Suivre le chemin du bon Samaritain : Une réflexion 60 ans après le concile Vatican II

À la manière du pape Jean XXIII, Vatican II a appelé l’Église à « ouvrir ses fenêtres » au dialogue avec le monde. Photo Pexels par Ksu&Eli Studio.

La fin de l’année 2025 a marqué le 60e anniversaire de la clôture du concile Vatican II, célébrée le 8 décembre 1965. Ensuite, au début de l’année 2026, le pape Léon XIV a déclaré qu’il démarrait un cycle de catéchèses sur le concile lors de ses audiences générales chaque mercredi. 

En ce moment crucial de la vie de l’Église et du monde, il est utile de rafraîchir notre mémoire collective sur l’importance et le sens du concile, dont les documents constituent une constellation d’étoiles qui continuent à briller pour guider notre chemin au XXIe siècle.   

Le concile a été lancé par le pape Jean XXIII, qui a appelé à un renouveau (en italien, aggiornamento) non pas des contenus de la foi, mais de la manière dont l’Église présente et communique la foi. Fort de ses décennies d’expérience en tant que diplomate du Vatican dans divers pays, puis archevêque de Venise, Jean XXIII rêvait d’une Église plus pastorale, mieux équipée pour mettre les gens en contact avec la réalité de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. 

Après la mort de Jean XXIII, un an après le début du concile, c’est au pape Paul VI, nouvellement élu, que revint la décision de le poursuivre ou non. Paul VI guida le concile jusqu’à son achèvement trois ans plus tard. Par la suite, Paul VI résuma ainsi l’objectif du concile Vatican II : « rendre l’Église du XXe siècle encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité du XXe siècle » (Evangelii nuntiandi, no 2).

Au milieu du XXe siècle, Paul VI soulignait le besoin d’approfondir le dialogue entre l’Église et le monde moderne. Il comprenait qu’il ne suffisait pas de réitérer les énoncés de la doctrine ; l’Église devait s’engager dans un dialogue mutuel avec le monde moderne, avec ses diverses cultures et religions, ses joies et ses espoirs, ses angoisses et ses défis. 

Au cours des quatre sessions du concile, de 1962 à 1965, seize documents clés ont été publiés sur des sujets cruciaux pour la vie et la mission de l’Église, notamment ses relations avec le monde moderne, avec les autres confessions chrétiennes et avec les autres religions. Le double génie du concile a été : a) de présenter la foi d’une manière plus accessible, plus fructueuse et plus significative pour les gens d’aujourd’hui ; et b) de tendre les bras de l’Église pour ouvrir un dialogue avec les différentes religions, les diverses cultures et l’ensemble de la société. 

Le dernier jour du concile, le pape Paul VI a prononcé un discours qui a donné une orientation décisive à la mise en œuvre du concile. Paul VI a déclaré que le concile avait choisi d’entrer en dialogue non seulement avec les catholiques, mais avec tous et toutes. Le concile n’est pas entré en guerre avec la modernité ; il n’a pas condamné la société contemporaine, mais a cherché plutôt à développer un esprit d’amitié et de compréhension avec les hommes et les femmes de notre époque. Conscient des forces et des faiblesses du monde, le concile a choisi de mettre l’accent sur la bonté de l’humanité au-delà de son péché. En ce sens, Paul VI a caractérisé l’esprit du concile comme étant celui du bon Samaritain : rencontrer l’humanité au creux de ses blessures, avancer ensemble avec compassion et miséricorde, et s’aimer les uns les autres comme un signe de l’amour de Dieu pour tous. 

Il y a soixante ans, le pape Paul VI et le concile Vatican II ont invité l’Église et le monde à aimer nos prochains comme la manière par excellence d’aimer Dieu. Cet appel surgit du cœur de l’Évangile, que nous sommes appelés à vivre et à mettre en pratique à chaque génération. En cette période d’incertitude, de peur, de conflit et de polarisation, il est essentiel de redécouvrir Dieu dans la manière dont nous nous aimons les uns les autres. C’est ce que Paul VI a déclaré à la fin du concile : « voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Discours de clôture du concile Vatican II). Aujourd’hui, ce message est plus pressant et plus prophétique que jamais. 

Seigneur, au cœur de notre monde aujourd’hui, allume dans nos cœurs le feu de ton Évangile, comme une lumière qui nous réchauffe et qui nous éclaire sur le chemin vers ton Royaume. Amen.

Témoignage sur la route des grands sanctuaires d’Europe : Notre Dame de Fatima

Sanctuaire de Notre-Dame de Fatima au Portugal. Crédit photo : Aline Haddad.

Lisez la première partie de cet article qui couvre le pèlerinage qui a débuté en France à Notre-Dame de Lourdes et a traversé le sanctuaire de Saint Jacques de Compostelle en Espagne.

En route vers le Portugal

L’enthousiasme est resté toujours haut durant tout le pèlerinage, car ce que je vivais, ce que j’ai découvert par après et ce que tout le groupe a vécu, était plus que spirituel. 

De passage par la ville de Porto, classée patrimoine mondial de l’Unesco; une messe aussi émouvante que les autres à la chapelle de Notre Dame de la Bonne Heure qui veille sur nous à l’heure de notre naissance et celle de notre départ vers la vie éternelle. De retour au Canada et en faisant une petite recherche, j’ai compris que ce qu’on a vu n’est qu’un petit échantillon de la beauté des églises de Porto.

La visite de la ville et quelques quartiers essentiels, ainsi que le quai et une manufacture de vin Porto pour compléter la journée, nous laissant émerveillés par les couleurs de cette ville merveilleuse. 

En allant vers Fatima, notre guide nous a proposé un arrêt à Aveiro, la Venise du Portugal, où on a visité l’église Santa Casa de Misericordia, et où on a mangé et passé un peu de temps libre avant de se rendre à notre troisième sanctuaire de notre pèlerinage.

Sur le chemin, notre guide Ana nous a raconté l’histoire de Notre-Dame de Fatima et les trois petits bergers, ce qui va nous faire vivre notre première expérience émouvante lors de la messe à la chapelle de Notre-Dame des Douleurs, une des différentes chapelles à Fatima. Lors de la messe, le Père Blanchette nous demande de se tourner tous au moment des intentions. Et à notre grande surprise, on aperçoit les vitraux qui résument toute l’histoire. Ce qui rend le moment encore plus fort est la demande du père de faire notre intention pour une personne spécifique tout en contemplant le soleil tournant avec le bras levé. Quelle expérience inoubliable !

Père Jean-Luc Blanchette célébrant la messe à la chapelle de Notre-Dame des douleurs, à Fatima. Crédit photo : Aline Haddad.

Chaque soir à Fatima, beau temps et mauvais temps, on participait à la prière dans la petite chapelle, la Capelinha où Notre-Dame est apparue aux trois enfants, et à la procession mariale qui regroupe des dizaines de milliers de pèlerins de partout au monde. 

La deuxième messe à Fatima fut à la chapelle des Anges de la Paix. Les messes représentaient plus qu’une liturgie surtout avec père Blanchette qui, par ses demandes de prière la transformait en une célébration commune qui faisait vivre chaque pèlerine et pèlerin du groupe un moment marquant. Durant cette messe des intentions anonymes instantanées ont fortifié la demande de prière, car ça a été fait en groupe.

Ce qui me marque aussi est la prière jubilaire de consécration à Notre-Dame de Fatima à l’occasion du Jubilé 2025. Ainsi que la petite excursion à l’itinéraire du pèlerin « Aljustrel Et Valinhos », comme pèlerins d’espérance, on a prié le chemin de croix avant de se rendre à l’endroit où l’Ange de la Paix s’est apparu aux trois enfants en passant par des champs d’oliviers, havre de paix et de solitude. Suivie par une visite guidée vers les maisons où ont habité Lucie, François et Jacinthe.  

À Fatima, nous avons visité le musée, ainsi que la basilique et les différentes églises dont l’église de la Très Sainte Trinité, quatrième plus grande église catholique au monde pouvant accueillir presque 9000 fidèles, devant laquelle une statue du Saint Jean Paul II. 

Petites excursions de Fatima

Chemin de croix, une partie du chemin du pèlerin « Aljustrel Et Valinhos » pas loin des maisons des trois bergers de Fatima et de l’endroit de l’apparition de l’ange. Crédit photo : Aline Haddad.

Tomar est une des villes que je rêvais de visiter un jour. Une courte visite de cet endroit plein de richesse artistique et culturelle avant de se diriger vers Batalha. Le monastère de Santa Maria de Vitoria à Batalha est classé patrimoine mondial de l’UNESCO et résume deux siècles de construction pour commémorer la Victoire des portuguais sur les Castillans lors de la bataille d’Aljubarrota en 1385.

En Direction Vers Lisbonne

Avant de quitter Fatima, une messe à l’église de San Arnaldo Janssen a été célébrée pour se diriger après vers Lisbonne. Notre dernière étape du pèlerinage. En route, la suggestion de notre guide Ana pour visiter Obidos, qui veut dire un lieu élevé, était géniale. Malgré la pluie, on a été émerveillé par cette petite cité médiévale et ses ruelles étroites et bien décorées.

