Réflexion du 2ème dimanche de carême

Voyez ici une réflexion sur le 2ème dimanche de carême, inspirée de l’évangile du jour selon saint Matthieu 17,1-9

La foi dans l’espace public avec Jean Tremblay

Cette semaine, dans le cadre de son balado « Parrêsia », Francis Denis discute de la place de la foi dans l’espace public avec l’ancien maire de Saguenay Jean Tremblay. Bien connu pour avoir mené le combat pour le maintien du droit à un temps de prière au début du conseil de ville jusqu’en Cour Suprême, Jean Tremblay a une expérience de première ligne. Dans cet entretien, sont abordés des thèmes tels que les médias, les enjeux sociaux contemporains, l’histoire du Québec et le récit de son expérience personnelle comme homme politique ayant affiché publiquement sa foi.

Une série à l’image d’une Église missionnaire

(Photo: Jacinthe Lafrance) Mercredi soir dernier, j’ai eu la chance de me rendre au Diocèse de Nicolet pour un visionnement en avant-première des plus récents épisodes de la série « Sur la route des diocèses » consacrés à ce diocèse du Centre-du-Québec et qui seront diffusés sur nos ondes les mardis 3 et 10 mars à 20h00. Depuis quelques années, j’ai la bonne fortune de me rendre un peu partout au Québec et au Canada francophone pour visiter les communautés catholiques qui s’y trouvent. Chaque visite est l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes qui, sur le terrain, rayonnent d’une joie qui se fait malheureusement de plus en plus rare dans notre société.

Missionnaire parce que témoins

On le sait, l’atmosphère et le pouls de la société ne carburent plus aux vertus théologales. Cette perte de reconnaissance envers l’Église aurait tout pour décourager les artisans de n’importe quelle institution. Or, après avoir visité quatorze diocèses jusqu’à maintenant, je peux dire que c’est tout le contraire. Quelle que soit la région visitée, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui s’étaient déjà laissé prendre corps et âme par l’esprit missionnaire.

Loin des clichés souvent véhiculés dans les médias ou la culture populaire, l’Église réelle c’est-à-dire celle que je rencontre sur le terrain a une profonde conscience que cette œuvre de Dieu qu’elle a faite sienne, en définitive, ne dépend pas de ses propres forces. Loin de tout volontarisme qui, lui, pourrait porter au découragement, les artisans de l’Église d’aujourd’hui cherchent plus à être transparents de la Personne qui les habite que de chercher à prendre la première place. S’en dégagent une profonde paix, une joie et une fierté de porter ce trésor aussi grand qu’invisible aux cœurs endurcis.

L’authenticité de personnes habitées

Lors de ce visionnement à Nicolet, quelqu’un m’a fait remarquer à quel point la série « Sur la route des diocèses » rend manifeste la sincérité et l’authenticité des personnes interviewées. Que ce soit les évêques qui nous présentent leur diocèse, les agent(es) de pastorale, les religieux (ses) et j’en passe, tous resplendissent d’une aisance devant la caméra qui ne serait possible sans une profonde authenticité et une foi en la Présence indéfectible de Dieu.

S’en dégage une atmosphère de communautés unies et orientées vers l’accueil de toute personne. Ce qui, par contraste avec notre monde, a tout le potentiel pour émerveiller les hommes et les femmes de notre temps, souvent emprisonnés dans une culture du cynisme et du désespoir. Nul ne pourra connaître l’ampleur de l’effet de ces témoignages mais, après réflexion, on peut dire que nos communautés sont véritablement missionnaires.

Une série qui s’inscrit dans l’élan missionnaire

Alors que l’Église de chez-nous continue d’évoluer dans un environnement social difficile et humainement décourageant, les portraits des églises particulières contenus dans la série « Sur la route des diocèses » sont le reflet d’une profonde santé spirituelle du Peuple de Dieu. Que ce soit par son profond attachement au Christ, sa souplesse requise pour se faire accueillante à toute personne cherchant le « regard miséricordieux du Père » ou cette authenticité nécessaire pour être crédible auprès des gens de notre époque, l’Église catholique envoyée aux quatre coins du pays est prête à faire face aux défis des décennies à venir.

