La dimension communautaire du pardon et de la réconciliation

Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire, Année A – 10 septembre 2017

Ézéchiel 33,7-9
Romains 13,8-10
Matthieu 18,15-20

L’Évangile d’aujourd’hui (Matthieu 18, 15-20) nous oblige à considérer les éléments qui sont essentiels à la démarche du pardon entre membres de la communauté ecclésiale. Le texte de Matthieu souligne la correction fraternelle des membres qui commettent le péché, l’importance de la prière des disciples (v. 19-20) et le besoin constant de pardon, qui doit s’étendre aux membres repentants de la communauté chrétienne (v. 21-35).

À Césarée de Philippe, nous avons appris que Pierre est le rocher, la fondation sur laquelle le Seigneur bâtit l’édifice de l’Église. Pierre se voit confier les clés du Royaume des cieux, qu’il pourra ouvrir ou fermer aux gens selon qu’il le jugera bon. Pierre pourra lier ou délier, c’est-à-dire qu’il pourra instituer ou interdire ce qu’il jugera nécessaire à la vie de l’Église. Pierre reçoit les clés. Au verset 18 de l’Évangile d’aujourd’hui, nous voyons une répétition presque exacte de l’expression du verset 16,19 et plus d’un estime que cette formule accorde ici à tous les disciples ce qui avait d’abord été remis à Pierre seul.

La dureté des propos au sujet des païens et des publicains (collecteurs d’impôt) dans l’Évangile d’aujourd’hui reflète probablement une certaine période de l’histoire de la communauté de Matthieu, alors qu’elle était sans doute composée de chrétiens juifs. De même que les juifs observants fuyaient la compagnie des païens et des collecteurs d’impôt, la congrégation des disciples du Christ doit se séparer de ceux de ses membres qui seraient des pécheurs arrogants et refuseraient de se repentir même une fois convaincus de péché par toute l’église. De tels individus doivent être rejetés de la fraternité de la communauté.

L’enseignement de l’Église sur la pénitence et la réconciliation

Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que le péché est avant tout une offense à Dieu, une rupture de la communion avec lui. Par ailleurs, il porte atteinte à la communion avec l’Église. C’est pourquoi la conversion comprend à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l’Église, qui trouvent leur expression et leur accomplissement liturgique dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation. « Dieu seul pardonne les péchés (cf. Mc 2, 7). Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même : ‘Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre’ (Mc 2, 10) et il exerce ce pouvoir divin. » (n° 1441).

Lier et délier

Le Catéchisme de l’Église catholique continue en expliquant ce que signifie l’expression « lier et délier » dans l’Évangile d’aujourd’hui (n° 1444-1446).

Cette dimension ecclésiale de leur tâche s’exprime notamment dans la parole solennelle du Christ à Simon Pierre : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux.’ Cette même charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre a été aussi donnée au collège des apôtres unis à leur chef. »

Les mots lier et délier signifient : celui que vous exclurez de votre communion, celui-là sera exclu de la communion avec Dieu ; celui que vous recevez de nouveau dans votre communion, Dieu l’accueillera aussi dans la sienne. La réconciliation avec l’Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu.

Le Christ a institué le sacrement de Pénitence pour tous les membres pécheurs de son Église, avant tout pour ceux qui, après le baptême, sont tombés dans le péché grave et qui ont ainsi perdu la grâce baptismale et blessé la communion ecclésiale.

Plus que pardonner et oublier

Le pardon ne signifie jamais fermer les yeux sur ce que quelqu’un nous a fait. Les émotions que nous ressentons quand on nous a fait du tort sont authentiques, réelles, troublantes; il faut en prendre acte honnêtement et douloureusement, et composer avec elles. Elles peuvent ouvrir la voie à une cicatrisation de la blessure et nous faire évoluer vers la guérison et le pardon. En cultivant des sentiments de ressentiment, de rancune, de colère, de haine et de rage, on risque d’empêcher l’amorce du processus de guérison. Pardonner, ce n’est pas laisser entendre que ce que les autres nous ont fait était acceptable. Pardonner vraiment, c’est refuser de laisser la blessure nous empêcher de grandir et d’aller de l’avant. Si je refuse d’avancer, en me complaisant dans ma blessure et ma colère, je me laisse paralyser par le mal qui s’est produit.

