Une prière pour le Jubilée de la Miséricorde

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La semaine dernière, le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation a publié plusieurs informations importantes sur le Jubilée de la Miséricorde qui commencera le 8 décembre prochain par l’ouverture de la Porte Sainte à la Basilique Saint-Pierre de Rome et de toutes les autres portes saintes du monde. Vous trouverez toutes les informations sur le tout nouveau site internet de l’année du Jubilée de la Miséricorde.

Outre le dévoilement officiel du logo de cette année de la Miséricorde, le Pape a fait connaître une prière écrite par lui spécialement pour cette année. Vous trouverez ci-dessous cette magnifique prière qui nous éclaire grandement sur la vision pastorale globale du pontificat du pape François.

La première partie de cette prière est tout à fait en conformité avec le texte de la Relatio synodi qui fut publié au terme du dernier synode sur la famille. Dans les deux cas, on accorde beaucoup d’importance à la contemplation du visage du Christ comme source d’inspiration des divers changements pastoraux voulus par le Pape. C’est en regardant Jésus que l’Église pourra devenir véritablement missionnaire. Cette prière manifeste donc bien le rôle central de la relation au Christ pour la vie de l’Église.

Or, pour contempler le visage du Christ, il faut d’abord le rencontrer ! C’est dans ce sens qu’est orientée la deuxième partie de cette prière. Comment présenter le Christ aux gens les plus éloignées, qui sont dans les périphéries, voilà la grande question ? Pour le Pape, c’est la Miséricorde qui est le visage le plus universel de Dieu. À partir de son souci pour les « brebis égarées », tous peuvent reconnaître en Dieu leur désir le plus profond. À l’imitation du Maître, c’est dans cet humble abaissement que le Peuple de Dieu qu’est l’Église pourra rayonner de la bonté de Dieu. Cette supplique manifeste bien l’attention du pape envers ceux qui sont le plus loin de Dieu. C’est par le pardon Incarné qu’est Jésus qui est le « visage visible du père invisible ». Manifester ce pardon à toute la création, voilà le rôle du chrétien dans le monde.

Une telle mission est cependant trop grande pour nos seules forces humaines. C’est pourquoi, cette prière contient une troisième partie consistant en une requête à l’Esprit Saint qui seul peut nous rendre capables d’une telle conversion à Dieu et nous donner l’humilité nécessaire pour pardonner à ceux qui nous font du tort. Lui seul peut nous apporter la véritable libération que nous recherchons tous, souvent bien maladroitement à travers des bonheurs illusoires. En ce sens, la conclusion nous montre comment notre Mère du ciel et Mère de Miséricorde peut nous apprendre à suivre son Fils et à intercéder auprès de Dieu pour nous obtenir toutes les grâces de conversion dont cette Année de la Miséricorde sera l’occasion miraculeuse.

Prière pour l’Année de la Miséricorde :

 Seigneur Jésus-Christ,

toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste,

et nous a dit que te voir, c’est Le voir,

Montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.

Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent,

la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ;

tu as fais pleurer Pierre après son reniement,

et promis le paradis au larron repenti.

Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine

comme s’adressant à nous :

Si tu savais le don de Dieu !

Tu es le visage visible du Père invisible,

du Dieu qui manifesta sa toute-puissance par le pardon et la miséricorde :

fais que l’Église soit, dans le monde, ton visage visible,

toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.

Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse

pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux

qui sont dans l’ignorance et l’erreur :

fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente

attendu, aimé, et pardonné par Dieu.

Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction

pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur,

et qu’avec un enthousiasme renouvelé,

ton Église annonce aux pauvres la bonne nouvelle

aux prisonniers et aux opprimés la liberté,

et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.

Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde,

à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.

Amen.

