Message du pape François pour la Journée mondiale des Communications sociales 2019

Vous trouverez ci-dessous le Message du Pape François pour la 53e Journée Mondiale des Communications sociale et qui sera célébré cette année lors de la Solennité de l’Ascension de notre Seigneur le 2 juin 2019. Chaque année, le Vatican publie son message en la mémoire de saint François de Sales, patron des journalistes, le 24 janvier.

«Nous sommes membres les uns des autres» (Ép. 4,25).
Des communautés de réseaux sociaux à la communauté humaine

Chers frères et sœurs,
depuis l’avènement de l’Internet, l’Église a toujours cherché à en promouvoir l’utilisation au service de la rencontre entre les personnes et de la solidarité entre tous. Avec ce Message, je voudrais vous inviter une fois de plus à réfléchir sur le fondement et l’importance de notre être-en- relation et à redécouvrir, dans l’immensité des défis du contexte actuel de la communication, le désir de l’homme qui ne veut pas rester dans sa solitude.

Les métaphores du “réseau” et de la “communauté”

L’environnement des médias est aujourd’hui tellement envahissant qu’on ne peut le distinguer de la sphère de la vie quotidienne. Le réseau est un atout de notre temps. C’est une source de connaissances et de relations naguère impensables. De nombreux experts, cependant, à propos des transformations profondes imprimées par la technologie aux logiques de production, de circulation et d’utilisation des contenus, soulignent également les risques qui menacent la recherche et le partage d’une information authentique à l’échelle globale. Si l’Internet représente une possibilité extraordinaire d’accès au savoir, il est également vrai qu’il s’est avéré l’un des lieux les plus exposés à la désinformation et à la distorsion consciente et ciblée des faits et des relations interpersonnelles, qui souvent prennent la forme de discrédit.

Il faut reconnaître que les réseaux sociaux, s’ils servent d’une part à nous relier davantage, à nous permettre de nous retrouver et de nous entraider, de l’autre ils se prêtent aussi à une manipulation de données personnelles, visant à obtenir des avantages politiques ou économiques, sans le respect dû à la personne et à ses droits. Parmi les plus jeunes, les statistiques révèlent qu’un sur quatre est mêlé à des épisodes de cyber-harcèlement. [1]

Dans la complexité de ce contexte, il peut être utile de réfléchir à nouveau sur la métaphore du réseau mis initialement à la base de l’Internet, pour en redécouvrir le potentiel positif. L’image du réseau nous invite à réfléchir sur la multiplicité des parcours et des nœuds qui en assurent la solidité, en l’absence d’un centre, d’une structure hiérarchique, d’une organisation de type vertical. Le réseau fonctionne grâce à la coparticipation de tous les éléments.

Ramenée à la dimension anthropologique, la métaphore du réseau rappelle une autre figure riche de significations: celle de la communauté. Une communauté est d’autant plus forte qu’elle est cohésive et solidaire, animée par des sentiments de confiance et poursuivant des objectifs partagés. La communauté comme réseau solidaire requiert l’écoute mutuelle et le dialogue, basé sur l’utilisation responsable du langage.

Il est évident pour tous que, dans le contexte actuel, la communauté des réseaux sociauxn’est pas automatiquement synonyme de communauté. Dans le meilleur des cas, les communautésréussissent à montrer cohésion et solidarité, mais elles ne restent souvent que des agrégats d’individus qui se reconnaissent autour d’intérêts ou d’arguments caractérisés par des liens faibles. En outre, dans le Web social trop souvent l’identité est basée sur l’opposition à l’autre, à l’étranger au groupe: on se définit à partir de ce qui divise plutôt que de ce qui unit, laissant cours à la suspicion et à l’explosion de toute sorte de préjugés (ethniques, sexuels, religieux et autres). Cette tendance alimente des groupes qui excluent l’hétérogénéité, qui nourrissent, également dans l’environnement numérique, un individualisme effréné qui finit parfois par fomenter des spirales de haine. Ce qui devrait être une fenêtre sur le monde devient ainsi une vitrine dans laquelle exhiber le propre narcissisme.

Le réseau est une occasion pour promouvoir la rencontre avec les autres, mais il peut également renforcer notre auto-isolement, telle une toile d’araignée susceptible de piéger. Les enfants se trouvent les plus exposés à l’illusion que le Web social puisse pleinement les satisfaire au plan relationnel, jusqu’au phénomène dangereux des jeunes « ermites sociaux » qui courent le risque de se rendre complètement étranger à la société. Cette dynamique dramatique révèle une faille sérieuse dans le tissu relationnel de la société, une lacération que nous ne pouvons ignorer.

Cette réalité multidimensionnelle et insidieuse pose diverses questions de caractère éthique, sociale, juridique, politique, économique, et interpelle aussi l’Église. Tandis que les gouvernements cherchent des voies de réglementation légale pour sauver la vision originelle d’un réseau libre, ouvert et sécurisé, nous avons tous la possibilité et la responsabilité d’en favoriser une utilisation positive.

Il est clair qu’il ne suffit pas de multiplier les connexions pour faire augmenter également la compréhension mutuelle. Comment retrouver, par conséquent, la vraie identité communautaire en ayant conscience de la responsabilité que nous avons les uns envers les autres aussi sur le réseau en ligne ?

“Nous sommes membres les uns des autres”

Une réponse possible peut être esquissée à partir d’une troisième métaphore, celle du corps et des membres, que Saint Paul utilise pour parler de la relation de réciprocité entre les personnes, fondée dans un organisme qui les unit. « Débarrassez-vous donc du mensonge, et dites la vérité, chacun à son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. » (Ep 4,25). Être membres les uns des autres est la motivation profonde avec laquelle l’Apôtre exhorte à se débarrasser du mensonge et à dire la vérité: l’obligation de garder la vérité découle de la nécessité de ne pas nier la relation réciproque de la communion. La vérité, en fait, se révèle dans la communion. Le mensonge au contraire est un refus égoïste de reconnaître la propre appartenance au corps; c’est le refus de se donner aux autres, perdant ainsi la seule voie de se retrouver soi-même.

La métaphore du corps et des membres nous amène à réfléchir sur notre identité, qui est basée sur la communion et sur l’altérité. Comme chrétiens, nous nous reconnaissons tous membres de l’unique corps dont le Christ est la tête. Cela nous aide à ne pas voir les personnes comme des concurrents potentiels, mais à considérer même les ennemis comme des personnes. Il n’y a plus besoin de l’adversaire pour se définir soi-même, parce que le regard d’inclusion que nous apprenons du Christ nous fait découvrir l’altérité d’une nouvelle manière, comme partie intégrante et condition de la relation et de la proximité.

