“Maison neuve”

Il y a environ une dizaine d’année, la famille Taylor s’est installée à Erie en Pennsylvanie. C’est avant tout le travail qui les amené dans ce coin de pays américain mais c’est l’amour d’un petit garçon qui a fait de leur nouvelle maison, un havre où il fait bon vivre.

Ce petit garçon est Timothy Xavier ou tout simplement Timmy pour tous ceux qui le connaissent. Timmy n’avait que 6 mois lorsque Mary Jean, mère et physiothérapeute, l’a rencontré pour la première fois. Elle rendait visite à une famille d’accueil dans la région. À leur première rencontre, elle est tout de suite tombée amoureuse de Timmy.

Après quelques visites, la mère du foyer d’accueil lui propose d’adopter Timmy. Elle et Keith, père et président de l’université catholique Gannon à Erie, avaient déjà trois filles adolescentes et n’avaient jamais songé à l’adoption auparavant. Pourtant, en voyageant entre le foyer d’accueil et leur maison – un trajet d’environ 50 km – elle sentait un appel plus fort qu’elle.

Pour Keith et Mary Jean la décision de prendre Timmy chez eux était une réponse à la volonté de Dieu. « Tout le monde a le droit d’appartenir à une famille » nous a expliqué Mary Jean pendant l’entrevue. Même s’ils étaient convaincus de leur décision d’adopter Timmy, les obstacles étaient nombreux. Le processus d’adoption est long et fatiguant. Ils se souciaient de ce que les gens penseraient, de ce qu’ils diraient d’eux. Puis, comment savoir que tout allait vraiment « fonctionner »?  Keith nous a raconté que c’est leur foi qui les a soutenus. Aucun défi n’était trop grand. Saint Ignace de Loyola nous dit d’« agir comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». –

Ce n’est pas l’histoire d’une famille traditionnelle. Mais celle d’une famille ordinaire qui a choisi d’accueillir la surprise de Dieu. Timmy avait besoin d’une nouvelle maison et c’est chez les Taylor qu’il l’a trouvé. En retour, la famille Taylor n’a connu de joie plus grande que de pouvoir l’appeler aujourd’hui fils et frère.

Nous avons passé une journée entière avec la famille Taylor. Le soleil était à son comble et nous en avons profité pour les suivre dans leurs activités préférées : jouer au tennis, faire de la bicyclette, aller à la plage, monter et descendre une glissade d’eau gonflable… Même papa y est  monté ! Chacun a son activité mais tous y prennent plaisir. La famille Taylor nous appel à être un lieu d’accueil pour les autres; de recevoir quelqu’un chez soi et lui donner une place où il peut être lui-même et se sentir aimé. Cet accueil ne devrait connaitre aucune limite.

À son baptême les trois sœurs lui ont donné son deuxième nom, Xavier, qui veut dire « maison neuve ». Aujourd’hui Timmy a 9 ans et selon son père, Keith, il a le caractère tout craché d’un Taylor.

Leur histoire fera partie d’une série vidéo sur la famille dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles qui se tiendra à Philadelphie en septembre prochain.  Pour entendre d’autres témoignages touchants vous pouvez consulter notre page Youtube.

 

Discours de pape François lors de la rencontre aves les jeunes au “Litoral Costanera” d’Asunción, Paraguay

Ce texte dont la lecture était prévue ne fut finalement pas utilisé par le pape François. Nous publierons le texte intégral tel que prononcé par le pape François aussi tôt que possible. Merci de votre compréhension.

Chers jeunes,

C’est pour moi une grande joie de pouvoir vous rencontrer, dans ce climat de fête. Pouvoir écouter vos témoignages et partager votre enthousiasme ainsi que l’amour de Jésus.

Merci à Mgr Ricardo Valenzuela, responsable de la pastorale juvénile, pour ses paroles. Merci à Manuel et à Liz pour le courage de partager vos vies, vos témoignages au cours de cette rencontre. Il n’est pas facile de parler de choses personnelles et encore moins devant tant de gens. Vous avez partagé le plus grand trésor que vous ayez, vos histoires, vos vies et comment Jésus s’est emparé de vous.

