Homélie du pape François sur l’Évangile de la Vie

Ce matin,  en cette Année de la foi, le pape François a présidé la messe pour la Journée “Evangelium Vitae”, devant des milliers de pelerins, place Saint-Pierre. Il a insisté sur la place importante de l’Esprit-Saint dans la vie de tout chrétien.  Dieu nous montre le chemin de la vie.
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Voici son homélie :

Chers frères et sœurs,
Cette célébration a un très beau nom : l’Évangile de la Vie. Avec cette Eucharistie en l’Année de la foi, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie, dans toutes ses manifestations ; et en même temps, nous voulons annoncer l’Évangile de la Vie.
En partant de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais vous proposer trois points simples de méditation pour notre foi : d’abord, la Bible nous révèle le Dieu Vivant, le Dieu qui est Vie, et source de la vie ; en second lieu, Jésus-Christ donne la vie, et l’Esprit-Saint nous maintient dans la vie ; troisièmement, suivre le chemin de Dieu conduit à la vie, tandis que suivre les idoles conduit à la mort.
1. La première lecture, tirée du Second livre de Samuel, nous parle de vie et de mort. Le roi David veut cacher l’adultère commis avec la femme d’Urie le Hittite, un soldat de son armée, et pour faire cela, il ordonne de placer Urie en première ligne pour qu’il soit tué dans la bataille. La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses œuvres de mort – en vérité ce qu’il a fait est une œuvre de mort, et non de vie -, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie et qui toujours nous pardonne, lui pardonne, lui rend la vie ; le prophète lui dit : « Le Seigneur a pardonné ton péché : tu ne mourras pas ». [Read more…]

Homélie du pape François lors de la messe de canonisations dimanche 12 mai

Lors de la messe de canonisation durant laquelle le pape François a canonisé deux religieuses latino-américaines de la première moitié du 20e siècle  :

D’abord la première sainte de Colombie Sr Laura Montoya Upegui morte en 1949, qui a fondé la Congrégation des Missionnaires de Marie Immaculée et de Sainte Catherine de Sienne. Appelée Madre Laura elle a œuvré auprès des autochtones en respectant leur culture.

Sr María Guadeloupe García Zavala, morte en 1963, est la deuxième sainte mexicaine et cofondatrice des servantes de sainte Marguerite Marie et des pauvres. Infirmière, elle a été au service des malades et des abandonnés. Durant les persécutions envers l’église catholique dans les années 1920, cette religieuse appelée Madre Lupita a caché de prêtres dans son hôpital leur sauvant la vie.

ainsi qu’Antonio Primaldo martyr avec ses quelque 800 compagnons, tués en 1480 par les Turcs à Otrante, en Italie. Après la chute d’Otrante, ils avaient refusé de se convertir à l’islam.

Voici son homélie dans son intégralité:
“Chers frères et soeurs,

En ce VIIe dimanche du temps de Pâques, nous sommes rassemblés avec pour célébrer une fête de la sainteté. Nous rendons grâce à Dieu qui a fait resplendir sa gloire, la gloire de l’Amour, sur les Martyrs d’Orante, sur Mère Laura Montoya et sur Mère María Guadalupe García Zavala. Je vous salue tous, vous qui êtes venus pour cette fête – d’Italie, de Colombie, du Mexique et d’autres pays – et je vous en remercie! Nous voulons regarder vers les nouveaux saints à la lumière de la Parole de Dieu qui a été proclamée. Une parole qui nous a invités à la fidélité au Christ, même jusqu’au martyre; elle nous a rappelé l’urgence et la beauté d’apporter à tous le Christ et son Evangile; elle nous a parlé du témoignage de la charité, sans lequel même le martyre et la mission perdent leur saveur chrétienne. [Read more…]

Homélie du Pape aux confirmands

Ce matin, le Pape François a célèbré la Messe pour les Confirmands et les Confirmés du monde entier venus en pèlerinage à Rome, à l’occasion de l’Année de la Foi. Il a administré le Sacrement de la Confirmation. Voici son homélie dans son intégralité:

Chers frères et sœurs ! Très chers confirmands ! Bienvenue !

Je voudrais vous proposer trois pensées simples et brèves sur lesquelles réfléchir.

