Église en sortie 9 novembre 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Sœur Marie-Marcelle Desmarais c.n.d. directrice de l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal. On vous présente un reportage sur le Chapitre d’Union des Franciscains du Canada à Edmonton, Alberta. Dans la troisième partie de l’émission, on discute de l’organisme Développement et paix avec son directeur général Serge Langlois.

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur les célébrations de la Toussaint et de la fête des morts, ainsi que sur les autres évènements qui ont marqué la semaine au Vatican

Église en Sortie 2 novembre 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit l’historien et professeur de l’Université McMaster avec qui il s’entretient du livre Les origines catholiques de la Révolution Tranquille au Québec. Dans la deuxième partie de l’émission, on vous présente un reportage sur la fascinante histoire de l’Abbaye bénédictine de Buckfast au Royaume-Uni.

Échos du Vatican

Après 4 semaines de travaux intenses nous revenons dans cette émission sur les conclusions du Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.

Homélie du pape François lors de la Messe de clôture du Synode sur les jeunes


Photo: CNS/Paul Haring

Vous trouverez ci-dessous le texte officiel de l’homélie du pape François telle que prononcée lors de la Messe de conclusion de la 15e Assemblée générale du Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel »:

L’épisode que nous avons écouté est le dernier que l’évangéliste Marc raconte au sujet du ministère itinérant de Jésus, qui peu après entrera à Jérusalem pour mourir et ressusciter. Bartimée est ainsi le dernier à suivre Jésus le long du chemin : de mendiant au bord de la route à Jéricho, il devient un disciple qui marche avec les autres vers Jérusalem. Nous aussi, nous avons cheminé ensemble, nous avons « fait synode » et maintenant cet Évangile scelle trois étapes fondamentales pour le chemin de la foi.

Tout d’abord, regardons Bartimée: son nom signifie « fils de Timée ». Et le texte le précise : « le fils de Timée, Bartimée » (Mc 10, 46). Mais, alors que l’Évangile le réaffirme, émerge un paradoxe : le père est absent. Bartimée se trouve seul le long de la route, hors de sa maison et sans père : il n’est pas aimé, mais abandonné. Il est aveugle et il n’a personne pour l’écouter. Jésus entend son cri. Et quand il le rencontre, il le laisse parler. Il n’était pas difficile de deviner ce que Bartimée demanderait : il est évident qu’un aveugle veut avoir ou retrouver la vue. Mais Jésus n’est pas expéditif, il prend le temps de l’écoute. Voilà la première étape pour faciliter le cheminement de foi : écouter. C’est l’apostolat de l’oreille : écouter, avant de parler.

A l’inverse, beaucoup de ceux qui étaient avec Jésus réprimandaient Bartimée pour le faire taire (Cf. v. 48). Pour ces disciples, l’indigent était un dérangement sur le chemin, un imprévu dans le programme. Ils préféraient leur temps à celui du Maître, leurs paroles à l’écoute des autres : ils suivaient Jésus, mais ils avaient en tête leurs projets. C’est un risque dont il faut toujours se garder. Pour Jésus, au contraire, le cri de celui qui appelle à l’aide n’est pas un dérangement qui entrave le chemin, mais une question vitale. Comme il est important pour nous d’écouter la vie ! Les enfants du Père céleste écoutent leurs frères : non pas les bavardages inutiles mais les besoins du prochain. Écouter avec amour, avec patience, comme Dieu le fait avec nous, avec nos prières souvent répétitives. Dieu ne se fatigue jamais, il se réjouit toujours quand nous le cherchons. Demandons, nous aussi, la grâce d’un cœur docile à l’écoute. Je voudrais dire aux jeunes, au nom de nous tous, les adultes : excusez-nous si, souvent, nous ne vous avons pas écoutés ; si, au lieu de vous ouvrir notre cœur, nous vous avons rempli les oreilles. Comme Église de Jésus, nous désirons nous mettre à votre écoute avec amour, sûrs de deux choses : que votre vie est précieuse pour Dieu, parce que Dieu est jeune et qu’il aime les jeunes ; et que votre vie est aussi précieuse pour nous, mieux encore nécessaire pour aller de l’avant.