Présentation du logo et de la devise du Jubilé de la miséricorde

Logo Jubilee de MisericordeDans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium qui demeure comme la carte de programmation du pontificat du Pape François, une expression est symptomatique pour saisir le sens du Jubilée extraordinaire qui a été proclamé le 11 avril dernier :”l’Eglise vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde, fruit de l’expérimentation de l’infinie miséricorde du Père et de sa force de diffusion.(Eg 24). C’est à partir de ce souhait qu’il faut relire la Bulle d’indiction du Jubilé Misericordiae vultus où le Pape trace le finalités de l’Année Sainte. Comme on le sait, les deux dates indicatives seront le 8 décembre 2015, la solennité de l’Immaculée Conception, marquant l’ouverture de la Porte Sainte à la Basilique Saint- Pierre, et le 20 novembre 2016, la solennité de Jésus –Christ, Seigneur de l’Univers qui est la conclusion de cette Année Sainte. Il est bon d’affirmer d’abord, pour éviter des malentendus, que le Jubilé de la Miséricorde n’est pas et il ne veut pas être, le Grand Jubilé de l’An 2000. Toute comparaison est, donc, sans signification étant donné que chaque Année Sainte apporte ses caractéristiques et ses finalités. Le Pape souhaite que ce Jubilé se déroule à Rome autant que dans les Eglises locales, ce qui demande une attention particulière à la vie de toute Eglise, ainsi qu’a leurs exigences, afin que les initiatives ne se superposent au calendrier mais, en revanche, que soient plutôt complémentaires. Pour la première fois en outre, dans l’histoire des Jubilés, il y aura la possibilité d’ouvrir la Porte Sainte la- Porte de la Miséricorde aussi dans chacun des Diocèses, tout spécialement dans la Cathédral, ou bien dans une Eglise de signification particulière, ainsi que dans un Sanctuaire important pour les pèlerins. De même, il est facile de saisir dans la Bulle d’indiction, d’autres caractéristiques qui le rendent unique. D’abord, l’appel à la miséricorde brise, de toute manière, les schémas traditionnels. L’histoire des Jubilés est caractérisée par l’échéance de 50 ans et de 25 ans. Les deux Jubilés extraordinaires ont respecté l’échéance de l’anniversaire de la rédemption accomplie par le Christ (1933-1983).Celui-ci, en revanche, est un Jubilé thématique. Il appuie sa force sur le contenu central de la foi, en se proposant d’appeler de nouveau l’Eglise à sa mission prioritaire, celle d’être le signe et le témoignage de la miséricorde en tous les aspects de sa vie pastorale. Je pense, aussi, à l’appel du Pape François au judaïsme et à l’Islam dans le but de retrouver, justement sur le thème de la miséricorde, la voie du dialogue et du franchissement des difficultés de notoriété publique. Il ne faut même pas oublier un autre trait original offert, de la part des Missionnaires de la Miséricorde: Pape François leur donnera le mandat le Mercredi des Cendres pendant la Célébration à Saint Pierre. Les Missionnaires devront être des prêtres patients, aptes à comprendre les limites des hommes, mais prêts à exprimer le souffle du Bon Pasteur, aussi bien dans leur prédication que dans la confession. Je ne veux pas m’arrêter trop sur des questions générales, afin d’entrer davantage dans le sujet de l’organisation de l’Année Sainte. [Read more…]

Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix : Béatification d’Élisabeth Turgeon

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Homélie de

Monsieur le Cardinal

Gérald Cyprien Lacroix

Archevêque de Québec Primat du Canada

QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS

BÉATIFICATION D’ÉLISABETH TURGEON

Église Saint-Robert-Bellarmin, Rimouski, Québec, 26 avril 2015

Jésus : « Ma fille, donne-moi ton cœur ». Élisabeth : « Il est à vous, Seigneur ».

Très chers frères et sœurs,
Très chères sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire,

La joie pascale est palpable, débordante, en ce jour où nous participons à la béatification d’une religieuse québécoise, durant cette année dédiée à la vie consacrée. Quel beau et grand cadeau ! Ces mots de Jésus : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis »1, retentissent en nous avec force. Depuis deux mil ans, des hommes et des femmes ont généreusement répondu à l’appel de Jésus à lui donner leur vie et à marcher à sa suite.

Au cours du Temps Pascal, nous célébrons le dimanche de la Journée mondiale de prière pour les vocations. C’est une journée parfaite pour célébrer, dans l’action de grâces, une béatifi- cation. Dans son message à l’occasion de cette 52ème journée mondiale de prière pour les voca- tions, le pape François nous dit que le Seigneur nous appelle à venir à lui pour nous envoyer en mission : « L’offrande de sa vie dans cette attitude missionnaire est possible seulement si nous sommes capables de sortir de nous-mêmes »2. C’est l’invitation fondamentale pour toute vocation. C’est aussi le chemin de la sainteté : sortir de soi-même pour aller à la rencontre de l’autre, à la rencontre des autres.