Une telle capacité de compréhension et de communication entre les personnes humaines a son fondement dans la communion de l’amour entre les Personnes divines. Dieu n’est pas Solitude, mais Communion; Dieu est Amour, et donc communication, parce que l’amour communique toujours, et bien plus se communique soi-même pour rencontrer l’autre. Pour communiquer avec nous et pour se communiquer à nous Dieu s’adapte à notre langage, établissant dans l’histoire un véritable dialogue avec l’humanité (cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Dei Verbum, 2).

En vertu de notre être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu qui est communion et communication-de-soi, nous portons toujours dans le cœur la nostalgie de vivre en communion, d’appartenir à une communauté. « Rien, en fait – affirme Saint Basile –, n’est plus conforme à notre nature que de nous fréquenter mutuellement, d’avoir besoin les uns des autres ».[2]

Le contexte actuel nous appelle tous à investir dans les relations, à affirmer aussi sur le réseau et à travers le réseau le caractère interpersonnel de notre humanité. À plus forte raison nous, chrétiens, sommes appelés à manifester cette communion qui est la marque de notre identité de croyants. La foi elle-même, en fait, est une relation, une rencontre; et sous la poussée de l’amour de Dieu, nous pouvons communiquer, accueillir et comprendre le don de l’autre et y correspondre.

C’est la communion à l’image de la Trinité qui distingue la personne de l’individu. De la foi en un Dieu qui est Trinité, il découle que, pour être moi-même, j’ai besoin de l’autre. Je suis vraiment humain, vraiment personnel, seulement si je me mets en relation avec les autres. Le terme de personne désigne en fait l’être humain comme « visage », face à l’autre, engagé avec les autres. Notre vie grandit en humanité avec le passage du caractère individuel à celui personnel; l’authentique chemin d’humanisation va de l’individu qui perçoit l’autre comme un rival, à la personne qui le reconnaît comme un compagnon de voyage.

Du “j’aime” à l’“Amen”

L’image du corps et des membres nous rappelle que l’utilisation du Web social est complémentaire de la rencontre en chair et en os, qui vit à travers le corps, le cœur, les yeux, le regard, le souffle de l’autre. Si le réseau est utilisé comme une extension ou comme une attente d’une telle rencontre, alors il ne se trahit pas et demeure une ressource pour la communion. Si une famille utilise le réseau pour être plus connectée, pour ensuite se réunir à table et se regarder dans les yeux, alors c’est une ressource. Si une communauté ecclésiale coordonne sa propre activité à travers le réseau, pour ensuite célébrer l’Eucharistie ensemble, alors c’est une ressource. Si le réseau est une occasion pour se rapprocher des histoires et des expériences de beauté ou de souffrance physiquement loin de moi, pour prier ensemble et ensemble chercher le bien dans la redécouverte de ce qui nous unit, alors c’est une ressource.

Ainsi, nous pouvons passer du diagnostic à la thérapie: en ouvrant le chemin au dialogue, à la rencontre, au sourire, à la caresse… Ceci est le réseau que nous voulons. Un réseau qui n’est pas fait pour piéger, mais pour libérer, pour prendre soin de la communion entre des personnes libres. L’Église elle-même est un réseau tissé par la communion eucharistique, où l’union n’est pas fondée sur « j’aime », mais sur la vérité, sur l’“Amen”, avec lequel chacun adhère au Corps du Christ en accueillant les autres.

Du Vatican, le 24 janvier 2019 Mémoire de Saint François de Sales

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FRANCISCUS

[1] Pour endiguer ce phénomène un Observatoire international sur le cyber-harcèlement sera créé, avec son siège au V atican.
[2] Les Grandes Règles, III, 1: PG 31, 917; cf. Benoit XVI, Message pour la 43ème Journée mondiale des Communications Sociales (2009).

[00134-FR.01] [Texte original: Italien]

15 raisons d’aimer Sel et Lumière ! (2e partie)

CNS photo/Paul Haring

Quinze ans, 15 bougies… paraphrasant saint Pierre nous demandant de « donner les raisons de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3,5), voici la deuxième partie  des 15 raisons pour lesquelles j’aime Télévision S+L. J’espère qu’il en est de même pour vous.

6- Une source crédible sur l’Église universelle et locale

Comme l’affirmait le pape François dans son exhortation apostolique Gaudete et Exhultate :« dans cette culture se manifestent : l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit ; la négativité et la tristesse ; l’acédie commode, consumériste et égoïste ; l’individualisme et de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui règnent dans le marché religieux actuel » (no 111). Mais comment distinguer l’authentique rencontre avec le Christ des nombreuses contrefaçons disponibles au moindre clic ? Eh bien, en étant en lien constant avec Son Vicaire, l’évêque de Rome, et en s’informant aux sources fiables qui, dans la vérité, ont pour mission d’informer et d’éclairer le Peuple de Dieu sur les dernières nouvelles et les enjeux qui touchent la vie ecclésiale universelle et locale. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

7- Un lieu pour lutter contre les fausses nouvelles

La révolution médiatique actuelle n’apporte pas que des évolutions. Alors que d’un côté nous assistons à l’accroissement de la participation dans la production et la diffusion des nouvelles, de l’autre nous assistons à la déprofessionnalisation des métiers liés à l’information journalistique. De cela découle l’augmentation drastique du phénomène des « fausses nouvelles ». Comme le dit le pape François dans son Message pour la 52eJournée Mondiale des communications sociales : «Le drame de la désinformation est la discréditation de l’autre, sa représentation comme ennemi, jusqu’à une diabolisation susceptible d’attiser des conflits » (no1). En ce sens, Télévision Sel et Lumière est un allié de taille contre cette logique de la désinformation puisqu’elle bénéficie d’une équipe de personnes qui « libres de l’avidité, sont prêtes à l’écoute et à travers l’effort d’un dialogue sincère laissent émerger la vérité ; des personnes qui, attirées par le bien, se sentent responsables dans l’utilisation du langage » (no4). Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

8- Une perspective ouverte sur le monde

La globalisation actuelle n’apporte pas que des éléments positifs. On assiste de part et d’autre à des peurs, des angoisses, des insécurités aux multiples visages qui, si elles ne sont pas adressées adéquatement, peuvent dégénérer de diverses manières. Dans ce contexte, Télévision Sel et Lumière, par des séries comme « Charité sans frontières » manifeste que la Grâce de mettre en pratique les deux premiers commandements de l’Amour de Dieu et du prochain est plus que jamais possible et nécessaire. Ainsi, par l’écoute de ces émissions, les hommes et les femmes de notre temps, peuvent être édifiés par de telles histoires et témoignages et s’engager à leur tour sur ce chemin du don de soi. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

