Église en Sortie 14 octobre 2019

Cette semaine à Église en Sortie, Francis Denis reçoit le père Yoland Ouellet o.m.i. pour parler du mois missionnaire extraordinaire. On vous présente un reportage sur l’assemblée automnale de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec à Trois- Rivières. Dans la troisième partie de l’émission, on parle des élections fédérales 2019 avec le vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada et évêque de Saint-Jérôme Mgr Raymond Poisson.

Église en Sortie 31 mai 2019

Cette semaine à Église en Sortie, on s’entretient avec le frère Yvon Poitras de la communauté des frères de l’Instruction chrétienne sur son plus récent livre « La Vie toujours la vie ! ». On vous présente un reportage sur la rencontre 2019 de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTEL) à Québec. On parle de la vie et de l’œuvre du Père Ludger Brien, S.J avec la responsable de la Société du Christ Seigneur, Diane Poirier.

Église en Sortie 11 janvier 2019

Cette semaine à Église en Sortie, Francis Denis reçoit Julian Paparella, participant au Synode sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » ainsi que Mgr Lionel Gendron p.s.s., évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, et on vous présente la première chronique des actualités de la rue 2019 avec l’abbé Claude Paradis.

Une Église à genoux pour un avenir meilleur

Photo crédit: CNS photo/Stefano Rellandini, Reuters

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, la publication du document de la CECC intitulé « Protection des personnes mineures contre les abus sexuels » est une véritable démarche de contrition. Suivant la définition du catéchisme de l’Église catholique, la contrition est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir » (CEC no 1451). Nécessaire à la validité du sacrement du pardon, elle n’en est pas moins importante dans nos démarches de réconciliation et personnelle et institutionnelle. Qu’est-ce qui nous permet de dire cela ? C’est ce que nous examinerons aujourd’hui.

Une réelle détestation du péché

Le document présente une série de « leçons » tirées des expériences passées qui, très souvent par manque de connaissance et d’expertise dans le domaine, ont pu mener à une mauvaise gestion de ces graves délits. Il est d’abord important de mentionner que ces crimes furent toujours considérés par l’Église comme des péchés graves. La sensibilité particulière de nos sociétés contre ces abus trouve d’ailleurs son origine dans une conception morale héritée du christianisme. Nous pouvons donc conclure que les mauvaises gestions du passé sont dues en grande partie à une inauthenticité structurelle (p.54) ou, en d’autres termes, en une mauvaise application par l’Église de ses propres principes.

À partir de cette prise de conscience renouvelée de la gravité morale, psychologique, sociologique et spirituelle de ces péchés d’abus sexuel, les évêques canadiens n’hésitent pas à utiliser les grands moyens pour évacuer tous les délinquants passés et ceux qui pourraient encore se trouver en son sein.

« L’expérience a appris à tous qu’il est essentiel de maintenir une attitude de « tolérance zéro ». Cette attitude s’exprime par des politiques et des programmes qui sont conçus pour que chaque allégation d’agression sexuelle soit considérée avec le plus grand sérieux et qu’aucun incident ne soit toléré; elle manifeste clairement qu’aucune personne qui a commis des abus sexuels à l’endroit d’une personne mineure n’exercera un ministère actif. » (p.39)

L’Église n’étant pas uniquement composée de membres du clergé, le document précise que cette « tolérance zéro à l’égard des abus s’étend à tout le personnel de l’Église – clergé, religieux et laïcs – et a élargi la portée des politiques de prévention pour englober tout le personnel et les bénévoles qui travaillent dans des établissements d’Église ou au nom de l’Église » (p.39).

Fermes résolutions pour l’avenir

Comme c’est le cas pour la société toute entière, l’Église catholique est dans une démarche de reconsidération culturelle et institutionnelle pour faire en sorte que plus jamais ne se produisent de tels actes en totale contradiction avec sa raison d’être même. Comment cette « purification pastorale profonde » (p.55) pourra-t-elle s’opérer ?  Le document de la CECC offre en ce sens beaucoup de pistes de solutions afin que des réformes structurelles et culturelles soient apportées. Parmi les leçons prises au court des expériences des dernières décennies, les pasteurs proposent plusieurs réflexions en lien avec une meilleure formation des leaders dans l’Église. Malheureusement souvent négligée par les organismes décisionnels à tous les niveaux de la société, l’Église montre du leadership en la matière en manifestant la centralité de mesures effectives à long terme. Elle n’en demeure pas moins consciente des besoins nécessitant une action immédiate.

