La valeur de l’activité humaine et du progrès | Audience générale du Pape – 23 septembre 2026

Image composite représentant l’atterrissage du module lunaire d’Apollo 11 sur la Lune. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur la valeur de l’activité humaine et du progrès. Il nous invite à réfléchir à « la valeur de l’activité humaine dans le monde et, par conséquent, du progrès technique, social et scientifique. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

En poursuivant notre parcours à travers la Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile œcuménique Vatican II, nous arrivons au troisième chapitre de la première partie, qui porte un titre captivant : « L’activité humaine dans l’univers ». La question fondamentale est la suivante : quelle est la valeur de l’activité humaine dans le monde et, par conséquent, du progrès technique, social et scientifique ? Rappelons que, moins de quatre ans après la clôture du Concile, dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, l’homme allait poser le pied sur la Lune pour la première fois.

Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’être humain est sujet du progrès. Grâce à sa liberté et à son intelligence, il enrichit ses connaissances, faisant ainsi progresser la société tout entière. Nous le constatons aisément en observant l’amélioration des conditions de vie au fil des générations. En effet, dit le Document, « il en résulte que l’homme se procure désormais par sa propre industrie de nombreux biens qu’il attendait autrefois avant tout de forces supérieures. » (n°33).

C’est pourquoi certains penseurs ont présenté le progrès technico-scientifique comme un facteur qui affaiblit la relation avec Dieu, au point de la faire paraître superflue, voire comme un antagoniste de la foi chrétienne. Et cette interprétation a entraîné un changement de regard sur le monde de la part de l’homme contemporain, par rapport aux époques précédentes. Un tel préjugé s’affirme surtout dans cette partie de la culture occidentale qui a perdu son ancrage dans la Révélation chrétienne. Dans les humanismes post-chrétiens, l’être humain et Dieu sont présentés à tort comme des rivaux : pour affirmer ses connaissances, sa liberté et son progrès, l’homme devrait s’émanciper de Dieu. Mais en fin de compte, en niant la relation avec Dieu, on perd aussi la possibilité d’affirmer la valeur transcendante de la personne humaine. C’est le « drame de l’humanisme athée », bien décrit par un éminent théologien du Concile Vatican II, Henri de Lubac. [1]

Le Concile souhaite apporter une réponse claire : « Pour les croyants – affirme Gaudium et Spes –, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu. » (n°34). Mieux encore, poursuit la Constitution, « loin d’opposer les conquêtes du génie et du courage de l’homme à la puissance de Dieu et de considérer la créature raisonnable comme une sorte de rivale du Créateur, les chrétiens sont au contraire bien persuadés que les victoires du genre humain sont un signe de la grandeur divine et une conséquence de son dessein ineffable. » ( ibid.). En substance, Dieu a remis entre les mains de l’homme et de la femme une création encore in statu viae, c’est-à-dire en chemin, en pleine croissance, afin qu’ils la mènent à son accomplissement par leur activité avisée. [2]

On trouve ici une référence importante au mystère de l’Incarnation. L’humanité – et avec elle le travail, le progrès et l’autonomie des réalités créées – n’est ni absorbée ni annulée par la rencontre avec Dieu, mais assumée dans son intégralité, continuant d’être, en Christ, libre et active : en effet, c’est en Lui qu’elle trouve pleine vérité et liberté. De plus, lors de la célébration eucharistique, le fruit du travail humain, représenté par le pain et le vin, est déposé chaque jour sur l’autel, pour être transformé en Corps et en Sang du Christ.

De cette perspective découle une vérité importante : pour rencontrer Dieu, l’être humain ne doit pas abandonner ses occupations terrestres, mais il peut vivre pleinement sa vocation en accomplissant bien son travail quotidien et en le sanctifiant. [3] Les chrétiens sont engagés, comme tout le monde, dans l’édification de la cité des hommes, en visant la fin de toutes choses et la rencontre avec Dieu, et en rappelant cette fin ultime à ceux avec qui ils partagent l’aventure du progrès, de la science et de la vie.

Certes, il faut bien distinguer le progrès terrestre de la croissance du règne du Christ ; toutefois, le Concile affirme que « ce progrès a cependant beaucoup d’importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine. […] Tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés » (n° 39).

Enfin, rappelons que pour devenir un véritable progrès humain – c’est-à-dire celui de tout l’homme et de tous les hommes –, le progrès technique et scientifique doit être animé et orienté par la charité. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra toujours être mis au service de la dignité de l’homme et favoriser l’amélioration des conditions de vie de tous, en particulier des plus défavorisés.

Chers frères et sœurs, le Concile Vatican II nous invite à partager le pain du savoir et du savoir-faire, afin que chaque homme et chaque peuple puisse développer son potentiel et qu’ensemble, nous puissions construire, avec l’aide de Dieu, un avenir meilleur.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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La communauté humaine | Audience générale du Pape – 16 septembre 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur l’Église dans le monde moderne. Il a déclaré que « Gaudium et Spes affirme que la diversité des personnes et des peuples dans le monde ne doit pas être considérée comme un danger ou une menace, mais plutôt comme une ressource d’enrichissement et de croissance. Le conflit, qui dégénère parfois en violence, est le résultat de la puissance du péché et de la manière dont il conditionne les mentalités et les actions à tous les niveaux, provoquant destruction et mort. Nous devons être toujours plus ouverts à la logique de la réciprocité, du partage et de la sollicitude, comme c’est également le cas entre les différents membres du corps humain (cf. 1 Corinthiens 12, 21-25). »

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Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

En consacrant son deuxième chapitre à la « communauté humaine », la Constitution Gaudium et spes (GS) invite à considérer la « multiplication des relations entre les hommes » comme « l’un des aspects les plus importants du monde d’aujourd’hui » (n° 23). Cette réalité doit cependant trouver son accomplissement « plus profondément au sein de la communauté des personnes », pour laquelle est indispensable « un respect réciproque de leur pleine dignité spirituelle » (ibid.).