L’esprit rancunier qui se nourrit de ressentiment endurcit le cœur et le ferme à l’amour. Je suis terriblement diminué quand je n’arrive pas à pardonner aux autres. Pour être sincère en matière de pardon, je dois permettre à Dieu d’éliminer ma dureté de cœur et ma mesquinerie. Le pardon n’est pas l’oubli. C’est bien plutôt une décision consciente, une résolution que je prends dans ma tête, au niveau cérébral, en priant pour qu’elle descende dans mon cœur. Considérons pour aujourd’hui des exemples douloureux de pardon à l’œuvre ? Pardonner à la personne qui a assassiné mon enfant innocent ne veut pas dire que je doive demander sa sortie de prison. Pardonner au mari qui a eu régulièrement un comportement violent ne m’oblige pas à choisir de le rependre après qu’il y a eu violence et infidélité. Le fait de parler raisonnablement à l’épouse qui a quitté son mari et ses enfants pour suivre un autre partenaire n’efface pas la souffrance terrible imposée à toute la famille. Pardonner au prêtre qui a agressé des enfants ne revient pas à demander sa réintégration dans le ministère actif à proximité de mineurs. Parler honnêtement au jeune homme qui a abandonné son amie quand elle a découvert qu’elle était enceinte et qu’elle a refusé l’avortement comme solution de facilité, c’est le début du pardon et de la guérison pour toutes les personnes en cause. Nous avons besoin de lucidité quand il s’agit de juger avec sagesse et avec compassion les situations grandement ambiguës dans lesquelles nous nous retrouvons souvent.

L’expression « pardonner et oublier » qu’on entend souvent n’a rien de biblique ni de particulièrement chrétien. Jésus nous propose une autre façon de pardonner sans oublier la blessure passée. Quand je pardonne au nom de Jésus Christ, avec sa force et sa présence, je peux en aider d’autres qui ont été profondément blessés et amorcer le processus de guérison. De même qu’il n’y a rien qu’un être humain ne puisse faire à un autre, il n’y a rien qu’un être humain ne peut pardonner à un autre, avec l’aide et la grâce de Jésus.

Le pardon des Amish

À la lumière de l’Évangile d’aujourd’hui sur la nécessité du pardon, je voudrais rappeler un incident tragique, survenu il y a quelques années aux États-Unis, et qui a amené le monde entier à réfléchir sur le sens du pardon. Je sais en tout cas à quel point cette histoire m’a secoué dans ma propre conception du pardon.

La fusillade à l’école de West Nickel Mines, petite école primaire d’une seule salle de classe au cœur de la collectivité amish de Nickel Mines, dans le canton de Bart du comté de Lancaster, en Pennsylvanie, eut lieu le 2 octobre 2006. Un tireur solitaire, Charles Roberts IV, prit d’assaut l’école et relâcha 15 jeunes garçons et quatre adultes avant de ligoter 10 petites filles et d’ouvrir le feu sur elles. Après quoi Roberts s’est enlevé la vie.

Le jour de la tuerie, le grand-père d’une des cinq fillettes assassinées recommanda aux membres plus jeunes de sa famille de ne pas haïr le tueur : « Il ne faut pas en vouloir à cet homme ». Un autre père amish fit observer : « Il avait une mère et une épouse et une âme, et il se tient maintenant en présence d’un Dieu juste. »

Une voisine amish s’en fut consoler la famille Roberts quelques heures après la fusillade et leur apporter le pardon. Des membres de la communauté amish sont allés visiter et réconforter la veuve, les parents et les beaux-parents de l’assassin. Une trentaine de membres de la communauté amish ont assisté aux funérailles de Roberts, et Marie Roberts, la veuve du tireur, fut l’une des rares personnes de l’extérieur invitées aux funérailles de l’une des victimes.

Marie Roberts écrivit une lettre ouverte à ses voisins amish; elle les remerciait de leur pardon, de leur magnanimité et de leur miséricorde. « L’amour que vous avez témoigné à notre famille, dit-elle, a contribué à favoriser la guérison dont nous avons si grand besoin. Les dons que vous nous avez faits ont touché notre cœur d’une façon que les mots ne sauraient décrire. Votre compassion a dépassé notre famille, elle dépasse notre collectivité et elle est en train de changer notre monde; nous vous en remercions sincèrement. »

Vers une réconciliation et une espérance authentique

Bien des gens ont critiqué le pardon immédiat et absolu qui a caractérisé la réaction des Amish; on a dit que le pardon n’a pas lieu d’être si l’autre partie n’a pas exprimé de remords et qu’une telle attitude risque de nier l’existence du mal. Ceux qui ont étudié la vie des Amish font valoir que le fait de « laisser tomber la rancune » est une valeur profondément enracinée dans la culture amish. Ils expliquent que la volonté des Amish de renoncer à se venger ne fait pas disparaître la tragédie et n’efface pas le mal mais représente un premier pas vers une vraie réconciliation et vers un avenir porteur d’un espoir réaliste.

