Comment naviguer le monde de l’intelligence artificielle en tant que chrétiens ?

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Qu’est-ce que l’Église enseigne en matière de l’intelligence artificielle, ou l’IA ? En tant que chrétiens dans le monde d’aujourd’hui, comment appréhendons-nous le domaine en pleine expansion de l’IA ?

En janvier 2025, le Dicastère pour la doctrine de la foi au Vatican a publié un document intitulé Antiqua et nova, ce qui signifie en latin « ancien et nouveau ». 

Il s’agit d’une Note sur les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine. Ce document commence par affirmer que l’Église encourage le développement de la science, de la technologie et d’autres formes d’ingéniosité humaine. Il nous rappelle que nos capacités humaines et notre créativité sont un don de Dieu. Lorsque nous les utilisons à bon escient, nous reflétons la sagesse de Dieu et collaborons avec lui à l’œuvre de la création. 

Le document déclare que, comme toute invention humaine, « l’IA peut être utilisée à des fins positives ou négatives ». Elle peut être utilisée de manière à respecter et à promouvoir le bien-être des êtres humains et le bien commun de la société. Le document souligne ici le principe fondamental de la responsabilité morale que nous avons, en tant qu’êtres humains, de toujours utiliser la technologie d’une manière qui soit ordonnée vers le bien des personnes réelles et non contre elles.  

Cette responsabilité incombe en premier lieu à ceux qui créent, conçoivent et gèrent les systèmes d’IA, mais elle s’étend également à ceux d’entre nous qui utilisent l’IA sous ses diverses formes. Il nous appartient d’utiliser la technologie de manière éthique. Nous ne sommes pas impuissants face à l’océan de technologies qui nous entoure. Nous avons le choix de la manière dont nous utilisons la technologie et dont nous nous informons des effets qu’elle a, non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur les autres.   

En ce sens, il est important de veiller à ce que l’IA soit utilisée d’une manière qui ne nous prive pas de notre pouvoir en tant qu’êtres humains. L’objectif de l’IA ne peut en aucun cas être de remplacer l’humanité par des robots ou de subordonner les intérêts humains à ce que les algorithmes et les machines nous disent être le mieux. 

Les implications de l’IA sont nombreuses et nécessiteront une réflexion approfondie et des mesures de protection efficaces dans les années à venir. Dans ce document, le Vatican souligne la nécessité de défendre la vérité contre la menace de la désinformation, de la manipulation et des « deepfakes ». Il est également nécessaire de protéger la vie privée, afin d’éviter de se retrouver dans un État omniscient où tout ce que nous faisons est constamment surveillé. Mettre l’IA au service de l’humanité signifie également prêter attention à la manière dont elle affecte notre économie et le marché du travail, en veillant à ce que les gens aient du travail et ne se retrouvent pas au chômage. Il est également important d’éviter la prolifération de l’IA dans les conflits armés, afin qu’elle ne soit pas utilisée comme une arme pour commettre des atrocités. 

Si l’IA peut imiter l’intelligence humaine qui l’a conçue, elle ne pourra jamais remplacer ce que nous sommes en tant qu’êtres humains et le rôle que Dieu nous a donné dans l’univers. De même, aucune technologie ne pourra jamais prétendre se substituer à Dieu, qui est à l’œuvre, avec nous, au service de la vérité et du bien commun de l’humanité. 

Regarder nos enfants, percevoir le regard de Dieu sur nous

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Si avoir un bébé peut être une période mouvementée, c’est aussi un temps rempli de clins d’œil de Dieu. C’est ce que j’ai vécu ces derniers mois, depuis que nous avons accueilli notre premier enfant. 