Après l’écoute, une deuxième étape pour accompagner le chemin de la foi : se faire proches. Regardons Jésus, qui ne délègue pas quelqu’un parmi la « foule nombreuse » qui le suivait, mais qui rencontre Bartimée personnellement. Il lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (v. 51). Que veux-tu ? Jésus s’identifie à Bartimée, il ne fait pas abstraction de ses attentes ; que je fasse : faire, pas seulement parler ; pour toi : non pas selon des idées préétablies pour n’importe qui, mais pour toi, dans ta situation. Voilà comment fait Dieu, en s’impliquant en personne, avec un amour de prédilection pour chacun. Dans sa manière de faire passe déjà son message : la foi germe ainsi dans la vie.

La foi passe par la vie. Quand la foi se concentre uniquement sur les formulations doctrinales, elle risque de parler seulement à la tête, sans toucher le cœur. Et quand elle se concentre seulement sur le faire, elle risque de devenir un moralisme et de se réduire au social. La foi au contraire, c’est la vie : c’est vivre l’amour de Dieu qui a changé notre existence. Nous ne pouvons pas être des doctrinaires ou des activistes ; nous sommes appelés à poursuivre l’œuvre de Dieu à la manière de Dieu, dans la proximité : liés à Lui, en communion entre nous, proches de nos frères. Proximité : voilà le secret pour transmettre le noyau de la foi, et non pas quelque aspect secondaire.

Se faire proches et porter la nouveauté de Dieu dans la vie du frère, c’est l’antidote à la tentation des recettes toutes prêtes. Demandons-nous si nous sommes des chrétiens capables de devenir proches, de sortir de nos cercles pour étreindre ceux qui « ne sont pas des nôtres » et que Dieu cherche ardemment. Il y a toujours cette tentation qui revient tant de fois dans l’Écriture : se laver les mains. C’est ce que fait la foule dans l’Évangile d’aujourd’hui, ce qu’a fait Caïn avec Abel, ce que fera Pilate avec Jésus : se laver les mains. Nous, à l’inverse, nous voulons imiter Jésus, et comme lui nous salir les mains. Lui, le chemin (cf. Jn 14, 6), pour Bartimée il s’est arrêté sur la route ; Lui, la lumière du monde (cf. Jn 9, 5), il s’est penché vers un aveugle. Reconnaissons que le Seigneur s’est sali les mains pour chacun de nous, et en regardant la croix ; et repartons de là, nous rappelant que Dieu s’est fait mon prochain dans le péché et dans la mort. Il s’est fait mon prochain : tout commence à partir de là. Et quand par amour pour lui, nous aussi, nous nous faisons proches, nous devenons porteurs d’une vie nouvelle : non pas des maîtres de tous, ni des experts du sacré, mais des témoins de l’amour qui sauve.

Témoigner est la troisième étape. Regardons les disciples qui appellent Bartimée : ils ne vont pas à lui, qui mendiait, avec une petite pièce pour l’apaiser ou pour dispenser des conseils. Ils vont à lui au nom de Jésus. En effet, ils lui adressent trois paroles seulement, toutes de Jésus : « Courage ! Lève-toi. Il t’appelle » (v. 49). Seul Jésus dans le reste de l’Évangile dit courage!, parce que lui seul ressuscite le cœur. Seul Jésus dans l’Évangile dit lève-toi, pour guérir l’esprit et le corps. Seul Jésus appelle, en changeant la vie de celui qui le suit, en remettant sur pied celui qui est à terre, en portant la lumière de Dieu dans les ténèbres de la vie. Tant d’enfants, tant de jeunes, comme Bartimée, cherchent une lumière dans la vie. Ils cherchent un amour vrai. Et comme Bartimée, malgré la nombreuse foule, appelle seulement Jésus, de même eux aussi cherchent la vie, mais souvent ils ne trouvent que de fausses promesses et peu de personnes qui s’intéressent vraiment à eux.