Seul l’Esprit Saint nous rend capable de sortir de nous-mêmes. Il soulève et fortifie en nous l’audace de donner notre vie et de témoigner de la Bonne Nouvelle qu’est l’Évangile. Dans son témoignage, « Pierre, rempli de l’Esprit Saint »3, déclare aux chefs du peuple et aux anciens sa foi en Jésus, le Crucifié, que Dieu a ressuscité, lui qui est l’unique Sauveur. L’apôtre Jean en fera autant dans sa première lettre. Il partage le cœur de son expérience lors de sa rencontre avec le Christ. Cette rencontre lui a permis de découvrir et de contempler l’amour infini de Dieu : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes »4. Les saints et les saintes font l’expérience de ce cœur à cœur avec Dieu, de son amour gratuit, amour qui appelle à l’intimité avec lui, qui invite au don de soi, au don total, comme Jésus, le Bon Berger.

L’Église nous offre un cadeau précieux en nous proposant des bienheureux et bienheu- reuses, des saints et des saintes. Ces hommes et ces femmes ont vécu le mystère pascal intensé- ment, en témoignant de leur vie d’union à Dieu au cœur des réalités du monde. Des vies ordinaires, mais revêtues d’une grande fécondité grâce à leur communion avec le Seigneur et leur docilité à l’Esprit Saint. Notre nouvelle bienheureuse, Élisabeth Turgeon, incarne bien ces caractéristiques qui conduisent à la sainteté. En considérant les étapes de son parcours, nous y discernons la main de Dieu qui la façonne et la prépare pour une grande mission. Elle voit le jour à Beaumont, dans l’Archidiocèse de Québec, où elle reçoit, à son baptême, le nom de Marie Élisabeth. C’est dans la grande région de Québec qu’elle passe les 35 premières années de sa vie qui n’en comptera que 41. Élisabeth Turgeon compte, parmi ses ancêtres, Louis Turgeon, membre du Conseil législatif et 5e seigneur de Beaumont ainsi que Mgr Pierre-Flavien Turgeon, 4e archevêque et 14e évêque de Québec. Elle était la petite-nièce de Mgr Turgeon.

Bien enracinée dans la culture canadienne française, Élisabeth perçoit les besoins de son milieu et de son époque. L’instruction et l’éducation chrétienne des enfants pauvres des cam- pagnes s’avèrent un besoin criant. La jeune Marie Élisabeth Turgeon a neuf frères et sœurs. Elle possède de brillantes qualités intellectuelles, un tempérament ardent et une exceptionnelle force de caractère. Regardez bien sa photo ; un front dégagé, des yeux clairs, un regard limpide, enga- gé. Ce visage révèle une grande bonté et un sourire bienveillant. Loin de moi de vouloir re- prendre ici sa biographie, d’autres l’ont déjà fait mieux que moi. Toutefois, il m’apparaît impor- tant de mettre en lumière cette réalité. Lorsque le Seigneur appelle une personne à le suivre de plus près, pour lui confier une mission, il la forme à travers tous les passages de sa vie. Comme saint Paul l’affirme : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu »5.

Élisabeth Turgeon a vécu de près la souffrance et les épreuves : le décès prématuré de son père, sa propre santé très fragile, les difficultés qui éclatent et secouent fortement les écoles du Bas-Canada. Tout cela la prépare à fonder ici, à Rimouski, les Sœurs des Petites-Écoles, devenues les Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire. Son histoire n’a rien de facile, ni de reposant, mais elle dévoile un rayonnement exceptionnel dans cette belle et grande région du Québec. Un rayonne- ment reconnu par l’Église, mais aussi par la société civile.

Mère Marie-Élisabeth et ses compagnes ne se démentent pas «quels que soient les tâches à accomplir et les concours de circonstances, la mission demeure prioritaire pour la Servante de Dieu. En aucun moment on ne la voit repliée sur les malheurs et les difficultés de l’heure, prête à démissionner ou à tout abandonner. Sans minimiser les défis et les combats, elle tient bon et en- courage ses compagnes à faire de même »6. Nous pourrions l’invoquer comme une championne de la persévérance.

