Homélie du pape François lors des Vêpres avec les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les séminaristes et les agents pastoraux au « Mosteiro dos Jerónimos ».

Mercredi, le 2 août 2023
Le pape François a prononcé l’homélie lors des Vêpres avec les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les séminaristes et les agents pastoraux au « Mosteiro dos Jerónimos » à Lisbonne.

Voici le texte intégral :

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Les Vêpres avec les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les séminaristes et les agents pastoraux
Mosteiro dos Jerónimos, Lisbonne
Mercredi, le 2 août 2023

Chers frères Évêques,
chers prêtres et diacres, personnes consacrées et séminaristes,
chers agents pastoraux, frères et sœurs, bonsoir ! 

Je suis heureux d’être parmi vous pour vivre, avec un grand nombre de jeunes, les Journées Mondiales de la Jeunesse, mais aussi pour partager votre cheminement ecclésial, vos luttes et vos espérances. Je remercie Monseigneur José Ornelas Carvalho pour les paroles qu’il m’a adressées. Je voudrais prier avec vous pour que, comme il l’a dit, nous devenions avec les jeunes, audacieux pour étreindre le « rêve de Dieu et pour trouver des voies de participation joyeuse, généreuse et transformante, pour l’Église et pour l’humanité » . 

Je me suis immergé dans la beauté de votre pays, une terre de jonction entre le passé et l’avenir, un lieu de traditions anciennes et de grands changements, embelli par des vallées luxuriantes et des plages dorées donnant sur la beauté infinie de l’océan qui borde le Portugal. Cela me ramène au contexte du premier appel des disciples, que Jésus appela sur les rives de la Mer de Galilée. Je voudrais m’arrêter sur cet appel qui met en lumière ce que nous venons d’entendre dans la brève lecture des vêpres : le Seigneur nous a sauvés et nous a appelés non pas selon nos œuvres, mais selon sa grâce (cf. 2 Tm 1, 9). C’est ce qui s’est passé dans la vie des premiers disciples, lorsque Jésus, en passant, « vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets » (Lc 5, 2). Jésus monte alors dans la barque de Simon et, après avoir parlé aux foules, transforme la vie de ces pêcheurs en les invitant à prendre le large et à jeter leurs filets. Nous remarquons immédiatement un contraste : d’une part, les pêcheurs descendent de la barque pour laver leurs filets, c’est-à-dire pour les nettoyer, les garder en bon état et rentrer chez eux ; d’autre part, Jésus monte dans la barque et les invite à jeter à nouveau leurs filets pour pêcher. Les différences sont manifestes : les disciples descendent, Jésus monte ; ils veulent ranger les filets, Lui veut qu’ils soient jetés à nouveau à la mer pour pêcher

Tout d’abord, les pêcheurs descendent de la barque pour laver leurs filets. C’est la scène que Jésus a sous les yeux et il s’y arrête précisément. Il vient à peine de faire sa prédication dans la synagogue de Nazareth, mais ses concitoyens l’ont chassé de la ville et ont même essayé de le tuer (cf. Lc 4, 28-30). Il sort alors du lieu sacré et commence à prêcher la Parole parmi les gens, sur les routes où les femmes et les hommes de son temps peinent chaque jour. Le Christ veut apporter la proximité de Dieu précisément dans les lieux et les situations où les gens vivent, luttent, espèrent, en serrant parfois dans leurs mains les échecs et les revers, tout comme ces pêcheurs qui n’avaient rien pris durant la nuit. Jésus regarde avec tendresse Simon et ses compagnons qui, fatigués et amers, lavent leurs filets, faisant un geste répétitif, mais aussi fatigué et résigné : il ne restait plus qu’à rentrer à la maison les mains vides. 

Parfois, dans notre cheminement ecclésial, nous pouvons faire l’expérience d’une lassitude similaire lorsqu’il nous semble tenir dans nos mains que des filets vides. C’est un sentiment assez répandu dans les pays de vieille tradition chrétienne qui connaissent de nombreux changements sociaux et culturels, et qui sont de plus en plus marqués par la sécularisation, l’indifférence à l’égard de Dieu, un recul croissant de la pratique de la foi. Et cela est souvent accentué par la déception et la colère que certains ressentent à l’égard de l’Église, parfois à cause de notre mauvais témoignage et des scandales qui en ont défiguré le visage et qui appellent à une purification humble et constante, en partant du cri de douleur des victimes, toujours à accueillir et à écouter. Mais le risque, lorsque qu’on se sent découragé, est de descendre de la barque en restant pris dans les filets de la résignation et du pessimisme. Au contraire, nous devons apporter au Seigneur nos peines et nos larmes, pour ensuite affronter les situations pastorales et spirituelles en y faisant face avec ouverture de cœur, et en faisant ensemble l’expérience de nouvelles voies à suivre, confiants que Jésus continue à prendre par la main et à relever son Épouse bien-aimée. 

