Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix pour le Congrès SIGNIS 2017

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du Cardinal de Monsieur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada telle que prononcée lors de la Messe pour le Congrès mondial de Signis 2017 en la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, Québec, 21 juin 2017:

« Restons connectés pour dire l’espérance »

Très chers frères et sœurs,

Chères communicatrices, chers communicateurs venus de toutes les régions du monde,

Vous avez sûrement remarqué que la Parole de Dieu qui vient de nous être proclamée parle essentiellement de semence, de croissance et de fécondité. Des thèmes bibliques riches et fort signifiants pour notre réflexion au cœur de votre Congrès mondial.

Dans les récits de la création dans le livre de la Genèse, on nous présente un jardin créé par Dieu, un jardin très fécond où tout pousse, où tout est bon et généreux. Un jardin qui dépeint l’explosion de la Vie, semence de Dieu sur cette terre, notre maison commune. La création est sans contredit une manifestation exubérante de cette vie divine et de sa fécondité. Mais Dieu n’avait pas encore dit son dernier mot.

Le Seigneur n’a pas seulement créé ce monde, créé l’homme et la femme pour qu’ils y vivent en les laissant seuls. Dès le début, il entre en relation et propose une grande amitié, une Alliance avec les humains que nous sommes. Du jamais vu, de l’inédit. Notre Dieu n’est pas un grand silencieux qui nous regarde passivement du haut du ciel. Il parle, il prend l’initiative d’entrer en dialogue avec nous. Et petit à petit, nous découvrons que sa Parole est bienfaisante, pleine de vie. Elle libère et remet debout, elle met en marche. Elle produit des fruits. Il n’y a pas seulement que les semences du jardin qui produisent du fruit, la Parole en produit aussi.

La Palabra de Dios es vida y produce frutos abundantes. Nos lo recordó el profeta Isaías : “Así dice el Señor: como bajan la lluvia y la nieve de los cielos y no vuelven allá sin haber empapado la tierra, sin haberla fecundado y haberla hecho germinar, para que dé la simiente para sembrar y el pan para comer, así será la palabra que salga de mi boca. No volverá a mí con las manos vacías sino después de haber hecho lo que yo quería, y haber llevado a cabo lo que le encargué”.

Ustedes que obran en los medios de comunicación, siembran a diario la semilla de la Palabra a través de sus artículos, programas, reportajes, entrevistas, testimonios. Siembran con fe y audacia porque bien saben que esa divina semilla es fecunda y pronto o tarde producirá frutos en los corazones. En décadas pasadas, el jardín de los medios de comunicación era bien definido; un periódico o una revista llegaba a sus suscriptores ; un programa de televisión a los que tenían antena sobre su techo. Hoy en día, gracias a internet y a las nuevas tecnologías, su jardín se ha ampliado a las dimensiones del mundo. ¡Qué bendición y a la vez, qué responsabilidad! Ustedes tienen una oportunidad sin precedentes de proclamar y hacer llegar la Palabra de Dios a tantas personas, de entrar en lugares que nosotros no logramos acceder. Tengan fe que lo que ustedes siembran a diario a través de su trabajo no retorna a Dios sin haber producido lo que Él quiere.

Saint John, in his first Letter, shares a vibrant expression of his faith: “We declare to you what was from the beginning, what we have heard, what we have seen with our eyes, what we have looked at and touched with our hands, concerning the word of life — this life was revealed, and we have seen it and testify to it…”.  John’s personal encounter, his experience with Jesus Christ transforms him into a great communicator, a missionary able to spread the Good News of the death and resurrection of Christ to the world.

No Facebook account yet, no Tweets, no printing presses or 4K Pro video cameras, no internet or optical fiber were anywhere to be seen, and yet the Gospel spread all over the world and has reached all of us, who represent close to 50 countries.

I’m not a specialist in communications, but my humble conclusion when I hear this and listen to the Gospel is that the strength, the vigor is not in the means or the apostle, but in the seed, in the Word of God, in the Word of God made flesh, Jesus Christ. Pope Francis put it well in this year’s Message for World Communications Day: “Confidence in the seed of God’s Kingdom and in the mystery of Easter should also shape the way we communicate. This confidence enables us to carry out our work – in all the different ways that communication takes place nowadays – with the conviction that it is possible to recognize and highlight the good news present in every story and in the face of each person”.

That is where we find Hope to pursue our mission. Of course, we continue to strive to put to use the most modern means of communication, the best technologies and prepare ourselves to be as professional as we can, but we do not forget that the power, the strength, the Life, is in the seed. the Word of God, the Incarnate Word who gave His Life so we may have abundant life and eternal life. What a humbling and exciting experience for all of you communicators who are called to exercise this vital mission in today’s world.

 Nous sommes familiers avec la parabole du semeur. Je ne suis pas sûr que votre chef de pupitre aurait accepté autant de répétition dans une même phrase : « Le Semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin ». Semeur, semer, semence, semait… ce n’est pas fort en composition si on regarde ça d’un point de vue littéraire. Cependant, la parabole de Jésus nous laisse bien entrevoir la générosité de Dieu qui, comme ce semeur, sème la Parole partout généreusement, même sur des terrains qui à première vue sont stériles. Il est vrai que les chances sont meilleures pour la semence lorsqu’elle tombe dans une bonne terre, une terre accueillante et dégagée de tout obstacle.

