Hymne Officiel des JMJ de Cracovie

Émilie Callan nous présente l’hymne officiel des JMJ 2016 à Cracovie en Pologne.

Vidéo message du pape François pour les jeunes en Pologne

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Photo: Catholic News Service

Plusieurs jours avant son Voyage apostolique en Pologne à l’occasion de la XXXIe Journée Mondiale de la Jeunesse, le pape François a envoyé un vidéo en italien aux jeunes de Pologne et qui fut télédiffusé à 8:00 pm à travers toute la nation polonaise. Ci-dessous, vous trouverez la traduction française du texte du Message du Saint-Père tel qu’il fut envoyé du Vatican en Pologne.

Chers frères et sœurs,
elle est désormais proche la trente-et-unième Journée mondiale de la Jeunesse, qui m’appelle à rencontrer les jeunes du monde, convoqués à Cracovie, et m’offre aussi l’heureuse occasion de rencontrer la chère nation polonaise. Tout sera sous le signe de la Miséricorde, en cette Année jubilaire, et dans la mémoire reconnaissante et fidèle de saint Jean-Paul II, qui a été l’artisan des Journées mondiales de la Jeunesse et a été le guide du peuple polonais sur son récent chemin historique vers la liberté.

Chers jeunes polonais, je sais que depuis longtemps vous avez préparé, surtout par la prière, la grande rencontre de Cracovie. Je vous remercie de grand cœur pour tout ce que vous faites, et pour l’amour avec lequel vous le faites ; d’avance, je vous embrasse et je vous bénis.

Chers jeunes de toutes les parties de l’Europe, d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie ! Je bénis aussi vos pays, vos désirs et vos pas vers Cracovie, afin qu’ils soient un pèlerinage de foi et de fraternité. Que le Seigneur Jésus vous accorde la grâce de faire en vous-mêmes l’expérience de sa parole : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7).

J’ai un grand désir de vous rencontrer, pour offrir au monde un nouveau signe d’harmonie, une mosaïque de visages divers, de tant de races, langues, peuples et cultures, mais tous unis dans le nom de Jésus, qui est le Visage de la Miséricorde.

Et maintenant je m’adresse à vous, chers fils et filles de la nation polonaise ! Je sens que c’est un grand don du Seigneur que celui de venir parmi vous, parce que vous êtes un peuple qui dans son histoire, a traversé tant d’épreuves, certaines très dures, et qui est allé de l’avant avec la force de la foi, soutenu par la main maternelle de la Vierge Marie. Je suis certain que le pèlerinage au sanctuaire de Częstochowa sera pour moi une immersion dans cette foi éprouvée, qui me fera beaucoup de bien. Je vous remercie de vos prières avec lesquelles vous préparez ma visite. Je remercie les Évêques et les prêtres, les religieux et les religieuses, les fidèles laïcs, spécialement les familles, auxquelles j’apporte en pensée l’Exhortation apostolique post synodale Amoris laetitia. La “santé” morale et spirituelle d’une nation se voit dans ses familles : pour cela, saint Jean-Paul II avait tant à cœur les fiancés, les jeunes époux et les familles. Continuez sur cette route !

Chers frères et sœurs, je vous envoie ce message comme gage de mon affection. Restons unis dans la prière. Et à bientôt en Pologne !

[01194-FR.01] [Texte original: Italien]

Vidéo message du pape François pour les jeunes de Pologne:

Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. sur la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse

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Réflexion sur la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, Père Thomas Rosica c.s.b.