9- Un média au service de l’Église chez nous

L’Église n’est ni une idée abstraite, ni une morale sans âme mais une Communauté divine d’êtres régénérés dans le Christ Jésus. Suivant la logique de l’Incarnation, notre Mission est pleinement implantée dans la réalité ecclésiale chez nous. Par nos émissions telles qu’« Église en sortie », Sel et Lumière s’efforce d’informer les catholiques et tous les francophones du Canada sur les différentes initiatives apostoliques et catéchétiques des églises locales. Suivant l’invitation du pape François à la transformation missionnaire de l’Église, Francis Denis et ses invités vous accompagnent chaque semaine à la découverte de cette Église “en sortie” qui, selon les mots mêmes du Pape argentin: « est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui  accompagnent, qui fructifient et qui fêtent » (EG, no 24)1. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière. 

10- Un lieu où entendre la voix des invisibles artisans de paix

À première vue, l’Église du Québec et du Canada francophone semble souffrir d’une grande pauvreté. Parallèlement, la société québécoise vit difficilement les conséquences de la désertification spirituelle et du vacuum religieux. Toutefois, si on y regarde de plus près, on perçoit une panoplie de raisons d’espérer. Comme l’ont affirmé les évêques du Québec au pape François (Rapport ad limina 2017, AECQ) : « C’est sur le terrain, auprès des gens que nous voyons émerger cette nouvelle Église, fragile mais combien enracinée dans la foi, l’espérance et l’amour. »  En ce sens, Télévision Sel et Lumière nous invite « Sur la route des diocèses », à la rencontre des différents visages de cette Église qui, de par sa pauvreté même, fait resplendir sur le monde le « visage miséricordieux du Père » (Misericordiae Vultus, no 17). Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

Nous poursuivrons la semaine prochaine avec 5 raisons de plus d’aimer et de soutenir Télévision Sel et Lumière!

15 ans, 15 bougies…15 raisons d’aimer Sel et Lumière !

Grande est notre joie de célébrer cette année le 15eanniversaire de la Fondation catholique Sel et Lumière média. Cela paraît incroyable tant le temps semble s’écouler suivant une rapidité sans commune mesure ! Mais c’est vrai, le 1erjuillet prochain cela fera 15 ans que, dans le contexte des JMJ de Toronto, S+L a diffusé ses premières émissions au Service de l’Évangile et de notre Église canadienne. Vous le savez, les anniversaires sont une occasion pour des rétrospectives, bilans projections et perspectives. Nous aurons évidemment l’occasion d’aborder de telles questions au courant de l’année. Il m’apparaissait toutefois plus opportun de vous offrir un témoignage sur les raisons qui me motivent personnellement à travailler pour S+L. Quinze ans, 15 bougies… paraphrasant saint Pierre nous demandant de « donner les raisons de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3,5), voici donc les 15 raisons pour lesquelles j’aime Télévision S+L. J’espère qu’il en est de même pour vous.

1- Pour nourrir ma vie de prière 

La vie spirituelle n’est pas une chose que l’on possède mais plutôt une personne qui nous habite et qui vient en nous établir sa demeure. Bien humblement et pour notre plus grand bien, Jésus-Christ perpétue sa Présence en notre monde en nous établissant collaborateur de son Œuvre de Salut opérée une fois pour toute sur la Croix. Nous devons donc apprendre à laisser croître en nous cet espace intérieur qui Lui permettra de nous élever jusqu’à la Gloire de Son Père. En ce sens, Télévision S+L s’est engagée depuis ses tout débuts à nourrir cette vie de prière par les réflexions bibliques du père Thomas Rosica c.s.b., des émissions de discussion théologique et de regard catholique sur notre monde, sans oublier la Messe quotidienne à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal. Télédiffusion rendant accessible ce Mystère de l’Eucharistie, « source et sommet de toute la vie chrétienne » ( Lumen gentium, n. 11.) à tous avec une pensée toute spéciale pour ces chrétiens incapables de s’y rendre pour des raisons de santé ou d’éloignement. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

2-   Missionnaire sur le continent numérique

Cette union au Christ, rendu présent pour nous dans les sacrements (LG 3), implique directement de notre part un engagement et une disponibilité à faire rayonner ce don qui nous a été offert gratuitement. Cette dimension missionnaire de la vocation chrétienne est au cœur de la mission de S+L depuis ses commencements. Faisant siens les appels répétés de tous les papes contemporains à « évangéliser le continent digital », tous les artisans de notre télévision catholique se sont efforcés depuis 15 ans de rendre accessible le Message de l’Évangile sur une grande variété de plateformes telles que la Web Radio, Roku, Facebook, Twitter, Instagram, etc. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

3-   Pour approfondir ma foi

Puisqu’aimer mieux implique connaître mieux, notre cheminement de foi dépend de notre appétit à nous mettre à l’écoute de la Révélation divine présente dans les Saintes Écritures, la Tradition et l’Enseignement des Papes. Encycliques, Homélies, Exhortations apostoliques, discours, etc. la parole de l’Église a souvent besoin d’être située, expliquée, approfondie et manifestée dans la « splendeur de la Vérité »[4]qui nous rend libre et sensible aux motions de l’Esprit à nous tourner vers notre destinée universelle et éternelle. En ce sens, S+L a toujours été au service de cette mission d’enseignement de l’Église et c’est pourquoi je la considère essentielle à la vie ecclésiale du Québec et du Canada francophone. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

4-   Espace de dialogue avec la culture

Pour que la foi catholique puisse produire tous les fruits qu’elle est appelée à produire dans les cœurs et les esprits de nos contemporains, il est absolument essentiel d’entrer en dialogue avec notre culture. L’Église n’étant évidemment pas destinée à évoluer en vase clos, elle se doit d’offrir une parole d’espérance en un monde qui en est souvent dépourvu. Ainsi, dans ce qui ressemble parfois plus à un vacarme qu’à un « concert » de propositions de sens, l’Église doit manifester de différentes manières la pertinence de la vie spirituelle chrétienne aujourd’hui. Or, comme le dit le pape François : « Il est bien que chaque catéchèse prête une attention spéciale à la “voie de la beauté” (via pulchritudinis).Annoncer le Christ signifie montrer que croire en lui et le suivre n’est pas seulement quelque chose de vrai et de juste, mais aussi quelque chose de beau … » (EG 167)[5]. Télévision Sel et Lumière, par ces nombreuses émissions consacrées aux beaux arts sous toutes ces formes, a toujours cherché à répandre la Bonne nouvelle suivant cette logique de la beauté dans son engagement pour le dialogue entre foi et culture. C’est pourquoi j’aime Sel et Lumière.