Il n’est pas chrétien d’attendre que les frères en recherche frappent à notre porte ; nous devrions aller vers eux, non pas en nous portant nous-mêmes, mais en portant Jésus. Il nous envoie, comme ces disciples, pour encourager et relever en son nom. Il nous envoie dire à chacun : « Dieu te demande de te laisser aimer par Lui ». Que de fois, au lieu de ce message libérateur de salut, nous n’avons porté que nous-mêmes, nos « recettes », nos « étiquettes » dans l’Église ! Que de fois, plutôt que de faire nôtres les paroles du Seigneur, nous avons fait passer nos idées pour ses paroles ! Que de fois les personnes sentent plus le poids de nos institutions que la présence amicale de Jésus ! Alors nous passons pour une ONG, pour une organisation semi-publique, et non pas pour la communauté des sauvés qui vivent la joie du Seigneur.

Écouter, se faire proches, témoigner. Le chemin de foi dans l’Évangile se termine d’une manière belle et surprenante, avec Jésus qui dit : « Va, ta foi t’a sauvé » (v. 52). Et pourtant, Bartimée n’a pas fait de profession de foi, il n’a accompli aucune œuvre ; il a seulement demandé pitié. Sentir qu’on a besoin du salut, c’est le commencement de la foi. C’est la voie directe pour rencontrer Jésus. La foi qui a sauvé Bartimée n’était pas dans ses idées claires sur Dieu, mais dans le fait de le chercher, dans la volonté de le rencontrer. La foi est une question de rencontre, non pas de théorie. Dans la rencontre Jésus passe, dans la rencontre palpite le cœur de l’Église. Alors, non pas nos sermons, mais le témoignage de notre vie sera efficace.

Et à vous tous qui avez participé à ce « cheminement commun », je dis merci pour votre témoignage. Nous avons travaillé en communion et avec franchise, avec le désir de servir Dieu et son peuple. Que le Seigneur bénisse nos pas, afin que nous puissions écouter les jeunes, nous faire proches d’eux et leur témoigner la joie de notre vie : Jésus.

[01710-FR.01] [Texte original: Italien]

Église en Sortie 26 octobre 2018

Cette semaine à Église en sortie, on s’entretient avec Isabel Correa, directrice de la Mission Jeunesse Montréal et JMJ Canada, sur la place des jeunes dans l’Église en marge du Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». On vous présente un reportage sur la Résidence de la montagne de l’Horeb, maison de repos pour les prêtres à Sainte-Agathe-des-Monts au nord de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis reçoit Mgr Pierre Goudreault, évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-La-Pocatière au sujet de son diocèse et du tournant missionnaire de l’Église.

Échos du Vatican

Le Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement est entré dans sa dernière semaine de travail. Éclairages et témoignages dans cette émission.

Église en sortie 19 octobre 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Marybel Mayorga, journaliste et attachée médiatique à JMJ Canada, au sujet de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». On vous présente un reportage sur la « Maison Le Pont », organisme d’accueil des réfugiés de l’archidiocèse de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission. Dans la troisième partie de l’émission, on s’entretient avec le père Yolland Ouellet o.m.i., directeur national de l’Oeuvre Pontificale Missionnaire du Canada, sur les mois missionnaires 2018-2019 ainsi que sur l’importance des jeunes dans la conversion missionnaire de l’Église au Québec et dans le monde.

Intervention d’Emilie Callan au Synode sur les jeunes

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’intervention d’Emilie Callan, prononcé le jeudi 18 octobre 2018 lors du Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.

 

Très Saint Père, chers pères synodaux, chers amis.

Merci de nous réunir pour ce synode. C’est un privilège de pouvoir vous adresser la parole.

Les papes, de Paul VI jusqu’à vous, Saint Père, nous parlent du besoin urgent d’être une Église en sortie. Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Redemptoris Missio, disait que l’évangélisation missionnaire “constitue le premier service que l’Église peut rendre à tout homme et à l’humanité entière dans le monde actuel” et il y mettait au centre l’annonce de l’amour de Dieu qui se manifeste en Jésus Christ. Puisque cette annonce constitue la mission première de l’Église, quels efforts mettons-nous à engender des hommes et des femmes capables de communiquer le message central de l’Évangile par leur bouche et par leurs actes, c’est-à-dire engender des évangélisateurs?

