Le Cardinal et la charte

Gerald

 

Dimanche matin, le cardinal désigné Gérald Cyprien Lacroix se réveillait, comme nous tous, en apprenant la bonne nouvelle de sa création comme Cardinal par le Pape François. Cette nomination n’était toutefois pas totalement imprévisible, compte tenu de la tradition du Diocèse de Québec d’être un « siège cardinalice ». Une chose est sûre, la nouvelle tombait à point puisque la belle province avait désespérément besoin d’une voix forte pour l’aider à faire face aux défis actuels. La forte présence de journalistes lors de la conférence de presse donnée à Québec, lundi dernier, manifeste un changement et même un tournant dans le traitement médiatique du désormais Cardinal Lacroix. En effet, les médias se sont d’emblée concentrés sur son attitude générale, son « style pastoral » et ses opinions sur les grands sujets d’actualité. À cette occasion, l’opinion de son Excellence (bientôt « Éminence ») sur la question de la Charte du Parti Québécois a pris une large place. De fait, l’Église joue toujours un rôle important dans la société québécoise. En ce sens, les journalistes ont perçu que le cardinalat de Mgr Lacroix sera une voix privilégiée pour connaître l’avis de l’Église sur les sujets de société. Le contenu même des questions posées manifeste cette prise de conscience. En effet, on pouvait sentir qu’ils s’interrogeaient sur le type d’interlocuteur auquel ils ont et auront affaire. Comme s’ils avaient conscience que cette nomination allait les obliger, dans un avenir rapproché, à côtoyer davantage l’homme d’Église. Ainsi, même s’ils n’osent peut-être pas se l’avouer, les journalistes ont conscience de ce que Michael Coren affirme lorsqu’il dit que « la foi importe » (« Faith Matters ») !

Le Cardinal Lacroix s’est adonné à cet exercice rhétorique en prenant bien soin d’éviter les tentatives de certains journalistes de transformer la nouvelle en une simple polémique. La manière dont il a répondu aux questions « pièges » manifeste plusieurs attitudes pastorales qui s’apparentent « étrangement » à celles du Pape François. Il ne s’en cache d’ailleurs pas du tout en ce qu’il a même procédé à la lecture de la lettre du Pape aux nouveaux cardinaux et en y revenant lorsque le besoin s’en fit sentir. Par exemple, lorsqu’une journaliste lui a posé la question de sa « rapide ascension » il a répondu en citant le Pape François qui faisait appel aux vertus de service et d’humilité auxquelles les cardinaux sont tenus. Cela nous révèle l’attitude pastorale du pape François et de Mgr Lacroix qui possèdent toutes les caractéristiques d’une bonne stratégie de communication. En cela, bien qu’il ne soit pas un « scholar » comme il le dit lui-même, Mgr Lacroix pourrait se voir décerner un doctorat honoris causa d’une faculté de communication!

Sans nier les vérités et les vertus aujourd’hui mal comprises de la morale catholique, le Cardinal Lacroix a bien mis en pratique l’affirmation suivante du Pape François : « quand on assume un objectif pastoral et un style missionnaire, qui réellement arrivent à tous sans exceptions ni exclusions, l’annonce se concentre sur l’essentiel, sur ce qui est plus beau, plus grand, plus attirant et en même temps plus nécessaire »[1]. Comme le Cardinal Lacroix le disait dans sa conférence de presse du 17 janvier : « le Pape est fidèle aux enseignements de l’Église, n’attendez jamais une annonce disant que l’Église est pour l’euthanasie ou l’avortement, mais il préfère commencer par essayer d’ouvrir leurs cœurs, d’être inclusif envers tous et de faire sentir au monde qu’il est aimé de Dieu »[2]. Le Québec et certaines élites ordinairement hostiles à l’Église et son enseignement sont-elles prêtes à s’engager d’une manière respectueuse dans un dialogue avec l’Église ? Espérons que le ton et l’ouverture de notre nouveau Cardinal aident à briser les remparts qui bloquent l’accès du Christ au cœur des québécois.


[1] Pape François, Evangelii gaudium, no 35.