Tout de suite après sa naissance, notre fille a été emmenée dans la salle d’observation pour y subir des examens, et j’ai pu l’accompagner. Mon instinct le plus fort, en regardant notre bébé pour la première fois, était de m’assurer qu’elle ne se sente pas seule, qu’elle ne pense pas que nous l’avions abandonnée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour la rassurer, en lui répétant alors qu’elle ouvrait les yeux pour la première fois : « Ne t’inquiète pas, nous sommes là, avec toi. » A ce moment, j’ai réalisé que c’est ainsi que Dieu doit être avec nous : toujours désireux de nous rassurer sur sa présence, de nous entourer de sa proximité et de nous rappeler à quel point il est proche de nous, à quel point il ne nous abandonne jamais. 

Puis vint le moment du premier changement de couche. J’avais changé les couches de mes jeunes frères et de divers enfants que j’avais gardés au fil des ans, mais c’était il y a une vingtaine d’années. En la nettoyant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que Dieu fait de même avec nous. Dans un certain sens, la confession et le fait de recevoir le pardon de Dieu ne sont-ils pas en fait comme un changement de couche divin, enlevant tout ce qui est dégoûtant et qui s’accroche à nous afin de nous rendre frais et propres à nouveau ?

Comme nous, les adultes, les bébés peuvent passer par des montagnes russes émotionnelles au quotidien. Ils peuvent sourire et rire avec délice, puis pleurer de façon incontrôlée comme si c’était la fin du monde. En tant que parents, nous voulons être présents dans les hauts et les bas, même si les hauts sont beaucoup plus agréables et moins angoissants ! J’ai été tellement émerveillée de voir notre petite fille commencer à sourire, à rire et à babiller. Lorsque je la regarde dans les yeux et que je lui souris, je me dis que Dieu fait exactement la même chose avec nous. Il nous regarde et se réjouit, voyant en nous l’image de son Fils et nous reconnaissant comme ses fils et ses filles. Il en va de même tard dans la nuit, lorsque notre fille se met à pleurer dans son berceau, alors qu’on pensait qu’elle était enfin endormie. Bien que l’on ait d’abord envie de ne rien faire, on ne peut s’empêcher de vouloir être là pour elle, pour la réconforter jusqu’à ce qu’elle s’endorme. C’est pareil lorsqu’elle crie à tue-tête, même si on ne sait pas pourquoi. Il en va de même lorsque nous sommes au bout du rouleau, lorsque nous sommes tristes, bouleversés ou inconsolables – Dieu est là avec nous. Il ne règle pas toujours le problème tout de suite, mais il reste près de nous, il nous porte dans ce que nous vivons, il nous berce doucement, il nous chante des chansons douces et il nous donne des signes de son amour fidèle.

L’aventure d’être parent ne fait que commencer pour mon épouse et moi, mais ce chemin qui s’ouvre devant nous me fait déjà prendre conscience, sous un jour nouveau, de « la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur » de l’amour de Dieu (Éphésiens 3,18). Que ce soit dans les moments de joie pure, en se réjouissant des moments de toute beauté, ou dans les heures qui exigent de la patience pour persévérer à travers les larmes de la nuit, les parents ont la possibilité d’apercevoir en regardant leurs enfants le regard de Dieu sur chacun de nous.

Prier avec le pape François Réflexion – Mars 2025

Mes frères et sœurs : En ce mois de mars, le pape François nous invite à prier pour les familles en crise : Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences. 

La famille est le lieu privilégié où l’amour est nourri et appris dans la pratique ; c’est le lieu où la foi est transmise. Elle est notre fondement. Sans la force que nous donne la famille, nous sommes sans fondement, nous nous écroulons.   

Tout le monde souffre dans une famille divisée, et c’est pourquoi le pape François décrit la réalité des familles divisées comme une famille en crise. Il est vraiment regrettable que beaucoup d’entre nous viennent de familles divisées où les parents sont soit séparés, soit divorcés.   

Il peut y avoir de nombreuses raisons derrière la rupture, et je ne suis pas ici pour les justifier ou les vilipender. Ce qui est indéniable, c’est que la blessure et ses effets à long terme peuvent faire beaucoup de dégâts, et nous n’en sommes parfois conscients que bien plus tard.  

Si nous ne pouvons pas revenir en arrière et changer le passé douloureux, nous pouvons nous concentrer sur les blessures qui en résultent pour la personne dans le présent.  

