À la recherche du temps du coeur

La crise du COVID-19 et les mesures de confinement qui ont suivi nous ont tous obligés, malgré nous, à arrêter ou, à tout le moins, ralentir la cadence de nos activités habituelles. Cette nouvelle perspective nous a tous invités à revoir nos priorités, à examiner ce qui, dans notre train-train quotidien, peut toujours se faire. Certains ont donc d’abord souligné la réduction quantitative de nos possibilités. De mon côté, j’aimerais attirer votre attention sur l’aspect qualitatif du temps qui nous est alloué à partir d’une de ses dimensions les plus importantes.

Le temps des calculs

Dans son livre « La liberté intérieure » le père Jacques Philippe fait la distinction entre le « temps de la tête » et le « temps du cœur » (p. 100-102). Pour ce théologien, temps psychologique correspond au « temps cérébral, celui que nous nous représentons, que nous calculons et découpons en heures, que nous essayons de gérer et de programmer » (p.100). Cette première dimension du temps, que les anciens nommaient « chronos » d’où sont notamment tirés des mots tels que « chronomètre » ou « chronologique », est clairement le plus affecté par la pandémie actuelle. Alors que, jusqu’à encore tout récemment, ce temps nous manquait grandement, c’est l’inverse qui se produit à l’heure actuelle pour beaucoup d’entre nous. Cette période exceptionnelle est donc une invitation à redécouvrir l’autre dimension du temps qui, malheureusement est trop souvent négligée.

Le temps de la profondeur

Toujours dans son livre « La liberté intérieure », le père Philippe invite à redécouvrir ce qu’il nomme le « temps du cœur » c’est-à-dire « le temps de Dieu, celui des rythmes profonds de la grâce dans notre vie » (p.101). Contrairement au temps cérébral, le temps du cœur « kairos » celui des considérations sur le passé et des projections vers le futur, est centré sur le présent pleinement vécu. C’est ce que l’on dit lorsqu’on parle de « prendre le temps » de faire quelque chose. Cette pleine attention à nos activités, à nos conversations, à notre travail ou dans nos relations, voilà ce que la crise actuelle nous permet de dévopper.

Une autre caractéristique importante du temps du cœur est qu’il nous rend aptes à accueillir les événements de la vie qui sont hors de notre contrôle. Alors que, trop souvent, ce qui nous rend anxieux découle du fait que notre volonté et nos projets ne se réalisent pas, la recherche du temps présent nous habitue à accueillir ce qui vient avec liberté et détachement. Cette habitude, très difficile à développer, je vous l’accorde, est un don que nous recevons gratuitement par la prière fréquente, spécialement l’oraison. Ainsi, nous pourrons vivre « dans le plus grand abandon, sans inquiétude et sans peur, n’avoir d’autre souci que de faire la volonté divine, être pleinement disponible aux événements et aux personnes » (p.102).

Faire du bien avec le mal

Dieu n’est évidemment pas responsable des calamités que subissent les hommes. Il est clair que la présente pandémie n’est pas pour Lui l’occasion de réjouissances. Toutefois, nous savons par la Révélation que le mal est permis puisque Dieu est en mesure d’en tirer un plus grand bien. À nous de découvrir le bien que Dieu désire que nous découvrions actuellement. Réapprendre à vivre une relation sereine avec le temps, savoir s’ajuster et adapter nos vies au temps dans ses deux dimensions pourraient être un effet positif de la crise actuelle. Au-delà de la course effrénée centrée sur la quantité, laissons-nous transformer par la prière réintégrons et recherchons ces moments de qualité qui sont les seuls, à pouvoir véritablement nous combler.

« N’aie pas peur » : Saint Joseph et le virus

Une réflexion pour la Fête de Saint Joseph lors de la crise du COVID-19

Lorsque nous sommes déboussolés par la crise du COVID-19, il y a un autre virus contagieux qui frappe à nos portes : la peur. Certes, il faut que nous soyons très vigilants. Nous nous soucions énormément de la santé de nos familles, de celle de nos amis et surtout de celle des personnes âgées parmi nous.  Nous pensons à tous ceux et celles qui sont isolés, infectés, mourants et morts, dans nos villes et dans le monde entier. 

Au milieu de ce temps de crise, l’Église  fête un homme qui avait beaucoup de raisons de craindre mais qui ne se laissait jamais dépasser par la peur. Le 19 mars, nous célébrons la fête de Saint Joseph, l’époux de Marie, le père adoptif de Jésus, descendant du roi David et charpentier de Nazareth. Il est le saint patron des ouvriers, le saint patron du Canada et le saint patron de l’Église universelle.