En effet, dès que les apôtres descendent pour laver les outils utilisés, Jésus monte dans la barque et les invite à jeter à nouveau leurs filets. Il vient nous chercher dans nos solitudes et dans nos crises pour nous aider à recommencer. Aujourd’hui encore, il passe sur les rivages de notre existence pour réveiller l’espérance et dire à nous aussi, comme à Simon et aux autres : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » (Lc 5, 4). Frères et sœurs, ce que nous vivons est certainement une époque difficile, mais le Seigneur demande aujourd’hui à cette Église : « Veux-tu descendre de la barque et sombrer dans la déception, ou me laisser monter et permettre à la nouveauté de ma Parole de reprendre en main le gouvernail ? Veux-tu simplement t’accrocher au passé que tu as derrière toi, ou bien jeter à nouveau avec enthousiasme les filets pour la pêche ? » Voilà ce que le Seigneur nous demande : de réveiller notre préoccupation pour l’Évangile. Et nous pouvons dire qu’il s’agit d’une « bonne » préoccupation que l’immensité de l’océan vous donne, à vous Portugais : quitter le rivage non pas pour conquérir le monde, mais pour le réjouir de la consolation et de la joie de l’Évangile. Nous pouvons lire dans cette optique les paroles de l’un de vos grands missionnaires, le père António Vieira, appelé « Paiaçu » , « Père grand » : il disait que Dieu vous a donné une petite terre pour naître, mais qu’en vous ouvrant sur l’océan, il vous a donné le monde entier pour mourir : « Pour naître, peu de terre ; pour mourir, toute la terre : pour naître, le Portugal ; pour mourir, le monde » (A. VIEIRA, Homélies, Vol. III, Tome VII, Porto 1959, p. 69). Jeter de nouveau les filets et étreindre le monde avec l’espérance de l’Évangile : c’est à cela que nous sommes appelés ! Le moment n’est pas venu de s’arrêter et d’abandonner, d’amarrer la barque sur le rivage ou de regarder en arrière. Nous ne devons pas fuir ce moment parce qu’il nous ferait peur et nous réfugier dans des formes et des styles du passé. Non, c’est un temps de grâce que le Seigneur nous donne pour nous aventurer sur la mer de l’évangélisation et de la mission. 

Mais, pour ce faire, nous avons aussi besoin de faire des choix. Je voudrais en indiquer trois, inspirés par l’Évangile. 

Tout d’abord, avancer au large. Pour jeter à nouveau les filets à la mer, il est nécessaire de quitter le rivage des déceptions et de l’immobilisme, de nous éloigner de cette tristesse douceâtre et de ce cynisme ironique qui nous assaillent face aux difficultés. Cela est nécessaire pour passer du défaitisme à la foi, comme Simon qui, après avoir peiné toute la nuit pour rien, dit : « Sur ta parole, je vais jeter les filets » (Lc 5, 5). Mais pour faire confiance chaque jour au Seigneur et à sa Parole, les mots ne suffisent pas, beaucoup de prière est nécessaire. Ce n’est que dans l’adoration, devant le Seigneur, que l’on retrouve le goût et la passion de l’évangélisation. On surmonte alors la tentation de mener une « pastorale de la nostalgie et des regrets » et on trouve le courage d’avancer au large, sans idéologies et sans mondanités, animé d’un seul désir : que l’Évangile parvienne à tous. Vous avez beaucoup d’exemples sur cette route et, puisque nous sommes entourés de jeunes, j’aimerais rappeler un jeune de Lisbonne, Saint João de Brito, qui, il y a des siècles, au milieu de nombreuses difficultés, est parti pour l’Inde et a commencé à parler et à s’habiller de la même manière que ceux qu’il rencontrait afin d’annoncer Jésus. Nous aussi, nous sommes appelés à plonger nos filets dans l’époque que nous vivons, à dialoguer avec tous, à rendre l’Évangile compréhensible, même si, pour le faire, nous risquons quelque tempêtes. Comme les jeunes qui viennent ici du monde entier pour défier les vagues géantes de Nazaré, nous avançons au large sans peur. Ne craignons pas d’affronter la haute mer car, au milieu de la tempête et face aux vents contraires, Jésus vient à notre rencontre et nous dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » (Mt 14, 27) 

