La communauté humaine | Audience générale du Pape – 16 septembre 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur l’Église dans le monde moderne. Il a déclaré que « Gaudium et Spes affirme que la diversité des personnes et des peuples dans le monde ne doit pas être considérée comme un danger ou une menace, mais plutôt comme une ressource d’enrichissement et de croissance. Le conflit, qui dégénère parfois en violence, est le résultat de la puissance du péché et de la manière dont il conditionne les mentalités et les actions à tous les niveaux, provoquant destruction et mort. Nous devons être toujours plus ouverts à la logique de la réciprocité, du partage et de la sollicitude, comme c’est également le cas entre les différents membres du corps humain (cf. 1 Corinthiens 12, 21-25). »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

En consacrant son deuxième chapitre à la « communauté humaine », la Constitution Gaudium et spes (GS) invite à considérer la « multiplication des relations entre les hommes » comme « l’un des aspects les plus importants du monde d’aujourd’hui » (n° 23). Cette réalité doit cependant trouver son accomplissement « plus profondément au sein de la communauté des personnes », pour laquelle est indispensable « un respect réciproque de leur pleine dignité spirituelle » (ibid.).

Ce sont là des affirmations qui, de nos jours, revêtent une urgence accrue. D’une part, en effet, le développement technologique, la diffusion des mass-médias et des réseaux sociaux, le recours toujours croissant à l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles possibilités, en abattant les barrières et les distances ; d’autre part, les relations tendent à devenir de moins en moins personnelles, de plus en plus virtuelles, et l’on risque de s’habituer à déléguer aux algorithmes des décisions qui ne relèvent que de la conscience humaine. Veiller à ce que les relations sociales aient une réelle épaisseur et une profondeur personnelle est, à cet égard, la contribution que la communauté chrétienne se propose d’offrir.

Le Concile invite à puiser critères et force dans le projet créateur de Dieu, qui a voulu que « tous les hommes forment une seule famille et se traitent les uns les autres comme des frères » ; c’est pourquoi « l’amour de Dieu et du prochain est le premier et le plus grand commandement », qui a trouvé en Christ sa pleine révélation et son accomplissement parfait (cf. GS, 24).

Le perfectionnement de la personne humaine et le développement de la société doivent être considérés comme étroitement interdépendants : les opposer ou les séparer reviendrait à les réduire à néant. L’histoire, même la plus récente, confirme clairement cette vérité ; c’est pourquoi il ne faut pas se lasser de réaffirmer, avec les Pères de Vatican II, que « la personne humaine, qui, par sa nature même, a absolument besoin d’une vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales » (GS, 25).

Dans cette perspective, Gaudium et spes affirme que la diversité des personnes et des peuples dans le monde ne doit pas être considérée comme un danger ou une menace, mais comme un potentiel d’enrichissement et de croissance. L’opposition, qui dégénère parfois en violence, est le fruit du pouvoir du péché et de la manière dont celui-ci conditionne les mentalités et les actions, à tous les niveaux, provoquant destruction et mort. Il faut s’ouvrir toujours davantage à la logique de la réciprocité, du partage et de la sollicitude, comme c’est le cas également entre les différents membres du corps humain (cf. 1Co 12, 21-25).

À ce stade, la Constitution pastorale propose également une définition concise du « bien commun », en rappelant qu’il consiste en « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (GS, 26). Dans le même temps, reconnaissant l’interdépendance entre les peuples, elle affirme que « chaque groupe doit tenir compte des besoins et des légitimes aspirations des autres groupes, et plus encore du bien commun de l’ensemble de la famille humaine » (GS, 26).

Partant de cette approche, les Pères conciliaires indiquent ensuite certaines « conséquences pratiques d’une urgence particulière » (GS, 27). Tout d’abord, le respect de la personne humaine. Gaudium et spes déclare : « tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes » (ibid.).

Deuxième conséquence : le respect et l’amour même envers les adversaires ou ceux dont les façons de penser et d’agir diffèrent des nôtres (cf. GS, 28).

Troisièmement : l’égalité fondamentale de tous les hommes, qui exige la justice sociale. Le Document affirme : « toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit sociale ou culturelle, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu » (GS, 29).

