Pape François en Colombie: Discours devant le Comité de direction du CELAM

Vous trouverez ci-dessous le discours du pape François lors de la rencontre avec les membres du comité de direction du CELAM (Conseil épiscopal pour l’Amérique latine):

Chers frères, merci pour cette rencontre et pour les chaleureuses paroles de bienvenue du Président de la Conférence de l’Épiscopat Latino-américain. N’eussent été les exigences de l’agenda, j’aurais voulu vous rencontrer au siège du CELAM. Je vous remercie pour la délicatesse d’être ici en ce moment.

Je suis reconnaissant pour les efforts que vous faites afin de transformer cette Conférence Épiscopale continentale en une maison au service de la communion et de la mission de l’Église en Amérique Latine ; en un centre propulseur de la conscience d’être disciple et missionnaire ; en une référence vitale pour la compréhension et l’approfondissement de la catholicité latino-américaine, esquissée progressivement par cet organisme de communion durant des décennies de service. Et je profite de l’occasion pour encourager les efforts récents en vue d’exprimer cette sollicitude collégiale à travers le Fond de Solidarité de l’Église Latino-américaine.

Il y a quatre ans, à Rio de Janeiro, j’ai eu l’occasion de vous parler au sujet de l’héritage pastoral d’Aparecida, dernier événement synodal de l’Église Latino-américaine et des Caraïbes. Je soulignais alors la nécessité permanente d’apprendre de sa méthode, substantiellement constituée par la participation des Églises locales et par la syntonie avec les pèlerins marchant à la recherche du visage humble de Dieu qui a voulu se manifester dans la Vierge pêchée dans les eaux, et qui se prolonge dans la mission continentale. Celle-ci veut être, non pas la somme des initiatives pragmatiques qui remplissent les agendas et perdent les énergies précieuses, mais l’effort pour mettre la mission de Jésus dans le cœur de l’Église elle-même, en la transformant en critère pour mesurer l’efficacité des structures, des résultats de son travail, la fécondité de ses ministres et la joie qu’ils sont capables de susciter. En effet, sans la joie, on n’attire personne.

Je m’étais ensuite arrêté sur les tentations, encore présentes, de l’idéologisation du message évangélique, du fonctionnalisme ecclésial et du cléricalisme, car le salut que nous apporte le Christ se trouve toujours en jeu. Ce salut doit arriver avec force au cœur de l’homme pour interpeller sa liberté, en l’invitant à un exode permanent de sa propre auto-référentialité vers la communion avec Dieu et avec les autres frères.

Dieu, en parlant à l’homme en Jésus, ne le fait pas par une vague plainte comme à un étranger, ni par une convocation impersonnelle comme le ferait un notaire, ni par une déclaration de préceptes à observer comme le fait n’importe quel fonctionnaire du sacré. Dieu parle par la voix à nulle autre pareille du Père au fils, et respecte son mystère parce qu’il l’a formé de ses propres mains et l’a destiné à la plénitude. Notre plus grand défi en tant qu’Église, c’est de parler à l’homme comme porte-voix de cette intimité avec Dieu qui le considère fils, même lorsqu’il renie cette paternité, car pour lui nous sommes toujours des enfants retrouvés.

On ne peut pas, par conséquent, réduire l’Évangile à un programme au service d’un gnosticisme à la mode, à un projet d’ascension sociale ou à une conception de l’Église comme une bureaucratie qui s’accorde elle-même des bénéfices, comme celle-ci ne peut pas non plus être réduite à une organisation dirigée, selon des critères modernes d’entreprise, par une caste cléricale.

L’Église est la communauté des disciples de Jésus ; l’Église est mystère (cf. Lumen gentium, n. 5) et peuple (cf. ibid., n. 9), ou mieux encore : en elle se réalise le mystère à travers le peuple de Dieu. C’est pourquoi, j’ai souligné le fait d’être disciple missionnaire comme un appel divin pour cet aujourd’hui non dénué de tensions et de complexités, une sortie permanente avec Jésus pour savoir comment et où vit le Maître. Et tandis que nous sortons en sa compagnie nous prenons connaissance de la volonté du Père, qui nous attend toujours. Seule une Église épouse, Mère, Servante, qui a renoncé à la prétention de contrôler ce qui n’est pas son œuvre mais une œuvre de Dieu peut demeurer avec Jésus même quand son nid et son abri sont la croix.

Proximité et rencontre sont les instruments de Dieu qui, dans le Christ, s’est approché et nous a toujours rencontrés. Le mystère de l’Église, c’est qu’elle se réalise comme sacrement de cette divine proximité et comme lieu permanent de cette rencontre. D’où la nécessité de la proximité de l’évêque avec Dieu, car en lui se trouve la source de la liberté et de la force du cœur du pasteur, ainsi que de la proximité avec le peuple saint qui lui a été confié. Dans cette proximité, l’âme de l’apôtre apprend à rendre tangible la passion de Dieu pour ses enfants.

