Témoignage sur la route des grands sanctuaires d’Europe : Notre Dame de Fatima

Sanctuaire de Notre-Dame de Fatima au Portugal. Crédit photo : Aline Haddad.

Lisez la première partie de cet article qui couvre le pèlerinage qui a débuté en France à Notre-Dame de Lourdes et a traversé le sanctuaire de Saint Jacques de Compostelle en Espagne.

En route vers le Portugal

L’enthousiasme est resté toujours haut durant tout le pèlerinage, car ce que je vivais, ce que j’ai découvert par après et ce que tout le groupe a vécu, était plus que spirituel. 

De passage par la ville de Porto, classée patrimoine mondial de l’Unesco; une messe aussi émouvante que les autres à la chapelle de Notre Dame de la Bonne Heure qui veille sur nous à l’heure de notre naissance et celle de notre départ vers la vie éternelle. De retour au Canada et en faisant une petite recherche, j’ai compris que ce qu’on a vu n’est qu’un petit échantillon de la beauté des églises de Porto.

La visite de la ville et quelques quartiers essentiels, ainsi que le quai et une manufacture de vin Porto pour compléter la journée, nous laissant émerveillés par les couleurs de cette ville merveilleuse. 

En allant vers Fatima, notre guide nous a proposé un arrêt à Aveiro, la Venise du Portugal, où on a visité l’église Santa Casa de Misericordia, et où on a mangé et passé un peu de temps libre avant de se rendre à notre troisième sanctuaire de notre pèlerinage.

Sur le chemin, notre guide Ana nous a raconté l’histoire de Notre-Dame de Fatima et les trois petits bergers, ce qui va nous faire vivre notre première expérience émouvante lors de la messe à la chapelle de Notre-Dame des Douleurs, une des différentes chapelles à Fatima. Lors de la messe, le Père Blanchette nous demande de se tourner tous au moment des intentions. Et à notre grande surprise, on aperçoit les vitraux qui résument toute l’histoire. Ce qui rend le moment encore plus fort est la demande du père de faire notre intention pour une personne spécifique tout en contemplant le soleil tournant avec le bras levé. Quelle expérience inoubliable !

Père Jean-Luc Blanchette célébrant la messe à la chapelle de Notre-Dame des douleurs, à Fatima. Crédit photo : Aline Haddad.

Chaque soir à Fatima, beau temps et mauvais temps, on participait à la prière dans la petite chapelle, la Capelinha où Notre-Dame est apparue aux trois enfants, et à la procession mariale qui regroupe des dizaines de milliers de pèlerins de partout au monde. 

La deuxième messe à Fatima fut à la chapelle des Anges de la Paix. Les messes représentaient plus qu’une liturgie surtout avec père Blanchette qui, par ses demandes de prière la transformait en une célébration commune qui faisait vivre chaque pèlerine et pèlerin du groupe un moment marquant. Durant cette messe des intentions anonymes instantanées ont fortifié la demande de prière, car ça a été fait en groupe.

Ce qui me marque aussi est la prière jubilaire de consécration à Notre-Dame de Fatima à l’occasion du Jubilé 2025. Ainsi que la petite excursion à l’itinéraire du pèlerin « Aljustrel Et Valinhos », comme pèlerins d’espérance, on a prié le chemin de croix avant de se rendre à l’endroit où l’Ange de la Paix s’est apparu aux trois enfants en passant par des champs d’oliviers, havre de paix et de solitude. Suivie par une visite guidée vers les maisons où ont habité Lucie, François et Jacinthe.  

À Fatima, nous avons visité le musée, ainsi que la basilique et les différentes églises dont l’église de la Très Sainte Trinité, quatrième plus grande église catholique au monde pouvant accueillir presque 9000 fidèles, devant laquelle une statue du Saint Jean Paul II. 

Petites excursions de Fatima

Chemin de croix, une partie du chemin du pèlerin « Aljustrel Et Valinhos » pas loin des maisons des trois bergers de Fatima et de l’endroit de l’apparition de l’ange. Crédit photo : Aline Haddad.

Tomar est une des villes que je rêvais de visiter un jour. Une courte visite de cet endroit plein de richesse artistique et culturelle avant de se diriger vers Batalha. Le monastère de Santa Maria de Vitoria à Batalha est classé patrimoine mondial de l’UNESCO et résume deux siècles de construction pour commémorer la Victoire des portuguais sur les Castillans lors de la bataille d’Aljubarrota en 1385.