Enfin, les Pères conciliaires exhortent à dépasser la mentalité individualiste et à adopter une attitude de responsabilité et de participation (cf. GS, 30-31).

Chers frères et sœurs, cette vision de l’humanité comme « communauté de personnes » est un héritage précieux que le Concile Vatican II nous a laissé. Elle nous aide tous à exercer un discernement personnel et communautaire, afin d’évaluer de manière responsable les projets sociaux et politiques d’aujourd’hui, selon les critères de la dignité de la personne humaine, de la justice sociale et de la libre participation à la construction du bien commun. Car l’avenir de l’humanité dépend de l’engagement de chacun à collaborer avec Dieu et avec ses frères pour construire un monde plus humain (cf. GS, 30).

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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La dignité humaine : don et responsabilité | Audience générale du Pape – 9 septembre 2026

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Lors de son audience générale hebdomadaire, le pape Léon XIV a poursuivi sa série de catéchèses sur Gaudium et Spes, la constitution pastorale du Concile Vatican II sur l’Église dans le monde moderne. Mettant en perspective la réflexion de la constitution sur la source de la dignité humaine, il a déclaré : « Le Saint-Esprit, qui donne la vie en Christ, nous rend libres et nous assure sans cesse de notre dignité d’enfants de Dieu, nous délivrant de la peur et nous guidant vers le but ultime, cette vie dans toute sa plénitude au-delà de la mort que le Christ nous a promise. »

Lisez le texte intégral de son discours ci-dessous. Vous pourrez regarder les Audiences Générales du pape sur Sel + Lumière TV  et sur slmedia.org/fr/endirect.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

La Constitution conciliaire Gaudium et spes (GS), qui consacre son premier chapitre à la dignité de la personne humaine, souligne que celle-ci est le fondement et la condition de ces « valeurs qui sont aujourd’hui les plus estimées », mais qu’il est nécessaire qu’elles ne perdent pas le lien avec « leur source divine », afin d’échapper aux éventuelles déformations dues à la « corruption du cœur humain » (GS, 11).

Le chemin qui a permis de mettre en lumière les traits et les droits fondamentaux de la dignité de la personne représente certainement l’une des pages les plus significatives de l’histoire humaine. Cependant, le parcours à accomplir n’est pas terminé et doit faire face aux contradictions, anciennes et nouvelles, qui empêchent sa pleine mise en œuvre.

L’Église apporte clairement sa contribution, en rappelant que la dignité humaine découle de l’être même de la personne. J’ai eu l’occasion de le réaffirmer également dans la récente encyclique Magnifica humanitas: « chaque personne est conçue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la création. Sa dignité ne dépend pas des capacités qu’elle possède, de ses richesses ou du rôle qu’elle occupe, des choix justes ou erronés qu’elle pose, mais elle est un don, qui la précède et la dépasse, placé par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais défaut. » (n° 50). La dignité infinie de l’être humain trouve donc son fondement dans son identité de créature faite « “à l’image de Dieu”, capable de connaître et d’aimer son Créateur », projet et don d’amour qui transcende les autres réalités créées, lesquelles sont confiées à ses soins « pour qu’il les gouverne et s’en serve à la gloire de Dieu » (GS, 12).

C’est dans la foi que nous pouvons comprendre le fondement ultime de la dignité de la personne, car le Fils, « dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation » (n° 22).

La personne implique toujours une relation, une communion, une participation vis-à-vis de Dieu et des autres ; il s’agit donc d’une relation filiale avec Dieu le Père et d’une relation fraternelle avec le Christ et avec tous les hommes. Elle exclut tout repli sur soi. Être une personne, c’est se percevoir comme un don à partager, en grandissant et en mûrissant dans l’accueil, la réciprocité et le service.