Un deuxième choix : mener ensemble la pastorale. Dans le texte, Jésus confie à Pierre la tâche d’avancer au large, mais il parle ensuite au pluriel en disant « jetez les filets » (Lc 5, 4) : Pierre conduit la barque, mais tous sont dans la barque et tous sont appelés à jeter les filets. Et lorsqu’ils prennent une grande quantité de poissons, ils ne pensent pas y arriver tout seuls, ils ne considèrent pas le don comme une possession et une propriété privée, mais, dit l’Évangile, « ils font signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider » (Lc 5, 7). Ils remplissent ainsi deux barques, et non une seule. 1- signifie solitude, fermeture, prétention à l’autosuffisance ; 2- signifie relation. L’Église est synodale, elle est communion, entraide, chemin commun. C’est ce à quoi tend le synode en cours qui aura, en octobre prochain, son premier moment en assemblée. Sur la barque de l’Église, il doit y avoir de la place pour tous : tous les baptisés sont appelés à y monter et à jeter les filets, en s’engageant personnellement dans l’annonce de l’Évangile. C’est un grand défi, surtout dans les contextes où les prêtres et les personnes consacrées sont épuisés parce que, alors que les besoins pastoraux augmentent, ils sont de moins en moins nombreux. Nous pouvons cependant considérer cette situation comme une occasion d’impliquer les laïcs dans un enthousiasme fraternel et une saine créativité pastorale. Les filets des premiers disciples deviennent alors une image de l’Église qui est un « réseau de relations » humaines, spirituelles et pastorales. S’il n’y a pas de dialogue, de coresponsabilité et de participation, l’Église vieillit. Je le dirais ainsi : jamais un Évêque sans son presbyterium et le peuple de Dieu ; jamais un prêtre sans ses confrères ; et tous ensemble – prêtres, religieuses, religieux et fidèles laïcs –, en tant qu’Église, jamais sans les autres, sans le monde. Sans mondanité, mais avec le monde. Dans l’Église, on s’aide, on se soutient les uns les autres, et on est appelé à répandre, également à l’extérieur, un climat constructif de fraternité. D’autre part, saint Pierre écrit que nous sommes les pierres vivantes utilisées pour la construction d’un édifice spirituel (cf. 1 P 2, 5). Je voudrais ajouter : vous, fidèles portugais, êtes aussi une « calçada » , vous êtes les pierres de valeur de ce pavement accueillant et splendide sur lequel l’Évangile doit marcher : pas même une pierre ne doit manquer, sinon on le remarque tout de suite. Voilà l’Église qu’avec l’aide de Dieu nous sommes appelés à construire ! 

Enfin, le troisième choix : devenir pêcheurs d’hommes. Jésus confie aux disciples la mission de prendre le large sur la mer du monde. Souvent, dans l’Écriture, la mer est associée au lieu du mal et des puissances adverses que les hommes ne parviennent pas à maîtriser. Par conséquent, pêcher les personnes et les sortir de l’eau c’est les aider à se relever de là où elles ont sombré, les sauver du mal qui risque de les engloutir, les ressusciter de toutes les formes de mort. L’Évangile, en effet, est une annonce de vie sur la mer de la mort, de liberté dans les tourbillons de l’esclavage, de lumière dans l’abysse des ténèbres. Comme l’affirme saint Ambroise, « les instruments de pêche des Apôtres sont les filets qui ne font point périr leur prise, mais la conservent et la retirent des abîmes à la lumière » (Exp. Luc. IV, 68-79). Dans la société actuelle, il y a beaucoup de ténèbres, même ici au Portugal. Nous avons l’impression que l’enthousiasme, le courage de rêver, la force d’affronter les défis, la confiance dans l’avenir ont disparu ; et, pendant ce temps, nous naviguons dans les incertitudes, dans la précarité économique, dans la pauvreté en amitié sociale, dans le manque d’espérance. C’est à nous, en tant qu’Église, qu’est confiée la tâche de nous plonger dans les eaux de cette mer en jetant le filet de l’Évangile, sans pointer du doigt mais en apportant aux hommes de notre temps une proposition de vie nouvelle, celle de Jésus : susciter l’accueil de l’Évangile dans une société multiculturelle ; rendre proche le Père dans les situations de précarité et de pauvreté qui se multiplient, en particulier chez les jeunes ; apporter l’amour du Christ là où la famille est fragile et les relations blessées ; transmettre la joie de l’Esprit là où règnent la démoralisation et le fatalisme. Un de vos écrivains a écrit : « Pour parvenir à l’infini, et je crois que nous pouvons y parvenir, nous avons besoin d’un port, d’un seul, sûr, et de là partir vers l’Infini » (F. PESSOA, Livro do Desassossego, Lisboa 1998, 247). Nous rêvons de l’Église portugaise comme d’un « port sûr » pour tous ceux qui font face aux traversées, aux naufrages et aux tempêtes de la vie. 

Je vous remercie de tout cœur, frères et sœurs, pour votre écoute, pour ce que vous faites, pour votre exemple et pour votre constance. Merci beaucoup. Je vous confie à la Vierge de Fatima, à la garde de l’ange du Portugal et à la protection de vos grands saints, en particulier, ici à Lisbonne, de saint Antoine, apôtre infatigable, prédicateur inspiré, disciple de l’Évangile attentif aux maux de la société et plein de compassion pour les pauvres : qu’il intercède pour vous et vous donne la joie d’une nouvelle pêche miraculeuse. Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation du Bureau de presse du Saint-Siège.

Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique du Portugal : Allocution du Saint-Père

Le pape François s’adresse aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique lors de sa première rencontre en Portugal. Cette visite apostolique dure cinq jours, du 2 au 6 août.