Le Pape François suggère le « pardon » comme moyen de progresser. En effet, Jésus-Christ mentionne explicitement le pardon dans la prière qu’il nous a donnée. Lorsque nous demandons pardon au Seigneur et que nous recevons son pardon, sa miséricorde élargit et vivifie nos cœurs pour que nous puissions pardonner aux autres.  

Aussi, le pardon dépend de nous : C’est nous qui décidons de pardonner ou non à une autre personne ; cela ne dépend pas de facteurs externes incontrôlables. Enfin, le pardon est un processus : Apprenez à pardonner un peu plus, chaque jour, pour qu’il devienne de plus en plus complet au temps de Dieu. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Prier avec le pape François Réflexion – Février 2025

Mes frères et sœurs : En ce mois de février, le Pape François nous invite à prier pour les vocations sacerdotales et religieuses. Prions pour que la communauté ecclésiale accueille les désirs et les doutes des jeunes qui ressentent l’appel à servir la mission du Christ dans la vie sacerdotale et religieuse. 

Prier pour les vocations sacerdotales et religieuses ne signifie pas que les autres types de vocations n’ont pas d’importance ; en fait, c’est précisément parce que tout le monde n’y est pas appelé que ceux qui ont choisi de discerner cet appel ont besoin de nos prières et de notre soutien.   

Le pape François nous rappelle qu’il faut accueillir les « désirs et les doutes » de ceux qui discernent. Il est normal et sain d’avoir des doutes lorsque nous discernons sincèrement à quelle vocation Dieu nous appelle ; il n’est pas nécessaire de les rejeter comme s’ils représentaient une menace pour la vocation.  

Au contraire, nous pouvons les utiliser comme un point d’entrée pour une conversation plus profonde, afin de voir quel type de peur et de manque de liberté peut se cacher sous ces doutes.   

Désirer aimer et servir le Seigneur à travers ces vocations est merveilleux ; souvent, ces désirs ont besoin d’être purifiés : Il se peut qu’au départ, nous voulions les bonnes choses pour les mauvaises raisons. Accueillons ces désirs, mais utilisons-les comme point de départ pour une purification ultérieure.    

Enfin, je vous invite à considérer à ceux de votre paroisse ; il peut même s’agir de membres de votre famille. Qui ferait de bons prêtres ou de bonnes religieuses ? Soyez audacieux et demandez-leur s’ils ont déjà envisagé de telles vocations. On nous pose des questions tout le temps ; pourquoi pas celle-ci ?  

Des recherches ont montré qu’il faut souvent au moins trois « demandes » de la part d’autres personnes pour que les jeunes envisagent une vocation sacerdotale ou religieuse. Plutôt que de simplement prier pour que cela se produise sans notre participation, nous avons un rôle concret à jouer. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Prier avec le pape François Réflexion – Janvier 2025

Mes frères et sœurs : En ce mois de janvier, le pape François nous invite à prier pour le droit à l’éducation des migrants : Prions pour que le droit à l’éducation des migrants, des réfugiés et des personnes touchées par la guerre soit toujours respecté et garantisse ainsi la construction d’un monde meilleur. 

Les migrants, les réfugiés et les personnes touchées par la guerre sont porteurs d’un héritage culturel et historique dont ils sont fiers, mais aussi de blessures et de cicatrices douloureuses dues aux déplacements et à la violence. Ils ne sont pas seulement des chiffres sur une feuille de statistiques ; ils sont de vraies personnes avec de vraies histoires. 

Pour eux, rien de leur vie ne semble normal ; tout a été bouleversé, y compris des choses aussi élémentaires que de recevoir une éducation. C’est comme si leur monde s’était arrêté et que leur vie, leurs espoirs et leurs rêves avaient été mis en attente indéfiniment, voire détruits. 

Nous devons aller au-delà d’un sentiment de sympathie et nous contenter de déplorer qu’ils soient victimes des circonstances. Ce n’est pas parce qu’ils se trouvent au milieu d’une guerre qu’ils ne méritent pas d’être traités comme des êtres humains. 