Au cœur de chacune des Journées Mondiales de la Jeunesse se trouve un symbole chrétien simple et puissant à la fois : deux larges planches de bois en croix que plusieurs ont surnommées la « flamme olympique » de cet immense Festival de jeunes catholiques. La croix des JMJ a reçu plusieurs noms : la Croix du Jubilée, la Croix des pèlerins, la croix de la jeunesse. En 1984, peu de temps après la clôture en 1983 de l’année sainte de la rédemption au Vatican, le saint pape Jean-Paul II avait confié aux jeunes du monde entier une simple croix en bois de douze pieds de haut en leur demandant de l’apporter avec eux de par le monde comme signe de l’amour que le Seigneur Jésus a pour l’humanité et pour « proclamer à tous que le salut et la rédemption ne se trouvent que dans le Christ qui est mort et est ressuscité ». Depuis ce jour, portée par des mains généreuses et des cœurs aimants, la Croix a parcouru un long chemin, un pèlerinage ininterrompu à travers tous les continents pour démontrer que, comme le disait saint Jean-Paul II : « la Croix marche avec les jeunes et les jeunes marchent avec la Croix ».

La croix ne se promène pas toute seule ! Depuis 2003, elle est accompagnée d’une icône de la Vierge Marie, une copie de l’icône de Notre Dame « Salus Populi Romani ». L’originale de cette icône, considérée par plusieurs comme datant du 8e siècle, se trouve dans la chapelle de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Le pape Jean-Paul II l’a ainsi confiée à la jeunesse comme icône de la Bienheureuse Mère qui accompagnerait ainsi la Croix partout où elle irait. « Elle serait le signe de la présence maternelle de Marie auprès de cette jeunesse qui est appelée, comme l’Apôtre Jean, à accueillir le Christ dans leur vie ».

La croix des Journées Mondiales de la Jeunesse et l’icône de Notre Dame nous disent les deux points centraux du message chrétien : du berceau et de la croix; du Christ qui est né de Marie et du Christ qui est crucifié pour nous, de Noël et du Vendredi Saint, de l’Incarnation et du Mystère Pascal. Ainsi, l’icône et la Croix sont les deux puissantsWYD Icon symboles de la joie et de la souffrance que nous expérimentons dans notre pèlerinage chrétien.

En 2002, le passage de la Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse à travers tout le Canada continue d’émouvoir les cœurs et rappelle de très beaux souvenirs encore aujourd’hui, plusieurs années après le début de ce pèlerinage sur notre terre le 11 avril 2001. La croix des JMJ a littéralement touché les trois océans qui entourent le Canada. Elle a visité nos villes et villages entraînant une multitude de personnes dans les rues en processions, en prières, en vigiles et suscitant des moments forts de réconciliation, de paix et de guérison.

De telles expressions de piété populaire avaient été absentes depuis bien trop longtemps de notre paysage ecclésial canadien. Au milieu de ce pèlerinage brillamment orchestré à travers 72 diocèses du Canada, la Croix fit un détour en février 2002 qui ne faisait pas partie des préparatifs normaux des Journées Mondiales de la Jeunesse comme cela avait été le cas dans les éditions précédentes. À l’aube d’un très froid dimanche, un convoi d’autobus a quitté Toronto avec à bord des représentants des corps de police, des ambulanciers, des pompiers pour se rendre à New York accompagné de la Croix des JMJs.

Après une Messe du dimanche à Manhattan en la cathédrale Saint Patrick ainsi qu’une Messe tôt le matin en compagnie de l’Observateur permanent du Vatican près les Nations Unies, nous avons porté la Croix à Ground Zero, à l’intérieur même du trou, afin de prier pour les victimes de la tragédie du 11 septembre au World Trade Center et ailleurs aux États-Unis. Cette visite, qui a reçu une visibilité médiatique internationale, était un signe d’espoir, de consolation, de solidarité, de paix pour le peuple américain et le monde entier, peinant alors à comprendre le mal, la terreur, la violence, les forces de mort dont l’humanité avait fait l’expérience en ce 11 septembre 2001.