Voici le texte intégral :

ALLOCUTION DU PAPE FRANÇOIS

Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique
Centre culturel de Belém, Lisbonne
Mercredi, le 2 août 2023

 

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président de l’Assemblée de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Membres du Gouvernement et du Corps diplomatique,
Autorités, Représentants de la société civile et du monde de la culture,
Mesdames et Messieurs ! 

Je vous salue cordialement et je remercie Monsieur le Président pour son accueil et pour les aimables paroles qu’il m’a adressées. Je suis heureux d’être à Lisbonne, ville de la rencontre qui embrasse divers peuples et cultures et qui devient, ces jours-ci, encore plus universelle. Elle devient, en un certain sens, la capitale du monde. Cela correspond bien à son caractère multiethnique et multiculturel – je pense au quartier de Mouraria, où vivent en harmonie des personnes de plus de soixante pays – et révèle la caractéristique cosmopolite du Portugal qui plonge ses racines dans le désir de s’ouvrir au monde et de l’explorer, en naviguant vers des horizons nouveaux et plus vastes. 

Non loin d’ici, à Cabo da Roca, la phrase d’un grand poète de cette ville est sculptée : « Ici… où la terre se termine et où commence la mer » (L. VAZ DE CAMÕES, Os Lusíadas, III, 20). Pendant des siècles, on a cru que l’extrémité du monde se trouvait là et, en un sens, c’est vrai : nous sommes aux confins du monde parce que ce pays borde l’océan qui délimite les continents. Lisbonne en porte l’étreinte et le parfum. J’aime m’associer à ce que les Portugais se plaisent à chanter : « Lisbonne sent les fleurs et la mer » (A. RODRIGUES, Cheira bem, cheira a Lisboa, 1972). Une mer qui, beaucoup plus qu’un élément du paysage, est un appel gravé dans l’âme de chaque Portugais. Une poétesse locale l’a désignée comme « une mer qui résonne, une mer sans fond, une mer sans fin » (S. DE MELLO BREYNER ANDRESEN, Mar sonoro). Un autre poète priait ainsi : « Dieu de la mer donne-nous plus de vagues, Dieu de la terre donne-nous plus de mer » (D. FARIA, No país de Deus). Face à l’océan, les Portugais réfléchissent sur les immenses espaces de l’âme et sur le sens de la vie dans le monde. Et moi aussi, en me laissant emporter par l’image de l’océan, j’aimerais vous partager quelques pensées. 

Selon la mythologie classique, Océan est fils du ciel (Ouranos) : son immensité conduit les mortels à regarder vers le haut et à s’élever vers l’infini. Mais, en même temps, Océan est fils de la terre (Gaia) qu’il étreint, invitant ainsi à envelopper de tendresse l’ensemble du monde habité. L’océan ne relie pas seulement, en effet, les peuples et les pays, mais les terres et les continents. C’est pourquoi Lisbonne, ville de l’océan, rappelle l’importance de l’ensemble, du fait de penser les frontières comme des zones de contact, non comme des frontières qui séparent. Nous savons aujourd’hui que les grandes questions sont mondiales, alors que nous faisons souvent l’expérience de l’inefficacité à y répondre, précisément parce que, face aux problèmes communs, le monde est divisé, ou du moins pas assez uni, incapable d’affronter en commun ce qui met le monde en crise. Il semble que les injustices planétaires, les guerres, les crises climatiques et migratoires aillent plus vite que la capacité, et souvent la volonté, de faire face ensemble à ces défis. 

Lisbonne peut suggérer un changement de rythme. Ici, en 2007, a été signé l’homonyme Traité de réforme de l’Union Européenne. Celui-ci affirme que « l’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples » (Traité de Lisbonne qui modifie le Traité sur l’Union Européenne et le Traité qui institue la Communauté Européenne, art. 1, 4/2.1) ; mais il va plus loin en affirmant que « dans ses relations avec le reste du monde […] elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la terre, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme » (art. 1, 4/2.5). Ce ne sont pas seulement des mots, mais des jalons pour la marche de la communauté européenne, gravés dans la mémoire de cette ville. Voilà l’esprit de l’ensemble, animé par le rêve européen d’un multilatéralisme plus large que le seul contexte occidental. 

Selon une étymologie discutée, le nom Europe proviendrait d’un mot indiquant la direction de l’occident. Il est certain que Lisbonne est la capitale la plus à l’ouest de l’Europe continentale. Elle rappelle donc la nécessité d’ouvrir des voies de rencontre plus vastes, comme le Portugal le fait déjà, surtout avec les pays d’autres continents unis par la même langue. Je souhaite que les Journées Mondiales de la Jeunesse soient, pour le « vieux continent », une impulsion d’ouverture universelle. Car de l’Europe, la vraie, dont le monde a besoin : il a besoin de son rôle de bâtisseur de ponts et d’artisan de paix dans sa partie orientale, en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient. L’Europe pourra ainsi apporter sur la scène internationale son originalité spécifique, qui s’est dessinée au siècle dernier lorsque, dans le creuset des conflits mondiaux, elle a fait jaillir l’étincelle de la réconciliation en rêvant de construire l’avenir avec l’ennemi d’hier, engageant des voies de dialogue et d’inclusion, développant une diplomatie de paix qui éteint les conflits et apaise les tensions, capable de saisir les moindres signaux de détente et de lire entre les lignes les plus tordues. 