Quel est le secret de la vie de Joseph ? Il a mis toute sa confiance en Dieu. La confiance ne règle pas tous les problèmes de la vie. La confiance est souvent difficile à trouver et encore plus difficile à maintenir. Pourtant, mettre notre confiance en Dieu c’est la meilleure police d’assurance pour faire face à toutes les difficultés et les doutes que nous rencontrerons dans la vie. Nos vies peuvent être en panne, il peut y avoir un krach boursier… malgré tout, Dieu demeure fidèle. Nous pouvons mettre toute notre confiance en Lui, Il ne nous décevra jamais. Dieu ne résoudra  pas forcément tous les problèmes que nous avons, mais Il ne nous abandonnera jamais. Il nous conduit toujours vers le meilleur, même quand ça prend du temps. Il fait éclore les fleurs du printemps après le froid glacial de l’hiver. Il est capable de faire fleurir des belles choses dans nos vies même dans les moments les plus sombres. 

Saint Joseph savait tout ça. L’Évangile selon Saint Matthieu nous dit que lorsque Joseph a appris que Marie, sa fiancée, était enceinte.  Sachant qu’il n’était pas le père, Joseph était prêt à la répudier en secret. Joseph ne voulait pas dénoncer Marie publiquement, sinon elle serait lapidée par les autorités juives. Joseph voulait épargner  ce sort à Marie, malgré le fait qu’il voulait rompre leur relation. Un ange lui apparaît dans un songe, apportant le message de Dieu : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, c’est-à-dire ‘Dieu sauve,’ car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1,20-21). Dès que Joseph s’est réveillé, il a fait exactement ce que l’ange lui avait prescrit. Il a pris Marie chez lui. 

Malgré son incertitude et ses doutes, Joseph a eu le courage de laisser Dieu transformer ses projets et bouleverser sa vie. Joseph a mis toute sa confiance en Dieu ; il a mis sa confiance dans les projets de Dieu au-delà de ses propres projets. Joseph a mis en action les paroles du Livre des Proverbes : « De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t’appuie pas sur ta propre intelligence » (Proverbes 3,5). 

C’est un défi pour nous tous, chaque jour et surtout dans les moments de crise, comme celui que nous traversons actuellement. Comment mettre toute notre confiance en Dieu, comme l’a fait Saint Joseph ? Comment écouter la voix de Dieu, qui dit à chacun de nous : « Je suis avec toi, Je suis tout près de toi, Je ne t’abandonnerai jamais, Je t’aime… »

La vie de Joseph n’était pas toujours facile. Il s’est marié à Marie, et il a pris soin d’elle ainsi que de Jésus même lorsqu’ils ont dû fuir en Egypte. Jésus a appris de Joseph son métier de charpentier. Le caractère et l’exemple de Joseph ont formé notre Sauveur. Comme Jésus, suivons l’exemple de Joseph, et luttons contre le virus de la peur en mettant notre confiance en Dieu de plus en plus chaque jour. 

Dans cet effort, nous pouvons demander à Saint Joseph de nous aider…

Saint Joseph,
Homme juste par ta foi,
Tu as été trouvé digne
De recevoir la garde des mystères du Salut.

Toi qui as su prendre soin de la Vierge Marie,
Et écarter d’elle tout danger,
Tu t’es fait protecteur du Christ-Seigneur
Dans la vulnérabilité de son enfance.

Vivante image de la tendresse de Dieu,
Modèle d’époux et de père,
Tu es le gardien vigilant de l’Église,
Le soutien et le consolateur des familles.

Nous te le demandons avec confiance :
Daigne implorer pour nous la miséricorde de Dieu
En ce temps d’épidémie que nous connaissons,
Afin que le Seigneur écarte de nous le mal.

Intercède pour ceux qui sont morts,
Réconforte les malades,
Protège et inspire ceux qui les soignent.
Accorde-nous de demeurer dans la confiance et la paix
Et fais que nos cœurs ne se ferment pas aux besoins de nos frères,
Mais demeurent ouverts à la détresse des hommes
Dans un amour de plus en plus sincère et fraternel.

Saint Joseph, prie pour nous,
Garde-nous,
Protège-nous.
Amen.

(Prière à Saint Joseph par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, lors de la crise du COVID-19)

Église en Sortie 9 mars 2020

Cette semaine à Église en Sortie, on parle des relations entre les arts et la célébration de la foi avec le père Jacques Houle c.s.v., designer liturgique et clerc de Saint-Viateur. On vous présente un reportage sur le Centre de prière Assomption du diocèse de Nicolet et Francis Denis reçoit François Daoust, directeur du Centre présence religieuse intercommunautaire, pour parler du discernement vocationnel en 2020.