À la suite de Jésus, le Bon Berger, la bienheureuse Élisabeth Turgeon ira jusqu’au bout dans le don de sa vie. Elle cherchera toujours à être fidèle à son appel et à la volonté de Dieu. À ses sœurs missionnaires, elle disait : « Vous êtes les aides de Notre Seigneur dans l’œuvre de la Rédemption »7. Il n’est pas possible d’arriver à ce degré de persévérance et de don de soi par ses seules forces humaines. Les saints et les saintes nous laissent le témoignage d’une vie féconde, tournée vers le Seigneur, en communion profonde avec l’Époux, le Christ. À une époque mar- quée par des courants spirituels souvent rigides, qui invitaient à « gagner » son ciel à coups de pénitences et de sacrifices, un ciel où trônait, à distance respectueuse, le ‘Dieu d’en haut’ »8, la Bienheureuse Élisabeth Turgeon, grâce à une vie quotidienne transfigurée par la prière, voyait en Dieu, le « bon Dieu », la « divine Providence », la « divine Miséricorde », le « bon père de fa- mille ». Cette liberté intérieure, dans laquelle le Seigneur l’a fait grandir, est admirable. C’est un héritage spirituel précieux à conserver et à partager. L’Année Sainte, le Jubilé de la Miséricorde que le Saint-Père vient d’annoncer, nous guide précisément dans cette direction de l’amour de Dieu avec lequel nous pouvons faire route.

Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur pour la vie de notre nouvelle bienheureuse. Le pape Benoît XVI, lors de la canonisation de Kateri Tekakwitha en 2012, nous rappelait que ce sont les saints qui évangélisent. Ce fut comme ça au début de l’Église, ainsi que tout au long de notre histoire. C’est encore le chemin que Dieu prend pour évangéliser le monde de notre temps. Nous ne pouvons évidemment pas reproduire la vie de la Bienheureuse Élisabeth. Mais, nous pouvons être convaincus que si nous nous laissons modeler le cœur par Dieu, si nous entrons dans la grande communion avec Dieu notre Père, Jésus, notre Sauveur, si nous nous laissons conduire par l’Esprit Saint, comme elle l’a fait, nous porterons des fruits abondants pour l’Église et pour le monde de notre temps.

Il se peut que nous nous sentions indignes, pas à la hauteur, incapables. J’aime bien répéter cette phrase fort encourageante : « Dieu ne choisit pas des gens capables. Il rend capables ceux qu’il choisit ». Les saints et les saintes sont à peu près tous des exemples de cela. Élisabeth Tur- geon ne fait pas exception. Les besoins qu’elle voyait autour d’elle, au moment où elle fonda sa Congrégation, sont toujours bien présents : l’éducation et la catéchèse des enfants, la formation de personnes pour accomplir cette mission. Il est heureux que cette mission soit partagée au- jourd’hui par les religieuses de Notre-Dame du Saint-Rosaire, mais aussi par des personnes laïques qui s’associent à elles.

Le Seigneur est certainement à la recherche de d’autres hommes et femmes qui, enracinés dans la foi, sauront répondre à son appel par le don total de leur vie. Il y a tant de besoins pasto- raux et humanitaires à combler dans notre cher Québec et ailleurs dans le monde. À l’appel de Dieu, qui répondra comme la Vierge Marie « Me voici, que tout se passe en moi selon ta Pa- role» ?9 À l’appel de Jésus : « Donne-moi ton cœur », qui répondra comme Élisabeth Turgeon : « Il est à vous, Seigneur » ?

Voilà le point de départ d’une grande aventure d’amour et de don de soi. Lorsque le cœur est conquis, une grande amitié débute avec Jésus. Elle conduit à la vie en abondance, à la joie de l’Évangile, à la sainteté.

De la fenêtre du Palais Apostolique à Rome, le Pape François a prononcé, ce midi, ces pa- roles qui annoncent à l’Église tout entière et au monde la joie de cette béatification : « Au- jourd’hui au Canada, est proclamée bienheureuse Marie Élisabeth Turgeon, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire de Saint Germain : une religieuse exemplaire, dédiée à la prière, à l’enseignement dans les petites écoles de son Diocèse et auxœuvres de charité. Rendons grâce au Seigneur pour cette femme, modèle de vie consacrée à Dieu et d’un généreux engagement au service du prochain »10

Il nous reste maintenant à dire : Seigneur, merci pour la Bienheureuse Élisabeth Turgeon. Suscite encore parmi nous de nombreux saints et saintes qui te diront par toute leur vie.

1 Jn 10, 11; 2 Pape François, Message pour la 52ème Journée mondiale de prière pour les vocations, 29 mars 2015 3 Ac 4, 8; 4 1 Jn 3, 1; 5 Rm8,28; 6 Positio sur les vertus et la renommée de sainteté de Marie Élisabeth Turgeon, Rome, 1998, page 362.; 7 Ibid, page 363.; 8 Ibid, page 363.; 9 cf.Lc1,38; 10 Pape François, Regina caeli, 26 avril 2015.

