Discours du pape Léon XIV aux représentants des médias

Le pape Léon XIV s’adressant le lundi 12 mai aux représentants des médias : « Désarmons la communication de tout préjugé, rancœur, fanatisme et haine ; purifions-la de toute agression. Nous n’avons pas besoin d’une communication tonitruante et musclée, mais plutôt d’une communication capable d’écouter, de recueillir la voix des faibles qui n’ont pas de voix. Désarmons les mots et contribuons à désarmer la Terre. »

Consultez tous nos articles et la couverture du conclave, l’interrègne papal et l’eléction du pape Léon XIV sur notre page : https://slmedia.org/fr/papaute

Lire le texte intégral du discours du Saint-Père aux représentants des médias ci-dessous. :

Bonjour, et merci pour cet accueil formidable ! On dit que les applaudissements au début n’ont  pas beaucoup d’importance… Si vous êtes encore réveillés à la fin et que vous avez encore envie  d’applaudir… Merci beaucoup !

Frères et sœurs ! 

Je vous souhaite la bienvenue, représentants des médias du monde entier. Je vous remercie pour  le travail que vous avez accompli et que vous accomplissez en ce moment, qui est essentiellement un  temps de grâce pour l’Église. 

Dans le « Discours sur la montagne », Jésus a proclamé : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). Il s’agit d’une béatitude qui nous interpelle tous et qui vous concerne particulièrement, appelant  chacun à s’engager à promouvoir une communication différente, qui ne recherche pas le consensus à  tout prix, qui ne se revêt pas de mots agressifs, qui n’épouse pas le modèle de la compétition, qui ne  sépare jamais la recherche de la vérité de l’amour avec lequel nous devons humblement la rechercher.  La paix commence par chacun de nous : par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les  écoutons, dont nous parlons d’eux ; et, en ce sens, la manière dont nous communiquons est d’une  importance fondamentale : nous devons dire « non » à la guerre des mots et des images, nous devons  rejeter le paradigme de la guerre. 

Permettez-moi donc de réaffirmer aujourd’hui la solidarité de l’Église avec les journalistes  emprisonnés pour avoir recherché à rapporter la vérité, et par ces paroles, de demander la libération de ces journalistes emprisonnés. L’Église reconnaît dans ces témoins – je pense à ceux qui racontent  la guerre au prix de leur vie – le courage de ceux qui défendent la dignité, la justice et le droit des  peuples à être informés, car seuls des peuples informés peuvent faire des choix libres. La souffrance  de ces journalistes emprisonnés interpelle la conscience des nations et de la communauté  internationale, nous appelant tous à préserver le bien précieux que sont la liberté d’expression et la  liberté de la presse. 

Merci, chers amis, pour votre service à la vérité. Vous avez été à Rome ces dernières semaines  pour raconter l’Église, sa diversité et, en même temps, son unité. Vous avez accompagné les rites de  la Semaine Sainte ; vous avez ensuite raconté la douleur causée par la mort du pape François, survenue  cependant dans la lumière de Pâques. Cette même foi pascale nous a introduits dans l’esprit du  Conclave, qui vous a vu particulièrement engagés pendant ces journées fatigantes ; et, même en cette  occasion, vous avez su raconter la beauté de l’amour du Christ qui nous unit tous et fait de nous un  seul peuple, guidé par le Bon Pasteur. 

Nous vivons des temps difficiles à traverser et à raconter, qui représentent un défi pour nous  tous et que nous ne devons pas fuir. Au contraire, ils exigent de chacun, dans nos différents rôles et  services, de ne jamais céder à la médiocrité. L’Église doit relever le défi de son temps et, de la même  manière, il ne peut y avoir de communication et de journalisme hors du temps et de l’histoire. Comme  nous le rappelle saint Augustin, qui disait : « Vivons bien, et les temps seront bons. Nous sommes les  temps » (Discours 311). 

Merci donc pour ce que vous avez fait pour sortir des stéréotypes et des lieux communs à travers  lesquels nous lisons souvent la vie chrétienne et la vie même de l’Église. Merci d’avoir su saisir  l’essentiel de ce que nous sommes et de l’avoir transmis par tous les moyens au monde entier. 

Aujourd’hui, l’un des défis les plus importants est de promouvoir une communication capable  de nous faire sortir de la « tour de Babel » dans laquelle nous nous trouvons parfois, de la confusion  des langages sans amour, souvent idéologiques ou partisans. C’est pourquoi votre service, avec les  mots que vous utilisez et le style que vous adoptez, est important. En effet, la communication n’est  pas seulement la transmission d’informations, mais aussi la création d’une culture, d’environnements  humains et numériques qui deviennent des espaces de dialogue et de confrontation. Et si l’on  considère l’évolution technologique, cette mission devient encore plus nécessaire. Je pense en  particulier à l’intelligence artificielle, avec son immense potentiel, qui exige toutefois responsabilité  et discernement pour orienter les outils vers le bien de tous, afin qu’ils puissent produire des bénéfices  pour l’humanité. Et cette responsabilité concerne tout le monde, proportionnellement à l’âge et aux  rôles sociaux. 

Chers amis, nous apprendrons avec le temps à mieux nous connaître. Nous avons vécu – nous  pouvons le dire ensemble – des jours vraiment particuliers. Nous les avons partagés avec tous les  moyens de communication : la télévision, la radio, le web, les réseaux sociaux. Je souhaite vivement 

que chacun de nous puisse dire qu’ils nous ont révélé un peu du mystère de notre humanité et qu’ils  nous ont laissé un désir d’amour et de paix. C’est pourquoi je vous répète aujourd’hui l’invitation  lancée par le pape François dans son dernier message pour la prochaine Journée mondiale des  communications sociales : désarmons la communication de tout préjugé, rancœur, fanatisme et haine ;  purifions-la de toute agressivité. Nous n’avons pas besoin d’une communication bruyante, musclée,  mais plutôt d’une communication capable d’écouter, de recueillir la voix des faibles qui n’ont pas de  voix. Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la Terre. Une communication désarmée  et désarmante nous permet de partager un regard différent sur le monde et d’agir en cohérence avec  notre dignité humaine. 

