Église en sortie 3 mars 2017

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit en studio Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil et vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada dans un entretien sur les priorités pastorales de la CECC pour l’année 2017 et sur son plus récent voyage en Terre sainte. Et on vous présente un reportage sur l’histoire de l’Accueil Bonneau et sur la spiritualité de Sainte Marguerite D’Youville, laquelle fait toujours vivre la communauté des Sœurs grises du Québec.

http://www.cccb.ca/site/frc/
https://www.accueilbonneau.com

Jésus prépare ses témoins et ses ministres

Jesus seventy cropped

Quatorzième dimanche du temps ordinaire, Année C – 3 juillet 2016

Isaïe 66,10-14
Galates 6,14-18
Luc 10,1-12.17-20

Le thème de la « sérénité » est mentionné à trois reprises dans la lecture d’aujourd’hui, et il existe un lien défini entre le premier passage d’Isaïe [Is 66,10-14c] et le texte de l’évangile de Luc [10,1-12 ; 17-20]. Le récit poétique d’Isaïe célèbre le retour tant attendu du peuple d’Israël de l’exile et imagine leur retour triomphant aux bras roboratifs de Jérusalem, Ville Sainte et Mère de toutes les villes.

Il existe certainement un parallèle ainsi qu’une contradiction dans l’Évangile d’aujourd’hui. Le récit d’Isaïe et l’évangile d’aujourd’hui évoquent, tout les deux, la joie qui caractérise le retour d’Israël à Jérusalem et celui des disciples après une mission accomplie avec succès.

Dans l’évangile de Luc, Jésus, à l’instar d’Israël, voyage également vers Jérusalem, où la ville l’accueillera a lui aussi, avant qu’il ne soit rejeté. C’est dans la ville sacrée de Jérusalem que Jésus inaugure le nouveau royaume de Dieu par sa passion et sa mort.

La mission des soixante-douze

C’est uniquement dans l’évangile de Luc que l’on retrouve deux épisodes dans lesquels Jésus envoie ses disciples en mission : le premier épisode [Luc 10,1-6] repose sur la mission évoquée dans Marc [6,6b-13] et retrace l’envoi des douze ; ici dans Luc [10,1-12] un extrait similaire basé sur le texte de Q tient lieu de récit de l’envoi des soixante-douze dans cet Évangile. L’épisode continue ce thème de Jésus qui préparait des témoins pour son ministère. En plus des douze, ces témoins comportent aussi les soixante-douze qui pourraient représenter la mission chrétienne du temps de Luc. Les instructions données aux douze et au soixante-douze sont similaires et c’est ce qui a été dit aux soixante-douze dans Luc [10,4] qui est adressé aux douze dans [Luc 22,35].

Lorsque Jésus ordonne à ces disciples de ne pas porter de bourse de monnaie [Luc 10,4] et de ne saluer personne en cours du chemin, il insiste sur l’urgence de la mission et de la concentration requise des missionnaires. L’attachement aux possessions matérielles doit être évité, et même les salutations ne doivent pas distraire de l’accomplissement de l’apostolat.

Évangélisation et guérison

Luc relate l’évangélisation et la guérison dans l’envoi des douze par Jésus. Il assigne les disciples et les envoi en mission pour s’engager dans des ministères qui étaient censés restaurer la santé et le bien-être des individus, des familles et des communautés. Jésus avait aussi envoyé les soixante-douze, nos prédécesseurs : « Et en toute ville ou vous entrez et ou l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; guérissez ses malades et dites aux gens : Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. »

Dans l’envoi des soixante-douze, Jésus confirme qu’à travers ces disciples, et ceux qui parviennent à croire en lui à travers la parole de ses derniers, sa paix et la nouvelle que « le royaume de Dieu est à portée de main » pourra alors être proclamé au monde. À leur retour joyeux, malgré le rejet, Jésus se réjouit de leur succès à soumettre des esprits maléfiques en son nom : le message est de ne jamais s’arrêter, ne jamais céder. Pourtant, l’appel au repentir qui constitue une partie intégrante de la proclamation du royaume, engendre un jugement sévère pour ceux qui l’entendent et le rejettent. Alors que le royaume de Dieu s’établi graduellement, le mal est vaincu sous toutes ses formes; la domination de Satan sur l’humanité arrive à son terme.

