Une voie à double sens : donner et recevoir

Rembrandt, « Le Bon Samaritain ». Alors que la plupart des tableaux représentent la rencontre sur la route, cette œuvre montre le Samaritain emmenant le blessé à l’auberge. Wikimedia Commons.

Une voie à double sens : donner et recevoir

Une réflexion sur le chapitre 5 de Dilexi te

 

Comme nous l’avons vu ces dernières semaines, Dilexi te nous invite à porter un regard neuf sur la réalité de la pauvreté sous ses diverses formes. C’est une invitation à réfléchir de manière critique à comment nous pouvons transformer nos relations avec les personnes qui souffrent, qui sont marginalisées ou exclues. Dans la réflexion de la semaine dernière, nous avons vu comment des structures sociales et économiques injustes maintiennent certaines personnes et certains groupes en marge de la société. Malheureusement, nous contribuons souvent à ces structures de péché au quotidien, sans y prêter beaucoup d’attention. Le pape Léon appelle chacun d’entre nous à relever le « défi constant » de faire personnellement notre part pour lutter contre les causes de la pauvreté et tendre la main à ceux et celles qui en sont touchés :

« Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église » (Dilexi te, n° 104).

Le bon Samaritain et au-delà

Faisant écho aux paroles puissantes du pape François dans Fratelli tutti, Léon renvoie à la parabole du bon Samaritain, nous appelant à réfléchir sérieusement à la manière dont nous nous comportons envers les personnes qui sont dans le besoin. Détournons-nous le regard et passons-nous notre chemin comme le prêtre et le Lévite, ou prenons-nous le temps d’offrir notre aide comme le bon Samaritain ? Les questions évocatrices posées par le Saint-Père constituent un défi permanent pour chacun de nous :

« À qui t’identifies-tu [au prêtre, au Lévite, aux brigands ou au bon Samaritain] ? Cette question est crue, directe et capitale. Parmi ces personnes à qui ressembles-tu ? Nous devons reconnaître la tentation, qui nous guette, de nous désintéresser des autres, surtout des plus faibles. Disons-le, nous avons progressé sur plusieurs plans, mais nous sommes analphabètes en ce qui concerne l’accompagnement, l’assistance et le soutien aux plus fragiles et aux plus faibles de nos sociétés développées. Nous sommes habitués à regarder ailleurs, à passer outre, à ignorer les situations jusqu’à ce qu’elles nous touchent directement » (n° 105, citant Fratelli tutti, n° 64).

Cette histoire, nous la connaissons bien : lorsqu’il voit l’homme laissé pour mort au bord de la route, le bon Samaritain est pris de compassion, prend le temps de s’arrêter, s’approche de l’homme, panse ses blessures, le met sur son cheval et l’emmène à l’auberge, demandant à l’aubergiste de prendre soin de lui.

D’une part, la parabole nous montre comment les actions d’une seule personne peuvent changer la vie d’une autre. Sans le bon Samaritain, l’homme qui avait été agressé serait probablement mort là, dans le fossé. D’autre part, la parabole révèle que nous ne sommes pas censés agir seuls pour prendre soin des autres. Les défis et les souffrances sont souvent trop grands pour être gérés par une seule personne. Le bon Samaritain fait participer l’aubergiste à son acte de soin et de compassion. Le Samaritain ne peut pas sauver l’homme tout seul, mais il se rend compte qu’il a besoin que d’autres s’impliquent pour apporter à l’homme toute l’aide dont il a besoin pour guérir. Nous pouvons penser aux nombreuses communautés, groupes et associations où les gens travaillent ensemble pour venir en aide aux personnes qui sont dans le besoin, multipliant ainsi leur impact grâce à leurs efforts collectifs.

 

L’aumône et au-delà : oser donner et recevoir

Dilexi te se termine par un appel lancé à ceux et celles d’entre nous qui proviennent de segments privilégiés de la société et du monde, afin que nous donnions aux personnes qui ne sont pas aussi privilégiés que nous. À première vue, cela concerne avant tout nos biens matériels et nos ressources. Donner de l’argent, de la nourriture et des vêtements est un moyen nécessaire de répondre aux besoins vitaux réels des personnes.

Il n’est pas possible de dire « je tiens à toi » tout en laissant les gens affamés et frissonnant dans le froid. 

En même temps, nous savons que l’argent n’est pas la seule solution. Notre foi nous appelle à donner de notre temps, à prêter une oreille attentive, à offrir notre amitié et à œuvrer ensemble vers une société plus juste et plus fraternelle, pas à pas. Il cite une nouvelle fois le Document d’Aparecida (n° 397) :

« On demande de consacrer du temps aux pauvres, de leur prêter une aimable attention, de les écouter avec intérêt, de les accompagner dans les moments plus difficiles ; de les choisir eux, pour partager des heures, des semaines ou des années de notre vie, en cherchant, à partir d’eux, à transformer leur situation. Nous ne pouvons oublier que Jésus lui-même l’a proposé, dans sa manière d’agir et de parler » (cité au n° 104).

Dans cette optique, l’aumône ne consiste pas seulement à donner de l’argent. C’est une invitation à donner de nous-mêmes et à investir dans des relations authentiques avec les personnes qui souffrent et sont marginalisées. Nos relations personnelles avec eux nous montrent non seulement que nous avons quelque chose à donner, mais nous ouvrent aussi à recevoir tout ce qu’ils ont à offrir. Ceux et celles qui ont peu sur le plan matériel sont riches à bien d’autres égards. Leurs leçons de vie, leur sagesse, leur foi profonde et leur capacité à persévérer sont de profondes sources d’inspiration dont nous pouvons tous tirer des enseignements.

Dieu veut donner quelque chose à nos frères et sœurs dans le besoin par notre intermédiaire, mais il veut aussi que nous recevions d’eux quelque chose d’essentiel ; quelque chose qui a le pouvoir de transformer notre vie de manière durable. Comme dans une famille, chaque membre a quelque chose de beau à offrir aux autres, et le plus important est que nous vivions l’amour et l’attention que nous avons les uns pour les autres.

Comment Dieu t’appelle-t-il à te donner aux autres ? Que t’invite-t-il à recevoir à travers eux ?

Seigneur, tu viens à nous de manière surprenante. Ouvre-nous à te rencontrer chez des personnes et dans des lieux où nous ne nous y attendons pas. Agis en nous et transforme notre monde par la puissance de ton amour, qui nous rassemble en une seule famille. Amen.