Vous êtes en première ligne pour raconter les conflits et les espoirs de paix, les situations  d’injustice et de pauvreté, ainsi que le travail silencieux de tant de personnes pour un monde meilleur.  C’est pourquoi je vous demande de choisir avec conscience et courage la voie d’une communication  de paix. 

Merci. Que Dieu vous bénisse ! Et au revoir.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Élever son enfant à l’exemple de Carlo Acutis

Ma fille entrain de prier à la cathédrale de saint Maron à Montréal

Ma fille est entrain de prier à la cathédrale de saint Maron à Montréal

Élever son enfant dans la foi chrétienne est un beau défi au quotidien, mais aussi une véritable épreuve dans un monde où les distractions numériques sont partout. Chaque jour, nous faisons face à des choix qui influencent la manière dont nos enfants grandissent, ce qu’ils regardent, ce qu’ils apprennent et ce qui façonne leur vision du monde.

Ma fille de 9 ans a fait sa première communion l’année dernière, un moment rempli de joie et de foi pour elle comme pour nous. C’était un temps de grâce, où elle a pris conscience de l’importance de sa relation avec Dieu et de la force de la prière. Jusqu’à l’âge de 7 ans, nous avons fait le choix de la garder éloignée des écrans, non pas par opposition à la technologie, mais parce que nous voulions lui offrir un environnement où l’imaginaire, la lecture, les jeux et les échanges en famille occupaient une place centrale. Nous avons privilégié les histoires du soir, les jeux de société, les sorties en plein air, et ce temps nous a permis de tisser des liens forts avec elle.

Mais aujourd’hui, la réalité nous rattrape. Ses amis sont de plus en plus nombreux à posséder une tablette ou un téléphone, à passer du temps sur des jeux en ligne ou à regarder des vidéos à longueur de journée. Lorsqu’elle revient de l’école, elle nous raconte que tel camarade joue à Roblox, que telle amie a une chaîne YouTube favorite ou possède un compte TikTok, et qu’elle se sent parfois mise à l’écart parce qu’elle ne connaît pas ces références. La pression sociale commence à se faire sentir : « Pourquoi moi je n’ai pas le droit alors que tout le monde le fait ? »

C’est un dilemme auquel de nombreux parents sont confrontés : comment poser des limites sans que notre enfant ait l’impression d’être exclu.e de son cercle d’ami.es ? Comment lui expliquer que nos choix éducatifs ne sont pas une punition, mais une manière de l’aider à grandir avec discernement ?

Nous avons donc cherché des alternatives. Plutôt que de diaboliser les écrans, nous avons commencé à l’orienter vers des applications et des contenus enrichissants : le dessin numérique, l’apprentissage des langues, et bien sûr, des applications axées sur la foi. Mais même en proposant ces solutions, le défi demeure. L’attrait du divertissement instantané, des vidéos virales et des jeux en ligne reste fort, et il nous faut sans cesse l’accompagner, lui expliquer, et surtout lui donner l’exemple par notre propre usage des écrans.

 

Carlo Acutis : Un modèle pour la jeunesse connectée

Dans cette quête d’un équilibre entre foi et numérique, un exemple m’est venu en tête : Carlo Acutis. Ce jeune Italien, qui sera canonisé à la fin du mois, est un modèle fascinant pour notre époque. Né en 1991 à Londres, il a grandi à Milan dans une famille ordinaire ; mais très tôt, il a montré un attachement particulier à la foi. Dès son plus jeune âge, il avait une profonde dévotion pour l’Eucharistie et assistait à la messe quotidiennement, ce qui est peu commun pour un enfant de son âge.

Mais Carlo n’était pas un enfant coupé du monde moderne. Passionné d’informatique, il a appris seul à programmer, à créer des sites web et à utiliser la technologie pour une cause bien plus grande que le simple divertissement. À l’âge de 11 ans, il a entrepris un projet ambitieux : créer une plateforme en ligne pour recenser et documenter les miracles eucharistiques du monde entier. Son objectif ? Partager avec le plus grand nombre la beauté et la vérité de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, en utilisant les outils numériques à bon escient.

Malgré son amour pour la technologie, il ne s’est jamais laissé absorber par elle au détriment de sa relation avec Dieu et les autres. Il avait conscience du danger d’une vie dominée par les écrans et mettait un point d’honneur à limiter son propre usage des technologies. Il disait souvent :

« L’Eucharistie est mon autoroute vers le ciel. »

Et aussi cette phrase devenue célèbre :

« Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies. »

Ces paroles résonnent particulièrement dans un monde où les jeunes sont souvent influencés par les tendances des réseaux sociaux, cherchant à imiter plutôt qu’à cultiver leur propre identité.

À 15 ans, Carlo est tombé malade d’une leucémie foudroyante. Malgré la douleur, il a accepté sa maladie avec une foi inébranlable, offrant ses souffrances pour l’Église et pour le Pape. Il est décédé en 2006, laissant derrière lui un témoignage puissant de sainteté accessible, enracinée dans la vie quotidienne et dans une utilisation vertueuse de la technologie.

Lorsque j’ai parlé de Carlo Acutis à ma fille, elle a été intriguée. Elle a lu son histoire et a été surprise de voir qu’un jeune si proche d’elle en âge avait réussi à concilier foi et technologie de manière inspirante. Cela l’a fait réfléchir sur sa propre utilisation des écrans et lui a donné envie d’en apprendre plus sur la manière dont elle pourrait aussi utiliser le numérique pour quelque chose de plus grand que le simple divertissement.

 

Comment guider nos enfants dans un monde ultra-connecté ?

