Une pastorale positive : réflexion sur le deuxième chapitre d’Amoris Laetitia

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« Pendant longtemps, nous avons cru qu’en insistant seulement sur des questions doctrinales, bioéthiques et morales, sans encourager l’ouverture à la grâce, nous soutenions déjà suffisamment les familles, consolidions le lien des époux et donnions un sens à leur vie commune. Nous avons du mal à présenter le mariage davantage comme un parcours dynamique de développement et d’épanouissement, que comme un poids à supporter toute la vie… Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles… Cependant, nous avons souvent été sur la défensive, et nous dépensons les énergies pastorales en multipliant les attaques contre le monde décadent, avec peu de capacité dynamique pour montrer des chemins de bonheur. » (Amoris Laetitia, nos. 37-38)

Par ces phrases puissantes, le Pape François propose une approche envers les familles modernes qui est à la fois positive et pastorale. Dans le deuxième chapitre d’Amoris Laetitia intitulé « La réalité et les défis de la famille », le Pape commence son propos en notant que : « Le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde et de l’Église » (no. 31). Ainsi, il considère d’abord la réalité concrète et les problèmes contemporains auxquels les familles d’aujourd’hui font face pour ensuite exhorter l’Église à contribuer de manière constructive aux solutions plutôt que de rappeler uniquement leurs lacunes.

Le Pape François avoue courageusement que : « Beaucoup ne sentent pas que le message de l’Église sur le mariage et la famille est un reflet clair de la prédication et des attitudes de Jésus, qui, en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la Samaritaine ou la femme adultère » (no. 38). La réflexion du Pape se fonde sur le constat suivant : notre époque moderne, très influencée par les technologies, augmente les défis de la formation des familles puisqu’elle propose une « culture du provisoire ». Une culture où nous passons rapidement d’une relation à l’autre, en nous connectant et en nous déconnectant, en nous « bloquant », nous « jetant ». Une culture qui finit par « utiliser » les autres comme s’ils étaient des objets, rendant « les personnes incapables de regarder au-delà d’elles-mêmes » (no. 39). La solitude est un autre obstacle à la vie familiale, « fruit de l’absence de Dieu dans la vie des personnes et de la fragilité des relations » (no. 43). Cela exacerbe une culture de la promiscuité qui prive les gens du véritable sens de la rencontre et empêche de mener à terme des relations significatives. Dans un tel milieu culturel, « nous devons trouver les mots, les motivations et les témoins qui nous aident à toucher les fibres les plus profondes des jeunes, là où ils sont le plus capables de générosité, d’engagement, d’amour et même d’héroïsme, pour les inviter à accepter avec enthousiasme et courage le défi du mariage » (no. 40).

Le Pape n’est pas aveugle aux vrais problèmes auxquels les familles font face à travers le monde. Le chômage et l’obsession du travail, la pauvreté et le manque de logements abordables, la polygamie et l’abus des femmes, les dépendances et l’abus de substance, la migration causée par les conflits politiques et l’instabilité économique – tout cela menace l’épanouissement de la famille et peut même mener ces dernières à se briser par le divorce ou la séparation. « Dans les situations difficiles que vivent les personnes qui sont le plus dans le besoin, l’Église doit surtout avoir à cœur de les comprendre, de les consoler, de les intégrer, en évitant de leur imposer une série de normes, comme si celles-ci étaient un roc, avec pour effet qu’elles se sentent jugées et abandonnées précisément par cette Mère qui est appelée à les entourer de la miséricorde de Dieu. Ainsi, au lieu de leur offrir la force régénératrice de la grâce et la lumière de l’Évangile, certains veulent en faire une doctrine, le transformer en « pierres mortes à lancer contre les autres » » (no. 49).