Réflexion du 1er dimanche de carême

Voyez ici une réflexion sur le 1er dimanche de carême, inspirée de l’évangile du jour selon saint Matthieu 4,1-11

Euthanasie et culture palliative avec Louis-André Richard

Cette semaine, dans le cadre de son balado « Parrêsia », Francis Denis discute de l’euthanasie avec le philosophe Louis-André Richard. Il est notamment l’auteur du livre « La cigogne de Minerve. Philosophie, culture palliative et société » où il propose « une enquête philosophique explorant le rapport à la mort dans nos sociétés ». Sont donc abordées les différentes évolutions de notions comme la dignité humaine, les présupposés philosophiques liés aux conceptions de la médecine palliative et les conséquences sur les soins de santé au Québec en 2020.

Face aux ténèbres : les tristes révélations à propos de Jean Vanier

Trosly (France), mars 2011 – Jean Vanier Fondateur de l’Arche. Crédit photo: Elodie Perriot / L’Arche.

Les révélations récentes à propos de Jean Vanier sont profondément tristes. Elles révèlent des choses qu’on n’aurait jamais cru possibles de la part de celui que nous avons tant estimé. Cela nous met devant la question : comment est-ce possible ? Comment est-ce que celui qu’on admirait tant a pu faire ces choses affreuses ? Comment est-ce que son œuvre a pu avoir un rayonnement si beau et si important alors qu’il commettait des actes si graves ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer Jean Vanier à deux reprises. D’abord à Paris où il donnait une conférence témoignant de l’importance de devenir plus humain par notre vie commune tous ensemble. La deuxième fois à Trosly-Breuil, le petit village où il a fondé « L’Arche », lors d’une retraite de cinq jours que Jean animait pendant la Semaine Sainte. Cette retraite avait été une expérience extraordinaire. Jean intervenait chaque matin pendant une heure. Il nous a inspiré par ses réflexions profondes et émouvantes, sans aucun texte écrit comme support. Il semblait parler directement du cœur, jusqu’au fond de nos cœurs, à partir de son propre vécu. J’étais assis près de lui lors de la veillée pascale et le lendemain il m’avait invité à déjeuner à sa table le dimanche de Pâques en tant que compatriote canadien. J’ai vu un homme qui parlait de tendresse, de vulnérabilité, d’amour comme Jésus nous aime, de découverte du Christ dans notre faiblesse et celle de notre prochain, d’accueil des dons de chaque personne et de célébration pour les uns les autres. Il n’a pas simplement parlé de ces choses par des paroles : toute sa manière d’être les exprimait.

Comment réconcilier ce message à une conduite si inacceptable ? Il n’y a pas de réponses faciles. Nos premières pensées doivent aller aux victimes qui ont eu le courage de révéler ces actes qui les ont fait tant souffrir. Ensuite nous pensons à tous ceux qui étaient des amis de Jean, à tous ceux qui travaillent pour L’Arche et à tous ceux qui habitent dans les foyers de L’Arche à travers le monde entier.

La vie de chaque personne est un mélange de clarté et de noirceur. Dans certains cas, les ténèbres nous écrasent ; elles nous scandalisent et elles nous dépriment. Il y a certaines actions qui ne sont pas bonnes, et il y en a d’autres qui sont simplement inadmissibles. Nous voyons dans chaque vie humaine des éléments du bien et du mal. Comment pouvons-nous arriver à nous éloigner du mal pour courir vers le bien ? C’est ça qui nous permet d’éviter l’hypocrisie que nous voyons désormais de manière si dure dans la vie de Jean Vanier.

Certes, il y a eu de bons aspects dans la vie de Jean. En effet, avant ces révélations récentes, on aurait pu croire qu’il y avait que des bons aspects. Maintenant nous savons qu’il y avait également du mal. Ses bonnes œuvres ne justifient point et ne pourront jamais diminuer la gravité du mal qu’il a commis. De la même façon, le mal qu’il a commis ne supprime pas les bons effets de son travail. Comment nier la bonté du message qu’il présentait ? Comment ignorer les bons fruits de son œuvre en faveur de millions de personnes autour du monde ? Nous ne pouvons plus admirer l’homme Jean Vanier, mais nous devons continuer d’œuvrer pour les valeurs qu’il a promues. Non pas parce qu’il les a promues, mais parce qu’elles sont bonnes en soi.