Saint Joseph, ce grand saint !

Crédit photo istockphoto.

Saint Joseph, ce grand saint !

Implorons son intercession et imitons ses vertus.

 

Saint Joseph est le père de la Sainte Famille. Un charpentier de Nazareth qui, dans son rôle de chef de famille, faisait toujours confiance à la Providence devant les difficultés rencontrées. Son cœur de père éclairé l’aide à transformer chaque problème en opportunité. Il était courageux et comptait sur Dieu pour lui venir en aide et le sauver. Sans oublier sa créativité qui a pris de l’élan depuis !     

Voici que le pape François, dans sa lettre apostolique : Un cœur de père, Patris Corde à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme Patron de l’Église universelle ; il propose saint Joseph comme modèle de père aujourd’hui. Il décrète alors une année spéciale qui lui est dédiée du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021. 

Fions-nous à notre Père aujourd’hui et toujours. Implorons l’intercession de saint Joseph dans nos vies, comme nous sommes invité.es à imiter ses vertus. Voici les caractéristiques décrivant parfaitement saint Joseph dans la lettre apostolique, comme étant :  

  • Père aimé.
  • Père de la tendresse.
  • Père dans l’obéissance.
  • Père dans l’accueil, « qui accueille la volonté de Dieu et du prochain ».
  • Père au courage créatif, exemple d’amour pour l’Église et les pauvres.
  • Père travailleur, « Patron des travailleurs » …« et qui enseigne la valeur, la dignité et la joie du travail ».Père dans l’ombre, « décentré par amour de Marie et Jésus ».

Le Saint-Père, le pape François récite tous les jours en effet, « depuis plus de 40 ans », une prière à l’Époux de Marie « tirée d’un livre français de dévotion des années 1800 de la Congrégation des religieuses de Jésus et Marie ». Le Pape explique qu’il s’agit d’une prière « qui exprime dévotion et confiance » à saint Joseph mais qui parle aussi d’un « certain défi », car elle se termine avec ces mots :

« Qu’il ne soit pas dit que je t’ai invoqué en vain, et puisque tu peux tout auprès de Jésus et de Marie, montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir ».

Quant au pape Léon XIII, il cite : 

« … Et de même qu’autrefois tu as arraché l’Enfant Jésus au péril de la mort, défends aujourd’hui la Sainte Église de Dieu contre les embûches de l’ennemi et contre toute adversité, et couvre-nous de ta constante protection, afin que nous puissions, à ton exemple et par ton assistance, vivre saintement, mourir pieusement, et obtenir l’éternelle félicité dans le Ciel. Amen ». Livret portant sur la lettre apostolique : Un cœur de père, à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme Patron de l’Église universelle,  Médiaspaul 2021 Choix de prières à saint Joseph, p. 33.

J’aimerais ici vous faire part que chaque année, la fête de saint Joseph arrive avec son gros lot de souvenirs et de nostalgie. C’est une fête qui a beaucoup de signification pour moi et pour toute notre famille. Saint Joseph compte beaucoup à mes yeux, à nos yeux. Il est notre modèle de vie comme mon père l’était. Il n’y a pas de surprise !! À mon avis, c’est une bénédiction divine, un cadeau du Ciel.

De plus, j’ai voulu écrire cet article pour dire combien je suis fière de mon père ! J’ai aimé qu’il puisse lire ces lignes et savoir combien nous marchons tous et toutes sur ses pas, et combien nous le prenons comme modèle de vie. Quelle bénédiction et quelle grâce qui nous accompagnaient dans notre vie. Du bel héritage reçu comme chrétien.ne et catholique au moindre geste de bienfaisance effectué avec cœur. 

Mon père à l’exemple de saint Joseph était un père aimé, respecté de tous et de toutes. Il était nommé « l’homme de Dieu et le père des pauvres. » Il voyait la misère de l’autre avec du cœur. C’est en plein ce que signifie d’être miséricordieux. À son époque, il allait tôt faire son tour dans la ville pour cibler les maisons qu’il connaissait bien et qui avaient de la difficulté à subvenir aux besoins de leurs familles. Il leur déposa devant la porte, souvent entrouverte, discrètement toutes sortes de vivres nécessaires et filait, car il n’aimait pas être vu ou connu.        

Une coïncidence vécue : mon père s’appelait « Youssef »  version arabe de « Joseph ». Il est né à la fête de saint Joseph, son patron et son modèle de vie et décède la veille de la Saint-Joseph aussi. Il était dans sa vie l’homme de Dieu sur terre. De par son discernement clair et sa conduite bienveillante, il se comportait fidèlement et discrètement à l’exemple de saint Joseph.  

Nous nous sommes trouvé.es béni.es d’avoir un père si humble, juste et merveilleux à la fois. Un homme honnête, se souciant des plus démunis, soutenant les pauvres, et réflètant par ses actions les enseignements de l’Église. Il prenait comme exemple de vie à suivre, notre bien-aimé saint Joseph. Il s’identifie à lui dans toute chose.

Qu’en est-il du modèle du père aujourd’hui ? Partagez-nous votre avis. Merci de votre fidélité !

Mais, dis-maman… que font les pauvres à Noël ?

En ce temps de l’Avent, nous sommes heureux de vous présenter notre série « Voix d’Espérance de Noël  ». Cette période de préparation à la naissance du Christ est un moment riche en récits, en expériences et en traditions qui façonnent ce qu’elle représente pour chacun de nous.

Pour nourrir votre espérance durant ce mois d’attente et d’anticipation, nous invitons des membres de la famille de Sel + Lumière Média à partager la manière dont leurs traditions de l’Avent et de Noël ont influencé leur propre parcours et celui de leurs communautés.

La réflexion du jour nous vient de Mireille Haj-Chahine, associée bilingue et chargée des relations avec les donateurs.

Quel est votre souvenir d’enfance préféré de Noël ? 

Quel est votre souvenir d’enfance préféré de Noël ? 

