L’Église au service de la solidarité

CNS photo/Pascal Rossignol, Reuters

Le 1er novembre 2016, le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) publiait le document intitulé « Des solidarités à reconstituer et à reconstruire ». Se situant dans le prolongement d’un autre document publié auparavant sur le thème de la corruption (et dont j’ai déjà parlé), ce texte d’une quinzaine de pages manifeste bien les causes des différentes crises sociales actuelles, tout en proposant des solutions humaines et spirituelles.

Une société inéluctablement en décomposition ?

Ce n’est un secret pour personne, nos sociétés ne sont pas arrivées à un si haut degré de cynisme toutes seules. Que ce soit à cause des magouilles qui furent le sujet de la commission Charbonneau ou à cause des nombreuses déceptions créées par les politiciens tout parti confondu, -ce «cynisme du pouvoir » (no42) comme disait Benoît XVI- les citoyens du Québec ont de moins en moins l’espoir de voir les choses s’améliorer dans un avenir rapproché. En d’autres termes, notre société de plus en plus individualiste semble de moins en moins en mesure de faire face aux défis qui s’annoncent.

Dans ce contexte, le document de l’AECQ nous empêche de nous exonérer de tout examen de conscience. En effet, la dissolution graduelle du lien social et des institutions témoigne d’un problème plus profond. En effet, cette « culture individualiste » (no 1.3) nous influence grandement à ne plus considérer le bien de la collectivité dans nos choix personnels. Ainsi, atomisés dans des modes de vies centrés sur l’assouvissement des plaisirs, le bien commun, fondement et fin de la société, s’en trouve grandement affecté, frappant au passage les plus faibles et les plus vulnérables de nos sociétés.

Or, en cette heure où les vieilles idéologies ne semblent plus être capables d’être des forces attractives, comme par exemple « l’État providence qui n’arrive pas à satisfaire les attentes », il est primordial de retrouver un socle plus solide pour « reconstituer et reconstruire les solidarités ».

Au-delà des idéologies

En ce sens, le document de l’AECQ propose trois pistes de solutions qui, bien qu’étant présentées dans la perspective d’une nécessité de la Grâce pour agir efficacement, peut interpeler tout homme et toute femme de bonne volonté.

Dans un premier temps, il est impératif de travailler à reconstituer les institutions de ce que la Doctrine sociale de l’Église nomme « la société civile » c’est-à-dire le voisinage, la paroisse et la famille déjà durement affaiblis par la culture ambiante. En ce sens :

« Face au nombre de plus en plus grand de personnes seules, de foyers brisés, de liens purement virtuels (ordinateur, cellulaire, iPod, tablette, télévision), il est absolument nécessaire de reconstituer ces solidarités fondamentales que sont la famille et le voisinage, voire, la paroisse. Ils jouent un rôle inestimable d’amortisseur face aux épreuves subies par les personnes en situation précaire. »

Une deuxième dimension de ce travail de reconstitution de ce qui est le fondement de notre société se trouve dans l’exercice même de la solidarité envers les plus démunis. Dans ce qui a tous les airs d’un cercle vertueux, l’AECQ montre bien comment l’engagement auprès des pauvres doit être au centre « de nos stratégies pastorales et catéchétiques » (no 3.2). Cette présence auprès des personnes faibles aura l’avantage de nous mettre en présence de nos propres vulnérabilités, nous qui sommes souvent imbus et profondément illusionnés par une soi-disant autonomie. De plus, cette proximité nous dépouillera des styles de vie néfastes de la « consommation à outrance » (no 3.3). Enfin, et étant plus particulièrement adressée aux laïcs, cette solidarité existentielle avec les personnes pauvres pourra développer de nouvelles sensibilités qui motiveront un engagement renouvelé pour « s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté, de l’inégalité et de l’injustice » (no 3.4).

Évitant brillamment les pièges de l’idéologie et des mirages de l’utopie, le dernier document du Conseil Église et Société de l’AECQ montre bien l’urgence de prendre au sérieux les exigences sociales de la vie chrétienne. Si comme l’affirme la Lettre à Diognète « ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde »[13], il est impératif de suivre les conseils du pape François et de l’AECQ selon lesquels :

« N’ayons pas peur de déployer les voiles de notre cœur, de quitter le port de nos sécurités individuelles pour naviguer sur la mer des solidarités entre les pays et les gens d’ici et d’ailleurs. […] D’où la nécessité d’une « mystique du vivre ensemble » qu’il nous faut découvrir et transmettre ».

