fructueuse et plus significative pour les gens d’aujourd’hui ; et b) de tendre les bras de l’Église pour ouvrir un dialogue avec les différentes religions, les diverses cultures et l’ensemble de la société. 

Le dernier jour du concile, le pape Paul VI a prononcé un discours qui a donné une orientation décisive à la mise en œuvre du concile. Paul VI a déclaré que le concile avait choisi d’entrer en dialogue non seulement avec les catholiques, mais avec tous et toutes. Le concile n’est pas entré en guerre avec la modernité ; il n’a pas condamné la société contemporaine, mais a cherché plutôt à développer un esprit d’amitié et de compréhension avec les hommes et les femmes de notre époque. Conscient des forces et des faiblesses du monde, le concile a choisi de mettre l’accent sur la bonté de l’humanité au-delà de son péché. En ce sens, Paul VI a caractérisé l’esprit du concile comme étant celui du bon Samaritain : rencontrer l’humanité au creux de ses blessures, avancer ensemble avec compassion et miséricorde, et s’aimer les uns les autres comme un signe de l’amour de Dieu pour tous. 

Il y a soixante ans, le pape Paul VI et le concile Vatican II ont invité l’Église et le monde à aimer nos prochains comme la manière par excellence d’aimer Dieu. Cet appel surgit du cœur de l’Évangile, que nous sommes appelés à vivre et à mettre en pratique à chaque génération. En cette période d’incertitude, de peur, de conflit et de polarisation, il est essentiel de redécouvrir Dieu dans la manière dont nous nous aimons les uns les autres. C’est ce que Paul VI a déclaré à la fin du concile : « voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Discours de clôture du concile Vatican II). Aujourd’hui, ce message est plus pressant et plus prophétique que jamais. 

Seigneur, au cœur de notre monde aujourd’hui, allume dans nos cœurs le feu de ton Évangile, comme une lumière qui nous réchauffe et qui nous éclaire sur le chemin vers ton Royaume. Amen.

Quel est le sens des portes saintes ? Jésus est la porte qui ne ferme jamais

Porte Sainte de Santa Maria Maggiore à Rome, avec les armoiries de Saint Jean-Paul II sculptées au sommet. Wikimedia Commons.

Pour clôturer l’année jubilaire, les portes saintes qui ont été ouvertes il y a un an seront fermées. Au cours de cette année, des milliers de pèlerins ont pu vivre la démarche de passer la porte sainte ici à Rome. J’ai eu la chance de vivre cette expérience aux quatre basiliques majeures : Saint-Pierre, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran, et Saint-Paul-hors-les-murs. 

Au terme de ce Jubilé de l’espérance, nous pouvons nous demander : quel est le sens de la porte sainte ?

Dans l’Église catholique, il n’existe qu’une poignée de portes saintes à travers le monde. Outre les quatre basiliques majeures de Rome, elles ont également été installées dans certains autres sites d’une grande importance spirituelle. La seule porte sainte au Canada, et dans l’ensemble des Amériques, se trouve à la basilique Notre-Dame-de-Québec. Elle a été inaugurée en 2013 pour commémorer le 350e anniversaire de la première paroisse en Amérique du Nord. Les portes saintes ne sont ouvertes que pendant les années jubilaires – généralement tous les 25 ans ou pour des anniversaires particulièrement importants – et attirent des milliers de pèlerins qui franchissent leur seuil. Elles sont scellées entre deux jubilés. Le pape François a ouvert la porte sainte de la basilique Saint-Pierre la veille de Noël, le 24 décembre 2024. La porte sainte sera fermée par le pape Léon XIV à la fin du Jubilé, le jour de l’Épiphanie, le 6 janvier 2026.

Chaque porte sainte est une véritable œuvre d’art, spécialement décorée avec les symboles de notre foi. Mais en réalité, la signification des portes saintes ne réside pas tant dans la porte elle-même. Les portes saintes ne sont pas magiques ; elles n’ont aucun pouvoir particulier. L’important est plutôt le cheminement intérieur des pèlerins qui franchissent la porte, en passant son seuil. En d’autres termes, une porte sainte est une occasion de pèlerinage, vers et à travers la porte, comme un signe de notre cheminement dans la vie, avançant avec foi, espérance et confiance en Dieu. 

