Le « temps des résolutions », une vie spirituelle en miniature

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Image: Courtoisie de CNS

Comme chaque année, janvier est le mois où nous prenons des résolutions. Où nous saisissons le moment du changement d’année sur notre calendrier pour jeter un regard rétrospectif sur notre vie. En effet, pendant environ une semaine, nous prenons du recul sur nous-mêmes et sur les événements de notre vie pour ensuite opérer une sorte de diagnostic/prescription. D’où vient ce phénomène social que l’on appelle souvent le « temps des résolutions » ? Je crois que c’est parce que le changement d’année est un événement collectif auquel personne n’échappe. Personne ne contestera le fait que nous sommes maintenant en 2015. Nous nous sentons donc tous concernés par le temps, ce temps qui passe et qui n’épargne personne. Cet événement annuel qui nous affecte tous nous permet de nous sentir solidaires les uns avec les autres. À l’occasion de ce passage nous ressentons davantage la fraternité du genre humain. Ainsi, nous sommes poussés à nous regarder nous-mêmes et à prendre des résolutions pour être de meilleures personnes, de meilleurs frères et sœurs en humanité.

En ce sens, nous pouvons voir comment ces expériences communes à tous peuvent nous éclairer. En effet, la réalité que représentent ces différents passages de notre vie nous éclaire sur nous-mêmes et sur l’attention que Dieu porte envers ses enfants.

Le passage nous renseigne sur notre situation de père, mère, enfant, grands-parents, patron, étudiant, etc. De plus, pour faire le pas vers l’année à venir, nous devons connaître les bons et les moins bons coups que nous avons faits l’année précédente. Par exemple et pour prendre un exemple personnel, si j’ai malheureusement mis ma santé au deuxième plan en ne surveillant pas ma ligne, il est normal que j’accepte que j’ai quelque peu pris du poids et conséquemment, que je prenne les moyens pour remédier à la situation. En somme, les passages comme le nouvel an nous permettent de nous situer dans le cours de notre vie. Cependant, ils permettent également de nous projeter dans l’année à venir afin de poursuivre, si nous sommes satisfaits de ce que nous avons accompli, ou corriger le tir si nous ne voulons pas répéter les erreurs commises.

Ce qui est vrai pour la vie humaine l’est également pour la vie spirituelle. En effet, la vie chrétienne est parsemée de passages : le Risen Christ depicted in 14th-century painting from Austriabaptême, le mariage, etc. La logique même des sacrements se trouve éclairée par la dynamique des passages. Un exemple évident se trouve dans l’examen de conscience que nous faisons avant de nous confesser. Nous jetons un coup d’œil sur nos comportements passés pour y inclure Dieu dans notre démarche de conversion et d’amélioration. De plus, la destination finale de notre vie nous invite à apprivoiser ces transitions pour nous préparer au passage ultime que nous vivrons le jour de notre mort. En ce sens, nous pourrions dire que vivre des passages c’est apprendre à bien mourir. La mort n’étant pas une fin mais un commencement, cette réalité ne nous apportera pas tristesse mais consolation ainsi qu’une joie profonde. Joie provenant de l’assurance que nous avons des paroles du Christ qui est venu pour nous donner « la vie, la vie en abondance » (Jn 10,10).

Enfin, à mesure que les années passent, il est possible que nous oubliions le fil conducteur de notre vie. Un événement marquant peut, en effet, changer la vie d’une personne d’une manière si radicale qu’elle ne soit plus en mesure de se situer. Cela se voit dans les drames comme la mort d’un époux ou d’un enfant. Dans ces cas, la vie spirituelle c’est-à-dire la relation personnelle au Christ peut être le roc inébranlable permettant de situer fondamentalement la personne et ainsi donner sens aux événements parfois tragiques de l’existence.

Le passage à l’année 2015 a pu avoir différentes colorations selon les événements que nous avons vécus cette année. Pour certains, 2014 a pu être une année heureuse, pour d’autres moins. Une chose est certaine cependant, toutes les réalités humaines trouvent la plénitude de leur signification dans la vie spirituelle parce qu’elle leur est parfaitement adaptée. La réalité des passages d’une année à l’autre et des diverses rétrospectives et projections qu’elle implique permet de donner sens à la vie. Ainsi, lorsque le Christ est invité à faire partie de la vie d’une personne, cette dernière bénéficie d’un soutien inconditionnel et d’un lien d’amitié indéfectible. En cette année 2015, prions et participons à la mission de nouvelle évangélisation pour que davantage de personnes puissent dire au début de l’année 2016 qu’ils ont vu l’Amour miséricordieux que Dieu leur porte.