Qu’est ce que c’est qu’un Cardinal?

birettas_cropThomas Rosica, csb

Les cardinaux sont choisis par le Saint Père pour être ses principaux adjoints et conseillers dans l’administration centrale des affaires de l’Église. Ensemble, ils forment le Collège des cardinaux. Le mot « cardinal » vient de deux mots du latin classique, cardo et cardinis.  Depuis trois cents ans, on traduit ces deux mots par « gond » ou « charnière » : ils désignent la pièce importante qui permet d’articuler deux forces opposées et d’en assurer la combinaison harmonieuse. De même que le gond permet d’accrocher facilement la porte à son chambranle, ainsi les cardinaux, disait-on, facilitent les rapports entre les fonctions d’enseignement et de gouvernement dans la hiérarchie de l’Église. Le Collège des cardinaux continue de jouer un rôle déterminant dans l’Église d’aujourd’hui, celui d’un pivot.

La couleur rouge que portent les cardinaux symbolise le sang versé par les martyrs et les témoins de la foi. Le témoignage public et transparent de la foi est en effet au cœur de la mission du cardinal. Pour citer le pape Benoît XVI, lors d’un récent consistoire, «le lien de communion et d’affection particulières qui lie ces nouveaux cardinaux au Pape, fait d’eux de singuliers et précieux coopérateurs du haut mandat confié par le Christ à Pierre, de paître ses brebis (cf. Jn 21, 15-17), pour réunir les peuples avec la sollicitude de la charité du Christ. C’est précisément de cet amour qu’est née l’Eglise, appelée à vivre et à cheminer selon le commandement du Seigneur, dans lequel se résument toute la loi et les prophètes. Etre unis au Christ dans la foi et en communion avec Lui signifie être «enracinés, fondés dans l’amour» (Ep, 3, 17), la trame qui unit tous les membres du Corps du Christ. »

Voici un texte important de Benoît XVI lors du consistoire des nouveaux cardinaux le 18 février 2012:

Chers Frères qui allez être devenir membres du Collège cardinalice ! Que le don total de soi, offert par le Christ sur la croix, soit pour vous la norme, le stimulant et la force d’une foi qui opère dans la charité. Que votre mission dans l’Église et dans le monde soit toujours et uniquement « dans le Christ », qu’elle réponde à sa logique et non à celle du monde, qu’elle soit éclairée par la foi et animée par la charité qui nous viennent de la Croix glorieuse du Seigneur. Sur l’anneau que je vais vous remettre dans quelques instants, sont représentés les saints Pierre et Paul, avec au centre une étoile qui évoque la Vierge Marie. En portant cet anneau, vous êtes appelés chaque jour à vous souvenir du témoignage que les deux Apôtres ont donné au Christ jusqu’à la mort par le martyre, ici, à Rome, fécondant ainsi l’Église de leur sang. Tandis que le rappel de la Vierge Marie sera toujours pour vous une invitation à suivre celle qui fut solide dans sa foi et humble servante du Seigneur. [Read more…]

Vendredi 11 octobre 2013 c’est la fête de Jean XXIII et aussi le 51e anniversaire du Concile

Buon-Papa

Au cours de l’Année de la Foi, à l’occasion du 50e anniversaire de Vatican II, et le jour de son 50e anniversaire de sa mort, évoquons avec affection et avec gratitude la figure si attachante d’Angelo Roncalli, le troisième des treize enfants d’une famille d’ouvriers agricoles, né le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, dans le nord de l’Italie. À l’âge de 12 ans, il entrait au séminaire diocésain de Bergame où il subit l’influence de dirigeants progressistes du mouvement social italien. Ordonné prêtre le 10 août 1904 et bientôt nommé secrétaire du nouvel évêque de Bergame, il s’initia à ses côtés aux formes de l’action sociale et apprit de lui à comprendre les problèmes des classes laborieuses. Il enseigna aussi au séminaire diocésain. En 1915, il fut mobilisé et servit sur le front pendant la Première Guerre mondiale dans un corps d’infirmiers et d’aumôniers. En 1921, il était appelé à Rome par le Pape, qui le nomma directeur pour l’Italie de la Société de la propagation de la foi. Il fut consacré archevêque en 1925 et envoyé comme diplomate en Bulgarie. En 1934, il était transféré en Turquie et en Grèce.