Cette dignité relève de la responsabilité de chacun : en même temps, elle exige aussi de la solidarité et une attention mutuelle, en surmontant les nombreuses falsifications et manipulations qui en déforment encore aujourd’hui la perception et en entravent la réalisation. En effet, en raison des choix contraires à sa dignité opérés au cours de l’histoire, aujourd’hui encore « l’homme se trouve divisé en lui-même » et « toute la vie humaine, tant individuelle que collective, présente les traits d’une lutte dramatique entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres ». Cette condition fragile et limitée peut toutefois être envisagée avec espérance, car « le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors “le prince de ce monde” (Jn 12, 31), qui le retenait dans l’esclavage du péché » (GS, 13).

La constitution Gaudium et spes affirme en outre que la dignité humaine concerne la personne dans sa totalité et qu’il faut donc dépasser les visions dualistes : l’être humain est « une unité de l’âme et du corps ». La réduction du corps à un “objet” dont on peut disposer arbitrairement constitue toujours une négation de la dignité de la personne : « il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle […] », et il faut « il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour », en veillant « sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur » (GS, 14), puisque nous sommes tous marqués par le péché.

Enfin, Gaudium et spes évoque trois expressions particulièrement significatives de la dignité de la personne : l’intelligence, qui fait de l’être humain un chercheur insatiable de vérité (n° 15) ; la conscience, grâce à laquelle il donne unité et sens à sa vie (n° 16) ; la liberté, qui fait de lui l’acteur responsable de ses propres décisions (n° 17). Ces dimensions sont étroitement liées entre elles : c’est dans la conscience que la vérité est reconnue comme telle et que la liberté peut la vivre comme son fondement et sa possibilité. Le Saint-Esprit, qui donne vie en Christ, nous rend libres et nous assure sans cesse de notre dignité d’enfants de Dieu, en nous libérant de la peur et en nous guidant vers le but ultime, cette vie en plénitude au-delà de la mort que le Christ nous a promise : c’est en Lui seul que le mystère de l’homme trouve sa véritable lumière, c’est de Lui que nous recevons la lumière sur l’énigme de la douleur et de la mort, et c’est avec Lui que nous allons à la rencontre de la résurrection.

Chers frères et sœurs, créés à l’image de Dieu, par le Christ et en vue de Lui, nous avons reçu une dignité unique et indélébile. Engageons-nous à la promouvoir et à la défendre toujours, à la lumière et avec la force de l’Évangile.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

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La persécution des chrétiennes dans le monde avec Marie-Claude Lalonde

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis parle du récent rapport de l’Aide à l’Église en Détresse intitulé “Entendez ses pleurs: L’enlèvement, la conversion forcée et la victimisation sexuelle des femmes et filles chrétiennes” avec la directrice d’AED-Canada, Marie-Claude Lalonde. Sont notamment abordés les thèmes de la persécution des chrétiens dans le monde, le Mercredi Rouge, la mission de l’Aide à l’Église en détresse et des différents moyens pour s’impliquer pour le respect de la dignité et droits des femmes et filles en 2021. Tout cela et bien plus sur Parrêsia, votre balado qui prend le temps de penser.

L’archidiocèse de Montréal fidèle à sa promesse

(image: Courtoisie Pixabay) Hier 5 mai 2021 lors d’une conférence de presse, l’archidiocèse de Montréal faisait l’annonce officielle de la mise en place de plusieurs mesures pour faire face aux abus sexuels. Suivant le rapport « Capriolo », publié en novembre dernier et qui offrait une liste exhaustive de recommandations pour mettre à jour les politiques du diocèse quant au traitement des cas d’abus sexuels, l’annonce d’hier représente une étape significative dans la mise en place de ces dernières. L’ensemble de ces mesures sont disponibles sur le site de l’archidiocèse. Nomination de Me Marie Christine Kirouack à titre d’Ombudsman, création d’un Comité consultatif laïc de cinq membres, mise en place de différents protocoles concernant le traitement des plaintes, de divulgation d’informations relativement aux personnes signalées sans oublier une politique de soutien à la personne plaignante, l’Église catholique à Montréal est désormais beaucoup mieux équipée pour faire face aux éventuels abus qui pourraient malheureusement encore avoir lieu ainsi que pour accueillir des victimes de préjudices passés.