Cendrillon, une anticonformiste ?

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Image: Courtoisie de CNS

Cette semaine, je suis allé voir la récente adaptation au grand écran, par le réalisateur Kenneth Branagh, du conte de fée Cendrillon. Bien que ce genre de film ne soit pas normalement mon premier choix, je fus très surpris de la qualité et de la profondeur de ce film. Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre ce film et les longs métrages pour enfants auxquels les Walt Disney de ce monde nous ont habitués au cours des dernières décennies. En effet, la plupart des contes pour enfants sont aujourd’hui porteurs des grandes « valeurs » de notre temps : individualisme et consumérisme. J’en tiens pour preuve le court-métrage présenté avant le film et entièrement centré sur la célébration de l’anniversaire d’une petite fille et sur la grande quantité de cadeaux qu’elle reçoit. Comme si les producteurs avaient voulu se déculpabiliser devant d’éventuelles accusations portées contre eux de vouloir présenter aux jeunes des valeurs « vieux jeux ». En résumé, la raison de ce contraste entre les valeurs de Cendrillon et celles de notre temps est due au fait que ce film n’entre pas dans ce que Saint Jean-Paul II avait nommé la « culture du soupçon ».

Cette culture du soupçon qui a souvent servi à désigner Freud (en psychologie), Marx (en politique/économie) et Nietzche (en philosophie) pourrait se résumer ainsi : une attitude à douter de la bonté des wedding-342679_1280hommes et à toujours chercher une arrière pensée malveillante motivant les relations humaines. Par exemple, dans les relations amoureuses, l’attitude de soupçon se manifeste lorsque les partenaires ne veulent pas s’engager et se donner totalement l’un à l’autre. Lorsqu’ils préfèrent garder une assurance « au cas où » l’autre me tromperait, etc. Il faut dire que l’attitude souvent irresponsable de certains hommes a légitimé cette recherche d’une plus grande indépendance de la part des femmes. Cependant, cette recherche d’indépendance devient néfaste, pour la personne elle-même, lorsqu’elle est motivée par une peur irrationnelle de l’autre et une recherche égoïste de soi. Toutes les relations humaines (même l’économie!) étant fondées, en grande partie, sur la confiance, le soupçon peut en soi, lorsqu’il devient principe absolu, déstabiliser et, même, détruire toutes les sociétés, familles comprises. Cette philosophie va même jusqu’à considérer naïve toute posture de confiance en l’autre et, ce, spécialement lorsqu’il y a relation de pouvoir. En ce sens, le film Cendrillon contraste énormément avec cette attitude qui consiste, au nom de la lucidité, à se méfier de tout et de tous. Au contraire, plusieurs éléments du film vont dans un tout autre sens. [Read more…]

Réouverture de la Porte sainte de Notre-Dame de Québec le 12 décembre 2015

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Jubilé de la miséricorde par le pape François

L’Année sainte annoncée
signifie la réouverture de la
Porte sainte de Notre-Dame de Québec
le 12 décembre 2015

Québec, le 17 mars 2015 – À l’occasion du second anniversaire de son pontificat, le pape François a annoncé qu’une Année sainte de la miséricorde sera lancée le 8 décembre 2015 (solennité de l’Immaculée Conception), par l’ouverture de la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre. Ce jubilé fait en sorte que les 6 autres Portes saintes au monde seront aussi ouvertes pour l’occasion, dont celle de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, a partagé la joie du diocèse de s’unir au pape François en cette Année de la miséricorde : «  Après le 350e anniversaire de Notre-Dame de Québec, ce sera un jubilé que nous célébrerons avec toute l’Église universelle. Le thème de la miséricorde touche le cœur de la vie de toutes les femmes et de tous les hommes. Cette année nous permettra de redécouvrir la miséricorde de Dieu qui nous ouvre les bras et nous invite à sa rencontre. »

Pour Mgr Denis Bélanger, curé de la paroisse Notre-Dame de Québec, cette annonce lance un beau défi à son équipe : «  L’aire d’accès à la Porte sainte devait être démantelée au mois de mai ! Nous garderons bien sûr cette structure pour permettre de traverser de nouveau la Porte sainte dès le 12 décembre prochain. Même fermée, nous attendons des pèlerins qui viendront se recueillir à la Porte tout au long des prochains mois. L’appel à la miséricorde lancé par le pape François nous interpelle beaucoup et nous serons heureux de vivre une nouvelle année de Jubilé, même si nous l’attendions seulement en 2025. »

L’ouverture de cette année jubilaire coïncidera avec le 50e anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II en 1965. L’Année sainte se déroulera jusqu’au 20 novembre 2016, en la fête du Christ Roi.