Rappelons-nous toutes les fois où Jésus s’est approché des pécheurs qui à prime abord semblaient fermés, endurcis ou très souffrants. Ils ont pourtant accueilli la Parole du Sauveur et leur vie en a été transformée. Pensons encore à Zachée, au démoniaque de Gérasa, à la femme adultère, à Marie-Madeleine, au bon larron. Frères et sœurs, restons connectés à la puissance de la Parole pour dire l’espérance à un monde qui a un profond besoin de lumière et de Vie.

Je me souviens alors que j’étais jeune prêtre, d’un matin où l’on sonne à ma porte à six heures. Je réponds et un homme demande à me rencontrer. Je ne le connais pas. Il m’avoue arriver d’un motel où il a passé la nuit avec une femme qui n’est pas la sienne. Elle est partie vers deux heures du matin. Il décide alors de regarder la télévision dans sa chambre, seul. En faisant le tour des chaînes, il tombe sur un programme de la télévision communautaire qui présente un extrait de conférence de Jean Vanier. Il est bouleversé par les propos qu’il vient d’entendre et se sent appelé à changer de vie par l’Évangile proclamé dans cette conférence. Ne sachant plus quoi faire, il décide de rencontrer un prêtre. Ce moment fut l’occasion d’une conversion profonde et toute sa vie a changé de direction. Par la suite, il a souvent témoigné publiquement de sa conversion. La Parole qui touche le cœur et produit des fruits de conversion et de vie l’a rejoint là où il se trouvait. Ne l’oublions jamais !

Nos saints fondateurs et fondatrices à Québec nous ont laissé le témoignage d’une foi profondément enracinée dans le Christ et sa Parole. Sainte Marie de l’Incarnation et la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin sont arrivées en Nouvelle-France au début du 17e siècle, alors que tout était à construire. Les défis étaient de taille et les dangers omniprésents. Les longs hivers québécois à l’époque – ils le sont encore aujourd’hui – et la précarité de la communauté naissante présentaient des obstacles majeurs à surmonter. Et pourtant, ces femmes n’y ont pas seulement survécu, elles y ont vécu leur mission respective dans l’éducation et la santé avec brio. C’était des femmes d’espérance, connectées à la Source qu’est la Parole de Dieu et à une relation intime avec lui; des missionnaires habitées par un zèle apostolique qui a produit de grands fruits. Leur vie nous inspire encore aujourd’hui.

Un journaliste du journal Le Soleil, Louis-Guy Lemieux a écrit ces lignes qui en disent long sur Marie de l’Incarnation : « Plus que Champlain, le fondateur, plus que Louis Hébert, le premier habitant enraciné, plus que Jean Talon, le solide intendant, plus que Louis Jolliet, l’explorateur et découvreur du Mississippi, plus que ces aventuriers de robe ou d’épée, flamboyants ou profiteurs, c’est elle, Marie Guyart qui incarne le mieux le courage et la ténacité des premiers Canadiens. Ses contemporains se reconnaissent en elle. Sans quitter son couvent, elle aura été le ciment de la Nouvelle-France[1]. » Marie de l’Incarnation et Marie-Catherine de Saint-Augustin furent de grandes communicatrices de l’espérance et de l’Évangile, par le don de leur vie au service de la mission. Des femmes connectées qui ont su vivre et dire l’espérance qui les habitaient.

Notre premier évêque, saint François de Laval, canonisé par le pape François en 2014, a su soutenir la communauté naissante en Nouvelle-France malgré les nombreux obstacles et tempêtes qu’il a rencontrés. Il ne s’est pas laissé effrayer ou démotiver car son cœur était empreint de confiance en Dieu. Il aimait dire : « Il nous faut mettre toute notre confiance et notre force en Dieu… Il faut se laisser conduire par la Providence. » Ou encore : « Que les missionnaires se souviennent que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience. » Soyons, nous aussi, habités par cette confiance en Dieu et sa en Parole et ayons la patience de laisser croître ce qui est semé dans les cœurs par notre travail quotidien.

On this shared day that brings together delegates from the SIGNIS World Congress and the Catholic Press Association of the United States and Canada, may the Lord bless you and all you do so that His Word of Life and Hope may reach the ends of the world. May he sustain you and your colleagues in the mission we all share in the Church through our different vocations and charisms, to proclaim what we have seen with our eyes and heard with our ears, what we have touched: Jesus Christ, the Living One, who is with us and who sends us out to share His Good News.

 Señor, Padre nuestro, que tu Palabra cumpla su obra en nuestras palabras y obras para que muchos y muchos lleguen a conocerte, amarte y servirte.

Restons connectés pour dire l’espérance !

[1] Le Soleil, 16 mars 1997.

Échos du Vatican

Nous parlons dans cette émission de la rencontre entre le pape François et une trentaine de réfugiés, dans la cadre de la Journée mondiale des réfugiés. Et nous entendrons le P.Thomas Rosica nous parler du congrès mondial de SIGNIS qui se tient ces jours-ci à Québec.

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur l’importante rencontre entre le Saint-Père et les responsables de la Conférence épiscopale du Vénézuela, alors que le pays est plongé dans une grave crise politique, économique, et sociale.

Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale des Pauvres

Vous trouverez ci-dessou le Message du pape François pour la Journee Mondiale des Pauvres 33ème Dimanche du Temps Ordinaire 19 novembre 2017:

N’aimons pas en paroles, mais par des actes

1. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction. La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. La façon d’aimer du Fils de Dieu, par ailleurs, est bien connue, et Jean le rappelle clairement. Elle se fonde sur deux pierres angulaires : Dieu a aimé le premier (cf. 1 Jn 4, 10.19) ; et il a aimé en se donnant tout entier, y compris sa propre vie (cf. 1 Jn 3, 16).

Un tel amour ne peut rester sans réponse. Même donné de manière unilatérale, c’est-à-dire sans rien demander en échange, il enflamme cependant tellement le cœur que n’importe qui se sent porté à y répondre malgré ses propres limites et péchés. Et cela est possible si la grâce de Dieu, sa charité miséricordieuse sont accueillies, autant que possible, dans notre cœur, de façon à stimuler notre volonté ainsi que nos affections à l’amour envers Dieu lui-même et envers le prochain. De cette façon, la miséricorde qui jaillit, pour ainsi dire, du cœur de la Trinité peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur des frères et des sœurs qui sont dans le besoin.

2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).

« Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : ‘‘Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !’’ sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (2, 5-6.14-17).

3. Il y a eu, cependant, des moments où les chrétiens n’ont pas écouté jusqu’au bout cet appel, en se laissant contaminer par la mentalité mondaine. Mais l’Esprit Saint n’a pas manqué de leur rappeler de maintenir le regard fixé sur l’essentiel. Il a fait surgir, en effet, des hommes et des femmes qui, de diverses manières, ont offert leur vie au service des pauvres. Que de pages d’histoire, en ces deux mille ans, ont été écrites par des chrétiens qui en toute simplicité et humilité, et par la généreuse imagination de la charité, ont servi leurs frères plus pauvres !

Parmi ceux-ci, se détache l’exemple de François d’Assise, qui a été suivi par de nombreux hommes et femmes saints au cours des siècles. Il ne s’est pas contenté d’embrasser et de faire l’aumône aux lépreux, mais il a décidé d’aller à Gubbio pour rester avec eux. Lui-même a vu dans cette rencontre le tournant de sa conversion : « Comme j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps » (Test. 1-3 : SF 308). Ce témoignage manifeste la force transformante de la charité et le style de vie des chrétiens.

Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58).

Nous sommes appelés, par conséquent, à tendre la main aux pauvres, à les rencontrer, à les regarder dans les yeux, à les embrasser, pour leur faire sentir la chaleur de l’amour qui rompt le cercle de la solitude. Leur main tendue vers nous est aussi une invitation à sortir de nos certitudes et de notre confort, et à reconnaître la valeur que constitue en soi la pauvreté.

4. N’oublions pas que pour les disciples du Christ, la pauvreté est avant tout une vocation à suivre Jésus pauvre. C’est un chemin derrière lui et avec lui, un chemin qui conduit à la béatitude du Royaume des cieux (cf. Mt 5, 3 ; Lc 6, 20). Pauvreté signifie un cœur humble qui sait accueillir sa propre condition de créature limitée et pécheresse pour surmonter la tentation de toute-puissance, qui fait croire qu’on est immortel. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectif de vie et condition pour le bonheur. C’est la pauvreté, plutôt, qui crée les conditions pour assumer librement les responsabilités personnelles et sociales, malgré les limites de chacun, comptant sur la proximité de Dieu et soutenu par sa grâce. La pauvreté, ainsi entendue, est la mesure qui permet de juger de l’utilisation correcte des biens matériels, et également de vivre de manière non égoïste et possessive les liens et affections (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 25-45).

Faisons nôtre, par conséquent, l’exemple de saint François, témoin de l’authentique pauvreté. Précisément parce qu’il avait les yeux fixés sur le Christ, il a su le reconnaître et le servir dans les pauvres. Si, par conséquent, nous voulons offrir une contribution efficace pour le changement de l’histoire, en promouvant un vrai développement, il est nécessaire d’écouter le cri des pauvres et de nous engager à les faire sortir de leur condition de marginalisation. En même temps, je rappelle aux pauvres qui vivent dans nos villes et dans nos communautés de ne pas perdre le sens de la pauvreté évangélique qu’ils portent imprimé dans leur vie.

5. Nous savons la grande difficulté qui émerge dans le monde contemporain de pouvoir identifier clairement la pauvreté. Cependant, elle nous interpelle chaque jour par ses mille visages marqués par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme, par l’urgence sanitaire et par le manque de travail, par les traites et par les esclavages, par l’exil et par la misère, par la migration forcée. La pauvreté a le visage de femmes, d’hommes et d’enfants exploités pour de vils intérêts, piétinés par des logiques perverses du pouvoir et de l’argent. Quelle liste impitoyable et jamais complète se trouve-t-on obligé d’établir face à la pauvreté fruit de l’injustice sociale, de la misère morale, de l’avidité d’une minorité et de l’indifférence généralisée !