Les victimes font partie de la solution

Lors de son intervention, Mgr Christian Lépine a souligné à quel point le soutien des personnes victimes d’abus sexuels ou psychologiques était au cœur de ses préoccupations en tant qu’archevêque de Montréal. Il faut le dire, l’Église catholique, ne disposait pas encore de structures adaptées pour faire face à ce problème endémique qui n’épargne aucune institution ou organisation. Un rattrapage était nécessaire! D’une attitude réactive, il fallait désormais être proactif.Les annonces de cette semaine remplissent cet objectif. Bien que se basant sur des critères proprement chrétiens et dans un souci de respecter les plus hautes normes en la matière, il est intéressant de noter qu’une victime d’abus fut également impliquée dans le processus d’établissement des recommandations.

D’une attitude réactive, il fallait désormais être proactif.

Suivant la même logique d’implication des victimes dans le processus d’éradication des abus de toutes sortes, une série vidéo de sensibilisation intitulée « Il faut le dire » a aussi été créée à des fins de formation du personnel de l’archidiocèse et rendue disponible sur la chaîne YouTube du Diocèse de Montréal.

Vérité, humilité et prophétisme

Cela montre bien le prophétisme dont doit faire preuve l’Église pour rendre justice aux victimes du passé et mettre fin aux éventuels abus qui pourraient toujours être commis en son sein. Cela s’avère nécessaire non seulement pour rétablir sa crédibilité institutionnelle si importante à la réalisation de sa mission d’annonce de l’Évangile et de présence auprès des personnes vulnérables mais également pour être un exemple devant l’ensembles des institutions de la société. En effet, comme je l’ai déjà mentionné dans un article précédent, aucune organisation, entreprise, etc. n’est à l’abri de ce genre d’abus. L’Église a donc un devoir d’exemplarité. En ce sens, puisqu’il est malheureusement fort à parier, qu’encore aujourd’hui, des organisations toujours être tentées par la dissimulation ou le refus d’une justice transparente et responsable, l’Église se doit d’être en position de leadership.

Une nouvelle étape d’un long chemin

En relativement très peu de temps, 18 des 31 recommandations du rapport « Capriolo » sont désormais adoptées par l’archidiocèse de Montréal. Et ce n’est pas terminé! Il était néanmoins important de fonctionner par étapes afin de mettre à profit l’expérience que la mise en place de ces mesures va générer. S’appuyant sur l’expertise d’hommes et de femmes conscients de l’importance de la tâche qui leur est confiée ainsi que sur ces nouveaux protocoles et processus de soutien, l’archidiocèse de Montréal est désormais beaucoup plus à même de répondre promptement, efficacement aux alertes de victimes. Ainsi, sa mission de charité, de justice et de vérité n’en sera que confirmée.

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Communiquez avec l’Ombudsman en tout temps pour obtenir plus d’informations ou pour porter plainte.
(514) PLAINTE ((514) 752-4683)
plainte@ombudsman-ecm.com

Me Marie Christine Kirouack, Ad.E., Ombudsman 4141, rue Sherbrooke Ouest, bur. 255 Westmount, QC, H3Z 1B8
www.ombudsman-ecm.com

Messe pour la vie en direct sur Sel + Lumière: 14 mai 8h00

(Photo crédit: Archidiocèse de Montréal) Alors que le coronavirus nous fait découvrir la fragilité et la dignité de chaque vie humaine ainsi que la beauté d’être dépendants les uns des autres, Mgr Christian Lépine vous invite à vous joindre à lui le 14 mai 2020, à 8h, sur le réseau Sel+Lumière, pour la célébration d’une Messe spéciale à l’intention de la vie, de la famille, des plus vulnérables d’entre nous ainsi que de leurs proches et de leurs soignants. Cette messe est célébrée en communion avec la Marche nationale pour la vie (www.marchforlife.ca) qui aurait été célébrée le 14 mai.

Les rêves du Pape pour l’Amazonie

(Photo: CNS/Paul Haring) Mercredi dernier le 12 février 2020, la très attendue exhortation apostolique suivant le Synode d’octobre dernier sur l’Amazonie était publiée. Intitulée « Querida Amazonia », ce texte d’une trentaine de pages manifeste le rêve du premier Pape sud-américain pour cette terre unique de l’Amazonie. Divisée en quatre parties représentant chacune les « rêves » (no 7) du pape pour l’ensemble des peuples qui vivent dans la région, ce document n’en a pas moins une importance et une résonnance universelle.

