Il y a 40 ans arrivait Jean-Paul II

(CNS photo/courtesy Torchia Communications) 

Le 22 octobre nous célébrons la fête de saint Jean-Paul II. Cette date a été choisie car elle correspond au jour de son intronisation. C’était en 1978, il y a 40 ans.

Après 27 ans de pontificat, le jour de sa mort, les fidèles réclament sa canonisation immédiate. Preuve s’il en est de l’importance de cet homme pour l’Église et pour le monde. Son héritage est gravé dans l’histoire, et sa mémoire dans les cœurs.

Son pontificat commence par un appel, ce 22 octobre 1978 lors de sa messe d’intronisation. « N’ayez pas peur ! » lance le nouveau souverain pontife à la foule réunie sur la place Saint-Pierre. « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des états, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme ! Et lui seul le sait ! » Le ton est donné. Sa première homélie est une clé de lecture de son pontificat : un appel à l’espérance, dans un monde marqué à l’époque par la guerre froide.

Cette espérance, Jean-Paul II la confie aux jeunes, avec insistance : « Vous êtes l’avenir du monde, l’espérance de l’Église, vous êtes mon espérance », leur dit-il. Et pour cause, en 1984 il crée les Journées Mondiales de la Jeunesse. Lors d’un de ces rassemblements il leur dit encore: « Vous êtes les hommes et les femmes de demain ; dans vos cœurs et dans vos mains est contenu l’avenir. À vous, Dieu confie la tâche, difficile mais exaltante, de collaborer avec Lui pour édifier la civilisation de l’amour. »

Jean-Paul II, ce « pèlerin de l’espérance », multiplie tout au long de son pontificat les voyages autour du globe. Il visite 127 pays, rencontrant quasiment tous les chefs d’Etats et dirigeants politiques. Il profite de ces déplacements pour faire entendre la voix de l’Église, militant pour la paix, prônant une culture de la vie, défendant les droits humains et notamment la liberté religieuse.

A ce propos, son pontificat est marqué par une intensification des échanges avec les autres religions, et la fameuse rencontre d’Assise est un des exemples les plus marquants. Pour la première fois dans l’histoire, à son initiative, en octobre 1986, toutes les religions sont réunies pour prier. Non pas pour trouver un consensus religieux, mais « pour que le monde puisse enfin devenir un lieu de paix véritable et permanente ».

D’un point de vue diplomatique et à l’échelle internationale le pape polonais joue un rôle des plus importants. La fin de la guerre froide et l’effondrement des régimes communistes sont en partie le fruit de ses efforts. C’est ce qu’admet le dernier leader soviétique, Mikhaïl Gorbatchev : « Rien de ce qui s’est passé en Europe de l’Est n’aurait été possible sans la présence de ce Pape, sans le grand rôle, également politique, qu’il a su tenir sur la scène mondiale ». En effet, plus largement, Jean-Paul II critique avec forces les dérives du capitalisme, dénonçant les inégalités de richesses dans le monde et la primauté des choses matérielles sur l’homme. En la matière il insiste notamment sur la nécessité d’une éthique dans l’économie.

Nombreux sont les enseignements du saint Pape. La dignité de l’homme est au cœur de son pontificat, et en ce sens il consacre une large part de ses catéchèses à la fameuse Théologie du corps. Une vaste réflexion qu’il développe sur plusieurs années à travers de nombreuses homélies. Il partage ainsi sa vision de la personne humaine, avec son corps, son âme, et son esprit, abordant, entre autre, la vocation de l’homme, l’union conjugale entre l’homme et la femme, et la sexualité. Parmi les actes majeurs de son pontificat on relève aussi la publication du catéchisme de l’Eglise catholique. Un ouvrage de référence qui résume la foi, l’enseignement et la morale de l’Eglise catholique.

Avec presque 27 ans de règne, le pontificat de Jean-Paul II est le troisième plus long de l’histoire de l’Église. En 9.665 jours sur le Siège apostolique, non seulement il parcourt plus d’un million de kilomètre, mais il fait tomber des murs entre les nations et construire des ponts entre les religions.

Au total il béatifie 1 340 personnes et canonise 483 saints, soit plus que pendant les cinq siècles précédents.

Incontestablement, saint Jean-Paul II est un des plus grands hommes du XXème siècle.