Nous lisons, dans le 2e épitre de Saint Paul à Timothée: “Toi donc, mon enfant, affermis-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus, et ce que tu as appris de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, qui soient capables d’en instruire aussi d’autres” (Timothée 2, 2).

Mais lorsqu’il s’agit de transmettre la foi, nous arrivons à transmettre la connaissance de la foi, mais rarement savons-nous comment inviter les autres à entrer en relation avec ce Dieu d’amour.

J’ai eu la chance de découvrir l’amour personnelle de Dieu dans ma famille. Voilà, qu’à l’adolescence, je m’interrogeais sur le sens de ma vie et sur Dieu, et mes parents accueillaient mes questionnements avec patience. Pour satisfaire cette soif de réponses, ils tournaient mon regard vers Jésus, toujours en respectant ma liberté! Plus je découvrais qui il était, plus je voulais vivre comme lui et pour lui, et de manière surprenante, plus j’avais la certitude d’avoir profondément besoin de sa miséricorde. Qu’il y avait un abîme entre Dieu et moi que seule Jésus pouvait combler. Je me suis retrouvée devant un prêtre dans le sacrement de la réconciliation, à 16 ans, et après cela, ma vie telle que je l’avais connue avait changée. Dieu prenait de plus en plus de place dans ma vie. J’étais la fille bien-aimée de Dieu le Père et j’avais pour ami, son Fils Jésus!

Cette expérience initiale de l’amour de Dieu et de sa miséricorde s’est approfondi quand je suis arrivée à l’université, mais seulement après une période de doute sur la présence de Dieu, d’incertitudes face à mon avenir, de confusion en voyant d’autres jeunes de mon âge rejeter leur foi. C’est alors que j’ai rencontré un mouvement catholique universitaire. Ce mouvement de jeunes propose une série d’études en petits groupes sur les aspect fondamentaux du catholicisme. On se préoccupe d’abord de la proclamation initiale du kérygme à travers les Saintes Écritures, la Tradition de l’Église, et les témoignages des saints, et les jeunes sont invités à mettre le Christ au centre de leur vie. L’apprentissage de la prière, le recours aux sacrements, la vie communautaire, l’expérience de la mission dans la vie de l’Église et la formation de disciples missionnaires, font tous partie intégrante de la mission de ce mouvement.

Grâce à cette expérience, j’ai renoué ma relation avec Jésus Christ, j’ai compris d’une nouvelle manière que j’étais aussi appelée à suivre la route étroite vers la sainteté, que cette aventure ne pouvait se réalisée en-dehors d’une amitié avec le Christ vécue au sein de cette Église, et je voulais que d’autres connaissent la joie profonde qui se trouve seulement dans cette relation intime avec Lui…

C’est seulement dans cette amitié avec Jésus que “s’ouvrent les grandes potentialités de la vie humaine”, comme le disait le pape émérite Benoit XVI. Tout en découle. Nous le savons déjà, lorsqu’un jeune oriente sa vie pour suivre le Christ, il devient un témoin généreux et héroïque.

Plus il y aura des jeunes qui se convertissent, plus grande sera leur vie de foi, plus grand aussi sera leur engagement dans la mission de l’Église, et PLUS il y aura des vocations!

Ce sont mes parents, des missionnaires laïcs, des prêtres, des personnes consacrées et des amis convaincus, que j’ai rencontré en chemin, et que je rencontre encore aujourd’hui, qui m’ont donné non seulement le courage de partager ma foi avec d’autres mais qui m’ont appris à articuler la foi de manière claire et simple. Cela suppose, évidemment, une conversion intérieure.

Pour que cela se réalise, il faut enseigner la rencontre avec Jésus Christ. Nous avons besoin d’hommes et de femmes, crédibles, qui n’ont pas peur de l’Évangile et de ses exigences, qui sont épris d’amour pour le Christ et pour son Église, et savent comment lui ouvrir les portes.

“Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle” (Jean 3, 16). C’est le plus grand cadeau qui nous soit donné et que l’Église a à proposer!

Échos du Vatican

Dans cette émission nous revenons largement sur le témoignage de participants au Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Ils nous partagent leurs attentes et leur expérience.