Nous naviguons sur l’océan de l’histoire en des temps tumultueux et nous ressentons le manque de courageux itinéraires de paix. En regardant avec affection l’Europe et l’esprit de dialogue qui la caractérise, on pourrait lui demander : vers où navigues-tu, si tu ne proposes pas d’itinéraires de paix, de voies créatives pour mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi qu’à beaucoup d’autres conflits qui ensanglantent le monde ? Et encore une fois, en élargissant le champ : quelle route suis-tu, Occident ? Ta technologie, qui a marqué le progrès et globalisé le monde, ne suffit pas à elle seule ; moins encore les armes les plus sophistiquées qui ne sont en rien des investissements pour l’avenir, mais qui appauvrissent du véritable capital humain, celui de l’éducation, de la santé, de la protection sociale. Il est inquiétant de lire qu’en de nombreux endroits l’on investit continuellement des fonds dans les armes plutôt que dans l’avenir des enfants. Je rêve d’une Europe, cœur de l’Occident, qui mette à profit son ingéniosité pour éteindre les foyers de guerre et allumer des lueurs d’espérance ; une Europe qui sache retrouver son âme juvénile en rêvant de la grandeur de l’ensemble et en allant au-delà des besoins de l’immédiat ; une Europe qui inclue les peuples et les personnes sans poursuivre théories et colonisations idéologiques. 

L’océan, immense étendue d’eau, rappelle les origines de la vie. Dans le monde développé d’aujourd’hui, il est devenu paradoxalement prioritaire de défendre la vie humaine, mise en danger par des dérives utilitaristes qui l’utilisent et l’éliminent. Je pense à tous ces enfants qui ne sont pas nés et ces personnes âgées abandonnées à elles-mêmes, à la difficulté d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer ceux qui viennent de loin et frappent aux portes, à la solitude de nombreuses familles qui luttent pour mettre au monde et élever des enfants. On serait aussi tenté de dire ici : vers où naviguez-vous, Europe et Occident, avec le rejet des personnes âgées, les murs aux fils barbelés, les tragédies en mer et les berceaux vides ? Où allez-vous si, face au mal de vivre, vous offrez des remèdes hâtifs et erronés, comme l’accès facile à la mort, solution de facilité qui paraît douce, mais qui est en réalité plus amère que les eaux de la mer ? 

Lisbonne, embrassée par l’océan, nous donne cependant des raisons d’espérer. Un océan de jeunes se déverse dans cette ville accueillante ; et je voudrais exprimer ma gratitude pour le grand travail et l’engagement généreux du Portugal pour accueillir un événement si complexe à gérer, mais porteur d’espérance. Comme on dit ici : « À côté des jeunes, on ne vieillit pas ». Des jeunes, venus du monde entier, cultivant les désirs de l’unité, de la paix et de la fraternité, nous incitent à réaliser leurs rêves de bien. Ils ne sont pas dans les rues pour crier de colère, mais pour partager l’espérance de l’Évangile. Et si l’on respire aujourd’hui dans de nombreuses régions un climat de protestation et d’insatisfaction, terreau fertile aux populismes et aux complotismes, les Journées Mondiales de la Jeunesse sont l’occasion de construire ensemble. Elles ravivent le désir de créer de la nouveauté, de prendre le large et de naviguer ensemble vers l’avenir. Des paroles audacieuses de Pessoa me viennent à l’esprit : « Naviguer est nécessaire, mais il n’est pas nécessaire de vivre […] ; ce qu’il faut c’est créer » (Navegar é preciso). Travaillons donc avec créativité pour construire ensemble ! J’imagine trois chantiers d’espérance où nous pouvons tous travailler unis : l’environnement, l’avenir, la fraternité. 

L’environnement. Le Portugal fait avec l’Europe beaucoup d’efforts exemplaires pour la protection de la création. Mais le problème mondial reste extrêmement sérieux : les océans sont surchauffés et, de leurs fonds, remonte à la surface la laideur avec laquelle nous avons pollué la maison commune. Nous transformons ces grandes réserves de vie en décharges de plastique. L’océan nous rappelle que la vie de l’homme est appelée à s’harmoniser avec un environnement plus vaste que nous, qui doit être protégé avec soin, en pensant aux jeunes générations. Comment pouvons-nous dire que nous croyons en la jeunesse, si nous ne leur donnons pas un espace sain pour construire l’avenir ? 