En temps libre à notre arrivée à Lisbonne, Mireille et moi avons profité d’une petite marche à côté de l’hôtel et la visite de la tour Vasco de Gama, haute de 145 mètres, où on a contemplé, depuis la plateforme d’observation, Lisbonne et le pont Vasco da Gama, le plus long pont en Europe qui traverse le Tage sur 17 km.

Notre dernière journée du pèlerinage 

Le monastère de Santa Maria de Vitoria à Batalha est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Crédit photo : Aline Haddad.

Notre voyage approche à sa fin. C’est notre dernière journée de ce pèlerinage plein d’émotions, de rêve et de gratitude. Un jour trop chargé qui commence par la visite du monastère des Hiéronymites ou le monastère saint Jérôme à Lisbonne.

Au retour vers le bus, Claudio, notre chauffeur, nous surprend en nous offrant des pasteis de nata fraîches et encore chaudes. Un délice succulent comme je n’en avais jamais goûté. C’était étrange : elles semblaient avoir le goût de l’ambiance, du groupe, du pèlerinage lui-même… Moi qui n’aimais pas ce dessert portugais auparavant.

Visite à pied de la ville de Lisbonne ainsi que les ruelles à côté de la porte de la Ville et la place du commerce au bord de l’eau. Repas rapide, au pouce, pour aller rejoindre le groupe et se diriger vers l’ascenseur qui va nous faciliter le trajet pour aller à pied à l’église de Saint Antoine de Lisbonne, comme les portuguais l’appellent Saint Antoine de Padoue. Quelle belle messe avec Père Blanchette et quelle surprise de pouvoir vénérer les reliques de Saint Antoine. De plus, nous avons visité l’endroit où il est né, ainsi que la cathédrale où il a été baptisé. Je n’en revient pas avoir vécu tout ça.

Nous avons terminé la journée par un tour à pied avec Ana dans le quartier d’alfama avec ses escaliers, sa particularité et son histoire. Je suis sûre que ce qu’on a vu n’est qu’un petit exemple de ce que cette belle ville, cache au monde. Nous avons eu notre soirée d’adieu à l’hôtel qui a été pleine d’émotions et d’émerveillements de ce qu’on vient de vivre ces 15 jours.

Pendant tout le pèlerinage, que ce soit en France, en Espagne ou au Portugal, Spiritours a pris le soin de nous héberger dans des hôtels confortables et accueillants. En plus les repas offerts matin et soir étaient généreux et succulents représentant souvent des mets des régions qu’on visitait. 

Cette année encore Spiritours avec Sel et Lumière Média vous propose un pèlerinage en Grèce, riche en découvertes, en spiritualité et en histoire. Je vous conseille de visiter et de réserver tôt car les places s’envolent comme du pain chaud.

 

Témoignage sur la route des grands sanctuaires d’Europe : Notre-Dame de Lourdes et Saint Jacques de Compostelle

La statue des pèlerins sur le Monte do Gozo (Mont de la Joie) près de Saint-Jacques-de-Compostelle. Crédit photo : Aline Haddad.

Lourdes – Une expérience de foi partagée

Après quelques jours passés au Château de Scalibert auprès de ma famille — ce lieu cher à mon cœur où j’avais pris le temps de me préparer intérieurement —, j’ai pris le train dernièrement à Toulouse pour rejoindre le groupe de pèlerins à Lourdes, le dimanche 12 octobre.

Ce pèlerinage, organisé par Spiritours en collaboration avec Sel + Lumière Média, rassemblait un groupe d’environ 40 personnes : des hommes et des femmes de tous âges, des couples, des sœurs, des ami.es, mais aussi plusieurs personnes venues seules, chacune avec sa propre histoire, ses intentions, ses espérances.

Nous étions accompagnés par le Père Jean-Luc Blanchette, notre accompagnateur spirituel, et par Mireille Pelchat de Spiritours, toujours attentive et bienveillante.
Sur place, nous avons aussi eu la joie d’être guidé.es par Ana, notre guide, et Claudio, notre chauffeur — tous deux originaires du Portugal et parfaitement trilingues (français, espagnol et portugais). Et qui avec leur gentillesse, leur humour et leur professionnalisme ont grandement contribué à la belle harmonie du groupe.

Même si je participais à ce pèlerinage à titre personnel, j’étais accompagnée de Mireille, une collègue de Sel + Lumière Média, avec qui j’ai partagé de précieux moments de réflexion, d’écoute et de gratitude tout au long du voyage.

 

Le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. Crédit photo : Aline Haddad.

 

Retrouver Lourdes… autrement

J’ai commencé officiellement mon pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. C’était ma sixième visite à Lourdes, ce lieu qui m’est si familier et pourtant toujours nouveau.
J’ai déjà consacré un article complet à ce sanctuaire marial qui me touche profondément :
👉 Lisez Mon article précédent sur Lourdes.

Mais cette fois-ci, quelque chose a changé.
Je n’étais plus seulement une visiteuse ou une habituée des lieux — j’étais une pèlerine parmi d’autres, marchant aux côtés d’un groupe uni par la foi et par la prière.

Pour la première fois, j’ai eu la grâce de participer à la procession aux flambeaux, qui se déroule chaque soir à la tombée du jour.
C’est un moment d’une intensité spirituelle difficile à décrire : des milliers de personnes rassemblées, chandelles à la main, priant le chapelet chacune et chacun en sa propre langue.

Quand les voix s’élèvent ensemble — Ave, Ave, Ave Maria —, le temps semble suspendu.
J’ai senti les larmes me monter aux yeux, émue par la beauté de cette prière universelle où chaque langue devient un écho du même amour pour Marie.
Dans la foule, je me suis sentie à la fois petite et immensément reliée : une goutte dans un océan de foi.

Lourdes, un lieu toujours vivant

À Lourdes, chaque visite est différente.

Ce qui est aussi la première expérience à Lourdes est de passer plusieurs jours sur le site. J’ai expérimenté les lieux d’une autre façon. J’ai pris le temps de méditer, de faire le vide et de prier. 

Cette fois encore, j’ai été frappée par la simplicité des gestes : remplir sa bouteille d’eau à la source, déposer une bougie, marcher en silence vers la Grotte, faire le signe de croix lentement, sans hâte. Rien n’est spectaculaire, et pourtant tout parle : la lumière, les chants, les visages.

C’est là, dans ce mélange d’humilité et de grandeur, que Lourdes continue de me transformer.
Et même si j’y suis déjà venue plusieurs fois, cette sixième visite a ouvert un espace intérieur nouveau : celui de la communion.
Non pas seulement entre moi et Dieu, mais entre tous ces pèlerins venus du monde entier, porteurs de leurs blessures, de leurs joies, de leurs prières.

La visite de Lourdes s’est clôturée par une petite excursion vers la croix du Pic du Jer à 1000 mètres d’altitude, et nous a permis d’observer Lourdes avec un paysage panoramique extraordinaire.

Messe en plein air à Ribadeo au bord de la Playa de las Catedrales. Crédit photo : Aline Haddad

 

De la France vers l’Espagne

Le carnet du pèlerin, préparé par le prêtre Blanchette, nous a accompagnés tout le long du voyage. Entre prière, programme du jour et les réflexions du pèlerin, cet outil était un guide pour moi. La vérité est que pour la première fois, lors d’un voyage, je prends le temps d’écrire mes pensées et mes sentiments, de peur de ne pas les transmettre avec authenticité après le pèlerinage. On a vécu tellement d’émotions que j’ai prié à tous ceux et celles que j’aime de vivre au moins une fois dans leur vie une expérience pareille.

En route vers l’Espagne et précisément en direction de Compostelle, on a prié le chapelet et récité les prières des pèlerins qui faisaient partie de ce grand pèlerinage.

Un petit arrêt à Saint-Sébastien et contemplation de la baie de la Concha, une découverte parmi les autres, avant d’arriver à Santander pour passer la nuit. Faire la route entre les sanctuaires faisait partie des expériences vécues : entre arrêt, visite rapide d’une ville en chemin ou juste pause café dans les airs de repos qui se trouvent souvent sur les autoroutes européennes. 

Mon rêve de faire le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle va bientôt se réaliser. Mais ce jour-là, en chemin vers notre destination, le père Jean-Luc nous fait une grande surprise qui est la messe en plein air à Ribadeo au bord de l’océan où se trouve les rochers en forme de cathédrale (Playa de las Catedrales). Une expérience exceptionnelle, pleine d’émotions et de prières.

Sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle. Crédit photo : Aline Haddad

Quoique je voulais faire le vrai chemin de Compostelle (marche à pieds d’un chemin complet), ce qui n’était pas une option dans ce pèlerinage ; mais faire 5 km à pied de la colline de Montjoie à Saint Jacques nous donne une version courte de ce que vit un pèlerin durant sa marche. Et je ne veux surtout pas manquer ça ! Quelle belle joie de suivre les coquilles qui guident les pèlerins sur les chemins qui se rendent à Saint-Jacques. Arrivée devant la cathédrale : je ne pouvais pas retenir mes larmes. Un autre moment fort qui a suivi la messe en espagnol où pèlerins du monde entier étaient rassemblés à la cathédrale ; c’est l’animation de l’encensoir le plus grand au monde : le Botafumeiro, qui ne fonctionne pas à tous les jours et pour notre bénédiction ce jour-là, il a été mis en action.

