Discours du pape Léon XIV aux représentants des médias

Le pape Léon XIV s’adressant le lundi 12 mai aux représentants des médias : « Désarmons la communication de tout préjugé, rancœur, fanatisme et haine ; purifions-la de toute agression. Nous n’avons pas besoin d’une communication tonitruante et musclée, mais plutôt d’une communication capable d’écouter, de recueillir la voix des faibles qui n’ont pas de voix. Désarmons les mots et contribuons à désarmer la Terre. »

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Lire le texte intégral du discours du Saint-Père aux représentants des médias ci-dessous. :

Bonjour, et merci pour cet accueil formidable ! On dit que les applaudissements au début n’ont  pas beaucoup d’importance… Si vous êtes encore réveillés à la fin et que vous avez encore envie  d’applaudir… Merci beaucoup !

Frères et sœurs ! 

Je vous souhaite la bienvenue, représentants des médias du monde entier. Je vous remercie pour  le travail que vous avez accompli et que vous accomplissez en ce moment, qui est essentiellement un  temps de grâce pour l’Église. 

Dans le « Discours sur la montagne », Jésus a proclamé : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). Il s’agit d’une béatitude qui nous interpelle tous et qui vous concerne particulièrement, appelant  chacun à s’engager à promouvoir une communication différente, qui ne recherche pas le consensus à  tout prix, qui ne se revêt pas de mots agressifs, qui n’épouse pas le modèle de la compétition, qui ne  sépare jamais la recherche de la vérité de l’amour avec lequel nous devons humblement la rechercher.  La paix commence par chacun de nous : par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les  écoutons, dont nous parlons d’eux ; et, en ce sens, la manière dont nous communiquons est d’une  importance fondamentale : nous devons dire « non » à la guerre des mots et des images, nous devons  rejeter le paradigme de la guerre. 

Permettez-moi donc de réaffirmer aujourd’hui la solidarité de l’Église avec les journalistes  emprisonnés pour avoir recherché à rapporter la vérité, et par ces paroles, de demander la libération de ces journalistes emprisonnés. L’Église reconnaît dans ces témoins – je pense à ceux qui racontent  la guerre au prix de leur vie – le courage de ceux qui défendent la dignité, la justice et le droit des  peuples à être informés, car seuls des peuples informés peuvent faire des choix libres. La souffrance  de ces journalistes emprisonnés interpelle la conscience des nations et de la communauté  internationale, nous appelant tous à préserver le bien précieux que sont la liberté d’expression et la  liberté de la presse. 

Merci, chers amis, pour votre service à la vérité. Vous avez été à Rome ces dernières semaines  pour raconter l’Église, sa diversité et, en même temps, son unité. Vous avez accompagné les rites de  la Semaine Sainte ; vous avez ensuite raconté la douleur causée par la mort du pape François, survenue  cependant dans la lumière de Pâques. Cette même foi pascale nous a introduits dans l’esprit du  Conclave, qui vous a vu particulièrement engagés pendant ces journées fatigantes ; et, même en cette  occasion, vous avez su raconter la beauté de l’amour du Christ qui nous unit tous et fait de nous un  seul peuple, guidé par le Bon Pasteur. 

Nous vivons des temps difficiles à traverser et à raconter, qui représentent un défi pour nous  tous et que nous ne devons pas fuir. Au contraire, ils exigent de chacun, dans nos différents rôles et  services, de ne jamais céder à la médiocrité. L’Église doit relever le défi de son temps et, de la même  manière, il ne peut y avoir de communication et de journalisme hors du temps et de l’histoire. Comme  nous le rappelle saint Augustin, qui disait : « Vivons bien, et les temps seront bons. Nous sommes les  temps » (Discours 311). 

Merci donc pour ce que vous avez fait pour sortir des stéréotypes et des lieux communs à travers  lesquels nous lisons souvent la vie chrétienne et la vie même de l’Église. Merci d’avoir su saisir  l’essentiel de ce que nous sommes et de l’avoir transmis par tous les moyens au monde entier. 