Toutes les émissions d’Église en Sortie sont également disponibles ICI

 

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal

En EXCLUSIVITÉ sur les ondes de Sel et Lumière, voyez EN DIRECT la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le vendredi 7 février prochain à 19h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal. L’animation de cette Messe est confiée aux communautés présentent sur le territoire de l’Archidiocèse de Montréal ainsi qu’aux séminaristes étudiants au Grand Séminaire de Montréal.

Veuillez noter que cette Messe sera également disponible en direct sur la chaîne web de Sel et Lumière dès 19h30. Un rendez-vous à ne pas manquer!

Vous trouverez ci-dessous le feuillet de la célébration de la Messe:

Feuillet-Messe-vocationnelle-07-février-2020-Diocèse-de-Montréal

Église en Sortie 3 mai 2019

Cette semaine à Église en Sortie, on parle du Centre justice et foi avec sa directrice générale Élisabeth Garant. On vous présente un reportage sur la soirée de prière Taizé avec le frère Émile au Centre étudiant Benoît Lacroix de Montréal. Dans la troisième partie d’émission, Francis Denis reçoit le père Gilles Mongeau s.j. pour parler du document de réflexion et de conversion ecclésiale sur le difficile enjeu des abus sexuels dans l’Église catholique publié par la province canadienne des Jésuites.

Homélie du pape François pour le mercredi des Cendres

(Photo:CNS/Paul Haring) Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’homélie du Pape François lors de la célébration du Mercredi des cendres en la basilique Sainte-Sabine de Rome:

« Sonnez du cor, prescrivez un jeûne sacré » (Jl 2, 15), dit le prophète dans la Première Lecture. Le Carême s’ouvre avec un son strident, celui d’une corne qui ne caresse pas les oreilles, mais organise un jeûne. C’est un son puissant, qui veut ralentir notre vie qui va toujours au pas de course, mais souvent ne sait pas bien où. C’est un appel à s’arrêter, à aller à l’essentiel, à jeûner du superflu qui distrait. C’est un réveil pour l’âme.

Au son de ce réveil est joint le message que le Seigneur transmet par la bouche du prophète, un message bref et pressant : « Revenez à moi » (v. 12). Revenir. Si nous devons revenir, cela signifie que nous sommes allés ailleurs. Le Carême est le temps pour retrouver la route de la vie.Parce que dans le parcours de la vie, comme sur tout chemin, ce qui compte vraiment est de ne pas perdre de vue le but. Lorsqu’au contraire dans le voyage, ce qui intéresse est de regarder le paysage ou de s’arrêter pour manger, on ne va pas loin. Chacun de nous peut se demander : sur le chemin de la vie, est-ce que je cherche la route ? Ou est-ce que je me contente de vivre au jour le jour, en pensant seulement à aller bien, à résoudre quelques problèmes et à me divertir un peu ? Quelle est la route ? Peut-être la recherche de la santé, que beaucoup disent venir avant tout mais qui un jour ou l’autre passera ? Peut-être les biens et le bien-être ? Mais nous ne sommes pas au monde pour cela.Revenez à moi, dit le Seigneur. A moi. C’est le Seigneur le but de notre voyage dans le monde. La route est fondée sur Lui.

Pour retrouver la route, aujourd’hui nous est offert un signe : des cendres sur la tête. C’est un signe qui nous fait penser à ce que nous avons en tête. Nos pensées poursuivent souvent des choses passagères, qui vont et viennent. La légère couche de cendres que nous recevrons est pour nous dire, avec délicatesse et vérité : des nombreuses choses que tu as en tête, derrière lesquelles chaque jour tu cours et te donne du mal, il ne restera rien. Pour tout ce qui te fatigue, de la vie tu n’emporteras avec toi aucune richesse. Les réalités terrestres s’évanouissent, comme poussière au vent. Les biens sont provisoires, le pouvoir passe, le succès pâlit. La culture de l’apparence,aujourd’hui dominante, qui entraîne à vivre pour les choses qui passent, est une grande tromperie. Parce que c’est comme une flambée : une fois finie, il reste seulement la cendre. Le Carême est le temps pour nous libérer de l’illusion de vivre en poursuivant la poussière. Le Carême c’est redécouvrir que nous sommes faits pour le feu qui brûle toujours, non pour la cendre qui s’éteint tout de suite; pour Dieu, non pour le monde ; pour l’éternité du Ciel, non pour la duperie de la terre ; pour la liberté des enfants, non pour l’esclavage des choses. Nous pouvons nous demander aujourd’hui : de quel côté suis-je ? Est-ce que je vis pour le feu ou pour la cendre ?