En effet : « L’expérience canadienne sur les abus sexuels a conscientisé les dirigeants de l’Église au besoin de prendre les plaintes au sérieux et d’y donner suite immédiatement et efficacement » (p.33.). Pour ce faire, une série de recommandations sont faites aux évêques. Établissement de protocoles clairs de protection des mineurs, constitution de comité consultatif, entière collaboration avec les autorités civiles, respect de la présomption d’innocente (p.35-36), information de la population dans les meilleurs délais voilà quelques exemples manifestant le sérieux de la démarche de la Conférence des évêques catholiques du Canada en cette matière.

Une Église qui donne l’exemple

L’expérience douloureuse et « honteuse » de la grande majorité des membres de l’Église face à ce scandale des abus sexuels ne doit pas nous décourager et nous rendre cyniques face à cette Institution aussi divine qu’humaine. Elle doit plutôt être assumée à la lumière de la croix du Christ, de Celui qui s’est fait pécheur pour nous délivrer de la mort à laquelle nous étions tous condamnés. Au-delà de cette vision surnaturelle, qui est toujours la plus importante, nous devons également utiliser cette souffrance non seulement comme force de proximité avec les victimes mais également comme force de propulsion dans l’engagement à éradiquer cette plaie ouverte de l’incohérence morale qui manifeste aujourd’hui toute sa force de destruction.

À l’heure où l’ensemble des institutions, qu’elles soient corporatives, syndicales, gouvernementales, artistiques, coopératives, etc., découvrent les unes après les autres les injustices commises par le passé et la profondeur de la crise des abus sexuels à l’échelle globale, le monde entier attend de l’Église un leadership en la matière. Une opportunité s’offre donc aux catholiques afin qu’ils prennent « le taureau par les cornes » et qu’ils donnent l’exemple d’une gestion irréprochable et professionnelle à la hauteur des principes évangéliques que le Christ nous a confié.

« Protection des personnes mineures» : une démarche de contrition

Jeudi dernier le 4 octobre 2018, la Conférence des évêques catholiques du Canada publiait le document intitulé « Protection des personnes mineures contre les abus sexuels ». D’environ 200 pages et composé d’une annexe et de ressources à la disposition des catholiques, ce document important divisé en trois parties se veut un « Appel aux fidèles catholiques du Canada pour la guérison, la réconciliation et la transformation ». Prenant acte du mal commis à la fois par les membres de l’Église ayant abusé de personnes vulnérables et à la fois par ceux qui ont fait obstacle au processus judiciaire auquel ces derniers auraient dû faire face, la hiérarchie de l’Église canadienne fait aujourd’hui son mea-culpa devant Dieu et l’ensemble de la société afin que plus jamais de tels actes ne se produisent. Cette prise de parole historique ne se complait cependant pas dans la repentance inactive mais tente plutôt d’offrir des directives claires pour que les réformes attendues se mettent en place tant dans les consciences du Peuple de Dieu que dans les structures institutionnelles. Nous examinerons aujourd’hui la première partie de ce document.

Une démarche de contrition

Cherchant à appliquer son propre patrimoine moral à la situation, nous pouvons dire que ce document de la CECC respecte les conditions de la contrition telle que l’exige la célébration valide du sacrement de pénitence. En effet, selon le Concile de Trente, la contrition est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir » (CEC no 1451). En ce sens, les évêques sont pleinement conscients des erreurs commises dans le passé et prennent acte face aux récentes révélations en lien avec l’actualité (p.18). Sachant que les scandales des dernières semaines ont « profondément affectés » l’ensemble des fidèles catholiques, les évêques sont loin de s’apitoyer sur leur propre sort. Ils ont, au contraire, la ferme intention de mettre au premier plan la guérison des victimes, sans égards, comme ce fut le cas par le passé, malgré les risques que cela comporte.

Douleur de l’âme

Bien que l’institution hiérarchique canadienne ait la responsabilité des actes commis dans le passé, aucun évêque en place ne s’est rendu personnellement coupable d’actes ignobles ou de couvertures de cas. Ainsi, puisque ce document revient à prendre sur eux le fardeau laissé par certains de leurs prédécesseurs, nous ne pouvons qu’être admiratif devant l’humilité et la compassion de ces hommes qui, comme le Christ, se mettent réellement au service des plus petits. Cette profonde douleur devant les péchés de l’Institution à laquelle ils ont donné leur vie est donc bénéfique puisque orientée à prendre sur eux la plus souffrante partie du Peuple de Dieu qui leur est confiée c’est-à-dire les victimes elles-mêmes. Les leçons 1 et 2 vont en ce sens.