** Pour approfondir la question, vous pouvez visionner l’épisode d’Église en sortie consacré à ce document dans une entrevue avec Mgr Noël Simard, évêque du Diocèse de Valleyfield et membre du Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

Église en sortie 13 janvier 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield et membre du Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, qui nous parle du document « Des solidarités à reconstituer et à reconstruire ». On vous présente également un reportage sur la distribution des paniers de Noël du Conseil 3193-Côte Saint-Paul des Chevaliers de Colomb de Montréal.

Église en sortie 9 décembre 2016

Cette semaine à Église en sortie, on s’entretient avec Suzanne Desrochers, adjointe au directeur de l’Office de catéchèse du Québec. On vous présente les moments forts de la cérémonie de fermeture de la Porte de la miséricorde de l’archidiocèse de Montréal à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis reçoit Francine Beaulieu-Roy qui nous parle de son livre intitulé « Projet de mariage, projet de vie ».

Lettre pastorale de Mgr Christian Lépine pour le 375e anniversaire de fondation de Montréal

mgr-lepine-lettre-pastorale-2

Au Nom de Jésus

Lettre pastorale pour le 375e anniversaire de fondation de Montréal
aux prêtres, aux diacres, aux femmes et aux hommes de vie consacrée,
aux fidèles laïcs, aux familles et aux personnes de bonne volonté

Chères sœurs et chers frères dans le Christ,

Au Nom de Jésus, des hommes et des femmes ont fondé la ville de Montréal le 17 mai 1642. La vision même de cette fondation était motivée par le désir profond d’annoncer Jésus- Christ, d’offrir un modèle de vie communautaire et des services d’éducation et de soins de santé.

C’est un projet inspiré par Dieu en 1635, à Jérôme Le Royer, homme de foi, époux et père de famille. Animé par un souffle d’évangélisation, il fonde la Société Notre-Dame afin de soutenir la formation d’une communauté catholique sur l’île de Montréal. Cette communauté serait en même temps un centre missionnaire, regroupant français et membres des Premières Nations dans le respect et l’enrichissement mutuel. En 1642, le 17 mai, Paul de Chomedey sieur de Maisonneuve et la vénérable Jeanne-Mance, deux laïcs remplis de foi et de zèle missionnaire, arrivent sur l’île et fondent Ville-Marie en l’honneur de la Vierge Marie. La messe est célébrée dès l’arrivée, affirmant ainsi la dimension spirituelle de cette fondation.

Nous pouvons vraiment croire que notre ville fut fondée par un grand élan mystique qui a soutenu la fidélité à la prière, l’espérance en la présence de Dieu et la force du courage de ces jeunes personnes. Nous voulons nous tourner vers ce passé héroïque pour rendre grâce au Seigneur, non seulement pour les débuts de la ville, mais pour l’ensemble de son histoire jusqu’à aujourd’hui. En effet, au cours des années, plusieurs communautés religieuses d’hommes et de femmes ont témoigné de l’Amour toujours bienveillant de Dieu. Un Peuple fervent a grandi.

De nombreuses personnes, membres de l’une ou l’autre de ces communautés, ont été de merveilleux témoins de la charité du Christ envers les plus petits, les plus pauvres et les plus faibles. Des hommes et des femmes de prière ont consacré leur vie au service de l’Évangile et de leurs frères et sœurs. Parmi ces témoins de la foi, nous reconnaissons avec toute l’Église la sainteté des fondateurs et des fondatrices qui nous interpellent par l’héroïcité de leurs vertus, qui ont laissé un héritage éloquent à notre histoire chrétienne et sociale, et que nous pouvons prier aujourd’hui.

Les paroisses se sont développées avec des hommes et des femmes de différentes vocations, qui ont donné leur vie pour que naissent et grandissent des communautés centrées sur Jésus-Christ pour que celles-ci soient des maisons de prière, des écoles de la foi, des familles de solidarité, des sources d’annonce de la proximité de Dieu et d’engagement auprès des plus démunis.

