Message du cardinal Tauran pour la fin du Ramadan

Dimanche prochain c’est la fin du Ramadan, ce temps de jeûne, de prière et d’attention aux autres qu’accomplissent les musulmans. Ce jeûne a commencé le 20 juillet. Mgr Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a publié un message pour la fin du Ramadan intitulé:
Éduquer les jeunes chrétiens et musulmans à la justice et à la paix

Dans son message Mgr Tauran rappelle que l’éducation des jeunes à la paix est une urgence.

Voici le  texte dans son intégralité:

CONSEIL PONTIFICAL POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX
Chers Amis musulmans,

1. La célébration de ‘Id al-Fitr, qui conclut le mois du Ramadan, nous donne la joie de vous présenter les vœux cordiaux du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux.

Avec vous, nous nous réjouissons de ce temps privilégié qui vous a permis, par le jeûne et d’autres pratiques de piété, d’approfondir l’obéissance à Dieu, valeur qui nous est également chère.

C’est pourquoi, cette année, il nous a semblé opportun de centrer notre réflexion commune sur le thème de l’éducation des jeunes chrétiens et musulmans à la justice et à la paix, inséparables de la vérité et de la liberté.

2. Comme vous le savez, si la tâche de l’éducation est confiée à toute la société, elle est tout d’abord, et d’une manière particulière, l’œuvre des parents et, avec eux, des familles, des écoles et des universités, sans oublier les responsables de la vie religieuse, culturelle, sociale, économique et du monde de la communication.

Il s’agit d’une entreprise à la fois belle et difficile : aider les enfants et les jeunes à découvrir et à développer les ressources que le Créateur leur a confiées et à instaurer des relations humaines responsables. Se référant à la tâche des éducateurs, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI affirmait récemment: “Plus que jamais sont nécessaires pour cela d’authentiques témoins et non pas de simples dispensateurs de règles et d’informations… Le témoin est celui qui vit en premier le chemin qu’il propose” (“Message pour la Journée Mondiale de la Paix” 2012). Rappelons, en outre, que les jeunes sont eux aussi responsables de leur propre éducation comme de leur formation à la justice et à la paix.

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Passion de l’unité du Corps du Christ

Cette premiere journée du Congrès Eucharistique de Dublin avait pour thème: La communion en un seul baptême.

Voici la catéchèse donnée par le Frère Alois, prieur de la communauté de Taizé lundi 11 juin au Congrès eucharistique de Dublin

« Le Christ de communion

La première journée de ce congrès eucharistique voudrait approfondir la signification de la foi baptismale commune. La reconnaissance mutuelle du baptême entre les diverses Eglises est un grand don que Dieu nous a fait au siècle dernier. Malgré la certitude exprimée par l’apôtre Paul: « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Eph 4, 5), cette reconnaissance mutuelle n’allait pas toujours de soi. Concluant définitivement une longue période souvent marquée par le soupçon, le Concile Vatican II affirma avec confiance: « Le baptême constitue le lien sacramentel d’unité existant entre tous ceux qui ont été régénérés par lui. » (Unitatis redintegratio, n° 22)

Puis-je me permettre aujourd’hui d’illustrer la question de la signification de la foi baptismale commune en partageant avec vous l’expérience de notre communauté de Taizé ? Ce que nous vivons à Taizé est en effet intimement lié à la redécouverte du baptême commun en tant que, comme dit Vatican II, « commencement » et « point de départ », qui « tend tout entier à l’acquisition de la plénitude de la vie dans le Christ » (ibid.)

Notre expérience de Taizé est bien sûr loin de couvrir tous les aspects de la question posée. Mais elle peut montrer que – et je continue à citer Vatican II – d’une part, le baptême constitue déjà « le lien sacramentel d’unité existant entre tous ceux qui ont été régénérés par lui » et que, d’autre part, il nous engage à chercher sans cesse « la profession de foi intégrale, la totale intégration dans l’économie du salut, telle que le Christ l’a voulue, et enfin à la totale insertion dans la communion eucharistique. » (ibid.)