Aujourd’hui, l’un des défis les plus importants est de promouvoir une communication capable  de nous faire sortir de la « tour de Babel » dans laquelle nous nous trouvons parfois, de la confusion  des langages sans amour, souvent idéologiques ou partisans. C’est pourquoi votre service, avec les  mots que vous utilisez et le style que vous adoptez, est important. En effet, la communication n’est  pas seulement la transmission d’informations, mais aussi la création d’une culture, d’environnements  humains et numériques qui deviennent des espaces de dialogue et de confrontation. Et si l’on  considère l’évolution technologique, cette mission devient encore plus nécessaire. Je pense en  particulier à l’intelligence artificielle, avec son immense potentiel, qui exige toutefois responsabilité  et discernement pour orienter les outils vers le bien de tous, afin qu’ils puissent produire des bénéfices  pour l’humanité. Et cette responsabilité concerne tout le monde, proportionnellement à l’âge et aux  rôles sociaux. 

Chers amis, nous apprendrons avec le temps à mieux nous connaître. Nous avons vécu – nous  pouvons le dire ensemble – des jours vraiment particuliers. Nous les avons partagés avec tous les  moyens de communication : la télévision, la radio, le web, les réseaux sociaux. Je souhaite vivement 

que chacun de nous puisse dire qu’ils nous ont révélé un peu du mystère de notre humanité et qu’ils  nous ont laissé un désir d’amour et de paix. C’est pourquoi je vous répète aujourd’hui l’invitation  lancée par le pape François dans son dernier message pour la prochaine Journée mondiale des  communications sociales : désarmons la communication de tout préjugé, rancœur, fanatisme et haine ;  purifions-la de toute agressivité. Nous n’avons pas besoin d’une communication bruyante, musclée,  mais plutôt d’une communication capable d’écouter, de recueillir la voix des faibles qui n’ont pas de  voix. Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la Terre. Une communication désarmée  et désarmante nous permet de partager un regard différent sur le monde et d’agir en cohérence avec  notre dignité humaine. 

Vous êtes en première ligne pour raconter les conflits et les espoirs de paix, les situations  d’injustice et de pauvreté, ainsi que le travail silencieux de tant de personnes pour un monde meilleur.  C’est pourquoi je vous demande de choisir avec conscience et courage la voie d’une communication  de paix. 

Merci. Que Dieu vous bénisse ! Et au revoir.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Regina Caeli du pape Léon XIV – dimanche 11 mai 2025

Photo est le droit de Sel + Lumière Media

Le 11 mai 2025, le pape Léon XIV a récité son premier Regina Caeli en tant que souverain pontife. En cette Journée mondiale de prière pour les vocations, il a encouragé les jeunes à répondre à l’appel du Christ et a salué les pèlerins venus célébrer le Jubilé des fanfares et des spectacles populaires. 

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Lire le texte intégral de la prière Regina Caeli du Saint-Père ci-dessous. :

PAPE LÉON XIV

REGINA CAELI

Loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre
Dimanche 11 mai 2025

Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Je tiens pour un don de Dieu que le premier dimanche de mon service comme Évêque de Rome soit celui du Bon Pasteur, le quatrième du temps pascal. On proclame toujours en ce dimanche, lors de la messe, l’Évangile de Jean au chapitre dix, où Jésus se révèle comme le vrai Pasteur qui connaît et aime ses brebis et donne sa vie pour elles.

Ce dimanche, depuis soixante-deux ans, est célébré la Journée mondiale de prière pour les vocations. De plus, Rome accueille aujourd’hui le Jubilé des fanfares et des spectacles populaires. Je salue avec affection tous ces pèlerins et je les remercie car, par leur musique et leurs représentations, ils égayent la fête, la fête du Christ Bon Pasteur : oui, c’est Lui qui guide l’Église par son Saint-Esprit.

Jésus, dans l’Évangile, dit qu’il connaît ses brebis, et qu’elles écoutent sa voix et le suivent (cf. Jn 10, 27). Comme l’enseigne en effet le Pape saint Grégoire le Grand, les personnes « répondent à l’amour de celui qui les aime » (Homélie 14, 3-6).