L’annonce officielle et solennelle de l’Année sainte sera faite le dimanche de la Miséricorde Divine,  célébrée le deuxième Dimanche de Pâques, le 12 avril. La dernière Année sainte, remonte au Jubilé de l’année 2000. Le dernier Jubilé extraordinaire, l’Année sainte de la Rédemption, s’était déroulé en 1983, pendant le pontificat de Jean-Paul II.

Publication d’un nouveau Directoire pour l’homélie (2e partie)

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Image: Courtoisie de CNS

Comme nous l’avons dit dans le blog précédent, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements vient de publier un nouveau Directoire qui se veut en continuité au monition du pape François pour qui « un prédicateur qui ne se prépare pas, qui ne prie pas « est malhonnête et irresponsable » (EG, 145) et un « faux prophète, un escroc ou un charlatan sans consistance » (EG, 151). Le document propose donc une réflexion, à la fois, théorique et pratique sur l’homélie.

On retrouve dans la première partie une réflexion visant à promouvoir une meilleure connaissance de la nature de l’homélie. L’homélie est, dans l’Église catholique, intimement liée à la célébration de l’Eucharistie puisque les deux s’insèrent dans la même logique. En effet, comme l’Eucharistie rend présent, à la fois, le sacrifice rédempteur de l’humanité et la glorification parfaite de Dieu, l’homélie doit être non seulement orientée vers la sanctification des hommes mais également servir à la glorification de Dieu. Ainsi, « l’homélie est une hymne d’action de grâces pour les magnalia Dei : elle annonce aux membres de l’assemblée que la Parole de Dieu s’accomplit dans le fait qu’ils l’écoutent et la reçoivent, et, bien plus, qu’ils louent Dieu pour cet accomplissement. » (no 4). Pour ce faire, le document poursuit en donnant quelques orientations.

On montre dans un premier temps ce que l’homélie doit éviter: longueur excessive, exercice d’exégèse biblique, enseignement catéchétique, témoignage personnel (no 6). Toutefois, on montre que ces éléments peuvent parfois être utilisés tout en restant des moyens utiles. « Comme le feu, affirme t-on, tous ces éléments sont de bons serviteurs, mais de mauvais maîtres; ils sont bons dans la mesure où ils sont utiles à la fonction de l’homélie. » (no7). Quelle est donc cette fonction de l’homélie ? Le document répond à cette question en la déployant dans sa dynamique composée de 3 mouvements distincts : 1) le « mystère pascal du Christ est annoncé par les lectures et l’homélie ». En ce sens, « l’homélie consiste en une extension de la proclamation des lectures » (no 12) ; 2). Le deuxième mouvement de l’homélie a pour but « d’aider la communauté à mieux entrer dans la célébration eucharistique » ou, en d’autres termes, à s’unir au « sacrifice de la Messe (no. 13) ; 3) enfin, l’homélie doit disposer d’une conclusion qui doit aider les fidèles à réaliser « qu’ils ont pour mission de porter l’Évangile dans le monde par le témoignage de leur vie quotidienne » (no14). [Read more…]

Publication d’un nouveau Directoire pour l’homélie

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Image: Courtoisie de CNS

On le sait, depuis le début de son pontificat, le pape François a beaucoup insisté sur l’importance de l’homélie dans la vie de l’Église. Deux exemples suffisent pour nous en convaincre. D’abord, le document programmatique de son pontificat, l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium qui consacre une vingtaine de pages à cet art de la prédication ainsi qu’à sa juste préparation. Dans un deuxième temps, et c’est peut-être l’élément le plus spécifique de son pontificat, ses homélies quotidiennes dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe au Vatican.