Les peuples autochtones nous précèdent

La nature de ce texte est d’abord et avant tout une exhortation afin que l’ensemble du peuple de Dieu et « des personnes de bonne volonté » puissent se joindre à lui par la prière et les initiatives pastorales pour le bien des populations vivant dans cette région du monde. Pour ce faire, le Pape rappelle la centralité des populations autochtones de la région dans l’amélioration de leurs propres conditions de vie sociales et environnementales. En effet, bien que la défense de la nature soit des plus urgentes, « un conservatisme « qui se préoccupe du biome mais qui ignore les peuples amazoniens » est inutile » (no8). On pourrait dire que le bien de l’environnement dépend de la santé sociale de ces peuples et que ce n’est qu’en respectant leur dignité à tous les niveaux, que la solution aux problèmes environnementaux se manifestera. En d’autres termes, en cherchant le bien-être des autochtones de l’Amazonie la préservation de l’environnement nous sera donné comme « par surcroît » (Mt 6,33).

En effet, comment ne pas voir que ces populations, du fait même qu’elles aient gardé un rapport plus étroit avec la nature (no 40), sont les plus à même d’agir comme peuple intermédiaire avec l’esprit techniciste propre à notre époque. Véritables ambassadeurs de la nature auprès de l’humanité, les peuples autochtones doivent être aux premières loges des décisions de développement de leur région. Il continue en écrivant ceci : « La sagesse de la manière de vivre des peuples autochtones – malgré toutes ses limites – nous pousse à approfondir cette aspiration » (no 22). Pour cela, le Pape exhorte les peuples autochtones à en être eux-mêmes les « protagonistes » (no 27) tout en cultivant un esprit ouvert au dialogue (no 26).Tous les pays doivent donc chercher des moyens pour développer « une recherche de la justice qui est inséparablement un chant de fraternité et de solidarité, une stimulation pour la culture de la rencontre ».

Pour une culture de l’enracinement

Pour être le plus efficace dans la préservation des intérêts des peuples amazoniens, le Pape les exhorte à être d’authentiques « cultivateurs » de leurs cultures et mémoires ancestrales : « J’invite les jeunes de l’Amazonie, surtout les autochtones, à « prendre en charge les racines, parce que des racines provient la force qui les fait croître, fleurir, fructifier » (no 33). Sans connaissance claire de l’histoire personnelle, familiale et nationale, impossible d’entrer dans un dialogue authentique avec les autres peuples. En ce sens, le pape François se « réjouis(t) de voir que ceux qui ont perdu le contact avec leurs propres racines cherchent à retrouver la mémoire perdue » (no 35). En ce sens, l’Église peut être d’une aide importante dans la préservation des cultures amazoniennes en suscitant la production et le rayonnement d’initiative culturelle.

On voit aujourd’hui combien un thème comme l’environnement peut faire l’objet d’instrumentalisation partisane. Dans ce contexte, les peuples de l’Amazonie peuvent jouer un rôle central pour surpasser ces écueils contre-productifs. Gardant une vision holistique de la nature c’est-à-dire une vision de l’environnement qui inclut l’humanité, les peuples de l’Amazonie voit d’une manière encore plus aigüe que partout ailleurs qu’« abuser de la nature c’est abuser des ancêtres, des frères et sœurs, de la création et du Créateur, en hypothéquant l’avenir »(no 42). Ainsi, les peuples amazoniens de par leur attachement à leur culture et à l’environnement nous montre que la défense de la nature ne pourra se développer que parallèlement à une culture des racines culturelles propres à chaque peuple. Défendre la nature dépend de notre engagement envers la culture. L’Amazonie a donc beaucoup à nous apprendre.