Je voudrais vous dire en particulier comment nous cherchons à mettre en évidence l’unité de la foi que le baptême implique et à l’anticiper : entre frères de la communauté, et avec les jeunes de toutes confessions que nous recevons semaine après semaine sur notre colline. Et comme frère Roger, le fondateur de notre communauté, a participé à tout le Concile Vatican II, dont nous célébrons le cinquantenaire, je voudrais aussi vous parler de son cheminement car il a ouvert une voie originale pour avancer vers l’unité visible des chrétiens.

Dans les débuts de notre communauté, écrivant la Règle de Taizé, frère Roger avait adressé à chaque frère de la communauté cet appel : « Aie la passion de l’unité du Corps du Christ. » C’est cette passion qui emplit nos cœurs.

Si l’on avait demandé à frère Roger quel était à ses yeux l’essentiel de la foi chrétienne, le centre de la foi confessée dans le baptême, il aurait probablement cité les paroles de Saint Jean « Dieu est amour. » (I Jean 4.16) Pour lui, le cœur de l’Évangile était là. Il avait constaté que la vision de Dieu comme juge sévère avait fait des ravages dans la conscience de beaucoup. Il en a pris le contrepied en affirmant : Dieu ne peut qu’aimer.

Il lui arrivait aussi de dire aux jeunes réunis à Taizé: « Si le Christ n’était pas ressuscité, nous ne serions pas ici. » C’est que la résurrection est le signe que Dieu est amour, que Dieu aime sans limites, la résurrection est au centre de la foi. Elle a rassemblé les disciples que le Vendredi Saint avait dispersés, et c’est elle qui continue de rassembler les chrétiens : son premier fruit est la communion nouvelle née de son mystère. [Read more…]

Messe d’ouverture du 50e congrès eucharistique international

Le 50e congrès eucharistique international de Dublin en Irlande a commencé aujourd`hui.
Plus de 25 000 pèlerins ont conflué à Dublin, venant de 102 pays, dont 1000 du Canada. Pluzieurs évêques sont présents, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, Mgr Terrence Prendergast, archevêque d`Ottawa notamment.

Un visage est bien connu, celui de Mgr Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, qui est présent en tant que légat du Pape.
Dans son homélie Mgr Ouellet a rappelé que l’Irlande a une longue tradition d`hospitalité, de fidélité à la foi catholique et qu’en ces temps difficiles ou l’Église d’Irlande souffre, il est important qu’elle se tourne vers le Seigneur pour qu’il la renouvelle et la fortifie.
Mgr Ouellet a expliqué la signification du sang dans l’Ancien et le Nouveau testament. Jésus-Christ est le médiateur. Le sang du Christ qui s’offre en sacrifice a le pouvoir de purification et de rédemption. L’eucharistie est essentielle à notre vie de foi.
Cette solennité du Corps et du sang du Christ rappelle à l’Église de devenir ce qu’elle reçoit et d’être un seul corps. Le ressuscité a disparu mais par l’eucharistie il devient plus proche de nous.
Mgr Ouellet a appelé à être plus conscients de ce cadeau de l’eucharistie et à devenir davantage témoins de la bonne nouvelle de l’eucharistie.

Le Québec ayant été le lieu du précèdent congrès eucharistique y tient donc une spéciale place. Sr Doris Lamontage, pfm, a lu la première lecture en français du livre de l’Exode.
Un symposium théologique a eu du 6 au 9 juin sur « l’ecclésiologie de communion », cinquante ans après l’ouverture de Vatican II. 400 théologiens y participaient. Mgr Marc Ouellet, légat du pape, préfet de la Congrégation pour les évêques, y a fait une intervention.
Durant toute cette semaine, en plus des catéchèses, des témoignages et des célébrations quotidiennes, 150 ateliers seront proposés ainsi que des stands d’exposition.
Tous les jours à 13h nous diffuserons les catéchèses et les témoignages en français.

Tous les soirs Perspectives en donnera un résumé ainsi que des échos des participants.