L’avenir est le deuxième chantier. Et l’avenir, ce sont les jeunes. Mais de nombreux facteurs les découragent, comme le manque de travail, les rythmes effrénés dans lesquels ils sont plongés, l’augmentation du coût de la vie, la difficulté à trouver un logement et, plus préoccupant encore, la peur de former une famille et de mettre des enfants au monde. En Europe, et plus généralement en Occident, on assiste à une triste phase descendante de la courbe démographique : le progrès semble être une question de développement technique et de confort des individus, alors que l’avenir exige de contrer la dénatalité et le déclin de l’envie de vivre. Une bonne politique peut faire beaucoup en cela, elle peut être génératrice d’espérance. Elle n’est pas en effet appelée à détenir le pouvoir, mais à donner aux gens la possibilité d’espérer. Elle est appelée, aujourd’hui plus que jamais, à corriger les déséquilibres économiques d’un marché qui produit des richesses mais ne les distribue pas, appauvrissant les esprits en ressources et en certitudes. Elle est appelée à se redécouvrir génératrice de vie et de soins, à investir avec clairvoyance dans l’avenir, dans les familles et dans les enfants, à promouvoir des alliances intergénérationnelles, où l’on ne supprime pas d’un coup d’éponge le passé, mais où l’on favorise les liens entre jeunes et personnes âgées. C’est ce que rappelle le sentiment de la saudade portugaise, qui exprime une nostalgie, un désir de bien absent qui renaît seulement au contact de ses propres racines. En ce sens, l’éducation est importante. Elle ne peut pas se contenter de transmettre des notions techniques pour progresser économiquement, mais elle est destinée à s’insérer dans une histoire, à transmettre une tradition, à valoriser le besoin religieux de l’homme et à favoriser l’amitié sociale. 

Le dernier chantier d’espérance est celui de la fraternité que nous, chrétiens, apprenons du Seigneur Jésus Christ. Dans de nombreuses régions du Portugal, le sens du voisinage et la solidarité sont très vivants. Cependant, dans le contexte général d’une mondialisation qui nous rapproche, ne procurant pas cependant de proximité fraternelle, nous sommes tous appelés à cultiver le sens de la communauté, en commençant par la recherche de celui qui habite à côté. Comme l’a remarqué Saramago, « ce qui donne le vrai sens à la rencontre, c’est la recherche, et il faut faire beaucoup de chemin pour rejoindre ce qui est proche » (Todos os nomes, 1997). Comme il est beau de se redécouvrir frères et sœurs, de travailler pour le bien commun en laissant de côté les oppositions et les différences de vues ! Ici aussi, il y a par exemple les jeunes qui, avec leur cri de paix et leur envie de vivre, nous poussent à abattre les rigides barrières de l’appartenance, érigées au nom d’opinions et de croyances différentes. J’ai entendu parler de nombreux jeunes qui cultivent ici le désir de se faire proches. Je pense à l’initiative Missão País qui a conduit des milliers de jeunes à vivre, dans l’esprit de l’Évangile, des expériences de solidarité missionnaire dans les zones périphériques, en particulier dans les villages à l’intérieur du pays, en allant rendre visite à de nombreuses personnes âgées seules. Je voudrais remercier et encourager, avec toute les personnes dans la société portugaise qui s’occupent des autres, l’Église locale qui fait beaucoup de bien, loin de la lumière des projecteurs. Sentons-nous tous ensemble appelés, fraternellement, à donner de l’espérance au monde dans lequel nous vivons et à ce magnifique pays. Que Dieu bénisse le Portugal !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation du Bureau de presse du Saint-Siège.

Une visitation permanente : L’homélie du patriarche de Lisbonne, le cardinal D. Manuel Clemente lors de la messe d’ouverture au « Parque Eduardo VII » | Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne 2023

Photo avec l’aimable autorisation du P. Richard Rasnacis.

Mardi, le 1 août 2023
Le premier jour des Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne, le cardinal Manuel Clemente, patriarche de Lisbonne, a présenté l’homélie lors de la messe d’ouverture des Journées Mondiales de la Jeunesse au « Parque Eduardo VII ».

Voici le texte intégral de l’homélie :

HOMÉLIE DU CARDINAL CLEMENTE

Messe d’ouverture pour les Journées Mondiales de la Jeunesse
Parque Eduardo VII, Lisbonne
Mardi, le 1 août 2023

Très chers amis venus du monde entier pour les Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne 2023,

Bienvenue à tous ! Bienvenue également à toutes les personnes de la portée œcuménique, interreligieuse et de bonne volonté qui sont ici rassemblées en ces jours. Je souhaite que vous vous sentiez « à la maison », dans cette maison commune dans laquelle nous vivrons les JMJ. Bienvenue !

La Messe que nous célébrons, dans l’attente de la venue de notre cher pape François, est celle de la Visitation de Notre-Dame, qui rejoint le thème général de ces JMJ : Marie se leva et s’en alla en hâte à la rencontre d’Élisabeth. C’est un passage de l’Évangile qui nous inclut, nous aussi.

Nous venons de l’entendre : « En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. »

Elle se mit en route, se rendit avec empressement vers la région montagneuse, elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Trois points sur lesquels je m’arrêterai brièvement, dans cette parole inaugurale.