L’exemple de Carlo Acutis m’a confortée dans l’idée qu’il est possible d’utiliser le numérique intelligemment, sans sacrifier les valeurs chrétiennes. Plutôt que de voir les écrans uniquement comme un danger, je réalise qu’ils peuvent aussi être un outil puissant d’apprentissage, de créativité et même d’évangélisation. Mais pour cela, un cadre clair et une guidance bienveillante sont essentiels. Voici quelques principes que j’essaie d’appliquer avec ma fille :

 

1. Encadrer et orienter l’usage des écrans

L’interdiction totale des écrans n’est plus une solution viable lorsque nos enfants grandissent dans un monde où le numérique fait partie de leur quotidien. Plutôt que de bannir complètement la technologie, nous avons choisi de l’encadrer en établissant des règles claires :

  • Limiter le temps d’écran et privilégier les moments en famille, comme les repas, sans distractions numériques.
  • Choisir ensemble des contenus enrichissants, qu’il s’agisse d’applications éducatives, de documentaires, ou même de dessins animés portant sur des valeurs positives.
  • Impliquer l’enfant dans le choix des médias pour lui apprendre à discerner ce qui est bénéfique de ce qui est superflu ou nuisible.

Nous avons par exemple exploré des applications chrétiennes interactives, des jeux qui stimulent la réflexion, et des chaînes YouTube éducatives qui abordent la foi de manière accessible. L’idée est de montrer à ma fille qu’il existe un autre usage des écrans que le simple divertissement passif.

 

2. Favoriser les discussions sur les influences numériques

Les enfants sont influencés par ce qu’ils voient en ligne, que ce soit sur YouTube, les réseaux sociaux ou les jeux vidéo. Même sans accès direct aux plateformes populaires, ils entendent parler de certaines tendances et veulent comprendre ce qui les entoure.

C’est pourquoi, je prends le temps de discuter avec ma fille des contenus qu’elle rencontre : Pourquoi certaines vidéos sont-elles conçues pour capter notre attention en permanence ? Pourquoi tant de jeunes veulent imiter des influenceurs et des influenceuses ? Quels sont les dangers des défis viraux ou des interactions en ligne ?

L’objectif n’est pas de diaboliser le numérique, mais d’éveiller son esprit critique. Je l’encourage à me poser des questions et à exprimer son ressenti face aux images et aux messages qu’elle découvre.

 

3. Valoriser le temps passé hors écran

Les écrans sont captivants, mais ils ne doivent pas remplacer les expériences de la vie réelle. Nous avons donc instauré des moments dédiés aux activités non numériques :

  • La lecture, qui nourrit l’imagination et la réflexion.
  • Le dessin et la musique, qui permettent d’exprimer sa créativité.
  • Le jeu en plein air, essentiel pour le développement physique et émotionnel.
  • La prière et la participation à la vie de l’Église, qui l’aident à ancrer sa foi dans le quotidien.

Carlo Acutis lui-même alternait entre sa passion pour l’informatique et des activités qui nourrissaient son âme et son corps, telles que la messe, la charité envers les plus pauvres, le temps en famille et les activités sportives.

 

4. Présenter des modèles positifs

Un autre aspect qui me conforte dans l’importance d’une éducation chrétienne, c’est l’impact qu’elle peut avoir dans les moments difficiles. Ma fille a été intimidée à l’école, et cette période a été particulièrement éprouvante pour elle. Voir son enfant souffrir à cause des autres est une douleur immense pour un parent, et j’ai mis en pratique tous les moyens possibles pour l’aider à surmonter cela.

C’est finalement dans la catéchèse et dans sa foi qu’elle a trouvé une véritable force intérieure. Elle a découvert, à travers les histoires bibliques et les Enseignements de l’Église, que même les saints ont traversé des épreuves et qu’ils ont trouvé leur réconfort en Dieu. L’exemple de Jésus lui-même, qui a connu l’injustice et le rejet, l’a aidée à comprendre qu’elle n’était pas seule et que sa valeur ne dépendait pas du regard des autres.

Nous avons également discuté de la manière dont Carlo Acutis voyait les choses : il disait souvent que notre véritable but dans la vie est d’être proche de Dieu et que ce qui importe, ce n’est pas ce que les autres pensent de nous, mais la façon dont nous choisissons d’aimer et de faire le bien autour de nous.

Sa foi l’a aidée à reprendre confiance en elle, à pardonner et à avancer sans se laisser définir par la douleur qu’elle avait vécue. Aujourd’hui, elle comprend mieux que la vraie force ne réside pas dans la popularité ou l’approbation des autres, mais dans la paix intérieure et la certitude d’être aimée de Dieu.

Dans un monde où les influenceurs, les influenceuses et les célébrités dictent souvent les tendances, il est essentiel de proposer aux enfants d’autres figures d’inspiration. Carlo Acutis en est un parfait exemple : un adolescent passionné par la technologie, mais profondément ancré dans sa foi.

J’essaie de montrer à ma fille qu’il existe des jeunes qui utilisent leur talent pour quelque chose de plus grand que la simple recherche de likes ou de vues. Nous avons lu ensemble des histoires de saints contemporains, de jeunes engagés dans des causes humanitaires et d’enfants qui font une différence autour d’eux. Un rituel aussi fait partie de sa vie quotidienne ;  elle a appris à prier tous les jours avant d’aller se coucher.

En avril 2025, le pape François a souligné l’importance d’une utilisation responsable des nouvelles technologies. Il a exhorté à ce que leur usage « ne remplace pas les relations humaines, respecte la dignité des personnes et aide à affronter les crises de notre temps  ».  Cette réflexion résonne particulièrement dans notre démarche d’accompagner nos enfants dans un monde numérique, en veillant à ce que la technologie serve de pont vers des relations authentiques plutôt que de barrière. 

L’éducation chrétienne à l’ère du numérique est un défi, mais aussi une opportunité. En guidant nos enfants avec bienveillance et discernement, nous pouvons leur montrer que la technologie n’est pas une menace, mais un outil qui, bien utilisé, peut les aider à grandir dans la foi.