Dans ce voyage de retour à l’essentiel qu’est le Carême, l’Evangile propose trois étapes que le Seigneur demande de parcourir sans hypocrisie, sans comédie : l’aumône, la prière, le jeûne. A quoi servent-elles ? L’aumône, la prière et le jeûne nous ramènent aux trois seules réalités qui ne disparaissent pas. La prière nous rattache à Dieu ; la charité au prochain ; le jeûne à nous-mêmes. Dieu, les frères, ma vie : voilà les réalités qui ne finissent pas dans le néant, sur lesquelles il faut investir. Voilà où le Carême nous invite à regarder : vers le Haut, avec la prière qui nous libère d’une vie horizontale, plate, où on trouve le temps pour le ‘je’ mais où l’on oublie Dieu. Et puisvers l’autre avec la charité qui libère de la vanité de l’avoir, du fait de penser que les choses vont bien si elles me vont bien à moi. Enfin, il nous invite à regarder à l’intérieur, avec le jeûne, qui nous libère de l’attachement aux choses, de la mondanité qui anesthésie le cœur. Prière, charité, jeûne : trois investissements pour un trésor qui dure.

Jésus a dit : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21). Notre cœur regarde toujours dans quelque direction : il est comme une boussole en recherche d’orientation. Nous pouvons aussi le comparer à un aimant : il a besoin de s’attacher à quelque chose. Mais s’il s’attache seulement aux choses terrestres, tôt ou tard, il en devient esclave : les choses dont on se sert deviennent des choses à servir. L’aspect extérieur, l’argent, la carrière, les passe-temps : si nous vivons pour eux, ils deviendront des idoles qui nous utilisent, des sirènes qui nous charment et ensuite nous envoient à la dérive. Au contraire, si le cœur s’attache à ce qui ne passe pas, nous nous retrouvons nous-même et nous devenons libres. Le Carême est un temps de grâce pour libérer le cœur des vanités. C’est un temps de guérison des dépendances qui nous séduisent. C’est un temps pour fixer le regard sur ce qui demeure.

Où fixer alors le regard le long du chemin du Carême ? Sur le Crucifié. Jésus en croix est la boussole de la vie, qui nous oriente vers le Ciel. La pauvreté du bois, le silence du Seigneur, son dépouillement par amour nous montrent les nécessités d’une vie plus simple, libre de trop de soucis pour les choses. De la Croix Jésus nous enseigne le courage ferme du renoncement. Parce que chargés de poids encombrants, nous n’irons jamais de l’avant. Nous avons besoin de nous libérer des tentacules du consumérisme et des liens de l’égoïsme, du fait de vouloir toujours plus, de n’être jamais content, du cœur fermé aux besoins du pauvre. Jésus sur le bois de la croix brûle d’amour, il nous appelle à une vie enflammée de Lui, qui ne se perd pas parmi les cendres du monde ; une vie qui brûle de charité et ne s’éteint pas dans la médiocrité. Est-il difficile de vivre comme lui le demande ? Oui, mais il conduit au but. Le Carême nous le montre. Il commence avec la cendre, mais à la fin, il nous mène au feu de la nuit de Pâques ; à découvrir que, dans le tombeau, la chair de Jésus ne devient pas cendre, mais resurgit glorieuse. Cela vaut aussi pour nous, qui sommes poussière : si avec nos fragilités nous revenons au Seigneur, si nous prenons le chemin de l’amour, nous embrasserons la vie qui n’a pas de couchant. Et nous serons dans la joie.

[00395-FR.01] [Texte original: Italien]

Homélie du pape François lors de l’ouverture de la semaine pour l’unité des chrétiens

À 17h30 cet après-midi en la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs à Rome, le pape François a présidé à la célébration des Vêpres de la première semaine du temps ordinaire pour souligner le commencement de la 52e semaine de prière pour l’Unité des chrétiens. Le thème de cette année est inspiré du livre du Deutéronome: « ils jugeront le peuple en de justes jugements » (Dt 16, 18-20). Des représentants d’églises chrétiennes non-catholiques ainsi que de communautés chrétiennes étaient également présents lors de cette célébration. À la fin des Vêpres et avant la bénédiction apostolique, son Éminence le Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens a également prononcé un mot de remerciement pour le Saint-Père. Vous trouverez ci-dessous la version française du texte de l’homélie du pape François telle que prononcée lors de cette célébration solennelle:

Aujourd’hui a commencé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, au cours de laquelle nous sommes tous invités à invoquer de Dieu ce grand don. L’unité des chrétiens est un fruit de la grâce de Dieu et nous devons nous disposer à l’accueillir avec un cœur généreux et disponible. Ce soir, je suis particulièrement heureux de prier avec les représentants des autres Eglises présentes à Rome, auxquelles j’adresse un cordial et fraternel salut. Je salue aussi la délégation œcuménique de la Finlande, les étudiants de l’Ecumenical Institute of Bossey, en visite à Rome pour approfondir leur connaissance de l’Eglise catholique, et les jeunes orthodoxes et orthodoxes orientaux qui étudient ici avec le soutien du Comité de Collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes, travaillant auprès du Conseil pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens.