Ainsi, le pape François manifeste son désir d’une Église à l’image « d’un hôpital de campagne au milieu d’un champ de bataille » par opposition à une enclave élitiste de personnes pieuses et parfaites. Au contraire, l’Église doit guérir les blessures et prescrire ce médicament qu’est la miséricorde. Elle doit rencontrer les personnes là où elles sont et ne pas simplement leur montrer où « il faut » qu’elles soient. Elle doit mener les personnes à Dieu au lieu de se lamenter d’une présumée impiété. Ainsi, le Pape François propose l’approche que Jésus nous offre en nous donnant les Béatitudes : transcender les commandements de la négation (« Tu ne … pas ») afin de lancer un appel positif à la sainteté et au bonheur qui bénit sans jugement. Avec le Pape réveillons « une créativité missionnaire » et disons « une parole de vérité et d’espérance » (no. 57). Ainsi, avec la charité du Christ et la grâce de l’Évangile nous transformerons ce monde en crise.

(CNS Photo/Paul Haring)

Entre deux trinités : Premier chapitre d’Amoris Laetitia

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Réflexion sur le Premier chapitre de l’Exhortation apostolique du Pape François sur l’Amour dans la Famille

La récente exhortation apostolique du Pape François sur l’amour dans la famille, Amoris Laetitia (« La joie de l’amour »), est un trésor dans lequel la beauté de la vie familiale resplendit. Dans ses paragraphes d’introduction, le Saint-Père utilise l’image d’un « magnifique polyèdre » (no. 4) pour décrire les deux Synodes des évêques sur la famille qui ont précédé la publication de ce document. Cette expression manifeste la richesse des dimensions, des questions et des soucis exprimés par les Pères Synodaux. Pour moi, il est évident que ce document est une véritable pierre précieuse et nous mettrons des années à en approfondir le contenu ! Pendant les semaines à venir, je vous propose d’amorcer une réflexion en profondeur sur le contenu de l’exhortation, un chapitre à la fois.

Le Pape François commence le premier chapitre d’Amoris Laetitia, intitulé « À la lumière de la Parole », avec « une ouverture inspirée par les Saintes Écritures, qui donne un ton approprié » (no. 6). Le Pape François déterre la sagesse biblique provenant de la riche tradition des enseignements de l’Église sur la famille. Il révèle ainsi le lien profond entre la vie de la famille et la vie de la Trinité. Bien que Dieu soit complètement transcendant – au-delà de tout et en chaque aspect – Il a néanmoins désiré nous créer et nous inviter à partager Sa vie et Son « travail » c’est-à-dire à réfléchir sur Sa propre nature (no. 10). Comme Saint Jean-Paul II l’a merveilleusement proclamé dans son enseignement sur « La Théologie du corps », nous ne sommes pas seulement créés à l’image et à la ressemblance de Dieu individuellement, mais également dans notre communion les uns avec les autres, spécialement dans l’union de l’homme et de la femme.

« Le couple qui aime et procrée est la vraie « sculpture » vivante… capable de manifester le Dieu créateur et sauveur. C’est pourquoi, l’amour fécond arrive à être le symbole des réalités intimes de Dieu » (no. 11). L’amour n’existe pas dans la solitude ; nous ne pouvons pas aimer ou être aimé dans un vacuum ! L’amour est par sa nature même don de soi : un don partagé entre les personnes. C’est le cas de la Trinité et c’est aussi le cas de chaque famille humaine. Comme le Pape François écrit : « Le Dieu Trinité est communion d’amour et la famille est son reflet vivant. » Dieu s’est révélé dans l’amour de l’homme et de la femme et Sa vie comme Trinité de trois Personnes est réfléchie dans la communauté que le couple constitue autour d’eux : la famille. « La famille, en effet, n’est pas étrangère à l’essence divine même » (no. 11).

Quelle révélation ! De même que la vie de Dieu est une vie partagée entre le Père, le Fils, et le Saint Esprit, nous avons été créés pour partager notre vie avec d’autres puisque nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Être créés à l’image et à la ressemblance de Dieu c’est être créés pour vivre ensemble et ce partage de la vie est le reflet de la vie partagée avec Dieu Lui-même !