Non seulement l’accès à l’éducation leur donne un sentiment de normalité, mais il leur confère un sentiment de dignité humaine. Tel est le fondement de l’enseignement de l’Église sur notre engagement social : Il doit commencer par la dignité donnée par Dieu à chaque personne humaine. 

Il ne s’agit pas seulement de les rendre dignes, mais de les aider à aller de l’avant dans le cadre du développement intégral de la personne humaine. En d’autres termes, leur éducation ne peut être médiocre ; elle doit être suffisamment substantielle pour les aider à contribuer à leur communauté et à la société. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui. 

À 60 ans de Lumen Gentium, quelle Église pour aujourd’hui ?

Vue intérieure de la dôme de la basilique Saint-Pierre. Wikimedia Commons.

Il y a 60 ans, l’Église était en plein milieu du concile Vatican II. Le 21 novembre dernier a marqué 60 ans depuis la publication de Lumen Gentium, la constitution dogmatique à propos de l’Église promulguée par le Concile.

C’était le document du Concile qui cherchait à répondre à la question : Qu’est-ce que l’Église ? Soixante ans plus tard, la question est toujours d’actualité : Qui sommes-nous en tant qu’Église ? Quelle Église est-ce que Dieu nous appelle à être et à devenir dans le monde aujourd’hui ?

Comme beaucoup des documents du Concile, il y a encore des aspects à découvrir et à mettre en œuvre qui peuvent nous inspirer la mission de l’Église aujourd’hui.

Vatican II a été l’événement le plus important pour l’Église catholique au 20e siècle, réunissant tous les évêques catholiques – 2 625 d’entre eux ! – avec le pape et de nombreux invités et observateurs, de 1962 à 1965. Toutes ces décennies plus tard, il y a encore beaucoup de choses qui n’ont pas été mises en pratique. Dès le départ, Saint Jean XXIII a demandé au Concile d’ouvrir les portes et les fenêtres de l’Église, d’inaugurer un nouveau printemps de renouvellement de l’Église et de  présenter la foi d’une manière qui soit adaptée aux hommes et aux femmes de notre temps. Bien sûr, Vatican II a changé la langue de la messe, qui est passée du latin aux langues modernes, mais pas seulement. 

Vatican II a été un moment décisif où l’Esprit Saint a soufflé, amenant à 16 documents lumineux, dont les plus importants sont les 4 constitutions : Sacrosanctum Concilium sur la liturgie ; Dei Verbum sur la révélation divine ; Lumen Gentium sur l’Église ; et Gaudium et Spes sur le rapport entre l’Église et le monde contemporain. Ces documents ont appelé tous les catholiques à voir l’Église sous un jour nouveau, en tant que peuple de Dieu marchant en pèlerinage à travers l’histoire en solidarité avec chaque homme, femme et enfant, et en particulier avec ceux et celles qui souffrent.

Vatican II nous appelle, en tant que chrétiens, à discerner les signes des temps (GS 4-10) – en d’autres termes, à être en contact avec ce que les gens vivent ici et maintenant – afin d’être un levain pour l’avènement du royaume de Dieu dans chaque époque (GS 40). Le Concile a enseigné que cela ne s’applique pas seulement aux prêtres et aux moniales, mais à nous tous et toutes (cf. Apostolicam Actuositatem), puisque l’appel à la sainteté est universel (LG 39-42), et non réservé à une petite élite. Chacun et chacune de nous est appelé à faire de sa vie quotidienne une manière de transformer la société à la lumière du Christ, qui éclaire le sens de notre humanité (GS 22). Vatican II nous a appelés à poursuivre notre mission en tant que chrétiens, non pas en opposition à nos frères et sœurs qui appartiennent à d’autres religions et cultures (cf. Nostra Aetate), mais ensemble, comme une seule famille humaine qui avance dans l’amour de Dieu. Saint Paul VI a déclaré que l’esprit du Concile est celui du bon samaritain, avec un cœur ouvert et des bras tendus pour partager l’amour de Dieu en aimant notre prochain. À la fin du Concile, Paul VI a résumé le message du Concile comme « un appel amical et pressant qui convie l’humanité à retrouver le visage de Dieu, par la voie de l’amour fraternel […] Voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Paul VI, Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965).