Le livre du Deutéronome imagine le peuple d’Israël installé dans les plaines de Moab, sur le point d’entrer dans la Terre que Dieu lui a promise. Ici, Moïse, comme un père prévenant et un chef désigné par le Seigneur, répète la Loi au peuple, l’instruit et lui rappelle qu’il devra vivre avec fidélité et justice une fois qu’il se sera établi dans la terre promise.

Le passage que nous venons d’écouter fournit des indications sur la manière de célébrer les trois principales fêtes de l’année : Pesach (Pâque), Shavuot (Pentecôte), Sukkot (Tabernacles). Chacune de ces fêtes appelle Israël à la gratitude pour les biens reçus de Dieu. La célébration d’une fête demande la participation de tous. Personne ne peut être exclu : « Tu te réjouiras en présence du Seigneur ton Dieu, au lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire demeurer son nom, et avec toi se réjouiront ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, le lévite qui réside dans ta ville, l’immigré, l’orphelin et la veuve qui sont au milieu de toi » (Dt 16, 11).

Pour chaque fête, il faut accomplir un pèlerinage « dans le lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire demeurer son nom » (v. 2). Là, le fidèle israélite doit se placer devant Dieu. Bien que chaque israélite ait été esclave en Égypte, sans aucune possession personnelle, « personne ne paraîtra les mains vides devant la face du Seigneur » (v. 16) et le don de chacun sera à la mesure de la bénédiction que le Seigneur lui aura donnée. Tous recevront donc leur part de la richesse du pays et bénéficieront de la bonté de Dieu.

Le fait que le texte biblique passe de la célébration des trois fêtes principales à la nomination des juges ne doit pas nous surprendre. Les fêtes-mêmes exhortent le peuple à la justice, rappelant l’égalité fondamentale entre tous les membres, tous également dépendants de la miséricorde divine, et invitant chacun à partager avec les autres les biens reçus. Rendre honneur et gloire au Seigneur dans les fêtes de l’année va de pair avec le fait de rendre honneur et justice à son prochain, surtout s’il est faible et dans le besoin.

Les chrétiens d’Indonésie, réfléchissant sur le choix du thème pour la Semaine de Prière actuelle, ont décidé de s’inspirer de ces paroles du Deutéronome : « C’est la justice, rien que la justice, que tu rechercheras » (16, 20). En elles, est vivante la préoccupation que la croissance économique de leur pays, animée par la logique de la concurrence, en laisse beaucoup dans la pauvreté permettant seulement à un petit nombre de s’enrichir grandement. C’est mettre en danger l’harmonie d’une société dans laquelle des personnes de différentes ethnies, langues et religions vivent ensemble, partageant le sens d’une responsabilité réciproque.

Mais cela ne vaut pas seulement pour l’Indonésie : cette situation se rencontre dans le reste du monde. Quand la société n’a plus comme fondement le principe de la solidarité et du bien commun, nous assistons au scandale de personnes qui vivent dans l’extrême misère à côté de gratte-ciels, d’hôtels imposants et de luxueux centres commerciaux, symboles d’une richesse éclatante. Nous avons oublié la sagesse de la loi mosaïque, selon laquelle si la richesse n’est pas partagée, la société se divise.

Saint Paul, écrivant aux Romains, applique la même logique à la communauté chrétienne : ceux qui sont forts doivent s’occuper des faibles. Il n’est pas chrétien de « faire ce qui nous plaît » (15, 1). En suivant l’exemple du Christ, nous devons en effet nous efforcer d’édifier ceux qui sont faibles. La solidarité et la responsabilité commune doivent être les lois qui régissent la famille chrétienne.

Comme peuple saint de Dieu, nous aussi sommes toujours sur le point d’entrer dans le Royaume que le Seigneur nous a promis. Mais, en étant divisés, nous avons besoin de rappeler l’appel à la justice que Dieu nous a adressé. Même parmi les chrétiens, il y a le risque que prédomine la logique connue des Israélites dans les temps anciens et du peuple indonésien au jour d’aujourd’hui, c’est-à-dire que, dans la tentative d’accumuler des richesses, nous oublions les faibles et les personnes dans le besoin. Il est facile d’oublier l’égalité fondamentale qui existe entre nous : qu’à l’origine nous étions tous esclaves du péché et que le Seigneur nous a sauvés dans le Baptême, nous appelant ses fils. Il est facile de penser que la grâce spirituelle qui nous a été donnée est notre propriété, quelque chose qui nous revient et qui nous appartient. Il est possible, en outre, que les dons reçus de Dieu nous rendent aveugles sur les dons faits aux autres chrétiens. C’est un grave péché de diminuer ou de mépriser les dons que le Seigneur à concédés aux autres frères, en croyant qu’ils sont en quelque sorte moins privilégiés de Dieu. Si nous nourrissons des pensées semblables, nous permettons que la grâce elle-même reçue devienne source d’orgueil, d’injustice et de division. Et comment pourrons-nous alors entrer dans le Royaume promis ?