De ce dernier élément, nous pouvons tirer deux conclusions. D’abord, contrairement à ce que certains ont pu dire, la liturgie est pour le pape François, un élément extrêmement important de la vie chrétienne. De fait, beaucoup pourraient dire « pourquoi prend-il ce temps, il a d’autres choses à faire que de préparer des homélies tous les jours »? Je crois que ses homélies journalières sont pour le pape François l’occasion de soustraire tous les prêtres du monde à la tentation de se croire trop occupés pour préparer leurs homélies. En effet, s’il y a un évêque dans le monde qui pourrait utiliser cette excuse et, ainsi, ne pas préparer une homélie journalière, c’est bien lui ! Au contraire, pour le pape François, rien n’est plus important dans la vie de l’Église qu’une célébration liturgique complète. Ce qui implique une prédication bien préparée. Dans un deuxième temps, si réforme de l’Église il y a, elle passe par la liturgie et spécialement par l’homélie puisque c’est par elle que les catholiques peuvent réaliser la mission de l’Église soit la glorification de Dieu et la sanctification des hommes. C’est en ce sens que doit être comprise la publication du Décret sur Elector: Guinean Cardinal Robert Sarahl’homélie par la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements. Ce Décret, présenté ce matin par le Cardinal Robert Sarah (Préfet de cette même congrégation), Mgr Arthur Roche  (secrétaire), le P. Corrado Maggioni, SMM, (sous-secrétaire), et M. Filippo Riva du Conseil pontifical pour les communications sociales, vise d’abord et avant tout à aider les prédicateurs à bien exercer cette charge si centrale dans la vie de l’Église.

D’un point de vue descriptif, ce document est destiné aux évêques, aux prêtres et aux diacres puisque l’homélie « leur est strictement réservée » (no 5). Il se veut être un instrument à leur usage pour les aider à rendre l’homélie plus conforme à la « loi d’attraction » (EG # 14, 95, 131) et qui permet au Christ, encore aujourd’hui, de dire « j’attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12, 32). Pour ce faire, le document oriente la réflexion sur le fait qu’il est important que soit aujourd’hui redécouvert : « le lien intrinsèque entre la Sainte Écriture et le culte » (no1). Cette profonde relation doit prendre vie et se manifester tout spécialement dans l’homélie. En effet, dans l’homélie, l’Écriture Sainte se fait proche des gens puisque le prêtre actualise la Parole de Dieu pour qu’elle rejoigne « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps » (GS no1). Aussi, l’homélie permet aux catholiques de comprendre le lien entre leur vie quotidienne et le Mystère qu’ils sont sur le point de célébrer. Pour bien comprendre ce lien fondamental, le Directoire « s’efforce de regrouper les évaluations des cinquante dernières années, de les considérer avec un regard critique, d’aider les prédicateurs à mettre en valeur la fonction de l’homélie, et leur offrir ainsi un guide dans l’accomplissement d’une mission si essentielle pour la vie de l’Église » (no3). Nous explorerons plus en détails ce document dans le prochain blog demain matin.

24 heures de prière pour un nouveau printemps de la vie consacrée

Le 31 janvier et 1er février dernier avait lieu au Sanctuaire du Très-Saint Sacrement de Montréal les 24 heures de prière pour un nouveau printemps de la vie consacrée, événement organisé conjointement par la Fraternité monastique de Jérusalem et l’Archidiocèse de Montréal. Ce véritable marathon spirituel a débuté le samedi par une Messe présidée par le Nonce apostolique au Canada, Mgr Luigi Bonazzi.

« Un témoin de Dieu qui est Amour, voilà ce qu’est la personne consacrée aujourd’hui! Comme il est important aujourd’hui dans une grande ville telle que Montréal, de pouvoir compter sur des personnes capables d’aider leurs prochains, à rencontrer ce Dieu qui est Amour. Le plus grand cadeau que nous pouvons faire à nos prochains est de les aider à faire cette rencontre avec ce Dieu qui est amour. »

La journée s’est ensuite poursuivie durant l’après-midi par une série de témoignages manifestant la diversité et les différents visages de la vie consacrée aujourd’hui. Se sont donc succédé de véritables témoins de la foi et de cette réponse à l’appel de Dieu à la vie consacrée :

  • Le Père Benoît Lacroix o.p. qui a prononcé une allocution sur le thème de la vie consacrée au Québec depuis 1965 : Une mission si féconde, variée et colorée.
  • Sœur Gilberte Bussière CND qui a donné un témoignage touchant sur sa vocation personnelle à la vie consacrée et qui s’est également exprimée pour la toute première fois publiquement sur l’épisode malheureux de ces 58 jours passés en captivité au Cameroun sous le regard de Dieu.
  • Le Frère Antoine-Emmanuel s’est exprimé sur le sens de la vie consacrée, ses nombreux visages et ses nouvelles formes.
  • Une consacrée de l’Institut Notre Dame de vie, Marie-Sophie De Bouville a parlé de l’évangile au quotidien.
  • Jean-François Pouliot fmj a livré un touchant témoignage sur son appel personnel à la vie consacrée.