Le temps de Noël est un temps de joie, de prière et de réunion familiale, il est aussi un temps d’amour, de partage, de réconciliation et de miséricorde.  Comme j’ai perdu mon père étant très jeune, ma mère prenait en charge toute la famille avec ses multiples exigences. Dotée d’une grande foi, elle consolida son existence encore et encore dans la prière, la récitation du chapelet et la messe quotidienne. Elle veilla à nous inculquer les bonnes valeurs chrétiennes et catholiques et à les mettre en pratique. Chez nous, la fête de la sainte Barbe, qui avait lieu le 4 décembre, était le point de départ pour que chacun.e se prépare à s’occuper de la maison, participer à la décoration du grand sapin dressé au coin du salon avec les cadeaux en-dessous et de la crèche montée avec du carton et du papier tacheté. On ajoutait les Rois mages et les animaux et on attendait minuit sonnant pour ajouter l’Enfant-Jésus, le Sauveur nouveau-né. Nous tenions à ce qu’elle reste simple, humble à l’image de celle de Bethléem. Maman tenait, avec gaité de cœur, à faire plaisir à chacun.e chez nous. Elle nous préparait les cadeaux, la bouffe, telle que la dinde qui embauma par son parfum toute la maison, sans oublier le taboulé, les feuilletés, les divers soufflés et tant bien d’autres plats délicieux, etc. La veille de Noël était remarquable et tout le monde mettait la main à la pâte. 

En plus de l’ambiance féérique éclairée par des lumières multicolores, les chants de Noël retentissaient, l’odeur de la très bonne dinde remplissait la maison, et les autres plats sophistiqués que ma mère nous préparait spécialement pour le réveillon et la fête de Noël. 

Mon souvenir d’enfance va peut-être étonner plusieurs lectrices et lecteurs d’entre vous ! Car ces moments sertis de joie, de gratitude et de gaieté, étaient pour toute la famille et la parenté présente, des moments marqués par la foi et les échanges complices et joyeux. Tandis que pour moi, j’avais les larmes aux yeux et je pleurais pendant de longues heures sans comprendre à fond ce qui se passait en moi… Stupéfaite, maman me questionnait sur ce qu’il n’allait pas bien : « Avais-je manqué de quoi, me disait-elle ? Et me répétait sans cesse que nous devons être contents et super joyeux, en particulier la veille de Noël, et qu’il n’y a pas de place pour de la tristesse ou de la mélancolie.  

Je n’avais dans le cœur et sur la bouche que ceci : « Mais dis maman …. Et les pauvres que font-ils ce soir ? Qui s’occupent d’eux ou d’elles ? » Maman voulait que je regagne le cercle de mes cousin.es le plus tôt et que je mette de côté ce qui me troublait, en portant dans mes prières les pauvres et les moins choyé.es par la vie.

Ce questionnement a teinté toute ma vie après. Je me suis lancée dans la quête des belles valeurs de partage, d’amour du prochain et surtout des pauvres. Je cherchais le moyen par lequel je pouvais aider à afficher un sourire sur le visage d’une personne triste, endeuillée, etc. à l’assister pour qu’elle puisse connaître un bonheur normal et pour que sa souffrance s’éloigne et trouve un peu de douceur. Ce moment de conscience et de foi était ma source de joie. Et plus je faisais du bien, plus j’avais la joie au cœur !

 

Voici comment un chant de Noël, un passage des Écritures, une pratique liturgique, ou une préparation à l’Avent peuvent-ils m’inspirer chaque année :  

Chaque jour, c’est un Noël pour moi. Cette fête au quotidien guidée par une conscience humaine, pleine de miséricorde, d’amour et jalonnée de bonnes œuvres, façonne ma personne pour que je sois toujours constante et cohérente dans ce que j’ai à accomplir. 

Le chant de Noël qui m’inspire le plus est : « C’est Noël chaque fois …. Et que je fredonne toujours !

C’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme dans les yeux d’un enfant

C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes, chaque fois qu’on s’entend.

C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre et qu’on ouvre les mains.

C’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin.

Refrain

C’est Noël sur la terre chaque jour,

Car Noël, Ô mon frère, c’est l’Amour.

 

C’est Noël quand nos cœurs, oubliant les offenses, sont vraiment fraternels.

C’est Noël quand enfin se lève l’espérance d’un amour plus réel. 

C’est Noël quand soudain se taisent les mensonges faisant place au bonheur

Et qu’au fond de nos vies la souffrance qui ronge trouve un peu de douceur.

Refrain…

C’est Noël dans les yeux du pauvre qu’on visite sur son lit d’hôpital.

C’est Noël dans le cœur de tous ceux qu’on invite pour un bonheur normal.

C’est Noël dans les mains de celui qui partage aujourd’hui notre pain.

C’est Noël quand le gueux oublie tous les outrages et ne sent plus sa faim.

Refrain…

Les paroles d’un chant de Mère Teresa

https://www.youtube.com/watch?v=SVawuGD24QU, m’inspirent au plus haut point : « Donne tes mains pour servir, et ton cœur pour aimer ». Nous ne pouvons pas rester passifs !! Il faut agir, bouger, faire, aider… Cela me rappelle une réplique que je répétais sans cesse en arrivant chez moi, car je partageais au sein de ma famille ce que j’ai vu ou entendu de misérable ou de douloureux la journée et qui me touchait beaucoup. J’entendais ma sœur qui me disait : « …mais il ou elle a un Dieu, Mireille ». Je m’entendais répliquer : « Oui, sans aucun doute. Mais je veux et je peux faire quelque chose … ». Je tournais le dos aux préjugés et je passais à l’action, au service !

Nous pouvons toujours faire quelque chose, offrir un don, effectuer un petit geste, afficher un sourire ou être présent.e et écouter avec du cœur. Cette écoute active, cette présence à l’autre, n’est pas juste liée à mon domaine d’études en Sciences humaines ; mais de notre relation de base en tant qu’être social, des êtres en relation. À mon humble avis, c’est cela être catholique ! Avoir à penser à l’autre, aller vers l’autre et lui tendre la main …   

Je me rappelle chaque année dans ma paroisse, mon implication dans l’animation de la belle célébration de la messe de minuit. Je faisais partie de la chorale, j’ai fait la lecture, présenté les intentions, etc.  Ceci me remplissait le cœur de joie, d’allégresse et de gratitude. 

Comment intégrer mes valeurs catholiques et ma vision du monde dans mon ministère, ma vie quotidienne ou mes relations ?

Mes valeurs catholiques sont le « fuel » de mon existence, le moteur de ma conduite et de mon discernement. Agir avec amour, respect et compassion en s’entretenant avec les autres, que ce soit dans ma vie quotidienne ou dans mon travail, va dans la même lignée tracée sur les pas de mes bien-aimés parents défunts. 