Ce sont là des affirmations qui, de nos jours, revêtent une urgence accrue. D’une part, en effet, le développement technologique, la diffusion des mass-médias et des réseaux sociaux, le recours toujours croissant à l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles possibilités, en abattant les barrières et les distances ; d’autre part, les relations tendent à devenir de moins en moins personnelles, de plus en plus virtuelles, et l’on risque de s’habituer à déléguer aux algorithmes des décisions qui ne relèvent que de la conscience humaine. Veiller à ce que les relations sociales aient une réelle épaisseur et une profondeur personnelle est, à cet égard, la contribution que la communauté chrétienne se propose d’offrir.

Le Concile invite à puiser critères et force dans le projet créateur de Dieu, qui a voulu que « tous les hommes forment une seule famille et se traitent les uns les autres comme des frères » ; c’est pourquoi « l’amour de Dieu et du prochain est le premier et le plus grand commandement », qui a trouvé en Christ sa pleine révélation et son accomplissement parfait (cf. GS, 24).

Le perfectionnement de la personne humaine et le développement de la société doivent être considérés comme étroitement interdépendants : les opposer ou les séparer reviendrait à les réduire à néant. L’histoire, même la plus récente, confirme clairement cette vérité ; c’est pourquoi il ne faut pas se lasser de réaffirmer, avec les Pères de Vatican II, que « la personne humaine, qui, par sa nature même, a absolument besoin d’une vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales » (GS, 25).

Dans cette perspective, Gaudium et spes affirme que la diversité des personnes et des peuples dans le monde ne doit pas être considérée comme un danger ou une menace, mais comme un potentiel d’enrichissement et de croissance. L’opposition, qui dégénère parfois en violence, est le fruit du pouvoir du péché et de la manière dont celui-ci conditionne les mentalités et les actions, à tous les niveaux, provoquant destruction et mort. Il faut s’ouvrir toujours davantage à la logique de la réciprocité, du partage et de la sollicitude, comme c’est le cas également entre les différents membres du corps humain (cf. 1Co 12, 21-25).

À ce stade, la Constitution pastorale propose également une définition concise du « bien commun », en rappelant qu’il consiste en « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (GS, 26). Dans le même temps, reconnaissant l’interdépendance entre les peuples, elle affirme que « chaque groupe doit tenir compte des besoins et des légitimes aspirations des autres groupes, et plus encore du bien commun de l’ensemble de la famille humaine » (GS, 26).

Partant de cette approche, les Pères conciliaires indiquent ensuite certaines « conséquences pratiques d’une urgence particulière » (GS, 27). Tout d’abord, le respect de la personne humaine. Gaudium et spes déclare : « tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes » (ibid.).

Deuxième conséquence : le respect et l’amour même envers les adversaires ou ceux dont les façons de penser et d’agir diffèrent des nôtres (cf. GS, 28).

Troisièmement : l’égalité fondamentale de tous les hommes, qui exige la justice sociale. Le Document affirme : « toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit sociale ou culturelle, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu » (GS, 29).

Enfin, les Pères conciliaires exhortent à dépasser la mentalité individualiste et à adopter une attitude de responsabilité et de participation (cf. GS, 30-31).

Chers frères et sœurs, cette vision de l’humanité comme « communauté de personnes » est un héritage précieux que le Concile Vatican II nous a laissé. Elle nous aide tous à exercer un discernement personnel et communautaire, afin d’évaluer de manière responsable les projets sociaux et politiques d’aujourd’hui, selon les critères de la dignité de la personne humaine, de la justice sociale et de la libre participation à la construction du bien commun. Car l’avenir de l’humanité dépend de l’engagement de chacun à collaborer avec Dieu et avec ses frères pour construire un monde plus humain (cf. GS, 30).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Le Pape en France, pour un message de vie et d’espérance !

Le pape Léon XIV effectue ainsi son 5e voyage apostolique du 25 au 28 septembre 2026 en France. Selon le site pape-france, cette invitation lancée par les évêques français, le Président de la République et le Directeur général de l’UNESCO suscite notre attention. Plusieurs réalités importantes, que vit l’Église en France, méritent que nous nous arrêtions ici un moment afin de relater les détails respectifs. 

« Pourquoi la France ? » Une question fréquemment posée, et plusieurs facteurs abordés forment l’assise de l’invitation officielle du pape Léon XIV de venir en France.

Il semble que c’est la vitalité actuelle de l’Église en France qui attire l’attention du pape Léon XIV. Rappelons ici que dans un monde soucieux, dispersé de l’essentiel, fragmenté par le matérialisme sociétal et vivant en tourbillon continu ; nous nous trouvons éblouis par l’accueil de l’Église de très nombreux jeunes adultes qui choisissent le Christ, Lumière du monde, et deviennent chrétiens.

À première vue

Le Saint-Père vient à la rencontre des catholiques de France. D’abord comme Pasteur, il va encourager par sa présence l’Église et rappelle aux dirigeants locaux, son estime méritoire de son histoire spirituelle marquée de grands saints missionnaires, comme : sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean Eudes et le Curé d’Ars, pour ne citer que ceux-là.

Le Cardinal Jean-Marc Aveline décrit le Pape comme étant « ami de la France ». Voici ce qu’il nous partage à propos de sa visite : « Sa venue serait l’occasion de partager au Pape ce que vit notre Église en France et de nous laisser encourager par sa parole ».

Selon un article d’Aleteia : Voyage du pape en France : une devise qui en dit long, la conférence des évêques de France (CEF), choisit soigneusement la devise du voyage : « Pour que le monde ait la vie ». Ces quelques mots sont tirés d’un passage de l’Évangile selon saint Jean, dans le chapitre 6, appelé « le discours du Pain de Vie » qui cite : « Moi, je suis le Pain Vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. ». (Jean 6, 51)

Depuis un an déjà que le Pape déplore : « … notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure ». Son appel à la vie vibrant de conscience dans un pays comme la France, reconnu par son sécularisme et son matérialisme, et qui s’apprête à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ; des enjeux au cœur de son voyage apostolique.