Prière à Jérusalem pour la réconciliation, l’unité et la paix

Depuis 2005, des chrétiens en Terre-Sainte se rassemblent une fois par an dans une église afin de prier l’Esprit-Saint pour l’unité entre les différentes églises chrétiennes. L’inspiration de cette prière commune pour la réconciliation provient du besoin de mettre fin à ces divisions dans l’Église et dans la société qui vont à l’encontre du bien-être des personnes.

Le 2 juin prochain, veille de la Pentecôte orthodoxe, l’Église catholique arménienne de Jérusalem accueille la 8e édition de la prière extraordinaire de toutes les Églises pour la réconciliation, l’unité et la paix. Cette prière recherche l’unité entre les églises, unité pour laquelle le Christ lui-même a prié (Jn 17: 21).

En diffusant la prière pour la réconcilation dimanche 3 juin, à 14h, Sel et Lumière vous donne la chance de participer à ce rassemblement oecuménique de grande importance en Terre-Sainte.

Première du documentaire « Across the divide » à Vancouver dimanche 3 juin

Ce documentaire de Kris Dmytrenko « Across the divide » porte sur la vie des étudiants et étudiantes de l’université de Bethléem, dirigée par les Frères des Ecoles Chrétiennes. Au coeur du conflit israélo-palestinien, cette université catholique, oasis de paix, forme des jeunes chrétiens et musulmans à mieux se comprendre pour construire la paix.

Dimanche 3 juin au Cinéma Djavad Mowafaghian au Centre des Arts SFU Goldcorp 19h15

Cette projection sera suivie par un panel avec Mgr Michael Miller évêque de Vancouver, Carl Hétu de CNEWA Canada, Fr. Jack Curran de l’Université de Bethléem,  et le père Thomas Rosica de S+L. Plus d’informations et réservations voir http://saltandlighttv.org/acrossthedivide/vancouver.php.
La version en français est prévue pour l’automne.

Prière d’intercession pour la réconciliation et la paix à Jérusalem

Une grande prière d’intercession pour la réconciliation aura lieu à Jérusalem, samedi prochain 28 janvier.

Cette année c’est l’église copte orthodoxe qui anime cette célébration.
Les chrétiens se réuniront pour une grande prière d’intercession pour notre temps, pour la réconciliation, l’unité et la paix, en commençant par Jérusalem.

Nous diffuserons cette prière en direct samedi 28 janvier à 10h

Pour plus de renseignement voir le site www.prayrup.info/fr

Je suis la vigne, vous êtes ses sarments

Le Pape a célébré sa première messe  au stade olympique de Berlin en présence de 84 cardinaux et évêques et près de 70 000  fidèles,  stade où Jean-Paul II avait béatifié deux religieux lors de son voyage en 1996.   Dans son homélie, le Pape rappelle que la vraie source de la joie est de rester unis au Christ. 

Voici son homélie dans son integralité.

Chers frères dans l’Épiscopat,

Chers frères et sœurs,

Le regard sur l’ample circonférence du stade olympique que vous remplissez aujourd’hui en si grand nombre, suscite en moi grande joie et confiance. Je vous salue tous avec affection : les fidèles de l’archidiocèse de Berlin et des diocèses allemands, ainsi que les nombreux pèlerins venus des pays voisins. Il y a quinze années, pour la première fois, un Pape est venu dans la capitale fédérale, à Berlin. Tous, nous avons un vif souvenir de la visite de mon vénéré prédécesseur, le Bienheureux Jean-Paul II, et de la Béatification du prévôt de la cathédrale de Berlin, Bernhard Lichtenberg – avec celle de Karl Leisner – qui s’est justement déroulée ici, en ce lieu.

En pensant à ces Bienheureux et à toute la foule des Saints et Bienheureux, nous pouvons comprendre ce que signifie vivre comme des sarments de la vraie vigne qu’est le Christ, et porter beaucoup de fruit. L’Évangile d’aujourd’hui nous a rappelé l’image de cette plante qui est rampante de façon luxuriante dans l’orient et symbole de force vitale, une métaphore pour la beauté et le dynamisme de la communion de Jésus avec ses disciples et amis.

