Adieu, cardinal Roger Etchegaray

Mgr Roger Etchegaray a rendu son dernier souffle mercredi dernier, 4 septembre, à l’âge de 96 ans. Il s’est éteint sur sa terre natale du Pays-Basque, à Cambo-les-Bains.

Le prélat du Sud-Ouest de la France est ordonné prêtre à l’âge de 24 ans. Après des années de ministère dans son diocèse d’origine à Bayonne, il est nommé évêque auxiliaire de Paris en 1969 par le pape Paul VI, avant de devenir archevêque de Marseille l’année suivante. En 1975, il est élu président la Conférence des évêques de France où il siègera pendant 6 ans.

Mgr Etchegaray est créé cardinal en 1979 par le pape Jean-Paul II dont il restera un des plus proches collaborateurs. Le pape polonais le nomme Président du Conseil Pontifical Justice et Paix – fonction qu’il exercera pendant 19 ans – avant de lui confier la présidence du Conseil Pontifical Cor Unum jusqu’en 1995.

En 2005 le pape Benoit XVI approuve son élection comme vice-doyen du collège des cardinaux, et en 2017 c’est le pape François qui accepte se remise de fonction.

Pendant plus de vingt ans le cardinal Etchagaray a travaillé de très près avec le pape Jean-Paul II. En 2014, à la veille de sa canonisation, il nous recevait, chez lui, à Rome, pour évoquait la figure de ce Pape devenu saint. Un témoignage plein de reconnaissance et d’amitié.

Le Pape s’apprête à visiter le Mozambique, Madagascar et Maurice.

(CNS photo/Vatican Press Office)

Du 4 au 10 septembre le pape François effectuera son 31ème voyage apostolique hors d’Italie. Le Saint-Père se rendra sur les bords de l’Océan Indien, au Mozambique d’abord, puis à Madagascar et à Maurice. Un voyage placé sous le signe de la paix dans ces pays qui font face à de nombreux défis.

Mozambique
Le Mozambique est un pays lusophone qui compte plus de 27 millions d’habitants, avec une majorité de chrétiens et 28% de catholiques.
Après son indépendance du Portugal en 1975, la guerre civile entraine le pays dans un chaos économique et sociale, causant la mort de centaines de milliers de personnes et plongeant le pays dans l’extrême pauvreté. En 1992 un accord de paix met fin à ces 17 années de guerre, et des élections libres en 1994 témoignent d’un processus de normalisation. Mais cette paix est interrompue en 2013 par des affrontements entre l’armée régulière et des combattants de la Renamo qui contestent des résultats électoraux. Un long processus de négociations s’en est suivi jusqu’à un accord de paix signé début août. C’est dans ce contexte qu’arrivera le pape François, en messager d’espérance, de paix, et de réconciliation.

Madagascar
Madagascar est une ancienne colonie française puis territoire d’outre-mer devenu indépendant en 1960. Ce pays de plus de 24 millions d’habitants compte 40% de chrétiens, avec autant de protestants que de catholiques.
En 2009 un coup d’état plonge le pays dans une crise politique qui appauvrit la population. Plus de deux habitants sur trois sont extrêmement pauvres. Malgré ses richesses naturelles et d’abondantes ressources minières la pauvreté persiste dans ce pays en proie par ailleurs aux aléas climatiques.
La visite à Madagascar du pape François comme « semeur de paix et d’espérance » intervient 30 ans après celle de Jean-Paul II.

Ile Maurice
Maurice est un pays multi-ethnique où l’hindouisme est la religion majoritaire, et où les chrétiens représentent 30% de la population. Son Église vivante et dynamique a profité de l’élan missionnaire du XIXème siècle.
Cette ancienne colonie française, puis britannique, est souvent citée comme exemple de réussite en Afrique grâce à sa croissance économique. Mais la pauvreté existe bel et bien à Maurice, et l’écart se creuse entre les plus pauvres et les plus riches.
Trente ans après Jean-Paul II, le pape François arrivera à Maurice en « pèlerin de paix ».