De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale. Face à cette situation, on ne peut demeurer inerte et encore moins résigné. À la pauvreté qui inhibe l’esprit d’initiative de nombreux jeunes, en les empêchant de trouver un travail ; à la pauvreté qui anesthésie le sens de responsabilité conduisant à préférer la procuration et la recherche de favoritismes ; à la pauvreté qui empoisonne les puits de la participation et restreint les espaces du professionnalisme en humiliant ainsi le mérite de celui qui travaille et produit ; à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société.

Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2ème session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’ : ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.

6. Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. Aux autres Journées mondiales instituées par mes Prédécesseurs, qui sont désormais une tradition dans la vie de nos communautés, je voudrais que s’ajoute celle-ci, qui apporte à leur ensemble un complément typiquement évangélique, c’est-à-dire la prédilection de Jésus pour les pauvres.

J’invite l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion.

7. Je souhaite que les communautés chrétiennes, au cours de la semaine qui précède la Journée Mondiale des Pauvres, qui cette année sera le 19 novembre, 33ème dimanche du Temps Ordinaire, œuvrent pour créer de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète. Ils pourront, ensuite, inviter les pauvres et les volontaires à participer ensemble à l’Eucharistie de ce dimanche, en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique, le dimanche suivant. La royauté du Christ, en effet, émerge dans toute sa signification précisément sur le Golgotha, lorsque l’Innocent cloué sur la croix, pauvre, nu et privé de tout, incarne et révèle la plénitude de l’amour de Dieu. Son abandon complet au Père, tandis qu’il exprime sa pauvreté totale, rend évident la puissance de cet Amour, qui le ressuscite à une vie nouvelle le jour de Pâques.

En ce dimanche, si dans notre quartier vivent des pauvres qui cherchent protection et aide, approchons-nous d’eux : ce sera un moment propice pour rencontrer le Dieu que nous cherchons. Selon l’enseignement des Écritures (cf. Gn 18, 3-5 ; He 13, 2), accueillons-les comme des hôtes privilégiés à notre table ; ils pourront être des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père.

8. À la base des nombreuses initiatives qui peuvent se réaliser lors de cette Journée, qu’il y ait toujours la prière. N’oublions pas que le Notre Père est la prière des pauvres. La demande du pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille le cri de celui qui souffre de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur apprendre à prier, il a répondu par les paroles des pauvres qui s’adressent au Père unique dans lequel tous se reconnaissentcomme frères. Le Notre Père est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain demandé est ‘‘notre’’, et cela comporte partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de surmonter toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.

9. Je demande aux confrères évêques, aux prêtres, aux diacres – qui par vocation ont la mission du soutien aux pauvres -, aux personnes consacrées, aux associations, aux mouvements et au vaste monde du volontariat d’œuvrer afin que par cette Journée Mondiale des Pauvres s’instaure une tradition qui soit une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain.
Que cette nouvelle Journée Mondiale, par conséquent, devienne un appel fort à notre conscience de croyants pour que nous soyons plus convaincus que partager avec les pauvres nous permet de comprendre l’Évangile dans sa vérité la plus profonde. Les pauvres ne sont un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile.
Du Vatican, le 13 juin 2017 Mémoire de saint Antoine de Padoue

FRANÇOIS

[00907-FR.01] [Texte original: Italien]

Appel interreligieux des communautés confessionnelles du Canada contre la famine au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen

Communiqué de Presse de la Conférence des évêques catholiques du Canada:

Des dirigeants religieux au Canada lancent une campagne nationale en réponse à la famine au Soudan du Sud et à la pénurie alimentaire extrême au Yémen, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie:

(CECC – Ottawa)… Mgr Douglas Crosby, O.M.I., évêque de Hamilton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), s’est joint à d’autres dirigeants religieux au Canada des communautés chrétiennes, juives, musulmanes, sikhes, hindoues et bahá’íe pour lancer une campagne nationale afin d’aider à répondre à la famine au Soudan du Sud et à la pénurie alimentaire extrême au Yémen, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie. Chacune des communautés confessionnelles participantes se mobilise pour intervenir devant « l’une des plus grandes crises humanitaires du monde depuis la Deuxième Guerre mondiale : la triste réalité des nombreuses famines qui se produisent en même temps dans quatre pays distincts. »

En février 2017, l’Organisation des Nations Unies a déclaré que 20 millions de personnes, incluant 1,4 million d’enfants vulnérables, sont à risque de mourir dans les prochains mois dans ces quatre pays. La crise résulte des conflits armés et des sécheresses sévères qui persistent, avec des centaines de milliers de personnes qui ont quitté leur maison et leur terre. Selon l’ONU, la crise dépasse de loin les ressources actuellement disponibles et le montant des fonds engagés jusqu’à présent par la communauté internationale.

L’appel commun des  dirigeants religieux « est un cri du cœur » qui invite leurs fidèles à répondre de trois façons :

Priez : en se souvenant des gens du Soudan du Sud, de la Somalie, du nord du Nigéria et du Yémen dans leur prière personnelle et communautaire et en priant également pour la paix, les chefs de gouvernement et les travailleurs et travailleuses humanitaires de la région.

Donnez : en faisant une contribution financière à un ou plusieurs des divers organismes canadiens d’aide réputés qui travaillent à réduire la crise. Pour chaque contribution faite entre le 17 mars et le 30 juin 2017, le Gouvernement du Canada versera un montant en contrepartie dans le cadre du « Fonds de secours contre la famine » récemment annoncé.