1. Dans la deuxième lecture nous avons entendu la belle vision de saint Jean : un ciel nouveau et une terre nouvelle et puis la Cité Sainte qui descend d’auprès de Dieu. Tout est nouveau, transformé en bien, en beauté, en vérité ; il n’y a plus de plainte, de deuil…Cela c’est l’action de l’Esprit Saint : il nous apporte la nouveauté de Dieu ; il vient à nous et fait toutes choses nouvelles, il nous change. L’Esprit nous change ! Et la vision de saint Jean nous rappelle que nous sommes tous en marche vers la Jérusalem du ciel, la nouveauté définitive pour nous et pour toute la réalité, l’heureux jour où nous pourrons voir le visage du Seigneur, – ce visage merveilleux, si beau du Seigneur Jésus – où nous pourrons être avec lui pour toujours, dans son amour. [Read more…]

Homélie du Pape François à la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs

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Chers frères et sœurs !

C’est une joie pour moi de célébrer l’Eucharistie avec vous dans cette Basilique. Je salue l’Archiprêtre, le Cardinal James Harvey, et je le remercie pour les paroles qu’il m’a adressées ; je salue et remercie également les différentes institutions qui font partie de cette Basilique, ainsi que vous tous. Nous sommes sur la tombe de Saint Paul, un humble et grand Apôtre du Seigneur, qui l’a annoncé par la parole, lui a rendu témoignage par le martyre et l’a adoré de tout son cœur. Voilà justement les trois verbes sur lesquels je voudrais réfléchir à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée : annoncer, témoigner, adorer.

1- Dans la première lecture, la force de Pierre et des autres Apôtres impressionne. À l’injonction de se taire, de ne plus enseigner au nom de Jésus, de ne plus annoncer son Message, ils répondent avec clarté : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Et le fait d’être flagellés, de subir des outrages et d’être emprisonnés ne les freine pas non plus. Pierre et les Apôtres annoncent avec courage, en toute vérité, ce qu’ils ont reçu, l’Évangile de Jésus. Et nous ? Sommes-nous capables de porter la Parole de Dieu dans nos milieux de vie ? Savons-nous parler du Christ, de ce qu’il représente pour nous, en famille, avec les personnes qui partagent notre vie quotidienne ? La foi naît de l’écoute, et se raffermit dans l’annonce. [Read more…]

Homélie du Pape en la Basilique du Latran

lateran-e1365352715675Aujourd’hui en ce dimanche de la fête de la Divine Miséricorde, instituée par le pape Jean-Paul II, François prend possession de sa cathédrale en tant qu’évêque de Rome.

Dans son homélie, le Pape a souligné la patience de Dieu, comme signe de sa miséricorde. Il a évoqué  l’apôtre Thomas et aussi Pierre, les disciples d’Emmaus qui ont eu du mal à croire.Le Pape nous invite à ne pas avoir peur de nous laisser envelopper dans la miséricorde de Dieu. La voici dans son intégralité.

«Chers frères et sœurs !
Avec joie je célèbre pour la première fois l’Eucharistie dans cette Basilique du Latran, Cathédrale de l’Évêque de Rome. Je vous salue tous avec grande affection : le Cardinal Vicaire, les évêques auxiliaires, le clergé diocésain, les diacres, les religieuses et les religieux et tous les fidèles laïcs. Marchons ensemble dans la lumière du Seigneur Ressuscité.
1- Nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de Pâques, appelé aussi « de la Divine Miséricorde ». Qu’elle est belle, cette réalité de la foi pour notre vie : la miséricorde de Dieu ! Un amour aussi grand, aussi profond, celui de Dieu pour nous, un amour qui ne fait pas défaut, qui nous saisit toujours par la main et nous soutient, nous relève, nous guide.
2- Dans l’Évangile d’aujourd’hui, l’apôtre Thomas fait justement l’expérience de la miséricorde de Dieu, qui a un visage concret, celui de Jésus, de Jésus Ressuscité. Thomas ne se fie pas à ce que les autres Apôtres lui disent : « Nous avons vu le Seigneur » ; la promesse de Jésus qui avait annoncé : je ressusciterai le troisième jour, ne lui suffit pas. Il veut voir, il veut mettre sa main dans la marque des clous et dans son côté. Et quelle est la réaction de Jésus ? La patience : Jésus n’abandonne pas Thomas l’entêté dans son incrédulité ; il lui donne le temps d’une semaine, il ne ferme pas la porte, il attend. Et Thomas reconnaît sa propre pauvreté, son peu de foi. « Mon Seigneur et mon Dieu » : par cette invocation simple mais pleine de foi, il répond à la patience de Jésus. Il se laisse envelopper par la miséricorde divine, il la voit en face, dans les plaies des mains et des pieds, dans le côté ouvert, et il retrouve la confiance : il est un homme nouveau, non plus incrédule, mais croyant.   Et rappelons-nous aussi Pierre : par trois fois il renie Jésus, juste au moment où il devait lui être plus proche ; et quand il touche le fond, il rencontre le regard de Jésus qui, avec patience, sans paroles, lui dit : « Pierre, n’aie pas peur de ta faiblesse, aie confiance en moi » ; et Pierre comprend, sent le regard d’amour de Jésus et pleure. Qu’il est beau, ce regard de Jésus – que de tendresse ! [Read more…]