À l’âge de soixante-quatre ans (1944), Roncalli fut choisi par Pie XII pour le poste délicat de nonce à Paris, où il s’employa à guérir les divisions causées par la guerre. À 72 ans, il était nommé cardinal et patriarche de Venise : il avait pour la première fois la charge d’un diocèse, d’un grand diocèse. Connu pour son conservatisme et sa profonde humanité, il gagna bientôt l’affection de ses gens : il visitait les paroisses, se préoccupait de la classe ouvrière, ouvrait de nouvelles dessertes et développait diverses formes d’action sociale. En 1958, à la mort de Pie XII, il fut élu pape : il avait près de 77 ans. Bien des gens s’attendaient à ce qu’il ne soit qu’un administrateur et un pape de transition. Mais il surprit l’Église et le monde par son énergie et son esprit de réforme. Il agrandit et internationalisa le collège des cardinaux, réunit le premier synode du diocèse de Rome, entreprit la révision du Code de droit canonique et convoqua le Deuxième Concile du Vatican en lui donnant pour mandat précis de renouveler la vie et l’enseignement de l’Église et de réunir les chrétiens du monde entier. [Read more…]

Aparecida: sanctuaire et document des Évêques d’Amérique latine et des Caraïbes

Aparecida-croppedEn réponse à plusieurs demandes de renseignements au sujet de l’importance de la visite du pape Francis à la Basilique Notre-Dame d’Aparecida au cours de sa visite au Brésil pour la Journée mondiale 2013 de la jeunesse mercredi 24 juillet, j’ai préparé la note d’information ci-dessous. En Amérique latine «Aparecida» évoque d’abord la grande basilique de Notre-Dame dans cette ville, qui est le quatrième sanctuaire marial le plus populaire dans le monde.

Cette note explicative ne portera pas tant sur le sanctuaire que sur le message et le sens d’Aparecida pour les catholiques d’Amérique latine et pour toute l’Église. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que la plupart des évêques catéchistes pour la Journée mondiale de la Jeunesse à Rio fera mention du message d’Aparecida, et plus précisément le document de clôture de la cinquième Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, qui s’est tenue à Aparecida en 2007 sur le thème: « Disciples et missionnaires de Jésus-Christ, pour que nos peuples aient la vie en Lui ». Ce document constate une expression authentique et la réalisation de Journées Mondiales de la Jeunesse.
Lien pour la version intégrale de ce document : http://www.celam.org/aparecida/Frances.pdf

En mai 2007, les évêques d’Amérique latine et des Caraïbes ont voté massivement (127-2) un document final appelant les catholiques de la région à renouveler leur engagement à être disciple et missionnaire et à établir des orientations pour l’église dans la région pour les 10 à 15 prochaines années. Le document, de plus de 100 pages, a été envoyé au pape Benoît XVI, qui a approuvé ce texte maintenant connu comme le «Document d’Aparecida», le plan directeur pour la nouvelle évangélisation en Amérique latine. L’expérience d’Aparecida offre un puissant message d’espoir et de bonnes pratiques pour les agents pastoraux et les leaders de l’église. [Read more…]

Encyclique Lumen Fidei

Ne manquez pas ce soir cette émission spéciale de KTO sur la nouvelle encyclique du pape François
Editions spéciales: Lumen Fidei – La première encyclique du pape François
Premières réactions quelques heures après la publication de l’encyclique Lumen Fidei

Vendredi 5 juillet 19h30 et 23h30

L’avenir de l’humanité passe par le mariage et la famille


Père Thomas Rosica, csb
Directeur-général, Fondation catholiqie Sel et Lumière Média

Au lendemain des dernières élections aux Etats-Unis, et à la lumière du vote en faveur du mariage entre les personnes du même sexe, dans de nombreux Etats, nous recevons de nombreux messages de nos téléspectateurs et lecteurs  soucieux qui demandent la position de l’Eglise et notre position sur cette question. Je suis heureux de redire ici ce l’Eglise enseigne et ce que nous, à Télévision Sel et Lumiere, nous avons enseigné  depuis nos débuts il y a 10 ans.