La proclamation du Verbe suscite la guérison

Pour Jésus, la guérison n’est jamais restreinte au corps, mais elle affecte aussi la pensée, le cœur et l’esprit. Il ne s’agit pas uniquement d’améliorer l’état physique des personnes, mais plutôt d’une restauration de la plénitude du cœur et de l’esprit, de la rémission des péchés et d’un monde sauvé. La proclamation de la parole est sensée par elle-même guérir et ne peut être séparée du zèle apostolique du service du voisin. Lorsque nous partageons la nourriture avec une personne étrangère, à l’instar des soixante-douze, nous construisons graduellement des relations avec elle ; ces dernières nous mènerons à ressentir un souci plus profond a l’égard de leur santé et de leur bien-être. Lorsque nous oublions notre intérêt personnel et nous nous concentrons sur les besoins de guérison des autres, nous restaurons la promesse de Dieu avec les personnes auxquelles l’opportunité de recouvrer la santé a été reniée.

La guérison a toujours été une préoccupation significative et une activité continue de l’Église. Le lien entre la réconciliation, la guérison et le salut est récurrent dans les thèmes abordés dans Luc. Jésus appela ses disciples au repentir et à la transformation de leur anciennes habitudes et manières de vivre en un ensemble de relations et d’attitudes radicalement nouveaux. 

Se réjouir dans l’Esprit Saint

Dans son commentaire sur l’Évangile d’aujourd’hui, dans sa prodigieuse Encyclique de 1986 titrée « Dominum et vivficantem » [# 20] sur « l’Esprit de Dieu et de Jésus donné au monde », le pape Jean Paul II écrit :

Ainsi l’évangéliste Luc, qui a déjà présenté Jésus « rempli d’Esprit Saint » et « mené par l’Esprit à travers le désert », nous apprend que, après le retour des soixante-douze disciples de la mission que le Maître leur avait confiée, alors que, tout joyeux, ils décrivaient le fruit de leur travail, à cette heure même, Jésus « tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et dit: « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir » ». Jésus exulte à cause de la paternité divine; il exulte parce qu’il lui est donné de révéler cette paternité; il exulte, enfin, parce qu’il y a comme un rayonnement particulier de cette paternité divine sur les « petits ». Et l’évangéliste qualifie tout cela de « tressaillement de joie dans l’Esprit Saint.

Continuons notre réflexion sur la Terre Sainte

À la suite du Concile de Nicée qui eut lieu en 325, la Palestine commença à prospérer avec l’Église de Constantin, spécialement dans les trois lieux les plus vénérés : Le Saint Sépulcre, le Calvaire à Jérusalem, le site traditionnel des enseignements du Christ sur le Mont des Oliviers (basilique présumée d’Eleona) et la Grotte de la Nativité a Bethlehem. Quelques travaux étaient supervisés par Helena elle-même.

Pour les pèlerins qui voyageaient en Palestine au 4ème siècle, ces sites constituaient le centre principal de leurs intérêts. Les lieux sacrés devinrent si populaires et désirables qu’une des traditions chrétiennes plaça Jérusalem, et plus spécifiquement la colline du Golgotha, au centre du monde. Ceci est clairement illustré sur nombreuses cartes géographiques de cette époque qui représentaient la Terre Sainte. En 333 un pèlerin chrétien de Bordeaux avait entrepris de voyager à Jérusalem par voie terrestre. En commémoration, ou plutôt pour le bénéfice des futurs pèlerins, il avait compilé – dans son importante œuvre connue sous le nom d’Itinéraire de Bordeaux – un inventaire détaillé des différents stades de son périple et des distances parcourues sur le chemin de l’allée ainsi que celui du retour.