Homélie du Vendredi saint par le prédicateur du Pape

blog_1364582993P. Raniero Cantalamessa, ofmcap.

JUSTIFIES GRATUITEMENT PAR LA FOI DANS LE SANG DE JESUS-CHRIST
Prédication du Vendredi saint 2013 en la basilique Saint-Pierre

«  Tous les hommes sont pécheurs, ils sont tous privés de la gloire de Dieu, lui qui leur donne d’être des justes par sa seule grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. Car Dieu a exposé le Christ sur la croix, par l’offrande de son sang, […], pour manifester, au temps présent, ce qu’est sa justice qui sauve. Telle est sa manière d’être juste et de rendre juste celui qui met sa foi en Jésus. » (Rm 3, 23-26).
Nous voici au sommet de l’année de la foi et à son moment décisif. Voilà la foi qui sauve, la « foi qui triomphe du monde » (1 Jn 5, 5)! La foi – appropriation par laquelle nous faisons nôtre le salut accompli par le Christ, nous revêtons le manteau de sa justice. D’un côté il y a la main tendue de Dieu qui offre sa grâce à l’homme; de l’autre la main de l’homme qui se tend pour l’accueillir avec foi. La « nouvelle alliance éternelle » est scellée par une poignée de main entre Dieu et l’homme.
Nous avons la possibilité de prendre, ce jour-là, la décision la plus importante de toute notre vie, celle qui ouvre grand les portes de l’éternité : croire ! Croire que «  Jésus est mort pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Rom 4, 25) ! Dans une homélie pascale du IVème siècle, voici ce que disait l’évêque dans un langage extraordinairement moderne et existentiel : « Pour chaque homme, le début de la vie est celui à partir duquel le Christ s’est immolé pour lui. Mais le Christ s’est immolé pour lui au moment où il a reconnu la grâce et où il est devenu conscient de la vie qui lui a été donnée par cette immolation » ( Homélie pascale de l’année 387 , dans SCh 36, p. 59 s.). [Read more…]

Messe chrismale: homélie du pape François

305922_481304708602344_1413745032_nCe Jeudi saint, le pape François a présidé la messe chrismale, en la basilique Saint-Pierre. Il a béni le « Saint Chrême », et les autres huiles. De nombreux cardinaux, patriarches, archevêques, évêques et  prêtres diocésains et religieux présents à Rome ont renouvelé leurs promesses sacerdotales.

Dans son homélie, le Pape les a invités à « sortir » d’eux-même pour rejoindre la « vie quotidienne » des personnes qu’ils rencontrent et « illuminer les ‘périphéries’ »

En voici la version intégrale.

“Chers frères et sœurs,

C’est avec joie qu’en tant qu’évêque de Rome, je célèbre cette première messe chrismale. Je vous salue tous avec affection, vous en particulier chers prêtres qui vous souvenez avec moi aujourd’hui du jour de votre Ordination.

Les lectures, le psaume aussi, nous parlent de ceux qui ont reçu l’onction: le serviteur de Dieu chez Isaïe, le roi David, et Jésus, Notre Seigneur. Les trois ont en commun que l’onction qu’ils reçoivent, est pour oindre le peuple des fidèles de Dieu dont ils sont les serviteurs. Leur onction est pour les pauvres, pour les prisonniers, pour les opprimés… Une très belle image de cet « être pour » du Saint Chrême est celle que nous offre le psaume 133 : « On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descend sur les bords de son vêtement » (v. 2). L’image de l’huile qui se répand – qui descend de la barbe d’Aaron jusqu’à la bordure de ses vêtements sacrés, est l’image de l’onction sacerdotale qui, à travers celui qui est oint, arrive jusqu’aux confins de l’univers représenté par les vêtements.