Il y a deux effets positifs qui proviennent de ces révélations tragiques. Tout d’abord, que notre choc et notre tristesse se transforment en détermination et en motivation pour que nous puissions nous détourner du mal en nous et autour de nous, afin de poursuivre le bien avec encore plus d’ardeur. Soyons des témoins authentiques de la tendresse et non pas de la violence, de la miséricorde et non pas de l’amertume, de l’amour et non pas de l’indifférence. Continuons de devenir plus authentiquement humains tous ensemble, en vivant dans la joie et la paix les uns avec les autres, unis dans notre diversité.

En même temps, ne mettons pas notre foi dans les êtres humains, qui sont toujours fragiles comme nous aussi nous sommes fragiles. Mettons notre foi et notre confiance surtout en Dieu, pour qu’Il apporte la clarté de sa lumière au cœur de notre obscurité. Que Dieu nous inspire de vivre chaque jour dans la vérité et l’authenticité, et de refuser toute hypocrisie dans nos paroles et dans nos actes. Le temps du Carême qui commence aujourd’hui nous donne l’occasion de faire exactement ce travail intérieur qui permet à la lumière de rayonner davantage en nous. Au milieu de notre tristesse, que Dieu nous apprenne à prier pour les victimes de Jean, pour toute la famille de L’Arche et pour Jean lui-même. Nous mettons notre confiance non pas en Jean, mais en Jésus. C’est lui notre espérance et il ne nous décevra jamais.

Église en Sortie 24 février 2020

Cette semaine à Église en Sortie, Francis Denis reçoit Mgr Christian Lépine, archevêques de Montréal, pour parler de sa plus récente lettre pour la 28 e Journée du malade. On vous présente une chronique des actualités de la rue avec l’abbé Claude Paradis. Dans la troisième partie de l’émission, on parle de l’évolution des perspectives sur la mort à travers les siècles avec le philosophe et auteur de « La Cygogne de Minerve » Louis-André Richard.

Sainte Marie-de-l’Incarnation avec Thérèse Nadeau-Lacour (2/2)

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis poursuit son entretien avec la théologienne et auteur Thérèse Nadeau-Lacour sur la vie et l’œuvre de sainte Marie-de-l’Incarnation. Dans cet épisode sont abordés des thèmes tels que ses relations avec l’évêque de l’époque saint François de Laval, son universalité et sa pertinence pour aujourd’hui de la « Thérèse du nouveau monde » (Bossuet).

Les rêves du Pape pour l’Amazonie

(Photo: CNS/Paul Haring) Mercredi dernier le 12 février 2020, la très attendue exhortation apostolique suivant le Synode d’octobre dernier sur l’Amazonie était publiée. Intitulée « Querida Amazonia », ce texte d’une trentaine de pages manifeste le rêve du premier Pape sud-américain pour cette terre unique de l’Amazonie. Divisée en quatre parties représentant chacune les « rêves » (no 7) du pape pour l’ensemble des peuples qui vivent dans la région, ce document n’en a pas moins une importance et une résonnance universelle.

Les peuples autochtones nous précèdent

La nature de ce texte est d’abord et avant tout une exhortation afin que l’ensemble du peuple de Dieu et « des personnes de bonne volonté » puissent se joindre à lui par la prière et les initiatives pastorales pour le bien des populations vivant dans cette région du monde. Pour ce faire, le Pape rappelle la centralité des populations autochtones de la région dans l’amélioration de leurs propres conditions de vie sociales et environnementales. En effet, bien que la défense de la nature soit des plus urgentes, « un conservatisme « qui se préoccupe du biome mais qui ignore les peuples amazoniens » est inutile » (no8). On pourrait dire que le bien de l’environnement dépend de la santé sociale de ces peuples et que ce n’est qu’en respectant leur dignité à tous les niveaux, que la solution aux problèmes environnementaux se manifestera. En d’autres termes, en cherchant le bien-être des autochtones de l’Amazonie la préservation de l’environnement nous sera donné comme « par surcroît » (Mt 6,33).