26 août: anniversaire de sainte mère Teresa

(CNS photo/Nancy Wiechec)

Nous célébrons ce lundi 26 août l’anniversaire de sainte mère Teresa de Calcutta. Née le 26 août 1910, la religieuse albanaise naturalisée indienne est largement connue pour son action personnelle auprès des plus démunis. La fondatrice des missionnaires de la Charité a consacré sa vie aux pauvres, aux malades et aux mourants à travers différentes missions en Inde, puis à travers le monde.

La vie de mère Teresa et son modèle de charité chrétienne sont devenus sources d’inspiration non seulement pour l’Église catholique, mais à travers le monde. Entre autres distinctions, elle reçoit en 1979 le prix Nobel de la Paix.

Mère Teresa meurt en 1997 à l’age de 87 ans, et est béatifiée six ans plus tard par Jean-Paul II. Elle est inscrite au catalogue des saints depuis sa canonisation par le pape François en 2016.

Voyez ci-dessous une liste, loin d’être exhaustive, de citations provenant de sainte mère Teresa.

La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter

Ce qui compte ce n’est pas ce que l’on donne, mais l’amour avec lequel on donne

Si tu juges les gens tu n’as pas le temps de les aimer

Sourire ne coûte rien mais pour celui qui le reçoit c’est un présent qui n’a pas de prix

La plus grande souffrance est de se sentir seul, sans amour, abandonné de tous

Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux

Que faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrer chez vous et aimer votre famille

Ce qui est important c’est l’intensité d’amour que vous mettez dans le plus petit geste

Plus nous recevons dans le silence de la prière plus nous donnerons dans la vie active

Notre devoir consiste à mettre les pauvres et les riches en présence les uns des autres, à être leur point de rencontre

Jean Vanier, l’artisan de paix

Jean Vanier, fondateur de l’Arche, en mars 2011 à Trosly-Breuil (France) Photo crédit : L’Arche

La messe de funérailles de Jean Vanier sera célébrée ce jeudi 16 mai à Trosly-Breuil où a été fondé le premier foyer de l’Arche. La célébration produite par KTO TÉLÉVISION sera retransmise en direct à 8h00 sur Sel et Lumière TV.

Jean Vanier a consacré sa vie au service des plus fragiles. Après un début de carrière dans la Marine Britannique puis Canadienne, il quitte l’armée pour étudier la philosophie à Paris, où il obtient un doctorat sur le bonheur selon Aristote.

Peu de temps après, c’est une rencontre avec des personnes handicapées mentales qui va bouleverser sa vie. En 1964, il achète une maison à Trosly-Breuil, dans l’Oise (France), pour y vivre avec deux hommes atteints de déficience intellectuelle. C’est ainsi qu’est né le premier foyer de l’Arche.

Cette communauté, en faisant vivre ensemble des personnes handicapées mentales et ceux qui les accompagnent, veut s’engager à construire une société plus humaine, basée sur la relation, l’inclusion et le respect.

Jean Vanier, son fondateur, expliquait que le secret de l’Arche se trouve non seulement dans la relation, mais dans la rencontre des gens, le cœur à cœur. « Ecouter les gens dans leurs douleurs, leurs joies, leurs espoirs, leurs histoires : écouter battre leurs cœurs. »

Aujourd’hui la communauté de l’Arche représente plus de 150 foyers à travers le monde. Elle regroupe plus de 10 000 membres dans 38 pays dont 35 en France et 30 au Canada.

L’Arche, refuge des personnes handicapées

Jean Vanier a rejoint le Père dans la nuit du 6 au 7 mai 2019.  mais ses oeuvres se poursuivent sur Terre. La communauté de l’Arche, qu’il a fondée en 1964, est une belle leçon d’humanité. Cette organisation accueille les personnes avec un handicap intellectuel pour leur permettre de partager leurs talents et faire connaitre leur don, afin de construire une société plus humaine, basée sur les relations mutuelles. Nous avions réalisé un reportage sur la communauté de l’Arche lors des JMJ de Cracovie. Aujourd’hui encore le sujet reste d’actualité.