Parlez-en : en prenant le temps de mieux s’informer au sujet de la crise dans les quatre pays; en parlant avec la famille, les amis et les voisins; en discutant avec les organismes communautaires locaux; et les élus parlementaires locaux.

Les dirigeants religieux signalent sans équivoque que la violence prolongée au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen est la cause première de la crise humanitaire en insistant pour que le « gouvernement fédéral a fait connaître son intention de participer plus activement au Conseil de sécurité des Nations Unies au cours des prochaines années. Le moment est venu pour notre Premier ministre et pour tous les dirigeants canadiens d’être à la hauteur de cette aspiration en parlant clairement et constamment en faveur de la cessation de la violence et de la guerre au Soudan du Sud, au Yémen, en Somalie et au Nigéria (…) La voix du Canada doit être entendue en ce moment tragique, particulièrement pendant qu’il célèbre les 150 ans de la Confédération. »

En plus de l’appel commun par les dirigeants religieux, la CECC a également acheminé aux évêques catholiques du Canada et publié sur son site web des suggestions de prières pour les fidèles liées à la crise, de même qu’une fiche d’information qui décrit la dimension humanitaire de la situation. Les paroisses peuvent les utiliser telles quelles ou les adapter au besoin. Les paroisses catholiques à travers le pays organisent des collectes spéciales et plusieurs envisagent d’autres efforts pour répondre à cet appel pendant le mois de juin, l’été et jusqu’à l’automne. Les dons peuvent être envoyés électroniquement à trois organismes catholiques d’aide disposés à acheminer les contributions pour soutenir les secours d’urgence dans les quatre pays :

-Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix :
https://www.devp.org/fr/fonds-secours-contre-famine
Tél. : 1 888 664-3387

-Aide à l’Église en détresse – Canada :
http://www.acn-aed-ca.org/fr/jaifaim/
Tél. : 1 800 585-6333

Canadian Jesuits International
http://www.canadianjesuitsinternational.ca/2017/06/05/famine-relief-appeal/
Tél. : 1 800 448-2148

 

PRIEZ, DONNEZ, PARLEZ-EN

Fonds de secours contre la famine – Feuillet d’information Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria

En février 2017, le nouveau Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que 20 millions de personnes sont menacées de mort dans les six prochains mois au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria.

Cette crise humanitaire a pris forme en raison d’une conjoncture particulière engendrée à la fois par des changements climatiques ayant entraîné de grandes sécheresses et des con its armés qui sévissent dans ces régions. En conséquence, des millions de personnes ont dû fuir leurs terres et leurs maisons a n d’échapper aux violences et sont menacées de famine en raison de conditions de transport et d’accès à la nourriture extrêmement di ciles.

Soudan du Sud

Points clés

    • La famine a été déclarée le 20 février 2017 dans l’État d’Unité. La dernière déclaration de famine émise par les agences de l’ONU remonte à juillet 2011, alors qu’environ 260 000 personnes sont mortes en Somalie – la moitié ayant été des enfants de moins de 5 ans.
    • On estime que près de 7,5 millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire pendant la période mai à juillet (saison de soudure)
    • On compte près de 1,9 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays et un total de 1.74 million de réfugiés dans les pays voisins (86 % sont des femmes et enfants – dont 21 000 mineurs non accompagnés).
    • Le pays, qui a obtenu son indépendance en 2011, est en guerre depuis 2013. Les deux grandes ethnies du pays se déchirent, notamment sur le contrôle des états pétroliers du nord du pays qui constituent près de de 90% de l’économie nationale.Nord-est du NigériaPoints clés
    • 8,5 millions de personnes sont dans le besoin dans cette région. Les principaux besoins sont en sécurité alimentaire, en nutrition, en protection pour les populations et en eau et assainissement. On estime à près de 44 000 le nombre de personnes à risque de famine à l’heure actuelle.
    • Depuis le début du con it armé en 2009, 1,9 million de personnes ont abandonné leurs habitations et leurs champs par crainte des exactions du groupe terroriste Boko Haram ou des représailles de l’armée nigériane.

Somalie

Points clés

    • Plus de 6,2 millions de personnes sont dans le besoin dont 1,7 million de personnes déplacées par la guerre et/ou la sécheresse. (=54% de la population)
    • On estime que le nombre de personnes en situation de crise aigüe atteindra les 3 millions d’ici juin compte tenu de la sécheresse et de l’insécurité en cours.
    • Les enfants en bas âge sont parmi les personnes durement touchées : 363 000 accusent un taux de malnutrition aigu et parmi ces derniers plus de 71 000 requièrent des soins vitaux (nutrition life-saving treatment).
    • Les grandes sécheresses des dernières décennies font de ce pays une des régions les plus vulnérables sur le plan alimentaire.
    • Le pays est en proie à une guerre civile depuis des décennies, le gouvernement actuel ne contrôlant essentiellement que la capitale Mogadishu et ses environs. YémenPoints clés
    • Des années de guerre civile ont poussé le Yémen au bord de la catastrophe.
    • Près de 18.8 millions de personnes (70% de la population) ont besoin d’assistance humanitaire et protection a n de subvenir à leurs besoins essentiels ; 6.8 millions sont en état d’insécurité alimentaire aigue.
    • Les enfants en bas âge sont parmi les plus durement touchés : ils présentent des taux de malnutrition aigus et sont a ectés par des maladies évitables telles le choléra qui, depuis le 27 Avril s’est propagé dans diverses contrés et menace d’a ecter 250,000 personnes dans les prochains six mois.