5-   Contre la globalisation de la tristesse et de l’isolement

Dans son homélie de consistoire pour la création des nouveaux 14 cardinaux le 28 juin dernier, le pape François affirmait « Quand nous oublions la mission, quand nous perdons de vue le visage concret des frères, notre vie se renferme dans la recherche de nos propres intérêts et de nos propres sécurités. Et ainsi, commencent à grandir le ressentiment, la tristesse et le dégoût ». Nos sociétés ultra connectées, et qui se vantent souvent d’être les plus communicatrices de toute l’histoire, sont parfois contredites par une réalité manifestant plutôt l’ennui et la solitude. Comment est-ce possible ? La raison est fort simple. Les moyens de communication n’apportent pas forcément avec eux l’amélioration des relations. Il est donc important d’apporter de la qualité, de la profondeur et, surtout, des émissions mettant en avant-scène « le visage concret des frères » dans ce monde des médias modernes. Voilà pourquoi j’aime Sel et Lumière.

Nous poursuivrons la semaine prochaine avec 5 raisons de plus d’aimer et de soutenir Télévision Sel et Lumière!

Télévision Sel et Lumière en français depuis maintenant 15 ans!

Vidéo promotionnelle de Télévision Sel et Lumière en français, 15 ans après sa fondation! Pour un aperçu de la mission et des nombreuses productions francophones originales de Télévision S+L:

Notre mission:
Proclamer Jésus-Christ
Annoncer l’Évangile
Susciter l’espérance
Transmettre la joie

Une télé unique, catholique, canadienne et francophone au service de l’Église et des gens d’ici et d’ailleurs.

Pour faire un don: http://saltandlighttv.org/donate/?lan…

Les attentes du pape François pour le Québec

CNS photo/Gregory A. Shemitz

Le 19 janvier dernier, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec publiait un message aux communautés chrétiennes. Faisant suite à leur visite ad limina du printemps dernier, ce document intitulé « Lève-toi, va, approche-toi, écoute » résume les faits saillants de l’expérience romaine, présente les différentes invitations du Saint-Père, exprime l’accueil fait à celles-ci et propose quelques grandes orientations.

Un pèlerinage auprès du successeur de Pierre

Durant ces trois semaines de retraite, de pèlerinage et de rencontres dans les différents dicastères de la Curie romaine, c’est les trois rencontres avec le Pape qui semblent avoir particulièrement marqué les évêques. Non seulement « l’esprit du pape François, son écoute, sa volonté de dialoguer » sont soulignés mais aussi l’attitude de l’Institution vaticane entière qui présente, selon les évêques, une nouvelle ouverture à la « situation sociale et ecclésiale au Québec » : « le pape François nous a partagé sa préoccupation particulière pour le Québec » peut-on retrouver dans le document.

Cette attention spéciale du pape n’était pas la seule raison permettant aux évêques de se sentir à la maison. La Curie romaine semblait avoir évolué jusqu’à y une certaine ressemblance avec l’Église au Québec. On la présente comme étant « en changement » « dans ses boîtes », désinstallée par les nombreuses réorganisations voulues par le Pape » (p.2). Ce type d’instabilité, les évêques du Québec en subissent constamment les contrecoups, étant eux-mêmes « une Église sans doute plus pauvre, parfois fatiguée mais jamais découragée » (p.4), d’où le sentiment d’une commune espérance.

Le programme du Pape pour le Québec

Plus de 10 ans s’étant écoulés depuis la dernière visite de l’AECQ à Rome, il est clair que plusieurs dossiers devaient être abordés. Sans entrer dans tous les détails, les évêques soulignent l’importance d’entrer toujours plus profondément dans une perspective missionnaire. Pour ce faire, deux conseils semblent émerger des conversations avec le Saint-Père. D’abord, comprendre que la mission de l’Église passe par une meilleure compréhension du monde et de ses enjeux actuels. Les évêques interprètent cette interpellation comme soulignant l’importance d’une « investissement spécial dans les communications » (p.2) ainsi que de « s’engager socialement » (p.2).

Ensuite, loin de sous-estimer le rôle des évêques, le Pape leur a dressé le portrait d’un leadership épiscopal au service du salut des âmes. « Nous sommes appelés », peut-on lire sous la plume des évêques,  « à être des hommes de prière, d’écoute, familiers de la Parole de Dieu et attentifs aux signes de l’Esprit… » (p.4).

Des changements à venir

Sans entrer dans les particularités de chaque diocèse, ce document nous prépare à un accueil concret des volontés de transformation missionnaire telle que voulue par le pape François. À travers un « nouveau partage des responsabilités en Église », un « meilleur réseautage » et un « partage des ressources », un développement de « réflexes synodaux », nous percevons la profonde unité des évêques du Québec qui voient de plus en plus leur mission commune d’évangélisation de la Belle Province.

À la lecture de ce document, on perçoit d’abord l’atmosphère intensément priante et chaleureuse vécue durant cette visite ad limina 2017. Que ce soit par l’accueil réciproque, les réformes de part et d’autre ou la profonde unité de vision entre l’épiscopat québécois et l’épiscopat, si j’ose dire, « romain », tout porte à croire à une intensification des collaborations.  Une chose est certaine, l’Église du Québec est appelée à devenir chef de file de cette nouvelle évangélisation en faisant preuve decette créativité qui a fait la réputation du Québec de par le monde.

Des mormons rencontrent le père Thomas Rosica à Toronto

Vous trouverez ci-dessous le texte publier sur le site internet de la Salle de Presse canadienne de l’église des saints des derniers jours:

Des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ont récemment rencontré le père Thomas Rosica au siège social de la Fondation catholique Sel et Lumière média à Toronto. Le père Rosica, PDG de la fondation, fait partie de la congrégation de Saint-Basile (pères basiliens).

Kullervo Hynynen, président du pieu de Toronto, en Ontario, a remis au père Rosica un exemplaire du livre Canadian Mormons récemment publié, dans lequel les liens du père Rosica avec l’Église sont soulignés. Le président Hynynen était accompagné de Pearl et Bruce Rae, codirecteurs des Affaires publiques de l’Église en Ontario; Hope et Pat Gani, codirecteurs des Affaires publiques du pieu de Toronto, en Ontario; Helen Warner, directrice des Affaires publiques du pieu de Brampton, en Ontario; Michèle Hynynen de Canada Mormon Newsroom et épouse du président Hynynen; et Sœur Tammy et Elder Lucky Morse, missionnaires pour les Affaires publiques de l’Église.