L’accent placé sur le pardon et sur la réconciliation dans la réaction de la communauté amish a été largement débattu dans la presse internationale. Le pardon est profondément inscrit dans la trame de la foi amish. Le courage d’un tel geste de pardon a ébranlé le monde au moins autant que la brutalité du meurtre. J’ai souvent pensé que la puissance transformatrice du pardon est peut-être le seul aspect positif, le seul facteur de rédemption, à avoir émergé de l’horrible massacre de Nickel Mines en 2006.

Le pardon des Amish soulève pour nous plusieurs questions épineuses. C’est peut-être une chose de pardonner à un tueur dément; mais qu’en est-il de ceux qui ne sont pas fous, qui assassinent froidement ou qui menacent de le faire à des fins politiques ou par vengeance personnelle ? Quel est le rapport entre le pardon et la justice ? Si tout le monde était aussi prompt à pardonner, les relations humaines s’en trouveraient-elles transformées ou est-ce que nous risquerions de sombrer dans l’anarchie ?

Sentinelles du matin

La première lecture d’aujourd’hui, tirée du livre du prophète Ézéchiel (33, 7-9) utilise l’expression « guetteur pour la maison d’Israël » (v. 2). Le mot « guetteur » ou « sentinelle » désigne quelqu’un qui va annoncer le salut (chapitres 33-48), et le même mot (3, 17-21) renvoyait déjà au ministère d’Ézéchiel, chargé d’annoncer le jugement (chapitres 3-24). L’emploi du mot « guetteur » ou sentinelle évoque certainement pour moi le pape Jean-Paul II, qui l’avait utilisé lors de la Journée mondiale de la Jeunesse 2000 à Rome, et de nouveau en préparation de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 au Canada.

Dans le message où il annonçait la tenue de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002, Saint Jean-Paul II écrivait :

Vous êtes la lumière du monde… Pour beaucoup de ceux qui, dès le début, écoutèrent Jésus, comme pour nous aussi, le symbole de la lumière évoque le désir de la vérité et la soif de parvenir à la plénitude de la connaissance, inscrits au plus profond de tout être humain. Quand la lumière diminue ou disparaît totalement, on ne parvient plus à distinguer la réalité autour de soi. Au plus fort de la nuit, on peut se sentir apeuré et insécurisé, et l’on attend alors avec impatience l’arrivée de la lumière de l’aurore. Chers jeunes, il vous appartient d’être les sentinelles du matin (cf. Is 21, 11-12) qui annoncent l’arrivée du soleil qui est le Christ ressuscité.

Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, tirée de la lettre de saint Paul au Romains (13, 8-10), l’Apôtre Paul considère les obligations de la charité. Quand l’amour inspire la prise de décision de ceux et celles qui portent le nom de chrétiens et de chrétiennes, l’intérêt de la loi est préservé (v. 9). L’amour va au devant de l’objectif de la législation publique, qui est de protéger l’intérêt bien compris de tous les citoyens.

À l’occasion des Journées mondiales de la Jeunesse, les jeunes reçoivent le mandat de devenir sentinelles du matin, de porter la lumière du Christ et d’annoncer l’espérance et le salut à un monde trop souvent plongé dans les ténèbres et dans le désespoir. Il n’y a pas de meilleure école de réconciliation, de pardon et de paix que les Journées mondiales de la Jeunesse, qui présentent concrètement aux jeunes les éléments fondamentaux de la vie chrétienne et le sens qu’il y a à devenir de vrais citoyens du Royaume de Dieu.