En fin de compte, la porte sainte est un signe du Christ, qui s’est appelé lui-même la Porte de ses brebis (Jean 10,7-10). Le Christ est le chemin que nous sommes appelés à suivre, en tant que chrétiens et en tant qu’êtres humains. En lui est la plénitude de la vie, et par lui nous cheminons vers la vie éternelle. Il est notre Porte vers la maison du Père. Il est notre chemin vers le ciel. Il est le pont qui conduit toute l’humanité vers le salut. Il est le Berger qui nous guide doucement vers des pâturages verdoyants et nous porte sur ses épaules quand nous en avons besoin. 

Jésus est le chemin qui mène au cœur du Père. C’est à travers lui que l’amour du cœur du Père nous atteint. De même, c’est à travers Jésus que nous faisons notre chemin vers le Père. 

En ce sens, que vous soyez à Rome pendant cette année jubilaire ou non, chaque jour est une occasion de franchir le seuil de la porte sainte qu’est le Christ. En particulier dans les moments d’obscurité, de difficulté et de désespoir – dans notre propre vie et dans la vie du monde – nous pouvons aller de l’avant avec espérance et confiance en mettant notre foi dans le Christ et en cheminant avec lui vers l’avenir qu’il nous ouvre. 

Le Christ a le pouvoir d’ouvrir une voie là où il n’y en a pas. La porte de son cœur ne se ferme jamais. Il frappe à la porte de nos cœurs et demande à entrer, à rester avec nous et à nous porter sa lumière. Lorsque nous l’accueillons, il nous accueille à son tour. Il franchit le seuil de notre vie quotidienne et nous franchissons le seuil de la sienne pour recevoir chaque jour davantage la plénitude de son amour et de sa vie.

« Parce que, même si la Porte Sainte se ferme, la vraie porte de la miséricorde reste pour nous toujours grande ouverte, le Cœur du Christ. Du côté percé du Ressuscité jaillissent jusqu’à la fin des temps la miséricorde, la consolation et l’espérance » (Pape François, Homélie à la messe pour la clôture du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, 20 novembre 2016).

Jésus, tu es le chemin, la vérité et la vie. Tu es notre porte d’espérance qui nous ouvre à l’avenir. Nous voulons marcher en toi et avec toi. Guide nos pas sur le chemin de la paix et du salut que tu ouvres pour nous tous. Amen.

 

Qui est John Henry Newman ? Docteur de l’Église et maître du cœur

Buste de Saint John Henry Newman au Trinity College, Oxford. Wikimedia Commons.

Ce fut une expérience émouvante d’assister à la messe sur la place Saint-Pierre lorsque le Pape Léon XIV a déclaré Saint John Henry Newman docteur de l’Église le 1er novembre dernier, jour de la solennité de la Toussaint. John Henry Newman (1801-1890) avait été béatifié par Benoît XVI en 2010 et canonisé par le Pape François en 2019. Il est le plus récemment nommé des trente-huit docteurs de l’Église dans les deux millénaires d’histoire du christianisme. 

Mais qui est Newman et quelle importance qu’il soit désormais docteur de l’Église ?

Les docteurs de l’Église sont avant tout des enseignants que l’Église offre à toutes les générations (le mot « docteur » vient ici du latin signifiant « enseignant »). Ce sont des hommes et des femmes reconnus dans toute l’Église universelle non seulement pour leur sainteté, mais aussi pour leur contribution exceptionnelle à la théologie chrétienne et à l’enseignement de l’Église. La pensée de Newman a eu un impact profond sur la doctrine catholique au cours du siècle dernier, et il a été l’une des figures intellectuelles les plus citées au Concile Vatican II. Sa pensée a particulièrement influencé la rédaction de la constitution dogmatique sur la révélation divine Dei Verbum, notamment sa notion du développement de la doctrine, ainsi que la déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, en particulier sur le thème de la conscience. L’héritage de Newman comprend les Centres Newman, qui sont des communautés catholiques étudiantes sur les campus universitaires du monde entier. J’ai découvert Newman pour la première fois pendant mes études à l’Université McGill à Montréal, en vivant et en travaillant au Centre Newman qui se trouve sur la rue Peel. Newman a également influencé de manière significative le chemin de la synodalité que l’Église entreprend actuellement, car il encourageait la formation, la consultation et la collaboration avec les laïcs et il enseignait que la doctrine de l’Église évolue naturellement au fil du temps. 