En Direction Vers Lisbonne

Avant de quitter Fatima, une messe à l’église de San Arnaldo Janssen a été célébrée pour se diriger après vers Lisbonne. Notre dernière étape du pèlerinage. En route, la suggestion de notre guide Ana pour visiter Obidos, qui veut dire un lieu élevé, était géniale. Malgré la pluie, on a été émerveillé par cette petite cité médiévale et ses ruelles étroites et bien décorées.

En temps libre à notre arrivée à Lisbonne, Mireille et moi avons profité d’une petite marche à côté de l’hôtel et la visite de la tour Vasco de Gama, haute de 145 mètres, où on a contemplé, depuis la plateforme d’observation, Lisbonne et le pont Vasco da Gama, le plus long pont en Europe qui traverse le Tage sur 17 km.

Notre dernière journée du pèlerinage 

Le monastère de Santa Maria de Vitoria à Batalha est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Crédit photo : Aline Haddad.

Notre voyage approche à sa fin. C’est notre dernière journée de ce pèlerinage plein d’émotions, de rêve et de gratitude. Un jour trop chargé qui commence par la visite du monastère des Hiéronymites ou le monastère saint Jérôme à Lisbonne.

Au retour vers le bus, Claudio, notre chauffeur, nous surprend en nous offrant des pasteis de nata fraîches et encore chaudes. Un délice succulent comme je n’en avais jamais goûté. C’était étrange : elles semblaient avoir le goût de l’ambiance, du groupe, du pèlerinage lui-même… Moi qui n’aimais pas ce dessert portugais auparavant.

Visite à pied de la ville de Lisbonne ainsi que les ruelles à côté de la porte de la Ville et la place du commerce au bord de l’eau. Repas rapide, au pouce, pour aller rejoindre le groupe et se diriger vers l’ascenseur qui va nous faciliter le trajet pour aller à pied à l’église de Saint Antoine de Lisbonne, comme les portuguais l’appellent Saint Antoine de Padoue. Quelle belle messe avec Père Blanchette et quelle surprise de pouvoir vénérer les reliques de Saint Antoine. De plus, nous avons visité l’endroit où il est né, ainsi que la cathédrale où il a été baptisé. Je n’en revient pas avoir vécu tout ça.

Nous avons terminé la journée par un tour à pied avec Ana dans le quartier d’alfama avec ses escaliers, sa particularité et son histoire. Je suis sûre que ce qu’on a vu n’est qu’un petit exemple de ce que cette belle ville, cache au monde. Nous avons eu notre soirée d’adieu à l’hôtel qui a été pleine d’émotions et d’émerveillements de ce qu’on vient de vivre ces 15 jours.

Pendant tout le pèlerinage, que ce soit en France, en Espagne ou au Portugal, Spiritours a pris le soin de nous héberger dans des hôtels confortables et accueillants. En plus les repas offerts matin et soir étaient généreux et succulents représentant souvent des mets des régions qu’on visitait. 

Cette année encore Spiritours avec Sel et Lumière Média vous propose un pèlerinage en Grèce, riche en découvertes, en spiritualité et en histoire. Je vous conseille de visiter et de réserver tôt car les places s’envolent comme du pain chaud.

 

Témoignage sur la route des grands sanctuaires d’Europe : Notre-Dame de Lourdes et Saint Jacques de Compostelle

La statue des pèlerins sur le Monte do Gozo (Mont de la Joie) près de Saint-Jacques-de-Compostelle. Crédit photo : Aline Haddad.

Lourdes – Une expérience de foi partagée

Après quelques jours passés au Château de Scalibert auprès de ma famille — ce lieu cher à mon cœur où j’avais pris le temps de me préparer intérieurement —, j’ai pris le train dernièrement à Toulouse pour rejoindre le groupe de pèlerins à Lourdes, le dimanche 12 octobre.

Ce pèlerinage, organisé par Spiritours en collaboration avec Sel + Lumière Média, rassemblait un groupe d’environ 40 personnes : des hommes et des femmes de tous âges, des couples, des sœurs, des ami.es, mais aussi plusieurs personnes venues seules, chacune avec sa propre histoire, ses intentions, ses espérances.