Reconnaissance des vertus héroïques du Cardinal Van Thuan

CNS photo/L’Osservatore Romano via EPA

Nguyen Van Thuan

Prisonnier politique du régime communiste pendant 13 ans, dont 9  en confinement, l’expérience de François Xavier Nguyen Van Thuan est un témoignage puissant de foi en l’Eucharistie, du pouvoir du pardon et de la valeur rédemptrice de la croix. Les textes spirituels du cardinal Van Thuan, spécialement ceux qu’il a écrits en prison où il célébrait la Messe en secret avec une goutte de vin dans la paume de sa main, ont fait le tour du monde et ont donné de l’espoir à des millions de personnes. Qui peut oublier les mots de saint Jean-Paul II à son propos  concluant  la retraite du carême de la Curie romaine en 2001 retraite  prêchée par le Cardinal Van Thuan lui-même :

« Avec la simplicité et le souffle de l’inspiration divine, il nous a guidés sur le chemin de l’approfondissement de notre vocation de témoins de l’espoir évangélique en ce début de troisième millénaire. Témoin de la croix durant ses longues années d’emprisonnement au Vietnam, il nous a fréquemment fait le récit de ses souffrances lorsqu’il était en prison et, ainsi, il nous a renforcés dans cette certitude consolante selon laquelle, lorsque tout s’écroule autour de nous, et même en nous, le Christ est notre support indéfectible. »

Au mois de septembre 2007, la cause de béatification du Cardinal Van Thuan fut ouverte à Rome. Comme prisonnier, il fut victime des pires tortures et d’une déshumanisation la plus complète. Toutefois, Van Thuan n’a jamais cessé d’aimer ses gardes de prison qui pourtant abusaient de lui. Certains des gardiens furent si touchés par son exemple qu’ils se convertirent plus tard au christianisme. Van Thuan écrit : « ni les armes, ni les menaces mais seul l’amour chrétien peut changer les cœurs… c’est l’amour qui prépare le chemin de l’annonce de l’Évangile. Omnia Vincit Amor, « L’amour peut tout conquérir ».

Télévision Sel + Lumière a produit un documentaire touchant sur la vie de ce saint homme dont la première mondiale a eu lieu au Congrès Eucharistique international de Québec en 2008. Ce film a contribué à répandre le message d’amour et d’espérance du cardinal Van Thuan. Dès lors que le pape François a signé le décret reconnaissant les vertus héroïques de cet extraordinaire homme de foi, François Xavier Nguyen Van Thuan, mort en 2002 à Rome,  est actuellement sur le chemin de la béatification et de la canonisation.

Ressuscité par la Miséricorde : La paix de Jésus ressuscité

Une réflexion sur la Divine Miséricorde par Julian Paparella

La saison pascale se poursuit pendant sept semaines, marquant les cinquante jours entre la résurrection de Jésus et la descente du Saint Esprit à la Pentecôte. La Pâque dure même plus longtemps que le Carême !

L’Évangile que nous avons entendue ce dimanche, dimanche de la Divine Miséricorde, est un récit qui couvre huit jours. Il commence le soir de la résurrection. Trois jours après avoir abandonné Jésus sur Son chemin vers la Croix, les apôtres se cachent, enfermés dans le Cénacle par crainte des Juifs. Jésus vient à leur rencontre et Ses premières paroles sont : « La paix soit avec vous ! ». Les apôtres se réjouissent lorsqu’Il leur montre les plaies sur Ses mains et sur Son côté ; la preuve que c’est vraiment Lui, Jésus, ressuscité et vivant. Une deuxième fois, Il leur dit : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Il souffle sur eux et Il leur fait don du Saint Esprit pour le pardon des péchés.

La rencontre continue huit jours plus tard lors de la scène bien connue de Thomas l’incrédule. Thomas était absent quand Jésus a rencontré les apôtres la première fois et ne croit pas le témoignage des autres disciples lorsqu’ils disent qu’ils ont vu le Seigneur. Le dimanche suivant, Thomas est présent et Jésus revient. Ses premières paroles sont encore : « La paix soit avec vous ! ». Jésus invite Thomas à toucher Ses plaies, et Thomas croit.

Notre connaissance de ce récit de l’Évangile peut nous rendre insensibles au fait qu’il est extraordinaire. D’une perspective humaine, l’approche de Jésus est complètement inconcevable. Imaginez si vous enseigniez et guidiez douze amis pendant trois ans, et qu’ensuite ils vous livrent et vous abandonnent au moment où vous êtes dans le plus grand besoin. Imaginez que personne ne vous défende lorsque vous êtes condamné à mort injustement. Comment réagissons-nous quand nos amis fuient alors que nous souffrons ?

Jésus aurait pu revenir aux apôtres outré, furieux et indigné. Cela aurait été une réaction normale. Il aurait pu leur dire : « Hypocrites ! Vous dites que vous voulez mourir pour moi mais vous me laissez mourir ! Qu’ai-je fait pour mériter votre trahison et votre abandon ?