Une Exhortation pour tous

Bien que l’Exhortation apostolique du pape François « Querida Amazonia » soit spécifiquement orientée vers les peuples de l’Amazonie et ceux qui sont directement en lien avec ces derniers, ce texte a beaucoup à nous apprendre pour le tournant missionnaire que nous avons tous à faire. Que ce soit par les relations étroites qu’ils entretiennent avec la nature que par leur souci de préserver leur culture des ravages d’un monde en proie à l’uniformisation, l’Église et la société ont tout à gagner à se mettre à leur école et à prendre véritablement un « visage amazonien »

Parrêsia – L’éducation en 2020 avec Thomas De Koninck

Parrêsia - L'éducation en 2020 avec Thomas De Koninck

Dans cet épisode, Francis Denis s’entretient des différentes dimensions de l’éducation en 2020 avec le philosophe et auteur Thomas De Koninck. Sont abordés des thèmes tels que la philosophie, la vie intérieure, la lecture, la maturité intellectuelle, la dignité humaine et les différents défis qui font souvent obstacle à l’ouverture de l’esprit humain aux valeurs transcendantes.

Message vidéo du Pape François sur les formes nouvelles de l’esclavage

Vous trouverez ci-dessous le texte complet du message vidéo du pape François tel qu’envoyé aux participants du Forum sur l’esclavage moderne, «Vieux problèmes du nouveau monde» et qui se tient à Buenos Aires du 5 au 8 mai 2018:

Chers frères et sœurs,

J’ai accepté avec plaisir l’invitation à adresser mes salutations à vous qui participez à ce forum sur les formes modernes d’esclavage: «Vieux problèmes du nouveau monde», organisé par le diocèse orthodoxe de Buenos Aires, dirigé par le Métropolite Tarasios,  par l’Institut orthodoxe «Patriarche Athénagoras» de Berkeley en Californie, et sous le patronage du Patriarcat œcuménique. Tout d’abord, je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomée Ier, ainsi qu’à l’archevêque de Canterbury, Sa Grâce, Justin Welby, qui ont inauguré ce forum l’année dernière.

Cela me réconforte de savoir que nous partageons la même préoccupation pour les victimes de l’esclavage moderne.

L’esclavage n’est pas quelque chose d’un autre temps. C’est une pratique qui a des racines profondes et se manifeste encore aujourd’hui sous de nombreuses formes: la traite humaine, l’exploitation du travail par la dette, l’exploitation des enfants, l’exploitation sexuelle et le travail domestique forcé. Chacune de ces formes est plus sérieuse et inhumaine que les autres. Malgré le manque d’information dans certaines régions du monde, les chiffres sont spectaculairement élevés et, très probablement, sous-estimés. Selon certaines statistiques récentes, il y aurait plus de 40 millions de personnes, hommes, mais surtout femmes et enfants, qui souffrent d’esclavage. Pour avoir une idée, si elles vivaient dans une seule et même ville, il s’agirait de la plus mégapole de notre planète, et aurait plus ou moins une population quatre fois supérieure au Grand Buenos Aires.

Personne ne peut se laver les mains devant cette réalité tragique, s’il ne veut pas être complice de ce crime contre l’humanité. Le premier devoir qui s’impose est de mettre en place une stratégie qui permettra une meilleure connaissance du sujet, de déchirer le voile de l’indifférence qui semble couvrir le sort de cette partie de l’humanité qui souffre, qui est en train de souffrir. Il semblerait que beaucoup ne souhaitent pas comprendre l’ampleur du problème.

Certains, qui sont directement impliqués dans des organisations criminelles, ne veulent pas en être informés, simplement parce qu’ils en tirent de grands bénéfices grâce aux nouvelles formes d’esclavage. Il y a aussi ceux qui, malgré leur connaissance du problème, ne veulent pas parler parce que c’est là que se termine la «chaîne de consommation», en tant que consommateur de «services» qui offrent des hommes, des femmes et des enfants devenus esclaves. Nous ne pouvons pas être distraits: nous sommes tous appelés à sortir de toutes les formes d’hypocrisie, affrontant cette réalité que nous faisons partie du problème. Le problème n’est pas une chose extérieure devant nous: il m’implique. Nous ne sommes pas autorisés à détourner le regard, à déclarer notre ignorance ou notre innocence.

