« Ô Canada », un hymne à redécouvrir !

Les étrangers s’étonnent parfois d’entendre l’hymne de notre pays chanté dans deux langues différentes, l’anglais et le français. Ils seraient sans doute encore plus surpris de savoir que les paroles de l’un et de l’autre ne correspondent pas.  En effet, l’hymne canadien, le maintenant très connu « Ô Canada », est bien connu en sa qualité de composition musicale par Calixa Lavallée. Il l’est un peu moins en ce qui a trait aux paroliers.

Fruit d’une commande du Lieutenant-gouverneur du Québec de l’époque, Son honneur Théodore Robitaille, ce chant fut entonné pour la première fois lors du Congrès catholique canadien-français, le 24 juin 1880.  Composé par le juge et poète Adophe-Basile Routhier, l’hymne fut écrit avec la ferme intention de devenir l’hymne officiel du Canada français. Avec, comme le dit Brian Christopher Thompson, l’intention « de créer un chant national qui avait la dignité du « God Save the Queen », l’hymne était alors entonné lors de tous les événements publics au Canada à l’époque ». Contrairement à la version anglophone dont les paroles reçurent plusieurs moutures au cours de l’histoire, la version française est toujours restée la même. Suivant un parcours sinueux, l’hymne « Ô Canada » reçut finalement la sanction royale le 27 juin 1980, presque cent ans après son écriture !

Si ce n’est de certaines formulations dont le langage nous apparaît quelque peu étranger, l’intégralité de l’hymne Canadien mérite d’être médité et chanté encore aujourd’hui.

Le « Ô Canada, Terre de nos aïeuls » est d’une beauté sublime et peut être une grande source de fierté, spécialement pour nous catholiques puisqu’il fait directement écho à notre foi. En effet, l’hymne national nous invite à faire mémoire de ceux qui nous précédés, de « nos aïeux » qui ont su bâtir ce pays. Loin de se laisser décourager par les nombreux obstacles qu’ils ont rencontrés sur leur route, nos ancêtres ont su manifester un courage et une ferveur semblables à toute grande nation. Du récit de ce passé aux principes ayant dirigé son histoire, l’hymne ne saurait être complet sans cet appel à l’engagement, à la mission que représente la construction d’un si jeune pays.

Dans son discours lors de la cérémonie de bienvenue à Toronto pour la 17e journée mondiale de la Jeunesse le 23
juillet 2002, saint Jean-Paul II s’exprimait en ces termes:

«3. Dans la version francophone de votre hymne national «Ô Canada», vous chantez: «Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix». Les Canadiens sont les héritiers d’un humanisme extraordinairement riche, grâce à l’association de nombreux éléments culturels divers. Mais le noyau de votre héritage, c’est la conception spirituelle et transcendante de la vie, fondée sur la Révélation chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à votre développement comme société libre, démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.»

Commémorer le 150e du Canada n’est pas seulement un devoir de citoyen. C’est aussi la possibilité d’avoir accès à des témoins et des modèles pour nous qui sommes héritiers de ce patrimoine. À ces personnes qui, de par leur vie même, furent les instruments de Dieu, et envers lesquelles nous sommes infiniment redevables encore aujourd’hui.

-1-

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l’épée,
Il sait porter la croix!
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protègera nos foyers et nos droits.
Protègera nos foyers et nos droits.

-2-

Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est d’une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l’honneur de son drapeau,
Il gardera l’honneur de son drapeau.

-3-

De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l’auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie Mais plein de loyauté.
Il veut garder dans l’harmonie,
Sa fière liberté;
Et par l’effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité.
Sur notre sol asseoir la vérité.

-4-

Amour sacré du trône et de l’autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel!
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi,
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi.

 

Reconnaissance des vertus héroïques du Cardinal Van Thuan

CNS photo/L’Osservatore Romano via EPA

Nguyen Van Thuan

Prisonnier politique du régime communiste pendant 13 ans, dont 9  en confinement, l’expérience de François Xavier Nguyen Van Thuan est un témoignage puissant de foi en l’Eucharistie, du pouvoir du pardon et de la valeur rédemptrice de la croix. Les textes spirituels du cardinal Van Thuan, spécialement ceux qu’il a écrits en prison où il célébrait la Messe en secret avec une goutte de vin dans la paume de sa main, ont fait le tour du monde et ont donné de l’espoir à des millions de personnes. Qui peut oublier les mots de saint Jean-Paul II à son propos  concluant  la retraite du carême de la Curie romaine en 2001 retraite  prêchée par le Cardinal Van Thuan lui-même :