Au contraire, les toutes premières paroles de Jésus, en voyant Ses apôtres pour la première fois depuis la nuit où il fut livré, sont miraculeuses: « La paix soit avec vous ! » La paix ! Jésus ne demande aucune explication. Jésus ne demande pas de rétribution. Jésus pardonne. Jésus donne la paix.

Jésus ayant ressuscité d’entre les morts, Son pardon ressuscite Ses disciples. Sa miséricorde leur redonne vie. Voilà le sens le plus profond de la souffrance, de la mort, et de la résurrection de Jésus. Il ne donne pas Sa vie à contrecœur. Il va à la Croix librement. Il ressuscite vainqueur. Il revient pour donner à Ses disciples le don de la paix. Jésus aurait pu revenir vers les apôtres pour les châtier : « Comment osez-vous abandonner le Fils de l’homme ? » ; « Qu’est-ce que j’ai fait pour vous faire fuir ? » ; « Moi, je n’aurais jamais pu vous abandonner ! » Mais à quoi servirait une telle réaction ? La plus grande leçon qui provoque la plus grande transformation c’est Son pardon, totalement insondable.

Qu’apprenons-nous de cette leçon pour notre propre vie ?

Premièrement, Jésus veut ce même pardon pour chacun de nous. Dieu est devenu homme afin de nous sauver. La mission de Jésus consistait à nous apporter le salut, à restaurer la paix que nos péchés avaient détruite. Dieu n’a aucun intérêt à nous maintenir dans nos péchés. Dieu ne gagne rien en nous piégeant dans nos péchés. La vie entière de Jésus consiste à racheter nos péchés. Il veut nous rendre Sa paix.

Deuxièmement, Jésus nous invite à pardonner aux autres comme Lui Il nous pardonne. Le pardon fait du bien à celui qui le reçoit. Le pardon améliore notre relation avec celui à qui nous pardonnons. Mais le pardon fait du bien également à celui qui pardonne. C’est bon pour nous. Pardonner nous donne la paix. Ça nous libère de la rancune, de la colère, et de la dureté du cœur. Pardonner révèle à l’autre qu’il est bon, même s’il a fait du mal. Pardonner révèle à l’autre qu’il peut être aimé, même s’il n’a pas aimé les autres.

Le pardon libère. Pardonner libère. C’est le don de Jésus à chacun de nous et il nous donne la paix. Jésus nous invite à nous donner le pardon les uns aux autres.

Église en sortie 27 janvier 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Daniel Paradis, responsable de l’organisme Présence-Compassion qui nous parle de cette initiative au service des itinérants du centre-ville de Montréal. L’abbé Claude Paradis nous offre sa première chronique des actualités de la rue de l’année 2017. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Mme Estelle Drouvin sur le Centre de Services de justice réparatrice dont elle est la coordonnatrice.

Un Jubilé extraordinaire pour tous!

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(Photo: Catholic News Service)

Vous êtes certainement au courant que mardi dernier en la fête de l’Immaculée Conception, le pape François a procédé à l’ouverture solennelle de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre de Rome procédant ainsi à l’annonce du Jubilé extraordinaire de la miséricorde qu’il avait ouvert officiellement lors de son voyage en République Centrafricaine. Ce n’est pas un hasard si le Pape a voulu tenir cette cérémonie le jour de la Solennité de l’Immaculée Conception. Pour lui, il était important d’entrer dans cette année sous la protection de la Sainte Vierge puisque c’est par elle que le Royaume des cieux est entré dans notre histoire. En d’autres termes, c’est par elle que le Verbe a pris chair, adoptant notre condition humaine et répandant sur le monde entier les trésors de la miséricorde divine.

Ainsi, comme Marie, nous devons accepter ce don et cette invitation à redécouvrir le visage miséricordieux du Père, à s’en émerveiller et à laisser son action rédemptrice prendre toute la place dans notre vie. Comme l’affirme le pape François dans l’homélie : « La fête de l’Immaculée Conception exprime la grandeur de l’amour de Dieu. Il est non seulement celui qui pardonne le péché, mais en Marie, il va jusqu’à prévenir la faute originelle, que tout homme porte en lui en entrant dans ce monde. » En ce sens, l’année sainte doit être considérée comme un don de la Grâce de Dieu que l’on met au-devant de nos actes pour nous assurer que, même si nous tombons en court de route, Dieu sera toujours présent à nos côtés, prêt à nous pardonner les fautes que nous avons même pas encore commises !