Comment naviguer le monde de l’intelligence artificielle en tant que chrétiens ?

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Qu’est-ce que l’Église enseigne en matière de l’intelligence artificielle, ou l’IA ? En tant que chrétiens dans le monde d’aujourd’hui, comment appréhendons-nous le domaine en pleine expansion de l’IA ?

En janvier 2025, le Dicastère pour la doctrine de la foi au Vatican a publié un document intitulé Antiqua et nova, ce qui signifie en latin « ancien et nouveau ». 

Il s’agit d’une Note sur les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine. Ce document commence par affirmer que l’Église encourage le développement de la science, de la technologie et d’autres formes d’ingéniosité humaine. Il nous rappelle que nos capacités humaines et notre créativité sont un don de Dieu. Lorsque nous les utilisons à bon escient, nous reflétons la sagesse de Dieu et collaborons avec lui à l’œuvre de la création. 

Le document déclare que, comme toute invention humaine, « l’IA peut être utilisée à des fins positives ou négatives ». Elle peut être utilisée de manière à respecter et à promouvoir le bien-être des êtres humains et le bien commun de la société. Le document souligne ici le principe fondamental de la responsabilité morale que nous avons, en tant qu’êtres humains, de toujours utiliser la technologie d’une manière qui soit ordonnée vers le bien des personnes réelles et non contre elles.  

Cette responsabilité incombe en premier lieu à ceux qui créent, conçoivent et gèrent les systèmes d’IA, mais elle s’étend également à ceux d’entre nous qui utilisent l’IA sous ses diverses formes. Il nous appartient d’utiliser la technologie de manière éthique. Nous ne sommes pas impuissants face à l’océan de technologies qui nous entoure. Nous avons le choix de la manière dont nous utilisons la technologie et dont nous nous informons des effets qu’elle a, non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur les autres.   

En ce sens, il est important de veiller à ce que l’IA soit utilisée d’une manière qui ne nous prive pas de notre pouvoir en tant qu’êtres humains. L’objectif de l’IA ne peut en aucun cas être de remplacer l’humanité par des robots ou de subordonner les intérêts humains à ce que les algorithmes et les machines nous disent être le mieux. 

Les implications de l’IA sont nombreuses et nécessiteront une réflexion approfondie et des mesures de protection efficaces dans les années à venir. Dans ce document, le Vatican souligne la nécessité de défendre la vérité contre la menace de la désinformation, de la manipulation et des « deepfakes ». Il est également nécessaire de protéger la vie privée, afin d’éviter de se retrouver dans un État omniscient où tout ce que nous faisons est constamment surveillé. Mettre l’IA au service de l’humanité signifie également prêter attention à la manière dont elle affecte notre économie et le marché du travail, en veillant à ce que les gens aient du travail et ne se retrouvent pas au chômage. Il est également important d’éviter la prolifération de l’IA dans les conflits armés, afin qu’elle ne soit pas utilisée comme une arme pour commettre des atrocités. 

Si l’IA peut imiter l’intelligence humaine qui l’a conçue, elle ne pourra jamais remplacer ce que nous sommes en tant qu’êtres humains et le rôle que Dieu nous a donné dans l’univers. De même, aucune technologie ne pourra jamais prétendre se substituer à Dieu, qui est à l’œuvre, avec nous, au service de la vérité et du bien commun de l’humanité. 

Regarder nos enfants, percevoir le regard de Dieu sur nous

Photo Pexels.

Si avoir un bébé peut être une période mouvementée, c’est aussi un temps rempli de clins d’œil de Dieu. C’est ce que j’ai vécu ces derniers mois, depuis que nous avons accueilli notre premier enfant. 

Tout de suite après sa naissance, notre fille a été emmenée dans la salle d’observation pour y subir des examens, et j’ai pu l’accompagner. Mon instinct le plus fort, en regardant notre bébé pour la première fois, était de m’assurer qu’elle ne se sente pas seule, qu’elle ne pense pas que nous l’avions abandonnée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour la rassurer, en lui répétant alors qu’elle ouvrait les yeux pour la première fois : « Ne t’inquiète pas, nous sommes là, avec toi. » A ce moment, j’ai réalisé que c’est ainsi que Dieu doit être avec nous : toujours désireux de nous rassurer sur sa présence, de nous entourer de sa proximité et de nous rappeler à quel point il est proche de nous, à quel point il ne nous abandonne jamais. 

Puis vint le moment du premier changement de couche. J’avais changé les couches de mes jeunes frères et de divers enfants que j’avais gardés au fil des ans, mais c’était il y a une vingtaine d’années. En la nettoyant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que Dieu fait de même avec nous. Dans un certain sens, la confession et le fait de recevoir le pardon de Dieu ne sont-ils pas en fait comme un changement de couche divin, enlevant tout ce qui est dégoûtant et qui s’accroche à nous afin de nous rendre frais et propres à nouveau ?

Comme nous, les adultes, les bébés peuvent passer par des montagnes russes émotionnelles au quotidien. Ils peuvent sourire et rire avec délice, puis pleurer de façon incontrôlée comme si c’était la fin du monde. En tant que parents, nous voulons être présents dans les hauts et les bas, même si les hauts sont beaucoup plus agréables et moins angoissants ! J’ai été tellement émerveillée de voir notre petite fille commencer à sourire, à rire et à babiller. Lorsque je la regarde dans les yeux et que je lui souris, je me dis que Dieu fait exactement la même chose avec nous. Il nous regarde et se réjouit, voyant en nous l’image de son Fils et nous reconnaissant comme ses fils et ses filles. Il en va de même tard dans la nuit, lorsque notre fille se met à pleurer dans son berceau, alors qu’on pensait qu’elle était enfin endormie. Bien que l’on ait d’abord envie de ne rien faire, on ne peut s’empêcher de vouloir être là pour elle, pour la réconforter jusqu’à ce qu’elle s’endorme. C’est pareil lorsqu’elle crie à tue-tête, même si on ne sait pas pourquoi. Il en va de même lorsque nous sommes au bout du rouleau, lorsque nous sommes tristes, bouleversés ou inconsolables – Dieu est là avec nous. Il ne règle pas toujours le problème tout de suite, mais il reste près de nous, il nous porte dans ce que nous vivons, il nous berce doucement, il nous chante des chansons douces et il nous donne des signes de son amour fidèle.