Pour répondre à vos questions j’aimerais mettre en relief certaines choses que vous avez partagées.

Manuel, tu nous disais quelque chose comme ceci : ‘‘aujourd’hui je suis rempli du désir de servir les autres, je veux me surpasser’’. Tu as connu des moments très difficiles, des situations très douloureuses, mais aujourd’hui tu as une grande envie de servir, de sortir, de partager ta vie avec les autres.

Capture d’écran 2015-07-12 à 19.39.19Liz, il n’est pas du tout facile d’être mère de ses propres parents et encore moins quand on est jeune, mais quelle sagesse et quelle maturité expriment tes paroles quand tu nous disais : ‘‘aujourd’hui je joue avec elle, je change les langes, ce sont toutes des choses qu’aujourd’hui je confie à Dieu et je suis en train de compenser à peine tout ce que ma mère a fait pour moi’’.

Vous, jeunes paraguayens, il est clair que vous êtes courageux. Vous avez partagé aussi comment vous avez fait pour vous en sortir, indiquant où vous avez trouvé des forces. Vous deux, vous avez dit : dans la paroisse ; chez les amis de la paroisse et dans les retraites spirituelles qui y étaient organisées. Deux clés très importantes : les amis et les retraites
spirituelles.

Les amis – L’amitié compte parmi les plus grands cadeaux qu’une personne, qu’un jeune puisse recevoir et offrir. C’est vrai. Qu’il est difficile de vivre sans amis. Voyez, ceci figure parmi les plus belles choses que Jésus aura dites : « Je vous appelle mes amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). L’un des secrets les plus grands du chrétien réside dans le fait d’être ami, d’être des amis de Jésus. Quand on aime quelqu’un, on est à ses côtés, on le soigne, on l’aide, on lui dit ce qu’on pense, oui, mais on ne l’abandonne jamais. Ainsi est Jésus avec nous, il ne nous abandonne jamais. Les amis se supportent, s’accompagnent, se protègent. Ainsi est le Seigneur avec nous. Il nous supporte.

Les retraites spirituelles – Saint Ignace a fait une méditation fameuse appelée des deux drapeaux. Il décrit d’un côté, le drapeau du démon et de l’autre, le drapeau du Christ. Ce serait comme les maillots de deux équipes et il nous demande dans quelle équipe nous aimerions jouer.

A travers cette méditation, il nous fait imaginer, comment ce serait d’appartenir à l’une ou l’autre équipe. Ce serait comme de se demander: avec qui veux-tu jouer dans la vie ?

Et saint Ignace dit que le démon pour recruter des joueurs, promet à ceux qui joueront avec lui richesse, honneurs, gloire,  pouvoir. Ils seront célèbres. Ils seront tous exaltés comme des dieux.

De l’autre côté, il nous présente le procédé de Jésus. Rien de fantastique. Jésus ne nous promet pas les étoiles, il ne nous promet pas d’être célèbres, au contraire, il nous dit que jouer avec lui, c’est une invitation à l’humilité, à l’amour, au service des autres. Jésus ne nous ment pas. Il nous prend au sérieux.

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Angelus du pape François du dimanche 12 juillet au Paraguay

Angelus

Asunción, 12 juillet 2015

Je remercie l’Archevêque d’Asunción, Mgr Edmundo Ponziano Valenzuela Mellid, pour ses aimables paroles.

Au terme de cette célébration, nous tournons notre regard confiant vers la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère. Elle est le don de Jésus à son peuple. Il nous l’a donnée comme mère à l’heure de la croix et de la souffrance. Elle est fruit de l’oblation du Christ pour nous. Et depuis lors, elle a toujours été et elle sera toujours avec ses enfants, spécialement les plus petits et ceux qui sont le plus dans le besoin.