La ville de Montréal est devenue la métropole que nous connaissons maintenant, une ville francophone avec de riches composantes anglophone et allophone, où toutes les cultures se rencontrent. Le Grand Montréal lui-même est devenu une société plurielle accueillant des immigrants de tous les continents, caractérisée par la diversité religieuse et confessionnelle, par la variété des croyances et des convictions. Dans un monde qui veut souvent se construire sans Dieu et où la paix est fragile, le défi d’une nouvelle évangélisation sous le souffle de l’Esprit Saint retentit comme un appel à la rencontre des personnes dans leurs diverses situations de vie et à la reconnaissance de la dignité de tout être humain. Nous sommes appelés à surmonter les blessures du passé et les craintes d’aujourd’hui, par le pardon et la confiance, le dialogue et la réconciliation.

C’est à partir de Ville-Marie que sont nées et se sont développées les villes environnantes. Voilà pourquoi la fête de la fondation de Montréal concerne également toutes les villes du diocèse. C’est un temps favorable pour faire mémoire de nos origines, pour communier à l’élan missionnaire, spirituel, communautaire et social qui animait ces hommes et ces femmes. Ces personnes qui ont tout quitté au Nom de Jésus sont des modèles pour nous et pour notre Église locale. Elles nous appellent à raviver notre foi en Jésus-Christ et à construire des communautés ouvertes où se renouvelle le vivre-ensemble. C’est une belle occasion de rendre grâce à Dieu pour le chemin parcouru, de fortifier notre attachement au Seigneur et de renouveler notre regard d’espérance pour l’Église qui est à Montréal.

En tant que témoins de l’Amour de Dieu dans la Cité, les catholiques et les communautés catholiques sont appelés à renouveler un regard bienveillant sur l’ensemble des concitoyens et concitoyennes, au nom même de notre foi. En effet nous sommes tous des êtres humains créés par Dieu, créés à l’Image de Dieu, appelés à entrer en Alliance avec Dieu.

Cet anniversaire est un moment privilégié pour souligner la dimension spirituelle de l’origine de la ville et de son histoire, l’aspiration à vivre ensemble qui a été présente dès le début, la riche tradition de solidarité avec les pauvres et les malades. C’est un temps de grâce pour rassembler le Peuple de Dieu qui est à Montréal avec les forces vives et toujours actuelles de la Joie de l’Évangile.

En souhaitant un heureux anniversaire à tous et à toutes, j’invoque sur Montréal et sur l’ensemble du diocèse la bénédiction de Dieu pour que dans sa Miséricorde il fasse rayonner sur nous son Amour et sa Vérité, † au nom du Père † et du Fils † et du Saint Esprit.

† Christian Lépine Archevêque,

Archidiocèse Catholique Romain de Montréal Le 8 décembre 2016, en la fête de l’Immaculée Conception

Église en sortie 2 décembre 2016

Cette semaine à Église en sortie, on s’entretient avec le père Timothy Scott c.s.b. directeur général de la Conférence religieuse canadienne. On vous présente un reportage sur l’Association des médias catholiques et œcuméniques. Dans la troisième partie d’émission, Mgr Raymond Poisson, évêque de Joliette, nous parle de la réalité pastorale de son église particulière.

De l’action de grâce à la grâce de l’action

img_1431

À chaque année, au mois de novembre, nous célébrons le jour du Souvenir afin de ne pas oublier que la société dans laquelle nous vivons, loin de s’être construite toute seule, est l’œuvre de ceux qui nous ont précédés et qui sont allés jusqu’à offrir l’ultime sacrifice. Parfois, nous avons l’impression que la paix et le bon fonctionnement de notre société vont de soi, que c’est une chose évidente et qu’il serait impossible qu’il en soit autrement. Ce n’est pas le cas et le Jour du Souvenir est l’occasion idéale pour en prendre conscience.

Action de Grâce

Notre foi chrétienne nous enseigne de toujours garder à l’esprit la beauté et l’immensité du monde et des réalités qui le composent. L’attitude fondamentale du chrétien est donc une posture d’émerveillement perpétuel devant la création ainsi que l’œuvre de salut opérée par Jésus-Christ. Cependant, cette perspective ne doit pas nous enlever notre lucidité à déceler les nombreuses injustices qui existent aussi. En effet, depuis le péché originel, le cœur de l’homme est blessé et est porté à renier l’Ordre établi par Dieu, et à ne pas respecter les principes d’une « écologie intégrale » telle que nous l’enseigne l’encyclique Laudato Sì.  Devant cet état de fait, nous ne devons pas non plus tomber dans le désespoir et le cynisme en nous repliant sur nous-mêmes.