Newman avait un esprit brillant et était un écrivain prolifique. Il est peut-être le théologien le plus important du XIXe siècle, en tout cas dans le monde anglophone. Mais ce que j’admire le plus chez Newman, c’est la façon dont il a mis sa vie en jeu pour rester fidèle à sa foi, s’abandonnant avec une confiance radicale en Dieu. 

Newman n’était pas un martyr au sens strict du terme. Il n’est pas mort pour sa foi. Pourtant, il était prêt à tout perdre pour rester fidèle à ses convictions. Le titre d’une de ses biographies résume bien cela : « Une vie sacrifiée ». En se convertissant de l’anglicanisme au catholicisme, Newman est passé du statut de professeur prestigieux à Oxford et de prêtre anglican très respecté à celui de paria, rejeté par la société. Il a perdu son emploi. Sa réputation a été détruite. Ses amis l’ont abandonné. 

Les choix de vie dramatiques de Newman n’étaient pas le résultat d’une crise de la quarantaine, mais plutôt une réponse courageuse aux inspirations de Dieu dans son cœur. La devise de Newman était « Le cœur parle au cœur » (Cor ad cor loquitur), une citation tirée des écrits de Saint François de Sales. Dieu ne cesse jamais de parler à nos cœurs, et nous pouvons lui parler à partir des nôtres. Le dialogue d’amour permanent entre le cœur de Dieu et celui de Newman était le fondement de la vie et des décisions du saint anglais. C’était son ancrage dans les mers agitées, sa lumière au milieu des ténèbres environnantes et sa boussole lorsque la voie à suivre semblait incertaine. 

La relation sincère que Newman entretenait avec Dieu se reflétait dans la manière dont il abordait ses relations avec les autres. Il laissait cette conversation permanente entre son cœur et Dieu résonner dans ses écrits, dans sa manière de servir les autres et dans les amitiés qu’il a nouées tout au long de sa vie.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de Newman aujourd’hui ? Newman avait une intelligence phénoménale, mais il nous montre que ce qui importe le plus, ce n’est pas la connaissance intellectuelle, mais la connaissance du cœur. À une époque où il est de plus en plus courant de tenir des discours qui divisent et de prôner des idéologies polarisantes, Newman nous enseigne à parler avec notre cœur. Comme dans la vie de Newman, cela signifie non seulement laisser nos cœurs se parler, mais surtout laisser Dieu parler à nos cœurs et guider nos pas, afin que son amour et sa bonté puissent se répercuter dans nos vies et dans notre monde.

Saint John Henry Newman, maître de l’intelligence du cœur, priez pour nous.

Que signifie être un homme aujourd’hui ? À la recherche de la masculinité à la lumière de l’Évangile

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Dans de nombreuses sociétés à travers le monde, le siècle dernier a marqué le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les hommes et les femmes. Il est incroyable de penser qu’il y a un peu plus d’un siècle, les femmes au Canada n’avaient même pas le droit de vote. Cette quête cruciale de l’égalité entre les sexes, qui à bien des égards est toujours d’actualité, est aujourd’hui remise en question. Nous observons une sorte de retour vers des expressions de la masculinité qui tentent de justifier la violence, l’agressivité, l’anarchie et le recours à la force brute. Sur le plan politique, des hommes avides de pouvoir mènent des guerres qui dévastent des populations civiles. Parallèlement, le sentiment erroné que les « hommes blancs » sont injustement victimes de discrimination alimente des discours et des sentiments racistes et misogynes qui résultent en des actes violents et des explosions de colère. 

Si le XXe siècle s’est interrogé à juste titre sur le rôle que les femmes devraient jouer dans la société, le XXIe siècle semble chercher des réponses à la question du rôle des hommes dans la société. Dans cette quête de la signification de la masculinité, le risque est de se précipiter vers des réponses hâtives qui portent la société vers la mauvaise direction. Si la quête légitime de l’égalité des sexes visait à créer une société plus juste et plus humaine, la recherche d’une masculinité erronée risque de rendre la société moins juste et moins humaine.

Alors, où devons-nous chercher pour trouver ce que signifie être un homme dans le monde d’aujourd’hui ? Quel est le chemin vers une société plus humaine ?