Ce voyage à Ground Zero était pour nous un acte public de défiance et de courage. Six jeunes de l’équipe nationale des Journées mondiales de la Jeunesse de Toronto en 2002 ont porté la grande Croix en haut de la plateforme construite pour les familles des victimes de la tragédie du World Trade Center. Alors qu’ils montaient avec la croix, nous chantions le refrain du chant de Taizé : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu seras dans ton Royaume ». Lorsque la Croix fut placée sur son socle de métal au bord du cratère où naguère s’étaient tenues les Twins Towers, la chorale devint de plus en plus grande et le chant devint également plus intense. C’était un acte de défiance puisque, sur le lieu même où la destruction, la dévastation, la terreur, la mort avaient fait grand bruit, nous élevions une croix de bois c’est-à-dire un instrument de mort transformé en symbole central de la vie et de la foi chrétienne. Ce jour-là, personne n’a pu échapper au sens profond de ce geste.

La Croix de Jésus Christ a béni et marqué les Journées Mondiales de la Jeunesse de 2002 d’une manière extraordinaire. Chaque lieu de catéchèse avait la chance d’avoir une réplique de la croix des JMJs. Elle était présente à chaque grande cérémonie. Elle précédait les processions, appelait à la prière et à la réflexion, a guéri, réconcilié et a touché nos cœurs. Ces souvenirs restent encore gravés dans nos esprits.

Qui ne pourra jamais oublier ces belles images de la Croix des JMJ précédant plus d’un demi million de personnes, la majorité étant à genoux, lors du chemin de croix le vendredi soir du 26 juillet 2002 sur un trajet partant de la majestueuse avenue de l’Université, passant devant le palais de justice, le consulat américain, les édifices du gouvernement, les hôpitaux, l’Université de Toronto, le Parlement provincial et les différents musées. L’une des rues principales d’une grande ville fut transformée en une Via dolorosa contemporaine alors qu’environ un milliard de personnes étaient témoins de cette mise en scène moderne de la passion par l’entremise de la télévision et des satellites.

Cross Icon Brazilian pilgrims

Durant la célébration eucharistique de clôture, le dimanche 28 juillet 2002, le Saint Père a présenté aux jeunes pèlerins présents parmi la multitude de près de 850 000 personnes des petites croix de bois faites à la main par des jeunes vivant dans les quartiers pauvres de Bogotá et Medellín en Colombie. Les organisateurs des Journées mondiales de la Jeunesse de 2002 avaient choisi de faire fabriquer les croix en une terre qui avait eu son lot de croix dans les années précédentes.

C’est parce que nous suivons un Christ crucifié que nous entrons en solidarité avec les millions de personnes qui souffrent dans le monde. Nous faisons l’expérience du pouvoir de l’Amour de Dieu grâce aux plus vulnérables et grâce à ceux qui souffrent. La croix nous apprend que ce qui aurait pu rester caché et sans importance pour l’histoire peut se transformer en beauté, espoir ainsi qu’en un appel constant à la bonté héroïque.

Lors de la conclusion de la liturgie eucharistique, le Pape vieillissant et souffrant dit aux jeunes de ne pas avoir peur « de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix ! En cette période difficile de la vie de l’Église, la poursuite de la sainteté devient de plus en plus urgente ». Il a ainsi invité ses jeunes amis à se « mettre à l’école de la croix ».

Lorsque la frénésie et les émotions fortes des activités des JMJ furent terminées, j’étais convaincu que l’un des souvenirs les plus marquants et qui resterait dans la mémoire de notre pays serait une simple Croix de bois, une si grande source de bénédictions et de consolation, de guérison, de force et de paix pour les centaines de milliers de personnes qui l’avaient embrassée, touchée, les inspirant et leur permettant d’être touchés par le message génial et la mémoire de Celui qui y est mort.

Célébrer le Triomphe de la Croix signifie reconnaître la plénitude de l’achèvement cruciforme de la vie de Jésus. Jésus nous demande courageusement de choisir une vie similaire à la sienne. La souffrance ne peut être évitée ou ignorée de ceux qui désirent suivre le Christ. Suivre Jésus implique souffrir et prendre sa croix. La marque du Messie doit devenir la marque de ses disciples.

Le père Thomas Rocisa c.s.b. était le Directeur national et PDG des Journées Mondiales de la Jeunesse de 2002 au Canada