La deuxième grande tâche consiste à agir en faveur de ceux qui sont devenus des esclaves: défendre leurs droits, empêcher les corrompus et les criminels d’échapper à la justice et d’avoir le dernier mot sur les personnes exploitées. Il ne suffit pas que certains États et organisations internationales adoptent une politique particulièrement dure en voulant punir l’exploitation des êtres humains, si les causes ne sont pas abordées… Les racines les plus profondes du problème. Lorsque les pays souffrent de pauvreté extrême, ils subissent la violence et la corruption, ni l’économie, ni le cadre législatif, ni les infrastructures de base ne sont efficaces; ils ne peuvent garantir la sécurité, ni les biens, ni les droits essentiels. De cette façon, il est plus facile pour les auteurs de ces crimes de continuer à agir en toute impunité. De plus, il y a un fait sociologique: le crime organisé et le trafic illégal d’êtres humains choisissent leurs victimes parmi les personnes qui ont aujourd’hui peu de moyens de subsistance et encore moins d’espoir pour l’avenir. Pour être plus clair: parmi les plus pauvres, parmi les plus marginalisés, les plus mis au rebut. La réponse fondamentale réside dans la création d’opportunités pour le développement humain intégral, en commençant par une éducation de qualité: c’est le point clé, une éducation de qualité dès la petite enfance, pour continuer à générer de nouvelles opportunités de croissance par le travail. Éducation et travail.

Cet immense travail, qui demande du courage, de la patience et de la persévérance, nécessite un effort commun et global de la part des différents acteurs qui composent la société. Les Églises doivent également s’engager dans cette tâche. Bien que les individus et les groupes spéculent sans vergogne sur l’esclavage, nous les chrétiens, tous ensemble, nous sommes appelés à développer une collaboration de plus en plus grande pour que nous dépassons tous les types d’inégalité, la discrimination de toute nature, ce qui est exactement ce qui permet qu’un homme peut être l’esclave d’un autre homme. Un engagement commun pour faire face à ce défi sera une aide valable pour la construction d’une société renouvelée orientée vers la liberté, la justice et la paix.

Message de Mgr Christian Lépine suite à la tragédie de Toronto

Vous trouverez ci-dessous le message de S. Exc. Mgr Christian Lépine suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto:

« Chaque vie humaine est une histoire »

Chers fidèles du diocèse de Montréal,

Depuis hier nous sommes sous le choc suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto. Pour le moment on sait que 10 personnes ont été tuées et 15 blessées. Nous n’avons pas d’idée précise du motif qui a amené un homme à foncer sur les personnes avec un véhicule. Cependant nous sommes profondément touchés par le drame qui a frappé les victimes et leurs familles.

Chaque vie humaine est une histoire, et hier des personnes innocentes ont été fauchées comme si elles n’étaient rien. Les personnes blessées sont marquées dans leur chair et leur âme. Les familles des victimes sont dévastées et dans une immense peine.

Au nom de tous les fidèles du diocèse de Montréal et avec eux j’exprime notre compassion devant le ravage causé par un acte insensé. Je m’unis à l’Archevêque de Toronto et à son appel à la prière. Jésus-Christ a le pouvoir de conduire à la vie éternelle et de consoler les cœurs brisés. Nous voulons nous recueillir dans le silence pour exprimer notre solidarité et confier les victimes et leurs familles à Dieu et à sa tendresse infinie.

Nous sommes réconfortés par les témoins directs de la tragédie qui ont tout fait pour porter secours et par les premiers répondants qui se sont dévoués pour faire face à la crise. Que, par la grâce de Dieu, nous continuions toujours de croire au pouvoir du bien et de l’entraide.

+Christian Lépine
Archevêque de Montréal

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Lettre du président de la CECC aux peuples autochtones du Canada

Courtoisie du Servizio Fotografico de l’Osservatore Romano.