Elle est entrée dans la trame de l’histoire de nos peuples et de leurs gens. Comme en beaucoup d’autres pays de l’Amérique Latine, la foi des paraguayens est imprégnée d’amour pour la Vierge Marie. Vous allez avec confiance chez votre mère, vous lui ouvrez votre cœur, et vous lui confiez vos joies et vos peines, vos espoirs et vos souffrances. La Vierge vous console et, avec la tendresse de son amour, elle allume en vous l’espérance. Ne cessez pas d’invoquer Marie et de lui faire confiance ; elle est mère de miséricorde pour tous ses enfants sans distinction.

A la Vierge, qui persévéra avec les Apôtres dans l’attente de l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 13-14), je demande aussi de veiller sur l’Église et de fortifier les liens fraternels entre tous ses membres. Avec l’aide de Marie, que l’Église soit la maison de tous, une maison qui sache accueillir, une mère pour tous les peuples.

Chers frères, je vous demande, s’il vous plaît, de prier aussi pour moi. Je sais bien combien on aime le Pape au Paraguay. Moi aussi je vous porte dans mon cœur et je prie pour vous ainsi que pour votre pays.

Prions ensemble l’Angelus.

Homélie du pape François lors de la célébration des vêpres à la Cathédrale d’Asunción

Qu’il est beau de prier tous ensemble les Vêpres ! Comment ne pas rêver une Église qui reflète et répète l’harmonie des voix et du chant dans la vie quotidienne ? Et nous le faisons dans cette Cathédrale, qui tant de fois a dû être reconstruite ; cette Cathédrale est signe de l’Église et de chacun de nous : parfois, les tempêtes du dehors et du dedans nous obligent à abattre ce qui a été construit et à recommencer, mais toujours avec l’espérance placée en Dieu ; et si nous regardons cet édifice, sans doute il n’a pas déçu les Paraguayens, parce que Dieu ne déçoit jamais et pour cela nous le louons avec gratitude.

La prière liturgique, avec sa structure et sa forme rythmée, veut exprimer toute l’Église, épouse du Christ, qui essaie de se conformer à son Seigneur. Chacun de nous dans notre prière, nous voulons progressivement ressembler à Jésus.

La prière fait émerger ce que nous vivons ou que nous devrions vivre dans la vie quotidienne, au moins la prière qui ne veut pas être aliénante ou seulement décorative. La prière nous donne impulsion pour agir ou nous examiner dans ce que nous récitions dans les Psaumes : nous sommes les mains de Dieu qui « du fumier retire le pauvre » (Ps 112, 7) et c’est à nous de travailler afin que la tristesse de la stérilité se transforme en un champ fertile. Nous qui chantons qu’« il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens » (Ps 115, 15), nous sommes ceux qui luttons, qui nous donnons du mal, nous défendons la valeur de toute vie humaine, de la naissance jusqu’à ce que le nombre des années s’accroisse et que la force se réduise. La prière est reflet de l’amour que nous ressentons pour Dieu, pour les autres, pour le monde créé ; le commandement de l’amour est la meilleure configuration à Jésus du disciple missionnaire. Être attachés à Jésus donne profondeur à la vocation chrétienne ; cette vocation liée au « faire » de Jésus – qui est beaucoup plus que des activités –, cherche à lui faire ressembler en tout ce qu’il a accompli. La beauté de la communauté ecclésiale naît de l’adhésion de chacun de ses membres à la personne de Jésus, formant un ‘‘ensemble vocationnel’’ dans la richesse de la variété harmonique.AFP4342153_LancioGrande

Les antiennes des cantiques évangéliques de cette fin de semaine nous rappellent l’envoi des Douze par Jésus. Il est toujours bien de grandir dans cette conscience du travail apostolique en communion. Il est beau de vous voir collaborer pastoralement, toujours à partir de la nature et de la fonction ecclésiale de chaque vocation et de chaque charisme. Je désire vous exhorter tous, prêtres, religieux et religieuses, laïcs et séminaristes à vous engager dans cette collaboration ecclésiale, spécialement autour des plans pastoraux des diocèses et de la mission continentale, en coopérant avec toute votre disponibilité au bien commun. Si la division entre nous provoque la stérilité (cf. Evangelii gaudium, nn. 98-101), il n’y a pas de doute que de la communion et de l’harmonie naît la fécondité, parce qu’elles sont profondément consonantes avec l’Esprit Saint.