Les vêtements sacrés du grand prêtre sont riches de symboles ; l’un d’eux est celui du nom des fils d’Israël inscrit sur les pierres d’onyx qui ornaient les épaulettes de l’éphod, dont provient notre actuelle chasuble, six noms sur la pierre de l’épaule droite, et six sur celle de l’épaule gauche (cf. Ex 28, 6-14). Sur le pectoral aussi étaient inscrits les noms des douze tribus d’Israël (cf. Ex 28, 21). C’est-à-dire que le prêtre célèbre en chargeant sur ses épaules le peuple qui lui est confié, et en portant leurs noms gravés en son cœur. Revêtir notre humble chasuble peut bien nous faire sentir, sur les épaules et dans notre cœur, le poids et le visage de notre peuple fidèle, de nos saints et de nos martyrs, il y en a beaucoup à notre époque ! [Read more…]

Messe de clôture du Congrès international ECCLESIA IN AMERICA

C’est par la messe en la fête de Notre Dame de Guadalupe que le congrès international Ecclesia in Americ, organisé par  s’est achevé. Le cardinal Marc Ouellet a prononcé cette homélie dans l’Eglise Santa Maria in Traspontina.« Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? »La voici:

“Chers amis,

Le jour où Marie de Nazareth reçut l’Annonce de l’Ange Gabriel et consentit à sa maternité divine, l’histoire du monde bascula dans l’abîme de la grâce divine tout en continuant de se dérouler comme un tissu quotidien de petits et de grands événements.

L’Évangile raconte que Marie partit en hâte vers une bourgade des montagnes de Juda pour visiter sa cousine Élisabeth dont elle savait par révélation qu’elle attendait un enfant. Dès le premier instant de leur rencontre, l’Esprit Saint fit tressaillir de joie les enfants et leurs mères : Élisabeth s’exclama : « Bienheureuse toi qui as cru aux paroles qui te furent dites de la part du Seigneur! ». Marie lui répondit par son chant d’Action de grâces qui est devenu la prière quotidienne de l’Église: « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante ».

Quand Dieu voulut ouvrir l’Amérique à l’Évangile il jeta les yeux sur le pauvre et humble paysan Juan Diego, qui reçut lui aussi une visitation et un message du Ciel. Attiré sur la montagne par des chants célestes dont il ignorait la source, il vit une noble Dame, rayonnante, d’une perfection inimaginable, comme revêtue du soleil, selon le récit du Nican Mopohua. Elle se présenta comme la Mère de Dieu et le pria d’aller chez l’évêque pour lui dire de faire construire une chapelle près du Mont Tepeyac. Il fallut bien trois tentatives et trois miracles pour convaincre l’évêque. Le miracle des fleurs de Castille fleurissant en hiver sur la montagne complètement hors saison, le miracle de la Tilma et la guérison de Juan Bernardino, l’oncle de Juan Diego. La grâce l’emporta finalement sur la prudence épiscopale et l’incrédulité humaine et la chapelle fut construite avec les résultats que l’on sait. [Read more…]

“Adveniat regnum tuam!” – Que ton règne vienne!


Homelie du Saint Père Benoit XVI – 25 novembre, 2012

Messieurs les Cardinaux,
Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs,

La solennité du Christ-Roi de l’univers – couronnement de l’année liturgique – s’enrichit aujourd’hui de l’accueil dans le Collège cardinalice de six nouveaux Membres que, selon la tradition, j’ai invités à concélébrer avec moi l’Eucharistie, ce matin. À chacun d’eux, j’adresse mes plus cordiales salutations, en remerciant le Cardinal James Michael Harvey pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de tous. Je salue les autres Cardinaux et tous les Prélats présents, ainsi que les illustres autorités, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, les prêtres, les religieux et tous les fidèles, particulièrement ceux venus des diocèses confiés à la charge pastorale des nouveaux Cardinaux.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église nous invite à célébrer le Seigneur Jésus, Roi de l’univers. Elle nous appelle à tourner notre regard vers l’avenir, ou mieux plus profondément, vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ. Il était au commencement avec le Père, quand le monde a été créé, et il manifestera pleinement sa seigneurie à la fin des temps, quand il jugera tous les hommes. Les trois lectures d’aujourd’hui nous parlent de ce règne. Dans le passage de l’évangile, tiré de l’Évangile de Saint Jean, que nous avons écouté, Jésus se trouve dans une situation humiliante – celle d’accusé – devant le pouvoir romain. Il a été arrêté, insulté, raillé, et ses ennemis espèrent obtenir maintenant sa condamnation au supplice de la croix. Ils l’ont présenté à Pilate comme quelqu’un qui aspire au pouvoir politique, comme le prétendu roi des juifs. Le procureur romain mène son enquête et interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Jn 18, 33). Répondant à cette demande, Jésus précise la nature de son règne et de sa messianité-même, qui n’est pas un pouvoir mondain, mais un amour qui sert ; il affirme que son règne ne doit pas être absolument confondu avec un règne politique quelconque : « Ma royauté ne vient pas de ce monde … Non, ma royauté ne vient pas d’ici » (v. 36). [Read more…]