L’aventure d’être parent ne fait que commencer pour mon épouse et moi, mais ce chemin qui s’ouvre devant nous me fait déjà prendre conscience, sous un jour nouveau, de « la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur » de l’amour de Dieu (Éphésiens 3,18). Que ce soit dans les moments de joie pure, en se réjouissant des moments de toute beauté, ou dans les heures qui exigent de la patience pour persévérer à travers les larmes de la nuit, les parents ont la possibilité d’apercevoir en regardant leurs enfants le regard de Dieu sur chacun de nous.

À 60 ans de Lumen Gentium, quelle Église pour aujourd’hui ?

Vue intérieure de la dôme de la basilique Saint-Pierre. Wikimedia Commons.

Il y a 60 ans, l’Église était en plein milieu du concile Vatican II. Le 21 novembre dernier a marqué 60 ans depuis la publication de Lumen Gentium, la constitution dogmatique à propos de l’Église promulguée par le Concile.

C’était le document du Concile qui cherchait à répondre à la question : Qu’est-ce que l’Église ? Soixante ans plus tard, la question est toujours d’actualité : Qui sommes-nous en tant qu’Église ? Quelle Église est-ce que Dieu nous appelle à être et à devenir dans le monde aujourd’hui ?

Comme beaucoup des documents du Concile, il y a encore des aspects à découvrir et à mettre en œuvre qui peuvent nous inspirer la mission de l’Église aujourd’hui.

Vatican II a été l’événement le plus important pour l’Église catholique au 20e siècle, réunissant tous les évêques catholiques – 2 625 d’entre eux ! – avec le pape et de nombreux invités et observateurs, de 1962 à 1965. Toutes ces décennies plus tard, il y a encore beaucoup de choses qui n’ont pas été mises en pratique. Dès le départ, Saint Jean XXIII a demandé au Concile d’ouvrir les portes et les fenêtres de l’Église, d’inaugurer un nouveau printemps de renouvellement de l’Église et de  présenter la foi d’une manière qui soit adaptée aux hommes et aux femmes de notre temps. Bien sûr, Vatican II a changé la langue de la messe, qui est passée du latin aux langues modernes, mais pas seulement. 

Vatican II a été un moment décisif où l’Esprit Saint a soufflé, amenant à 16 documents lumineux, dont les plus importants sont les 4 constitutions : Sacrosanctum Concilium sur la liturgie ; Dei Verbum sur la révélation divine ; Lumen Gentium sur l’Église ; et Gaudium et Spes sur le rapport entre l’Église et le monde contemporain. Ces documents ont appelé tous les catholiques à voir l’Église sous un jour nouveau, en tant que peuple de Dieu marchant en pèlerinage à travers l’histoire en solidarité avec chaque homme, femme et enfant, et en particulier avec ceux et celles qui souffrent.

Vatican II nous appelle, en tant que chrétiens, à discerner les signes des temps (GS 4-10) – en d’autres termes, à être en contact avec ce que les gens vivent ici et maintenant – afin d’être un levain pour l’avènement du royaume de Dieu dans chaque époque (GS 40). Le Concile a enseigné que cela ne s’applique pas seulement aux prêtres et aux moniales, mais à nous tous et toutes (cf. Apostolicam Actuositatem), puisque l’appel à la sainteté est universel (LG 39-42), et non réservé à une petite élite. Chacun et chacune de nous est appelé à faire de sa vie quotidienne une manière de transformer la société à la lumière du Christ, qui éclaire le sens de notre humanité (GS 22). Vatican II nous a appelés à poursuivre notre mission en tant que chrétiens, non pas en opposition à nos frères et sœurs qui appartiennent à d’autres religions et cultures (cf. Nostra Aetate), mais ensemble, comme une seule famille humaine qui avance dans l’amour de Dieu. Saint Paul VI a déclaré que l’esprit du Concile est celui du bon samaritain, avec un cœur ouvert et des bras tendus pour partager l’amour de Dieu en aimant notre prochain. À la fin du Concile, Paul VI a résumé le message du Concile comme « un appel amical et pressant qui convie l’humanité à retrouver le visage de Dieu, par la voie de l’amour fraternel […] Voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Paul VI, Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965).

Notre monde a besoin de ce style d’Église, à bras ouvert, envisagé par le concile Vatican II. Que pouvons-nous faire, vous et moi, pour être cette Église dans le monde aujourd’hui ?

Prier ensemble à l’écoute de la parole de Dieu

Le chemin d’Emmaüs. Fritz von Uhde. Wikimedia Commons.

Quelle est ton expérience de la prière avec d’autres personnes ? Peut-être prions-nous à la maison, en famille. Peut-être prions-nous dans nos paroisses, pendant la messe. Avez-vous déjà prié avec d’autres en utilisant la Bible, les Saintes Écritures, la Parole de Dieu ? 

À chaque messe, nous, catholiques, entendons la Parole de Dieu proclamée – à partir de l’Ancien Testament, des Psaumes, du Nouveau Testament, et en particulier de l’Évangile. Nous entendons ce que Dieu a fait dans la vie de son peuple tout au long de l’histoire. Si nous la laissons faire, la Parole de Dieu peut parler à notre cœur et éclairer notre vie, même si elle est parfois difficile à écouter ou à comprendre. 