Aujourd’hui, frères et sœurs, j’ai donc la joie de prier avec vous et avec tout le peuple de Dieu pour les vocations, en particulier sacerdotales et religieuses. L’Église en a tant besoin! Et il est important que les jeunes, hommes et femmes, trouvent dans nos communautés accueilécouteencouragement dans leur cheminement vocationnel, et qu’ils puissent compter sur des modèles crédibles de don généreux de soi à Dieu et aux frères.

Faisons nôtre l’invitation que le Pape François nous a laissée dans son Message pour cette Journée : l’invitation à accueillir et à accompagner les jeunes. Et demandons au Père céleste d’être les uns pour les autres, chacun selon son état, des pasteurs « selon son cœur » (cf. Jr 3, 15), capables de nous aider mutuellement à marcher dans l’amour et dans la vérité. Et je dis aux jeunes : n’ayez pas peur ! Acceptez l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur !

Que la Vierge Marie, dont toute la vie a été une réponse à l’appel du Seigneur, nous accompagne toujours dans la suite de Jésus.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Première bénédiction URBI et ORBI du Saint-Père Léon XIV

Crédit Photo : Vatican Media

Le 8 mai 2025, depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV a prononcé sa première bénédiction « Urbi et Orbi ». Dans ce message empreint de paix et d’humilité, il a appelé à l’unité, au dialogue et à la solidarité, en s’inspirant de l’héritage de saint Augustin et en rendant hommage à son prédécesseur, le pape François. Il a également adressé une salutation particulière à son ancien diocèse de Chiclayo, au Pérou.

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Lire le texte intégral de la bénédiction du Saint-Père ci-dessous. :

PREMIÈRE BÉNÉDICTION URBI ET ORBI
DU SAINT-PÈRE LÉON XIV

Loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre
Jeudi 8 mai 2025

Que la paix soit avec vous tous !

Très chers frères et sœurs, telle est la première salutation du Christ ressuscité, le Bon Pasteur qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Moi aussi, je voudrais que ce salut de paix entre dans votre cœur, atteigne vos familles, toutes les personnes, où qu’elles se trouvent, tous les peuples, toute la terre. Que la paix soit avec vous !

C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement.

Nous avons encore dans nos oreilles cette voix faible mais toujours courageuse du Pape François qui bénissait Rome ! Le Pape qui bénissait Rome donnait sa bénédiction au monde, au monde entier, en ce matin de Pâques. Permettez-moi de reprendre cette même bénédiction : Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas ! Nous sommes tous entre les mains de Dieu. Alors, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et entre nous, allons de l’avant. Nous sommes disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de Lui comme pont pour être rejoint par Dieu et par son amour. Aidez-nous vous aussi, puis aidez-vous les uns les autres à construire des ponts, par le dialogue, par la rencontre, en nous unissant tous pour être un seul peuple toujours en paix. Merci au Pape François !

Je tiens également à remercier tous mes frères Cardinaux qui m’ont choisi pour être le Successeur de Pierre et marcher avec vous, en tant qu’Église unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice, toujours en essayant de travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans crainte, pour proclamer l’Évangile, pour être missionnaires.

Je suis un fils de saint Augustin, augustinien, qui a dit : « Avec vous, je suis chrétien, et pour vous, je suis évêque ». En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée.

À l’Église de Rome, un salut particulier! [applaudissements] Nous devons chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit les ponts, le dialogue, toujours prête à accueillir comme cette place avec les bras ouverts. Tous, tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, de dialogue et d’amour.

Et si vous me permettez un mot, je salue tout le monde, en particulier mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a donné beaucoup, beaucoup pour continuer à être une Église fidèle à Jésus-Christ.

À vous tous, frères et sœurs de Rome, d’Italie, du monde entier, nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui recherche toujours la paix, qui recherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche, en particulier de ceux qui souffrent.

Aujourd’hui, c’est le jour de la Supplique à Notre-Dame de Pompéi. Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche de nous, nous aider par son intercession et son amour.