Le père Rosica, à son tour, a remis au président Hynynen un exemplaire de Reflets de Sa lumière. Le livre dépeint la Journée mondiale de la jeunesse de 2002 qui s’est tenue à Toronto, au cours de laquelle plusieurs saints des derniers jours ont fait du bénévolat.

Le père Rosica a aussi fait visiter le studio et les bureaux de Sel et Lumière au groupe des Affaires publiques. La fondation produit des programmes religieux pour son réseau de télévision multilingue canadien, l’un des 12 réseaux catholiques en importance dans le monde.

Au sujet de ses efforts à répandre l’espoir et à amener les gens à Jésus-Christ, le père Rosica a expliqué : « Il faut persévérer. Il ne faut pas renoncer. On continue de semer des graines. L’espérance chrétienne est extrêmement importante… […] Le meilleur de la religion est ce qui invite les gens à voir plus grand, à s’élever contre toute la colère et la frustration qui existent dans le monde, à considérer tous les humains comme n’étant qu’un et à parler de ce qui nous unit. Les gens ont besoin de Dieu dans leur vie. »

La longue collaboration du père Rosica avec l’Église à Toronto a débuté en 2001, lorsqu’il a rencontré Elder V. Dallas Merrell, ancien membre des soixante-dix, dans un avion. Cette amitié s’est développée lorsque Elder Merrell et son épouse ont servi plus tard comme missionnaires pour les Affaires publiques à Toronto.

En 2002, le père Rosica était le directeur national et PDG de la Journée mondiale de la jeunesse se tenant Toronto, à laquelle le pape Jean-Paul II a assisté. Elder Merrell a pris des dispositions pour que 350 bénévoles saints des derniers jours, plusieurs d’entre eux des jeunes, puissent servir dans des tâches diverses lors de l’événement.

Lorsqu’on a demandé au père Rosica comment aider les jeunes à se sentir plus ancrés dans la chrétienté, il a déclaré : « De nos jours, de nombreux jeunes sont désespérés. […] Nous devons leur donner une espérance réaliste pour qu’ils surmontent leur désespoir. »

Le président Hynynen a ajouté : « Nos deux religions peuvent s’unir pour apporter l’espoir, surtout aux jeunes, durant les temps difficiles. Je suis encouragé par la perspective de nos jeunes travaillant côte à côte pour nourrir cet espoir. »

C’est en raison de la grande préoccupation du père Rosica pour la jeunesse que des dirigeants de l’Église lui ont décerné le Prix pour les valeurs familiales en 2002. En 2011, le père Rosica a été invité à diriger la présentation supplémentaire du Chœur du Tabernacle Mormon au Roy Thomson Hall de Toronto. Il a souligné qu’il voulait diriger la musique afin de démontrer sa reconnaissance pour l’aide apportée par les membres de l’Église durant la Journée mondiale de la jeunesse en 2002.

En ce qui a trait à sa relation avec l’Église, le père Rosica a déclaré : « [J’encourage] tout ce que nous pouvons faire pour tisser de bons liens. Il y a des différences, mais je préfère me concentrer sur ce que nous pouvons faire et sur ce que nous avons fait ensemble pour entretenir de bonnes relations. »

Le respect des diverses croyances et des contributions uniques de toutes les religions du monde est l’un des traits caractéristiques du mormonisme.  Les saints des derniers jours acceptent tous les croyants sincères comme étant égaux dans la quête de la foi et dans la grande œuvre qui consiste à servir l’humanité.

Le président Dieter F. Uchtdorf, ancien membre de la Première Présidence, a déclaré : « Nous honorons et respectons les âmes sincères de toutes les religions. […] Nous les louons avec gratitude pour leur altruisme et leur courage. Nous les prenons dans nos bras comme des frères et sœurs, enfants de notre Père céleste. […] Il accorde la lumière à ceux qui le cherchent, l’honorent et veulent obéir à ses commandements. » (« La foi de notre Père », conférence générale d’avril 2008).

Une semaine à Québec pour les communicateurs catholiques

CNS photo/Chaz Muth

Mercredi, le 21 juin, prenait fin à Québec, le congrès Signis/CPA 2017. Réunissant des panélistes et participants des cinq continents, cette rencontre internationale a permis à tous de faire le point sur les communications de l’Église aujourd’hui. Parmi les nombreuses activités de ces journées, quelques éléments se distinguent particulièrement.

Doit d’abord être soulignée la présence de Mgr. Lucio Adrian Ruiz, de la nouvelle Secrétairerie pour les communications du Vatican, actuellement occupé à la réforme de l’ensemble des communications du Vatican . Cherchant à réunir les différents moyens de communication que sont Radio Vatican, l’Osservatore Romano, la librairie et Filmoteca vaticanes en une seule entité, cette réforme en profondeur soulève plusieurs questionnements qui furent abordés lors d’une conférence suivie d’une période de questions.

La présentation du producteur et scénariste québécois Rock Demers, reconnu internationalement pour sa contribution à de nombreux longs métrages pour enfants, fut également très appréciée. Tous les jeunes de ma génération ont été marqués par ses films dont Bach et Bottine, La Grenouille et la baleine, Opération Beurre de peanottes, sans oublier La guerre des tuques. Parmi les éléments abordés lors de sa conférence furent soulignées les lacunes actuelles dont souffre le cinéma pour enfants. Comment présenter au grand écran une perspective spécifiquement enfantine dans le bon sens du terme ? Comment, par exemple, suivre une trame narrative s’adaptant à la place immense que joue l’imagination dans la vie d’un enfant. Pas évident à trouver de nos jours! En effet, l’immense succès de la série Netflix « Stranger things » n’est malheureusement pas, selon moi, un signe du désir du grand public de renouer avec le style cinématographique développé par monsieur Demers.

Troisièmement la présence du réalisateur Martin Scorsese figure parmi les évènements importants de cette conférence. Après le visionnement de son dernier film « Silence » qui fait le récit de la vie de missionnaires jésuites sous les persécutions au Japon au XVIIème siècle, le cinéaste italo-américain a pu offrir un témoignage de son traitement cinématographique de la foi chrétienne. Notons également que lui fut remis le prix Signis 2017 lors d’une soirée gala.