Dans la parabole de la vigne, Jésus ne dit pas : « Vous êtes la vigne », mais : « Je suis la vigne ; vous, les sarments » (Jn 15, 5). Ce qui signifie : « De même que les sarments sont liés à la vigne, ainsi vous m’appartenez ! Mais, en m’appartenant, vous appartenez aussi les uns aux autres ». Et cette appartenance l’un à l’autre et à Lui n’est pas une quelconque relation idéale, imaginaire, symbolique, mais – je voudrais presque dire – une appartenance à Jésus Christ dans un sens biologique, pleinement vital. C’est l’Église, cette communauté de vie avec Lui et de l’un pour l’autre, qui est fondée dans le Baptême et approfondie toujours davantage dans l’Eucharistie. «Je suis la vraie vigne», signifie cependant en réalité : « Je suis vous et vous êtes moi » une identification inouïe du Seigneur avec nous, son Église.

Le Christ lui-même, à l’époque, avant Damas, demanda à Saul, le persécuteur de l’Église : « Pourquoi me persécutes-tu ? »
(Ac 9, 4). De cette façon, le Seigneur exprime la communauté de destin qui dérive de l’intime communion de vie de son Église avec Lui, le Christ ressuscité. Il continue à vivre dans son Église en ce monde. Il est avec nous, et nous sommes avec Lui. – « Pourquoi me persécutes-tu ? » C’est donc Jésus que frappent les persécutions contre son Église. Et, en même temps, nous ne sommes pas seuls quand nous sommes opprimés à cause de notre foi. Jésus est avec nous.

Dans la parabole, Jésus dit : « Je suis la vigne véritable, et mon Père est le vigneron » ( Jn 15, 1), et il explique que le vigneron prend le couteau, coupe les sarments secs et émonde ceux qui portent du fruit pour qu’ils portent davantage de fruit. Pour le dire avec l’image du prophète Ézéchiel, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, Dieu veut ôter de notre poitrine le cœur mort, de pierre, pour nous donner un cœur vivant, de chair (cf. Ez 36, 26). Il veut nous donner une vie nouvelle et pleine de force. Le Christ est venu appeler les pécheurs. Ce sont eux qui ont besoin du médecin, non les biens portants (cf. Lc 5, 31sv.). Et ainsi, comme dit le Concile Vatican II, l’Église est le « sacrement universel du salut » (LG 48) qui existe pour les pécheurs, pour leur ouvrir la voie de la conversion, de la guérison et de la vie. C’est la vraie et grande mission de l’Église, que le Christ lui a conférée.

Certains regardent l’Église en s’arrêtant sur son aspect extérieur. L’Église apparaît alors seulement comme l’une des nombreuses organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes et les lois de laquelle le concept «Église » qui est difficilement compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute encore à cela l’expérience douloureuse que dans l’Église, il y a des bons et des mauvais poissons, le bon grain et l’ivraie, et si le regard reste fixé sur les choses négatives, alors ne s’entrouvre plus le mystère grand et profond de l’Église.

Par conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d’appartenir à cette vigne qui est l’« Église ». Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l’« Église » et les propres « rêves d’Église » ! Alors cesse aussi le cantique joyeux « Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m’a appelé dans son Église », que des générations de catholiques ont chanté avec conviction.

Le Seigneur continue dans son discours : « Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi, … car sans moi – on pourrait aussi traduire : en dehors de moi – vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 4 ss.).

Chacun de nous est mis face à cette décision. Le Seigneur, dans sa parabole, nous dit de nouveau combien elle est sérieuse : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent » (Jn 15, 6). A ce propos, saint Augustin observe : « Il n’y a que deux choses qui conviennent à ces branches : ou la vigne ou le feu ; si elles sont unies à la vigne, elles ne seront pas jetées au feu ; afin de n’être pas jetées au feu, qu’elles restent donc unies à la vigne » (In Joan. Ev. tract. 81,3 [PL 35,1842]).