Après la visite du tombeau de saint Jacques, l’Apôtre, où ses reliques sont déposées, la vénération de sa statue ainsi que le musée où se trouve la seule statue au monde de la Sainte Vierge enceinte, nous avons eu un temps libre pour manger et acheter nos souvenirs. Simple n’est ce pas ? Mais là aussi j’ai vécu quelque chose de touchant. En attendant pour payer mon sous-verre que j’achetais comme souvenir, une pèlerine que je ne connais pas a insisté pour me l’offrir, ce qui m’a vraiment émue, car cet esprit on le voit sur tous les visages des pèlerins. Une joie indescriptible m’envahissait: donner et recevoir avec foi.

Je ne cache pas mon désir d’y retourner un jour avec ma fille à Saint-Jacques de Compostelle en empruntant un des chemins à pied.

Restez à l’affût pour le reste du pèlerinage à Notre Dame de Fatima dans un prochain article.

Cette année encore Spiritours avec Sel et Lumière Média vous propose un pèlerinage en Grèce, riche en découvertes, en spiritualité et en histoire. Je vous conseille de visiter et de réserver tôt car les places s’envolent comme du pain chaud.

Mais, dis-maman… que font les pauvres à Noël ?

En ce temps de l’Avent, nous sommes heureux de vous présenter notre série « Voix d’Espérance de Noël  ». Cette période de préparation à la naissance du Christ est un moment riche en récits, en expériences et en traditions qui façonnent ce qu’elle représente pour chacun de nous.

Pour nourrir votre espérance durant ce mois d’attente et d’anticipation, nous invitons des membres de la famille de Sel + Lumière Média à partager la manière dont leurs traditions de l’Avent et de Noël ont influencé leur propre parcours et celui de leurs communautés.

La réflexion du jour nous vient de Mireille Haj-Chahine, associée bilingue et chargée des relations avec les donateurs.

Quel est votre souvenir d’enfance préféré de Noël ? 

Quel est votre souvenir d’enfance préféré de Noël ? 

Le temps de Noël est un temps de joie, de prière et de réunion familiale, il est aussi un temps d’amour, de partage, de réconciliation et de miséricorde.  Comme j’ai perdu mon père étant très jeune, ma mère prenait en charge toute la famille avec ses multiples exigences. Dotée d’une grande foi, elle consolida son existence encore et encore dans la prière, la récitation du chapelet et la messe quotidienne. Elle veilla à nous inculquer les bonnes valeurs chrétiennes et catholiques et à les mettre en pratique. Chez nous, la fête de la sainte Barbe, qui avait lieu le 4 décembre, était le point de départ pour que chacun.e se prépare à s’occuper de la maison, participer à la décoration du grand sapin dressé au coin du salon avec les cadeaux en-dessous et de la crèche montée avec du carton et du papier tacheté. On ajoutait les Rois mages et les animaux et on attendait minuit sonnant pour ajouter l’Enfant-Jésus, le Sauveur nouveau-né. Nous tenions à ce qu’elle reste simple, humble à l’image de celle de Bethléem. Maman tenait, avec gaité de cœur, à faire plaisir à chacun.e chez nous. Elle nous préparait les cadeaux, la bouffe, telle que la dinde qui embauma par son parfum toute la maison, sans oublier le taboulé, les feuilletés, les divers soufflés et tant bien d’autres plats délicieux, etc. La veille de Noël était remarquable et tout le monde mettait la main à la pâte. 

En plus de l’ambiance féérique éclairée par des lumières multicolores, les chants de Noël retentissaient, l’odeur de la très bonne dinde remplissait la maison, et les autres plats sophistiqués que ma mère nous préparait spécialement pour le réveillon et la fête de Noël. 

Mon souvenir d’enfance va peut-être étonner plusieurs lectrices et lecteurs d’entre vous ! Car ces moments sertis de joie, de gratitude et de gaieté, étaient pour toute la famille et la parenté présente, des moments marqués par la foi et les échanges complices et joyeux. Tandis que pour moi, j’avais les larmes aux yeux et je pleurais pendant de longues heures sans comprendre à fond ce qui se passait en moi… Stupéfaite, maman me questionnait sur ce qu’il n’allait pas bien : « Avais-je manqué de quoi, me disait-elle ? Et me répétait sans cesse que nous devons être contents et super joyeux, en particulier la veille de Noël, et qu’il n’y a pas de place pour de la tristesse ou de la mélancolie.  

Je n’avais dans le cœur et sur la bouche que ceci : « Mais dis maman …. Et les pauvres que font-ils ce soir ? Qui s’occupent d’eux ou d’elles ? » Maman voulait que je regagne le cercle de mes cousin.es le plus tôt et que je mette de côté ce qui me troublait, en portant dans mes prières les pauvres et les moins choyé.es par la vie.

Ce questionnement a teinté toute ma vie après. Je me suis lancée dans la quête des belles valeurs de partage, d’amour du prochain et surtout des pauvres. Je cherchais le moyen par lequel je pouvais aider à afficher un sourire sur le visage d’une personne triste, endeuillée, etc. à l’assister pour qu’elle puisse connaître un bonheur normal et pour que sa souffrance s’éloigne et trouve un peu de douceur. Ce moment de conscience et de foi était ma source de joie. Et plus je faisais du bien, plus j’avais la joie au cœur !

 

Voici comment un chant de Noël, un passage des Écritures, une pratique liturgique, ou une préparation à l’Avent peuvent-ils m’inspirer chaque année :  

Chaque jour, c’est un Noël pour moi. Cette fête au quotidien guidée par une conscience humaine, pleine de miséricorde, d’amour et jalonnée de bonnes œuvres, façonne ma personne pour que je sois toujours constante et cohérente dans ce que j’ai à accomplir. 

Le chant de Noël qui m’inspire le plus est : « C’est Noël chaque fois …. Et que je fredonne toujours !

C’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme dans les yeux d’un enfant

C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes, chaque fois qu’on s’entend.

C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre et qu’on ouvre les mains.

C’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin.

Refrain

C’est Noël sur la terre chaque jour,

Car Noël, Ô mon frère, c’est l’Amour.

 

C’est Noël quand nos cœurs, oubliant les offenses, sont vraiment fraternels.

C’est Noël quand enfin se lève l’espérance d’un amour plus réel. 

C’est Noël quand soudain se taisent les mensonges faisant place au bonheur

Et qu’au fond de nos vies la souffrance qui ronge trouve un peu de douceur.

Refrain…

C’est Noël dans les yeux du pauvre qu’on visite sur son lit d’hôpital.

C’est Noël dans le cœur de tous ceux qu’on invite pour un bonheur normal.

C’est Noël dans les mains de celui qui partage aujourd’hui notre pain.

C’est Noël quand le gueux oublie tous les outrages et ne sent plus sa faim.

Refrain…

Les paroles d’un chant de Mère Teresa

https://www.youtube.com/watch?v=SVawuGD24QU, m’inspirent au plus haut point : « Donne tes mains pour servir, et ton cœur pour aimer ». Nous ne pouvons pas rester passifs !! Il faut agir, bouger, faire, aider… Cela me rappelle une réplique que je répétais sans cesse en arrivant chez moi, car je partageais au sein de ma famille ce que j’ai vu ou entendu de misérable ou de douloureux la journée et qui me touchait beaucoup. J’entendais ma sœur qui me disait : « …mais il ou elle a un Dieu, Mireille ». Je m’entendais répliquer : « Oui, sans aucun doute. Mais je veux et je peux faire quelque chose … ». Je tournais le dos aux préjugés et je passais à l’action, au service !

Nous pouvons toujours faire quelque chose, offrir un don, effectuer un petit geste, afficher un sourire ou être présent.e et écouter avec du cœur. Cette écoute active, cette présence à l’autre, n’est pas juste liée à mon domaine d’études en Sciences humaines ; mais de notre relation de base en tant qu’être social, des êtres en relation. À mon humble avis, c’est cela être catholique ! Avoir à penser à l’autre, aller vers l’autre et lui tendre la main …   

Je me rappelle chaque année dans ma paroisse, mon implication dans l’animation de la belle célébration de la messe de minuit. Je faisais partie de la chorale, j’ai fait la lecture, présenté les intentions, etc.  Ceci me remplissait le cœur de joie, d’allégresse et de gratitude. 

Comment intégrer mes valeurs catholiques et ma vision du monde dans mon ministère, ma vie quotidienne ou mes relations ?

Mes valeurs catholiques sont le « fuel » de mon existence, le moteur de ma conduite et de mon discernement. Agir avec amour, respect et compassion en s’entretenant avec les autres, que ce soit dans ma vie quotidienne ou dans mon travail, va dans la même lignée tracée sur les pas de mes bien-aimés parents défunts. 