La Messe en la basilique cathédrale Notre-Dame de Québec figure comme le quatrième point à souligner concernant cette conférence. Présidée par le Cardinal, Primat du Canada, Gérald Cyprien Lacroix, cette célébration aura permis de célébrer le mystère à la source et au sommet de toute communication de l’Église. Dans son homélie, le cardinal Archevêque de Québec est notamment revenu sur le thème du Congrès en demandant aux communicateurs catholiques : « Restez connectés à la Parole de Dieu pour dire au monde l’espérance qui nous habite ».

Finalement, il serait injuste de passer sous silence le travail de Sel et Lumière durant cette semaine intense. Que ce soit par la captation et diffusion livestream des conférences, Messe ou par les nombreuses prises de parole du père Thomas Rosica c.s.b ainsi celle de notre journaliste du secteur anglophone Sébastian Gomes, Sel et Lumière a sans aucun doute montré au monde entier le dynamisme et le leadership de l’Église canadienne dans le domaine des communications.

Grâce aux nombreuses interventions ou rencontres que le Congrès Signis 2017 a suscitées, les participants, dont je suis, retourneront certainement dans leur pays respectif remplis d’une énergie nouvelle pour continuer leur mission propre, cette œuvre qu’est l’évangélisation par les médias.

Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix pour le Congrès SIGNIS 2017

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du Cardinal de Monsieur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada telle que prononcée lors de la Messe pour le Congrès mondial de Signis 2017 en la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, Québec, 21 juin 2017:

« Restons connectés pour dire l’espérance »

Très chers frères et sœurs,

Chères communicatrices, chers communicateurs venus de toutes les régions du monde,

Vous avez sûrement remarqué que la Parole de Dieu qui vient de nous être proclamée parle essentiellement de semence, de croissance et de fécondité. Des thèmes bibliques riches et fort signifiants pour notre réflexion au cœur de votre Congrès mondial.

Dans les récits de la création dans le livre de la Genèse, on nous présente un jardin créé par Dieu, un jardin très fécond où tout pousse, où tout est bon et généreux. Un jardin qui dépeint l’explosion de la Vie, semence de Dieu sur cette terre, notre maison commune. La création est sans contredit une manifestation exubérante de cette vie divine et de sa fécondité. Mais Dieu n’avait pas encore dit son dernier mot.

Le Seigneur n’a pas seulement créé ce monde, créé l’homme et la femme pour qu’ils y vivent en les laissant seuls. Dès le début, il entre en relation et propose une grande amitié, une Alliance avec les humains que nous sommes. Du jamais vu, de l’inédit. Notre Dieu n’est pas un grand silencieux qui nous regarde passivement du haut du ciel. Il parle, il prend l’initiative d’entrer en dialogue avec nous. Et petit à petit, nous découvrons que sa Parole est bienfaisante, pleine de vie. Elle libère et remet debout, elle met en marche. Elle produit des fruits. Il n’y a pas seulement que les semences du jardin qui produisent du fruit, la Parole en produit aussi.

La Palabra de Dios es vida y produce frutos abundantes. Nos lo recordó el profeta Isaías : “Así dice el Señor: como bajan la lluvia y la nieve de los cielos y no vuelven allá sin haber empapado la tierra, sin haberla fecundado y haberla hecho germinar, para que dé la simiente para sembrar y el pan para comer, así será la palabra que salga de mi boca. No volverá a mí con las manos vacías sino después de haber hecho lo que yo quería, y haber llevado a cabo lo que le encargué”.

Ustedes que obran en los medios de comunicación, siembran a diario la semilla de la Palabra a través de sus artículos, programas, reportajes, entrevistas, testimonios. Siembran con fe y audacia porque bien saben que esa divina semilla es fecunda y pronto o tarde producirá frutos en los corazones. En décadas pasadas, el jardín de los medios de comunicación era bien definido; un periódico o una revista llegaba a sus suscriptores ; un programa de televisión a los que tenían antena sobre su techo. Hoy en día, gracias a internet y a las nuevas tecnologías, su jardín se ha ampliado a las dimensiones del mundo. ¡Qué bendición y a la vez, qué responsabilidad! Ustedes tienen una oportunidad sin precedentes de proclamar y hacer llegar la Palabra de Dios a tantas personas, de entrar en lugares que nosotros no logramos acceder. Tengan fe que lo que ustedes siembran a diario a través de su trabajo no retorna a Dios sin haber producido lo que Él quiere.

Saint John, in his first Letter, shares a vibrant expression of his faith: “We declare to you what was from the beginning, what we have heard, what we have seen with our eyes, what we have looked at and touched with our hands, concerning the word of life — this life was revealed, and we have seen it and testify to it…”.  John’s personal encounter, his experience with Jesus Christ transforms him into a great communicator, a missionary able to spread the Good News of the death and resurrection of Christ to the world.

No Facebook account yet, no Tweets, no printing presses or 4K Pro video cameras, no internet or optical fiber were anywhere to be seen, and yet the Gospel spread all over the world and has reached all of us, who represent close to 50 countries.

I’m not a specialist in communications, but my humble conclusion when I hear this and listen to the Gospel is that the strength, the vigor is not in the means or the apostle, but in the seed, in the Word of God, in the Word of God made flesh, Jesus Christ. Pope Francis put it well in this year’s Message for World Communications Day: “Confidence in the seed of God’s Kingdom and in the mystery of Easter should also shape the way we communicate. This confidence enables us to carry out our work – in all the different ways that communication takes place nowadays – with the conviction that it is possible to recognize and highlight the good news present in every story and in the face of each person”.

That is where we find Hope to pursue our mission. Of course, we continue to strive to put to use the most modern means of communication, the best technologies and prepare ourselves to be as professional as we can, but we do not forget that the power, the strength, the Life, is in the seed. the Word of God, the Incarnate Word who gave His Life so we may have abundant life and eternal life. What a humbling and exciting experience for all of you communicators who are called to exercise this vital mission in today’s world.

 Nous sommes familiers avec la parabole du semeur. Je ne suis pas sûr que votre chef de pupitre aurait accepté autant de répétition dans une même phrase : « Le Semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin ». Semeur, semer, semence, semait… ce n’est pas fort en composition si on regarde ça d’un point de vue littéraire. Cependant, la parabole de Jésus nous laisse bien entrevoir la générosité de Dieu qui, comme ce semeur, sème la Parole partout généreusement, même sur des terrains qui à première vue sont stériles. Il est vrai que les chances sont meilleures pour la semence lorsqu’elle tombe dans une bonne terre, une terre accueillante et dégagée de tout obstacle.