La vision du monde que j’adopte est pleine d’empathie, d’amour et d’aide. Chacun.e de nous a une mission à accomplir. Comme nous sommes des êtres créés à l’image de Dieu et baptisés, nous sommes aussi invités à être envoyés dans le monde pour répandre la Bonne Nouvelle. C’est pourquoi, nous devons être conscient.es de cette grande responsabilité qui nous est donnée pour passer à l’action, s’ouvrir à l’autre, etc. N’hésitons donc pas à agir. Laissons la passivité de côté et impliquons-nous !  

En tout temps, mon action est teintée par mes valeurs catholiques inculquées dans mon enfance, dans ma famille et mes rapports avec les autres. À l’exemple de mes parents qui mettaient le Christ au centre de leur vie, je me souviens de ma mère qui nous répétait souvent : « Si on ne vous a rien laissé, … vous avez au moins un héritage spirituel et catholique dont nous en sommes très fiers ».

Je suis trop chanceuse et je remercie Dieu de m’avoir donné des parents débordants de foi, de compassion, de miséricorde et d’amour du Christ, du prochain et surtout du pauvre. Oui, du pauvre…. Le surnom de mon propre père était : le saint, l’homme de Dieu sur terre et le père des pauvres ! En toute reconnaissance, je peux dire que je viens d’une famille qui baigne dans la foi, la prière et les bonnes actions. Je vais avoir de la peine si j’entends quelqu’un.e malade, endeuillé.e ou qui souffre et que je reste indifférente. C’est plus fort que moi ! Je dois penser à lui venir en aide, lui rendre visite et à penser comment puis-je pousser plus loin sa souffrance, le ou la laisser reprendre un peu son souffle et retrouver un bonheur normal.  

Le Seigneur, sans aucun doute, m’a donné de multiples talents pour que je les utilise dans toutes les sphères de ma vie, et ne pas les garder de côté. J’en suis profondément reconnaissante ! et je suis la même personne au sein de ma famille, dans mon travail, dans ma vie quotidienne et dans mes relations avec les autres. J’essaie toujours de faire de mon mieux et de présenter le meilleur de moi-même. Puisque je vise en premier l’autre qui a un cœur qui bat, donc est comme moi. Ce que j’aimerais avoir pour moi-même, je l’offrirais à l’autre !

Ainsi, plusieurs valeurs catholiques teintent les différents aspects de ma vie quotidienne. Au travail, mon rôle d’Associée bilingue et chargée des relations avec les donatrices et les donateurs, est la continuité de ce que je possède comme valeurs ancrées, croyances vives et pratiques solides de la foi. 

Au niveau professionnel, communautaire et social, le respect, l’écoute active et la gratitude sont de mise. Sans oublier l’empathie et l’espérance qui se ressent lors d’un entretien, par exemple, avec les donatrices et les donateurs. 

Je crois vivement que sourire à un frère, lui tendre la main, le laisser parler, l’écouter sans porter un jugement et agir en tournant le dos aux préjugés sont des gestes simples qu’on peut faire facilement. Je peux témoigner de la vraie souffrance durant le temps de la COVID 19 : Cet exemple criant de ce qu’une personne vivant avec le sentiment de solitude ou d’abandon peut nous offrir comme leçon. Quelques-un.es nous ont appelé, car ils ou elles n’avaient personne à qui parler, à qui se confier ou craignaient de mourir seul.es sans être nécessairement en réconciliation avec le Seigneur, et tenaient absolument à accéder à un prêtre. D’autres qui souffraient en silence n’avaient plus le goût de vivre ou ne voyaient plus d’issue à leur douleur. 

Ma façon de les accueillir, les écouter activement, c’était de l’accompagnement psychologique et spirituel que je faisais. Je leur parlais de prier saint Charbelle médecin du Ciel, ce moine et ermite libanais qui pourrait intercéder -pour elles et pour eux-, puisqu’il continue jusqu’à nos jours à faire des miracles. Rappelons ici, que récemment le pape Léon XIV s’est recueilli et a prié devant la tombe de saint Charbel à Anaya, lors de sa visite apostolique au Liban. Mon action était ainsi guidée par ces mêmes valeurs de compassion, d’espérance, de respect, de patience et surtout de bienveillance et d’amour.

Je lance ici un appel urgent, à toutes et à tous : « Donnez avec du cœur en ce temps de Noël, surtout pour la personne qui a faim, qui est dans le besoin et qui dépend d’une banque alimentaire ». Car de nos jours, les banques alimentaires malgré leur mission essentielle, ne peuvent pas corriger des facteurs entravant leur développement… Par notre geste, nous pouvons certes alléger la faim et ne pas l’effacer complètement ; mais la reculer plus loin ! De plus, nous avons la responsabilité de soutenir les fondations qui s’occupent de nos sœurs et nos frères qui ont soif d’une nourriture spirituelle, de la miséricorde entre les un.es les autres, et de l’espérance pour continuer à vivre et à fonctionner, telles que Sel + Lumière Média. Après tout, rien ne vaut un : « Merci beaucoup, Mme Mireille, pour votre soutien, votre bienveillance et votre foi. Cela m’a fait du bien de vous avoir au bout du fil. Ou encore, merci pour votre belle mission qui redonne un nouveau souffle à ma vie ».

Voici un autre exemple vécu récemment : J’ai vu une dame qui devait retourner chez elle pendant la grève des moyens de transports, à Montréal, après la messe de dimanche matin. Sur le parvis, elle attendait impatiemment d’avoir un « lift », mais les fidèles ignoraient totalement sa situation, malgré l’annonce du prêtre à son sujet. Le froid, la neige et l’humidité semblaient ne pas trop la décourager. Elle décida de rentrer à pied et ne savait pas quoi faire… Je lui ai offert de l’argent pour qu’elle puisse se payer un taxi. Une chose qu’elle a faite ! Elle n’arrêtait pas de me remercier pour ma sensibilité face à son besoin criant, et surtout qu’il faisait très mauvais ce jour-là. Mes ami.es qui me voyaient passer à l’action, n’en revenaient pas que j’ai été la seule à sentir l’appel d’intervenir pour lui venir en aide. Et vous qu’aurez-vous fait dans une telle situation ? Comment accomplir de bonnes actions et mettre en pratique vos valeurs et vos talents ? 