Vous trouverez ci-dessous la Lettre du président de la Conférence des évêques catholiques du Canada aux peuples autochtones du Canada:

Chers frères et sœurs autochtones,

En tant qu’évêques catholiques du Canada, la relation que nous avons avec les peuples autochtones est une priorité pastorale importante. Au cours des dernières années, nous avons vu plusieurs exemples de guérison et de réconciliation et nous sommes résolus à nous appuyer sur ces efforts, à collaborer étroitement avec vous, et à apprendre à cheminer ensemble. Nous souhaitons aussi réfléchir aux relations que nous avons avec vous, dont certaines remontent à plusieurs siècles, et à notre responsabilité de promouvoir des engagements constructifs durables. Nous aspirons à un avenir où les injustices systémiques seront corrigées, où nous apprendrons tous de nouvelles façons de vivre ensemble qui sauront honorer et respecter les Premiers Peuples de notre pays.

Dans l’accomplissement de sa mission comme Pasteur universel, le pape François a parlé souvent et passionnément du sort des peuples autochtones du monde entier et de la sagesse dont ils témoignent, sans s’empêcher de reconnaître les injustices qui n’étaient pas conformes à l’Évangile et exprimer des regrets pour des torts passés. Il a souligné que les peuples autochtones sont des interlocuteurs importants que l’Église se doit d’écouter.

Les évêques catholiques du Canada ont eu des conversations avec le Pape et le Saint-Siège au sujet des séquelles de la souffrance que vous avez vécue. Le Saint-Père est au fait des conclusions tirées par la Commission de Vérité et Réconciliation, et il les prend au sérieux. En ce qui concerne l’appel à l’action 58, après avoir examiné attentivement la demande et l’avoir discutée abondamment avec les évêques du Canada, il était d’avis qu’il ne peut pas y répondre personnellement. En même temps, conscient de votre douleur, il a encouragé les évêques à continuer de s’engager dans un travail intensif de pastorale visant la réconciliation, la guérison et la solidarité avec les peuples autochtones, et de collaborer dans des projets concrets en vue d’améliorer la condition des Premiers Peuples. Quant à leur culture et leurs valeurs, le Pape encourage les jeunes à tirer toute la richesse des traditions, des expériences et de la sagesse que les aînés ont à offrir, et invite les aînés à partager ce patrimoine avec les jeunes, de manière que ces derniers puissent le transmettre devant les défis de la vie. Dans ce contexte, une visite papale pourrait être envisagée dans le futur, qui tiendrait compte de toutes les circonstances, y compris une rencontre avec les peuples autochtones comme l’une de ces principales priorités.

De notre côté, par l’entremise de la participation d’évêques et de fidèles catholiques à la démarche de la CVR et de par nos relations continues avec les peuples autochtones, nous avons entendu votre invitation à faire face au passé avec franchise et courage, à reconnaître les erreurs de membres de l’Église catholique, et à prendre des mesures tangibles de solidarité avec les peuples autochtones en vue d’un avenir meilleur. Dans cette optique et avec le vif encouragement du pape François, nous affirmons notre engagement.

Inspirés par nos échanges avec le Saint-Père, nous nous engageons avec vous vers la réconciliation au niveau local à travers d’initiatives pastorales concrètes. Ces dernières doivent s’appuyer sur des rencontres authentiques, comme celles qui sont déjà en cours partout au pays. Par le biais de ces conversations, nous souhaitons comprendre davantage ce que signifie cheminer en solidarité avec les peuples autochtones dans les différentes régions du pays, conscients que notre histoire commune, de même que vos aspirations et vos besoins, sont très différents d’un endroit à l’autre. Toutes ces actions et ces conversations en cours – et toutes les autres qu’il faudra entreprendre – sont essentielles à la réconciliation et à la perspective d’un avenir riche d’espérance. Prochainement, nous les évêques, nous désirons partager avec vous ce que nous avons appris lors de ces rencontres et prendre avec vous de nouvelles mesures vers la réconciliation.

Au moment où l’Église s’apprête à entrer dans le mystère pascal à Pâques, avec tous les évêques du Canada, je tiens à renouveler notre promesse de vous accompagner dans la prière et de travailler avec vous dans la poursuite de relations respectueuses et de l’édification d’une société juste.

Sincèrement dans le Christ le Bon Pasteur,

+Lionel Gendron, P.S.S.
Évêque de Saint-Jean-Longueuil
et Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada
Le 27 mars 2018

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