Le culte qui sied à ce Royaume, le culte que la justice demande, est une fête qui concerne tout le monde, une fête dans laquelle les dons reçus sont rendus accessibles et partagés. Pour accomplir les premiers pas vers cette terre promise qui est notre unité, nous devons surtout reconnaître avec humilité que les bénédictions reçues ne sont pas nôtres de droit, mais qu’elles sont nôtres par don, et qu’elles nous ont été données afin que nous les partagions avec les autres. En second lieu, nous devons reconnaître la valeur de la grâce concédée aux autres communautés chrétiennes. Par conséquent, ce sera notre désir de participer aux dons des autres. Un peuple chrétien renouvelé et enrichi par cet échange de dons sera un peuple capable de marcher d’un pas assuré et confiant sur la voie qui conduit à l’unité.

[00094-FR.01] [Texte original: Italien]

Se préparer à la fête en cultivant son désir

Dimanche prochain le 2 décembre 2018, l’Église francophone du Canada vivra deux changements importants. Dans un premier temps, nous entrerons, comme l’ensemble de l’Église universelle, dans le temps de l’Avent. Un deuxième changement nous concerne aussi tout particulièrement. En effet, ce dimanche et ce pour la première fois, nous utiliserons une nouvelle traduction de la prière dominicale, le Notre-Père.

Pour conserver les plaisirs de la vie

Dans la liturgie latine, le temps de l’Avent (qui signifie avènement) met l’accent sur la dimension eschatologique de la foi ou, en d’autres termes, sur l’espérance du but ultime de notre vie et du monde qu’est le retour glorieux du Christ et la récapitulation de toutes choses en Lui. Bien évidemment tout cela est certes mystérieux et semble bien loin de notre expérience quotidienne. C’est pourquoi à chaque année, la liturgie nous invite à prendre le temps de souligner et méditer cette attente constitutive de notre foi.

On dit également de l’Avent qu’il s’agit d’un temps de préparation à Noël, ce temps de l’année où nous célébrons le Mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu parmi nous. Cette emphase est particulièrement bien adaptée à notre nature humaine. En effet, nous faisons tous l’expérience d’une tension entre le plaisir et le désir. Plus nous désirons quelque chose, plus notre plaisir sera intense. Au contraire, lorsque nous ne désirons pas vraiment, nous n’avons pas beaucoup de plaisir, a fortiori lorsque nous ne désirons pas du tout ! Notre société de consommation nous a trop souvent convaincus que nous devons  tout avoir tout de suite, sans effort ni… désir. Cela est contradictoire et explique pourquoi les gens qui ont tout ce qu’ils désirent sont souvent blasés et à la recherche de toujours plus d’émotions fortes.

Si nous voulons conserver le plaisir, il nous faut donc apprendre à cultiver le désir. C’est ce que permet le temps liturgique de l’Avent. En nous recentrant sur l’essentiel de la venue du Christ à Noël, nous sommes invités à cultiver notre désir intérieur de pouvoir enfin le contempler dans la crèche. Ainsi, parce que nous aurons, à la fois, appris à attendre et à la fois compris ce qui est véritablement essentiel, toute notre vie se transformera et nous pourrons apprécier dans leur plénitude les plaisirs célestes et terrestres.

Un « Notre-Père » clarifié

Ce dimanche, les fidèles francophones du Canada vivront un autre changement majeur. En effet, pour la première fois, nous devrons réciter différemment la prière du Notre Père. Alors que nous étions habitués à dire : « Ne nous soumets pas à la tentation », nous dirons dorénavant : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». La raison n’en est pas que la précédente formulation était absolument erronée, l’Église n’aurait pu tolérer que les fidèles invoquent Dieu d’une manière théologiquement fausse. C’est plutôt pour éviter toutes les éventuelles mauvaises interprétations qui pouvaient en émerger.

En effet, la version précédente pouvait faire penser que Dieu désirait directement que nous soyons tentés. Or, puisque Dieu ne peut vouloir directement le péché, il ne pouvait désirer la tentation. Dans le livre de Job, nous voyons clairement que le tentateur n’est pas Dieu mais Satan. Il est donc plus approprié de demander à Dieu de ne pas nous laisser « entrer en tentation » c’est-à-dire de ne pas laisser Satan s’approcher de nous et nous laisser être séduits par les mensonges de cet ange déchu.