Un joyeux Noël à toutes et à tous et une Nouvelle année dans la joie et la paix à vous et à vos proches ! 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 26 novembre 2025

Photo de Vidal Balielo Jr. sur Pexels.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi son cycle de catéchèse sur le mystère pascal, dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025. Il a réfléchi sur la manière dont l’espérance de la résurrection peut inspirer les couples à engendrer une nouvelle vie, affirmant que « le courage de vivre et d’engendrer la vie, de témoigner que Dieu est l’« amoureux de la vie » par excellence, comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui plus urgent que jamais ».

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

La Pâque du Christ éclaire le mystère de la vie et nous permet de le regarder avec espérance. Cela n’est pas toujours facile ni évident. Partout dans le monde, beaucoup de vies semblent difficiles, douloureuses, pleines de problèmes et d’obstacles à surmonter. Et pourtant, l’être humain reçoit la vie comme un don : il ne la demande pas, il ne la choisit pas, il en fait l’expérience dans son mystère, du premier jour jusqu’au dernier. La vie a une spécificité extraordinaire : elle nous est offerte, nous ne pouvons pas nous la donner nous-mêmes, mais elle doit être nourrie constamment : il faut un soin qui la maintienne, la dynamise, la préserve, la relance.

On peut dire que la question de la vie est l’une des questions abyssales du cœur humain. Nous sommes entrés dans l’existence sans avoir rien fait pour le décider. De cette évidence jaillissent comme un fleuve en crue les questions de tous les temps : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens ultime de tout ce voyage ?

Vivre, en effet, implique un sens, une direction, une espérance. Et l’espérance agit comme une force profonde qui nous fait avancer dans les difficultés, qui nous empêche d’abandonner dans la fatigue du voyage, qui nous rend certains que le pèlerinage de l’existence nous conduit à la maison. Sans l’espérance, la vie risque d’apparaître comme une parenthèse entre deux nuits éternelles, une brève pause entre l’avant et l’après de notre passage sur terre. Espérer dans la vie, c’est plutôt anticiper le but, croire comme certain ce que nous ne voyons ni ne touchons encore, faire confiance et nous en remettre à l’amour d’un Père qui nous a créés parce qu’il nous a voulus avec amour et qu’il nous veut heureux.

Très chers amis, il existe dans le monde une maladie répandue : le manque de confiance dans la vie. Comme si l’on s’était résigné à une fatalité négative, à un renoncement. La vie risque de ne plus représenter une opportunité reçue en don, mais une inconnue, presque une menace dont il faut se préserver pour ne pas être déçu. C’est pourquoi le courage de vivre et de générer la vie, de témoigner que Dieu est par excellence « l’amant de la vie », comme l’affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd’hui un appel plus que jamais urgent.

Dans l’Évangile, Jésus confirme constamment sa diligence à guérir les malades, à soigner les corps et les esprits blessés, à redonner vie aux morts. Ce faisant, le Fils incarné révèle le Père : il restitue leur dignité aux pécheurs, accorde la rémission des péchés et inclut tout le monde, spécialement les désespérés, les exclus, les éloignés, dans sa promesse de salut.

Engendré par le Père, Christ est la vie et il a engendré la vie sans compter jusqu’à nous donner la sienne, et il nous invite également à donner notre vie. Engendrer signifie donner la vie à quelqu’un d’autre. L’univers des vivants s’est étendu grâce à cette loi qui, dans la symphonie des créatures, connaît un admirable “crescendo” culminant dans le duo de l’homme et de la femme : Dieu les a créés à son image et leur a confié la mission de donner la vie à son image, c’est-à-dire par amour et dans l’amour.

Dès le début, l’Écriture Sainte nous révèle que la vie, dans sa forme la plus élevée, celle de l’être humain, reçoit le don de la liberté et devient un drame. Ainsi, les relations humaines sont également marquées par la contradiction, jusqu’au fratricide. Caïn perçoit son frère Abel comme un concurrent, une menace, et dans sa frustration, il ne se sent pas capable de l’aimer et de l’estimer. Et voilà la jalousie, l’envie, le sang (Gn 4, 1-16). La logique de Dieu, en revanche, est tout autre. Dieu reste fidèle pour toujours à son dessein d’amour et de vie ; il ne se lasse pas de soutenir l’humanité même lorsque, à l’instar de Caïn, elle obéit à l’instinct aveugle de la violence dans les guerres, les discriminations, les racismes, les multiples formes d’esclavage.

Donner la vie signifie donc faire confiance au Dieu de la vie et promouvoir l’humain dans toutes ses expressions : tout d’abord dans la merveilleuse aventure de la maternité et de la paternité, même dans des contextes sociaux où les familles ont du mal à supporter le poids du quotidien, souvent freinées dans leurs projets et leurs rêves. Dans cette même logique, donner la vie signifie s’engager pour une économie solidaire, rechercher le bien commun dont tous puissent profiter équitablement, respecter et prendre soin de la création, offrir du réconfort par l’écoute, la présence, l’aide concrète et désintéressée.

Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus-Christ est la force qui nous soutient dans cette épreuve, même lorsque les ténèbres du mal obscurcissent notre cœur et notre esprit. Lorsque la vie semble s’être éteinte, bloquée, voici que le Seigneur Ressuscité passe encore, jusqu’à la fin des temps, et marche avec nous et pour nous. Il est notre espérance.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Consultez tous nos articles et la couverture du pape Léon XIV sur notre page :  slmedia.org/fr/pape-leon-xiv

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 12 novembre 2025

Photo par Tacho Dimas sur Cathopic

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV continue sa catéchèse dans le cadre du Jubilé de l’Espérance 2025 et invite les fidèles à puiser dans la résurrection du Christ une spiritualité pascale vivante, fondée sur la fraternité, capable de traverser les divisions du monde contemporain et de transformer nos relations.

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Croire en la mort et la résurrection du Christ et vivre la spiritualité pascale alimente l’espérance dans la vie et encourage à investir dans le bien. En particulier, cela nous aide à aimer et à nourrir la fraternité, qui est sans aucun doute l’un des grands défis de l’humanité contemporaine, comme l’a clairement vu le pape François.

La fraternité naît d’une donnée profondément humaine. Nous sommes capables de relations et, si nous le voulons, nous savons construire des liens authentiques entre nous. Sans relations, qui nous soutiennent et nous enrichissent depuis le début de notre vie, nous ne pourrions pas survivre, grandir, apprendre. Elles sont multiples, différentes par leurs modalités et leur profondeur. Mais il est certain que notre humanité s’épanouit pleinement lorsque nous sommes et vivons ensemble, lorsque nous parvenons à expérimenter des liens authentiques, non formels, avec les personnes qui nous entourent. Si nous sommes repliés sur nous-mêmes, nous risquons de tomber malades de solitude, et même d’un narcissisme qui ne se soucie des autres que par intérêt. L’autre est alors réduit à quelqu’un dont on peut tirer profit, sans que nous ne soyons jamais vraiment disposés à donner, à nous donner nous-mêmes.