Aparecida est un trésor dont la découverte est encore incomplète. Je suis sûr que chacun de vous découvre combien sa richesse s’est enracinée dans les Églises que vous portez dans le cœur. Comme les premiers disciples envoyés par Jésus pour la mission, nous aussi nous pouvons raconter avec enthousiasme tout ce que nous avons accompli (cf. Mc 6, 30).

Toutefois, il faut être attentif. Les réalités indispensables de la vie humaine et de l’Église ne sont jamais un monument mais un patrimoine vivant. Il est beaucoup plus confortable de les transformer en des souvenirs dont on célèbre les anniversaires : 50 ans de Medellin, 20 d’Ecclesia in America, 10 d’Aparecida ! En revanche, il s’agit de quelque chose d’autre : préserver et faire couler la richesse de ce patrimoine (pater – munus) constituent le munus de notre paternité épiscopale envers l’Église de notre continent.

Vous le savez bien, la conscience renouvelée du fait qu’à la source de tout il y a toujours la rencontre avec le Christ vivant demande que les disciples cultivent la familiarité avec lui ; autrement, le visage du Seigneur devient opaque, la mission perd sa force, la conversion pastorale régresse. Prier et cultiver l’union avec lui sont, par conséquent, l’activité la plus pressante de notre mission pastorale.

À ses disciples, enthousiastes de la mission accomplie, Jésus a dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert » (Mc 6, 31). Nous avons plus encore besoin de cet être-seuls-avec-le-Seigneur pour trouver le cœur de la mission de l’Église en Amérique Latine dans les circonstances actuelles. Il y a beaucoup de dispersion intérieure et également extérieure! Les nombreux événements, la fragmentation de la réalité, l’instantanéité et la rapidité du présent pourraient nous faire tomber dans la dispersion et dans le vide. Il est impératif de retrouver l’unité.

Où se trouve l’unité? Toujours en Jésus. Ce qui rend permanente la mission, ce n’est pas l’enthousiasme qui enflamme le cœur généreux du missionnaire, bien que ce soit toujours nécessaire ; c’est plutôt la compagnie de Jésus à travers son Esprit. Si nous ne sortons pas avec lui dans la mission, bientôt nous perdrions le chemin, en prenant le risque de confondre nos besoins futiles avec sa cause. Si la raison de notre sortie, ce n’est pas lui, il sera facile de se décourager dans la fatigue du chemin, ou face à la résistance des destinataires de la mission, ou face aux situations changeantes des circonstances qui marquent l’histoire, ou par l’épuisement des pieds en raison de l’usure insidieuse causée par l’ennemi.

Céder au découragement ne fait pas partie de la mission, lorsque peut-être, passé l’enthousiasme des débuts, arrive le moment où toucher la chair du Christ devient très dur. Dans une telle situation, Jésus n’encourage pas nos peurs. Et comme nous le savons bien, nous ne pouvons aller à personne d’autre, parce que lui seul a les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68) ; il est nécessaire, par conséquent, d’approfondir notre appel.

Que signifie concrètement sortir avec Jésus en mission aujourd’hui en Amérique Latine ? L’adverbe ‘‘concrètement’’ n’est pas une figure de style littéraire ; il appartient plutôt au noyau de la question. L’Évangile est toujours concret, il n’est jamais un exercice de spéculations stériles. Nous connaissons bien la tentation récurrente de se perdre dans le byzantinisme des docteurs de la loi, de se demander jusqu’à quel point on peut arriver sans perdre le contrôle de son propre territoire marqué ou du présumé pouvoir que les limites promettent.

On a beaucoup parlé de l’Église en état permanent de mission. Sortir avec Jésus est la condition de cette réalité. L’Évangile parle de Jésus qui, sorti du Père, parcourt avec les siens les campagnes et les villages de la Galilée. Il ne s’agit pas d’un déplacement inutile du Seigneur. Tandis qu’il marche, il rencontre ; quand il rencontre, il s’approche ; quand il s’approche, il parle ; quand il parle, il touche par son pouvoir ; quand il touche, il guérit et sauve. Conduire au Père ceux qu’il rencontre est l’objectif de sa sortie permanente, sur laquelle nous devons réfléchir continuellement. L’Église doit se réapproprier les verbes que le Verbe de Dieu conjugue dans sa mission divine. Sortir pour rencontrer, sans passer au large ; se pencher sans négligence ; toucher sans peur. Il s’agit pour vous de vous consacrer quotidiennement au travail de campagne, là où vit le peuple de Dieu qui vous a été confié. Il ne nous est pas permis de nous laisser paralyser par la climatisation des bureaux, par les statistiques et les stratégies abstraites. Il faut s’adresser à l’homme dans sa situation concrète ; ne détournons pas le regard de lui. La mission se réalise dans un corps à corps.

Un Église capable d’être sacrement d’unité.