Ici dans cette ville de Jérusalem…

Saint Cyrille, évêque de Jérusalem [349-384 A.D.] jouissait de l’unique privilège de présider à l’église de Jérusalem immédiatement après l’achèvement de l’érection des nouveaux bâtiments durant le règne de Constantin. Cyrille fait l’envi de tout évêque, curé, chapelain, conseil paroissial, conseil de fabrique et ministre pastoral ! Il suffit d’imaginer que l’on entreprend un projet ou tout est nouvellement construit et où l’on n’a besoin d’amasser aucun fonds ni de financier le développement du projet ! Cyrille prêchait des sermons magnifiques à quelques pieds des emplacements actuels de la mort et de la résurrection du Christ. Il avait dit du Calvaire, « les autres entendent seulement, mais nous pouvons simultanément voir et toucher. » Cyril écrit : « Ici, dans cette ville de Jérusalem l’Esprit s’était révélé à l’Église ; ici le Christ a été crucifié ; ici vous avez devant vous beaucoup de vestiges, le site authentique de la Résurrection, et vers l’Est sur le Mont des Oliviers l’emplacement de l’Ascension. »

Dans le Journal d’Egeria (ou Etheria), écrit par une riche dame espagnole lors de son pèlerinage en Terre Sainte entre 381 et 384 (l’itinéraire incluait aussi le Sinaï, l’Égypte, la Vallée du Jourdain et la région de Transjordanie), elle nous dépeint non seulement ses vives impressions causées par l’impact des sites bibliques, maïs aussi une observation vive de la liturgie célébrée dans les lieux saints. Elle décrit les célébrations du dimanche et celles du célébrées ne cours de semaine, en balayant toute l’année liturgique, et ce avec une profusion de détails, tout en se concentrant en particulier sur les prière de la Semaine Sainte à laquelle elle participait à Jérusalem. l’Itinéraire d’Elegia nous apprend davantage sur l’accueil cordial par les Chrétiens locaux qui étaient à ses petits soins en tant que pèlerine, lui montrant les sites bibliques, pratiquant des actions d’adoration appropriés dans les lieux, l’escortant, lui offrant leur hospitalité et leur conseil. Les expériences positives d’Egeria pourraient indiquer des expériences partagées par la plupart des pèlerins à la fin du 4ème siècle, et des pèlerins aujourd’hui qui ont le privilège de rencontrer les citoyens de Terre Sainte. 

Les sédentaires en Terre Sainte

Une autre pratique liée aux pèlerinages était de s’installer en Terre Sainte. Quelques pèlerins avaient simplement décidé de voyager en Terre Sainte pour y demeurer, ou pendant leur séjour s’étaient décidés d’y rester. Tel est le cas de Saint Jérôme et de ses amies. Apres son arrivée en Palestine en 386 il fondât une communauté à Bethlehem. Jérôme s’exclame dans ses écrits : « Ici, il a été enseveli dans un linceul ; ici il a été vu par des bergers, ici il a été pointé par l’étoile ; ici il a été adoré par les mages. » Plus tard Jérôme écrit une lettre à son amie Paula à Rome l’incitant à venir résider en Terre Sainte : « L’intégralité du mystère de notre foi est originaire de ce pays et de cette ville. » Rien d’autre dans notre expérience chrétienne ne pourrait revendiquer cette déclaration. Qu’importent les siècles qui se sont passés, et qu’importe l’étendue de l’expansion du Christianisme, les Chrétiens sont mariés à la Terre qui a donné naissance au Christ et au Christianisme.

(Image: Jésus envoie les soixante-dix, deux par deux par James Tissot)

Un mur qui fait pleurer

Vous vous êtes déjà demandé pourquoi nous lui donnons le nom du Mur des Lamentations ? La réponse est évidente dès qu’on s’en approche, dès qu’on se fait une petite place devant le mur pour appuyer sa main contre la pierre et prier. Pendant mon séjour en Israël, avec mes collègues de travail, nous avons tous eu la chance de prier devant le Mur. Lorsqu’à mon tour j’observais les femmes à ma droite et à ma gauche, j’ai remarqué leur posture : elles avaient la tête baissée, leur livre de prière en main et les récitaient en se balançant par devant et par derrière. Certaines d’entre elles… pleuraient. J’étais profondément touchée par ce que je voyais et émue de prier à côté de ces femmes d’une autre confession. Comme elles, je me suis mise à pleurer. Et je me suis dit que ce n’est pas un nom si bizarre pour un mur, après tout !

Le Mur des Lamentations porte un autre nom. Il est mieux connu comme le Mur Occidental et l’un des derniers vestiges du Temple construit par Hérode vers l’an 19 av. J.-C. Ce Temple a été détruit par les romains en 70 A.D. Depuis, les juifs s’y rendent pour prier. Le Mur Occidental est tout de même demeuré un lieu saint pour eux. C’était l’endroit le plus près du lieu où reposait Dieu à l’intérieur du Temple, ce que l’on appelle le Saint des Saints ou l’Arche de l’Alliance. De plus, dans la tradition juive, Abraham aurait offert son fils Isaac en sacrifice à Dieu sur le Mont du Temple ou le Mont Moriah, où se trouve désormais le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.