Notre monde a besoin de ce style d’Église, à bras ouvert, envisagé par le concile Vatican II. Que pouvons-nous faire, vous et moi, pour être cette Église dans le monde aujourd’hui ?

Prier ensemble à l’écoute de la parole de Dieu

Le chemin d’Emmaüs. Fritz von Uhde. Wikimedia Commons.

Quelle est ton expérience de la prière avec d’autres personnes ? Peut-être prions-nous à la maison, en famille. Peut-être prions-nous dans nos paroisses, pendant la messe. Avez-vous déjà prié avec d’autres en utilisant la Bible, les Saintes Écritures, la Parole de Dieu ? 

À chaque messe, nous, catholiques, entendons la Parole de Dieu proclamée – à partir de l’Ancien Testament, des Psaumes, du Nouveau Testament, et en particulier de l’Évangile. Nous entendons ce que Dieu a fait dans la vie de son peuple tout au long de l’histoire. Si nous la laissons faire, la Parole de Dieu peut parler à notre cœur et éclairer notre vie, même si elle est parfois difficile à écouter ou à comprendre. 

Dieu sait que sa Parole peut être difficile pour nous. Nous le voyons dans le passage de l’Évangile des disciples sur la route d’Emmaüs. C’est le jour de la résurrection, mais les disciples ont du mal à croire que Jésus est bien ressuscité. Il vient donc à eux alors qu’ils marchent ensemble sur le chemin, quittant Jérusalem et rentrant chez eux à Emmaüs, d’où ils sont originaires. Jésus vient à leur rencontre et, comme le raconte l’Évangile, il leur explique tout ce qui le concerne dans les Écritures, faisant brûler leur cœur au fur et à mesure qu’il leur parle sur le chemin.

J’ai vécu quelque chose de semblable lorsque je travaillais comme coordinateur de la pastorale des jeunes en région parisienne. Tous les deux mois, nous nous réunissions avec d’autres responsables de la pastorale des jeunes et des aumôniers de paroisses voisines dans le même secteur du diocèse, rassemblant ainsi un groupe composé de divers états de vie : laïcs et prêtres, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes. Au début de chaque réunion, avant d’entrer dans le vif du sujet, nous commencions par nous répartir en petits groupes pour méditer ensemble un passage de la Parole de Dieu. Cette pratique a changé toute la dynamique de la réunion et donnait le ton aux conversations qui suivaient. Écouter ensemble la Parole de Dieu, prier avec elle et y réfléchir ensemble avait pour effet d’éclairer nos expériences de vie et de ministère à la lumière de la foi et de nous unir plus étroitement au Christ et les uns aux autres. Lorsque nous écoutons ensemble la Parole de Dieu, le Christ vient marcher avec nous. Nos cœurs s’accordent davantage pour suivre là où il nous conduit.

Les expériences de partage sur la vie et la foi sont profondément nourrissantes pour nos âmes et pour nos communautés. Prier ensemble avec la Parole de Dieu est comme un engrais qui féconde notre relation avec Dieu et avec les autres. Nous pouvons réfléchir à la Parole de Dieu chez nous, avec les membres de notre famille, entre amis et dans nos communautés ecclésiales. Prier avec la Parole de Dieu est une excellente façon de commencer les réunions et les événements dans nos paroisses et nos diocèses. 

Relevons le défi et trouvons des moyens de laisser la Parole de Dieu parler à nos cœurs et les embraser.

Seigneur, viens à nous comme tu l’as fait pour les disciples sur le chemin d’Emmaüs. Brûle dans nos cœurs et rassemble-nous autour de ta Parole vivante. Amen.