On observe tant de dispersion autour de nous ! Et je ne me réfère pas uniquement à celle de la riche diversité qui a toujours caractérisé le continent, mais aux dynamiques de désagrégation. Il faut être attentif pour ne pas se laisser prendre à ces pièges. L’Église n’est pas en Amérique Latine comme si elle avait les valises à la main, prête à partir après l’avoir pillée, comme l’ont fait beaucoup tout au long de l’histoire. Ceux qui agissent ainsi regardent avec un sentiment de supériorité et de mépris son visage métisse ; ils prétendent coloniser son âme avec les mêmes formules infructueuses et recyclées sur la vision de l’homme et de la vie, répètent des recettes identiques en tuant le patient tandis qu’ils enrichissent les médecins qui les envoient ; ils ignorent les raisons profondes qui habitent le cœur de votre peuple et qui le rendent fort précisément dans ses rêves, dans ses mythes, malgré les désenchantements et les échecs nombreux ; ils manipulent politiquement et trahissent ses espérances, en laissant derrière eux une terre brûlée et un terrain prêt pour l’éternel retour de la même chose, même quand on revient le présenter sous un habit nouveau.

Des hommes et des utopies forts ont promis des solutions magiques, des réponses instantanées, des effets immédiats. L’Église, sans prétentions humaines, respectueuse du visage multiforme du continent, qu’elle considère non pas comme un désavantage mais comme une richesse permanente, doit continuer à prêter l’humble service au bien authentique de l’homme latino-américain. Elle doit travailler, sans se lasser, à construire des ponts, à abattre des murs, à intégrer la diversité, promouvoir la culture de la rencontre et du dialogue, à éduquer au pardon et à la réconciliation, au sens de la justice, au rejet de la violence et au courage de la paix. Aucune construction durable en Amérique Latine ne peut se passer de ce fondement invisible mais essentiel.

L’Église connaît comme peu cette unité sapientielle qui précède n’importe quelle réalité en Amérique Latine. Elle cohabite quotidiennement avec cette réserve morale sur laquelle s’appuie l’édifice existentiel du continent. Tandis que j’en parle avec vous, je suis sûr que vous pourriez donner un nom à cette réalité. Avec elle, nous devons dialoguer continuellement. Nous ne pouvons pas perdre le contact avec ce substrat moral, avec cet humus vital qui réside dans le cœur de notre peuple, dans lequel on perçoit le mélange presqu’indistinct, mais en même temps éloquent, de son visage métisse : ni uniquement indigène, ni uniquement hispanique, ni uniquement lusitanien, ni uniquement afro-américain, mais métisse, latino-américain !

Guadalupe et Aparecida sont des manifestations programmatiques de cette créativité divine. Nous le savons bien, elles se trouvent dans le fondement sur lequel s’appuie la religiosité populaire de notre peuple ; elles font partie de sa singularité anthropologique ; il s’agit d’un don par lequel Dieu a voulu se faire connaître à notre peuple. Les pages les plus lumineuses de l’histoire de notre Église ont été écrites précisément quand elle a su se nourrir de cette richesse, parler à ce cœur profond qui palpite, préservant, comme une petite lumière vive sous les cendres apparentes, le sens de Dieu et de sa transcendance, la sacralité de la vie, le respect de la création, les liens de solidarité, la joie de vivre, la capacité d’être heureux sans conditions.

Pour parler à cette âme qui est profonde, pour parler à l’Amérique Latine profonde, l’Église doit apprendre continuellement de Jésus. L’Évangile dit qu’il parlait uniquement en paraboles (cf. Mc 4, 34). Des images qui impliquent et font participer, qui transforment les auditeurs de sa Parole en personnages de ses récits divins. Le saint peuple fidèle de Dieu en Amérique Latine ne comprend pas un autre langage le concernant. Nous sommes invités à aller en mission non pas avec des concepts froids qui se contentent du possible, mais avec des images qui multiplient et déploient continuellement ses forces dans le cœur de l’homme, en le transformant en grain semé dans une terre bonne, en levain qui accroît sa capacité de faire du pain à partir de la pâte, en semence qui cache la puissance de l’arbre fécond.

Une Église capable d’être sacrement de l’espérance

Beaucoup se plaignent d’un certain manque d’espérance dans l’Amérique Latine actuelle. À nous autres, la ‘‘lamentitude’’ n’est pas permise, car l’espérance que nous avons vient d’en haut. En outre, nous savons bien que le cœur latino-américain a été éduqué à l’espérance. Comme le disait un chanteur brésilien ‘‘l’espérance est équilibriste ; elle danse sur la corde raide de l’ombre’’ (Joao Bosco, O Bêbado e a Equilibrista). Quand on pense qu’elle est épuisée, la voici de nouveau là où on l’attendait le moins. Notre peuple a appris qu’aucune désillusion n’est suffisante pour le faire plier. Il suit le Christ flagellé et doux, il sait desseller jusqu’à ce que survienne la clarté et il demeure dans l’espérance de sa victoire, car – au fond – il est conscient de ne pas appartenir totalement à ce monde.