Dans la tradition juive, on se rend au Mur pour prier, jour et nuit, pour se « lamenter » de la destruction du Temple et la ville de Jérusalem considérée sainte. C’est la raison pour laquelle nous l’appelons le Mur des Lamentations. D’innombrables plaintes sont entendues dans d’autres parties du monde : des populations entières font face à l’effondrement de leur ville, de leur maison, des lieux saints, où ils avaient l’habitude de sentir, de manière concrète, la proximité de Dieu. Alors que nous étions devant le Mur, je songeais à ceux et celles qui sont dispersés à cause de la violence et du danger de la guerre. Devant ce Mur, j’étais particulièrement consciente du fait que j’étais au Moyen Orient ! Nous étions assez loin de la violence qui menace les pays avoisinants mais assez proche pour ressentir la fragilité de l’endroit, de ses frontières, des relations entre chrétiens, juifs et musulmans, entre le gouvernement et son peuple, entre palestiniens et israéliens… Dans de telles situations, le rétablissement de la paix, et la réconciliation, nous semblent hors d’atteinte.

Dans l’ancien testament, le psalmiste cri vers Dieu :

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur. Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! Si tu retiens les fautes, Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne. J’espère le Seigneur de toute mon âme; je l’espère, et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore, attends le Seigneur, Israël. Oui, près du Seigneur, est l’amour; près de lui, abonde le rachat. C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes ».

Ce n’est qu’un psaume parmi tant d’autres qui exprime la prière profonde de toute l’humanité vers Dieu. Même Jésus, à l’heure de sa mort, a prononcé les mots du psaume 21, que nous redisons chaque Dimanche des Rameaux, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Malgré la prière puissante du psalmiste, avons-nous raison d’espérer le rétablissement de la paix en Terre Sainte? Au Moyen Orient? En effet, Dieu se montre fidèle à son peuple. Il nous rappelle sa proximité, son amour et sa sollicitude de toute sorte de manière.

Quand le pape François a effectué un pèlerinage en Israël en 2014, il a accompli un geste fort devant le Mur Occidental.  Il était accompagné par des amis proches qu’il avait connu en Argentine, un rabbin et un professeur musulman. Il les a embrassés après avoir prié devant le Mur. Plus tard, il a affirmé plus tard le grand besoin d’amour et de respect entre les personnes de différentes confessions, de travailler ensemble pour « la paix et la justice » et voir en chaque personne un frère ou une sœur.

Il a de plus déposé une prière entre les pierres du mur – une pratique commune pour les pèlerins. La prière du Pape était celle du Notre Père : une prière quotidienne qui nous rappelle que Dieu agi dans notre vie à l’instant présent et nous donne tout ce dont nous avons besoin pour surmonter les défis qui se présentent au jour le jour. Dépasser les divisions est donc un travail qui se fait au jour le jour, qui se construit entre les personnes et dans l’humilité. « Devant le mystère de Dieu, nous sommes tous pauvres », nous dit le Pape.

Leçon d’humilité pour les disciples de Jésus

Visitors walk into the Cenacle, the upper room believed to be the site of Jesus’ Last Supper, on Mount Zion in Jerusalem March 28. Pope Francis will celebrate Mass with the ordinaries of the Holy Land and the papal delegation in the Cenacle during his pilgrimage to the Holy Land in May. (CNS photo/Debbie Hill) (March 31, 2014) See HOLYLAND-SCHEDULE (UPDATED) March 27, 2014.

Pendant son pèlerinage en Terre Sainte, Sel et Lumière a visité le lieu qui commémore la Dernière Cène, où les disciples ont partagé leur dernier repas ensemble avant la Passion du Chirst. Ce lieu, nous l’appelons aussi Coenaculum ou « Cénacle ».