Rappelons-nous toutes les fois où Jésus s’est approché des pécheurs qui à prime abord semblaient fermés, endurcis ou très souffrants. Ils ont pourtant accueilli la Parole du Sauveur et leur vie en a été transformée. Pensons encore à Zachée, au démoniaque de Gérasa, à la femme adultère, à Marie-Madeleine, au bon larron. Frères et sœurs, restons connectés à la puissance de la Parole pour dire l’espérance à un monde qui a un profond besoin de lumière et de Vie.

Je me souviens alors que j’étais jeune prêtre, d’un matin où l’on sonne à ma porte à six heures. Je réponds et un homme demande à me rencontrer. Je ne le connais pas. Il m’avoue arriver d’un motel où il a passé la nuit avec une femme qui n’est pas la sienne. Elle est partie vers deux heures du matin. Il décide alors de regarder la télévision dans sa chambre, seul. En faisant le tour des chaînes, il tombe sur un programme de la télévision communautaire qui présente un extrait de conférence de Jean Vanier. Il est bouleversé par les propos qu’il vient d’entendre et se sent appelé à changer de vie par l’Évangile proclamé dans cette conférence. Ne sachant plus quoi faire, il décide de rencontrer un prêtre. Ce moment fut l’occasion d’une conversion profonde et toute sa vie a changé de direction. Par la suite, il a souvent témoigné publiquement de sa conversion. La Parole qui touche le cœur et produit des fruits de conversion et de vie l’a rejoint là où il se trouvait. Ne l’oublions jamais !

Nos saints fondateurs et fondatrices à Québec nous ont laissé le témoignage d’une foi profondément enracinée dans le Christ et sa Parole. Sainte Marie de l’Incarnation et la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin sont arrivées en Nouvelle-France au début du 17e siècle, alors que tout était à construire. Les défis étaient de taille et les dangers omniprésents. Les longs hivers québécois à l’époque – ils le sont encore aujourd’hui – et la précarité de la communauté naissante présentaient des obstacles majeurs à surmonter. Et pourtant, ces femmes n’y ont pas seulement survécu, elles y ont vécu leur mission respective dans l’éducation et la santé avec brio. C’était des femmes d’espérance, connectées à la Source qu’est la Parole de Dieu et à une relation intime avec lui; des missionnaires habitées par un zèle apostolique qui a produit de grands fruits. Leur vie nous inspire encore aujourd’hui.

Un journaliste du journal Le Soleil, Louis-Guy Lemieux a écrit ces lignes qui en disent long sur Marie de l’Incarnation : « Plus que Champlain, le fondateur, plus que Louis Hébert, le premier habitant enraciné, plus que Jean Talon, le solide intendant, plus que Louis Jolliet, l’explorateur et découvreur du Mississippi, plus que ces aventuriers de robe ou d’épée, flamboyants ou profiteurs, c’est elle, Marie Guyart qui incarne le mieux le courage et la ténacité des premiers Canadiens. Ses contemporains se reconnaissent en elle. Sans quitter son couvent, elle aura été le ciment de la Nouvelle-France[1]. » Marie de l’Incarnation et Marie-Catherine de Saint-Augustin furent de grandes communicatrices de l’espérance et de l’Évangile, par le don de leur vie au service de la mission. Des femmes connectées qui ont su vivre et dire l’espérance qui les habitaient.

Notre premier évêque, saint François de Laval, canonisé par le pape François en 2014, a su soutenir la communauté naissante en Nouvelle-France malgré les nombreux obstacles et tempêtes qu’il a rencontrés. Il ne s’est pas laissé effrayer ou démotiver car son cœur était empreint de confiance en Dieu. Il aimait dire : « Il nous faut mettre toute notre confiance et notre force en Dieu… Il faut se laisser conduire par la Providence. » Ou encore : « Que les missionnaires se souviennent que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience. » Soyons, nous aussi, habités par cette confiance en Dieu et sa en Parole et ayons la patience de laisser croître ce qui est semé dans les cœurs par notre travail quotidien.

On this shared day that brings together delegates from the SIGNIS World Congress and the Catholic Press Association of the United States and Canada, may the Lord bless you and all you do so that His Word of Life and Hope may reach the ends of the world. May he sustain you and your colleagues in the mission we all share in the Church through our different vocations and charisms, to proclaim what we have seen with our eyes and heard with our ears, what we have touched: Jesus Christ, the Living One, who is with us and who sends us out to share His Good News.

 Señor, Padre nuestro, que tu Palabra cumpla su obra en nuestras palabras y obras para que muchos y muchos lleguen a conocerte, amarte y servirte.

Restons connectés pour dire l’espérance !

[1] Le Soleil, 16 mars 1997.

Homélie du père supérieur George Smith c.s.b. lors de sa visite au studio de S+L à Toronto

Messe au studio de Télévision S+L
Jeudi de la troisième semaine du carême 

« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. » Luc 11,17

L’une des réalités de la vie dans cette première partie du XXIe siècle est la prévalence de la polarisation. Ce manque d’unité existe à de nombreux niveaux : en politique bien sûr de la manière peut-être la plus dramatique. Cette division existe aussi en terme de disparité sociale entre les pays développés et les pays en voie de développement. On note aussi des grandes fractures entre les grandes religions : entre chrétiens et musulmans certainement mais également au sein d’une même religion comme c’est le cas dans le christianisme. Nous connaissons que trop bien les divisions qui existent parmi nous. Même dans notre propre Église, on distingue cette attitude qui ressemble à ces Israélites de vision étroite qui ont rejeté les prophètes de Yahvé, comme Jérémie les décrit dans notre première lecture.

À la lumière de ces divisions, les enseignements de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui prend un sens de mauvais augure. Pour combattre ces divisions, nous devons regarder vers les personnes et organisations qui font la promotion de l’unité et qui nous donnent de l’espoir.

Dans mon esprit, l’un des plus importants charismes de Sel et Lumière est celui de ministère au service de l’unité. Il s’agit, bien sûr, d’un apostolat de nouvelle évangélisation. Nous ne devons pas perdre de vue ce dynamisme initial même s’il émanait davantage des pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI. Rallumer la flamme de la foi qui a été atténuée au sein du Peuple de Dieu et l’apporter à ceux qui n’en ont pas fait encore l’expérience reste toujours un élément central de la mission de Sel et Lumière. Voilà le cœur de la nouvelle évangélisation ! D’un point de vue plus fondamental, il s’agit d’un apostolat d’éducation et d’évangélisation. C’est pourquoi S+L mérite et reçoit toute la reconnaissance et l’admiration des pères Basiliens. Étant nous-mêmes au service de l’éducation et de l’évangélisation, les pères Basiliens dont je fais partie, sont émerveillés devant la myriades d’initiatives et de possibilités que permet l’utilisation des médias comme la télévision et les réseaux sociaux lorsqu’ils sont utilisés au profit de nos instruments d’éducation et d’évangélisation plus traditionnels. Votre créativité qui se manifeste dans vos émissions et documentaires est pour nous une source de joie intense.