De plus, la France est reconnue comme une nation qui n’est plus ce qu’elle fut. Elle vit la rupture de la transmission religieuse et la minorisation accélérée du catholicisme français. Le Pape va s’adresser à la société tout entière, ce que symbolise l’étape à l’UNESCO (la culture à l’Unesco, la pastorale à Paris, l’Europe à Metz , la piété à Lourdes, et l’avenir au Stade de France).

Confirmation dans la foi

Le pape Léon XIV revient à Lourdes comme pèlerin. Il est au milieu des autres pèlerins venus du monde entier prier Notre Dame. Il souhaite encourager l’espérance et la foi des malades, des personnes fragiles, celles qui souffrent et qui doivent occuper la première place.

Pour Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes : « Cette visite est avant tout celle du successeur de Pierre venant confirmer ses frères dans la foi et s’adresser à l’ensemble de notre société ».

Nous pouvons lire aussi que : Sur un plan plus personnel, le pape Léon XIV, de son nom Robert Francis Prevost, compte lui-même des racines françaises : sa grand-mère paternelle est née au Havre et son père a participé au débarquement en Normandie en juin 1944. Séminariste, il s’est déjà rendu à Lourdes, le lieu qui a marqué son chemin spirituel.  

Invitation à la prière pour se préparer à accueillir le pape Léon XIV 

Les évêques invitent les Français et le monde à la prière pour se préparer à accueillir le pape Léon XIV en France. Nous espérons profondément que la visite du Pape puisse avoir un effet revitalisant et mobilisateur. Car Dieu nous réserve un passage toujours possible vers un « plus de vie » au cœur de nos choix de société.

Le Pape vient nous rappeler l’amour inconditionnel du Père et l’infinie dignité de toute vie humaine que ce soit un embryon ou une personne âgée. De plus, il ne vient pas en France pour parler qu’aux catholiques français, mais au monde entier. Il lance désormais un appel à bâtir l’avenir avec confiance pour les milliers de jeunes adultes baptisés. Il parle de paix internationale, d’éducation et de devoir de solidarité auprès des plus vulnérables. 

Portons dans nos prières le Pape, son voyage apostolique en France et dans le monde !  

 

Retrouvez notre couverture complète du voyage apostolique du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, sur Sel + Lumière TV et Sel + Lumière Plus.

La dignité humaine : don et responsabilité | Audience générale du Pape – 9 septembre 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur l’Église dans le monde moderne. Mettant en perspective la réflexion de la constitution sur la source de la dignité humaine, il a déclaré : « Le Saint-Esprit, qui donne la vie en Christ, nous rend libres et nous assure sans cesse de notre dignité d’enfants de Dieu, nous délivrant de la peur et nous guidant vers le but ultime, cette vie dans toute sa plénitude au-delà de la mort que le Christ nous a promise. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

La Constitution conciliaire Gaudium et spes (GS), qui consacre son premier chapitre à la dignité de la personne humaine, souligne que celle-ci est le fondement et la condition de ces « valeurs qui sont aujourd’hui les plus estimées », mais qu’il est nécessaire qu’elles ne perdent pas le lien avec « leur source divine », afin d’échapper aux éventuelles déformations dues à la « corruption du cœur humain » (GS, 11).

Le chemin qui a permis de mettre en lumière les traits et les droits fondamentaux de la dignité de la personne représente certainement l’une des pages les plus significatives de l’histoire humaine. Cependant, le parcours à accomplir n’est pas terminé et doit faire face aux contradictions, anciennes et nouvelles, qui empêchent sa pleine mise en œuvre.

L’Église apporte clairement sa contribution, en rappelant que la dignité humaine découle de l’être même de la personne. J’ai eu l’occasion de le réaffirmer également dans la récente encyclique Magnifica humanitas: « chaque personne est conçue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la création. Sa dignité ne dépend pas des capacités qu’elle possède, de ses richesses ou du rôle qu’elle occupe, des choix justes ou erronés qu’elle pose, mais elle est un don, qui la précède et la dépasse, placé par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais défaut. » (n° 50). La dignité infinie de l’être humain trouve donc son fondement dans son identité de créature faite « “à l’image de Dieu”, capable de connaître et d’aimer son Créateur », projet et don d’amour qui transcende les autres réalités créées, lesquelles sont confiées à ses soins « pour qu’il les gouverne et s’en serve à la gloire de Dieu » (GS, 12).

C’est dans la foi que nous pouvons comprendre le fondement ultime de la dignité de la personne, car le Fils, « dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation » (n° 22).

La personne implique toujours une relation, une communion, une participation vis-à-vis de Dieu et des autres ; il s’agit donc d’une relation filiale avec Dieu le Père et d’une relation fraternelle avec le Christ et avec tous les hommes. Elle exclut tout repli sur soi. Être une personne, c’est se percevoir comme un don à partager, en grandissant et en mûrissant dans l’accueil, la réciprocité et le service.

Cette dignité relève de la responsabilité de chacun : en même temps, elle exige aussi de la solidarité et une attention mutuelle, en surmontant les nombreuses falsifications et manipulations qui en déforment encore aujourd’hui la perception et en entravent la réalisation. En effet, en raison des choix contraires à sa dignité opérés au cours de l’histoire, aujourd’hui encore « l’homme se trouve divisé en lui-même » et « toute la vie humaine, tant individuelle que collective, présente les traits d’une lutte dramatique entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres ». Cette condition fragile et limitée peut toutefois être envisagée avec espérance, car « le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors “le prince de ce monde” (Jn 12, 31), qui le retenait dans l’esclavage du péché » (GS, 13).

La constitution Gaudium et spes affirme en outre que la dignité humaine concerne la personne dans sa totalité et qu’il faut donc dépasser les visions dualistes : l’être humain est « une unité de l’âme et du corps ». La réduction du corps à un “objet” dont on peut disposer arbitrairement constitue toujours une négation de la dignité de la personne : « il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle […] », et il faut « il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour », en veillant « sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur » (GS, 14), puisque nous sommes tous marqués par le péché.