Les disciples avaient sûrement l’habitude de prendre le repas ensemble et de se retrouver pour les grandes fêtes juives. Ils se sont retrouvés encore une fois pour celle de la Pâques. Pâques, veut dire, « passage »; dans la tradition juive, elle commémore le passage des juifs en Égypte, celui qui les ont amenés à leur délivrance en sécurité. La Dernière Cène anticipe, elle aussi, un passage. Celui de Jésus. Par son sacrifice sur la croix, Jésus nous assure un passage sécuritaire. De la mort à la vie. Comme un pont entre nous, l’humanité, et le Ciel, auprès de Dieu.

Ce dernier repas est donc différent des autres. Dans quelques heures Jésus serait livré, jugé, tué. Marqué par l’attente de sa Passion, Jésus accompli des gestes que ses disciples pourront revivre encore et encore: le lavement des pieds, le partage du pain, la récitation de psaumes et d’hymnes. Mais chaque geste prend une toute autre dimension. Ce mémorial s’accomplit complètement en Jésus. Il leur donne leur forme définitive, non pas pour lui-même ni seulement pour un petit groupe d’amis. Mais pour le salut de toute l’humanité, le salut des pécheurs. Et c’est en devenant le serviteur des serviteurs que cela s’accomplira.

En commençant par le lavement des pieds, un rite bien connu dans la tradition juive. Mais c’est une pratique qui revient normalement au serviteur de la maison et non à l’invité d’honneur, dont Jésus. Il s’identifie alors au serviteur. Laver les pieds était la plus grande humiliation. Les pieds étaient soumis et exposés aux conditions les plus dures, la poussière, les roches, la boue… Pourtant Jésus, le Messie, Fils de Dieu, lave les pieds de chacun de ses disciples. Ces derniers sont scandalisés devant cette humilité. Pierre lui dit: « Tu ne me laveras jamais les pieds! ». Jésus lui répond: « Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi ». Refuser de se faire laver par Jésus, c’est refuser son amitié. Tout comme refuser son pardon est un obstacle à sa grâce. Puis il leur dit que celui qui veut être son disciple doit l’imiter.

Au moment de se mettre à table, Jésus leur dit « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous ». Il a désiré depuis longtemps manger ce repas avec ses amis. Pour leur montrer la profondeur de son amour. En partageant le pain et le vin, il dit « Ceci est mon corps donné pour vous », « Ceci est mon sang versé pour vous ». Ainsi il exprime son désir de se donner lui-même en partage. De se donner totalement à ceux qu’il aime. Le don de lui-même qui permettra à chaque homme et femme d’entrer en communion avec lui pour les siècles à venir. Car il dit « Faites ceci en mémoire de moi » et confère son sacerdoce à ses apôtres.

Eucharistie veut dire rendre grâce. Et l’action de grâce implique une participation, un engagement, au don reçu. C’est pourquoi quand nous participons à l’Eucharistie, nous acceptons en même temps de faire de notre vie un don pour les autres, une Eucharistie. Cela devrait se transmettre dans des gestes concrets d’humilité et de service à l’exemple de Jésus. Il nous a montré que c’est la seule façon de l’imiter parfaitement. Comment notre vie est-elle Eucharistie? Jusqu’où irions-nous pour ceux que nous aimons? ou encore pour ceux que nous aimons moins?

Échos du Vatican

Au-delà des divisions

Ce soir à 21h ne manquez pas le nouveau documentaire de notre collègue Kris Dmytrenko Au-delà des divisions. 
Ce documentaire fait découvrir l’université catholique de Bethléem.
Cette université, au cœur du conflit israélo-palestinien,  accueille des professeurs et des étudiants qui croient en la réconciliation et en l’avenir de leur pays.

Rediffusion mardi 14h

10e prière extraordinaire de toutes les Églises à Jérusalem

Ce samedi à Jérusalem l’église syriaque orthodoxe organise la 10ème prière extraordinaire de toutes les Églises.

C’est une grande prière d’intercession pour la paix.
Nous la diffuserons sur nos ondes  à 13h30

Homélie de Benoit XVI, fête de l’Epiphanie

Le Pape a célébré la messe en la basilique St Pierre de Rome ce dimanche, jour de l`Epiphanie. Voici son homélie dans son intégralité:

« Chers frères et sœurs !