Je voudrais donc prier avec vous. Prions ensemble pour cette nouvelle mission, pour toute l’Église, pour la paix dans le monde et demandons cette grâce spéciale à Marie, notre Mère.

Ave Maria…

 

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Homélie du pape Léon XIV – Messe avec les cardinaux électeurs

Crédit Photo : Vatican Media

 

Le 9 mai 2025, le pape Léon XIV a célébré une messe pro Ecclesia avec les cardinaux électeurs dans la chapelle Sixtine. Dans son homélie, il a invité les fidèles à reconnaître les merveilles accomplies par le Seigneur et à s’engager dans l’annonce de l’Évangile. S’appuyant sur la profession de foi de Pierre, il a souligné l’importance de la mission apostolique confiée à l’Église. Le pape a également évoqué les défis du monde contemporain, appelant à une Église rayonnante par la sainteté de ses membres.

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Lisez le texte intégral de l’homélie du pape Léon XIV ci-dessous :

HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

Chapelle Sixtine
Vendredi 9 mai 2025

Je commencerai par quelques mots en anglais, puis je poursuivrai en italien.

Mais je voudrais répéter les paroles du psaume responsorial : « Je chanterai un cantique nouveau au Seigneur, car il a fait des merveilles  ».

Et en effet, pas seulement pour moi, mais pour nous tous. Mes frères cardinaux, alors que nous célébrons ce matin, je vous invite à reconnaître les merveilles que le Seigneur a accomplies, les bénédictions que le Seigneur continue de répandre sur nous tous à travers le ministère de Pierre.

Vous m’avez appelé à porter cette croix et à être béni par cette mission, et je sais que je peux compter sur chacun d’entre vous pour marcher à mes côtés, alors que nous continuons à être une Église, une communauté d’amis de Jésus, des croyants qui annoncent la Bonne Nouvelle, qui annoncent l’Évangile.

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Par ces paroles, Pierre, interrogé avec les autres disciples par le Maître sur la foi qu’il a en Lui, exprime en synthèse le patrimoine que l’Église, à travers la succession apostolique, garde, approfondit et transmet depuis deux mille ans.

Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire l’unique Sauveur et le révélateur du visage du Père.

En Lui, Dieu, pour se faire proche et accessible aux hommes, s’est révélé à nous dans les yeux confiants d’un enfant, dans l’esprit éveillé d’un adolescent, dans les traits mûrs d’un homme (cf. Conc. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, n. 22), jusqu’à apparaître aux siens, après sa résurrection, dans son corps glorieux. Il nous a ainsi montré un modèle d’humanité sainte que nous pouvons tous imiter, avec la promesse d’une destinée éternelle qui dépasse toutes nos limites et toutes nos capacités.

Dans sa réponse, Pierre saisit ces deux aspects : le don de Dieu et le chemin à parcourir pour se laisser transformer, dimensions indissociables du salut, confiées à l’Église afin qu’elle les annonce pour le bien du genre humain. Confiés à nous, choisis par Lui avant même que nous ayons été formés dans le sein de notre mère (cf. Jr 1, 5), régénérés dans l’eau du Baptême et, au-delà de nos limites et sans aucun mérite de notre part, conduits ici et envoyés d’ici, afin que l’Évangile soit annoncé à toute créature (cf. Mc 16, 15).

En particulier, Dieu, en m’appelant par votre vote à succéder au Premier des Apôtres, me confie ce trésor afin que, avec son aide, j’en sois le fidèle administrateur (cf. 1 Co 4, 2) au profit de tout le Corps mystique de l’Église, de sorte qu’elle soit toujours plus la ville placée sur la montagne (cf. Ap 21, 10), l’arche du salut qui navigue sur les flots de l’histoire, phare qui éclaire les nuits du monde. Et cela, non pas tant grâce à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions – comme les édifices dans lesquels nous nous trouvons –, mais à travers la sainteté de ses membres, de ce « peuple que Dieu s’est acquis pour proclamer les œuvres admirables de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2, 9).