Enfin, Gaudium et spes évoque trois expressions particulièrement significatives de la dignité de la personne : l’intelligence, qui fait de l’être humain un chercheur insatiable de vérité (n° 15) ; la conscience, grâce à laquelle il donne unité et sens à sa vie (n° 16) ; la liberté, qui fait de lui l’acteur responsable de ses propres décisions (n° 17). Ces dimensions sont étroitement liées entre elles : c’est dans la conscience que la vérité est reconnue comme telle et que la liberté peut la vivre comme son fondement et sa possibilité. Le Saint-Esprit, qui donne vie en Christ, nous rend libres et nous assure sans cesse de notre dignité d’enfants de Dieu, en nous libérant de la peur et en nous guidant vers le but ultime, cette vie en plénitude au-delà de la mort que le Christ nous a promise : c’est en Lui seul que le mystère de l’homme trouve sa véritable lumière, c’est de Lui que nous recevons la lumière sur l’énigme de la douleur et de la mort, et c’est avec Lui que nous allons à la rencontre de la résurrection.

Chers frères et sœurs, créés à l’image de Dieu, par le Christ et en vue de Lui, nous avons reçu une dignité unique et indélébile. Engageons-nous à la promouvoir et à la défendre toujours, à la lumière et avec la force de l’Évangile.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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Prier avec le pape Réflexion – septembre 2026

Mes frères et sœurs : En ce mois de septembre, le pape nous invite à prier pour la protection de l’eau; prions pour une gestion juste et durable de l’eau, ressource vitale pour nous, afin que tous puissent y accéder de façon équitable.

Comme nous le savons, l’eau est le besoin le plus fondamental de notre vie : sans eau, pas de vie. Ce problème lié à l’eau existe également au Canada, où certaines communautés autochtones n’ont pas accès à l’eau potable.

L’aspect le plus exigeant de l’intention de prière de ce mois-ci est qu’elle élargit nos horizons : elle nous met au défi d’être touchés par les souffrances et les difficultés d’autrui qui ne sautent pas immédiatement aux yeux. 

Prions pour que nos cœurs ne soient ni endurcis ni indifférents. Le cœur de Jésus est ému par les souffrances du monde; prions pour que nos cœurs lui ressemblent davantage.

Prions également pour que nous apprenions à établir nos priorités en fonction de ce qui confère de la dignité aux autres. Ne plaçons pas d’autres considérations, comme le profit, au-dessus des besoins fondamentaux tels que l’accès à l’eau potable. 

Enfin, si nous ne pouvons pas être physiquement présents pour aider les autres, nous pouvons soutenir les programmes qui le font. Prions pour avoir la sagesse d’apporter notre soutien aux initiatives qui rendent l’eau de plus en plus accessible à tous. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

L’Église à l’écoute et au service du monde | Audience générale du Pape – 2 septembre 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a entamé sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur l’Église dans le monde moderne. Il a déclaré que la description faite par le Concile du « caractère pastoral constitutif » de l’Église… n’est pas une question d’optimisme naïf, mais plutôt une fidélité renouvelée au Mystère du Christ qui, en s’incarnant, a choisi de partager notre vie : Il s’est fait « en tout point semblable à ses frères » (Hébreux 2, 17 ; cf. 4, 15) et a pris sur Lui les conséquences du péché, mourant « en rançon pour tous » (1 Timothée 2, 6). »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Nous entamons aujourd’hui une réflexion sur la Constitution pastorale Gaudium et spes, par laquelle le Concile Vatican II a souhaité approfondir un thème fondamental, à savoir la relation de l’Église avec le monde contemporain. Saint Jean XXIII, dès son discours inaugural du 11 octobre 1962, avait tenu à se démarquer des « prophètes de malheur » qui, « bien qu’animés d’un zèle religieux […] ne cessent de répéter que notre époque, comparée aux siècles passés, est bien pire ; et vont jusqu’à se comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire » (Discours Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962, 4.2). D’où la tâche confiée aux Pères conciliaires : « Dans l’état actuel des événements humains, où l’humanité semble entrer dans un nouvel ordre des choses, il faut plutôt y voir les desseins mystérieux de la Divine Providence, qui se réalisent au fil du temps par l’œuvre des hommes, et souvent au-delà de leurs attentes, et qui, dans sa sagesse, dispose de tout, même des événements humains défavorables, pour le bien de l’Église » (Gaudet Mater Ecclesia, 4.4).

Trois ans plus tard, la promulgation de Gaudium et spes reconnaissait dans ce discernement un élément essentiel de la nature de l’Église, décrivant son caractère pastoral comme constitutif : d’où la définition de “Constitution pastorale”. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf, mais d’une fidélité renouvelée au Mystère du Christ qui, en s’incarnant, choisit de partager notre vie : il s’est rendu « en tout semblable à ses frères » ( 2, 17 ; cf. 4, 15) et a pris sur lui les conséquences du péché, mourant « en rançon pour tous » (1Tm 2, 6). Ce partage avec l’humanité est la voie que le Christ demande à l’Église ; c’est pourquoi la Constitution conciliaire Gaudium et Spes s’ouvre en déclarant que l’Église fait siennes « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (GS 1).

C’est un partage qui nous appelle à sortir de toute passivité et indifférence face aux événements qui se produisent, à l’histoire et à la vie des personnes, surtout face au changement rapide et profond que nous vivons aujourd’hui. Il n’est pas possible de rester des spectateurs désintéressés ; il faut au contraire écouter avec le cœur, se laisser interpeller, s’impliquer. Avec le Christ et soutenus par la force de son Esprit, les croyants sont appelés à prendre en charge les difficultés de leurs frères et sœurs, en particulier celles et ceux qui sont écrasés par l’injustice, la discrimination et la violence. En effet, ce n’est que par le partage et l’engagement qu’il est possible de parvenir à des réponses adéquates, toujours soutenues par la certitude « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous »(Rm 8, 18).