Dieu sait que sa Parole peut être difficile pour nous. Nous le voyons dans le passage de l’Évangile des disciples sur la route d’Emmaüs. C’est le jour de la résurrection, mais les disciples ont du mal à croire que Jésus est bien ressuscité. Il vient donc à eux alors qu’ils marchent ensemble sur le chemin, quittant Jérusalem et rentrant chez eux à Emmaüs, d’où ils sont originaires. Jésus vient à leur rencontre et, comme le raconte l’Évangile, il leur explique tout ce qui le concerne dans les Écritures, faisant brûler leur cœur au fur et à mesure qu’il leur parle sur le chemin.

J’ai vécu quelque chose de semblable lorsque je travaillais comme coordinateur de la pastorale des jeunes en région parisienne. Tous les deux mois, nous nous réunissions avec d’autres responsables de la pastorale des jeunes et des aumôniers de paroisses voisines dans le même secteur du diocèse, rassemblant ainsi un groupe composé de divers états de vie : laïcs et prêtres, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes. Au début de chaque réunion, avant d’entrer dans le vif du sujet, nous commencions par nous répartir en petits groupes pour méditer ensemble un passage de la Parole de Dieu. Cette pratique a changé toute la dynamique de la réunion et donnait le ton aux conversations qui suivaient. Écouter ensemble la Parole de Dieu, prier avec elle et y réfléchir ensemble avait pour effet d’éclairer nos expériences de vie et de ministère à la lumière de la foi et de nous unir plus étroitement au Christ et les uns aux autres. Lorsque nous écoutons ensemble la Parole de Dieu, le Christ vient marcher avec nous. Nos cœurs s’accordent davantage pour suivre là où il nous conduit.

Les expériences de partage sur la vie et la foi sont profondément nourrissantes pour nos âmes et pour nos communautés. Prier ensemble avec la Parole de Dieu est comme un engrais qui féconde notre relation avec Dieu et avec les autres. Nous pouvons réfléchir à la Parole de Dieu chez nous, avec les membres de notre famille, entre amis et dans nos communautés ecclésiales. Prier avec la Parole de Dieu est une excellente façon de commencer les réunions et les événements dans nos paroisses et nos diocèses. 

Relevons le défi et trouvons des moyens de laisser la Parole de Dieu parler à nos cœurs et les embraser.

Seigneur, viens à nous comme tu l’as fait pour les disciples sur le chemin d’Emmaüs. Brûle dans nos cœurs et rassemble-nous autour de ta Parole vivante. Amen.

L’écriture : Un retour à l’essentiel pour notre Église

L'Écrite avec Francis Denis | Sel + Lumière TV

Dans un monde en constante accélération, où les nouvelles technologies envahissent chaque recoin de notre quotidien, le besoin de se ressourcer, de trouver du sens et de renouer avec les valeurs profondes se fait de plus en plus sentir. C’est ce besoin que vient combler « L’écriture », la nouvelle émission que j’ai l’honneur d’animer sur Sel + Lumière. Chaque mois, j’aurai la joie de rencontrer à la nouvelle librairie MédiasPaul de Montréal (anciennement ” Librairie Paulines “) des auteurs passionnés dont les écrits explorent la foi, la quête de vérité et l’humanité, tout en éclairant notre regard sur le Québec et le monde d’aujourd’hui.

Redécouvrir l’importance de la lecture

À une époque où les réseaux sociaux et l’instantanéité dominent, le simple acte de lire nous ramène à un état de réflexion, nous permettant de prendre le temps de comprendre, de ressentir et de contempler. La lecture devient alors bien plus qu’un simple passe-temps : elle se transforme en une invitation à approfondir notre regard sur nous-mêmes, notre société, et notre foi. C’est dans cet esprit que « L’écriture » a été pensée. Par cette série, nous cherchons à redonner sa place à la littérature, à mettre en avant les écrivains québécois et francophones et à offrir un moment de pause et de ressourcement spirituel.

Pourquoi une émission comme « L’écriture » est-elle cruciale pour le Québec d’aujourd’hui?

Le Québec a une riche tradition littéraire, ancrée dans un héritage culturel et religieux fort. Aujourd’hui, face aux changements rapides de la société, aux débats identitaires et aux nouvelles questions spirituelles qui émergent, la littérature québécoise devient un miroir de notre propre transformation. Les auteurs qui prennent part à « L’écriture » ne sont pas uniquement des écrivains ; ils sont des témoins et des analystes de notre époque, mettant en mots nos aspirations et défis communs. À travers leurs ouvrages, ils questionnent, inspirent et parfois bousculent notre confort pour nous inviter à voir au-delà des apparences.

Des conversations profondes pour nourrir la Foi et la communauté

« L’écriture » n’est pas seulement une émission littéraire, c’est une rencontre intime et sincère. Dans le cadre chaleureux de la Librairie MédiasPaul, mes échanges avec des auteurs de tout horizon deviennent des dialogues sur la foi, l’espérance, et les valeurs universelles qui transcendent le quotidien. Dans chaque épisode, nous explorons non seulement les histoires et les idées derrière leurs ouvrages, mais aussi les motivations spirituelles, les réflexions intérieures et les perspectives uniques qui enrichissent leurs écrits. Ces conversations sont des occasions de partager des questionnements communs, d’offrir des réponses ou d’encourager une réflexion personnelle sur des sujets qui résonnent profondément, surtout dans un Québec où la recherche de sens est plus présente que jamais.

Un rendez-vous mensuel pour grandir ensemble

« L’écriture » offre un moment de répit, un espace où chaque spectateur est invité à se reconnecter à lui-même et à sa foi. Dans un Québec moderne où les valeurs se redéfinissent et où les défis sociaux, environnementaux, et spirituels se multiplient, cette émission nous propose une alternative : celle de revenir à la sagesse intemporelle des livres, qui nous parle de ce qui est essentiel. À travers des auteurs inspirés, des œuvres percutantes et des discussions sincères, « L’écriture » devient un rendez-vous précieux pour ceux qui cherchent à comprendre, à grandir et à nourrir leur foi.