Nous avons tous des limites, et personne ne peut reproduire Jésus Christ dans sa totalité, et bien que chaque vocation se configure principalement avec certains traits de la vie et de l’œuvre de Jésus, il y en a quelques-uns qui sont communs et inaliénables. Nous venons de louer le Seigneur parce qu’il « ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu » (Ph 2, 6), et cela est une caractéristique de toute vocation chrétienne : celui qui est appelé par Dieu ne se vante pas, ne va pas à la recherche de reconnaissances ni d’applaudissements éphémères, ne croit pas avoir monté en grade et ne traite pas les autres comme s’il était sur un piédestal.

Le primat du Christ est décrit clairement dans la liturgie de la Lettre aux Hébreux ; nous venons de lire presque la fin de cette Lettre : ‘‘Qu’il vous forme en tout ce qui est bon comme le berger des brebis, le Pasteur par excellence’’ (cf. 13, 20-21)  et cela suppose de reconnaître que chaque consacré se configure à Celui qui dans sa vie terrestre, ‘‘avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications’’ (cf. He 5, 7), a atteint la perfection quand il a appris, en souffrant, ce que signifiait obéir ; et cela fait aussi partie de notre appel.

Terminons de réciter nos Vêpres ; le campanile de cette cathédrale a été refait plusieurs fois ; le son des cloches précède et accompagne en de nombreuses occasions notre prière liturgique : refaits par Dieu chaque fois que nous prions, solides comme un campanile, joyeux d’annoncer les merveilles de Dieu, partageons le Magnificat et laissons le Seigneur accomplir, à travers notre vie consacrée, de grandes choses au Paraguay.

Homélie de la Messe au sanctuaire mariale de Caacupé, Paraguay

Me trouver avec vous, c’est me sentir à la maison, aux pieds de notre Mère, la Vierge des Miracles de Caacupé. Dans un sanctuaire nous, les enfants, nous rencontrons notre Mère et entre nous, nous nous rappelons que nous sommes frères. C’est un lieu de fête, de rencontre, de famille.

Nous venons présenter nos besoins, nous venons remercier, demander pardon et pour prendre un nouveau départ. Que de baptêmes, que de vocations sacerdotales et religieuses, que de fiançailles et de mariages sont nés aux pieds de notre Mère ! Que de larmes et que d’adieux ! Nous venons toujours avec notre vie, parce qu’ici, on est à la maison et la chose la meilleure est de savoir qu’il y a quelqu’un qui nous attend.

Comme tant d’autres fois, nous sommes venus parce que nous voulons renouveler notre enthousiasme pour vivre la joie de l’Évangile.

Comment ne pas reconnaître que ce sanctuaire est une part vitale du peuple paraguayen, de vous ? On le sent ainsi, on le prie ainsi, on le chante ainsi : « Dans ton Éden de Caacupé, Vierge de Caacupé, c’est ton peuple, Vierge pure, qui te donne son amour et sa foi ». Et aujourd’hui, nous sommes ici, comme peuple de Dieu, aux pieds de notre Mère, lui donnant notre amour et
notre foi.AFP4340527_LancioGrande

Dans l’Évangile, nous venons d’écouter l’annonce de l’Ange à Marie qui lui dit : « Réjouis- toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Réjouis-toi, Marie, réjouis-toi. Devant ce salut, elle est restée déconcertée et se demandait ce que cela voulait dire. Elle ne comprenait pas beaucoup ce qui était en train de se passer. Mais elle a compris que cela venait de Dieu et elle a dit : “oui”. Marie est la Mère du ‘‘oui’’. Oui au rêve de Dieu, oui au projet de Dieu, oui à la volonté de Dieu.