Intentions de prières pour mettre fin à la famine et les pénuries alimentaires au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen:

  • Pour les personnes sou rant de la faim, surtout celles qui endurent la famine au Soudan du Sud et les graves pénuries alimentaires en Somalie, au Nigéria et au Yémen, a n qu’elles connaissent l’aide inépuisable de Dieu et soient soutenues par la Christ, le Pain de vie.
  • Pour tous ceux et celles qui travaillent à atténuer la crise humanitaire qui se déroule dans certaines parties de l’Afrique et du Moyen- Orient, que leurs e orts soient renforcés par la générosité et le soutien nancier des Canadiens et Canadiennes et de la communauté internationale.
  • Pour les dirigeants politiques dans les pays touchés par la famine, les pénuries alimentaires et les con its, qu’ils aient la sagesse et le courage d’apporter la paix à la région et d’aider ceux et celles qui manquent de nourriture.
  • Pour la cessation de la violence qui frappe les pays du Soudan du Sud, la Somalie, le Nigéria et le Yémen, et pour le repentir de ceux et celles qui ont commis des injustices.
  • Pour la paix et la réconciliation entre tous les peuples et toutes les nations.
  • Pour l’Église, y compris notre communauté paroissiale, qu’elle soit toujours une voix et un témoin de justice, de compassion et de solidarité.

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur les réactions du Vatican après le retrait américain des accords de Paris sur le climat.

Homélie du pape François lors de la Messe de la Pentecôte 2017

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du pape François lors de la Messe de la Pentecôte en la Place Saint-Pierre:

Se conclut aujourd’hui le temps de Pâques, cinquante jours qui, de la Résurrection de Jésus à la Pentecôte, sont marqués de manière spéciale par la présence de l’Esprit Saint. C’est lui, en effet, le Don pascal par excellence. C’est l’Esprit créateur, qui réalise toujours des choses nouvelles. Deux nouveautés nous sont montrées dans les Lectures d’aujourd’hui : dans la première, l’Esprit fait des disciples un peuple nouveau ; dans l’Évangile, il crée dans les disciples un cœur nouveau.

Un peuple nouveau. Le jour de Pentecôte, l’Esprit est descendu du ciel, sous forme de « langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa sur chacun […]. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues » (Ac 2, 3-4). La Parole de Dieu décrit ainsi l’action de l’Esprit, qui se pose d’abord sur chacun et ensuite met tous en communication. Il fait à chacun un don et réunit tous dans l’unité. En d’autres termes, le même Esprit crée la diversité et l’unité et, ainsi, façonne un peuple nouveau, diversifié et uni : l’Église universelle. D’abord, avec imagination et de manière imprévisible, il crée la diversité ; à chaque époque, en effet, il fait fleurir des charismes nouveaux et variés. Ensuite, le même Esprit réalise l’unité : il relie, réunit, recompose l’harmonie : « Par sa présence et son action, il réunit dans l’unité les esprits qui sont distincts les uns des autres et séparés » (Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur l’évangile de Jean, XI, 11). En sorte qu’il y ait l’unité vraie, celle selon Dieu, qui n’est pas uniformité, mais unité dans la différence.

Pour réaliser cela, il convient de nous aider à éviter deux tentations récurrentes. La première, c’est celle de chercher la diversité sans l’unité. Cela arrive quand on veut se distinguer, quand on crée des coalitions et des partis, quand on se raidit sur des positions qui excluent, quand on s’enferme dans des particularismes propres, jugeant peut-être qu’on est meilleur ou qu’on a toujours raison. Ce sont les soi-disant ‘‘gardiens de la vérité’’. Alors, on choisit la partie, non le tout, l’appartenance à ceci ou à cela avant l’appartenance à l’Église ; on devient des ‘‘supporters’’ qui prennent parti plutôt que des frères et sœurs dans le même Esprit ; des chrétiens ‘‘de droite ou de gauche’’ avant d’être de Jésus ; des gardiens inflexibles du passé ou des avant-gardistes de l’avenir avant d’être des enfants humbles et reconnaissants de l’Église. Ainsi, il y a la diversité sans l’unité. La tentation opposée est en revanche celle de chercher l’unité sans la diversité. Cependant, ainsi, l’unité devient uniformité, obligation de faire tout ensemble et tout pareil, de penser tous toujours de la même manière. De cette façon, l’unité finit par être homologation et il n’y a plus de liberté. Mais, dit saint Paul, « là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17).

Notre prière à l’Esprit Saint, c’est alors de demander la grâce d’accueillir son unité, un regard qui embrasse et aime, au-delà des préférences personnelles, son Église, notre Église ; de prendre en charge l’unité de tous, de mettre fin aux bavardages qui sèment la division et aux envies qui empoisonnent, car être des hommes et des femmes d’Église signifie être des hommes et des femmes de communion ; c’est de demander également un cœur qui sente l’Église notre mère et notre maison : la maison accueillante et ouverte, où on partage la joie multiforme de l’Esprit Saint.