La vision du monde que j’adopte est pleine d’empathie, d’amour et d’aide. Chacun.e de nous a une mission à accomplir. Comme nous sommes des êtres créés à l’image de Dieu et baptisés, nous sommes aussi invités à être envoyés dans le monde pour répandre la Bonne Nouvelle. C’est pourquoi, nous devons être conscient.es de cette grande responsabilité qui nous est donnée pour passer à l’action, s’ouvrir à l’autre, etc. N’hésitons donc pas à agir. Laissons la passivité de côté et impliquons-nous !  

En tout temps, mon action est teintée par mes valeurs catholiques inculquées dans mon enfance, dans ma famille et mes rapports avec les autres. À l’exemple de mes parents qui mettaient le Christ au centre de leur vie, je me souviens de ma mère qui nous répétait souvent : « Si on ne vous a rien laissé, … vous avez au moins un héritage spirituel et catholique dont nous en sommes très fiers ».

Je suis trop chanceuse et je remercie Dieu de m’avoir donné des parents débordants de foi, de compassion, de miséricorde et d’amour du Christ, du prochain et surtout du pauvre. Oui, du pauvre…. Le surnom de mon propre père était : le saint, l’homme de Dieu sur terre et le père des pauvres ! En toute reconnaissance, je peux dire que je viens d’une famille qui baigne dans la foi, la prière et les bonnes actions. Je vais avoir de la peine si j’entends quelqu’un.e malade, endeuillé.e ou qui souffre et que je reste indifférente. C’est plus fort que moi ! Je dois penser à lui venir en aide, lui rendre visite et à penser comment puis-je pousser plus loin sa souffrance, le ou la laisser reprendre un peu son souffle et retrouver un bonheur normal.  

Le Seigneur, sans aucun doute, m’a donné de multiples talents pour que je les utilise dans toutes les sphères de ma vie, et ne pas les garder de côté. J’en suis profondément reconnaissante ! et je suis la même personne au sein de ma famille, dans mon travail, dans ma vie quotidienne et dans mes relations avec les autres. J’essaie toujours de faire de mon mieux et de présenter le meilleur de moi-même. Puisque je vise en premier l’autre qui a un cœur qui bat, donc est comme moi. Ce que j’aimerais avoir pour moi-même, je l’offrirais à l’autre !

Ainsi, plusieurs valeurs catholiques teintent les différents aspects de ma vie quotidienne. Au travail, mon rôle d’Associée bilingue et chargée des relations avec les donatrices et les donateurs, est la continuité de ce que je possède comme valeurs ancrées, croyances vives et pratiques solides de la foi. 

Au niveau professionnel, communautaire et social, le respect, l’écoute active et la gratitude sont de mise. Sans oublier l’empathie et l’espérance qui se ressent lors d’un entretien, par exemple, avec les donatrices et les donateurs. 

Je crois vivement que sourire à un frère, lui tendre la main, le laisser parler, l’écouter sans porter un jugement et agir en tournant le dos aux préjugés sont des gestes simples qu’on peut faire facilement. Je peux témoigner de la vraie souffrance durant le temps de la COVID 19 : Cet exemple criant de ce qu’une personne vivant avec le sentiment de solitude ou d’abandon peut nous offrir comme leçon. Quelques-un.es nous ont appelé, car ils ou elles n’avaient personne à qui parler, à qui se confier ou craignaient de mourir seul.es sans être nécessairement en réconciliation avec le Seigneur, et tenaient absolument à accéder à un prêtre. D’autres qui souffraient en silence n’avaient plus le goût de vivre ou ne voyaient plus d’issue à leur douleur. 

Ma façon de les accueillir, les écouter activement, c’était de l’accompagnement psychologique et spirituel que je faisais. Je leur parlais de prier saint Charbelle médecin du Ciel, ce moine et ermite libanais qui pourrait intercéder -pour elles et pour eux-, puisqu’il continue jusqu’à nos jours à faire des miracles. Rappelons ici, que récemment le pape Léon XIV s’est recueilli et a prié devant la tombe de saint Charbel à Anaya, lors de sa visite apostolique au Liban. Mon action était ainsi guidée par ces mêmes valeurs de compassion, d’espérance, de respect, de patience et surtout de bienveillance et d’amour.

Je lance ici un appel urgent, à toutes et à tous : « Donnez avec du cœur en ce temps de Noël, surtout pour la personne qui a faim, qui est dans le besoin et qui dépend d’une banque alimentaire ». Car de nos jours, les banques alimentaires malgré leur mission essentielle, ne peuvent pas corriger des facteurs entravant leur développement… Par notre geste, nous pouvons certes alléger la faim et ne pas l’effacer complètement ; mais la reculer plus loin ! De plus, nous avons la responsabilité de soutenir les fondations qui s’occupent de nos sœurs et nos frères qui ont soif d’une nourriture spirituelle, de la miséricorde entre les un.es les autres, et de l’espérance pour continuer à vivre et à fonctionner, telles que Sel + Lumière Média. Après tout, rien ne vaut un : « Merci beaucoup, Mme Mireille, pour votre soutien, votre bienveillance et votre foi. Cela m’a fait du bien de vous avoir au bout du fil. Ou encore, merci pour votre belle mission qui redonne un nouveau souffle à ma vie ».

Voici un autre exemple vécu récemment : J’ai vu une dame qui devait retourner chez elle pendant la grève des moyens de transports, à Montréal, après la messe de dimanche matin. Sur le parvis, elle attendait impatiemment d’avoir un « lift », mais les fidèles ignoraient totalement sa situation, malgré l’annonce du prêtre à son sujet. Le froid, la neige et l’humidité semblaient ne pas trop la décourager. Elle décida de rentrer à pied et ne savait pas quoi faire… Je lui ai offert de l’argent pour qu’elle puisse se payer un taxi. Une chose qu’elle a faite ! Elle n’arrêtait pas de me remercier pour ma sensibilité face à son besoin criant, et surtout qu’il faisait très mauvais ce jour-là. Mes ami.es qui me voyaient passer à l’action, n’en revenaient pas que j’ai été la seule à sentir l’appel d’intervenir pour lui venir en aide. Et vous qu’aurez-vous fait dans une telle situation ? Comment accomplir de bonnes actions et mettre en pratique vos valeurs et vos talents ? 

Un joyeux Noël à toutes et à tous et une Nouvelle année dans la joie et la paix à vous et à vos proches ! 

Un Noël différent | Voix d’Espérance de Noël

En ce temps de l’Avent, nous sommes heureux de vous présenter notre série « Voix d’Espérance de Noël  ». Cette période de préparation à la naissance du Christ est un moment riche en récits, en expériences et en traditions qui façonnent ce qu’elle représente pour chacun de nous.

Pour nourrir votre espérance durant ce mois d’attente et d’anticipation, nous invitons des membres de la famille de Sel + Lumière Média à partager la manière dont leurs traditions de l’Avent et de Noël ont influencé leur propre parcours et celui de leurs communautés.

La réflexion du jour nous vient de notre collègue Marjorie Poliquin.

Quel est votre souvenir d’enfance préféré de Noël ?

Je me souviens d’un Noël au cours de mon enfance, qui ne fut pas comme les autres. Cette année-là, une partie de notre appartement avait brûlé. Ma mère n’avait pas du tout la tête à la fête. Toutefois, elle désirait que moi, sa fille, puisse tout de même passer un beau Noël. Alors, elle m’avait envoyée passer le réveillon et le Jour de Noël dans la famille d’une amie à moi.  J’ai très peu de souvenir de l’ambiance, de ce que nous avions fait et de ce que nous avions mangé. Ce dont je me souviens, et je m’en rappelle comme si c’était hier : ma mère m’avait fait un cadeau, que j’avais déballé là-bas, dans cette famille, la veille de Noël. C’était un coffre à bijoux musical, en forme de cœur.  Lorsqu’on l’ouvrait, une musique classique jouait. Ce soir-là, après l’avoir déballé, j’étais tellement émue, tellement contente, tellement triste et tellement nostalgique. Ma mère me manquait, ma famille me manquait, c’était mon premier Noël sans ma famille. Malgré tout, ce cadeau m’avait apporté une forme de joie, de consolation et de réconfort. 

J’ai gardé ce coffre à bijoux pendant plus de 30 ans. J’ai dû le jeter car il était devenu trop endommagé. Pendant ces 30 années, chaque fois que je l’ai pris dans mes mains, que je l’ai ouvert et que j’ai entendu cette musique, ça m’a ramené à ce Noël d’enfance que je n’avais jamais oublié. C’est comme si ma mère m’avait dit, même si tu ne me vois pas, je suis là avec toi et je pense à toi. 

C’est comme Jésus qu’on ne voit pas, mais qui est là. Qui peut être là, dans notre cœur, si on lui ouvre la porte de son cœur. Il est là pour nous apporter la joie, l’amour, la consolation, le pardon et le réconfort, dans nos épreuves de la vie. 