C’est en Jésus que se trouve la plénitude de ce que signifie être humain. Jésus révèle également la plénitude de ce que signifie être un homme. Ce que nous sommes appelés à devenir se révèle à la lumière de sa manière d’être et de sa manière d’entrer en relation avec les autres. Dans la vie de chaque homme, il est possible de mettre en pratique les attitudes fondamentales de Jésus, de vivre selon son cœur. Jésus n’est ni violent ni vengeur. Il ne recourt pas à l’égocentrisme ou à la domination. Le cœur de Jésus déborde de dévouement envers les autres, qui se traduit par la miséricorde, la compassion et une attention sincère pour ceux et celles qui sont dans le besoin. Ces vertus, pleinement mises en évidence dans les pages de l’Évangile, peuvent sembler clichées, comme quelque chose que l’on enseigne aux enfants au catéchisme. Pourtant, nous constatons trop souvent à quel point elles font cruellement défaut dans les scènes dramatiques qui se déroulent sous nos yeux dans le monde d’aujourd’hui. 

En fin de compte, être un homme, est-ce faire la guerre ou construire la paix ? Est-ce user de son pouvoir ou se mettre au service des autres ?  

La vision que nous avons de la masculinité en tant qu’hommes a un impact sur le type de société dans lequel nous vivons, tout comme la manière dont les femmes vivent leur féminité affecte la nature de la société. Être un homme, est-ce plutôt être un guerrier ou un artisan de paix, un tyran ou un bâtisseur de ponts ? Être un homme, est-ce vaincre ses ennemis ou prendre soin de ceux et celles que l’on peut aider ? Une vision combative de la masculinité fait évoluer la société dans la mauvaise direction. Être un homme, ce n’est pas dominer les autres par la force brute ou l’intimidation. En réalité, la violence nous éloigne de ce que nous sommes vraiment. 

Le sens de la masculinité ne peut être compris dans le vide. « Aucun homme n’est une île », comme l’a écrit Thomas Merton. L’expérience d’être une « île » – de se sentir isolé ou de s’isoler – peut facilement engendrer de l’animosité, ce qui conduit à jeter des pierres plutôt qu’à tendre la main aux autres. Le sens de la masculinité – tout comme le sens de la vie de chacun et chacune – prend forme dans des relations significatives. Être un homme ne se mesure pas à la force que nous pouvons déployer dans notre coin de la salle de sport. Il s’agit plutôt de la manière dont nous nous investissons dans des relations profondes, basées sur l’attention aux autres et la responsabilité mutuelle. C’est dans ces relations que nous apprenons à aimer, à vivre ensemble et à donner notre vie les uns aux autres. En ce sens, notre identité s’éclaire dans la mesure où elle est centrée sur les autres. Il ne s’agit pas de se replier sur soi-même, mais plutôt de s’ouvrir aux autres. 

Dans le film Sans plus attendre, sorti en 2007, le personnage incarné par Morgan Freeman pose deux questions existentielles à son ami riche qui est atteint d’une maladie en phase terminale, joué par Jack Nicholson. Premièrement : « Avez-vous trouvé la joie dans votre vie ? » Deuxièmement : « Votre vie a-t-elle apporté de la joie aux autres ? » 

Nous pouvons nous demander : notre façon d’être en tant qu’hommes et en tant qu’êtres humains, est-elle finalement orientée vers la joie et le bonheur des autres ? Si ce n’est pas le cas, nous devons peut-être changer de cap. 

Jésus, en toi, Dieu s’est fait homme afin que l’humanité puisse partager la plénitude de l’amour. Rends nos cœurs semblables au tien et conduis-nous ensemble vers la paix et la joie de ton Royaume. Amen.

Où se trouve le bon Samaritain à Gaza ? La situation à la lumière de l’Évangile

Crédit photo : IStock

La parabole du bon Samaritain est racontée par Jésus en réponse à une question posée par un docteur de la Loi : « Qui est mon prochain ? » Jésus termine ce récit émouvant en posant une question à son tour : « Lequel de ces trois, à ton avis – le prêtre, le lévite ou le Samaritain –, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Dévoilant la morale de l’histoire, le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de miséricorde envers lui ». Jésus répondit : « Va, et toi aussi, fais de même » (Luc 10, 25-37).