Et venons-en à la seconde nouveauté : un cœur nouveau. Jésus Ressuscité, en apparaissant pour la première fois aux siens, dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis » (Jn 20, 22-23). Jésus ne condamne pas les siens, qui l’avaient abandonné et renié durant la passion, mais il leur donne l’Esprit du pardon. L’Esprit est le premier don du Ressuscité et il est donné avant tout pour pardonner les péchés. Voilà le commencement de l’Église, voilà la colle qui nous maintient ensemble, le ciment qui unit les briques de la maison : le pardon. Car, le pardon est le don à la puissance n, c’est le plus grand amour, celui qui garde uni malgré tout, qui empêche de s’effondrer, qui renforce et consolide. Le pardon libère le cœur et permet de recommencer : le pardon donne l’espérance ; sans pardon l’Église ne s’édifie pas.

L’Esprit du pardon, qui résout tout dans la concorde, nous pousse à refuser d’autres voies : celles hâtives de celui qui juge, celles sans issue de celui qui ferme toutes les portes, celles à sens unique de celui qui critique les autres. L’Esprit nous exhorte, au contraire, à parcourir la voie à double sens du pardon reçu et du pardon donné, de la miséricorde divine qui se fait amour du prochain, de la charité comme « unique critère selon lequel tout doit être fait ou ne pas être fait, changé ou pas changé » (Isaac de l’Étoile, Discours 31). Demandons la grâce de rendre toujours plus beau le visage de notre Mère l’Église en nous renouvelant par le pardon et en nous corrigeant nous-mêmes : ce n’est qu’alors que nous pourrons corriger les autres dans la charité.

Demandons-le à l’Esprit Saint, feu d’amour qui brûle dans l’Église et en nous, même si souvent nous le couvrons de la cendre de nos péchés : ‘‘Esprit de Dieu, Seigneur qui te trouves dans mon cœur et dans le cœur de l’Église, toi qui conduis l’Église, façonne-la dans la diversité, viens ! Pour vivre, nous avons besoin de Toi comme de l’eau : descends encore sur nous et enseigne-nous l’unité, renouvelle nos cœurs et enseigne-nous à aimer comme tu nous aimes, à pardonner comme tu nous pardonnes ! Amen’’.

[00862-FR.02] [Texte original: Italien]

Allocution du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix lors de la Dédicace et ouverture des nouveaux studios de Télévision Sel + Lumière à Toronto

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’allocution de Monsieur le Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada, tel que prononcée lors de la  Dédicace et ouverture des nouveaux studios de Télévision Sel & Lumière à Toronto, le 25 mai 2017 .

« Pour que Jésus soit mieux connu, aimé et servi »

Chers frères cardinaux,
Père Frederico Lombardi, s.j., directeur émérite de la Salle de Presse du Saint-Siège,
Père Thomas Rosica, fondateur et directeur général de Télévision Sel & Lumière,
Chers membres de la grande équipe de Télévision Sel & Lumière,
Distingués invités,

C’est avec beaucoup de joie que j’ai accepté de participer à cet évènement qui ouvre un nouveau chapitre dans la vie de notre Télévision Sel & Lumière au Canada. Depuis déjà plus de quinze ans, vous proclamez Jésus Christ et la joie de l’Évangile au Canada et dans le monde en présentant des témoignages, des enseignements, des entrevues, des célébrations et des nouvelles qui nourrissent la foi et stimulent l’engagement chrétien. Vous nous faites prier, réfléchir et agir.

À Québec, où je suis et sur le territoire du Québec, nous sommes privilégiés de pouvoir regarder sur la télévision ou sur nos ordinateurs la riche programmation de Sel & Lumière. Lancé à Toronto lors des JMJ 2002 avec la participation de saint Jean-Paul II, nous comptons maintenant sur une succursale à Montréal, avec un petit studio et un personnel dévoué et engagé qui permet aux québécois et québécoises de savourer une programmation en français et avec des reportages à saveur locale. C’est très enrichissant.

Merci père Rosica et merci à votre équipe pour tous les efforts que vous déployez pour que la Bonne Nouvelle qu’est l’Évangile soit présente sur les médias numériques et rejoignent un grand nombre de personnes.

En circulant dans mon Diocèse et ailleurs au Québec, il m’arrive souvent d’entendre des personnes me partager qu’ils écoutent fidèlement la programmation de Télévision Sel & Lumière pour se tenir informer de la vie de l’Église au Québec, au Canada et dans le monde. D’autres personnes apprécient les grandes célébrations en direct ou en différé de Rome ainsi que dans les diverses régions de notre grand pays. Sel & Lumière nous permet de goûter au souffle de l’Esprit qui agit dans notre Église.

Les gens notent que les médias séculiers présentent souvent des activités de l’Église avec un clip de quelques secondes ou quelques minutes tout au plus, et cela lorsqu’ils décident de le faire. Sel & Lumière permet de visionner toute la célébration ou tout l’évènement. C’est un véritable cadeau. Vous ne nous servez pas des miettes mais de la nourriture en abondance.