« Avec la simplicité et le souffle de l’inspiration divine, il nous a guidés sur le chemin de l’approfondissement de notre vocation de témoins de l’espoir évangélique en ce début de troisième millénaire. Témoin de la croix durant ses longues années d’emprisonnement au Vietnam, il nous a fréquemment fait le récit de ses souffrances lorsqu’il était en prison et, ainsi, il nous a renforcés dans cette certitude consolante selon laquelle, lorsque tout s’écroule autour de nous, et même en nous, le Christ est notre support indéfectible. »

Au mois de septembre 2007, la cause de béatification du Cardinal Van Thuan fut ouverte à Rome. Comme prisonnier, il fut victime des pires tortures et d’une déshumanisation la plus complète. Toutefois, Van Thuan n’a jamais cessé d’aimer ses gardes de prison qui pourtant abusaient de lui. Certains des gardiens furent si touchés par son exemple qu’ils se convertirent plus tard au christianisme. Van Thuan écrit : « ni les armes, ni les menaces mais seul l’amour chrétien peut changer les cœurs… c’est l’amour qui prépare le chemin de l’annonce de l’Évangile. Omnia Vincit Amor, « L’amour peut tout conquérir ».

Télévision Sel + Lumière a produit un documentaire touchant sur la vie de ce saint homme dont la première mondiale a eu lieu au Congrès Eucharistique international de Québec en 2008. Ce film a contribué à répandre le message d’amour et d’espérance du cardinal Van Thuan. Dès lors que le pape François a signé le décret reconnaissant les vertus héroïques de cet extraordinaire homme de foi, François Xavier Nguyen Van Thuan, mort en 2002 à Rome,  est actuellement sur le chemin de la béatification et de la canonisation.

Saint Jean-Paul II: pape de la famille

« Dans ce service du Peuple de Dieu, saint Jean Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient. » -Pape François. Visionnez ce magnifique vidéo qui présente le profond attachement du saint pape Jean-Paul II pour la famille. Pour Jean-Paul II, la famille était le reflet de la Trinité Sainte. Par l’exercice des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, chacun des membres de la famille peut être le reflet de l’amour de Dieu pour l’humanité et ainsi, rendre présent le bonheur du ciel sur la terre.

Cendrillon, une anticonformiste ?

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Image: Courtoisie de CNS

Cette semaine, je suis allé voir la récente adaptation au grand écran, par le réalisateur Kenneth Branagh, du conte de fée Cendrillon. Bien que ce genre de film ne soit pas normalement mon premier choix, je fus très surpris de la qualité et de la profondeur de ce film. Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre ce film et les longs métrages pour enfants auxquels les Walt Disney de ce monde nous ont habitués au cours des dernières décennies. En effet, la plupart des contes pour enfants sont aujourd’hui porteurs des grandes « valeurs » de notre temps : individualisme et consumérisme. J’en tiens pour preuve le court-métrage présenté avant le film et entièrement centré sur la célébration de l’anniversaire d’une petite fille et sur la grande quantité de cadeaux qu’elle reçoit. Comme si les producteurs avaient voulu se déculpabiliser devant d’éventuelles accusations portées contre eux de vouloir présenter aux jeunes des valeurs « vieux jeux ». En résumé, la raison de ce contraste entre les valeurs de Cendrillon et celles de notre temps est due au fait que ce film n’entre pas dans ce que Saint Jean-Paul II avait nommé la « culture du soupçon ».

Cette culture du soupçon qui a souvent servi à désigner Freud (en psychologie), Marx (en politique/économie) et Nietzche (en philosophie) pourrait se résumer ainsi : une attitude à douter de la bonté des wedding-342679_1280hommes et à toujours chercher une arrière pensée malveillante motivant les relations humaines. Par exemple, dans les relations amoureuses, l’attitude de soupçon se manifeste lorsque les partenaires ne veulent pas s’engager et se donner totalement l’un à l’autre. Lorsqu’ils préfèrent garder une assurance « au cas où » l’autre me tromperait, etc. Il faut dire que l’attitude souvent irresponsable de certains hommes a légitimé cette recherche d’une plus grande indépendance de la part des femmes. Cependant, cette recherche d’indépendance devient néfaste, pour la personne elle-même, lorsqu’elle est motivée par une peur irrationnelle de l’autre et une recherche égoïste de soi. Toutes les relations humaines (même l’économie!) étant fondées, en grande partie, sur la confiance, le soupçon peut en soi, lorsqu’il devient principe absolu, déstabiliser et, même, détruire toutes les sociétés, familles comprises. Cette philosophie va même jusqu’à considérer naïve toute posture de confiance en l’autre et, ce, spécialement lorsqu’il y a relation de pouvoir. En ce sens, le film Cendrillon contraste énormément avec cette attitude qui consiste, au nom de la lucidité, à se méfier de tout et de tous. Au contraire, plusieurs éléments du film vont dans un tout autre sens. [Read more…]