Ce Noël faites-vous le cadeau d’ouvrir votre cœur à Jésus, si vous l’avez déjà fait, vous pouvez le faire à nouveau. Oui, Jésus c’est vraiment le plus beau des cadeaux pour Noël, ça durée de vie est éternelle!

Quel est le sens des portes saintes ? Jésus est la porte qui ne ferme jamais

Porte Sainte de Santa Maria Maggiore à Rome, avec les armoiries de Saint Jean-Paul II sculptées au sommet. Wikimedia Commons.

Pour clôturer l’année jubilaire, les portes saintes qui ont été ouvertes il y a un an seront fermées. Au cours de cette année, des milliers de pèlerins ont pu vivre la démarche de passer la porte sainte ici à Rome. J’ai eu la chance de vivre cette expérience aux quatre basiliques majeures : Saint-Pierre, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran, et Saint-Paul-hors-les-murs. 

Au terme de ce Jubilé de l’espérance, nous pouvons nous demander : quel est le sens de la porte sainte ?

Dans l’Église catholique, il n’existe qu’une poignée de portes saintes à travers le monde. Outre les quatre basiliques majeures de Rome, elles ont également été installées dans certains autres sites d’une grande importance spirituelle. La seule porte sainte au Canada, et dans l’ensemble des Amériques, se trouve à la basilique Notre-Dame-de-Québec. Elle a été inaugurée en 2013 pour commémorer le 350e anniversaire de la première paroisse en Amérique du Nord. Les portes saintes ne sont ouvertes que pendant les années jubilaires – généralement tous les 25 ans ou pour des anniversaires particulièrement importants – et attirent des milliers de pèlerins qui franchissent leur seuil. Elles sont scellées entre deux jubilés. Le pape François a ouvert la porte sainte de la basilique Saint-Pierre la veille de Noël, le 24 décembre 2024. La porte sainte sera fermée par le pape Léon XIV à la fin du Jubilé, le jour de l’Épiphanie, le 6 janvier 2026.

Chaque porte sainte est une véritable œuvre d’art, spécialement décorée avec les symboles de notre foi. Mais en réalité, la signification des portes saintes ne réside pas tant dans la porte elle-même. Les portes saintes ne sont pas magiques ; elles n’ont aucun pouvoir particulier. L’important est plutôt le cheminement intérieur des pèlerins qui franchissent la porte, en passant son seuil. En d’autres termes, une porte sainte est une occasion de pèlerinage, vers et à travers la porte, comme un signe de notre cheminement dans la vie, avançant avec foi, espérance et confiance en Dieu. 

En fin de compte, la porte sainte est un signe du Christ, qui s’est appelé lui-même la Porte de ses brebis (Jean 10,7-10). Le Christ est le chemin que nous sommes appelés à suivre, en tant que chrétiens et en tant qu’êtres humains. En lui est la plénitude de la vie, et par lui nous cheminons vers la vie éternelle. Il est notre Porte vers la maison du Père. Il est notre chemin vers le ciel. Il est le pont qui conduit toute l’humanité vers le salut. Il est le Berger qui nous guide doucement vers des pâturages verdoyants et nous porte sur ses épaules quand nous en avons besoin. 

Jésus est le chemin qui mène au cœur du Père. C’est à travers lui que l’amour du cœur du Père nous atteint. De même, c’est à travers Jésus que nous faisons notre chemin vers le Père. 

En ce sens, que vous soyez à Rome pendant cette année jubilaire ou non, chaque jour est une occasion de franchir le seuil de la porte sainte qu’est le Christ. En particulier dans les moments d’obscurité, de difficulté et de désespoir – dans notre propre vie et dans la vie du monde – nous pouvons aller de l’avant avec espérance et confiance en mettant notre foi dans le Christ et en cheminant avec lui vers l’avenir qu’il nous ouvre. 

Le Christ a le pouvoir d’ouvrir une voie là où il n’y en a pas. La porte de son cœur ne se ferme jamais. Il frappe à la porte de nos cœurs et demande à entrer, à rester avec nous et à nous porter sa lumière. Lorsque nous l’accueillons, il nous accueille à son tour. Il franchit le seuil de notre vie quotidienne et nous franchissons le seuil de la sienne pour recevoir chaque jour davantage la plénitude de son amour et de sa vie.

« Parce que, même si la Porte Sainte se ferme, la vraie porte de la miséricorde reste pour nous toujours grande ouverte, le Cœur du Christ. Du côté percé du Ressuscité jaillissent jusqu’à la fin des temps la miséricorde, la consolation et l’espérance » (Pape François, Homélie à la messe pour la clôture du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, 20 novembre 2016).

Jésus, tu es le chemin, la vérité et la vie. Tu es notre porte d’espérance qui nous ouvre à l’avenir. Nous voulons marcher en toi et avec toi. Guide nos pas sur le chemin de la paix et du salut que tu ouvres pour nous tous. Amen.

 

En attendant l’anniversaire de Jésus | Voix d’Espérance de Noël

Sœur Orianne avec sœur Mary Joane Caritas. Photo publiée avec autorisation.

En ce temps de l’Avent, nous sommes heureux de vous présenter notre série « Voix d’Espérance de Noël  ». Cette période de préparation à la naissance du Christ est un moment riche en récits, en expériences et en traditions qui façonnent ce qu’elle représente pour chacun de nous

Pour nourrir votre espérance durant ce mois d’attente et d’anticipation, nous invitons des membres de la famille de Sel + Lumière Média à partager la manière dont leurs traditions de l’Avent et de Noël ont influencé leur propre parcours et celui de leurs communautés.

La réflexion du jour nous vient de Sr Orianne Pietra René, FSP, qui écrit sur une expérience de Noël qui l’a rapprochée de Dieu d’une manière nouvelle.

Bienvenue à l’Avent et à notre série « Voix de l’espoir à Noël : histoires et réflexions pour la saison ». Cette période de préparation à la célébration de la naissance du Christ est riche en histoires, en expériences et en traditions qui définissent ce que cette saison signifie pour chacun d’entre nous.

Pour vous inspirer d’espoir pendant ce mois d’attente et d’anticipation, nous avons invité des membres de la famille Salt + Light Media à partager la façon dont leurs traditions de l’Avent et de Noël ont marqué leur propre parcours et celui de leurs communautés.

La réflexion d’aujourd’hui nous vient de Sr Orianne Pietra René, FSP, qui écrit sur une expérience de Noël qui l’a rapprochée de Dieu d’une manière nouvelle.

Quelques années avant d’entrer au couvent, j’ai vécu un Noël que je n’oublierai jamais. J’étais au Japon pour rendre visite à ma famille, profitant de mes vacances d’hiver après avoir enseigné à l’école primaire. Les rues de la ville étaient animées par de magnifiques lumières, des chansons sur le thème des fêtes, du matcha inspiré de Noël et des décorations chaleureuses. Il y avait une absence notable de tout ce qui concernait Jésus, mais cela ne m’a pas surprise. Je ne m’attendais guère à voir des crèches ou à entendre des vœux de « Joyeux Noël » dans un pays où moins de 2 % de la population est chrétienne. Mais même si j’avais anticipé l’absence de crèches, d’hymnes ou de « Joyeux Noël », je n’avais pas prévu le sentiment de vide et de solitude que cette absence allait me laisser. Ce n’était pas seulement parce que les traditions que je connaissais et aimais manquaient, mais aussi parce que je réalisais ce qui manquait – ou qui manquait – aux personnes incroyables qui m’entouraient. Je me suis demandé combien de personnes qui passaient à côté de moi dans la rue avaient déjà entendu parler de Jésus. 

Puis, à l’approche de la veille de Noël, je me suis rendu compte d’autre chose :

Il n’y avait pas d’église catholique à proximité. De plus, je n’avais pas facilement accès à un moyen de transport sûr pour me rendre seule à une église plus éloignée.

Ce fut le premier (et unique) Noël depuis que je suis devenue catholique où je n’ai pas pu célébrer la naissance du petit Jésus à la messe. Les circonstances n’étaient la faute de personne, et je me suis efforcée de rester joyeuse et de profiter de ma famille et de nos aventures… mais à l’intérieur, je ressentais une tristesse dont l’intensité m’a surprise. C’était la tristesse de manquer un jour saint d’obligation, même si je remplissais les critères pour obtenir une dispense. Plus encore, j’avais l’impression de manquer l’anniversaire de la personne que j’aimais le plus. Je voulais de tout mon cœur célébrer avec lui à la messe, entourée de ceux que j’espérais ardemment connaître, aimer et célébrer aussi. J’ai prié d’une manière très particulière la veille de Noël, en union avec ceux qui célébraient à travers le monde, et j’ai chanté « Joyeux anniversaire » à l’enfant Jésus à voix basse, surprise par les larmes de nostalgie qui accompagnaient la mélodie.