Je sais qu’une aventure comme celle de la Télévision Sel & Lumière exige une passion pour l’annonce de l’Évangile et l’éducation de la foi,  un grand dévouement, une équipe multidisciplinaire et talentueuse, des connaissances importantes en technologie et en sciences de la communication. Vous avez tout cela et vous le mettez au service de la mission de l’Église aujourd’hui. Cela mérite tout notre respect et notre admiration.

Pour ma part, j’aimerais ajouter que j’apprécie grandement votre communion avec l’Église universelle et votre amour du Pape François. Son leadership est en train de faire vivre une conversion pastorale et missionnaire importante à notre Église. Avec les évêques du Québec, nous l’avons constaté lors de notre récente visite ad limina apostolorum. L’espérance est au rendez-vous malgré les nombreux défis qui sont à l’horizon.

Merci d’être de fidèles communicateurs de la vie de notre Église. Merci pour les Échos du Vatican, merci de mettre pour nous les nouvelles du jour en Perspectives. Merci de nous inviter à être une Église en sortie et merci de nous nourrir de la Messe du Jour.

Tout cela vous nous l’offrez à longueur d’année et nous en sommes reconnaissants. Vous êtes très créatifs pour nous partager les trésors de la foi. Puissent les gens qui vous écoutent et profitent de votre programmation être tout aussi généreux à vous soutenir de leur prière et de leur support économique.

Sincères félicitations pour ces nouveaux studios. Longue vie à Télévision Sel & Lumière afin que Jésus soit mieux connu, aimé et servi.

Lancement de Sel + Lumière en Haute Définition

La Télévision Catholique Du Canada Lance Sa Chaine en Haute Définition

TORONTO, jeudi 1er juin 2017 – Sel + Lumière, la télévision Catholique du Canada, est heureuse d’annoncer qu’elle sera disponible en haute définition pour les téléspectateurs dans tout le Canada à partir de dimanche 4 juin, 2017. Cette annonce fait suite au récent déménagement, en 2016, de Sel + Lumière dans son nouveau studio et centre de diffusion à Toronto, où elle améliorera ses capacités de production et de programmation, et sa croissance dans les foyers de télévision et en ligne, à travers le monde.

« Nous sommes ravis d’avoir enfin un soutien suffisant pour apporter ce changement important et répondre aux attentes de nos téléspectateurs en matière de programmation de qualité », a déclaré le père Thomas Rosica, CSB, PDG de la Fondation catholique Sel et Lumière Média, organisation à but non lucratif qui exploite le réseau. «Les gens au Canada ont demandé des améliorations que nous sommes en train d’apporter. En plus du lancement en HD, nous aurons également une nouvelle gamme de programmation originale, qui sera annoncée au cours des prochains mois. Tous nos programmes existants, ainsi que les nouveaux, seront bien meilleurs en HD.  »

Ligne inspirante

Sel + Lumière offre aux téléspectateurs de tous les âges une gamme de programmes inspirants, perspicaces et pédagogiques qui comporte du contenu dans les deux langues officielles ainsi que des émissions en langue chinoise et italienne. Les programmes phares comprennent Perspectives, une capsule d’informations quotidiennes avec des mises à jour du Vatican et des communautés à travers le pays, Témoin, un programme d’entrevues avec le père Thomas Rosica et des personnes inspirantes et influentes qui façonnent la société, Échos du Vatican, éclairant ce qui se passe derrière les murs du Vatican et ce que cela signifie pour les personnes de l’extérieur, ainsi que des programmes axés sur la jeunesse et des célébrations liturgiques du monde entier et une couverture événementielle spéciale, avec de nombreux documentaires réalisés en interne tels que Sisterhood ou Creation, ou encore Francis Effect, un film récompensé.

Pour en savoir plus sur Sel + Lumière en HD, visitez seletlumnieretv.org/HD.

À propos du sel + de la lumière : Sel et Lumière Télévision est un réseau numérique récompensé qui offre une variété de programmes, de couverture d’événements, de documentaires et d’autres contenus porteur d’espoir pour les téléspectateurs catholiques. La télévision Sel + Lumière est produite et exploitée par la Fondation Catholique Sel et Lumière média, un organisme de bienfaisance consacré à la diffusion de l’Evangile et de la Lumière du Christ dans le monde par la télévision, les documentaires, la radio, l’Internet et d’autres formes de communication numérique. Née à l’occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse 2002, à Toronto, Sel + Lumière est disponible dans tout le Canada sur les principaux transporteurs nationaux et régionaux et partout dans le monde avec une diffusion vidéo en direct sur demande. Pour plus d’informations, visitez seletlumieretv.org/HD.

Messe du 375e anniversaire de Fondation de Montréal

Messe solennelle de l’anniversaire du 375e de la fondation de Montréal le 17 mai à 9h à la Basilique Notre-Dame.
Célébration présidée par l’archevêque de Montréal, Monseigneur Christian Lépine. – Captation gracieuseté Radio-Canada

Comme chaque année depuis 1917, une messe commémorative pour la fondation de Montréal est célébrée à la Basilique Notre-Dame, suivie d’une cérémonie civique et militaire exécutée par le Régiment de Maisonneuve, à la Place d’Armes.

Cette tradition fut instaurée lors du 275e anniversaire de la ville à l’instigation de Victor Morin, alors président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et de la Société historique de Montréal (SHM).