En ce sens, la proximité avec l’humanité ouvre la voie à une lecture plus profonde des événements et de la Révélation elle-même ; dans cette même perspective, Gaudium et Spes rappelle le « devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile » (GS 4). Cette constitution conciliaire a donc appelé l’Église à un engagement permanent de conversion, afin de témoigner qu’elle n’est mue par « aucune ambition terrestre », mais qu’elle « ne vise qu’un seul but : continuer, sous l’impulsion de l’Esprit consolateur, l’œuvre même du Christ, venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, pour sauver, non pour condamner, pour servir, non pour être servi » (GS 3). Il ne s’agit pas, en effet, d’une disposition purement morale. Le pape François nous a rappelé que, pour l’Église, « l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique. […] Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, 198).

Le partage chrétien nous engage à prendre en charge la réalité et aussi à mettre à nu les contradictions qui caractérisent la vie personnelle et sociale du monde contemporain : par exemple, un progrès scientifique et technologique qui offre sans cesse de nouvelles possibilités, mais uniquement à certains, et que l’être humain ne parvient pas toujours à mettre « à son service » ; ou une connaissance plus claire des « lois de la vie sociale », accompagnée toutefois d’incertitudes « quant à la direction à lui donner » ; ou encore, une plus grande disponibilité de « richesses, de possibilités et de puissance économique », qui, malheureusement, aujourd’hui comme à l’époque du Concile, laisse « une grande partie des habitants de la planète […] encore en proie à la faim et à la misère » (GS 4) ; ou encore, une prise de conscience partagée que l’avenir de la planète est en jeu et, en même temps, l’incapacité à renoncer à la consommation égoïste et à l’illusion selon laquelle la guerre serait un moyen efficace de construire la paix.

À une époque marquée par de profonds changements, d’où découlent des déséquilibres préoccupants, l’Église est appelée à servir l’être humain, en écoutant et en accueillant les interrogations les plus profondes de son cœur et les aspirations qui l’habitent, en désignant en Christ « la clé, le centre et la fin de toute l’histoire humaine » (GS 10). C’est pourquoi, dans l’Église, à tous les niveaux et à toutes les époques, doit se réaliser la kénose miséricordieuse du Christ qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, […] devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).

 

Je salue cordialement les personnes de langue française. 

Frères et sœurs, puissent la joie et l’espérance être le visage d’une Église qui annonce et vit l’Évangile, en allant à la rencontre des femmes et des hommes de notre temps.

Que Dieu vous bénisse !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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« De façon consciente, pieuse et active » | Audience générale du Pape – 26 août 2026

Photographie en noir et blanc du pape Paul VI, assis en vêtements liturgiques, tandis qu’un homme s’agenouille devant lui, entouré de membres du clergé, d’une religieuse et d’autres personnes. Le pape Paul VI salue divers laïcs et religieux lors de la messe célébrée à l’occasion de la Journée mondiale des missions, en 1971. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a conclu sa catéchèse sur le Sacrosanctum Concilium, la constitution de Vatican II sur la liturgie. Commentant les principes fondamentaux du conseil pour la réforme liturgique, il a déclaré « À travers les actions rituelles de l’Église, tandis que s’accomplit le mémorial de l’œuvre du salut, la possibilité est donnée de vivre la véritable relation avec Dieu, en entrant en contact avec l’événement salvifique. Puisque les gestes et les paroles de la sainte liturgie sont décisifs pour réaliser cette expérience, la participation des fidèles ne peut être passive. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

Dans cette dernière catéchèse sur la Constitution Sacrosanctum Concilium, je voudrais m’arrêter sur les raisons pour lesquelles les Pères conciliaires ont voulu promouvoir une réforme de la liturgie. À cet égard, la troisième Lettre du Concile que le cardinal Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, a adressée le 28 octobre 1962 aux fidèles de son Église est très éclairante. La liturgie – écrivait-il – « est l’expression sincère tant du divin que de l’humain. C’est un langage. C’est, d’une part, un vecteur d’enseignement divin, et, d’autre part, la voix d’un dialogue avec Dieu. Il est clair qu’elle ne peut renoncer à sa fonction didactique, et qu’elle ne peut manquer d’offrir à la foi et à la piété la possibilité de s’exprimer avec une intelligibilité spontanée » [1] . Animé par ces convictions, le futur pape saint Paul VI affirmait que les fidèles « ne peuvent et ne doivent plus rester muets et passifs. Leur présence matérielle ne peut s’accorder avec leur absence spirituelle ». [2]

La concordance entre ces déclarations et celles qui figureront au n°48 de la Constitution conciliaire est évidente : « l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l’unité avec Dieu et entre eux ». On perçoit dans ces paroles une prise de conscience renouvelée de la valeur de la liturgie. À travers les actions rituelles de l’Église, tandis que s’accomplit le mémorial de l’œuvre du salut, la possibilité est donnée de vivre la véritable relation avec Dieu, en entrant en contact avec l’événement salvifique. Puisque les gestes et les paroles de la sainte liturgie sont décisifs pour réaliser cette expérience, la participation des fidèles ne peut être passive.

La réforme conciliaire, en mettant au centre ce qui constitue le cœur de l’expérience ecclésiale, a voulu faire resplendir la liturgie comme « la source première de cet échange divin par lequel la vie de Dieu nous est communiquée » [3] . De cette conviction est née la nécessité de rendre la richesse des textes bibliques et des prières, plus accessible à tous les fidèles, et de simplifier l’ordre de la célébration par rapport à celui prévu dans les livres liturgiques alors en vigueur.

La liturgie, en effet, étant une réalité vivante, a toujours été soumise, au fil des siècles, à des évolutions et à des changements. Le Magistère en a adapté les formes aux exigences des différentes époques. Il n’est donc pas surprenant que le Concile Vatican II, dans le plus grand respect du patrimoine de la tradition, et précisément afin de le rendre plus accessible, ait jugé nécessaire une révision des livres liturgiques.