Dans les encycliques Humanae Vitae (1968) et Evangelium Vitae (1995) et, en particulier, dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio (1981) et dans la magnifique Lettre aux familles (1994), les papes Paul VI et Jean-Paul II ont accordé une grande attention au mariage et à la famille dans la culture d’aujourd’hui. Dès la première année de son pontificat, le bienheureux Jean-Paul II a mis l’accent sur le fait que « la famille est la voie de l’Eglise ». La famille est une école de communion, fondée sur les valeurs de l’Evangile.

A l’occasion du 40e anniversaire de l’encyclique Humanae Vitae, les évêques du Canada ont publié un document très important. On y lit notamment au numéro 19 :

« En somme, l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, et à sa suite la « théologie du corps » élaborée le pape Jean-Paul II, lancent un défi immense à un monde trop souvent occupé à se protéger de l’extraordinaire potentiel de vie de la sexualité. A la suite de ces deux papes au regard prophétique, l’Eglise « experte en humanité » lance un message inattendu : la sexualité est une amie. Un don de Dieu. Elle nous est révèlée par le Dieu trinitaire qui nous demande d’en révéler à notre tour la grandeur et la dignité à nos contemporains en ce début de troisième millénaire. Certains comparent la théologie du corps è une véritable révolution qui pourrait produire ses fruits au cours du XXIe siècle du christianisme. Nous invitons les baptisés à être les premiers à en expérimenter le potentiel libérateur. »

Pour accepter l’enseignement de Jésus en matière de mariage, il faut avoir l’ouverture d’esprit qu’ont les enfants et un sens de dépendance à l’égard de la force de Dieu, semblable à la dépendance de l’enfant envers ses parents. Lorsque l’amour est authentique, fort, sincère et ferme, il s’accompagne de vision, de joie, de créativité, de vie nouvelle et d’un désir de sainteté . Lorsque des couples mariés mettent le Christ au centre de leur projet, ils ressentent profondément la paix répandue par Dieu – paix qui rejaillit sur leurs enfants et leurs petits-enfants.

La crise des vocations en Occident nous oblige à repenser non seulement notre façon de promouvoir les vocations, mais le terrain où tombent les semences de vocation. Cette terre fertile pour les vocations, c’est la famille, l’Eglise domestique.

Cette réalité est suscitée par la présence du Christ dans la maison, par la grâce des sacrements, spécialement l’Eucharistie, et par la fidélité à l’Evangile et aux enseignements de l’Eglise.

Il y a des voix dans notre société et dans notre Eglise qui concèdent peu de chances au sacrement de mariage et à la vie de famille. Je ne suis pas d’accord avec ces prophètes de malheur. Chacun de nous a la responsabilité de favoriser une véritable culture du mariage et de la vie de famille, autant qu’une culture des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse ou consacrée.

Je suis ému et édifié par les jeunes qui forment l’équipe du réseau de télévision Sel et Lumière au Canada. Leur foi simple et claire, leur joie profonde, leur engagement sans équivoque, leur amour visible pour le Christ et pour l’Eglise et leur désir ardent d’évangélisation sont inspirants. Au cours des dix dernières années, j’ai été le témoin privilégié de professions religieuses et d’ordinations de plusieurs collègues à Sel et Lumière et j’ai célébré sept mariages parmi les membres de mon personnel – dont plusieurs avaient travaillé avec moi à préparer les Journées mondiales de la jeunesse en 2002. Nous en sommes maintenant à la saison des baptêmes! C’est de cette génération d’enfants que sortiront des vocations pour l’Eglise. Comment n’y aurait-il pas de vocations lorsque le terrain est si fertile et que les parents sont ouverts à l’Evangile et à l’Eglise?