Il est indéniable que l’Église en ces terres est particulièrement un sacrement d’espérance, mais il faut veiller sur la concrétisation de cette espérance. Plus elle est transcendante, plus elle doit transformer le visage immanent de ceux qui la possèdent. Je vous prie de veiller à la concrétisation de l’espérance et permettez-moi de vous rappeler quelques-uns de ses visages déjà visibles dans cette Église de l’Amérique Latine.

L’espérance en Amérique Latine a un visage jeune

On parle fréquemment des jeunes – on déclame les statistiques sur le continent de l’avenir –, certains offrent des informations sur leur présumée décadence et sur combien ils sont endormis, d’autres profitent de leur potentiel de consommation, beaucoup leur proposent le rôle de pions du trafic et de la violence. Ne vous laissez pas prendre par de telles caricatures sur vos jeunes. Regardez-les dans les yeux et cherchez en eux le courage de l’espérance. Ce n’est pas vrai qu’ils sont prêts à répéter le passé. Ouvrez-leur des espaces concrets dans les Églises particulières qui vous ont été confiées, investissez du temps et des ressources dans leur formation. Proposez des programmes éducatifs incisifs et objectifs en leur demandant, comme les parents le font avec leurs enfants, des résultats de leurs potentialités et en éduquant leur cœur à la joie de la profondeur, non pas de la superficialité. Ne vous contentez pas de rhétoriques ou de choix consignés par écrit dans les plans pastoraux jamais mis en pratique.

J’ai choisi précisément le Panama, l’isthme de ce continent, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 2019 qui seront célébrées en suivant l’exemple de la Vierge qui proclame : « Voici la servante du Seigneur » et « que tout m’advienne selon sa parole » (Lc 1, 38). Je suis sûr que chez tous les jeunes se cache un isthme, dans le cœur de tous nos jeunes il y a un bout de terre petit et oblong qu’on peut parcourir pour les conduire vers un avenir que Dieu seul connaît et qui n’appartient qu’à lui. Il nous revient de leur présenter de grandes propositions pour réveiller en eux le courage de prendre des risques avec Dieu et de les rendre disponibles comme la Vierge.

L’espérance en Amérique Latine a un visage féminin

Il n’est pas nécessaire de m’attarder à parler du rôle de la femme dans notre continent et dans notre Église. De ses lèvres nous avons appris la foi ; presqu’avec le lait de ses seins nous avons acquis les traits de notre âme métisse et l’immunité face à tout désespoir. Je pense aux mères indigènes ou noires, je pense aux femmes des villes avec leur triple tour de travail, je pense aux grand-mères catéchistes, je pense aux consacrées et aux très nombreuses femmes artisans du bien. Sans les femmes, l’Église du continent perdrait la force de renaître continuellement. Ce sont les femmes qui, avec une patience méticuleuse, allument et rallument la flamme de la foi. C’est un devoir sérieux de comprendre, de respecter, de valoriser, de promouvoir la force ecclésiale et sociale de ce qu’elles font. Elles ont accompagné Jésus missionnaire ; elles ne se sont pas retirées du pied de la croix ; dans la solitude, elles ont attendu que la nuit de la mort restitue le Seigneur de la vie ; elles ont inondé le monde de sa présence ressuscitée. Si nous voulons une étape nouvelle et vivace de la foi dans ce continent, nous ne l’obtiendrons pas sans les femmes. S’il vous plaît, elles ne peuvent pas être réduites à des servantes de notre cléricalisme récalcitrant ; elles sont, en revanche, protagonistes dans l’Église de l’Amérique Latine ; dans sa sortie avec Jésus ; dans sa sauvegarde, même dans la souffrance de son peuple ; dans son attachement à l’espérance qui l’emporte sur la mort ; dans sa façon joyeuse d’annoncer au monde que le Christ est vivant et est ressuscité.

L’espérance en Amérique Latine passe à travers le cœur, l’esprit et les bras des laïcs

Je voudrais réitérer ce que j’ai récemment dit à la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine. Il faut impérativement surmonter le cléricalisme qui infantilise les Christifideles laici et appauvrit l’identité des ministres ordonnés.

Bien que beaucoup d’efforts aient été réalisés et quelques pas faits, les grands défis du continent demeurent sur la table et continuent d’attendre l’avènement serein, responsable, compétent, visionnaire, articulé, conscient, d’un laïcat chrétien qui, comme croyant, soit disposé à contribuer : aux processus d’un authentique développement humain, à la consolidation de la démocratie politique et sociale, à l’éradication structurelle de la pauvreté endémique, à la construction d’une prospérité inclusive fondée sur des réformes durables et à même de préserver le bien social, à l’éradication de l’inégalité et à la sauvegarde de la stabilité, à l’élaboration de modèles de développement économique soutenable respectant la nature et le vrai avenir de l’homme qui ne se réduit pas à la consommation démesurée, ainsi qu’au rejet de la violence et à la défense de la paix.