Un “oui” qui, comme nous le savons, ne fut en rien facile à vivre. Un “oui” qui ne la remplit pas de privilèges ou de distinctions, mais qui, comme le dira Siméon dans sa prophétie :

« Et toi-même une épée te transpercera l’âme ! » (Lc 2, 35). Et comment elle l’a transpercée ! Voilà pourquoi nous l’aimons tant et nous trouvons en elle une vraie mère qui nous aide à garder vivante la foi et l’espérance au milieu de situations compliquées. En suivant la prophétie de Siméon, cela nous fera du bien de parcourir à nouveau brièvement des moments difficiles dans la vie de Marie.

  1. La naissance de Jésus. Il n’y avait pas de place pour eux. Ils n’avaient pas de maison, d’habitation pour accueillir leur fils. Il n’y avait pas de place pour pouvoir le mettre au monde. Et pas de famille proche non plus, ils étaient seuls. L’unique place disponible était une étable d’animaux. Et dans sa mémoire résonnait sûrement les paroles de l’Ange : « Réjouis-toi, Marie, le Seigneur est avec toi ». Et il se peut qu’elle se soit demandé : Où est-il maintenant ?
  1. La fuite en Égypte. Ils durent partir, aller en exil. Là non seulement ils n’avaient pas de place, ni de famille, mais encore leurs vies étaient en danger. Ils durent se mettre en chemin et aller en terre étrangère. Ils ont été des migrants en raison de la convoitise et de l’avarice de l’empereur. Et là, il se peut qu’elle se soit demandé : Où est ce que m’a dit l’Ange ?
  1. La mort sur la croix. Il ne devait pas exister de situation plus difficile pour une mère que d’accompagner la mort d’un fils. Ce sont des moments déchirants. Là, nous voyons Marie au pied de la croix, comme toute mère, solide, sans faiblir, qui accompagne son Fils jusqu’à l’extrême de la mort et de la mort en croix. Et ensuite retenant et soutenant les disciples.

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Visite du pape François à l’hôpital Pediatrique “Niños de Acosta Ñú” d’Asunción, Paraguay

Monsieur le Directeur, chers enfants,
membres du personnel, vous tous, chers amis,

Merci pour votre accueil si chaleureux. Merci pour ce temps que vous m’accordez pour être avec vous.

Chers enfants, je veux vous poser une question, voyons si vous m’aidez. On m’a dit que vous êtes très intelligents, c’est pourquoi je me suis décidé à le faire. Jésus s’est-il jamais mis en colère ? Vous vous rappelez quand ? Je sais que c’est une question difficile, donc je vous aiderai. Ce fut quand on empêcha les enfants de s’approcher de lui. C’est l’unique fois où l’Évangile de Marc emploie cette expression (cf. 10, 13-15). Quelque chose de semblable à notre expression : il s’est fâché. Et vous, est-ce que vous vous êtes jamais mis en colère ? Bien, Jésus a ressenti la même chose, quand on ne lui a pas permis d’être proche des enfants, proche de vous. Il eut une grande colère. Les enfants sont parmi les privilégiés de Jésus. Ce n’est pas qu’il n’aime pas les grands, mais il se sentait heureux quand il pouvait être avec eux. Il appréciait beaucoup leur amitié et leur compagnie. Mais non seulement il aimait les avoir auprès de lui, mais plus encore. Il les donnait comme exemple. Il dit aux disciples : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Mt 18, 3).AP2974129_LancioGrande

Les enfants étaient tenus à l’écart, les grands ne les laissaient pas s’approcher, mais Jésus les appela, les embrassa et les mit au milieu pour que tous nous apprenions à être comme eux. Aujourd’hui il nous dirait la même chose. Il nous regarde et dit : apprenez d’eux.

Nous devons apprendre de vous, de votre confiance, de votre joie, de votre tendresse. De votre capacité de lutte, de votre courage. De votre incomparable capacité de résistance. Vous êtes de vrais lutteurs ! Et quand on a de pareils ‘‘guerriers’’ devant soi, on se sent orgueilleux. N’est-ce pas, mamans ? N’est-ce pas, papas et grands-parents ? Vous voir, nous donne de la force, cela nous donne du courage pour avoir confiance, pour avancer.