En ce sens, il est très opportun que cette nouvelle formulation du Notre-père advienne durant le temps de l’Avent. En effet, comme nous l’avons dit plus haut, cette période de l’année nous invite à l’attente persévérante de l’Avènement du Christ. Cette attente ne doit non pas nous porter vers l’immobilisme du « divan » mais plutôt nous revigorer dans la dimension combattante de la vie spirituelle. Comme le dit le pape François : « La lutte contre les projets habiles de destruction et de déshumanisation menés par le démon est une réalité quotidienne ». L’Avent, ce « petit carême », nous invite à cette purification de notre propre vie intérieure en cultivant ce désir des joies de Noël par des privations et des actes d’amour de toutes sortes. En ce sens, le changement de formulation du Notre-Père est donc plus que bienvenu.

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal

En EXCLUSIVITÉ sur les ondes de TV Sel + Lumière et en ligne sur le web, suivez EN DIRECT la diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal, le vendredi 26 octobre à 19 h 30 min. Cette Messe célébrée, à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal, sera présidée par S. Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal. L’animation est confiée aux communautés présentes sur le territoire de l’Archidiocèse ; ainsi qu’aux séminaristes étudiants au Grand Séminaire de Montréal. Veuillez noter que la Messe sera également disponible sur Facebook EN DIRECT de Sel et Lumière dès 19 h 30 min. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Vous trouverez le feuillet de célébration en cliquant sur le lien suivant:

Feuillet Messe vocationnelle

Message du pape François pour la 4e Journée mondiale de prière pour la création

CNS photo/Alessandro Bianchi, Reuters

Olivier Bonnel VM -Dans son message à l’occasion de la quatrième journée mondiale de prière pour la Création, le Pape François revient sur ce don précieux qu’est l’eau, et invite à des changements concrets pour en garantir l’accès à tous. Vous trouverez ci-dessous le Message du pape François pour la 4e Journée mondiale de prière pour la création:

Chers frères et sœurs!

En cette Journée de Prière, je souhaite avant tout remercier le Seigneur pour le don de la maison commune et pour tous les hommes de bonne volonté qui œuvrent à la protéger. Je suis aussi reconnaissant pour les nombreux projets visant à promouvoir l’étude et la protection des écosystèmes, pour les efforts en vue du développement d’une agriculture plus durable et d’une alimentation plus responsable, pour les diverses initiatives éducatives, spirituelles et liturgiques qui, dans le monde entier, engagent de nombreux chrétiens pour la sauvegarde de la création.

Nous devons le reconnaître: nous n’avons pas su prendre soin de la création de manière responsable. La situation de l’environnement, au niveau global ainsi qu’en de nombreux endroits spécifiques, ne peut être jugée satisfaisante. Avec raison, se fait sentir la nécessité d’une relation renouvelée et saine entre l’humanité et la création, la conviction que seule une vision de l’homme, authentique et intégrale, nous permettra de prendre mieux soin de notre planète au bénéfice de la génération présente et de celles à venir, car «il n’y a pas d’écologie sans anthropologie adéquate » (Lett. Enc. Laudato si’, n. 118).

En cette Journée Mondiale de Prière pour la sauvegarde de la création que l’Église catholique célèbre, depuis quelques années, en union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, je souhaite attirer l’attention sur la question de l’eau, élément si simple et si précieux, dont malheureusement l’accès est difficile sinon impossible pour beaucoup de personnes. Pourtant, «l’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains. Ce monde a une grave dette sociale envers les pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable, parce que c’est leur nier le droit à la vie, enraciné dans leur dignité inaliénable» (ibid, n. 30).

L’eau nous invite à réfléchir sur nos origines. Le corps humain est composé en majeure partie d’eau; et beaucoup de civilisations, dans l’histoire, sont nées près de grands cours d’eau qui en ont marqué l’identité. L’image utilisée au début du Livre de la Genèse, où il est dit qu’au commencement l’esprit du Créateur «planait sur les eaux» (1, 2), est significative.

En pensant à son rôle fondamental dans la création et dans le développement de l’homme, je sens le besoin de rendre grâce à Dieu pour ‘‘sœur eau’’, simple et utile comme rien d’autre pour la vie sur la planète. Précisément pour cela, prendre soin des sources et des bassins hydriques est un impératif urgent. Aujourd’hui plus que jamais, il faut un regard qui aille au-delà de l’immédiat (cf. Laudato si’, n. 36), au-delà d’un «critère utilitariste d’efficacité et de productivité pour le bénéfice individuel» (ibid, n. 159). Il faut de toute urgence des projets communs et des gestes concrets, prenant en compte le fait que toute privatisation du bien naturel de l’eau au détriment du droit humain de pouvoir y avoir accès est inacceptable.