Cette parabole est une boussole pour nos relations avec tous nos frères et sœurs dans la grande famille humaine, et en particulier ceux et celles qui souffrent. En voyant l’homme qui a été roué de coups et laissé à moitié mort dans le fossé, le prêtre et le lévite, des membres respectés de la société, tenus en haute estime, passent de l’autre côté de la route, détournant le regard comme s’ils ne l’avaient pas remarqué. Au contraire, le Samaritain, méprisé à l’époque comme un idolâtre, s’arrête, et, pris de compassion pour l’homme, l’emmène à l’auberge pour prendre soin de lui.

Jésus souhaite que cette parabole soit une leçon très forte, non seulement pour le docteur de la Loi qui l’interroge, mais également aujourd’hui, pour nous. 

Dans sa lettre encyclique sur la fraternité humaine et l’amitié sociale, intitulée Fratelli tutti (‘Tous frères et sœurs’), le Pape François a souligné l’importance de la parabole du bon Samaritain dans le monde aujourd’hui :

« Cette parabole est une icône éclairante, capable de mettre en évidence l’option de base que nous devons faire pour reconstruire ce monde qui nous fait mal. Face à tant de douleur, face à tant de blessures, la seule issue, c’est d’être comme le bon Samaritain. Toute autre option conduit soit aux côtés des brigands, soit aux côtés de ceux qui passent outre sans compatir avec la souffrance du blessé gisant sur le chemin. La parabole nous montre par quelles initiatives une communauté peut être reconstruite grâce à des hommes et des femmes qui s’approprient la fragilité des autres, qui ne permettent pas qu’émerge une société d’exclusion mais qui se font proches et relèvent puis réhabilitent celui qui est à terre, pour que le bien soit commun. En même temps, la parabole nous met en garde contre certaines attitudes de ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes et ne prennent pas en charge les exigences incontournables de la réalité humaine » (Fratelli tutti, no. 67).

Laissons ces paroles pénétrer notre esprit et notre cœur alors que nous sommes témoins des guerres, des atrocités et des tragédies qui se déroulent dans le monde entier. Demandons-nous : où est le bon Samaritain à Gaza ? Et en Ukraine, au Yémen, au Soudan, en Éthiopie, au Myanmar, en République démocratique du Congo ? Il y a tant d’endroits qui ont besoin de la miséricorde dont fait preuve le bon Samaritain.

Puis, demandons-nous aussi : où est Jésus, le véritable bon Samaritain ? S’identifiant aux plus petits de ses frères et sœurs, Jésus pleure avec ceux et celles qui pleurent la perte tragique de leurs proches, en particulier de leurs enfants. De même, Jésus souffre de la faim avec ceux et celles qui n’ont rien à manger. Jésus agonise avec ceux et celles dont les maisons et les moyens de subsistance ont été détruits. Jésus cherche la paix et espère qu’elle finira par arriver. 

Jésus nous appelle tous à suivre l’exemple du bon Samaritain, chacun et chacune à sa manière, sans fermer les yeux ni passer à côté, mais en se laissant travailler par la miséricorde et en faisant tout notre possible pour aider les autres. Nous pouvons nous demander : quelle est ma réponse face aux souffrances à Gaza, en Ukraine et dans le monde entier ? Que puis-je faire pour rendre concrète ma compassion et ma solidarité envers les victimes de la guerre, de la violence et de la famine ?

Jésus, Prince de la Paix, montre ton amour et ta tendresse à nos frères et sœurs qui souffrent, et apprends-nous à faire de même. Amen.

Passer le flambeau de l’espérance d’une génération à l’autre

Photo par RDNE Stock

Une réflexion pour la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées – dimanche 27 juillet 2025

Par Julian Paparella

Au moment de notre mariage il y a cinq ans, l’un des commentaires les plus percutants que nous avons reçus était que le fait de se marier est un acte d’espérance en l’avenir. Cette idée ne m’a plus quitté depuis. Maintenant que nous avons eu notre premier enfant, cela semble encore plus vrai. Au milieu des incertitudes du monde, avoir des enfants est en effet un acte d’espérance dans l’avenir. C’est le signe que la vie vaut encore la peine d’être vécue et que l’avenir est prometteur malgré les défis qu’il comporte. Mettre quelqu’un au monde, c’est croire que, malgré les hauts et les bas, l’avenir lui réserve quelque chose de beau et de bien. 