Cette vérité fondamentale de la foi chrétienne avait peut-être été laissée de côté pendant un temps mais il semble bien que le Pape François en ait fait sa priorité absolue. Pour lui, la Porte Sainte et les différentes portes de la miséricorde qui seront ouvertes dans chaque diocèse doivent nous aider à sentir, j’irais jusqu’à dire, en notre chair, la grandeur du mystère de l’amour de Dieu. Le passage de la porte sainte aura donc un double effet : « 1) l’abandon de toutes formes de peur et de crainte, parce que cela ne sied pas à celui qui est aimé » ; et 2) « la naissance en nous de la joie de la rencontre avec la grâce qui transforme tout ».

Ce samedi et dans les semaines à venir nous aurons l’occasion tous et toutes de nous rendre dans nos cathédrales respectives pour célébrer l’ouverture de cette année de la miséricorde. Nous pouvons dire que nous sommes privilégiés puisque nous avons déjà eu la chance d’avoir une Porte Sainte ouverte durant une année entière en la cathédrale Notre-Dame de Québec. Certains ont même pensé que cette expérience positive avait fait naître l’idée dans la tête du pape François d’universaliser l’initiative. Certes, nous aurons tous le cœur rempli de candeur lorsque renouvelés par cette contemplation de la beauté de notre Dieu, nous inviterons parents et amis à traverser notre porte de la miséricorde. En ce sens, ce Jubilé donnera un deuxième souffle à notre élan missionnaire.

Si vous ne pouvez pas vous déplacer, sachez que S+L diffusera la messe d’ouverture de la Porte Sainte de la Cathédrale Notre-Dame de Québec samedi prochain le 12 décembre à 16h30. Notre journaliste Emilie Callan sera sur place pour vous faire vivre cet événement exceptionnel. Sachez aussi que S+L sera présent du côté de Montréal afin de vous permettre de revoir l’ouverture de la Porte de la miséricorde du Diocèse de Montréal en la basilique Marie-Reine-du-Monde qui aura lieu samedi le 12 décembre à 19h30. Cette coproduction S+L et l’Église catholique à Montréal sera disponible dès la semaine prochaine.

Au nom de toute l’Équipe de S+L, nous vous souhaitons une joyeuse et sainte année de la miséricorde !

C’est loin d’être une affaire de royauté… Ou pas?

mosaic_christRéflexion biblique pour la solennité du Christ Roi, Année C

La fête solennelle du Christ-Roi d’aujourd’hui, la grande finale de l’année liturgique c, nous donne l’occasion de mettre de côté un grand de bagage culturel sur rois et les royaumes, et nous invite a découvrir comment Jésus-Christ peut être un vrai roi, à la différence des dirigeants terrestres.

 

Au cours de l’année écoulée, nous avons abordé le thème important de Luc sur l’imitation de Jésus, en particulier dans son ministère de pardon et de réconciliation. Ce thème atteint son apogée dans le récit évangélique émouvant de la crucifixion chez Luc.

Derniers moments de Jésus

Luc est le seul à raconter l’Evangile d’aujourd’hui [23, 35-43]. Le pécheur qui se repent reçoit le salut par Jésus crucifié. L’émouvante scène de la crucifixion dépeinte par Luc est remplie de détails typiques de sa représentation de Jésus. Il est crucifié avec les deux criminels qui le flanquent, accomplissant ainsi de prédiction de Jésus lui-même à la table de la Cène [23, 37]. Comme Jésus avait à plusieurs reprises enseigné à ses disciples de ne pas répondre à la violence par la violence et de pardonner, il pardonne lui-même les mêmes hommes qui l’avaient condamné et qui ont fiché des piquets dans son corps [23, 34].

Lorsque l’un des criminels crucifiés se joint au chœur de dérision qui accompagne Jésus à sa mort, l’autre confesse son péché et demande miséricorde [23, 39-43]. C’est la prescription que propose Luc pour une conversion authentique comme en témoigne l’histoire de publicain et du pécheur [18, 9-14]. C’est ainsi que Jésus promet à cet homme non seulement le pardon, mais aussi une place à ses côtés ce jour-là alors que son voyage vers Dieu atteint triomphalement sa destination au paradis. [Read more…]