L’objectif qui tenait à cœur aux Pères est énoncé au n° 21 de la Constitution Sacrosanctum Concilium : « Pour que le peuple chrétien bénéficie plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère l’Église veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d’institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées. Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu’il est possible, puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire. » C’est à l’encyclique Mediator Dei du pape Pie XII que remonte la distinction, dans la liturgie, entre les éléments divins, immuables, et les éléments humains, qui, eux, « peuvent subir diverses modifications, approuvées par la sainte Hiérarchie assistée par le Saint-Esprit, selon les exigences des temps, des choses et des âmes » (Acta Apostolicae Sedis 39, 1947, 541-542).

D’ailleurs, le désir d’une « réforme générale » n’était pas né du jour au lendemain, mais s’était manifesté dans l’action des papes qui s’étaient succédé depuis le début du XXe siècle, en accord avec les revendications du Mouvement liturgique. L’affirmation selon laquelle les fidèles ne devaient pas assister aux célébrations « comme des étrangers ou des spectateurs muets » avait déjà été reprise par la Constitution apostolique Divini Cultus de Pie XI. On peut en outre rappeler les interventions de Pie XII sur l’organisation des rites de la Semaine Sainte, qu’il a replacés aux heures correspondant aux événements pascaux, après qu’ils avaient été avancés pendant des siècles aux heures du matin. Il ne faut pas non plus oublier que saint Jean XXIII a jugé nécessaire une simplification des rubriques du Bréviaire et du Missel, qu’il a approuvée par le Motu proprio Rubricarum instructum, du 25 juillet 1960, dans lequel il renvoyait au Concile œcuménique annoncé la proposition des principes fondamentaux pour une réforme de la liturgie.

La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II s’inscrit donc dans le sillage de la tradition vivante de l’Église. Sa juste compréhension permet également de rejeter les abus qui se sont produits dans certains secteurs de l’Église au cours de la période postconciliaire, et qui, malheureusement, se produisent encore parfois aujourd’hui, en absolutisant ou en interprétant de manière erronée certains des principes qui étaient à la base de la réforme elle-même.

À cet égard, il convient de rappeler que la Constitution conciliaire affirme que « les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est “le sacrement de l’unité”, c’est-à-dire le peuple saint rassemblé et ordonné sous la conduite des évêques. C’est pourquoi ces actions appartiennent à l’ensemble du corps de l’Église, elles le manifestent et l’impliquent » (Sacrosanctum Concilium, n° 26).

Il incombe donc en premier lieu aux pasteurs, aux évêques, mais aussi à chaque prêtre, de préserver et de promouvoir une liturgie qui, dans le respect des normes liturgiques, resplendisse par sa noble simplicité (cf. n° 34) et manifeste ainsi l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Une telle liturgie sera également un vecteur fondamental d’évangélisation, l’instrument de grâce par lequel, comme l’enseigne le Concile, nous pourrons apprendre à nous offrir nous-mêmes et, par la médiation du Christ, nous serons consommés dans l’unité avec Dieu et entre nous (cf. n° 48).

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[1] G. B. Montini, «Terza lettera dal Concilio», Rivista Diocesana Milanese 51 (1962) 921-923: 922.

[2] Ibid.

[3] Solenne Chiusura della II Sessione del Concilio, Allocuzione del Santo Padre Paolo VI (4 dicembre 1963).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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« Le chant appartient à ceux qui aiment » | Audience générale du Pape – 19 août 2026

Antiveduto Grammatica, « Sainte Cécile et les anges musiciens (Allégorie de la musique) », Wikimedia Commons. Sainte Cécile est la patronne universelle de la musique.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur le Sacrosanctum Concilium, la constitution de Vatican II sur la liturgie. Mettant l’accent sur le rôle primordial du chant et de la musique dans la liturgie, il a déclaré qu’ils « favorisent la communion. Ils contribuent à l’unité des cœurs, en surmontant les différences entre les personnes et en rassemblant tout le monde dans la louange de Dieu à travers la symphonie des voix. Ainsi, ils deviennent une épiphanie de l’Église, une manifestation tangible de la communion qui appartient à sa nature même. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

Le sixième chapitre de la Constitution Sacrosanctum Concilium (SC) du Concile Vatican II est consacré à la musique sacrée. Il affirme : « La tradition musicale de l’Église universelle constitue un trésor d’une valeur inestimable qui l’emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle » (SC, 112). Il précise également : « La musique sacrée sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique, en donnant à la prière une expression plus agréable, en favorisant l’unanimité ou en rendant les rites sacrés plus solennels » (ibid.).

Nous trouvons ici le cœur de l’enseignement conciliaire, qui confirme et approfondit la fonction ministérielle de la musique dans la liturgie, déjà soulignée par saint Pie X dans le Motu Proprio Inter sollicitudines (22 novembre 1903). La musique, en réalité, fait partie intégrante de l’action liturgique et n’est pas un simple ornement de la célébration. Dans la liturgie, chanter et jouer de la musique signifie prier, accorder son cœur à celui de ses frères et sœurs et avec Dieu, en participant activement au mystère célébré. La musique, en particulier, exprime la dimension affective de la prière, comme le dit saint Augustin : « Cantare amantis est », c’est-à-dire « le chant est l’expression de l’amour » (Sermon 336, 1). Ceci est très important, car cela aide à ouvrir le cœur à l’action de Dieu dans la grâce et à se laisser transformer par elle.

Le chant, en outre, favorise la communion. Par la symphonie des voix, il contribue à l’union des âmes, transcendant les différences entre les personnes et unissant tous les fidèles dans la louange de Dieu. Ainsi, il devient une épiphanie de l’Église, une manifestation tangible de la communion qui est inhérente à sa nature même.