Messe d’action de grâces pour la canonisation de sainte Kateri Tekakwitha en la basilique St Jean de Latran

Ce matin en présence des pèlerins venus à Rome pour la canonisation de Kateri Tekakwitha, Mgr Richard Smith,  archevêque d’Edmonton et président de la CECC, a présidé une messe d’action de grâces, concélébrée avec Mgr Lionel Gendron, évêque de St Jean-Longueuil et de Mgr Louis Dicaire, évêque auxiliaire. Voici l’homélie:

“En ces jours merveilleux, ici à Rome, où nous sommes les témoins bénis, privilégiés, d’un événement extraordinaire qui réjouit profondément la population canadienne, et en particulier nos sœurs et nos frères des Premières Nations. Fille des peuples mohawk et algonquin, Kateri Tekakwitha a été canonisée, élevée à la gloire des autels, par le pape Benoît XVI, et cet honneur rejaillit sur tous les peuples autochtones. Comme mentionnait le bienheureux Jean-Paul II dans son discours aux autochtones d’Amérique, peu de temps après la béatification de Kateri, « elle se dresse devant nous comme le symbole de la meilleure part de l’héritage qui est le vôtre, en tant qu’Indiens d’Amérique du Nord ». Et puisque son nom a été ajouté au canon des saints de l’Église universelle, c’est maintenant devant toute l’Église, devant le monde entier, qu’elle se dresse pour rappeler le caractère universel de l’appel à la sainteté et proposer un modèle de coopération au mystère de la grâce.

Dans notre première lecture, aujourd’hui, l’auteur du livre de la Sagesse pose la question : « Qui peut découvrir les intentions de Dieu? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur? » Et il entreprend d’y répondre. Même si le mystère des desseins de Dieu dépasse les limites de la raison humaine, il nous est révélé par l’action de l’Esprit Saint de Dieu. Le Seigneur veut nous faire connaître ses voies, Il tient à ce que nous Le connaissions et Il agit de manière à nous permettre de Le connaître, pour que nous puissions Lui répondre dans l’amour et collaborer à son projet de salut pour nous. Cette révélation de l’admirable vérité de Dieu nous a été faite en son Fils Jésus Christ, qui nous a envoyé l’Esprit Saint promis pour éclairer nos esprits et nos cœurs de sa divine sagesse et nous donner la grâce de pouvoir y répondre dans la foi et dans l’amour.

La beauté de la vie de sainte Kateri illustre la rencontre de l’initiative aimante de Dieu et d’une réponse humaine inspirée par la grâce. On voit déjà les premiers signes de l’action de la grâce divine dans le nom que lui a donné sa famille : Tekakwitha. Ce nom, que lui valut sa cécité, peut recevoir différentes interprétations : « celle qui marche à tâtons », « celle qui avance lentement », « celle qui heurte les objets », mais aussi « celle qui met les choses en ordre » ou « celle qui met tout en place ». Cette palette de sens évoque d’une façon ou d’une autre la vision de ce qu’il y a devant. C’est un fait, bien sûr, que la vision physique de Kateri avait été gravement altérée par la variole. Mais ce qui est tout aussi vrai, par contre, et qui est beaucoup plus important, c’est que sa vision intérieure était nette. Au fond de son cœur, elle avait reçu la grâce de distinguer clairement la vérité du Christ et de son Église. Un peu comme si le Seigneur, dans le nom même de Tekakwitha et dans la vie de celle qui l’a porté, voulait attirer notre attention sur les limites de la vision humaine et nous orienter vers la vision authentique qui vient de la foi. En cette Année de la foi, la vie de Kateri montre bien que le don de la foi nous rend capables d’apercevoir clairement la beauté de Dieu et celle de son projet sur nous, dont la grandeur dépasse infiniment les réalités sensibles de cette terre. [Read more…]

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