Mamans, papas, grands-parents, je sais qu’il n’est pas du tout facile d’être ici. Il y a des moments de grande douleur, d’incertitude. Il y a des moments de forte angoisse qui accablent le cœur et il y a des moments de grande joie. Les deux sentiments cohabitent, ils sont en nous. Mais il n’y a pas de meilleur remède que votre tendresse, votre proximité. Et cela me réjouit de savoir que comme familles vous vous entraidez, vous vous stimulez, vous vous soutenez mutuellement pour avancer et traverser ce moment.

Vous pouvez compter sur l’appui des médecins, des infirmiers et de tout le personnel de cette maison. Merci pour cette vocation de service, merci d’aider non seulement à guérir mais aussi à accompagner la douleur de vos frères.

Ne l’oublions pas : Jésus est proche de vos enfants. Il est tout proche, dans le cœur. N’hésitez pas à le prier, n’hésitez pas à parler avec lui, à lui faire part de vos questions, de vos douleurs. Il est toujours là, mais toujours, et il ne vous laissera pas tomber.

Et nous sommes sûrs d’une chose et encore une fois je le confirme. Là où il y a un enfant, il y a la mère. Là où il y a Jésus, il y a Marie, la Vierge de Caacupé. Demandons lui de vous protéger avec son manteau, d’intercéder pour vous et vos familles.

Et n’oubliez pas de prier pour moi. Je suis sûr que vos prières arrivent au ciel.

[Texte original: Espagnol]

 

Rencontre du pape François avec le Mondiale des mouvements populaires de Bolivie

Bon après-midi à tous.

Il y a quelques mois, nous nous sommes réunis à Rome et j’ai présent à l’esprit cette première rencontre. Durant ce temps, je vous ai portés dans mon cœur et dans mes prières. Je me réjouis de vous voir ici, échangeant sur les meilleures façons d’affronter les graves situations d’injustice dont souffrent les exclus dans le monde entier. Merci, Monsieur le Président Evo Morales, d’accompagner si résolument cette rencontre.

La dernière fois, à Rome, j’ai senti quelque chose de très beau : la fraternité, l’entraide, l’engagement, la soif de justice. Aujourd’hui, à Santa Cruz de la Sierra, je ressens de nouveau la même chose. Merci pour cela. J’ai appris aussi à travers le Conseil Pontifical Justice et Paix que préside le Cardinal Turkson qu’ils sont nombreux dans l’Eglise ceux qui se sentent plus proches des mouvements populaires. Cela me réjouit beaucoup ! De voir l’Eglise ouvrant les portes à vous tous, l’Eglise qui s’implique, accompagne et arrive à systématiser dans chaque diocèse, dans chaque Commission de Justice et Paix, une collaboration réelle, permanente et engagée avec les mouvements populaires. Je vous invite tous, Evêques, prêtres et laïcs, ensemble avec les organisations sociales des périphéries urbaines et rurales, à approfondir cette rencontre.

Dieu a permis que nous nous voyions une fois encore. La Bible nous rappelle que Dieu écoute le cri de son peuple et je voudrais moi aussi unir de nouveau ma voix à la vôtre : terre, toit et travail pour tous nos frères et sœurs. Je l’ai dit et je le répète : ce sont des droits sacrés. Cela vaut la peine, cela vaut la peine de lutter pour ces droits. Que le cri des exclus soit entendu en Amérique Latine et par toute la terre.

 

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Le Pape rencontre le monde de l’école et de l’université de l’Équateur

Chers amis :

C’est pour moi une grande joie d’être avec vous cet après-midi dans cette Université Pontificale de l’Équateur, qui depuis presque soixante-dix ans, réalise et actualise la fructueuse mission éducative de l’Église au service des hommes et des femmes de cette Nation. Je remercie pour les aimables paroles par lesquelles vous m’avez donné la bienvenue et par lesquelles vous m’avez fait part des inquiétudes et des espérances qui jaillissent en vous, face au défi, personnel et social, de l’éducation.