En conclusion, « L’écriture » est bien plus qu’une émission ; c’est un espace de dialogue et de réflexion pour tous ceux qui sentent l’appel d’un retour à l’essentiel, un besoin de ralentir pour mieux saisir ce qui est vrai, beau, et bon. Dans ce monde en transformation, « L’écriture » est une invitation à redécouvrir la profondeur de la foi et de la culture, et à partager cette richesse avec la communauté québécoise et au-delà.

Comment prendre des décisions avec l’Esprit Saint ?

Détail de la chaire de l’église Sainte-Anne, Bruges, Belgique. Wikimedia Commons.

Comment est-ce que tu prends généralement tes décisions ? Est-ce que tu ressens un poids lourd sur tes épaules lorsque tu dois prendre une décision importante dans la vie ?

Souvent, nous nous sentons seuls face à l’énormité des choix que nous avons à faire dans la vie. Lorsque nous sommes jeunes, nous nous demandons parfois ce que nous voulons faire de notre vie. Plus tard, nous pouvons nous demander quel quartier serait un bon endroit pour fonder une famille ou comment élever nos enfants. Plus tard, nous nous poserons des questions sur notre santé, sur la réduction de nos effectifs, sur le moment de la retraite et sur la manière de la passer.

Bien sûr, il y a aussi les choix quotidiens à faire sur la façon dont nous traitons les gens que nous ne connaissons pas, le temps que nous passons avec nos proches, si nous essayons de penser positivement ou si nous nous laissons submerger par les problèmes dans notre propre vie et dans le monde.

Le tout premier synode dans la vie de l’Église a été le concile de Jérusalem ; il est relaté dans les Actes des Apôtres, au chapitre 15. Après avoir délibéré, les apôtres ont déclaré : « Nous avons décidé avec l’Esprit Saint ». Ils étaient conscients que le même Esprit qui était venu sur eux à la Pentecôte les aidait maintenant à prendre des décisions fructueuses, guidant l’Église sur son chemin de pèlerinage.

La synodalité n’est pas un simple sondage d’opinion. Ce n’est pas non plus une simple réunion locale. C’est écouter ensemble l’Esprit Saint pour pouvoir prendre des décisions avec l’Esprit, dans l’Esprit, guidés par l’Esprit.

C’est une voie prometteuse non seulement pour l’Église dans son ensemble, mais aussi pour chacun d’entre nous en tant que croyants : écouter l’Esprit Saint pour prendre des décisions avec l’Esprit Saint.

Cela ne veut pas dire que Dieu prend les décisions à notre place ou qu’il supplante notre liberté de choisir. Une chanson pop bien connue demande à Jésus de « prendre le volant ». Mais Dieu ne nous éjecte jamais de la voiture comme s’il voulait prendre notre place. Au contraire, l’Esprit Saint murmure des paroles de sagesse, attire notre attention sur quelque chose d’essentiel, dispose nos cœurs à voir ce qui est le mieux aux yeux de Dieu.

Le pape François a dit que l’Esprit Saint est le véritable protagoniste du Synode et de l’Église. Mais l’Esprit Saint peut aussi être le protagoniste de notre vie. Nous pouvons partager les rênes avec l’Esprit, en laissant le vent de l’Esprit souffler dans nos voiles.

Le document de travail pour la deuxième session de l’Assemblée du Synode sur la Synodalité nous dit que : « L’Esprit dont Jésus a été rempli et qui l’a conduit (Lc 4,1), qui l’a oint et l’a envoyé proclamer l’Évangile (Lc 4,18), qui l’a ressuscité d’entre les morts (Rm 8,11) est le même Esprit qui oint maintenant les membres du Peuple de Dieu. Cet Esprit fait de nous des enfants et des héritiers de Dieu, et c’est par l’Esprit que nous crions vers Dieu en l’appelant ‘Abba ! Père’ ». (IL 2, no. 22).

L’Esprit Saint nous met en contact avec notre identité la plus profonde de fils et de filles de Dieu. L’Esprit nous incite à prendre la main du Père et à le laisser nous guider.

Comment le Saint-Esprit agit-il en toi, faisant germer des semences nouvelles dans ta vie ? Quelles sont les nouvelles étapes que Dieu vous appelle à franchir par la voix douce et audacieuse du Saint-Esprit ? La voix du Saint-Esprit est digne de confiance, elle est profondément consolante, elle apporte la paix et inspire l’espérance. L’Esprit Saint harmonise les différentes dimensions de nos vies, nous offre la guérison et nous ouvre un chemin au milieu des défis et des obstacles auxquels nous sommes confrontés.

En fin de compte, l’Esprit Saint nous fait avancer sur le chemin du Royaume de Dieu, qui – comme nous le dit Saint Paul – est un Royaume de « justice, de paix et de joie dans l’Esprit Saint » (Romains 14,17). Laisser l’Esprit Saint nous parler lorsque nous prenons des décisions dans la vie est une manière de laisser le Royaume de Dieu s’enraciner dans notre vie, ici et maintenant. Écouter l’Esprit Saint permet à Dieu de semer des graines du Royaume dans nos vies et de porter les fruits que l’Esprit Saint apporte.

Viens, Esprit Saint, Esprit de justice, de paix et de joie. Apporte-nous ta consolation, ta tendresse et ta lumière. Parle à nos cœurs et conduis nos pas dans la vie sur le chemin du Royaume. Amen.

 

« Marcher Ensemble, Autour du tambour » gagne le prix d’excellence de l’AMéCO

Mireille Haj-Chahine, notre Associée bilingue et chargée des relations avec les donateurs, représentait Sel + Lumière Média, afin de recevoir le prix du Meilleur projet de communication.