Comment donc garder un juste équilibre entre un éblouissement naïf et le découragement ? C’est une tension continuelle que nous devons gérer à la fois comme personne et comme société. En ce sens la célébration des défunts disparus au combat pour notre pays permet de trouver cet équilibre. En effet, la célébration du Jour du Souvenir permet l’action de grâce envers Dieu et les disparus en rendant leur sacrifice présent, en ne faisant pas comme si rien ne s’était produit.

Grâce de l’action

Cette ingratitude toujours possible est dommageable, non seulement, parce qu’on encourage l’égoïsme entre les citoyens mais également parce que l’on ne respecterait pas les dernières volontés des défunts. Nous devons être fidèles à l’héritage qu’ils nous ont laissé. Faire mémoire de leur travail et de leur courage est donc à la citoyenneté ce que la nourriture est à la croissance.

De plus, lorsque nous faisons mémoire de ceux qui ont tout donné pour la paix et la liberté, nous prenons conscience que ces deux réalités ne sont pas que des concepts abstraits. Effectivement, on se rend ainsi compte qu’elles sont des œuvres perpétuelles auxquelles nous devons participer par notre engagement concret. La paix, la liberté ainsi que l’ordre social, qu’elles présupposent, sont donc les fruits du travail de tous. Faire mémoire de ceux qui sont allés jusqu’à mourir pour nous préserver de la tyrannie et de la violence peut nous aider à rendre grâce à Dieu pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont assumé cette responsabilité jusqu’au bout et, ainsi, nous aider à faire de même.

« La mémoire est une faculté qui oublie » dit-on parfois. Des journées comme aujourd’hui sont donc bien adaptées à cette faiblesse de notre nature. Soyons donc reconnaissants à toutes ces personnes mortes au combat. Malgré le silence des cimetières d’où elles s’adressent à nous aujourd’hui, mettons-nous à leur écoute sachant que, si nous l’avons fait pour eux, sans doute d’autres le feront-ils un jour pour nous.

S’engager pour la paix au nom de la mémoire

remembrance-day

Alors que nous commémorons l’Armistice – maintenant le Jour du Souvenir – nous reconnaissons aujourd’hui que se souvenir est notre devoir et notre responsabilité commune.

Quelle est la meilleure façon d’honorer ceux et celles qui sont morts à la guerre? Défilés, marches, services commémoratifs, cérémonies émouvantes avec des anciens combattants et le port de coquelicots sont tous bons et importants dans notre culture canadienne afin de garder vivant le souvenir du sacrifice. Néanmoins, ces gestes ne suffisent pas.

Honorer la mémoire de ceux qui sont tombés doit aussi nous pousser à la mémoire active, à une lecture attentive de l’histoire, et la résolution ferme et quotidienne d’être un artisan de paix. Œuvrer pour la paix est un défi personnel, social et politique: Comment peut-on vivre une vie d’amour, de vérité, de justice et de liberté, et comment pouvons-nous faire progresser ces valeurs à travers les structures qui façonnent notre monde?

La paix mondiale ne s’obtient pas simplement en proclamant des idéaux pacifiques, elle nécessite également le renforcement des structures de paix.

Pour commémorer le Jour du Souvenir, nous devons faire une lecture attentive de l’histoire. À la maison et à l’étranger, nous voyons les terribles coûts humains et moraux de la violence. Dans les conflits régionaux, le crime et le terrorisme, la dévastation écologique et l’injustice économique, l’avortement et la dépendance renouvelée en la peine capitale dans de nombreux pays, nous voyons les conséquences tragiques d’un manque croissant de respect de la vie humaine.

Là se trouvent les germes de la guerre.

Nous devons nous résoudre à agir. Nous ne pouvons être des artisans de paix partout dans le monde, à moins que nous cherchions à protéger la vie et la dignité des plus vulnérables parmi nous. Nous devons agir pour protéger la vie humaine lorsqu’elle est menacée. Telle est l’essence même d’une éthique cohérente de la vie qui doit être au cœur de tout homme qui considère lui-même ou elle-même d’être «pro-vie» et contre la guerre. C’est le point de départ de l’établissement de la paix véritable.