Nous savons bien qu’aujourd’hui encore, la fraternité ne va pas de soi, elle n’est pas immédiate. De nombreux conflits, de nombreuses guerres à travers le monde, des tensions sociales et des sentiments de haine semblent au contraire prouver le contraire. Cependant, la fraternité n’est pas un beau rêve impossible, ce n’est pas le désir de quelques illusionnés. Mais pour surmonter les ombres qui la menacent, il faut aller aux sources, et surtout puiser lumière et force auprès de Celui qui seul nous libère du poison de l’inimitié.

Le mot “frère” vient d’une racine très ancienne qui signifie prendre soin, avoir à cœur, soutenir et nourrir. Appliqué à chaque personne humaine, il devient un appel, une invitation. Nous pensons souvent que le rôle de frère ou de sœur renvoie à la parenté, au fait d’être apparentés, de faire partie de la même famille. En vérité, nous savons bien à quel point les désaccords, les fractures, parfois même la haine, peuvent dévaster les relations entre parents, et pas seulement entre étrangers.

Cela démontre la nécessité, aujourd’hui plus que jamais urgente, de repenser la salutation que saint François d’Assise adressait à tous, indépendamment de leur origine géographique, culturelle, religieuse ou doctrinale : omnes fratres était la manière inclusive dont Saint François plaçait tous les êtres humains sur un pied d’égalité, précisément parce qu’il les reconnaissait dans leur destin commun de dignité, de dialogue, d’accueil et de salut. Le pape François a repris cette approche du Poverello d’Assise, en valorisant son actualité après 800 ans, dans l’encyclique Fratelli tutti.

Ce “tous”, qui signifiait pour saint François le signe accueillant d’une fraternité universelle, exprime un trait essentiel du christianisme, qui depuis le début a été l’annonce de la Bonne Nouvelle destinée au salut de tous, jamais sous une forme exclusive ou privée. Cette fraternité se fonde sur le commandement de Jésus, qui est nouveau en ce qu’il est réalisé par Lui-même, accomplissement surabondant de la volonté du Père : grâce à Lui, qui nous a aimés et s’est donné lui-même pour nous, nous pouvons à notre tour nous aimer et donner notre vie pour les autres, comme enfants de l’unique Père et véritables frères en Jésus-Christ.

Jésus nous a aimés jusqu’au bout, dit l’Évangile de Jean (cf. 13, 1). Lorsque la passion approche, le Maître sait bien que son temps historique touche à sa fin. Il craint ce qui va arriver, il éprouve le supplice le plus terrible et l’abandon. Sa Résurrection, au troisième jour, est le début d’une histoire nouvelle. Et les disciples deviennent pleinement frères, après avoir vécu longtemps ensemble, non seulement lorsqu’ils vivent la douleur de la mort de Jésus, mais surtout lorsqu’ils le reconnaissent comme le Ressuscité, reçoivent le don de l’Esprit et en deviennent les témoins.

Les frères et sœurs se soutiennent mutuellement dans les épreuves, ils ne tournent pas le dos à ceux qui sont dans le besoin : ils pleurent et se réjouissent ensemble dans la perspective active de l’unité, de la confiance, de l’abandon mutuel. La dynamique est celle que Jésus lui-même nous transmet : “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés” (cf. Jn 15, 12). La fraternité donnée par le Christ mort et ressuscité nous libère des logiques négatives de l’égoïsme, des divisions, des abus de pouvoir, et nous ramène à notre vocation originelle, au nom d’un amour et d’une espérance qui se renouvellent chaque jour. Le Ressuscité nous a montré le chemin à suivre avec Lui, pour nous sentir frères, pour être “tous frères”.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Consultez tous nos articles et la couverture du pape Léon XIV sur notre page :  slmedia.org/fr/pape-leon-xiv

Passer le flambeau de l’espérance d’une génération à l’autre

Photo par RDNE Stock

Une réflexion pour la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées – dimanche 27 juillet 2025

Par Julian Paparella

Au moment de notre mariage il y a cinq ans, l’un des commentaires les plus percutants que nous avons reçus était que le fait de se marier est un acte d’espérance en l’avenir. Cette idée ne m’a plus quitté depuis. Maintenant que nous avons eu notre premier enfant, cela semble encore plus vrai. Au milieu des incertitudes du monde, avoir des enfants est en effet un acte d’espérance dans l’avenir. C’est le signe que la vie vaut encore la peine d’être vécue et que l’avenir est prometteur malgré les défis qu’il comporte. Mettre quelqu’un au monde, c’est croire que, malgré les hauts et les bas, l’avenir lui réserve quelque chose de beau et de bien. 

Les guerres, l’instabilité économique et la crise climatique sont autant de réalités qui peuvent nous faire perdre espoir. Pourtant, les raisons d’espérer restent nombreuses. Les générations précédentes ont certainement eu leur lot de raisons de désespérer. Elles ont néanmoins choisi de persévérer, de mettre un pied après l’autre et de marcher de l’avant avec espérance. C’est grâce à elles que nous sommes ici. Si nous sommes là, c’est parce qu’ils n’ont pas jeté l’éponge sur la vie. Malgré les épreuves qu’ils ont traversées, ils ont continué à accueillir de nouvelles générations dans la grande famille de l’humanité.

L’espérance peut être trouvée en regardant les visages d’autres générations que la nôtre, qu’elles soient plus jeunes ou plus âgées. En regardant les visages de nos enfants, nous voyons la clarté dans leurs yeux, qui n’est pas altérée par les crises auxquelles le monde est confronté. Sur les visages des personnes âgées parmi nous, nous voyons la persistance et la persévérance qui leur ont permis de ne pas abandonner sur le chemin de la vie.   

À cet égard, les familles sont de véritables berceaux d’espérance. Il est beau de voir sur les réseaux sociaux des vidéos de grands-parents et d’arrière-grands-parents qui rencontrent pour la première fois un nouveau membre de leur famille. Leurs visages s’illuminent devant le nouveau-né. Souvent, ils fondent en larmes. Une telle expérience révèle non seulement la joie d’accueillir une nouvelle vie, mais aussi la promesse que la vie a un avenir. Cela fait chaud au cœur. Comme c’est émouvant de tenir dans ses bras une génération naissante. Les familles constituent la chaîne de vie qui relie une génération à l’autre par des liens d’amour, d’attention et d’affection. Elles sont le lieu où l’on apprend du passé et où l’on regarde vers l’avenir. 