Dans l’Évangile, nous venons d’entendre comment Jésus, le Maître, enseignait à la foule et au petit groupe des disciples, en s’adaptant à leur capacité de compréhension. Il le faisait par des paraboles, comme celle du semeur (Lc 8, 4-15), de telle manière que tous pouvaient comprendre. Jésus ne cherchait pas à ‘‘faire le docteur’’. Au contraire, il veut atteindre le cœur de l’homme, son intelligence, sa vie, pour que celle-ci porte du fruit.

La parabole du semeur nous parle de cultiver. Elle nous montre les espèces de terre, les espèces de semence, les espèces de fruit et la relation qui est générée entre elles. Déjà depuis la Genèse, Dieu murmure à l’homme cette invitation : cultiver et prendre soin.

Non seulement Dieu lui donne la vie, la terre, la création ; non seulement il lui donne un partenaire et une infinité de possibilités ; il lui adresse aussi une invitation, il lui donne une mission. Il l’invite à prendre part à son œuvre créatrice et il lui dit : cultive ! Je te donne la semence, la terre, l’eau, le soleil, je te donne tes mains et celle de tes frères. Tu les as, là, ils sont aussi tiens. C’est un cadeau, un don, une offre. Ce n’est pas quelque chose d’acquis, d’acheté. Il nous précède et subsistera après nous.

C’est un don fait par Dieu pour qu’avec lui nous puissions le faire nôtre. Dieu ne veut pas une création pour lui-même, pour se regarder lui-même. C’est tout le contraire. La création, c’est un don destiné à être partagé. C’est l’espace que Dieu nous donne, pour construire avec nous, pour construire un nous. Le monde, l’histoire, le temps sont le lieu où nous construisons le nous avec Dieu, le nous avec les autres, le nous avec la terre. Notre vie cache toujours cette invitation, une invitation plus ou moins consciente, qui subsiste toujours.

Mais notons une particularité. Dans le récit de la Genèse, avec la parole cultiver, il en dit immédiatement une autre : protéger. L’une explique l’autre. L’une va de pair avec l’autre. Ne cultive pas qui ne protège pas et ne protège pas qui ne cultive pas.

Non seulement nous sommes invités à prendre part à l’œuvre créatrice en la cultivant, en la faisant croître, en la développant, mais aussi nous sommes invités à en prendre soin, à la protéger, à la garder. Aujourd’hui cette invitation s’impose à nous [de force]. Non plus comme une simple recommandation, mais comme une exigence qui naît « en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses pro¬priétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter…. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandon¬nés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée » (Laudato si’, n. 2).

Il existe une relation entre notre vie et celle de notre mère la terre, entre notre existence et le don que Dieu nous a fait. « L’environnement humain et l’environne¬ment naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégrada¬tion de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale » (Laudato si’, n. 48). Mais de même que nous disons ‘‘ils se dégradent’’, de la même manière nous pouvons dire ‘‘ils se soutiennent et peuvent se transfigurer’’. C’est une relation qui maintient une possibilité, tant d’ouverture, de transformation, de vie que de destruction et de mort.
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Cérémonie d’accueil du Pape François à l’aéroport “Mariscal Sucre” de Quito, Équateur

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Notez que le pape François a adressé plusieurs remarques personnelles au Président de l’Équateur. Le texte qui suit ci-dessous n’est pas un text définitif. Une version finale sera publiée par la suite.

Monsieur le Président,
Distinguées Autorités du Gouvernement,
Frères dans l’Episcopat,
Mesdames et Messieurs, vous tous chers amis,

Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis de retourner en Amérique Latine et d’être aujourd’hui ici avec vous, dans cette belle terre de l’Équateur. Je ressens joie et gratitude en voyant la chaleureuse bienvenue que vous me réservez : c’est un signe de plus du caractère accueillant qui définit si bien les habitants de cette noble Nation.