Réengageons-nous aujourd’hui à bâtir une culture de la paix et encourager une soif de la liberté parmi tous les peuples. La culture de la paix n’accepte pas une philosophie utilitariste qui justifie tous les moyens à utiliser, ou ignore la valeur intrinsèque des êtres humains. La culture de la paix dédaigne la vie sans examen et invite la communauté internationale à se poser des questions quant à la distribution des ressources, la solidarité humaine, et la vision qui sous-tend les programmes politiques et les lois.

Toutes les guerres modernes ont laissé derrière elles des générations de soldats dont la tranquillité d’esprit est à jamais perdue et remplacée par des souvenirs cauchemardesques de ce qu’ils étaient tenus de faire au nom de leur cause ou de leur pays. Le rôle essentiel de la culture est d’éduquer, d’apporter une tranquillité d’esprit et de cœur, ce qui nous permet d’être plus et non pas simplement d’avoir plus. La tâche d’une culture de la paix est à la fois de modérer et de réglementer tout ce qui avilit la nature humaine.

L’établissement de la paix véritable ne peut être une question politique sans être d’abord une affaire de cœur. En l’absence de repentir et de pardon, la paix ne peut durer ; sans un esprit de charité courageux, la justice ne peut être gagnée. On peut s’inspirer ici des premières communautés chrétiennes. Saint Paul a appelé les Corinthiens, même dans les circonstances les plus difficiles, à rechercher la paix et à bénir leurs persécuteurs, ne jamais rendre le mal pour le mal, mais vaincre le mal par le bien (Romains 12:14, 17, 21).

Il s’agit de la plus grande manière d’honorer ceux qui ont donné leur vie pour nous dans les guerres et dans le combat. Prions pour que nos morts continuent d’être honorés et que nous soyons en mesure de porter haut le flambeau qu’ils ne peuvent plus porter. Inspirés par leur exemple courageux et leur amour pour la vie et la liberté, engageons-nous à œuvrer pour la paix en leur mémoire.

Vidéo des intentions du pape François pour le mois de novembre: l’accueil des réfugiés

2016-11-04 Radio Vatican

La Vidéo du Pape François pour le mois de novembre 2016 porte sur l’accueil des réfugiés, avec cette intention : «Pour que les pays, qui accueillent des réfugiés et déplacés en très grand nombre, soient soutenus dans leur effort de solidarité.»

«Un pays peut-il affronter tout seul les difficultés provoquées par l’émigration forcée ?

Nous devons passer de l’indifférence et de la peur à l’acceptation de l’autre.

Car cet autre pourrait être toi. Ou moi…

Rejoins-moi dans cet appel :

Pour que les pays, qui accueillent des réfugiés et déplacés en très grand nombre, soient soutenus dans leur effort de solidarité.»

(CV)

« Maintenant et à l’heure de notre mort »

cemetery-1655378_1280

Réflexion pour le Jour des fidèles défunts
Père Thomas Rosica, csb

C’est dans la lumière de la fête de Tous les Saints (hier) que nous faisons mémoire, le 2 novembre, de tous les fidèles défunts.  Ce jour est un jour où l’on se souvient, mais aussi où l’on peut parler de la mort et en parler sereinement, puisque nous ne sommes pas dans le moment du deuil.

Aujourd’hui, la mort est vécue comme une violence, une injustice, un échec ; pour l’individualisme triomphant, la mort est devenue intolérable.  Bien sûr, la mort, on en discute, on en débat, elle reste un problème philosophique, mais l’abondance des discours ne nous instruit pas sur la mort car tout le monde est le premier à mourir.  La mort est un événement absolu, qui n’arrive qu’à moi et dont je n’ai aucune idée avant qu’il n’arrive. Qu’est-ce que mourir ? Nous ne savons pas ! Ce que nous savons, c’est que nous mourons ; c’est même notre seule certitude, « notre seule exactitude », dans le sens où la mort sera à l’heure ! Face à la mort, aucune échappatoire: La prière est notre seule liberté.

Seule la prière, « maintenant et à l’heure de notre mort », fait passer l’homme de la mort à la vie ! Pour les croyants, en effet, « la vie n’est pas détruite, elle est transformée. Et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure dans les cieux » (Préface des défunts). Ils croient aussi qu’à la prière des vivants, les bras de Dieu s’ouvrent pour ceux qui espèrent en lui.