L’Avent pour la paix et l’espérance

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La période de l’Avent est synonyme de méditation, d’espérance et de préparation spirituelle pour vivre la naissance de l’Enfant-Jésus. C’est un temps de réflexion qui nous invite à nous tourner vers nos valeurs profondes, à exprimer notre gratitude et à renouveler notre engagement de paix et de solidarité. Mais comment vivons-nous cette période si particulière lorsque le monde autour de nous est marqué par les conflits et les guerres ? Comment trouver la lumière de l’espérance dans une actualité assombrie par la violence ?L’Avent, un temps de réflexion accrue

Chacun.e de nous vit le temps de l’Avent selon sa culture et ses traditions. Dans ma culture, on attend le 4 décembre, à la fête de la sainte Barbe pour débuter les préparatifs de Noël. Nous commençons par les décorations festives, nous semons le blé et nous le déposons devant la crèche. Rappelons que les calendriers remplis de douceurs et les réunions familiales prennent souvent le devant de la scène. Nous préparons la liste des cadeaux à acheter et à distribuer, que ce soit pour la famille, les collègues, les ami.es et les personnes dans le besoin. Nous ne manquons pas de faire des gestes de charité et d’être sensibles de soutenir les organismes environnants qui demandent notre appui. 

Cette année, face aux réalités d’un monde en proie aux conflits, il est essentiel de redonner à cette période son sens profond. La population mondiale est confrontée en ce moment à des situations économiques inquiétantes. Les guerres féroces et incompréhensibles dans le monde, dont mon pays natal le Liban, touchent des populations pacifiques qui cherchent à vivre dignement.

L’Avent, cette année, nous interpelle à réfléchir sur notre rôle en tant que porteurs de paix dans notre environnement immédiat et au-delà.

Solidarité et soutien envers ceux et celles qui souffrent

Il est possible de transformer notre réflexion en actions concrètes. Surtout avant les fêtes, les demandes grandissantes pour aider ceux et celles qui sont démuni.es exigent notre implication dans une ou plusieurs catégories suivantes : des initiatives de collecte de dons, des messages de soutien, et des prières pour la paix. 

L’impact sera immédiat et réel ! Le partage et la générosité au cœur de cette saison, nous rappellent que la solidarité humaine est plus forte que la haine et la division.

En cette période particulièrement difficile, je pense avec beaucoup d’émotion au peuple libanais et à mes compatriotes qui traversent des moments d’épreuve plus dures, avant les fêtes. Je prie pour que la guerre prenne fin et que les politiciens du monde entier acquièrent la sagesse et la conscience nécessaires pour protéger les êtres humains et mettre un terme aux conflits. Que la lumière de la paix et de la compréhension guide leurs décisions.

Des moments pour cultiver la paix intérieure

Dans un climat marqué par l’anxiété et l’incertitude, il est essentiel de prendre le temps de cultiver la paix intérieure. La méditation, la prière ou même des moments de silence permettent de nous recentrer sur ce qui est fondamental dans nos vies. Cette paix intérieure, fruit de la préparation spirituelle durant la période de l’Avent, peut devenir une source de réconfort pour nous ; ainsi que pour ceux et celles qui nous entourent pour accueillir l’Enfant de la crèche. Prenez du temps d’ici Noël pour faire à chaque jour une prière dédiée à la paix intérieure des personnes que vous aimez et à la paix extérieure qui concerne les pays en état de conflits et de guerre. 

Redécouvrir le véritable message de l’Avent

Enfin, l’Avent nous rappelle que l’espérance n’est pas un concept passif, mais un acte courageux. Dans un monde en crise, elle se manifeste par des gestes de bienveillance, par des paroles d’encouragement et par la conviction que l’humanité est capable de transcender ses conflits. En réfléchissant à nos propres actions, et nos propres gestes, nous pouvons contribuer, même modestement, à la propagation de cette lueur d’espoir.

Prière :

Seigneur tout-puissant,
En ce temps de l’Avent, prépare nos cœurs à accueillir Ton Fils, Jésus, lumière du monde.
Apprends-nous à semer la paix autour de nous, à tendre la main avec amour et à partager l’espérance.
Que chaque jour nous rapproche de Toi, dans la joie et la sérénité.