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La liberté de pouvoir rire de soi-même

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Image: Courtoisie de CNS

À la fin de l’année 2014, toute l’équipe de Sel et Lumière a eu l’occasion de se rassembler pour un après-midi de retraite à la maison mère des Basiliens à Toronto. Lors de ce moment de recueillement et de rencontre privilégié avec le Seigneur, j’ai réfléchi à ma vie de chrétien en regardant ce qui dans ma vie est cohérent avec les invitations constantes que me fait l’Esprit Saint d’être davantage en communion avec l’Amour du Père et de son Fils Jésus-Christ. Comme chaque année, ce qui est ressorti de mon examen personnel c’est l’orgueil. Un grand manque d’humilité qui se manifeste le plus explicitement lorsque je reçois des critiques. Que ce soit au travail, dans mes relations avec ma famille ou mes amis, j’ai toujours beaucoup de difficulté lorsque d’autres ne sont pas d’accord avec moi.

Ma réflexion a refait surface ce matin après presque une journée entière passée sur fond de tristesse et d’indignation suite à l’attaque terroriste et inhumaine perpétrée contre les employés du magazine Charlie Hebdo à Paris, en France. En effet, la motivation des terroristes qui ont abattu de sang froid leurs frères en humanité m’a rappelé à quel point l’humilité et cette capacité d’accepter la critique est une grâce qui manifestement, n’est pas partagée par tous. Lorsque je pense à mes propres réactions quand je suis critiqué, je vois que je ressens souvent des sentiments de frustration, d’incompréhension et même parfois de colère. Toutefois, contrairement à ce que certains peuvent penser, la véritable force de caractère se mesure justement dans la capacité à maintenir cette force qui me pousse à me perdre dans ces sentiments. Ainsi, je me suis mis à penser en quoi la critique est une réalité très saine pour notre vie psychologique, sociale et, même, spirituelle. Deux raisons on particulièrement retenues mon attention. [Read more…]

Le “temps des résolutions”, une vie spirituelle en miniature

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Image: Courtoisie de CNS

Comme chaque année, janvier est le mois où nous prenons des résolutions. Où nous saisissons le moment du changement d’année sur notre calendrier pour jeter un regard rétrospectif sur notre vie. En effet, pendant environ une semaine, nous prenons du recul sur nous-mêmes et sur les événements de notre vie pour ensuite opérer une sorte de diagnostic/prescription. D’où vient ce phénomène social que l’on appelle souvent le « temps des résolutions » ? Je crois que c’est parce que le changement d’année est un événement collectif auquel personne n’échappe. Personne ne contestera le fait que nous sommes maintenant en 2015. Nous nous sentons donc tous concernés par le temps, ce temps qui passe et qui n’épargne personne. Cet événement annuel qui nous affecte tous nous permet de nous sentir solidaires les uns avec les autres. À l’occasion de ce passage nous ressentons davantage la fraternité du genre humain. Ainsi, nous sommes poussés à nous regarder nous-mêmes et à prendre des résolutions pour être de meilleures personnes, de meilleurs frères et sœurs en humanité.

En ce sens, nous pouvons voir comment ces expériences communes à tous peuvent nous éclairer. En effet, la réalité que représentent ces différents passages de notre vie nous éclaire sur nous-mêmes et sur l’attention que Dieu porte envers ses enfants.

Le passage nous renseigne sur notre situation de père, mère, enfant, grands-parents, patron, étudiant, etc. De plus, pour faire le pas vers l’année à venir, nous devons connaître les bons et les moins bons coups que nous avons faits l’année précédente. Par exemple et pour prendre un exemple personnel, si j’ai malheureusement mis ma santé au deuxième plan en ne surveillant pas ma ligne, il est normal que j’accepte que j’ai quelque peu pris du poids et conséquemment, que je prenne les moyens pour remédier à la situation. En somme, les passages comme le nouvel an nous permettent de nous situer dans le cours de notre vie. Cependant, ils permettent également de nous projeter dans l’année à venir afin de poursuivre, si nous sommes satisfaits de ce que nous avons accompli, ou corriger le tir si nous ne voulons pas répéter les erreurs commises. [Read more…]

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