Le lendemain matin, jour de Noël, j’étais avec ma famille dans une papeterie. J’ai choisi des post-it qui avaient un charme que seuls les créateurs japonais de papeterie peuvent apporter. Je savais que mes élèves adoreraient les voir apparaître sur leurs devoirs corrigés pendant le reste de l’année. Je les ai apportés à la caisse, me fiant à l’écran du caissier pour connaître le montant exact à payer, car nous ne parlions pas la même langue. Il a emballé mon petit paquet avec soin et précision et me l’a remis à deux mains. Je l’ai accepté à deux mains et l’ai remercié en disant « arigato ». Je me suis détourné pour rejoindre ma famille et j’avais fait quatre ou cinq pas depuis la caisse lorsque je l’ai entendu m’appeler dans un anglais approximatif : « Joyeux Noël ! »

De gauche à droite, les sœurs Orianne, Margaret Edward, Mary Domenica, Fay Josephine et Mary Joane Caritas.

Je me suis figée pendant une fraction de seconde, puis je me suis retournée avec un immense sourire illuminant mon visage. J’avais les larmes aux yeux et la joie dans la voix avant même de réaliser que je répondais : « Joyeux Noël ! »

C’était une interaction toute simple. Mais elle m’a transformé. Dans ce geste simple et courageux d’une caissière saluant un étranger avec un mot de son pays natal, Jésus m’a rappelé trois choses : qu’il était avec moi ce Noël-là, qu’il m’attendait à la messe et qu’il était aussi à l’œuvre parmi les gens de cet endroit – il ne les avait pas abandonnés non plus. 

Ce jour-là, Jésus a instauré une nouvelle tradition de Noël avec moi. J’ai commencé à prier pour qu’il naisse dans le cœur de ceux qui ne le connaissaient pas encore. Plusieurs années plus tard, j’ai passé mon premier Noël dans un couvent avec les Filles de Saint-Paul. C’est là que j’ai commencé à réaliser que Jésus avait semé dans mon cœur des graines qu’il souhaitait voir grandir davantage dans l’appel à la vie religieuse. Cette tradition qu’il a instaurée avec moi s’est aujourd’hui transformée en une prière spéciale de nos sœurs pour ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ. D’une manière particulière, je pense toujours au peuple japonais dans nos prières de Noël, confiante que le Saint-Esprit continue son œuvre pour que l’Évangile porte pleinement ses fruits là où le Christ n’est pas encore largement connu. Grâce aux prières et au travail des chrétiens du monde entier, et grâce à l’ouverture de cœur particulière qu’apporte la période de Noël, j’attends avec impatience le jour où nous, de toutes les nations, chanterons joyeusement le chant des anges de cette nuit fatidique : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

+Gloria Deo, pax hominibus+

 

Qui est John Henry Newman ? Docteur de l’Église et maître du cœur

Buste de Saint John Henry Newman au Trinity College, Oxford. Wikimedia Commons.

Ce fut une expérience émouvante d’assister à la messe sur la place Saint-Pierre lorsque le Pape Léon XIV a déclaré Saint John Henry Newman docteur de l’Église le 1er novembre dernier, jour de la solennité de la Toussaint. John Henry Newman (1801-1890) avait été béatifié par Benoît XVI en 2010 et canonisé par le Pape François en 2019. Il est le plus récemment nommé des trente-huit docteurs de l’Église dans les deux millénaires d’histoire du christianisme. 

Mais qui est Newman et quelle importance qu’il soit désormais docteur de l’Église ?

Les docteurs de l’Église sont avant tout des enseignants que l’Église offre à toutes les générations (le mot « docteur » vient ici du latin signifiant « enseignant »). Ce sont des hommes et des femmes reconnus dans toute l’Église universelle non seulement pour leur sainteté, mais aussi pour leur contribution exceptionnelle à la théologie chrétienne et à l’enseignement de l’Église. La pensée de Newman a eu un impact profond sur la doctrine catholique au cours du siècle dernier, et il a été l’une des figures intellectuelles les plus citées au Concile Vatican II. Sa pensée a particulièrement influencé la rédaction de la constitution dogmatique sur la révélation divine Dei Verbum, notamment sa notion du développement de la doctrine, ainsi que la déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, en particulier sur le thème de la conscience. L’héritage de Newman comprend les Centres Newman, qui sont des communautés catholiques étudiantes sur les campus universitaires du monde entier. J’ai découvert Newman pour la première fois pendant mes études à l’Université McGill à Montréal, en vivant et en travaillant au Centre Newman qui se trouve sur la rue Peel. Newman a également influencé de manière significative le chemin de la synodalité que l’Église entreprend actuellement, car il encourageait la formation, la consultation et la collaboration avec les laïcs et il enseignait que la doctrine de l’Église évolue naturellement au fil du temps. 

Newman avait un esprit brillant et était un écrivain prolifique. Il est peut-être le théologien le plus important du XIXe siècle, en tout cas dans le monde anglophone. Mais ce que j’admire le plus chez Newman, c’est la façon dont il a mis sa vie en jeu pour rester fidèle à sa foi, s’abandonnant avec une confiance radicale en Dieu. 

Newman n’était pas un martyr au sens strict du terme. Il n’est pas mort pour sa foi. Pourtant, il était prêt à tout perdre pour rester fidèle à ses convictions. Le titre d’une de ses biographies résume bien cela : « Une vie sacrifiée ». En se convertissant de l’anglicanisme au catholicisme, Newman est passé du statut de professeur prestigieux à Oxford et de prêtre anglican très respecté à celui de paria, rejeté par la société. Il a perdu son emploi. Sa réputation a été détruite. Ses amis l’ont abandonné. 

Les choix de vie dramatiques de Newman n’étaient pas le résultat d’une crise de la quarantaine, mais plutôt une réponse courageuse aux inspirations de Dieu dans son cœur. La devise de Newman était « Le cœur parle au cœur » (Cor ad cor loquitur), une citation tirée des écrits de Saint François de Sales. Dieu ne cesse jamais de parler à nos cœurs, et nous pouvons lui parler à partir des nôtres. Le dialogue d’amour permanent entre le cœur de Dieu et celui de Newman était le fondement de la vie et des décisions du saint anglais. C’était son ancrage dans les mers agitées, sa lumière au milieu des ténèbres environnantes et sa boussole lorsque la voie à suivre semblait incertaine. 

La relation sincère que Newman entretenait avec Dieu se reflétait dans la manière dont il abordait ses relations avec les autres. Il laissait cette conversation permanente entre son cœur et Dieu résonner dans ses écrits, dans sa manière de servir les autres et dans les amitiés qu’il a nouées tout au long de sa vie.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de Newman aujourd’hui ? Newman avait une intelligence phénoménale, mais il nous montre que ce qui importe le plus, ce n’est pas la connaissance intellectuelle, mais la connaissance du cœur. À une époque où il est de plus en plus courant de tenir des discours qui divisent et de prôner des idéologies polarisantes, Newman nous enseigne à parler avec notre cœur. Comme dans la vie de Newman, cela signifie non seulement laisser nos cœurs se parler, mais surtout laisser Dieu parler à nos cœurs et guider nos pas, afin que son amour et sa bonté puissent se répercuter dans nos vies et dans notre monde.

Saint John Henry Newman, maître de l’intelligence du cœur, priez pour nous.

Au port de Beyrouth, prière d’espérance du pape pour le Liban

Vue panoramique du port de Beyrouth où s’est produite l’énorme explosion du 4 août 2020. Istock

Vous pouvez suivre notre couverture médiatique du voyage apostolique du pape Léon XIV au Liban à partir de demain sur Sel + Lumière TV et Sel + Lumière Plus. Visitez slmedia.org/fr/turquie-liban pour en savoir plus.

Le Liban est connu pour sa diversité religieuse unique : on y compte officiellement dix-huit communautés reconnues par l’État. Parmi elles, le christianisme occupe une place centrale et se répartit principalement entre deux grandes appartenances : l’Église orthodoxe et l’Église catholique. Du côté catholique, on retrouve plusieurs Églises orientales en communion avec Rome, notamment l’Église maronite — la plus nombreuse — ainsi que les Églises : melkite grecque-catholique, arménienne catholique, syriaque catholique, chaldéenne et latine (romaine). Chacune possède son propre héritage liturgique, spirituel et culturel, ce qui contribue à la mosaïque religieuse du pays. 

Cette diversité a profondément influencé non seulement la culture, la vie politique et l’architecture libanaises, mais aussi la population elle-même, façonnant une société.

Au-delà du système politique libanais, qui reste fortement confessionnel, la réalité quotidienne est bien différente : les Libanais et les Libanaises vivent, étudient et travaillent ensemble dans une grande spontanéité. Je me souviens d’ un cours que je suivais au Centre-ville de Beyrouth : nous étions douze étudiant.es, chacun.e issu.e d’une communauté différente. Cette diversité ne créait aucune barrière; au contraire, elle était et est toujours source de richesse parce qu’au Liban, on se côtoie naturellement dans la vie de tous les jours. C’est souvent lorsque la politique s’en mêle que les tensions réapparaissent, comme si certains s’efforçaient d’appliquer le vieux principe du « diviser pour régner ». Cette dualité entre convivialité quotidienne et manipulation politique est une réalité profondément ancrée dans l’expérience libanaise.