Dans un premier temps, l’expérience de rencontres « pastorales avec les victimes » (p.25) a manifesté que « rencontrer les victimes face à face qualifient ces rencontres de déchirantes » et que « « bien qu’il puisse être difficile, et même humiliant, pour un évêque de trouver le courage de rencontrer les victimes, le pape Benoît XVI a montré que ce n’est pas impossible » (p.26). Ainsi, parce qu’une contrition digne de ce nom passe nécessairement par cette douleur de l’âme, il est impératif que les évêques du Canada mettent sur pied de telles rencontres et qu’ainsi ils apprennent à « tendre la main aux victimes avec le désir de les accompagner sur le chemin de la guérison » (p.27).

La « leçon 2 » selon laquelle les évêques et fidèles catholiques doivent « mieux connaître les abus sexuels » va également dans l’approfondissement de la douleur nécessaire à une réelle contrition. Que ce soit par une meilleure connaissance des « effets des agressions sexuelles » (p.29) psychologiques et sociologiques ou par une formation accrue concernant le « profil psychologique des délinquants » (p.29) permettant un dépistage plus efficace, les évêques du Canada sont disposés, bien que ce soit douloureux à bien des égards, à inclure ce type de formations aux différents niveaux des structures des diocèses canadiens.

Sur le chemin de réconciliation

La semaine prochaine, nous poursuivrons notre parcours de ce document important de la Conférence des évêques catholiques du Canada en examinant comment y est manifestée la prise de conscience du mal commis par un respect des exigences propres d’une contrition sincère telle qu’enseignée par le Christ lors de l’institution du sacrement de pénitence.

CECC: Information urgente concernant une motion qui sera déposée au Parlement

Photo: Osservatore romano

Les médias informent les bureaux de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) qu’une motion associant l’Église catholique au fonctionnement des anciens pensionnats indiensfera l’objet d’un débat à la Chambre des Communes et peut-être aussi au Sénat. Le document ci-joint a pour objectif de fournir le contexte sur cette question et de clarifier un certain nombre d’inexactitudes qui circulent ou qui sont rapportées.

Lien au document (PDF)
Lien à la lettre aux peuples autochtones du Canada

Les évêques du Canada cités par le pape François

Vous trouverez ci-dessous l’extrait (no 99) de l’exhortation apostolique Gaudete et Exultate du pape François où il fait référence à un document produit par la Conférence des évêques catholiques du Canada en février 2001:

« Pour les chrétiens, fidélité au Maître implique une saine et permanente insatisfaction. Bien que soulager une seule personne justifierait déjà tous nos efforts, cela ne nous suffit pas. Les Évêques du Canada l’ont exprimé clairement en soulignant que, dans les enseignements bibliques sur le Jubilé, par exemple, il ne s’agit pas seulement d’accomplir quelques bonnes œuvres mais de rechercher un changement social : « Pour que les générations futures soient également libérées, il est clair que l’objectif doit être la restauration de systèmes sociaux et économiques justes de manière que, désormais, il ne puisse plus y avoir d’exclusion ».[83]

Vous trouverez le texte cité par le pape François sur le site de la Conférence des évêques catholiques du Canada au lien suivant:

Conférence Canadienne des Évêques catholiques : Commission des Affaires Sociales, Lettre ouverte aux membres du Parlement, Le bien commun ou l’exclusion, un choix pour les canadiens (1er février 2001), n. 9.

Église en sortie 6 avril 2018

Cette semaine à Église en sortie, on discute de la Terre Sainte en compagnie de monsieur Carl Hétu, Directeur national de l’Association catholique d’aide à l’Orient (CNEWA). On vous présente un reportage sur les nouveautés au Sanctuaire Sainte-Anne de Beaupré. Et Francis Denis s’entretient avec Mgr Lionel Gendron, p.s.s., évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada sur son plus récent pèlerinage en Terre Sainte et sur les relations avec les peuples autochtones.