Cependant, en amont de la conversation où Pierre fait sa profession de foi, il y a aussi une autre question : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » (Mt 16, 13). Ce n’est pas une question anodine, elle touche en effet à un aspect important de notre ministère : la réalité dans laquelle nous vivons, avec ses limites et ses potentialités, ses questions et ses convictions.

« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?» (Mt 16, 13). En pensant à la scène sur laquelle nous réfléchissons, nous pourrions trouver deux réponses possibles à cette question qui dessinent deux attitudes différentes.

Il y a tout d’abord la réponse du monde. Matthieu souligne que la conversation entre Jésus et ses disciples sur son identité se déroule dans la belle ville de Césarée de Philippe, riche en palais luxueux, nichée dans un cadre naturel enchanteur, au pied de l’Hermon, mais aussi siège de cercles de pouvoir cruels et théâtre de trahisons et d’infidélités. Cette image nous parle d’un monde qui considère Jésus comme une personne totalement insignifiante, tout au plus un personnage curieux, qui peut susciter l’émerveillement par sa manière inhabituelle de parler et d’agir. Ainsi, lorsque sa présence deviendra gênante en raison de son exigence d’honnêteté et de moralité, ce « monde » n’hésitera pas à le rejeter et à l’éliminer.

Il y a ensuite une autre réponse possible à la question de Jésus : celle du peuple. Pour lui, le Nazaréen n’est pas un « charlatan » : c’est un homme droit, courageux, qui parle bien et dit des choses justes, comme d’autres grands prophètes de l’histoire d’Israël. C’est pourquoi il le suit, du moins tant qu’il peut le faire sans trop de risques ni d’inconvénients. Mais ce n’est qu’un homme, et donc, au moment du danger, lors de la Passion, il l’abandonne et s’en va, déçu.

Ce qui frappe dans ces deux attitudes, c’est leur actualité. Elles incarnent en effet des idées que l’on pourrait facilement retrouver – peut-être exprimées dans un langage différent, mais identiques dans leur substance – dans la bouche de nombreux hommes et femmes de notre temps.

Aujourd’hui encore, nombreux sont les contextes où la foi chrétienne est considérée comme absurde, réservée aux personnes faibles et peu intelligentes ; des contextes où on lui préfère d’autres certitudes, comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir.

Il s’agit d’environnements où il n’est pas facile de témoigner et d’annoncer l’Évangile, et où ceux qui croient sont ridiculisés, persécutés, méprisés ou, au mieux, tolérés et pris en pitié. Et pourtant, c’est précisément pour cette raison que la mission est urgente en ces lieux, car le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement.

Aujourd’hui encore, il existe des contextes où Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est réduit à une sorte de leader charismatique ou de super-homme, et cela non seulement chez les non-croyants, mais aussi chez nombre de baptisés qui finissent ainsi par vivre, à ce niveau, dans un athéisme de fait.

Tel est le monde qui nous est confié, dans lequel, comme nous l’a enseigné à maintes reprises le Pape François, nous sommes appelés à témoigner de la foi joyeuse en Christ Sauveur. C’est pourquoi, pour nous aussi, il est essentiel de répéter : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Il est essentiel de le faire avant tout dans notre relation personnelle avec Lui, dans l’engagement d’un chemin quotidien de conversion. Mais aussi, en tant qu’Église, en vivant ensemble notre appartenance au Seigneur et en apportant à tous la Bonne Nouvelle (cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 1).

Je le dis tout d’abord pour moi-même, en tant que Successeur de Pierre, alors que je commence cette mission d’Évêque de l’Église qui est à Rome, appelée à présider dans la charité l’Église universelle, selon la célèbre expression de S. Ignace d’Antioche (cf. Lettre aux Romains, Prologue). Conduit enchaîné vers cette ville, lieu de son sacrifice imminent, il écrivait aux chrétiens qui s’y trouvaient : « Alors je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra plus mon corps » (Lettre aux Romains, IV, 1). Il faisait référence au fait d’être dévoré par les bêtes sauvages dans le cirque – et c’est ce qui arriva –, mais ses paroles renvoient de manière plus générale à un engagement inconditionnel pour quiconque exerce un ministère d’autorité dans l’Église : disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié (cf. Jn 3, 30), se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de Le connaître et de L’aimer.