Pour l’Église croyante et priante, les Mages d’Orient qui, sous la conduite de l’étoile, ont trouvé la route vers la crèche de Bethléem sont seulement le début d’une grande procession qui s’avance dans l’histoire. À cause de cela, la liturgie lit l’évangile qui parle du cheminement des Mages avec les splendides visions prophétiques d’Isaïe 60 et du Psaume 72, qui illustrent par des images audacieuses le pèlerinage des peuples vers Jérusalem. Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Église des Gentils – les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en Lui le Fils de Dieu et se prosternent devant Lui. L’Église appelle cette fête « Épiphanie » – la manifestation du Divin. Si nous regardons le fait que, dès le début, les hommes de toute provenance, de tous les continents, de toutes les diverses cultures et de tous les divers modes de pensée et de vie ont été et sont en marche vers le Christ, nous pouvons vraiment dire que ce pèlerinage et cette rencontre avec Dieu dans la figure de l’Enfant est une Épiphanie de la bonté de Dieu et de son amour pour les hommes (cf. Tt 3, 4).

Selon une tradition commencée par le Bienheureux Pape Jean-Paul II, nous célébrons aussi la fête de l’Épiphanie comme le jour de l’ordination épiscopale pour quatre prêtres qui, en des fonctions diverses, collaboreront désormais au Ministère du Pape pour l’unité de l’unique Église de Jésus Christ dans la pluralité des Églises particulières. Le lien entre cette ordination épiscopale et le thème du pèlerinage des peuples vers Jésus Christ est évident. En ce pèlerinage, l’évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. Dans cette liturgie, je voudrais toutefois réfléchir encore avec vous sur une question plus concrète. À partir de l’histoire racontée par Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc ? Et, à partir d’eux, demandons-nous aussi si, malgré la différence d’époque et de missions, on peut percevoir quelque chose de ce qu’est l’évêque et sur la façon dont il doit accomplir sa mission. [Read more…]

Réjouis-toi, fille de Sion !


Réflexion biblique pour le troisième dimanche de l’Avent C

Les lectures pour ce dimanche sont: Sophonie 3, 14-18a; Isaïe 12, 2 4b-e, 5b-6; Philippiens 4, 4-7; Luc 3, 10-18

L’Avent, loin d’être un temps de pénitence est un temps de réjouissance. Les chrétiens proclament que le Messie va vraiment venir et que le règne de Dieu est à notre portée. Pendant ces semaines nous sommes invités à préparer tranquillement nos cœurs et nos vies à la venue du Fils de Dieu dans notre chair. En ce 3e dimanche de l’Avent connu sous le nom du « Dimanche de la Joie », portons notre attention sur deux  thèmes importants qui se trouvent dans les lectures des Écritures: l’expression biblique « fille de Sion » et la signification de « se réjouir ».

Le texte riche de la première lecture du prophète Sophonie (3, 14-18a-20) parle de la « fille de Sion », la personnification de la ville de Jérusalem. Prenons le temps de réfléchir sur le sens de ce titre de la ville sainte et voyons comment et pourquoi l’Eglise attribue ce titre à Marie, Mère du Seigneur.

« Fille de Sion » est la personnification de la ville de Jérusalem. « Sion » était le nom de la citadelle Jébuséenne qui devint plus tard la Cité de David. Dans les nombreux textes de l’Ancien Testament qui parle de la « fille de Sion », il n’y a pas de distinction réelle entre une fille de Sion et la ville de Jérusalem elle-même. Dans l’Ancien Testament, le titre « Vierge d’Israël » est le même que celui de « Fille de Sion ». L’image de l’épouse du Seigneur se trouve dans Osée aux chapitres 1-3: elle symbolise l’infidélité du peuple à son Dieu. Jérémie 3,3-4 parle de la prostitution et de l’infidélité de l’épouse. « Virginité » dans l’Ancien Testament renvoie à la fidélité de l’Alliance. Dans la 2e lettre aux Corinthiens 11, 2, Paul parle de l’Eglise comme d’une vierge pure. La virginité représente ici la pureté de la foi. [Read more…]

Terre Sainte 2012 : « Sur les pas de Jésus » avec Robert Lebel et Spiritours

Voici un compte rendu en vidéos et photos de notre pèlerinage organisé en partenariat avec Spiritours, du 13 au 22 septembre 2012. Ces reportages ont été diffusés dans nos émissions Perspectives.
L’album photo est public, accessible même à ceux qui n’ont pas de compte Facebook.

Album photo Terre Sainte 2012