Il ne faut jamais oublier qu’il existe dans la société d’autres liens d’amour et d’interdépendance, d’engagement et de responsabilité mutuelle. Ils peuvent être bons, ils peuvent même être reconnus par la loi. Ils ne sont clairement pas la même chose que le mariage; ils sont quelque chose d’autre. Aucune extension de la terminologie à des fins juridiques ne changera la réalité observable que seule l’union engagée d’un homme et d’une femme comporte non seulement le lien d’interdépendance entre deux adultes mais aussi la capacité de donner vie à des enfants.

Réengageons-nous à construire la famille humaine, à renforcer le mariage, à bénir et à élever les enfants et à faire de nos maisons, de nos familles et de nos communautés paroissiales des lieux sacrés et accueillants pour les femmes et les hommes de toutes races, langues, orientations et modes de vie.

Dans notre prédication, nos stratégies et nos programmes pastoraux, comment accueillons-nous le rôle sanctifiant de Jésus Christ dans le mariage d’un homme et d’une femme? Sommes-nous prêts à offrir l’enseignement de Jésus sur le mariage avec l’ouverture à la vie? Quelles sont les fragilités et les situations souffrantes qui affligent les mariages de nos jours? Ces mariages peuvent-ils être sauvés et la fracture dans la relation entre mari et femme peut-elle être guérie? Quel est le rôle de la foi dans tout cela?

Prions aujourd’hui pour les personnes mariées, afin qu’elles puissent mieux comprendre la sacramentalité du mariage et son aptitude à refléter l’amour de Dieu pour notre monde. Continuons de nous entraider à porter les blessures, les fardeaux et les croix que le Seigneur nous a donné. N’oublions jamais ceux et celles qui ont aimé et perdu quelqu’un, ceux et celles qui ont connu la douleur de la séparation, du divorce et de l’aliénation. Puissent-il trouver la guérison au sein de la communauté de l’Eglise et l’accueil de ceux et celles dont le mariage a porté beaucoup de fruits.

Discours d’ouverture de Mgr André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France

Les évêques de France sont rassemblés à Lourdes pour leur assemblée plénière annuelle durant toute cette semaine. Mgr André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France a prononcé le discours d’ouverture. Le voici dans son intégralité

« Chers Frères et Amis,

L’assemblée plénière que nous ouvrons aujourd’hui ne manquera pas de sujets d’actualité pour nourrir nos débats et nos conversations privées. Vous comprendrez sans doute que, revenant juste de la session ordinaire du synode des évêques, les sept évêques français qui y ont participé soient encore sous l’impression très vive de ce grand moment de la vie de notre Église et que nous tentions de vous en rendre compte. Non seulement le thème choisi : « La nouvelle évangélisation et la transmission de la foi chrétienne », en vaut la peine, mais aussi la conjoncture du calendrier qui correspond au cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. [Read more…]

« Comme il fut bon de t’avoir ici parmi nous… »

Cardinal Carlo Maria Martini, s.j. – 1927-2012

Le 31 août 2012, le cardinal Carlo Maria Martini, s.j., est entré dans la vie éternelle après avoir lutté contre la maladie de Parkinson. Il avait 85 ans. Cet exégète de renommée internationale, professeur, archevêque émérite de Milan, le plus gros diocèse au monde avec plus de 5 millions d’habitants, s’est distingué en tant que figure influente et respectée de l’Église à travers le monde.

Nommé archevêque par le pape Jean-Paul II au siège de saint Ambroise et saint Charles Borromée à 52 ans, Martini était un géant au sein du collège des cardinaux. L’église italienne se tournait vers lui pour connaître la voie à suivre, trouver la sagesse et l’inspiration et ce pendant plus de trois décennies. Il n’était donc pas étonnant que, pendant les trois jours où sa dépouille reposait en chapelle ardente dans le duomo de Milan, plus de deux cent mille personnes sont venues lui rendre un dernier hommage et rendre grâce à Dieu pour leur pasteur bien-aimé.