Non à l’instrumentalisation partisane de l’excuse

CNS/L’Osservatore Romano via Reuters

Mardi dernier était publiée une lettre du président de la Conférence des évêques catholiques du Canada adressée aux peuples autochtones. Alors que cette lettre réitérait la sollicitude de la CECC ainsi que son engagement à travailler à « un avenir où les injustices systémiques seront corrigées, où nous apprendrons tous de nouvelles façons de vivre ensemble qui sauront honorer et respecter les Premiers Peuples de notre pays », l’attention fut néanmoins portée sur le soi-disant « refus du pape à s’excuser ».

En effet, pour de nombreux acteurs de la société civile et politique, l’appel à l’action no 58 de la Commission Vérité et Réconciliation demandant « au pape de présenter, au nom de l’Église catholique romaine, des excuses… »* était très attendu. En effet, le Premier Ministre Justin Trudeau en avait lui-même discuté avec le Saint-Père lors de sa plus récente visite au Vatican. Désormais habitué à la politique de l’excuse, il était à prévoir que ce « refus » du Pape à « répondre personnellement » à cette demande allait causer une petite commotion politique et médiatique.

Dans une entrevue accordée à CBC, le père Thomas Rosica c.s.b. a tenu à expliquer cette décision du pape François. Pour l’ancien assistant de langue anglaise de la Salle de Presse du Vatican, cette demande de Justin Trudeau « ne prend pas en considération la nature même de l’Église catholique ». De fait, contrairement au fédéralisme centralisateur des Trudeau père et fils, la structure hiérarchique de l’Église est fondamentalement synodale. Cela implique la pleine responsabilité d’une église particulière à l’évêque du lieu ou, dans les cas qui les concernent, à un (e) Supérieur (e) de communauté religieuse (qui sont régis différemment). Dans ce cas-ci, les autorités compétentes se sont excusées à plusieurs reprises. Ainsi, puisque la responsabilité des graves injustices vécues dans les pensionnats fédéraux et gérés par des communautés religieuses n’étaient pas sous la responsabilité des Papes de l’époque, des excuses du pape François s’avèreraient infondées puisqu’ayant personnellement rien à se reprocher.

Un deuxième point soulevé est celui du jeu politique sous-jacent à la requête de Justin Trudeau. Le pape François, comme tout Souverain Pontife, jouit d’une totale liberté politique et morale. Essayer de le forcer à faire quoi que ce soit n’est pas une bonne tactique lors des pourparlers avec l’Église. Les Papes ayant déjà fait leur « mea culpa » par le passé, rien ne laisse donc croire à un geste d’orgueil ou de mauvaise volonté. C’est plutôt du côté de la dissolution actuelle du sens de l’excuse que nous devons chercher. En effet, selon le père Rosica c.s.b. « nous vivons dans une époque où l’excuse est devenue jetable (cheap). Or, pour l’Église, le plus important est le travail concret pour la réconciliation. Ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on se paye de mot en disant « je m’excuse ». Enfin, pour le père Rosica c.s.b, plusieurs autochtones et personnes directement concernées sont même « frustrés des manœuvres politiques instrumentalisant les excuses » à des fins partisanes plutôt qu’en faveur de la réconciliation.  En ce sens, il est évident que l’Église catholique au Canada est l’une des institutions les plus impliquées sur les terrains auprès des communautés autochtones.

En ce qui a trait à un éventuel voyage du pape François au Canada, cette possibilité est toujours envisageable à moyen terme. Soulignant le fait « qu’aucun gouvernement ne dicte l’agenda d’un Pape lors de ses voyages apostolique », le père Rosica a ajouté que les autochtones sont une priorité pour le pape François. Sollicitude qui s’est manifestée à plusieurs reprises et, encore récemment, lors de son voyage en Bolivie où il a pu rencontrer les peuples autochtones d’Amazonie.

Cela ne fait aucun doute, ce refus de répondre par l’affirmative à l’appel à l’action numéro 58 ne doit pas nous faire conclure à un manque de proximité du pape François avec les peuples autochtones du monde entier. Cette décision communiquée par la lettre du président de la CECC doit plutôt manifester l’entière liberté d’un Pape qui, refusant la récupération politique, est pleinement engagé aux dialogues ainsi qu’à une véritable réconciliation. Cet esprit de réconciliation est pleinement incarné par les évêques du Canada pour qui les peuples autochtones font partie des plus hautes priorités. Pour en apprendre davantage sur la question, vous pourrez écouter mon entrevue exclusive avec Mgr Lionel Gendron à Église en sortie vendredi le 6 avril prochain à 19h30.