Saint François de Laval

Aujourd’hui  est une grande fête pour le Canada. Chaque année, nous célébrons le 6 mai  la mémoire de saint François de Laval, premier évêque de Québec et fondateur de l’Église en Amérique du Nord. Un homme de foi aux dimensions épiques, à la mesure d’un continent.

Envoyé en Nouvelle-France au XVIIème siècle comme vicaire apostolique, ce missionnaire français arrive à Québec en 1659. Il participe activement au développement de la Nouvelle-France, tant dans les domaines religieux que politique.

Héritier du Concile de Trente dont il s’inspire ardemment, Mgr de Laval entreprend de grands travaux, notamment en faveur de l’instruction des jeunes et de la formation des prêtres. Attaché aux peuples amérindiens, il défend courageusement leurs droits. Détaché des biens matériels, il donne aux pauvres ce qu’il possède. Visionnaire infatigable, il fonde une Église nouvelle dans un pays neuf. Moderne, il adapte l’organisation ecclésiale à un contexte de mission et d’évangélisation. Ses œuvres sont nombreuses et son héritage est précieux. L’Église nous donne aujourd’hui en exemple ce personnage d’une grande modernité qui a su adapter l’organisation ecclésiale à un contexte de mission et d’évangélisation.

Saint François de Laval a été canonisé en avril 2014 par le pape François.

La Sainte Famille de Nazareth

Les fêtes de fin d’années que nous venons de célébrer sont souvent l’occasion de retrouvailles familiales, pour fêter le mystère de la Nativité, et pourquoi pas la nouvelle année. Un temps précieux avec nos proches qui nous permet de nous replonger dans le mystère de la Sainte Famille, dont voici une vidéo réalisée à Nazareth, là où précisément Jésus a grandi avec ses parents.

 

 

La liberté religieuse est de plus en plus menacée

La liberté religieuse est de plus en plus menacée à travers le monde. C’est ce qui ressort du nouveau rapport publiée ce jeudi 22 novembre 2018 par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Sur 196 pays étudiés par l’organisation, le rapport fait état de 38 pays où les croyants sont discriminés ou persécutés à cause de leur foi, et cela dans l’indifférence générale.

Près de la moitié de ces pays ont vu leur situation s’aggravée, notamment en Chine et en Inde (les deux pays les plus peuplés du monde), alors qu’elle s’est améliorée seulement dans 2 pays, en Tanzanie et au Kenya.

Dans des régions du Proche-Orient, autrefois occupées par l’Etat Islamique, la plupart des gouvernements n’a pas fourni d’aide d’urgence aux communautés déplacées qui souhaitaient rentrer chez elle. Ces minorités souffrantes sont victimes de l’indifférence, et leur sort est ignoré par une société pour qui la liberté religieuse n’est pas une priorité.

En Occident les attaques motivées par la haine religieuse se multiplient, et la menace semble être universelle, imminente et omniprésente. Elle est appelée « terrorisme de voisinage. »

Le rapport de l’AED s’alarme d’une banalisation de ces atteintes à la liberté religieuse « sous l’action conjuguées d’un ultranationalisme agressif et d’un fondamentalisme qui tend à s’universaliser. »Tout cela, déplore-t-il, dans une indifférence générale.

Face à cette situation préoccupante, pour réveiller les consciences, l’Aide à l’Église en Détresse appelle les pouvoirs publics à respecter les droits des communautés religieuses, à n’y apporter que des limites indispensables, réellement justifiées et proportionnées. Elle invite également les responsables religieux à reconnaitre la liberté de l’« homo religiosus » et à faire preuve d’une ouverture au dialogue. Enfin, les communautés religieuses et les familles sont appelées à transmettre aux jeunes générations, dès leur plus jeune âge, le souci du respect réciproque.

Au total dans le monde la liberté religiseuse est menacée dans un pays sur cinq. Une réalité accablante que dénonce l’AED, à quelques jours du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont l’article 18 garantit justement la liberté religieuse.