Marie se mit en route. Un voyage difficile et sans les moyens de transport dont nous disposons aujourd’hui. Et, comme vous, elle était jeune ; cela faisait peu de temps qu’elle avait conçu Jésus de la manière que rapporte l’Évangile.

Vous aussi, vous vous êtes mis en route. Pour beaucoup d’entre vous, le chemin a été difficile à cause de la distance, des correspondances et des coûts que le voyage a suscités. Il a fallu rassembler des ressources financières, développer des activités pour les obtenir et compter sur une solidarité qui, grâce à Dieu, ne vous a pas fait défaut.

Venant de loin ou de plus près, vous vous êtes mis en route. Il est très important de se mettre en route. C’est ainsi que nous devons envisager notre propre vie, comme un chemin à parcourir, en faisant de chaque jour une nouvelle étape.

Il est vrai que beaucoup de choses peuvent vous arrêter, chers amis, avec la possibilité de remplacer la réalité véritable, la seule qui rejoint la route des autres, telle qu’elle est réellement, par l’apparence virtuelle d’un monde à la carte. Un monde à la carte, accessible devant un écran et dépendant d’un clic qui peut le transformer en un monde différent.

Le virtuel nous maintient assis, devant des moyens qui nous utilisent facilement alors que c’est nous qui pensons les utiliser. Bien au contraire, la réalité consiste à nous mettre en route, à la rencontre des autres et du monde tel qu’il est, tant pour l’admirer que pour le rendre meilleur.

Soyons reconnaissants envers les moyens de communication car ils nous ouvrent la possibilité de mieux nous connaître, nous, les autres et le monde. Nous vivons médiatiquement et nous ne saurions plus vivre d’une autre manière. Nous pouvons compter sur le soutien de ces outils, mais ne nous dispensons pas de cheminer par nous-mêmes, d’être directement en contact avec la réalité qui nous touche et qui touche tout le monde, ni de la vérifier directement.

Cela a valu la peine de parcourir le chemin que vous avez parcouru pour venir ici et de vous rencontrer pendant ces journées, dans la diversité que vous représentez et dans la qualité que vous apportez, chacun et chacune, de chaque terre, langue et culture. Rien ne peut remplacer ce chemin personnel et en groupe, à la rencontre du chemin de tous.

Marie portait déjà dans son ventre le « fruit béni » qu’était Jésus. Les chrétiens Le portent aussi, spirituellement mais réellement, parce qu’ils Le reçoivent dans la parole, dans les sacrements et dans la charité, où Il S’offre. Et comme nous croyons en Jésus comme chemin vers Dieu, nous cheminons avec Lui pour Le porter aux autres. Dans le même élan qui poussait Marie, dans le même Esprit qui nous pousse. En route !

Marie s’en alla en hâte vers la région montagneuse, comme nous l’avons aussi entendu.

Ce n’est pas par hasard que le texte parle de la hâte de Marie, de même que, dans d’autres passages de l’Évangile, il est question de l’urgence de l’annonce, du témoignage et de la visitation permanente envers les autres. C’est ce que nous devons faire, nous aussi.

Chers jeunes, nous savez très bien que, quand le cœur est plein, il déborde rapidement. Qu’il est impossible d’étouffer ce qui se passe dans votre âme, quand c’est vraiment fort et mobilisateur !

Marie emmenait avec elle Jésus Lui-même, qu’elle avait conçu. Et Jésus est « Dieu avec nous », pour être Dieu avec tous. D’où la hâte de L’amener à Élisabeth, même en gravissant des montagnes.

Vous connaissez cette « hâte », parce que d’autres se sont aussi empressés de venir à votre rencontre pour vous porter Jésus et tout ce qu’Il vous offre comme horizons larges et comme vie en abondance.

Vous n’avez même pas besoin de toujours comprendre les mots, comme cela se passe en ce moment, avec toutes les langues ici réunies. Parce que vos yeux parlent et parce que vous vous sentez sûrs de vous et confiants, dans l’atmosphère chrétienne que vous créez ensemble et dans les gestes simples par lesquels vous communiquez. Il y a vraiment une « hâte dans l’air », qui circule entre vous et le point où vous arriverez ces jours-ci. Un air où l’Esprit Saint Lui-même circule, avec la rapidité que seul Dieu a et communique.

Quand j’ai dit au pape François que cela était précisément le thème de nos JMJ (« Marie se leva et s’en alla en hâte »), il a ajouté que oui, en hâte, mais pas avec impatience.

En réalité, l’impatience est pour ce que nous n’avons pas encore et que nous désirons avec de l’inquiétude. La hâte est différente, c’est partager ce que nous portons déjà. C’est donc une urgence sereine et sans violence. Comme vous êtes arrivés et comme vous serez ici, portant aux autres ce qui vous y amène.

À ce propos, je me rappelle un passage datant des premiers chrétiens, vraiment dans une société qui tardait à les comprendre : « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite… » (1P 3, 15-16).

Ainsi serez-vous, dans cette hâte sans impatience, comme qui partage ce qu’il a déjà. C’est ce qui vous a amenés ici et ce que vous porterez, et qui sera accru par la grâce de ces journées !