Le mercredi 16 octobre, le documentaire original Marcher Ensemble, Autour du tambour de Sel + Lumière Média a reçu le prix d’excellence pour le meilleur projet de communication de l’AMéCO, l’Association des médias catholiques et œcuméniques, basée à Montréal.  

L’équipe de production qui a réalisé ce documentaire était composée du diacre Pedro Guevara-Mann et Richard Valenti, réalisateurs, Francis D. narrateur, en été 2023.

Marcher Ensemble, Autour du tambour, fut d’autant plus salué que le premier documentaire intitulé : Marcher Ensemble ; et, il est donc la suite de Marcher Ensemble de 2022. Rappelons-le qu’en juillet 2022, le pape François a effectué sa visite pastorale au Canada. Il a visité des communautés autochtones, a célébré la messe au Commonwealth Stadium d’Edmonton et au Sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré. De plus, il s’est excusé pour le rôle de l’Église dans le système des pensionnats. 

Marcher Ensemble, Autour du tambour, accompagne notre couverture médiatique de la visite apostolique du Pape au Canada en juillet 2022 et met la lumière sur : Les catholiques et les Premières Nations, les Métis et les Inuits de l’Alberta, du Québec et du Nunavut partagent leurs histoires les plus sincères alors qu’ils se préparent à l’arrivée du Saint-Père. Après la visite, ils livrent leurs réactions, leurs impressions et leurs espoirs pour ce pays aux multiples nations qui avance, à l’unisson, sur le chemin de la réconciliation.

Nous espérons et prions pour que ces documentaires soient une source de guérison, de réconciliation et d’inspiration pour les survivants, les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis ; ainsi que pour tous les peuples autochtones qui subissent l’oppression et ses effets sur plusieurs générations. Comme nous sommes pleins de gratitude pour les survivants, leurs familles, les défenseurs et les dirigeants autochtones qui ont partagé leur histoire avec nous pour ce documentaire, ainsi que pour leur persévérance, leur foi et leur courage !

Pour visionner les documentaires primés, à votre rythme : Marcher Ensemble, Autour du tambour et Marcher Ensemble, sont tous les deux disponibles, sur demande, sur Sel + Lumière Plus. 

Voici la bande-annonce originale :

Écouter la voix de Dieu qui parle à travers les autres

Photo Pexels.

Où est-ce que tu entends la voix de Dieu dans ta vie ? Nous nous attendons peut-être à ce que Dieu nous parle dans des lieux saints – dans des chapelles et des sanctuaires, à la messe ou devant le Saint-Sacrement, lors d’une retraite ou d’un pèlerinage. Tous ces lieux sont des endroits merveilleux pour entendre la voix de Dieu, qui nous parle au fond de nos cœurs. Bien sûr, Dieu nous parle lorsque nous prions avec sa Parole, ouvrant notre esprit et notre cœur pour le rencontrer dans les Écritures, dans les prophètes de l’Ancien Testament, dans les paroles des psaumes, dans les paraboles de l’Évangile ou les lettres des apôtres.

Tous ces lieux clés sont là où Dieu nous attend, afin de nous rencontrer et entamer une
conversation. Cependant, Dieu ne se limite pas à parler dans ces lieux que nous pouvons facilement identifier comme étant religieux ou spirituels. Dieu nous parle aussi dans les événements du monde, à travers les expériences de notre vie et même dans ce que les autres nous disent.
Cela ne signifie pas que tout ce que disent les autres est une vérité évangélique. Loin de là ! Il s’agit plutôt d’un appel à être attentifs, ensemble, à ce que Dieu veut nous dire les uns à travers les autres. En prenant le temps de nous écouter profondément les uns les autres, en ouvrant les oreilles de notre cœur pour recevoir ce que l’autre a à dire, nous pouvons être attentifs à ce qui résonne au plus profond de nous-mêmes.
Parfois, nous écoutons à peine ce que disent les autres. Nous attendons simplement qu’ils aient terminé, afin de pouvoir dire ce que nous avons en tête. Mais ce n’est pas ainsi que Dieu nous écoute. Dieu n’a pas besoin d’écouter qui que ce soit. Pourtant, il écoute patiemment, avec amour, avec attention. Il s’intéresse à ce que nous avons à dire. Dieu nous donne le meilleur exemple de la manière d’écouter.

En étant attentifs aux besoins des autres, nous pouvons percevoir les incitations de Dieu qui tiraillent nos cœurs. Dans les cris silencieux ou explicites de notre prochain, nous pouvons discerner un appel à l’action, à la proximité et à la compassion face aux luttes de ceux et celles qui nous entourent.

Qu’est-ce que Dieu nous dit à travers les personnes qui font partie de notre vie ? Qu’il s’agisse de notre conjoint, de nos enfants, d’un parent âgé, d’un collègue ou d’un ami. Nous sommes enrichis lorsque nous prenons le temps d’écouter ce que les gens vivent. Ils se sentent ainsi aimés, appréciés et respectés. Cela nous aide également à trouver un terrain d’entente, à prendre des décisions ensemble et à vivre dans un esprit d’entraide.
C’est vrai dans nos familles, sur nos lieux de travail et dans nos communautés ecclésiales. Dans tous ces endroits, on peut se demander : quelle est la qualité de notre écoute ? Y a-t-il des personnes dont la voix est laissée de côté ou mise à l’écart ? Comment gérons-nous les désaccords, lorsque des personnes expriment des points de vue auxquels nous nous opposons ? Il ne s’agit pas de parvenir à un consensus faux ou superficiel, mais plutôt de se rendre compte que Dieu peut parler à travers chacun d’entre nous pour dire quelque chose d’important pour nous tous.

Seigneur, aide-nous à nous écouter les uns les autres et à entendre ensemble ta voix qui parle au milieu de nous. Puissions-nous avoir l’humilité d’écouter avec patience, attention et compassion. Apprends-nous à n’exclure personne et aide-nous à apprendre de ceux dont la voix n’est souvent pas entendue. Amen.

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