Et une chose en plus : en ce sens, l’espérance doit toujours regarder le monde avec les yeux des pauvres et à partir de la situation des pauvres. L’espérance est pauvre comme le grain de blé qui meurt (cf. Jn 12, 24), mais elle a la force de répandre les plans de Dieu.

La richesse autosuffisante prive souvent l’esprit humain de la capacité de voir aussi bien la réalité du désert que les oasis qui y sont cachées. Elle propose des réponses de manuel et répète des certitudes de ‘‘talkshows’’ ; elle balbutie la projection d’elle-même, vide, sans s’approcher le moindre du monde de la réalité. Je suis sûr qu’en ces temps difficiles et confus mais provisoires que nous vivons, les solutions aux problèmes complexes représentant pour nous des défis naissent de la simplicité chrétienne qui se cache aux puissants et se révèle aux humbles : la pureté de la foi dans le Ressuscité, la chaleur de la communion avec lui, la fraternité, la générosité et la solidarité concrète qui jaillit aussi de l’amitié avec lui.

Et tout cela, je voudrais le résumer dans une phrase que je vous laisse comme synthèse et souvenir de cette rencontre : Si nous voulons servir, à partir du CELAM, notre Amérique Latine, nous devons le faire avec passion. Aujourd’hui, manque la passion. Mettre notre cœur dans tout ce que nous faisons, de la passion de jeune amoureux et d’ancien sage, de la passion qui transforme les idées en utopies viables, de la passion dans le travail de nos mains, de la passion qui fait de nous des pèlerins permanents dans nos Églises comme – permettez-moi de le rappeler – saint Toribio de Mogrovejo, qui ne s’installait pas à son siège : sur les 24 ans d’épiscopat, il en a passé 18 parmi les populations de son diocèse. Chers frères, s’il vous plaît, je vous demande de la passion, de la passion évangélisatrice.

Vous, évêques du CELAM, les Églises locales que vous représentez et le peuple tout entier de l’Amérique et des Caraïbes, je vous confie à la protection de la Vierge, invoquée sous les noms de Guadalupe et d’Aparecida, avec la sereine certitude que Dieu, qui a parlé à ce continent par le visage métisse et noir de sa Mère, ne cessera pas de faire resplendir sa lumière bienfaisante dans la vie de tous.
[01229-FR.01] [Texte original: Espagnol]

Une autre semaine tragique sous le soleil de Satan

CNS photo/JJ Guillen, EPA

Cette semaine, l’actualité a eu tôt fait de nous rappeler l’aspect tragique de l’histoire. De Charlottesville à Barcelone, les médias continuent de manifester la difficile entente entre les hommes, la vigilance et l’effort constants dont doivent faire preuve nos sociétés pour éviter les débordements et maintenir l’État de droit. Nous qui, depuis la deuxième guerre mondiale, pensions être à l’abri du déferlement de violence et de négation des droits humains, nous sommes plongés dans ce que le pape François a, à plusieurs reprises, qualifié de « troisième guerre mondiale par morceaux ».

Devant ces actes horribles de racisme et de haine civilisationnelle, ni le système médiatique qui semble parfois aggraver sinon profiter des tensions actuelles, ni les gouvernements ne semblent être en mesure de rassembler autour d’une nouvelle « Common decency », et d’un seul cœur rester fidèle à la Déclaration des droits de l’homme. En peu de mots, nous sommes témoins d’un monde pris dans l’engrenage du soupçon et où le recours à la violence semble trouver de plus en plus de légitimité chez trop de gens.

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans notre monde ? Cette question, tous se la posent. En premier lieu, les odieux acteurs. Qu’ils soient racistes ou islamistes, ces terroristes s’entendent sur un point : « l’enfer c’est les autres ». Que ce soit la haine contre les différences ethniques, religieuses ou civilisationnelles, tous s’entendent pour enlever à d’autres hommes et femmes leur dignité humaine, légitimant ainsi de les priver de leurs droits fondamentaux, jusqu’au meurtre. Bien que cette exclusion fondamentale de l’humanité soit poussée aux extrêmes par certains groupes, notre société n’est-elle pas également contaminée par ce poison ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes souvent enclins à faire porter le blâme du mal sur d’autres personnes humaines ?

En porte-à-faux contre ces fausses réponses au problème du mal la foi catholique nous apprend que, bien que le péché ait une puissance sur l’homme, il n’en ait pas la source principale. Commentant la dernière demande du Notre Père, le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que « le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le  » diable  » (dia-bolos) est celui qui  » se jette en travers  » du Dessein de Dieu et de son  » œuvre de salut  » accomplie dans le Christ » (no 2851).