Être délivrés de la mort ? Nous le pouvons avec le Christ : Premier-né de toute créature, il est aussi le Premier-né d’entre les morts (Col 1, 13-18). La résurrection du Christ – et le Christ ressuscité lui-même – est principe et source de notre résurrection future. Mais déjà, vivant avec lui, nous n’avons plus peur de la mort. La mort que nous redoutions, que nous haïssions, la mort au « dard venimeux » (1 Co 15, 56) n’a plus d’emprise sur nous. Saint Paul va jusqu’à dire qu’elle « représente un gain » (Ph 1, 21-23). Elle nous fait mesurer combien chaque instant est précieux, chaque rencontre est unique, chaque amour est fragile. Envisagée dans la foi au Christ, elle devient le lieu de notre rencontre heureuse avec lui: « Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes ; nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c’est là qu’il nous attend. »

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Recherchés: des révolutionnaires de la sainteté

francis_mary

Une réflexion pour la Fête de la Toussaint
Père Thomas Rosica, csb

Y’a-t-il de la place pour Dieu dans notre monde aujourd’hui? Y-a-t-il de la place pour des révolutionnaires de la sainteté dans notre culture? La réponse est un ‘oui’ fort!  Pourquoi les chrétiens et les catholiques de ce pays devraient-ils être réticents de se déclarer chrétien, catholique, ou révolutionnaire de la sainteté? Pourquoi devrions-nous nous comporter comme si notre message pouvait être dangeureux ou comme si nous avions une Parole et une histoire mais ne savions pas comment l’annoncer? Avons-nous peur de l’indifférence, de l’hostilité ou d’être ridiculisés? Si tel est le cas, laissez-moi vous rappeler la réponse de la jeune Bernadette Soubirous au commissaire de police de Lourdes qui lui disait qu’elle ne l’avait pas convaincu des événements qui avaient eu lieu à la grotte près de la rivière. Bernadette lui dit : « La Dame ne m’a pas dit de vous convaincre, mais de vous dire ses paroles. »

L’espérance était toujours au cœur de la proclamation des saints et bienheureux, même au milieu north_american_martyrsdes périodes les plus sombres de l’histoire. Le cœur de notre propre annonce doit aussi être l’espérance. «Spe salvi », dans l’espérance nous sommes sauvés, dit saint Paul aux Romains, et aussi à nous (Rom 8, 24). Lorsque l’Église se trouv dans des périodes creuses, Dieu élève des saints extraordinaires pour ramener l’Église à sa véritable mission, comme si la lumière du Christ était encore plus brillante en ces périodes de noirceur. Nous vivons l’une de ces périodes, et le Seigneur accepte toujours des candidats pour prendre cette forme extrême de sainteté.

Nous avons grand besoin des successeurs de saints Jean de Brébeuf, Noël Chabanel, Antoine Daniel, Charles Garnier, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, René Goupil and Jean de Lalande. Nous recherchons de nouveaux agents qui prendront la vision et le travail de saintes Marguerite d’Youville, Marguerite Bourgeoys, saint André de Montréal, Kateri Tekakwitha, Marie de l’Incarnation, François de Laval, et leur équipe gagnante de bienheureux:  André Grasset, Élisabeth Turgeon, Marie-Rose Durocher, Marie-Léonie Paradis, Louis-Zéphirin Moreau, Frédéric Janssoone, Catherine de Saint-Augustin, Dina Bélanger, Marie-Anne Blondin, Émilie Tavernier Gamelin, Nykyta Budka, Basil Velychkovsky.

Nous devons aujourd’hui rendre grâce au Seigneur pour avoir donné à l’Église au Canada des fondateurs et des modèles aussi impressionants. Ces modèles nous mettent au défi d’entreprendre aujourd’hui une nouvelle évangélisation. Ils nous encouragent par leur dévouement au Christ, et aussi par leur zèle et leur prière tout au long de l’autoroute qui mène vers le ciel. Ces martyrs, saints et bienheureux nous rappellent que nous sommes seulement et toujours en chemin sur cette route. Lorsque nous pensons la sainteté en ces termes, comme une direction, un chemin, et non comme une destination, nous sentons que ce qui nous unit aux saints, nos compagnons de voyage, est beaucoup plus profond que ce qui nous sépare.

Bonne Fête à vous tous aujourd’hui!