Nous Te prions pour que cessent les conflits et les guerres dans le monde. Inspire les cœurs des dirigeants à choisir la justice et la réconciliation, et guide-nous tous et toutes vers des chemins de paix durable.

Nous Te confions nos attentes, nos joies et nos défis.
Avec Marie et Joseph, nous attendons la venue de Ton Fils, source de vie et de salut.

Amen.

Prier avec le pape François Réflexion – Décembre 2024

Mes frères et sœurs : En ce mois de décembre, le pape François nous invite à prier pour les pèlerins de l’espérance : Prions pour que le Jubilé qui s’ouvre nous renforce dans la foi, en nous aidant à reconnaître le Christ ressuscité au milieu de nos vies, et nous transforme en pèlerins de l’espérance chrétienne.

La première proclamation du Jubilé a eu lieu il y a plus de 700 ans. Normalement, un Jubilé a lieu tous les 25 ans ; le pape François a fait une exception la dernière fois et a déclaré un Jubilé en 2016, l’Année de la Miséricorde. Il a déclaré que l’année 2025 serait le Jubilé de l’espérance.

Notre espérance chrétienne va au-delà de la psychologie, en devenant simplement plus optimiste. En déclarant le Jubilé, le pape François nous rappelle que l’espérance chrétienne ne trompe ni ne déçoit, parce qu’elle est fondée sur la certitude que rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu.

Il est normal que les saisons de l’Avent et de Noël nous conduisent au Jubilé : Comme nous le rappelle l’Évangile de Jean, Jésus-Christ est la lumière qui brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Nous avons besoin de cette lumière dans notre monde qui continue d’être entaché par la violence et le péché ; nous avons besoin de l’amour de Dieu pour dissiper les ténèbres.

Lorsque nous choisissons d’espérer, les résultats souhaités échappent à notre contrôle ; c’est pourquoi la vertu de la patience est nécessaire. Le voyage pour rencontrer Jésus-Christ et pour que nos cœurs soient touchés et transformés par lui est un processus ; soyons patients, car Dieu est patient avec nous. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Regardez ici, les vidéos précédentes de Prier avec le pape François.

Prier avec le pape François Réflexion – Novembre 2024

Mes frères et sœurs : En ce mois de novembre, le pape François nous invite à prier pour ceux qui ont perdu un enfant ; prions pour que tous les parents qui pleurent la mort d’un fils ou d’une fille trouvent un soutien au sein de la communauté et obtiennent de l’Esprit consolateur la paix du cœur.

Cette intention de prière peut toucher une corde sensible. En effet, la perte d’un enfant peut être trop douloureuse pour être évoquée, et que les autres ont trop peur d’en parler. Aucun mot de consolation ne semble suffisant à la mort d’un enfant.

Rappelez-vous le massacre des saints innocents par le roi Hérode, comme le décrit saint Matthieu :  « Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus. ».

Luttons contre la tentation de transformer le besoin de prière et de solidarité en un problème à résoudre. Il y a des moments où il n’y a rien à « faire », et où nous sommes simplement invités dans la situation inconfortable de souffrir avec ceux qui souffrent. Que faire alors ?

Commençons par écrire un petit mot aux parents pour leur exprimer notre peine et leur dire que nous prions activement pour le repos de leur enfant et pour leur consolation au milieu de leur chagrin. Nous pouvons les orienter discrètement vers des groupes de soutien pour les parents endeuillés lorsque le moment est venu.

Nous pouvons également offrir un chapelet à cette intention les mardis et vendredis de ce mois, lorsque nous contemplons les mystères douloureux. Notre Dame des Douleurs connaît bien notre douleur, puisqu’elle a pleuré la mort de son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Invoquons l’intercession de la Vierge Marie, notre Mère. Que Dieu vous bénisse aujourd’hui.

Regardez ici, les vidéos précédentes de Prier avec le pape François.

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