Contre un tel ennemi, la seule réponse possible est la prière puisque seul Dieu peut vaincre le Malin et son emprise sur l’humanité. Citoyens, lobbys, journaux, politiciens, Chefs d’État, conventions, juges, tous sont en eux-mêmes impuissants contre celui qui tente par tous les moyens de dresser les hommes les uns contre les autres. On m’aura bien compris, cette vérité n’enlève en rien à la responsabilité des hommes qui succombent à la tentation. Et on doit évidemment condamné, comme l’Église l’a toujours fait, toutes les idéologies infernales et mortifères tels que le nazisme et l’islamisme. Mais l’existence du mal en ce monde ne trouvera de solution que dans la Toute-puissance de la Grâce de Dieu. En ce sens, est donc primordial de renouer avec les paroles de l’apôtre Paul qui, dans l’épitre au Éphésiens (Ep 6, 10-20), nous enseigne que :

Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force.
Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable.
Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes.
Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon.
Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice,
les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix,
et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais.
Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu.
En toute circonstance, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles.

L’actualité mondiale des prochaines années risque d’être encore le triste spectacle du déferlement de la violence. Que ce soit par le racisme ou la haine civilisationnelle, l’exclusion de personnes ou le retrait de leur dignité et de leurs droits fondamentaux ne peut jamais être justifiée. Or, personne ne devrait se considérer hors de portée de cette tentation de l’exclusion, de ce Mal qui nous guette « comme un lion rugissant, qui rôdant, cherchant qui dévorer » (1 Pierre, 5,8).

Renouons donc avec cette rencontre avec le Prince de la Paix par un désir renouvelé pour la prière et l’amour du prochain.

Intentions de prière du Pape François pour le mois de Juillet 2017

Vous trouverez ci-dessus la vidéo des intentions de prière du pape François pour le mois de juillet 2017 : Les personnes éloignées de la foi chrétienne »:

N’oublions jamais que notre joie est en Jésus Christ, que son amour est fidèle et inépuisable. Car, lorsqu’un chrétien est triste, cela veut dire qu’il s’est éloigné de Jésus. En ces moments-là, il ne faut pas le laisser seul. Nous devons lui offrir l’espérance chrétienne ; par la parole certes, mais plus encore par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie.

Prions pour nos frères et sœurs qui se sont éloignés de la foi, afin qu’ils redécouvrent, par notre prière et notre témoignage évangélique, la beauté de la vie chrétienne. N’oublions jamais que notre joie est en Jésus Christ, que son amour est fidèle et inépuisable. Car, lorsqu’un chrétien est triste, cela veut dire qu’il s’est éloigné de Jésus. En ces moments-là, il ne faut pas le laisser seul. Nous devons lui offrir l’espérance chrétienne ; par la parole certes, mais plus encore par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie. Prions pour nos frères et sœurs qui se sont éloignés de la foi, afin qu’ils redécouvrent, par notre prière et notre témoignage évangélique, la beauté de la vie chrétienne.

« Sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité »

Solennité du Corps et du Sang du Christ

Deutéronome 8,2-3.14b-16a
1 Corinthiens 10,16-17
Jean 6,51-58

Les trois lectures d’aujourd’hui, en cette Solennité du Corps et du Sang du Christ, présentent trois façons admirables de parler du don de l’Eucharistie. Permettez-moi de formuler d’abord quelques réflexions sur chacune de ces lectures avant d’examiner en conclusion la façon dont nous pouvons et devons vivre le mystère eucharistique dans notre quotidien.

Le texte de l’Ancien Testament, tiré du Deutéronome (8 ,2-3.14b-16a), nous fait voir Moïse qui s’adresse au peuple d’Israël alors qu’ils approchent de la Terre promise après quarante ans d’errance. Moïse, le grand architecte d’Israël, fait appel à la mémoire du peuple, il le presse de se rappeler comment le Seigneur a pris soin de lui pendant ce long pèlerinage. « Souviens-toi. » « Souviens-toi du Seigneur ton Dieu. » Moïse n’invite pas les gens à un exercice de nostalgie ou de mémoire abstraite. Il leur demande de se rappeler les gestes concrets du Seigneur en leur faveur. Il leur rappelle exactement ce que Dieu a fait pour eux et comment il leur a permis de survivre au désert en leur donnant la manne.

La référence à la manne fait le lien avec l’Évangile d’aujourd’hui dans lequel les auditeurs de Jésus sont d’abord hérissés à l’idée de manger sa chair. Dans le texte de l’Évangile, Jésus parle quatre fois de manger sa chair (Jean 6, 51-58). Jésus est nul autre que le Seigneur qui fait son entrée dans notre vie d’êtres humains, chair et sang comme nous. Les auditeurs de Jésus ne sont pas seulement rebutés par le fait de manger sa chair et de boire son sang : ils ont du mal à accepter qu’en Jésus Dieu est entré pour de bon dans le monde.