Les funérailles du cardinal, le 3 septembre, fête de saint Grégoire le Grand, n’étaient rien de moins que des funérailles d’état, diffusées à travers l’Italie et dans plusieurs pays dont le Canada à travers Télévision Sel + Lumière. À travers cette messe émouvante célébrée dans le rite ambroisien qui a rassemblé plus de 20 000 personnes de tous les horizons de la vie en Italie et ailleurs, le cardinal Martini a continué de nous enseigner et de nous instruire même dans la mort. [Read more…]

Liberté religieuse au Canada: réfléchissons avec les évêques (5e partie)

Dans sa présentation de la Lettre pastorale sur la liberté de conscience et de religion, Mgr Smith, président de la CECC, a souligné comment les Évêques du Canada désirent que tous les canadiens apprennent « à former [leurs] consciences selon la vérité objective ». Ce désir nous apparaît tout particulièrement significatif puisque la Lettre comme telle affirme explicitement que « La liberté religieuse se rattache directement à la liberté de conscience » (no 3). Cela signifie que c’est dans cette possibilité de faire le bien volontairement que réside cette liberté de conscience et de religion. Comment serait-il possible de choisir volontairement le bien si nous y étions forcés malgré nous? De même, comment serait-il possible de réaliser le bien si nous ne le connaissions pas?

Un choix, pour être libre, doit se fonder sur une connaissance objective de la réalité, c’est ce que l’on appelle la vérité. Cependant, l’ouverture à la vérité objective, comme le veulent les évêques, nécessite que la conscience soit d’abord formée. Cette formation sera dirigée vers une connaissance organique et structurée du monde et des raisons profondes de son existence. Cela comporte également une juste anthropologie orientée vers l’intégralité de la personne humaine. C’est ainsi que j’aimerais attirer votre attention sur un aspect de la personne humaine qui doit être compris par les chrétiens d’abord, et les autres ensuite. Qu’est-ce que la conscience? En effet, bien former sa conscience présuppose que l’on connaisse l’identité de cette dernière. Sur ce point, le document de la CECC est très clair puisqu’il affirme que la conscience « n’est pas […] un absolu qui serait au-dessus de la vérité » (no 4). [Read more…]

« On s’était dit rendez-vous dans 10 ans »


Article du père Serge Comeau, curé du diocèse de Bathurst, à paraître dans le journal « Acadie Nouvelle » le 28 juillet 2012. Le père Comeau fut directeur des Catéchèses pour les JMJ 2002 à Toronto.

Il y a 10 ans, jour pour jour, c’était la Journée Mondiale de la Jeunesse à Toronto. En y pensant, je sens encore le vent violent de ce matin du 28 juillet 2002. Avec une pluie torrentielle. Et je revois encore, du haut dupodium papal où la messe était célébrée, cette foule innombrable de pèlerins venus de partout pour se faire dire par un vieillard venu de l’Est : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde! »

Des centaines de milliers de jeunes s’étaient donnés rendez-vous chez-nous. Ils défiaient la peur au lendemain des attentats terroristes du World Trade Center. Cette rencontre des jeunes avec le pape s’inscrivait dans un mouvement historique non négligeable dans l’Église. Un mouvement qui dure depuis plus de 25 ans.

Fruits de la JMJ

Les JMJ permettent de donner un visage rafraîchissant de l’Église. Les reportages qui parlent des JMJ nous montrent des jeunes heureux, des jeunes qui font la fête, des jeunes épanouis! Cela est rafraîchissant alors que l’image de l’Église catholique dans l’imaginaire collectif est celle d’une vieille institution en agonie. Les JMJ montrent un autre côté de l’Église, tout aussi valable que celui qui crève l’écran.

Dans plusieurs pays, nous pouvons dire que les JMJ ont façonné le visage d’une nouvelle génération de catholiques. Lorsque les JMJ ont été créées, la toile ne reliait pas encore les jeunes entre eux. De telles rencontres ont permis aux jeunes de sortir de leur isolement et de prendre leur place dans la vie paroissiale et diocésaine.

En entendant le témoignage de jeunes engagés dans leur paroisse, il n’est pas rare de les entendre parler de telle ou telle JMJ qui a marqué un tournant dans leur vie spirituelle. La vie pastorale dans ces paroisses où les jeunes sont présents est articulée autour des piliers de toute JMJ : catéchèse, adoration eucharistique, fraternité et vie sacramentelle. [Read more…]