Pour nous chrétiens, l’eau représente un élément essentiel de purification et de vie. La pensée se dirige immédiatement vers le Baptême, sacrement de notre renaissance. L’eau sanctifiée par l’Esprit est la matière par laquelle Dieu nous a vivifiés et renouvelés; c’est la source bénie d’une vie qui ne meurt plus. Le Baptême représente aussi, pour les chrétiens de diverses confessions, le point de départ réel et inaliénable pour vivre une fraternité toujours plus authentique tout au long du chemin vers la pleine unité. Jésus, au cours de sa mission, a promis une eau à même d’étancher pour toujours la soif de l’homme (cf Jn 4, 14) et a promis: «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn 7, 37). Aller à Jésus, s’abreuver de lui signifie le rencontrer personnellement comme Seigneur, en puisant dans sa Parole le sens de la vie. Que vibrent en nous avec force ces paroles qu’il a prononcées sur la croix: « J’ai soif» (Jn 19, 28)! Le Seigneur demande encore à étancher sa soif, il a soif d’amour. Il nous demande de lui donner à boire dans les nombreuses personnes qui ont soif aujourd’hui, pour nous dire ensuite: «J’avais soif, et vous m’avez donné à boire» (Mt 25, 35). Donner à boire, dans le village global, ne comporte pas uniquement des gestes personnels de charité, mais des choix concrets et un engagement constant pour garantir à tous le bien fondamental de l’eau.

Je voudrais aborder également la question des mers et des océans. Il faut remercier le Créateur pour l’imposant et merveilleux don des grandes eaux et de tout ce qu’elles contiennent (cf. Gn 1, 20- 21; Ps 145, 6), et le louer pour avoir revêtu la terre d’océans (cf. Ps 103, 6). Orienter nos pensées vers les immenses étendues des mers, en mouvement continuel, est aussi, dans un certain sens, une occasion pour penser à Dieu qui accompagne constamment sa création en la faisant aller de l’avant, en la maintenant dans l’existence (cf. S. Jean-Paul II, Catéchèse, 7 mai 1986).

Prendre soin chaque jour de ce bien inestimable constitue aujourd’hui une responsabilité inéluctable, un vrai et propre défi : il faut une coopération réelle entre les hommes de bonne volonté pour collaborer à l’œuvre continue du Créateur. Tant d’efforts, malheureusement, sont réduits à rien par manque de règlementation et de contrôles effectifs, surtout en ce qui concerne la protection des zones marines au-delà des territoires nationaux (cf. Laudato si’, n. 174). Nous ne pouvons pas permettre que les mers et les océans se couvrent d’étendues inertes de plastique flottantes. En raison de cette même urgence, nous sommes appelés à nous engager, de manière active, en priant comme si tout dépendait de la Providence divine et en œuvrant comme si tout dépendait de nous.

Prions pour que les eaux ne soient pas un signe de séparation entre les peuples, mais de rencontre pour la communauté humaine. Prions pour que soient sauvés ceux qui risquent leur vie sur les flots à la recherche d’un avenir meilleur. Demandons au Seigneur et à ceux qui exercent le haut service de la politique de faire en sorte que les questions les plus délicates de notre époque, telles que celles liés aux migrations, aux changements climatiques, au droit pour tous de jouir des biens fondamentaux, soient affrontées de manière responsable, clairvoyante en regardant l’avenir, avec générosité et dans un esprit de collaboration, surtout entre les pays qui ont plus de moyens. Prions pour ceux qui se consacrent à l’apostolat de la mer, pour ceux qui aident à réfléchir sur les problèmes touchant les écosystèmes marins, pour ceux qui contribuent à l’élaboration et à l’application des normes internationales concernant les mers susceptibles de protéger les personnes, les pays, les biens, les ressources naturelles – je pense par exemple à la faune et à la flore piscicoles, ainsi qu’aux barrières de corail (cf. ibid., n. 41) ou aux fonds marins – et garantir un développement intégral dans la perspective du bien commun de la famille humaine tout entière et non d’intérêts particuliers. Souvenons-nous aussi de ceux qui œuvrent pour la sauvegarde des zones marines, pour la protection des océans et de leurs biodiversités, afin qu’ils accomplissent cette tâche de manière responsable et honnête.

Enfin, ayons présent à l’esprit les jeunes générations et prions pour elles afin qu’elles grandissent dans la connaissance et dans le respect de la maison commune et avec le désir de prendre soin du bien essentiel de l’eau en faveur de tous. Mon souhait est que les communautés chrétiennes contribuent toujours davantage et toujours plus concrètement afin que tout le monde puisse jouir de cette ressource indispensable, dans la sauvegarde respectueuse des dons reçus du Créateur, en particulier des cours d’eau, des mers et des océans.

Du Vatican, le 1er septembre 2018

[01294-FR.01] [Texte original: Italien]

FRANÇOIS