Un seul pain, un seul corps

La deuxième lecture est tirée de la première lettre de saint Paul à la communauté divisée de Corinthe (10, 16-17).  Même si les chrétiens de Corinthe peuvent avoir de très belles célébrations, ils ne forment pas le corps du Christ. Les riches ne partagent pas avec les pauvres et on ne se porte pas au secours des plus vulnérables. C’est désavouer le sens le plus profond de l’Eucharistie que de la célébrer sans se soucier de la charité et de la communion. Paul est très sévère à l’endroit des Corinthiens parce que « quand vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez » (11,20) à cause des divisions, des injustices et des égoïsmes. Paul exhorte ses correspondants à devenir la nourriture qu’ils consomment : le corps du Christ. [Read more…]

Allocution du pape François lors de la Veillée de prière de bénédiction des chandelles à Fatima

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’allocution du pape François lors de la Veillée de prière et de bénédiction des chandelles à La Chapelle des apparitions du Sanctuaire de Notre-Dame de Fatima:

Chers pèlerins de Marie et avec Marie!
Merci de m’avoir accueilli parmi vous et de vous être unis à moi en ce pèlerinage vécu dans l’espérance et dans la paix. Dès maintenant, je désire assurer tous ceux qui se trouvent unis à moi, ici ou ailleurs, que je vous porte tous dans mon cœur. Je sens que Jésus vous a confiés à moi (cf. Jn 21, 15-17), et je vous embrasse et vous confie tous à Jésus, “spécialement ceux qui en ont le plus besoin” – comme la Vierge nous a enseigné à prier (Apparition de juillet 1917). Que la Mère, douce et attentive à tous ceux qui sont dans le besoin, leur obtienne la bénédiction du Seigneur! Sur chacun des déshérités et des malheureux à qui a été volé le temps présent, sur chacune des personnes exclues et abandonnées à qui est nié l’avenir, sur chacun des orphelins et des victimes de l’injustice à qui il n’est pas permis d’avoir un passé, que descende la bénédiction de Dieu incarnée en Jésus Christ : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en sa grâce! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix!» (Nb 6, 24-26).

Cette bénédiction s’est accomplie pleinement dans la Vierge Marie, puisqu’aucune autre créature n’a vu resplendir sur elle le visage de Dieu comme elle, qui a donné un visage humain au Fils du Père éternel; et nous, maintenant, nous pouvons le contempler successivement dans les moments joyeux, lumineux, douloureux et glorieux de sa vie, que nous revisitons dans la récitation du Rosaire. Avec le Christ et Marie, nous demeurons en Dieu. En effet, «si nous voulons être chrétiens, nous devons être marials, c’est-à-dire que nous devons reconnaître le rapport essentiel, vital, providentiel qui unit Marie à Jésus et qui nous ouvre le chemin qui nous conduit à Lui» (Paul VI, Discours au cours de la visite au sanctuaire de la Vierge de Bonaria, Cagliari, 24 avril 1970). Ainsi, chaque fois que nous récitons le Rosaire, en ce lieu béni ou en n’importe quel autre lieu, l’Évangile reprend sa route dans la vie de chacun, dans la vie des familles, des peuples et du monde. Pèlerins avec Marie… Quelle Marie? Une Maîtresse de vie spirituelle, la première qui a suivi le Christ sur la “voie étroite” de la croix, nous donnant l’exemple, ou au contraire une Dame “inaccessible” et donc inimitable? La “Bienheureuse pour avoir cru” toujours et en toutes circonstances aux paroles divines (cf. Lc 1, 42.45), ou au contraire une “image pieuse” à laquelle on a recours pour recevoir des faveurs à bas coût? La Vierge Marie de l’Évangile, vénérée par l’Église priante, ou au contraire une Marie affublée d’une sensibilité subjective qu’on voit tenir ferme le bras justicier de Dieu prêt à punir : une Marie meilleure que le Christ, vu comme un juge impitoyable; plus miséricordieuse que l’Agneau immolé pour nous?

On commet une grande injustice contre Dieu et contre sa grâce quand on affirme en premier lieu que les pécheurs sont punis par son jugement sans placer avant – comme le manifeste l’Évangile – qu’ils sont pardonnés par sa miséricorde ! Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement et, de toute façon, le jugement de Dieu sera toujours fait à la lumière de sa miséricorde. Évidemment la miséricorde de Dieu ne nie pas la justice, parce que Jésus a pris sur lui les conséquences de notre péché avec le châtiment mérité. Il ne nie pas le péché mais il a payé pour nous sur la Croix. Et ainsi, dans la foi qui nous unit à la Croix du Christ, nous sommes libérés de nos péchés; mettons de côté toute forme de peur et de crainte, parce que cela ne convient pas à celui qui est aimé (cf. 1 Jn 4, 18). «Chaque fois que nous regardons Marie nous voulons croire en la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection. En elle, nous voyons que l’humilité et la tendresse ne sont pas les vertus des faibles, mais des forts, qui n’ont pas besoin de maltraiter les autres pour se sentir importants. […] Cette dynamique de justice et de tendresse, de contemplation et de marche vers les autres, est ce qui fait d’elle un modèle ecclésial pour l’évangélisation» (Evangelii gaudium, n. 288).Que chacun de nous puisse devenir, avec Marie, signe et sacrement de la miséricorde de Dieu qui pardonne toujours, qui pardonne tout.