Message de Pâques 2018 du Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Vous trouverez ci-dessous le Message de pâques 2018 de Mgr Lionel Gendron, P.S.S., évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada:

Au Canada, la célébration de Pâques, qui coïncide avec l’arrivée du printemps, est toujours remplie d’un sentiment de vie nouvelle. Alors que nous commençons à nous défaire de nos manteaux d’hiver et de nos bottes, les jours rallongent, le soleil devient plus chaud et la vie nouvelle abonde avec les arbres qui bourgeonnent et les plantes qui commencent à pousser.

Mais qu’est au juste la vie nouvelle qui nous remplit de la joie pascale? En fait, c’est une vie nouvelle enracinée profondément dans l’expérience de notre réconciliation avec Dieu par la mort et la résurrection du Christ. Tout ce qui pouvait nous séparer de Dieu a été enlevé, détruit, et par cette réconciliation, nous avons obtenu la libération des ténèbres du péché et de la mort. Nous sommes libérés, capables de rejeter ce qui nous rend esclaves afin de nous plonger dans l’étreinte d’amour universel de notre Dieu.

Mais la vie nouvelle pascale nous demande davantage. Pâques nous rappelle qu’alors même que nous célébrons notre réconciliation avec Dieu, nous sommes appelés à nous réconcilier avec nos frères et sœurs, dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos communautés et dans le monde. Nous sommes appelés à partager notre joie pascale en faisant la paix avec notre prochain.

Le pape François, dans une homélie à la population de Villavicencio, en Colombie, a dit : « Tout effort de paix sans un engagement sincère de réconciliation sera toujours voué à l’échec. » Il a ajouté : « Se réconcilier, c’est ouvrir une porte à toutes les personnes et à chaque personne, qui ont vécu la réalité dramatique du conflit. »

Plus tôt cette année, j’ai eu le privilège de participer à la Coordination de la Terre Sainte avec d’autres évêques du monde entier.  Nous avons rencontré beaucoup de jeunes dont la vie est durement marquée par un conflit dont ils ont hérité malgré eux. Pendant nos conversations avec eux, il est apparu très clairement que ces jeunes désirent un nouveau genre de relations les uns avec les autres. Cela est évident dans les nombreuses initiatives dans lesquelles les jeunes s’engagent pour promouvoir le dialogue et établir la justice, la paix et la réconciliation dans leur vie et dans les communautés au milieu desquelles ils vivent.

Un parfait exemple fut la rencontre de deux jeunes membres d’un groupe appelé « Cercle parents-famille ». Ils nous ont raconté leur expérience, comment à la suite du meurtre d’une jeune palestinienne par un Israélien et de la mort d’une jeune israélienne lors d’un attentat-suicide à la bombe par un palestinien, les parents des familles des deux jeunes tuées ont choisi de  ne pas se haïr les uns les autres. Ensuite ils ont appris à leurs enfants à ne pas se haïr et ces deux jeunes sont devenus de grands amis, des exemples vivants de ce que nous voulons dire par la volonté de réconciliation même au milieu d’une tragédie et d’un deuil profonds. Les familles ont compris la conséquence tragique des conflits, ont répondu avec amour et ont lancé le Cercle parents-familles. Voilà ce que c’est que la réconciliation.

Ici au Canada, nous sommes vivement conscients de l’appel à nous réconcilier avec les peuples autochtones. Nous reconnaissons le besoin de cette réconciliation comme première étape, et nous cherchons des moyens pour la réaliser par l’écoute et le dialogue dans des organismes comme le Cercle Notre-Dame-de-Guadalupe et le Conseil autochtone. Ce processus sera long et il exige foi, sincérité du cœur et engagement pour une paix durable.

Nous vivons dans un monde trop souvent marqué par les divisions. On a tendance à dénigrer l’« autre » et à nourrir des soupçons contre l’« étranger ». Nous sommes appelés à reconnaitre notre humanité commune, à reconnaitre que nous sommes tous frères et sœurs créés à l’image de Dieu.

Une fois réconciliés avec Dieu par la mort et la résurrection du Christ, nous sommes appelés à chercher la réconciliation avec les autres. La paix entre nous sera un signe de la véritable joie pascale!

+Lionel Gendron, P.S.S.
Évêque de Saint-Jean-Longueuil et
Président de la Conférence des évêques
catholiques du Canada

Pâques 2018