Que Dieu m’accorde cette grâce, aujourd’hui et toujours, avec l’aide de la très tendre intercession de Marie, Mère de l’Église.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

 

Habemus Papam! Bienvenue le pape Léon XIV!

Crédit Photo : Vatican Media

Habemus Papam !
Nous avons un Pape !

Nous accueillons avec joie notre nouveau Saint-Père, le pape Léon XIV, 267e Pontife et successeur de saint Pierre, évêque de Rome et serviteur des serviteurs de Dieu.

Voici sa biographie, publiée en Anglais par la Libreria Editrice Vaticana :

Le pape Léon XIV est né Robert Francis Prevost le 14 septembre 1955 à Chicago en IL, É.U.  En 1977, il entre au noviciat de l’Ordre de Saint Augustin (O.S.A.) dans la province de Notre-Dame du Bon Conseil, à Saint Louis. Le 29 août 1981, il prononça ses vœux solennels. Il étudie à la Catholic Theological Union de Chicago, où il obtient un diplôme en théologie.

À l’âge de 27 ans, il a été envoyé par l’Ordre à Rome pour étudier le droit canon à l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin (Angelicum). Il reçoit l’ordination sacerdotale le 19 juin 1982. Il obtient sa licence en 1984, puis est envoyé oeuvrer dans la mission de Chulucanas, à Piura, au Pérou (1985-1986).

En 1987, il obtient un doctorat avec la thèse : « Le rôle du prieur local dans l’Ordre de Saint Augustin ». La même année, il est élu directeur des vocations et directeur des missions de la province augustinienne Notre-Dame du Bon Conseil d’Olympia Fields, Illinois, aux États-Unis d’Amérique.

En 1988, il a été envoyé dans la mission de Trujillo en tant que directeur du projet commun de formation des aspirants augustiniens dans les vicariats de Chulucanas, Iquitos et Apurímac. Il y a exercé les fonctions de prieur de communauté (1988-1992), de directeur de la formation (1988-1998) et d’enseignant des profès (1992-1998). À l’archidiocèse de Trujillo, il a été vicaire judiciaire (1989-1998) et professeur de droit canonique, patristique et moral au grand séminaire San Carlos y San Marcelo.

En 1999, il est élu préfet provincial de la province Notre-Dame du Bon Conseil de Chicago. Après deux ans et demi, le chapitre général ordinaire l’a élu Prieur général, ministère qui lui a de nouveau été confié lors du chapitre général ordinaire de 2007. 

En octobre 2013, il retourne dans sa province, Chicago, pour y exercer les fonctions d’enseignant des profès, et de vicaire provincial ; des rôles qu’il occupa depuis le 3 novembre 2014, lorsque le pape François le nomme administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo, au Pérou, l’élevant à la dignité d’évêque et lui attribuant le diocèse titulaire de Sufar.

Le 7 novembre, il a pris possession canonique du diocèse en présence du nonce apostolique James Patrick Green ; il a été ordonné évêque le 12 décembre, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe, en la Cathédrale de son diocèse. Il a été évêque de Chiclayo à partir du 26 novembre 2015. En mars 2018, il est devenu deuxième vice-président de la Conférence épiscopale péruvienne. Le pape François l’a nommé membre de la Congrégation pour le clergé en 2019, et membre de la Congrégation pour les évêques en 2020.

Le 15 avril 2020, le Pape le nomme administrateur apostolique du diocèse de Callao.

Le 30 janvier 2023, le pape François nomme Mgr Prevost préfet du Dicastère pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. Il a été créé cardinal lors du Consistoire du 30 septembre 2023.

Nous félicitons chaleureusement le pape Léon, et prions pour que son ministère de pasteur, à la tête de l’Église, soit rempli de courage, de sagesse et de l’espérance de l’Évangile.

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