En effet, comment ne pas voir que ces populations, du fait même qu’elles aient gardé un rapport plus étroit avec la nature (no 40), sont les plus à même d’agir comme peuple intermédiaire avec l’esprit techniciste propre à notre époque. Véritables ambassadeurs de la nature auprès de l’humanité, les peuples autochtones doivent être aux premières loges des décisions de développement de leur région. Il continue en écrivant ceci : « La sagesse de la manière de vivre des peuples autochtones – malgré toutes ses limites – nous pousse à approfondir cette aspiration » (no 22). Pour cela, le Pape exhorte les peuples autochtones à en être eux-mêmes les « protagonistes » (no 27) tout en cultivant un esprit ouvert au dialogue (no 26).Tous les pays doivent donc chercher des moyens pour développer « une recherche de la justice qui est inséparablement un chant de fraternité et de solidarité, une stimulation pour la culture de la rencontre ».

Pour une culture de l’enracinement

Pour être le plus efficace dans la préservation des intérêts des peuples amazoniens, le Pape les exhorte à être d’authentiques « cultivateurs » de leurs cultures et mémoires ancestrales : « J’invite les jeunes de l’Amazonie, surtout les autochtones, à « prendre en charge les racines, parce que des racines provient la force qui les fait croître, fleurir, fructifier » (no 33). Sans connaissance claire de l’histoire personnelle, familiale et nationale, impossible d’entrer dans un dialogue authentique avec les autres peuples. En ce sens, le pape François se « réjouis(t) de voir que ceux qui ont perdu le contact avec leurs propres racines cherchent à retrouver la mémoire perdue » (no 35). En ce sens, l’Église peut être d’une aide importante dans la préservation des cultures amazoniennes en suscitant la production et le rayonnement d’initiative culturelle.

On voit aujourd’hui combien un thème comme l’environnement peut faire l’objet d’instrumentalisation partisane. Dans ce contexte, les peuples de l’Amazonie peuvent jouer un rôle central pour surpasser ces écueils contre-productifs. Gardant une vision holistique de la nature c’est-à-dire une vision de l’environnement qui inclut l’humanité, les peuples de l’Amazonie voit d’une manière encore plus aigüe que partout ailleurs qu’« abuser de la nature c’est abuser des ancêtres, des frères et sœurs, de la création et du Créateur, en hypothéquant l’avenir »(no 42). Ainsi, les peuples amazoniens de par leur attachement à leur culture et à l’environnement nous montre que la défense de la nature ne pourra se développer que parallèlement à une culture des racines culturelles propres à chaque peuple. Défendre la nature dépend de notre engagement envers la culture. L’Amazonie a donc beaucoup à nous apprendre.

Une Exhortation pour tous

Bien que l’Exhortation apostolique du pape François « Querida Amazonia » soit spécifiquement orientée vers les peuples de l’Amazonie et ceux qui sont directement en lien avec ces derniers, ce texte a beaucoup à nous apprendre pour le tournant missionnaire que nous avons tous à faire. Que ce soit par les relations étroites qu’ils entretiennent avec la nature que par leur souci de préserver leur culture des ravages d’un monde en proie à l’uniformisation, l’Église et la société ont tout à gagner à se mettre à leur école et à prendre véritablement un « visage amazonien »

Sainte Marie-de-l’Incarnation avec Thérèse Nadeau-Lacour (1/2)

Cette semaine à Parrêsia, Francis Denis reçoit la théologienne et auteur Thérèse Nadeau-Lacour pour un premier entretien sur la vie et l’œuvre de sainte Marie-de-l’Incarnation (1599-1672). Religieuse ursuline, fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France, cette mystique du « nouveau monde » est aujourd’hui considérée comme la mère de l’Église et de l’éducation au Québec. Dans cet épisode, sont abordés les différentes étapes de sa vie ainsi que la profondeur spirituelle d’une vie donnée au service de l’évangélisation et la construction de l’Église en Canada.