Nous étions accompagnés par le Père Jean-Luc Blanchette, notre accompagnateur spirituel, et par Mireille Pelchat de Spiritours, toujours attentive et bienveillante.
Sur place, nous avons aussi eu la joie d’être guidé.es par Ana, notre guide, et Claudio, notre chauffeur — tous deux originaires du Portugal et parfaitement trilingues (français, espagnol et portugais). Et qui avec leur gentillesse, leur humour et leur professionnalisme ont grandement contribué à la belle harmonie du groupe.

Même si je participais à ce pèlerinage à titre personnel, j’étais accompagnée de Mireille, une collègue de Sel + Lumière Média, avec qui j’ai partagé de précieux moments de réflexion, d’écoute et de gratitude tout au long du voyage.

 

Le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. Crédit photo : Aline Haddad.

 

Retrouver Lourdes… autrement

J’ai commencé officiellement mon pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. C’était ma sixième visite à Lourdes, ce lieu qui m’est si familier et pourtant toujours nouveau.
J’ai déjà consacré un article complet à ce sanctuaire marial qui me touche profondément :
👉 Lisez Mon article précédent sur Lourdes.

Mais cette fois-ci, quelque chose a changé.
Je n’étais plus seulement une visiteuse ou une habituée des lieux — j’étais une pèlerine parmi d’autres, marchant aux côtés d’un groupe uni par la foi et par la prière.

Pour la première fois, j’ai eu la grâce de participer à la procession aux flambeaux, qui se déroule chaque soir à la tombée du jour.
C’est un moment d’une intensité spirituelle difficile à décrire : des milliers de personnes rassemblées, chandelles à la main, priant le chapelet chacune et chacun en sa propre langue.

Quand les voix s’élèvent ensemble — Ave, Ave, Ave Maria —, le temps semble suspendu.
J’ai senti les larmes me monter aux yeux, émue par la beauté de cette prière universelle où chaque langue devient un écho du même amour pour Marie.
Dans la foule, je me suis sentie à la fois petite et immensément reliée : une goutte dans un océan de foi.

Lourdes, un lieu toujours vivant

À Lourdes, chaque visite est différente.

Ce qui est aussi la première expérience à Lourdes est de passer plusieurs jours sur le site. J’ai expérimenté les lieux d’une autre façon. J’ai pris le temps de méditer, de faire le vide et de prier. 

Cette fois encore, j’ai été frappée par la simplicité des gestes : remplir sa bouteille d’eau à la source, déposer une bougie, marcher en silence vers la Grotte, faire le signe de croix lentement, sans hâte. Rien n’est spectaculaire, et pourtant tout parle : la lumière, les chants, les visages.

C’est là, dans ce mélange d’humilité et de grandeur, que Lourdes continue de me transformer.
Et même si j’y suis déjà venue plusieurs fois, cette sixième visite a ouvert un espace intérieur nouveau : celui de la communion.
Non pas seulement entre moi et Dieu, mais entre tous ces pèlerins venus du monde entier, porteurs de leurs blessures, de leurs joies, de leurs prières.

La visite de Lourdes s’est clôturée par une petite excursion vers la croix du Pic du Jer à 1000 mètres d’altitude, et nous a permis d’observer Lourdes avec un paysage panoramique extraordinaire.

Messe en plein air à Ribadeo au bord de la Playa de las Catedrales. Crédit photo : Aline Haddad

 

De la France vers l’Espagne

Le carnet du pèlerin, préparé par le prêtre Blanchette, nous a accompagnés tout le long du voyage. Entre prière, programme du jour et les réflexions du pèlerin, cet outil était un guide pour moi. La vérité est que pour la première fois, lors d’un voyage, je prends le temps d’écrire mes pensées et mes sentiments, de peur de ne pas les transmettre avec authenticité après le pèlerinage. On a vécu tellement d’émotions que j’ai prié à tous ceux et celles que j’aime de vivre au moins une fois dans leur vie une expérience pareille.

En route vers l’Espagne et précisément en direction de Compostelle, on a prié le chapelet et récité les prières des pèlerins qui faisaient partie de ce grand pèlerinage.

Un petit arrêt à Saint-Sébastien et contemplation de la baie de la Concha, une découverte parmi les autres, avant d’arriver à Santander pour passer la nuit. Faire la route entre les sanctuaires faisait partie des expériences vécues : entre arrêt, visite rapide d’une ville en chemin ou juste pause café dans les airs de repos qui se trouvent souvent sur les autoroutes européennes. 