Comme je le mentionnais plus tôt, le contexte de l’évangile d’aujourd’hui nous amène à contempler votre charisme d’unité de votre ministère. C’est cette dimension qui m’a porté à avoir une appréciation encore plus profonde de la télévision S+L. Cette unité trouve sa force à de nombreuses sources : d’abord, c’est une conséquence des racines spirituelles qui sont au cœur de votre ministère. Nous connaissons tous la passion du père Tom pour les Écritures Saintes et nous voyons à quel point elle fut transmise à tous les niveaux de son entreprise apostolique. Une autre source de cette unité qui vous habite est la tradition vivante du Concile Vatican II qui imprègne virtuellement toutes vos émissions. Vous avez tellement donné pour stimuler ce désir d’une ecclésiologie toute conciliaire et, ce, spécialement chez les jeunes ! Une autre source d’unité,  qui est présente au sein de S+L depuis le commencement,  c’est la vie de saints et saintes, aujourd’hui vivants ou décédés, habités que nous sommes de cette conviction extraordinaire que nous pouvons tous être saints. Que, par la Grâce, cette sainteté est à notre portée, même si nous luttons quotidiennement avec nos faiblesses et nos péchés. Malgré tout cela, Dieu nous appelle à la sainteté et c’est cette même conviction qui nous permet de vivre saintement et, ainsi, d’être témoins de la foi de ceux qui nous ont précédés. La dernière source de l’unité est, selon moi, la force unificatrice du pape François. Évidemment, il s’agit de la première mission du ministère pétrinien. Toutefois, nous sentons que cet esprit est particulièrement perceptible dans la programmation de S+L. Programmation qui, soit dit en passant, est appréciée du pape François lui-même ! En effet, nous chérissons tous cette photo du pape François fixant l’écran d’ordinateur souriant et, ce, entouré de l’équipe de S+L. Ce sourire du pape François révèle une joie authentique et bellement partagée.

Nous ne devrions pas oublier l’importante contribution qu’apporte l’aspect plurilingue de la programmation qui favorise l’unité dont nous venons de parler.

L’Écriture Sainte, les enseignements du Concile Vatican II, la vie de saints hommes et femmes, le pape François, la pluralité de langues, voilà les grands socles qui apportent de l’unité non seulement à notre Église canadienne mais également à l’Église universelle. Je le répète, je ne connais aucun autre apostolat qui apporte davantage d’unité que la Télévision Sel et Lumière.

Pour tout cela, nous, les pères Basiliens, nous remercions Dieu de tout cœur.

Père George T. Smith, c.s.b.
Supérieur général
Congrégation de Saint-Basile
23 mars 2017

Le pape François et la révolution médiatique

CNS photo/Paul Jeffrey

Ce mardi 24 janvier 2017, le pape François publiait comme à chaque année un message pour la Journée mondiale des communications sociales qui aura lieu le 28 mai prochain. Le message de cette année, « Ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 43,5), s’adresse principalement aux artisans des médias qu’il appelle au discernement et à la responsabilité pour, selon les mots mêmes du Pape, qu’ils entrent « dans la logique de la Bonne nouvelle ».

Développer un bon discernement

Nous sommes tous des « consommateurs » de nouvelles. Toute personne est influencée par ce qu’elle voit, ce qu’elle entend et c’est d’autant plus vrai lorsque ces informations proviennent des médias, ceux-ci jouissant d’une crédibilité et d’une audience accrues. On aurait cependant tort de croire que les médias eux-mêmes sont au-dessus de la mêlée. En effet, les plus grands consommateurs de nouvelles ne sont-ils pas les journalistes et commentateurs eux-mêmes ? En cette époque ou tout et n’importe quoi peut devenir une nouvelle, ou la qualité de l’information peut être facilement mise de côté au profit de la quantité, tous doivent développer un bon jugement sur ce qui est important, pertinent, intéressant, approprié, etc. Pour le Pape, il est impératif de travailler à produire une « communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l’autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance ».

Une interprétation responsable

Il est vrai que cette relation de « confiance » de la population envers les médias en général a déjà connu des jours meilleurs. Plusieurs sont de plus en plus critiques devant une certaine orientation dans l’interprétation que l’on donne aux événements et on les soupçonne parfois d’être les marionnettes d’intérêts sous-jacents. Comme le dit le Pape : « Tout dépend du regard avec lequel elle est saisie, des « lunettes » à travers lesquelles on choisit de la regarder: en changeant les verres, la réalité aussi apparaît différente ». C’est pourquoi, selon lui, les artisans des médias devraient changer leurs « verres » en incarnant un « style ouvert et créatif » et qui « cherchant à mettre en lumière les solutions possibles » ne se limitent pas à mettre toujours au premier plan les mauvaises nouvelles.

Cette « logique de la bonne nouvelle » ne doit pas, comme le dit François « promouvoir une désinformation où le drame de la souffrance serait ignoré, ni de tomber dans un optimisme naïf » mais plutôt favoriser une présentation dans laquelle, même les pires événements, peuvent être le lieu de l’expression du bien. « Tout nouveau drame qui arrive dans l’histoire du monde devient aussi le scénario d’une possible bonne nouvelle ». Par exemple, lors de la présentation d’une catastrophe, un média responsable pourrait mettre l’accent sur les manifestations de courage et d’abnégation des secouristes. Cela, loin de minimiser la gravité d’une tragédie, contribuerait à promouvoir les vertus dont la société a grandement besoin et, ainsi, stimulerait l’implication des auditeurs. Comme le dit le Pape, une éthique journalistique conforme à la logique de la Bonne nouvelle permet de « dépasser ce sentiment de mécontentement et de résignation qui nous saisit souvent, nous plongeant dans l’apathie, et provoquant la peur ou l’impression qu’on ne peut opposer de limites au mal. »

Que ce soit par l’appel au jugement dans le discernement des nouvelles à privilégier ou encore par l’angle sous lequel les médias devraient présenter la nouvelle, le message du pape François pour la Journée mondiale des communications sociales présente plusieurs idées ingénieuses. Dans un monde où trop souvent la tentation du cynisme éteint le désir de l’améliorer, une révolution médiatique comme le propose le successeur de Pierre mérite que nous y réfléchissions et que nous y travaillions. Nous qui, dans cette ère de médias sociaux, sommes tous des communicateurs !