Il est donc important de saisir les occasions de passer du temps ensemble, et de se retrouver toutes générations confondues. Avec le rythme de vie effréné d’aujourd’hui, le risque est que les jeunes générations soient accaparées par tout ce qu’elles ont à faire, tandis que les générations plus âgées sont perdues de vue et d’esprit, abandonnées dans la souffrance de la solitude.

La Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, instituée par le Pape François en 2021, est un rappel annuel à prendre le temps de tendre la main à nos aînés. L’occasion est célébrée le dimanche le plus proche du 26 juillet, fête des saints Anne et Joachim, les grands-parents de Jésus. Le thème de cette année, dans le cadre de l’année jubilaire consacrée à l’espérance, est « Heureux celui qui n’a pas perdu l’espoir » (Sir 14, 2). 

Les actes d’amour et d’attention exprimés de génération en génération sont une source d’espérance qui donne la vie. En rendant visite aux personnes âgées – que ce soient nos grands-parents, nos parents, amis et voisins âgés – nous allumons un flambeau d’espérance qui apporte de la lumière et de la chaleur. En même temps, ces précieuses rencontres font beaucoup de bien à ceux et celles qui sont relativement jeunes, en nous permettant de prendre du recul par rapport à notre propre rythme de vie et en nous rappelant le sens de ce qui compte vraiment en fin de compte.

En cette Année sainte, le Vatican offre une indulgence jubilaire à ceux et celles qui « rendent visite aux personnes âgées qui sont seules… accomplissant ainsi un pèlerinage auprès du Christ présent en elles ». De fait, le Christ est présent dans les personnes âgées auxquelles nous rendons visite. Comme l’a affirmé le Pape Léon XIV dans son Message pour la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées de cette année : « Rendre visite à une personne âgée est une manière de rencontrer Jésus qui nous libère de l’indifférence et de la solitude ». C’est une grâce que nous pouvons demander : avoir un cœur qui voit le Christ dans les personnes âgées, souffrantes, seules ou malades.

Chacun et chacune d’entre nous peut répondre à l’invitation de rendre visite à un proche ou à un voisin âgé, surtout s’il est seul. C’est une façon de partager le flambeau de l’espérance qui éclaire le chemin d’une génération à l’autre.

Seigneur Jésus, toi qui es proche de ceux et celles qui sont seuls et affligés, ouvre nos cœurs pour leur tendre la main et nos yeux pour te voir en eux. Amen.

Prier avec le pape François Réflexion – Mars 2025

Mes frères et sœurs : En ce mois de mars, le pape François nous invite à prier pour les familles en crise : Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences. 

La famille est le lieu privilégié où l’amour est nourri et appris dans la pratique ; c’est le lieu où la foi est transmise. Elle est notre fondement. Sans la force que nous donne la famille, nous sommes sans fondement, nous nous écroulons.   

Tout le monde souffre dans une famille divisée, et c’est pourquoi le pape François décrit la réalité des familles divisées comme une famille en crise. Il est vraiment regrettable que beaucoup d’entre nous viennent de familles divisées où les parents sont soit séparés, soit divorcés.   

Il peut y avoir de nombreuses raisons derrière la rupture, et je ne suis pas ici pour les justifier ou les vilipender. Ce qui est indéniable, c’est que la blessure et ses effets à long terme peuvent faire beaucoup de dégâts, et nous n’en sommes parfois conscients que bien plus tard.  

Si nous ne pouvons pas revenir en arrière et changer le passé douloureux, nous pouvons nous concentrer sur les blessures qui en résultent pour la personne dans le présent.  

Le Pape François suggère le « pardon » comme moyen de progresser. En effet, Jésus-Christ mentionne explicitement le pardon dans la prière qu’il nous a donnée. Lorsque nous demandons pardon au Seigneur et que nous recevons son pardon, sa miséricorde élargit et vivifie nos cœurs pour que nous puissions pardonner aux autres.  

Aussi, le pardon dépend de nous : C’est nous qui décidons de pardonner ou non à une autre personne ; cela ne dépend pas de facteurs externes incontrôlables. Enfin, le pardon est un processus : Apprenez à pardonner un peu plus, chaque jour, pour qu’il devienne de plus en plus complet au temps de Dieu. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

La boussole du confiné avec Louis-André Richard

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis parle on discute du livre “La boussole du confiné” avec le philosophe et auteur Louis-André Richard. . Sont notamment abordés les thèmes de la pandémie, de l’intériorité, de la souffrance et de la mort, de la tolérance au risque, de la culture et des éventuels fruits positifs de la crise. Tout cela et bien plus sur Parrêsia, votre balado qui prend le temps de penser.

La vocation des laïcs en 2022 avec Mgr Antoine de Rochebrune

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis s’entretient la vie et de la vocation propre des laïcs dans l’Église et le monde avec Mgr Antoine de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei au Canada. Sont notamment abordés les thèmes de l’histoire de l’Église, du développement de la théologie du laïcat, de l’apport du Concile Vatican II, des moyens essentiels à leur sanctification ainsi que de l’importance de cultiver un bon rapport à la liberté dans l’apostolat. Tout cela et bien plus sur Parrêsia, votre balado qui prend le temps de penser.

La famille et la poursuite du bien commun

(Image: courtoisie de Wikimedia)

L’Église a beaucoup parlé dans les dernières années des questions relatives à la vie, au mariage et à la famille, et plus spécifiquement de la contribution des familles chrétiennes à sa vivacité. Alors que notre époque est marquée par son effacement, ces enseignements, conjugués à certains principes de la doctrine sociale de l’Église, peuvent contribuer à une réflexion sur la perspective du bien commun dans nos sociétés politiques. 

Un paradoxe de la politique moderne

La communauté politique est rarement comprise, dans l’espace public, comme une réalité naturelle à l’homme, c’est-à-dire comme une expression de sa nature d’animal politique, selon le mot d’Aristote. En effet, nos intuitions se sont transformées, et plus souvent qu’autrement nos concitoyens ont des attentes à la fois excessives et insuffisantes quant à l’expérience politique. C’est un paradoxe de notre modernité politique, qui s’explique notamment par un désintérêt pour la subsidiarité, un principe de la doctrine sociale de l’Église suivant lequel la responsabilité d’agir sur une question donnée revient à la communauté qui en expérimente le plus directement les effets. 