Journée mondiale des pauvres

(CNS photo/L’Osservatore Romano)

« Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » Voilà le thème de la deuxième journée mondiale des pauvres, célébrée par l’Église ce dimanche 18 novembre. Instituée à l’issue du Jubilé extraordinaire de la miséricorde par le pape François, le Saint-Père assurait qu’il est « venu le temps de la miséricorde pour que les pauvres sentent se poser sur eux le regard respectueux mais attentif de ceux qui, ayant vaincu l’indifférence, découvrent l’essentiel de la vie. »

Cette initiative, lancée en 2016, veut aider à faire réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile. Selon le pape François cette journée constitue une « authentique forme de nouvelle évangélisation par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde. »

En 2016 lors d’une rencontre au Vatican avec des personnes en grande précarité le souverain pontife insistait sur la dignité des plus pauvres, notamment parce qu’ils ont « la capacité à trouver la beauté jusque dans les choses les plus tristes et les plus douloureuses. »

Dans son intervention, après avoir rappelé que la pauvreté se trouve au cœur de l’Évangile, François invitait avec insistance les personnes pauvres à rêver : « Seul celui qui sent qu’il lui manque quelque chose, regarde vers le haut et rêve ; celui qui a tout ne peut pas rêver ! ». « Ne vous arrêtez pas de rêver » a insisté le Pape, leur demandant de rêver qu’on peut changer le monde.

Et le Pape de conclure son discours, en forme de prière : « Enseignez à nous tous, qui avons un toit, de la nourriture et des médicaments, enseignez-nous à ne pas être satisfaits. Avec vos rêves, enseignez-nous à rêver, enseignez-nous à rêver à partir de l’Évangile, là où vous êtes, au cœur de l’Évangile. »

Dimanche, pour cette deuxième édition de la journée mondiale des pauvres le souverain pontife présidera la messe dans la basilique Saint-Pierre, puis il partagera un déjeuner avec près de 3000 personnes, hommes et femmes défavorisés.

Dealer d’espoir, à ne pas manquer le 12 novembre

Dealer d’espoir sera diffusé lundi 12 novembre à 20h00 sur Sel et Lumière TV

C’est un reportage plein d’espérance qui vous emmène dans les rues enneigées de Montréal, à la rencontre d’un prêtre hors du commun. L’Abbé Claude Paradis vit son ministère dans la rue, auprès des itinérants. Lui-même ancien sans-abri et consommateur de drogue, il s’est converti en dealer d’espoir pour apporter du réconfort au milieu de la misère.

A mesure de nos pérégrinations dans le froid hivernal du mois de décembre, le père Claude nous raconte sa vie. De son désir de suicide jusqu’à l’appel à devenir prêtre, en passant par ses addictions à l’alcool et à la drogue. Une histoire à la fois terrible et empreinte d’espérance, qui nous permet de comprendre sa mission et sa vocation  de prêtre.

Aujourd’hui, en étant une présence d’Eglise réconfortante auprès des sans-abris, l’abbé Paradis veut interpeller sur les réalités de l’itinérance, afin notamment d’éliminer les préjugés et de se faire la voix de ceux que l’on n’écoute pas. Voilà pourquoi sa paroisse à lui c’est les rues et les poubelles. C’est sur ce terrain-là qu’il partage l’Évangile, qu’il célèbre la messe, et qu’il se rend disponible, humblement, pour réconforter ceux qui ont tout perdu.

Cette mission qu’il vit au quotidien, c’est l’expérience de l’Évangile de saint Matthieu (25,35) qui nous appelle à nous mettre au service des plus petits. Comme dans cet épisode biblique le père Claude voit dans la rue celui qui a faim d’être reconnu par quelqu’un, celui qui a soif d’être aimé, celui qui veut être habillé de dignité…pour ce peuple des oubliés, il est prêt à mourir, selon son propre aveu.

A l’exemple d’un pasteur qui se salit les mains au milieu de son troupeau l’abbé Paradis rejoint les hommes dans leur vie quotidienne, jusqu’aux périphéries de leur existence. A l’image du Christ qui n’est pas venu pour les biens portants mais pour les malades.