Depuis toujours, le Liban a été une terre marquée par des tensions : des siècles de conflits, de guerres de succession et d’invasions étrangères ont marqué son histoire. Diverses civilisations : Romains, Perses, Ottomans, Français, et bien d’autres,  ont tour à tour occupé ce territoire, profitant parfois des divisions locales. Tel que la guerre civile (1975-1990) qui s’est conclue avec une occupation syrienne qui a duré quinze ans. Un grand rassemblement de tous les Libanais et Libanaises en 2005 a mis fin à cette période. Toutefois, l’ombre de l’occupation et des rivalités ne s’est jamais tout à fait estompée.

Les cinq dernières années

Au cours des cinq dernières années, le Liban a traversé certaines des épreuves les plus difficiles de son histoire récente : 

  • L’effondrement financier de 2019, né d’un soulèvement populaire menant à une crise bancaire, a fait disparaître les économies de toute une population et dissous une classe moyenne autrefois solide ; 
  • La dévaluation brutale de la livre libanaise a entraîné une inflation galopante et rendu l’accès aux biens essentiels toujours plus ardu ; 
  • La pandémie de COVID-19 est survenue en plein chaos, aggravant pauvreté, fragilité sociale et difficultés d’accès aux soins ; 
  • Puis l’explosion ou blast du port de Beyrouth le 4 août 2020 : l’une des plus violentes non nucléaires de l’histoire moderne, a dévasté la capitale, causant plusieurs centaines de morts, des centaines de milliers de déplacé.es et plus de dix milliards de dollars de dégâts ; 
  • Enfin, en 2024, une nouvelle guerre le long de la frontière sud, marquée par bombardements et destructions massives, a forcé plus d’un million de personnes à fuir, rendant certaines zones inhabitables.

Cette succession de crises économiques, sanitaires, humaines et militaires révèle un pays profondément éprouvé, mais jamais entièrement brisé malgré la fragilité de l’État, la corruption persistante et les tensions régionales. Mais elle a cependant laissé derrière elle une population déboussolée, et une jeunesse de plus en plus désespérée, souvent poussée à envisager de quitter le pays faute de perspectives dans leur propre patrie. 

La visite du pape Léon XIV, un messager de paix

La visite historique du pape Léon XIV au Liban, du 30 novembre au 2 décembre 2025, revêt une signification particulièrement forte, après des années de souffrance et d’épreuves pour le pays. Il vient porter un message de paix et d’espérance — non seulement aux Libanais et Libanaises sur place, mais aussi à toute la diaspora libanaise, qui suit avec anxiété le sort de son pays. 

Léon XIV n’est pas le premier pape à fouler le sol libanais : trois de ses prédécesseurs l’ont déjà fait :

  • Paul VI est passé à Beyrouth le 2 décembre 1964, lors d’une escale sur son chemin vers l’Inde. 
  • Jean-Paul II a visité le Liban les 10 et 11 mai 1997, à l’occasion de la conclusion d’un synode spécial pour le Liban.
  • Benoît XVI y est allé du 14 au 16 septembre 2012.

Cette visite s’annonce comme un véritable rayon d’espérance : dans un contexte de profonde crise  économique, sociale, politique, le pape Léon XIV est perçu comme un messager de paix. Sa venue peut contribuer à remonter le moral des Libanais et des Libanaises, et rappeler à tous et à toutes que le Liban que le pape Jean Paul II a considéré une Terre Sainte dans son exhortation apostolique post-synodale: Une Espérance Nouvelle Pour le Liban en 1997, est un symbole d’unité religieuse et de dialogue, même dans la tourmente et que les Libanais et Libanaises continueront à être messagers et messagères de la foi et de l’espérance.

La prière du pape sur le site de l’explosion au port de Beyrouth

La prière du pape Léon XIV particulièrement sur le site du port de Beyrouth dépasse largement le cadre d’un geste symbolique : elle porte une dimension spirituelle profonde, adressée aux Libanais, et aux Libanaises, surtout à cette jeune génération qui, découragée par l’instabilité, l’exil forcé ou la perte d’espoir, cherche une vie ailleurs. En se tenant devant les ruines du port, le Pape rappelle que cette terre n’est pas seulement une géographie blessée — c’est une Terre de mission, de foi, d’histoire et de vocation. 

Les procédures d’enquête autour de l’explosion ou du blast sont embrouillées, bloquées, contestées, manipulées au gré des intérêts. Beaucoup de Libanais et Libanaises ont fini par craindre que la vérité ne soit jamais complètement révélée et qu’elle reste noyée sous les pressions, les menaces et le silence officiel. 

Ainsi, la prière du Pape au port relie le ciel et la terre, l’espérance et la responsabilité, la foi et la justice. Elle rappelle aux Libanais et aux Libanaises que leur douleur est vue, portée, reconnue, et que malgré les mécanismes opaques qui tentent d’étouffer la vérité, il existe encore un regard extérieur qui appelle à la transparence, à la dignité et à la guérison véritable.

Selon S.E. Mgr Paul Marwan Tabet, Évêque de l’Éparchie Saint-Maron du Canada en réfléchissant sur ce sujet : « la prière du pape Léon XIV sur le site de l’explosion du port de Beyrouth (4 août 2020) peut être interprétée comme un appel explicite à la justice mondiale. En choisissant ce lieu chargé de douleur, il rappelle que la catastrophe n’est pas seulement un événement passé, mais une plaie encore ouverte pour ceux qui continuent de souffrir : les blessés, les familles des victimes, les habitants traumatisés, la capitale du Liban détruite, et tous ceux qui ont tout perdu. Par ce geste, il souligne la nécessité de faire toute la lumière sur les responsabilités qu’elles soient individuelles, institutionnelles ou liées à des négligences graves et d’obtenir une justice digne pour les innocents touchés. Sa présence incarne ainsi un soutien moral puissant et une invitation à la communauté internationale à ne pas détourner le regard tant que la vérité et la réparation n’auront pas été pleinement assurées ».

La visite apostolique au Liban du pape Léon XIV vient confirmer ce que pape François a déclaré lors de son discours, le premier vendredi saint de son pontificat en 2013 : « Nous l’avons vu quand le Pape Benoît est allé au Liban : nous avons vu la beauté et la force de la communion des chrétiens de cette Terre et de l’amitié de tant de nos frères musulmans et de beaucoup d’autres. Ce fut un signe pour le Moyen-Orient et pour le monde entier : un signe d’espérance. »

Les messages rassembleurs du pape Léon XIV, Apôtre de la paix

Bienheureux Yaacoub Al Haddad Al Kabbouchi, OFM Cap, fondateur de l’hôpital psychiatrique Deir al Salib. Le pape Léon XIV visitera l’hôpital le lundi 2 décembre. Wikimedia Commons.

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Les messages rassembleurs du pape Léon XIV, Apôtre de la paix,  

lors de sa visite en Turquie et au Liban

Six mois après son élection, le pape Léon XIV entame son premier déplacement à l’extérieur de l’Italie, en Turquie et au Liban du 27 au 02 décembre. Il se rendra d’abord en Turquie (appelée aussi Turkiye) pour la commémoration des 1 700 ans du concile œcuménique de Nicée à Iznik qui a eu lieu en l’an 325, et qui reflète l’unité que tous les chrétiens peuvent trouver dans le Dieu trinitaire, telle qu’elle est exprimée dans le Credo. Et malgré que le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasse pas le 1%, le christianisme reprend vie après tout un siècle de violences et de pressions… 

Par la suite, il se rend au pays des Cèdres et des Saints, effectuer sa première visite apostolique au Liban, ma très chère patrie. Cette visite est d’une importance capitale pour le peuple Libanais, nos concitoyen.nes, parents, adultes, jeunes, malades ou handicapé.es. Elle se range dans la lignée des papes : Paul VI, Benoît XVI et Jean-Paul II de venir au Liban, pour avoir la possibilité d’annoncer un message de paix au Moyen-Orient ; et surtout dans un pays qui a été longtemps meurtri et qui a énormément souffert. 

Le pape François, empêché par des problèmes de santé, a tant aimé venir au Liban. Dans son discours en conclusion de la prière œcuménique du jeudi, 1er juillet 2021, intitulé : « Le Seigneur Dieu a des projets de paix. Ensemble pour le Liban ».

Ses mots résonnent encore auprès du peuple Libanais : « Ne vous découragez pas, ne faiblissez pas, retrouvez dans les racines de votre histoire l’Espérance de germer à nouveau ». Et « Qu’une aube d’Espérance se lève dans ce beau pays qu’est le Liban. » 

Le pape Léon XIV a choisi de s’arrêter à des endroits qui n’ont pas été visités d’avance par ses prédécesseurs. Sa visite dépasse les limites du protocole… Et puis !? La béatitude qui dit « Heureux ceux qui font œuvre de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » provient de l’Évangile de Matthieu (Matthieu 5:9). Être des artisan.nes de paix, nous laisse réfléchir à la volonté de travailler activement pour la paix, non seulement en l’absence de guerre, mais aussi en construisant des relations harmonieuses. C’est ce que le pape Léon XIV désire faire.