Le choix demandé ici nous fait comprendre, de façon insistante, la signification existentielle de notre décision de vie. En même temps, l’image de la vigne est un signe d’espérance et de confiance. En s’incarnant, le Christ lui-même est venu dans ce monde pour être notre fondement. Dans chaque nécessité et sécheresse, Il est la source qui donne l’eau de la vie qui nous nourrit et nous fortifie. Lui-même porte sur lui chaque péché, peur et souffrance, et, à la fin, nous purifie et nous transforme mystérieusement en bon vin. Dans ces moments de besoin, parfois nous nous sentons comme finis sous un pressoir, comme les grappes de raisin qui sont pressées complètement. Mais nous savons que, unis au Christ, nous devenons du vin mûr. Dieu sait transformer en amour aussi les choses pesantes et opprimantes dans notre vie. Il est important que nous « demeurions » dans la vigne, dans le Christ. En cette brève péricope, l’évangéliste utilise la parole « demeurer » une douzaine de fois. Ce « demeurer-en-Christ » marque le discours tout entier. A notre époque d’activisme et d’arbitraire où aussi tant de personnes perdent orientation et appui ; où la fidélité de l’amour dans le mariage et l’amitié est devenue si fragile et de brève durée ; où nous voulons crier, dans notre besoin, comme les disciples d’Emmaüs : « Seigneur, reste avec nous, car le soir tombe (cf. Lc 24, 29) oui, il fait sombre autour de nous ! » ; ici le Seigneur ressuscité nous offre un refuge, un lieu de lumière, d’espérance et de confiance, de paix et de sécurité. Là où la sécheresse et la mort menacent les sarments, là, il y a avenir, vie et joie dans le Christ.
Demeurer dans le Christ signifie, comme nous l’avons déjà vu, demeurer aussi dans l’Église. La communauté entière des croyants est solidement unie dans le Christ, la vigne. Dans le Christ, tous nous sommes unis ensemble. Dans cette communauté Il nous soutient et, en même temps, tous les membres se soutiennent mutuellement. Ils résistent ensemble aux tempêtes et se protègent les uns les autres. Nous ne croyons pas seuls, mais nous croyons avec toute l’Église.

L’Église en tant qu’annonciatrice de la Parole de Dieu et dispensatrice des sacrements nous unit au Christ, la vraie vigne. L’Église comme « plénitude et complément du Rédempteur » (Pie XII, Mystici corporis, AAS 35 [1943] p. 230 : « plenitudo et complementum Redemptoris ») est pour nous gage de la vie divine et médiatrice des fruits dont parle la parabole de la vigne. L’Église est le don le plus beau de Dieu. Par conséquent, dit aussi saint Augustin : « Autant on aime l’Église du Christ, autant on entre en participation de l’Esprit Saint » (In Ioan. Ev. Tract. 32,8 [PL 35, 1646]). Avec l’Église et dans l’Église, nous pouvons annoncer à tous les hommes que le Christ est la source de la vie, qu’Il est présent, qu’Il est la grande réalité après laquelle nous soupirons. Il se donne lui-même. Celui qui croit au Christ a un avenir. Parce que Dieu ne veut pas ce qui est aride, mort, artificiel, qui à la fin est jeté, mais il veut ce qui est fécond et vivant, la vie en abondance.

Chers frères et sœurs ! Je souhaite à vous tous de découvrir toujours plus profondément la joie d’être unis au Christ dans l’Église, de pouvoir trouver dans vos besoins réconfort et rédemption et de devenir toujours davantage le vin délicieux de la joie et de l’amour du Christ pour ce monde. Amen.

Prière extraordinaire de toutes les églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, vigile de la Pentecôte

Depuis cinq ans, des moines et des laics de toutes les Églises de Jérusalem se rassemblent pour prier pour la réconciliation, l’unité et la paix.

En cette vigile de la Pentecôte, la 6e prière extraordinaire de toutes les Églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, sera présidée par S.B. Mgr. Fouad Twal, Patriarche catholique latin de Jérusalem, depuis l’Eglise du Patriarcat Latin de Jérusalem.

E plus, cette année tous les chrétiens célèbrent la Pentecôte à la même date le dimanche 12 juin 2011.