Pris par la main de la Vierge Mère et sous son regard, nous pouvons chanter avec joie les miséricordes du Seigneur. Nous pouvons dire : Mon âme chante pour toi, Seigneur! La miséricorde que tu as eue envers tous tes saints et envers le peuple fidèle tout entier, est aussi arrivée jusqu’à moi. À cause de l’orgueil de mon cœur, j’ai vécu distrait derrière mes ambitions et mes intérêts, sans réussir cependant à n’occuper aucun trône, ô Seigneur! L’unique possibilité d’exaltation que j’ai est celle-là: que ta Mère me prenne dans ses bras, me couvre de son manteau et me place à côté de ton Cœur. Et qu’il en soit ainsi.

[00696-FR.01] [Texte original: Portugais]

Les Sept dernières paroles du Christ: 6e réflexion de carême

Sixième parole
« Tout est accompli. »
Jean 19, 29-30

1. Quel est le sens plénier du mot « accompli » dans le contexte du récit de la Passion de Jean ?

2. Pour l’évangéliste Jean, pourquoi le Vendredi Saint est-il une première Pentecôte ?

3. Lorsque nous xons notre regard sur Jésus cruci é, que voyons-nous ?

4. Est-ce qu’une personne dans notre vie fut un point d’ancrage pour nous ?

5. « La mort ne peut empêcher les personnes importantes dans nos vies de devenir des points d’ancrage pour nous ». Est-ce qu’une personne aimée défunte fut un point d’ancrage pour moi ?

6. Le Vendredi Saint, pourquoi prions-nous pour nos frères et sœurs d’autres confessions religieuses ?

Veillée de prière pour la Journée Mondiale de la Jeunesse

Vidéo des intentions du Pape (Mars 2017): Aider les chrétiens persécutés

Mars 2017. La vidéo du Pape. Dans de nombreuses régions du monde, des chrétiens sont persécutés simplement parce qu’ils sont chrétiens. Ils ont besoin non seulement d’une aide matérielle, mais aussi de nos prières. Unissons-nous au Pape dans sa prière pour les chrétiens persécutés.

«  »Tant de personnes sont persécutées à cause de leur foi, forcées de fuir leurs maisons, leurs lieux de culte, leur terre, leurs proches !

Ils sont persécutés et assassinés parce que chrétiens, sans que leurs persécuteurs fassent la moindre distinction entre les confessions auxquelles ils appartiennent.

Je vous demande ceci : combien d’entre vous prient pour les chrétiens persécutés ?

Je vous encourage à tenter avec moi l’expérience du soutien fraternel à toutes les églises et toutes les communautés, à travers la prière et l’aide matérielle. »

Par le Réseau Mondial de Prière du Pape (Apostolat de la prière) –
http://www.prieredupape.org/

Si tu veux voir davantage de vidéos sur les intentions du Pape, suis le lien : http://www.ilvideodelpapa.org

Les Sept dernières paroles du Christ: 1ère réflexion de carême

Qu’est-ce que les “Sept dernières paroles du Christ”

Aujourd’hui, nous commençons une série de réflexions quotidiennes sur les Sept dernières paroles du Christ. Nous explorerons l’Écriture par des réflexions sur les “Sept dernières paroles du Christ”. Chaque jour, nous incluerons une question, une prière et une résolution pour mettre notre foi en pratique. Vous êtes invités à considérer les sept dernières paroles que Jésus-Christ a prononcées dans les trois dernières heures de Sa vie alors qu’il était suspendu à la croix. Nous prions avec ces paroles afin que nous puissions approfondir notre relation avec le Seigneur et notre Sauveur.

« Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Luc 23, 33-34

« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Luc 23, 39-43

« Femme, voici ton fils. »[…] « Voici ta mère. »
Jean 19, 25-27

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Mathieu 27, 45-46

« J’ai soif. »
Jean, 19, 28

« Tout est accompli. »
Jean 19, 29-30

« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »
Luc 23, 44-46

 

Quels sont vos espoirs pour votre propre vie spirituelle durant le carême ?

http://seletlumieretv.org/sept-paroles/

Homélie du pape François pour le mercredi des cendres

«Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Jl 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur; personne ne pouvait se sentir exclu: «Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, «car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin: il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine: nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à «normaliser», même si ses effets se font sentir; cela nous semble «normal» car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères: ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander: qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander: où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste: «Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en «poussière aimée».

[00300-FR.01] [Texte original: Italien]