Déchirés mais forts dans leur foi, les Libanais et les Libanaises se sentent plus que jamais soutenus par la visite du pape Léon XIV qui leur procure paix et espérance. Rallié.es à l’Église catholique universelle depuis bien longtemps maintenant, ils et elles aspirent sans cesse pour avoir un avenir paisible et meilleur. Le plus grand miracle au monde qu’ils ou elles soient resté.es vivant.es malgré des guerres qui se perpétuent. Il n’y a pas de doute que la foi est le nerf central de notre existence ! 

Et le Liban mérite que sa vérité soit connue et publique. De plus, le Vatican veut pour eux, pour elles un pays stable, souverain, indépendant ou les personnes peuvent vivre avec dignité et respect du vivre ensemble ! 

Sa venue au Liban est une historique, porteuse d’un message d’espérance et plus particulièrement pour les jeunes. Nos jeunes ont besoin d’espérance pour qu’ils continuent à vivre dans le pays. Nous assistons à des exodes continus de jeunes en pleine vivacité, capacité et productivité. Le pays les perd, car ils s’en vont ! Ils ont donc besoin de foi, de croire en un avenir meilleur. Leurs parents -de cette classe moyenne- ont tout perdu avec la confiscation des biens au-delà des souffrances humaines, après l’incroyable blast du port de Beyrouth. Ils ont besoin maintenant de croire qu’il peut exister dans ce pays une espérance pour leurs enfants. D’où la venue du Pape est essentielle ! Ils et elles sont la preuve d’exister après tant de temps difficiles et oppressants. Et un grand miracle peut survenir encore et encore… Selon le président de l’Association des Chevaliers de l’Ordre de Malte au Liban, M. Marwan Sehnaoui, dans un épisode de Ici L’Entretien, sur #IciBeyrouth. 

Dans le même sens, M. Farid Elias El-Khazen, ancien ambassadeur du Liban près du Saint-Siège, dévoile dans un entretien avec l’Orient le jour, que « comme le pape François qui a aimé visiter le Liban pour nous fortifier sur le chemin de la foi, le pape Léon XIV va venir pour nous accompagner sur la route de la paix ». 

Pourquoi le Liban est-il important pour le Vatican ?

Rappelons que le 22 novembre 2025, le Liban vient de fêter son 82e anniversaire d’Indépendance. Le 22 du mois est doublement cher au cœur de St Charbel, le moine et extraordinaire ermite de l’Ordre Maronite Libanais – OML, qui avait dit à la grande miraculée Nohad El Chami : « Nohad, Le Liban est voué au Saint Cœur de la Vierge Marie. » Et d’ajouter que « Tous les 22 du mois vous irez à l’Ermitage, en union de prière. » 

La dévotion mariale est très ancrée dans la tradition biblique. Le Liban, cité 72 fois dans la Bible, est considéré comme une Terre Sainte, car ses chemins ont été parcourus par Jésus. Le premier miracle de Jésus, « Les Noces de Cana, » s’est passé à Cana en Galilée et qui se trouve au sud du Liban. En ce lieu, se déroulèrent les noces au cours desquelles Jésus accomplit son premier miracle, rapporté dans l’Évangile de Jean. C’est aussi à Cana que se trouvait Jésus, lorsque le centurion romain de Capharnaüm accourut vers lui, pour lui demander de guérir son fils.

Quelles sont les préoccupations du Pape lors de cette visite ? Quel message veut-il faire passer ?

  1. C’est de préserver la dimension oecuménique (entre les chrétiens catholiques, orthodoxes et protestans), et celle du dialogue chrétien-musulman.   
  2. Que les Libanais et Libanaises soient bien plus ancré.es dans leur terre, la Terre de mission, comme l’appelait le pape Jean-Paul II. Car elle est la terre des Saints. 
  3. Le pape Jean-Paul II, bien avant 1997 l’a proclamé « Liban-message (mission) ». Son message en est un de liberté et de pluralisme. Un message de paix !
  4. Et que l’espoir leur épargne le mal des ténèbres… 
  5. Que « la bonté du Pape guérit notre cœur endolori » voici un cri haut et fort pour une intercession rapide et durable surtout du Sauveur, de la Vierge Marie, etc. 

 

Une première visite à Annaya, au Liban

Le 1er décembre, le pape Léon XII effectue sa première visite à Annaya, au Liban, une étape clé de son pèlerinage après les rencontres avec le président Aoun, les responsables civiles et religieux, ainsi que les dirigeants des instances politiques. Il désire être proche du peuple, l’accompagner et le bénir sur les routes de toute la région, jusqu’à se rendre à l’ermitage pour se recueillir devant le tombeau de saint Charbel et soumettre sa visite dans les mains du saint qui se veut présent aux côtés de tout le monde qui le demande. Le nom de saint Charbel attire les fidèles, de tous horizons et de toutes confessions, par sa vie et les centaines de milliers de témoignages et de récits de guérisons miraculeuses qui lui sont attribués. Les fidèles affluent de toute part et cherchent paix, réconfort et espérance.   

1- Une demande à prévoir : 

C’est rendre l’ermitage de saint Charbel, un site ou patrimoine mondial. 

Les incrédules et les personnes de foi faible sont invité.es à venir visiter l’ermitage, prier à distance pour une intercession divine à travers saint Charbel et s’informer du livre d’or des guérisons.   

 

Relation entre le Vatican et Deir al salib, 

et la présence de Abouna Yaacoub !

  • L’Église est aux côtés du souffrant et sème l’espérance et l’amour du prochain

Lundi 2 décembre, le pape Léon XIV se rendra à l’Hôpital Psychiatrique De La Croix Deir Al Salib, qui est l’endroit qui concrétise les sens de l’amour et de l’humanité sur terre. C’est pour la première fois, qu’un Pape planifie particulièrement une rencontre avec les Sœurs, les employé.es et les malades de cet hôpital. C’est le plus grand hôpital au Liban et au Moyen-Orient pour les maladies mentales, psychologiques, etc. 

Sr Samia Sami, une religieuse de la Croix témoigne dans un entretien sur la plateforme This is LEBANON que le pape Léon XIV voulait y consacrer une visite, car l’Église n’est pas juste pour la prière, mais elle a aussi pour mission de soutenir et d’appuyer les personnes marginalisées et oubliées de notre société. Il veut principalement ramener au centre des préoccupations de tous les Libanais et Libanaises l’importance d’inclure les personnes défavorisées et désavantagées par la vie, blessées dans leur discernement ou leur intelligence, ou prises avec des maladies graves, etc. Que ces malades délaissé.es par leurs parents, et malheureusement la plupart du temps par la société dans laquelle ils et elles vivent. 

Son action vient consolider la vocation des Sœurs et des employé.es qui y travaillent en silence, avec joie et amour depuis des années, à procurer non seulement les soins nécessaires, voire même indispensables pour la santé des malades ; mais que l’espace dans lequel ils et elles se trouvent en soit un de sécurité, de quiétude et de paix. Et d’y vivre avec ces bénéficiaires avec joie et amour.

Ils et elles sont les trésors vivants ou « reliques vivantes » de Abouna Yaacoub Al Haddad Al Kabbouchi, ajoute Sr Samia Sami. 

Chacun.e possède une mission dans cet hôpital, et suit le chemin tracé par le bienheureux Yaacoub Al Kabbouchi qui, au moment il a créé cet établissement, n’a jamais demandé l’appartenance, la race ou la confession de ses malades. Aujourd’hui, il compte plus de huit cents malades de toute nationalité et religion confondues qui reçoivent à Deir Al Salib des soins et traitements particuliers.      

Le Pape prévoit rencontrer les Sœurs, les employé.es et les malades regroupé.es ensemble. Il ira voir tous les bénéficiaires de l’hôpital, y compris les personnes qui vivent avec de lourdes difficultés physiques, mentales, etc. et leur inspirera confiance et espérance. Le Saint-Père, rappelle à chacun.e, sa valeur, son importance comme fils et fille de Dieu, et entend leur appel.  

2- Une 2e demande à prévoir : 

Les Libanais et les Libanaises aspirent à entendre le pape Léon XIV se prononcer sur une pressante demande : c’est celle d’élever au rang de sainteté le bienheureux Yaacoub Al Kabbouchi, béatifié le 22 juin 2008. Rappelons que Abouna Yaacoub a connu les guerres, la famine, la douleur et la pauvreté ; et a œuvré pleinement toute sa vie avec la grâce de Dieu et le Crucifié aux côtés des malades, handicapé.es, vulnérables, rejeté.es et errant.es dans les rues. 

Le pape Léon XIV pourrait rassembler le monde pour la paix et l’espérance au milieu des conflits. Il va encourager l’établissement de bonnes relations harmonieuses œcuméniques, interchrétien.nes et aussi entre chrétien.nes et musulman.nes.  Dans le cadre des stations spirituelles et humanitaires de la visite du pape Léon XIV, un nouveau souffle est généré par que la paix et l’espérance reçues soient l’élan de chaque personne à se lancer dans la vie animée par une foi solide.    

 

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