Or, nous vivons ici et maintenant dans le monde de l’État-providence, c’est-à-dire l’état d’une société où l’essentiel des nécessités humaines les plus élémentaires trouvent satisfaction de quelque manière par une réponse étatique. Devant les réalités du quotidien, les imperfections du marché, les désirs matériels, c’est l’État ou principalement l’État, qui répond présent. 

Cette situation est en un sens tout à fait nouvelle et unique au regard de l’histoire universelle. Jamais auparavant l’État, la république, le royaume, n’avait pris sur lui de répondre aussi directement et aussi promptement aux nécessités particulières, aux besoins locaux, voire familiaux et individuels. Nous vivons désormais dans l’attente de ces services et entretenons à l’égard de l’État des attentes extrêmement élevées. C’est pourquoi on entend souvent que les ”contribuables” (les citoyens) veulent en avoir pour leur ”argent” (leurs taxes). Nous sommes sortis de l’amitié civique pour entrer dans une relation d’affaire, parfois même prédatoire. 

Évidemment, nos devanciers avaient, eux aussi, des besoins et des désirs pour eux-mêmes et leurs proches, leurs familles, leurs communautés. Mais pour l’essentiel de l’histoire humaine, ils trouvaient satisfaction (ou privation), dans des contextes plus locaux, plus communautaires, et en un sens plus naturels, par la participation à des corps intermédiaires entre l’individu et l’État, aujourd’hui fortement affaiblis. Le processus qui nous a conduit jusqu’ici a donc généré chez nous des attentes excessives à l’égard de l’État politique. Nous demandons de lui des choses qu’il ne lui appartient pas de nous donner, du moins, si on en croit la doctrine sociale de l’Église et la centralité du principe de subsidiarité.

Une négation de notre nature politique

Pourtant, nous avons aussi et surtout des attentes insuffisantes à l’égard de la politique, qui se trouvent, en un sens, à un niveau plus humain et plus profond. Ces attentes  sont si faibles qu’elles attaquent notre nature politique. Libérés de la famille, libérés de l’amitié, libérés de l’Église et de quelque autre forme d’engagement librement consenti, plusieurs de nos concitoyens se placent dans une situation de dépendance, seuls face à l’État. 

Peu d’entre nous voient l’activité politique comme une recherche délibérée du bien commun qui engage, dans une démocratie comme la nôtre, l’ensemble des citoyens. D’ailleurs, le titre de citoyen, qui faisait à Athènes ou à Rome l’honneur de ceux qui le portaient, est pour nous vidé de son sens. Occupés à requérir de l’État des nécessités matérielles et même parfois jusqu’au sens de notre vie, notre activité politique se résume trop souvent à voter pour celui qui nous promet le meilleur rendement sur notre investissement. Nous ne cherchons pas à poursuivre le bien commun de la société politique dans laquelle nous nous inscrivons, mais bien plutôt à accroître notre bien particulier, parfois même au dépens de la communauté dans son ensemble. 

C’est pourquoi on peut également soutenir que nous avons à l’égard de la politique des attentes insuffisantes. La politique est cette activité, éminemment humaine, qui nous fait sortir de nos particularisme et nous fait nous engager en vue de biens plus universels. Il en va de même pour les chrétiens, dont la nature n’est pas changée mais plutôt élevée par la Grâce. D’une certaine manière, la politique en son sens le plus noble nous prépare même à la recherche de biens encore plus élevés. Il est ainsi nécessaire d’avoir une saine politique, comme il est essentiel d’avoir une saine vie familiale. 

La famille, un modèle pour les communautés plus larges

La famille est en un sens la forme la plus restreinte, la plus condensée, de communauté à laquelle il nous est donné d’appartenir. Elle n’a pas le caractère politique de la cité ou de la nation, dont elle ne partage pas la nature délibérative et plurielle. Or dans la famille, comme dans la vie politique, s’exerce une autorité dont la fin dépasse les besoins immédiats et particuliers des individus qui la composent. En famille, on comprend intuitivement que le bien du tout l’emporte sur celui des parties. Les parents, qui justement ont la charge d’autorité, acceptent plus aisément le sacrifice et le dénuement, lorsqu’il est rendu nécessaire par les circonstances. 

En famille, on sait qu’en dépit de leurs imperfections, nos frères, nos sœurs, nos parents sont dignes de notre respect et même de notre affection, en tant qu’ils partagent avec nous le lien de parenté. Ainsi la saine famille peut nous apprendre certaines choses sur la saine république, la saine communauté politique. Les citoyens ont, en tant que citoyens, le devoir de veiller chacun sur le bien de l’ensemble. Ils éprouvent souvent une affection parfois naïve mais sincère pour leurs concitoyens, avec lesquels ils partagent un titre de haute distinction. 

De petits et de grands ensembles

Enfin, dans la saine république on ne confond pas l’État avec la famille, ni entre eux les autres corps intermédiaires qui cimentent, de la plus petite à la plus grande, les communautés de parenté, de l’amitié, de la langue. On ne la confond pas davantage avec l’incommensurablement plus universelle res publica christiania, qui réunit les croyants par delà toutes les frontières matérielles et idéelles. 

À leur place et bien comprises, toutes ces communautés sont belles, bonnes et authentiques; elles répondent à la nature humaine en l’épousant de façon harmonieuse. Dans la démesure, elles perdent de leur éclat et deviennent des parodies d’elles-mêmes. Cette tension entre universalité et particularité est bien exprimée par le Pape François qui, dans l’encyclique Fratelli tutti, affirme :

« la fraternité universelle et l’amitié sociale constituent partout deux pôles inséparables et coessentiels. Les séparer entraîne une déformation et une polarisation préjudiciables » (par. 142).

La société politique a besoin pour réaliser sa fin de saines familles, de corps intermédiaires solides et de citoyens capables d’une amitié authentique. L’Église, la res publica christiana, a elle aussi plus que jamais besoin de fidèles véritablement libres et capables d’habiter, chacun selon sa vocation, de petites sociétés qui participent à sa souveraine beauté. Pour les chrétiens qui sont liés par le sacrement du mariage s’impose ainsi plus que jamais la responsabilité d’édifier une église domestique pleine de vigueur et de sainteté. 

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