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour les paroles aimables que vous m’avez adressées, auxquelles je réponds par mes vœux les meilleurs pour l’exercice de votre mission. Je salue cordialement les distinguées Autorités du Gouvernement, mes frères Evêques, les fidèles de l’Église dans ce pays et tous ceux qui m’ouvrent aujourd’hui les portes de leur cœur, de leur foyer et de leur Patrie. À vous tous mon affection et ma sincère reconnaissance.

J’ai visité l’Équateur à diverses occasions pour des raisons pastorales ; de même aujourd’hui, je viens comme témoin de la miséricorde de Dieu et de la foi en Jésus-Christ. La même foi qui durant des siècles a modelé l’identité de ce peuple et donné tant de bons fruits, parmi lesquels se démarquent des figures illustres comme Sainte Marie-Anne de Jésus, le frère saint Miguel Febres, sainte Narcisse de Jésus ou la bienheureuse Mercedes de Jésus Molina, béatifiée à Guayaquil, il y a trente ans durant la visite du Pape saint Jean-Paul II. Ils ont vécu la foi avec intensité et enthousiasme, et en pratiquant la miséricorde, ils ont contribué, dans divers domaines, à améliorer la société équatorienne de leur temps.

Aujourd’hui, nous aussi nous pouvons trouver dans l’Évangile les clés qui nous permettent d’affronter les défis actuels, en mettant en valeur les différences, en promouvant le dialogue et la participation sans exclusions, pour que les réussites dans le progrès et dans le développement qu’on est en train d’obtenir garantissent un meilleur avenir pour tous, en accordant une attention spéciale à nos frères les plus fragiles et aux minorités les plus vulnérables. Pour cela, Monsieur le Président, vous pourrez toujours compter sur l’engagement et la collaboration de l’Église.

Vous tous, chers amis, je commence avec émotion et espérance les jours que nous avons devant nous. En Équateur se trouve le point le plus proche de l’espace extérieur : c’est le Chimborazo, appelé pour cela l’endroit ‘‘le plus proche du Soleil’’, de la lune et des étoiles. Nous, les chrétiens, nous identifions Jésus-Christ au soleil, et la lune à l’Eglise, la communauté ; personne, sauf Jésus, n’a sa propre lumière. Que tous les jours nous devienne plus évidente à tous la proximité “du soleil qui vient d’en haut”, et que nous soyons le reflet de sa lumière, de son amour.

D’ici je veux embrasser l’Équateur tout entier. Que depuis le sommet du Chimborazo, jusqu’aux côtes du Pacifique ; que depuis la forêt amazonienne, jusqu’aux Îles Galápagos, vous ne perdiez jamais la capacité de rendre grâce à Dieu pour ce qu’il a fait et fait pour vous, la capacité de protéger ce qui est petit et ce qui est simple, de prendre soin de vos enfants et des personnes âgées, de vous émerveiller de la noblesse de votre peuple et de la beauté singulière de votre pays.

Que le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, à qui l’Equateur a été consacré, répandent sur vous leur grâce et bénédiction. Merci beaucoup.

Un centre éducatif au coeur du quartier pauvre

L’engagement de Misericordia auprès des enfants pauvres du quartier de La Pincoya se concrétise notamment par l’ouverture d’un centre éducatif. Trois après-midi par semaine l’oeuvre catholique accueille une vingtaine de jeunes à qui elle offre un soutien scolaire, une formation spirituelle, et des ateliers pédagogiques (cuisine, danse, jardinage), afin de lutter contre l’échec scolaire et le désoeuvrement. Ces actions sont aussi une manière, pour les missionnaires, d’éduquer ces jeunes à la vie en société, et de leur faire prendre conscience de leurs talents. Car lorsqu’ils arrivent au centre, ces enfants sont souvent blessés par la violence, et issus de familles touchées par la drogue. C’est ce que nous explique Étienne Baroux, volontaire à Misericordia.

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