Mon rêve de faire le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle va bientôt se réaliser. Mais ce jour-là, en chemin vers notre destination, le père Jean-Luc nous fait une grande surprise qui est la messe en plein air à Ribadeo au bord de l’océan où se trouve les rochers en forme de cathédrale (Playa de las Catedrales). Une expérience exceptionnelle, pleine d’émotions et de prières.

Sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle. Crédit photo : Aline Haddad

Quoique je voulais faire le vrai chemin de Compostelle (marche à pieds d’un chemin complet), ce qui n’était pas une option dans ce pèlerinage ; mais faire 5 km à pied de la colline de Montjoie à Saint Jacques nous donne une version courte de ce que vit un pèlerin durant sa marche. Et je ne veux surtout pas manquer ça ! Quelle belle joie de suivre les coquilles qui guident les pèlerins sur les chemins qui se rendent à Saint-Jacques. Arrivée devant la cathédrale : je ne pouvais pas retenir mes larmes. Un autre moment fort qui a suivi la messe en espagnol où pèlerins du monde entier étaient rassemblés à la cathédrale ; c’est l’animation de l’encensoir le plus grand au monde : le Botafumeiro, qui ne fonctionne pas à tous les jours et pour notre bénédiction ce jour-là, il a été mis en action.

Après la visite du tombeau de saint Jacques, l’Apôtre, où ses reliques sont déposées, la vénération de sa statue ainsi que le musée où se trouve la seule statue au monde de la Sainte Vierge enceinte, nous avons eu un temps libre pour manger et acheter nos souvenirs. Simple n’est ce pas ? Mais là aussi j’ai vécu quelque chose de touchant. En attendant pour payer mon sous-verre que j’achetais comme souvenir, une pèlerine que je ne connais pas a insisté pour me l’offrir, ce qui m’a vraiment émue, car cet esprit on le voit sur tous les visages des pèlerins. Une joie indescriptible m’envahissait: donner et recevoir avec foi.

Je ne cache pas mon désir d’y retourner un jour avec ma fille à Saint-Jacques de Compostelle en empruntant un des chemins à pied.

Restez à l’affût pour le reste du pèlerinage à Notre Dame de Fatima dans un prochain article.

Cette année encore Spiritours avec Sel et Lumière Média vous propose un pèlerinage en Grèce, riche en découvertes, en spiritualité et en histoire. Je vous conseille de visiter et de réserver tôt car les places s’envolent comme du pain chaud.

Église en Sortie 10 mai 2021

Cette semaine à “Église en Sortie” on parle du livre “Marcher, parler, écouter: l’exercice pèlerin” avec l’auteure Brigitte Harouni. On vous présente la deuxième partie de notre portrait de l’artiste peintre Pierre Lussier. Et on discute des grandes tendances du pèlerinage au Québec avec le théologien Éric Laliberté.Église en sortie est tous les lundis à 20H30 et en reprise les vendredis à 19H30. Sur les ondes de Sel + Lumière, votre chaîne canadienne de télévision catholique.

Discours du pape François aux religieuses de vie contemplative à Lima, Pérou

Le dimanche 21 janvier, le Saint Père s’est rendu au Sanctuaire du Seigneur des Miracles, à Lima au Pérou, où il a rencontré des religieuses de vie contemplative. Vous trouverez ci-dessous le discours qu’il leur a adressé.

Chères sœurs de divers monastères de vie contemplative:

Qu’il est bon d’être ici, dans ce Sanctuaire du Seigneur des Miracles, si fréquenté par les Péruviens, pour lui demander sa grâce et pour qu’il nous montre sa proximité et sa miséricorde! C’est lui “la lumière qui nous guide, qui nous éclaire de son amour divin”. En vous voyant ici, j’ai l’impression que vous avez profité de la visite pour vous promener un peu. Merci, Mère Soledad, pour vos paroles de bienvenue, et merci à vous toutes qui “dans le silence du cloître marchez toujours à mes côtés”.

Nous avons entendu les paroles de saint Paul, en nous rappelant que nous avons reçu l’esprit d’adoption filiale qui fait de nous des enfants de Dieu (cf. Rm 8, 15-16). En ces quelques mots se trouve condensée la richesse de toute la vocation chrétienne : la joie de nous savoir des fils. C’est l’expérience qui soutient nos vies, qui voudrait toujours être une réponse reconnaissante à cet amour. Qu’il est important de renouveler jour après jour cette joie!