La profonde signification théologique du chant sacré, partie intégrante de l’action liturgique, engendre certaines exigences. La première est que, au-delà des modes ou des sensibilités particulières des auteurs, il doit répondre à tous les niveaux à ce qui convient le mieux au moment de la célébration. La forme, notamment sur le plan mélodique, doit être à la fois noble et simple, d’une grande qualité musicale et facile à exécuter, surtout lorsqu’elle est destiné à être chantée par toute l’assemblée (cf. SC, 121).

Pour la même raison, le Concile recommande que les textes soient également appropriés, profonds et, en même temps, facilement compréhensibles, inspirés principalement de l’Écriture sainte, des livres liturgiques et de la Tradition spirituelle de l’Église. Sur ce point, il est nécessaire d’être vigilant afin que soit maintenue et renforcée la dynamique exprimée par l’ancien principe « lex orandi lex credendi », c’est-à-dire, la loi de la prière est aussi la loi de la foi .

Sacrosanctum Concilium consacre une large place au thème de la participation active des fidèles (cf. n° 114). Elle doit être « comprise […] à partir d’une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l’existence quotidienne » (Benoît XVI, Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, 52), dans un « esprit de constante conversion qui doit caractériser la vie de tous les fidèles » (ibid., 55). Quant à la manière concrète d’y parvenir par le rôle spécifique de la musique sacrée, la Constitution apporte une réponse claire : « On favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques» et « un silence sacré » (SC, 30). Elle exhorte chaque ministre ou laïc à accomplir « seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques » (SC, 28), dans un équilibre harmonieux entre les différents ministères, les diverses interventions et les moments de silence.

Le Concile accorde ainsi une grande importance au chant grégorien, sans pour autant exclure de la célébration d’autres genres de musique sacrée. Une attention particulière est également portée à l’orgue (voir SC, 120), tandis que l’usage d’autres instruments est permis « selon qu’ils sont ou peuvent devenir adaptés à un usage sacré, qu’ils s’accordent à la dignité du temple et qu’ils favorisent véritablement l’édification des fidèles. » (SC, 120).

Un thème cher à la réforme conciliaire est celui de l’inculturation, notamment dans le domaine de la musique sacrée. On souligne en particulier, en ce qui concerne les traditions musicales des différentes cultures, l’importance de les prendre sérieusement en considération comme faisant partie intégrante de la vie religieuse et sociale des peuples. Il est donc recommandé, d’une part, de dispenser à tous une formation « de leur sens religieux » (SC 119) et, d’autre part, « dans la mesure du possible, […] de promouvoir la musique traditionnelle de ces peuples, tant à l’école que dans les actions sacrées » (ibid.).

Dans le contexte liturgique, un rôle particulier est reconnu à la schola cantorum, instrument pastoral dont la promotion est recommandée, avec pour tâche « d’assurer la juste exécution des parties qui lui sont propres, selon les divers genres de chant, et d’aider la participation active des fidèles dans le chant.» (Sacrée Congrégation Des Rites, Instr. Musicam sacram, 19).

À cette fin, le compositeur de musique sacrée est appelé à connaître et à préserver le patrimoine musical de l’Église, s’en laissant inspirer pour créer de nouvelles compositions au service de la liturgie, dans le respect des sensibilités contemporaines et des diverses traditions culturelles, afin de « purifier le culte d’erreurs de style, de formes d’expression médiocres, de musiques et de textes plats, peu adaptés à la grandeur de l’acte que l’on célèbre, pour assurer la dignité et la beauté des formes de la musique liturgique » (Saint Jean-Paul II, Chirographe sur la musique sacrée, 22 novembre 2003, 3).

Pour toutes ces raisons, les Pères conciliaires recommandent de promouvoir la formation et la pratique de la musique sacrée « dans les séminaires, les noviciats de religieux des deux sexes et leurs maisons d’études, et aussi dans les autres institutions et écoles catholiques » (SC,  115), et de veiller à ce que les musiciens et les chanteurs reçoivent une solide formation liturgique (cf. ibid.).

Chers frères et sœurs, les Pères de l’Église tenaient le chant liturgique en haute estime, symbole de communion ecclésiale. C’est pourquoi nous pouvons conclure par ces belles paroles de saint Ignace d’Antioche : « Que chacun de vous aussi, vous deveniez un chœur, afin que, dans l’harmonie de votre accord, prenant le ton de Dieu dans l’unité, vous chantiez d’une seule voix par Jésus-Christ au Père, afin qu’il vous écoute et qu’il vous reconnaisse, par vos bonnes œuvres, comme les membres de son Fils » (Lettre aux Éphésiens 4, 2).

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Prier avec le pape Réflexion – août 2026

Mes frères et sœurs : En ce mois d’août, le pape nous invite à prier pour l’évangélisation en milieu urbain : afin que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. 

L’effervescence de la vie urbaine peut facilement masquer le manque de liens entre les gens, alors que chacun mène une vie solitaire, sans le soutien d’une communauté où l’on pourrait partager les joies et les peines de la vie, et sur laquelle on pourrait compter dans les moments difficiles. 

Prions pour avoir un cœur ouvert et un esprit créatif, afin que notre imagination dépasse nos structures actuelles et ne s’y limite pas. Prions pour un esprit d’audace, afin de nous lancer dans de nouvelles initiatives. 

Prions également pour la sagesse, afin de comprendre et de ne pas nous contenter de liens superficiels qui semblent promettre beaucoup mais n’apportent que peu. Cela s’applique à tout ce qui nous fait garder la tête baissée et les yeux rivés sur un écran.

Bien qu’il soit certainement tentant de choisir la voie de la facilité, prions pour la force intérieure nécessaire pour lutter contre cette tentation. 

Enfin, prions pour que nous nous efforcions de construire une communauté de foi qui favorise des liens et des amitiés concrets et authentiques, car Jésus-Christ désire entrer dans nos vies et les transformer de manière réelle. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui. 

Audience Générale du pape Léon XIV – Mercredi 12 août 2026

Calendrier romain général de 1960, tiré du Bréviaire romain de 1961. Wikimedia Commons.

Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa catéchèse sur *Sacrosanctum Concilium*, la constitution de Vatican II sur la liturgie. Mettant en perspective le calendrier liturgique, il a déclaré que celui-ci « doit […] être compris comme un renouvellement constant de l’œuvre de salut que le Christ accomplit dans l’histoire. Au fil de ce cycle temporel, l’Église reste en contact avec l’action rédemptrice du Seigneur, afin que tous les fidèles puissent être comblés de sa grâce. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez suivre l’intégralité de l’émission sur Sel + Lumière TV ce soir à 19h00 HE, 16h00 HP et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs,

le cinquième chapitre de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC) est consacré à l’année liturgique, thème sur lequel nous souhaitons aujourd’hui fixer l’attention, afin d’en expliquer la valeur dans la vie de tout croyant.

Tout d’abord, il convient de rappeler que cette manière de définir le cycle des fêtes chrétiennes comme « année liturgique » s’est répandue dans le langage ecclésial grâce à l’œuvre du Serviteur de Dieu, l’abbé Prosper Guéranger (1805-1875).

Dans l’encyclique Mediator Dei, le Pape Pie XII affirme qu’il ne s’agit pas d’« une représentation froide et inerte de faits appartenant au passé, ni d’une simple […] évocation de réalités d’autrefois. [L’année liturgique], c’est plutôt le Christ lui-même, qui vit toujours dans son Église et qui poursuit le chemin d’une immense miséricorde qu’il a lui-même commencé […] dans cette vie mortelle […], afin de mettre les âmes humaines en contact avec ses mystères et de les faire vivre pour eux ; mystères qui sont perpétuellement présents et efficaces » (III Divinum Officium et Annus Liturgicus, II Cyclus Mysteriorum). L’année liturgique doit donc être comprise comme une actualisation constante de l’œuvre du salut que le Christ accomplit dans l’histoire. En parcourant ce cycle temporel, l’Église reste en contact avec l’action rédemptrice du Seigneur, de sorte que tous les fidèles sont comblés de sa grâce (cf. SC, 102c). La rencontre avec Jésus, mort et ressuscité pour nous, est la finalité que l’Église poursuit sans cesse, en plaçant au centre de chaque instant la célébration de l’événement pascal.

C’est pourquoi les Pères conciliaires considèrent le dimanche, « le jour de fête par excellence » (cf. SC, 106), comme « le fondement et le cœur de l’année liturgique ». Dans plusieurs langues modernes, son nom atteste qu’il s’agit du « dies Domini », « le jour du Seigneur ». Même dans les langues où a prévalu la référence au « jour du soleil » (Sunday, Sonntag), on entrevoit le lien avec le Christ : le Christ est le véritable « soleil de justice » qui illumine chaque homme !

Saint Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini (31 mai 1998), enseigne que le dimanche est le jour du Seigneur, le jour de l’Église, le jour de l’homme et, enfin, le « jour des jours » : « Le dimanche étant la Pâques hebdomadaire, où est commémoré et rendu présent le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts, il est aussi le jour qui révèle le sens du temps. […] Jaillissant de la Résurrection, il fend le temps de l’homme, les mois, les années, les siècles, telle une flèche directrice qui les traverse en les orientant vers le but de la seconde venue du Christ. Le dimanche préfigure le jour ultime, celui de la Parousie » (n° 75), où nous ressusciterons tous.

Pour sanctifier le dimanche, il est fondamental de célébrer l’Eucharistie. L’écoute de la Parole et la participation au Corps du Christ impliquent, selon les Pères conciliaires, le convenire in unum (cf. SC, 106), c’est-à-dire le rassemblement festif des fidèles. Au sein de cette assemblée, la communauté chrétienne rend visible sa communion avec le Seigneur et témoigne de son appartenance au Christ et de sa fidélité à l’Église. Cette assemblée ne peut être remplacée par une présence purement virtuelle, ni se réduire à un rassemblement purement passif. L’assemblée liturgique se réalise en effet dans la participation active des frères et sœurs, convoqués ensemble pour « rendre grâce à Dieu qui les a engendrés, “par la résurrection du Christ d’entre les morts, pour une espérance vivante” (1 P 1, 3) » (ibid.).

À cet égard, j’exhorte chacun à rechercher les meilleures conditions pour que puissent prendre part à la sainte Messe même ceux qui, le dimanche, n’ont pas la possibilité de s’absenter de leur travail.

Très chers, l’année liturgique, rythmée par les dimanches, a une histoire intéressante, dans laquelle s’entremêlent la foi et la dévotion de l’Église. En effet, dès le IIe siècle après J.-C., à la célébration hebdomadaire de la Pâque s’est ajoutée celle de la Pâque annuelle, « solennité suprême » (SC, 102), étendue à la « période très joyeuse » de cinquante jours, culminant à la Pentecôte, et préparée par le temps du Carême avec son caractère pénitentiel (cf. SC, 109). Le développement du cycle de Noël, qui s’est ensuite inspiré du modèle pascal, a permis de revivre les mystères de l’incarnation du Verbe de Dieu, de sa naissance et de sa manifestation au monde. L’Église a ensuite intégré dans les différents temps liturgiques la vénération de la Bienheureuse Vierge Marie, « indissolublement unie à l’œuvre salvifique de son Fils » (SC, 103), ainsi que « la mémoire des martyrs et des autres saints qui […], dans les cieux, chantent à Dieu la louange parfaite et intercèdent pour nous » (SC, 104).

L’année liturgique propose ainsi, sous une forme sacramentelle, la pédagogie de l’histoire du salut, guidant les fidèles depuis l’attente du Messie jusqu’à la plénitude du mystère pascal et à l’anticipation de la gloire future. En son sein, l’Église célèbre l’actualité salvifique du mystère du Christ, permettant aux croyants d’y participer toujours plus profondément. C’est pourquoi l’année liturgique constitue le principe inspirateur et le cadre de référence essentiel de toute action pastorale.

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