Ensuite, le Pape François manifeste le contraste de cette appartenance pour laquelle nous sommes créés avec la solitude vécue par Adam avant la création d’Ève (no. 12). Il souligne les causes « obscures » de cette solitude dans notre monde aujourd’hui – notamment les problèmes et les disputes de famille, les tragédies et la violence, les rivalités entre les frères et les sœurs et entre les parents, et le divorce (nos. 19, 20). Jésus n’est pas aveugle à ces vrais luttes et défis de la vie familiale contemporaine. Il « connaît les angoisses et les tensions des familles qu’il introduit dans ses paraboles » (no. 21). Devant ces souffrances, la solution offerte par le pape est une vertu qui caractérise bien le ministère et l’enseignement du Christ, « quelque peu ignorée en ces temps de relations frénétiques et superficielles : la tendresse » (no. 28).

Holy FamilyComme est évidente cette vertu de tendresse lorsque nous contemplons la famille dans laquelle Dieu Lui-même a habité. Ici nous voyons une autre « trinité » que chaque famille est appelée à imiter : la Sainte Famille de Jésus, de Marie et de Joseph. Le Père aurait pu envoyer Son Fils unique parmi nous de tant de façons différentes. En effet, Dieu aurait pu entrer dans l’humanité par d’autres moyens. Pourtant, comme le Pape François l’a affirmé lors de la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie, « Où est-ce qu’Il a envoyé Son Fils – dans un palais ? dans une cité ? Non. Il l’a envoyé dans une famille. Dieu l’a envoyé au milieu d’une famille. » Ainsi, la famille est un endroit où l’amour de Dieu peut habiter, c’est-à-dire où Dieu Lui-même peut habiter puisque la famille est le reflet de la communion d’amour entre Dieu le Père, le Fils, et le Saint Esprit.

Par ce premier chapitre d’Amoris Laetitia, le Pape François appelle toutes les familles à devenir des lieux où Dieu peut habiter, à faire resplendir son identité d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dans la joie d’être aimés et de nous aimer les uns les autres, nous en viendrons à connaître la joie d’aimer et d’être aimés par Dieu.

(CNS Photo/Paul Haring)

Perspectives 31 juillet 2013

Aujourd’hui: la fête de Saint Ignace de Loyola avec un pape jésuite, un nouveau site pour l’IOR, des statistiques de Rio, une réflexion de Mgr. Richard Smith aux pèlerins canadiens des JMJ.

Perspectives JMJ – 20 juillet 2013

 

Aujourd’hui : trois jours au début de la JMJ! Deux visites spéciales du Pape François, la semaine missionaires des jeunes pèlerins, et un aperçu du grand pays du Brésil.

Perspectives – 17 juillet 2013

Aujourd’hui : un mémorial à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic et un avant-goût de l’esprit de la Journée mondiale de la Jeunesse à Rio.

Avant-première de la JMJ Rio ! Perspectives 1 juillet 2013

Bonne Fete du Canada! Aujourd’hui: emission speciale de Perspectives! Un prevue des evenements et l’esprit de JMJ Rio!

Perspectives 19 juin 2013

Aujourd’hui: l’Audience générale avec le Pape Francois; Saint Joseph est ajouté au Missel romain; un grand événement pour célébrer le 50e anniversaire de Sacrosanctum concilium, premier document de Concile Vatican II;  et un nouveau directeur de l’Office national de liturgie.

Perspectives 12 juin 2013

Aujourd’hui : le Pape parle à propos du Peuple de Dieu et du travail des mineurs; le 200e anniversaire de la naissance du Bx. Frédéric Ozanam; et l’ouverture d’une saison de la prière à Québec.

Perspectives 5 juin 2013

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Aujourd’hui : l’audience générale avec le Pape François, une lettre de la CECC aux nations de G8, la fête de Saint Boniface, et la solidarité du Pape avec les Syriens.

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