Un chemin privilégié qui vous permet de renouveler cette certitude, c’est la vie de prière, communautaire et personnelle. Elle est le noyau de votre vie contemplative, et c’est la façon de cultiver l’expérience d’amour qui soutient notre foi; et comme nous le disait si bien Mère Soledad, c’est une prière qui est toujours missionnaire.

La prière missionnaire est celle qui parvient à unir les frères dans les diverses circonstances où ils se rencontrent et à demander que ne leur manquent pas l’amour et l’espérance. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus le disait ainsi: «Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot, qu’il est éternel!… Dans le cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour» [1]. Etre l’amour! C’est savoir être sensible à la souffrance de tant de frères et dire avec le psalmiste: « Dans mon angoisse j’ai crié vers le Seigneur, il m’a exaucé, mis au large» (Ps 117, 5). C’est de cette manière que votre vie en clôture arrive à avoir une portée missionnaire et universelle ainsi qu’«un rôle fondamental dans la vie de l’Eglise. Vous priez et intercédez pour beaucoup de frères et sœurs qui sont en prison, migrants, réfugiés et persécutés, pour tant de familles blessées, les personnes sans travail, les pauvres, les malades, les victimes des dépendances, pour ne citer que quelques-unes des situations qui sont chaque jour plus pressantes. Vous êtes comme ces personnes qui portèrent un paralytique devant le Seigneur pour qu’il le guérisse (cf. Mc 2, 1-12). Par la prière, jour et nuit, vous amenez au Seigneur la vie de beaucoup de frères et sœurs qui, pour diverses raisons, ne peuvent le rejoindre pour faire l’expérience de sa miséricorde qui soigne, alors que Lui les attend pour leur faire grâce. Avec votre prière, vous pouvez guérir les plaies de beaucoup de frères » [2]. Pour cela même, nous pouvons affirmer que la vie de clôture n’enferme ni ne rétrécit le cœur, mais elle l’élargit par la relation avec le Seigneur et qu’elle le rend capable de sentir d’une nouvelle manière la douleur, la souffrance, la frustration, le malheur de tant de frères qui sont victimes de cette “culture du déchet” de notre époque. Que l’intercession pour ceux qui sont dans le besoin soit la caractéristique de votre prière. Et, quand c’est possible, aidez-les, non seulement par la prière mais aussi par le service concret.

La prière de demande qui se fait dans vos monastères rejoint le cœur de Jésus qui implore le Père pour que tous nous soyons un, afin que le monde croie (cf. Jn 17, 21). Combien nous avons besoin d’unité dans l’Eglise! Aujourd’hui et toujours! Unis dans la foi. Unis par l’espérance. Unis par la charité. Dans cette unité qui jaillit de la communion avec le Christ qui nous unit au Père dans l’Esprit et, dans l’Eucharistie, nous unit les uns aux autres dans ce grand mystère qu’est l’Eglise. Je vous demande, s’il vous plaît, de prier beaucoup pour l’unité de cette Eglise péruvienne bien-aimée. Œuvrez à la vie fraternelle, faisant en sorte que chaque monastère soit une lampe qui éclaire au milieu de la désunion et de la division. Aidez à prophétiser que c’est possible. Que tous ceux qui s’approchent de vous puissent goûter par avance la béatitude de la charité fraternelle, si caractéristique de la vie consacrée et si nécessaire au monde d’aujourd’hui et à nos communautés. Quand la vocation est vécue en fidélité, la vie devient une annonce de l’amour de Dieu. Je vous demande de ne pas cesser de donner ce témoignage. En cette église des Carmélites Nazaréennes Déchaussées, je me permets de rappeler les paroles de la Maîtresse spirituelle, sainte Thérèse de Jésus: « Si elles perdent le guide qui est le bon Jésus, elles n’en trouverons point le chemin; […] Le même Seigneur qui a dit qu’il est la voie a dit aussi qu’il est lumière et que personne ne peut aller à son Père si ce n’est par lui»[3]. Chères sœurs, l’Eglise a besoin de vous. Soyez des lampes par votre vie fidèle et indiquez Celui qui est chemin, vérité et vie, l’unique Seigneur qui donne la plénitude à notre existence et la vie en abondance [4].

Priez pour l’Eglise, pour les pasteurs, pour les personnes consacrées, pour les familles, pour ceux qui souffrent, pour ceux qui font du mal, pour ceux qui exploitent leurs frères. Et n’oubliez pas, s’il vous plaît, de prier pour moi.

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