Les Églises de Jérusalem demandent à tous les chrétiens du monde d’être en communion et de prier pour la réconciliation, de l’unité et de la paix.

Sel + Lumière retransmettra cette prière extraordinaire.

Samedi 11 juin 15h30

Un synode pour l’Afrique et avec l’Afrique

Benoît XVI ouvrira ce dimanche la 2e Assemblée spéciale sur l’Afrique du Synode des évêques qui se tiendra à Rome jusqu’au 25 octobre prochain.  Le premier ‘Synode sur l’Afrique’ avait eu lieu en 1994 et avait donné l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa en 1995, qui allait orienter l’Église en Afrique jusqu’à nos jours. Souhaité de Jean-Paul II, ce 2e synode est en quelque sorte une réponse à la longue plainte africaine : pauvreté, corruption et divisions persistent. Il s’agit de voir comment l’Église peut être agent de paix en Afrique d’où le thème choisi : « L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix » auquel on a lié le verset de Matthieu 5 « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ».

Les Africains affirment eux-mêmes ce besoin de réconciliation. En préambule au Synode de ce mois-ci, Benoît XVI s’est rendu en Afrique en mars dernier lors d’une visite placée sous le signe de la réconciliation : réconciliation entre ethnies qui s’entre-déchirent, entre factions qui se battent pour le contrôle de richesses naturelles comme le pétrole et le diamant. Une véritable réconciliation doit d’abord se vivre au sein même des familles africaines. L’urbanisation galopante par exemple et le manque de travail forcent beaucoup de jeunes parents à se tourner vers des solutions éphémères qui mènent à l’effritement du tissu familial. Encore aujourd’hui, dans les situations de grandes difficultés, les femmes africaines sont presque toujours seules à maintenir intacte la dignité humaine, défendre la famille et sauvegarder les valeurs culturelles et religieuses.

Tant de défis pour une population et une Église en pleine croissance. L’Église catholique en Afrique compte plus de 159 millions de catholiques et ce nombre croît plus vite que nulle part ailleurs dans le monde: 3% en 2007 seulement. D’ici une vingtaine d’année, on y trouvera plus de catholiques qu’en Europe.

L’Église catholique en Afrique a une expertise sur le terrain qu’aucune organisation ne possède. Ce n’est pas par prosélytisme qu’elle ne cesse de proposer l’Évangile comme fondement de la société mais plutôt parce qu’elle est convaincue que cette Parole demeure le meilleur outil pour changer les cœurs et conduire vers une paix véritable. C’est pourquoi les catholiques en Afrique sont prêts à être sel et lumière pour leurs frères et sœurs et pour le monde entier.

Jusqu’au 25 octobre, espérons qu’à travers ses représentants, la voix de l’Afrique soit entendue, accueillie et acceptée dans toute sa vérité.

Quelques statistiques sur cette 2e Assemblée du Synode des évêques pour l’Afrique:

  • 244 Pères synodaux prendront part aux travaux
  • 228 d’entre-eux sont des évêques
  • 197 d’entre-eux viennent d’Afrique
  • 29 experts assisteront les Pères (19 hommes et 10 femmes)
  • 49 auditeurs (29 hommes et 20 femmes) contribueront aux travaux par leurs réflexions et témoignages
  • des représentants de 6 Églises et communautés ecclésiales présentes en Afrique participeront aux travaux à titre de délégués fraternels.

Une photo vaut parfois mille mots…

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Quel bonheur de voir une telle photo ! Un bel esprit règne entre les coprésidents nationaux de la campagne Avançons ensemble : Phil Fontaine, Chef national de l’Assemblée des Premières Nations et Mgr James Weisgerber, président de la Confrérence des évêques catholiques du Canada. La voie de la réconciliation est bien entamée avec cette levée de fonds destinée à apporter des changements fondamentaux et durables dans les communautés autochtones canadiennes en soutenant des programmes d’aide à la guérison et à l’éducation.

C’est avec des initiatives comme celle-ci que l’on pourra cicatriser les nombreuses blessures qui ont malheureusement jalonnés l’histoire des relations entre l’Église et les peuples autochtones.