Les guerres, l’instabilité économique et la crise climatique sont autant de réalités qui peuvent nous faire perdre espoir. Pourtant, les raisons d’espérer restent nombreuses. Les générations précédentes ont certainement eu leur lot de raisons de désespérer. Elles ont néanmoins choisi de persévérer, de mettre un pied après l’autre et de marcher de l’avant avec espérance. C’est grâce à elles que nous sommes ici. Si nous sommes là, c’est parce qu’ils n’ont pas jeté l’éponge sur la vie. Malgré les épreuves qu’ils ont traversées, ils ont continué à accueillir de nouvelles générations dans la grande famille de l’humanité.

L’espérance peut être trouvée en regardant les visages d’autres générations que la nôtre, qu’elles soient plus jeunes ou plus âgées. En regardant les visages de nos enfants, nous voyons la clarté dans leurs yeux, qui n’est pas altérée par les crises auxquelles le monde est confronté. Sur les visages des personnes âgées parmi nous, nous voyons la persistance et la persévérance qui leur ont permis de ne pas abandonner sur le chemin de la vie.   

À cet égard, les familles sont de véritables berceaux d’espérance. Il est beau de voir sur les réseaux sociaux des vidéos de grands-parents et d’arrière-grands-parents qui rencontrent pour la première fois un nouveau membre de leur famille. Leurs visages s’illuminent devant le nouveau-né. Souvent, ils fondent en larmes. Une telle expérience révèle non seulement la joie d’accueillir une nouvelle vie, mais aussi la promesse que la vie a un avenir. Cela fait chaud au cœur. Comme c’est émouvant de tenir dans ses bras une génération naissante. Les familles constituent la chaîne de vie qui relie une génération à l’autre par des liens d’amour, d’attention et d’affection. Elles sont le lieu où l’on apprend du passé et où l’on regarde vers l’avenir. 

Il est donc important de saisir les occasions de passer du temps ensemble, et de se retrouver toutes générations confondues. Avec le rythme de vie effréné d’aujourd’hui, le risque est que les jeunes générations soient accaparées par tout ce qu’elles ont à faire, tandis que les générations plus âgées sont perdues de vue et d’esprit, abandonnées dans la souffrance de la solitude.

La Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, instituée par le Pape François en 2021, est un rappel annuel à prendre le temps de tendre la main à nos aînés. L’occasion est célébrée le dimanche le plus proche du 26 juillet, fête des saints Anne et Joachim, les grands-parents de Jésus. Le thème de cette année, dans le cadre de l’année jubilaire consacrée à l’espérance, est « Heureux celui qui n’a pas perdu l’espoir » (Sir 14, 2). 

Les actes d’amour et d’attention exprimés de génération en génération sont une source d’espérance qui donne la vie. En rendant visite aux personnes âgées – que ce soient nos grands-parents, nos parents, amis et voisins âgés – nous allumons un flambeau d’espérance qui apporte de la lumière et de la chaleur. En même temps, ces précieuses rencontres font beaucoup de bien à ceux et celles qui sont relativement jeunes, en nous permettant de prendre du recul par rapport à notre propre rythme de vie et en nous rappelant le sens de ce qui compte vraiment en fin de compte.

En cette Année sainte, le Vatican offre une indulgence jubilaire à ceux et celles qui « rendent visite aux personnes âgées qui sont seules… accomplissant ainsi un pèlerinage auprès du Christ présent en elles ». De fait, le Christ est présent dans les personnes âgées auxquelles nous rendons visite. Comme l’a affirmé le Pape Léon XIV dans son Message pour la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées de cette année : « Rendre visite à une personne âgée est une manière de rencontrer Jésus qui nous libère de l’indifférence et de la solitude ». C’est une grâce que nous pouvons demander : avoir un cœur qui voit le Christ dans les personnes âgées, souffrantes, seules ou malades.

Chacun et chacune d’entre nous peut répondre à l’invitation de rendre visite à un proche ou à un voisin âgé, surtout s’il est seul. C’est une façon de partager le flambeau de l’espérance qui éclaire le chemin d’une génération à l’autre.

Seigneur Jésus, toi qui es proche de ceux et celles qui sont seuls et affligés, ouvre nos cœurs pour leur tendre la main et nos yeux pour te voir en eux. Amen.

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