Finalement, le texte dit que Marie entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Chers amis, vous aussi, vous viendrez de cette manière les uns vers les autres, avec une salutation vraie et joyeuse.

L’Évangile nous rapporte la joie de cette rencontre entre Marie et Élisabeth et celle de la reconnaissance mutuelle dans laquelle elle s’est produite. La salutation de Marie a été telle qu’elle a suscité chez sa parente l’exclamation que nous répétons si souvent : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ! » Et aux paroles d’Élisabeth, Marie a répondu par l’un des plus beaux hymnes que nous chantons depuis lors, le Magnificat.

Il est très important qu’il en soit ainsi avec vous et avec tout le monde. En vérité, chaque rencontre que nous pourrons vivre doit être inaugurée par une vraie salutation, par laquelle nous échangerons entre nous des paroles d’accueil sincère et de partage véritable.

Lisbonne vous accueille d’un cœur entier, de même que toutes les autres terres portugaises où vous êtes déjà allés ou sur lesquelles vous vous rendrez. Ce pays est aussi le vôtre. Vous êtes accueillis par les familles et les institutions qui mettent à votre disposition leurs espaces et leurs services. En les remerciant toutes, j’entrevois en chacune la maison d’Élisabeth, qui a accueilli Marie, mais aussi Jésus, que cette dernière lui portait !

Cela manque beaucoup dans le monde où nous vivons, dans lequel nous ne faisons pas assez attention aux personnes que nous rencontrons.

Avec Marie, apprenons à saluer tout le monde et chacun. Pratiquons cela intensément tout au long de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. Le monde nouveau commence dans la nouveauté de chaque rencontre et dans la sincérité de la salutation que nous pourrons échanger. Pour que nous soyons des personnes parmi d’autres, en visitation mutuelle et permanente ! – Je vous souhaite à tous d’heureuses et de stimulantes Journées Mondiales de la Jeunesse !

Texte reproduit avec l’aimable autorisation du Bureau de presse des Journées Mondiales de la Jeunesse

La visite apostolique du Saint-Père au Canada : Rétrospective un an après

Ottawa, le 26 juillet 2023 – Aujourd’hui, en la solennité liturgique des saints Anne et Joachim, nous nous souvenons qu’il y a un an, en juillet 2022, Sa Sainteté le pape François est venu parmi nous au Canada (son 37e voyage apostolique) pour entreprendre ce qu’il a appelé un « pèlerinage pénitentiel ». Cette visite pastorale très importante pour le Saint-Père, effectuée en communion avec la Conférence des évêques catholiques du Canada, a marqué une étape importante en vue de « marcher ensemble » dans les relations de l’Église avec les peuples autochtones, tant au Canada qu’à l’étranger. Après avoir parcouru plus de 8 000 km pour arriver au Canada, le pape François a parcouru 5 700 km à l’intérieur du pays, s’arrêtant à Edmonton, à Québec et à Iqaluit, où il a participé à sept événements au total.

Lors du discours de Sa Sainteté à Maskwacis, le pape François a déclaré : « Je suis ici parce que la première étape de ce pèlerinage pénitentiel au milieu de vous est celle de renouveler la demande de pardon et de vous dire, de tout mon cœur, que je suis profondément affligé : je demande pardon pour la manière dont, malheureusement, de nombreux chrétiens ont soutenu la mentalité colonisatrice des puissances qui ont opprimé les peuples autochtones. Je suis affligé. Je demande pardon, en particulier, pour la manière dont de nombreux membres de l’Église et des communautés religieuses ont coopéré, même à travers l’indifférence, à ces projets de destruction culturelle et d’assimilation forcée des gouvernements de l’époque, qui ont abouti au système des écoles résidentielles. »

En se rappelant de la visite apostolique, Mgr Raymond Poisson, président de la CECC, souligne son importance : « Au cours de ces journées passées avec le pape François au Canada, nous avons reconnu en lui la miséricorde du Seigneur qu’il nous a offerte. Nous avons constaté que la présence du Saint-Père lui avait demandé un grand effort personnel et physique, mais nous comprenions aussi toute l’importance de ses rencontres avec les peuples autochtones, qui représentent toujours l’expression vivante d’un effort mutuel – du Saint-Père et de l’Église au Canada – pour « marcher ensemble » et ouvrir de nouveaux horizons d’espérance au sein de nos communautés. »

Depuis la visite du Saint-Père, la Conférence des évêques catholiques du Canada a publié quatre lettres pastorales sur la réconciliation avec les peuples autochtones : aux Premières Nations, aux Inuits, aux Métis et au Peuple de Dieu. Conçues comme un point de référence pour l’engagement local auprès des peuples autochtones, ces lettres sont le fruit de plusieurs mois de rencontres avec les peuples autochtones au niveau diocésain ou régional, notamment dans le cadre des Cercles d’écoute organisés à travers le Canada, ainsi que de la Délégation autochtone au Vatican en avril 2022 et de la visite apostolique du pape François au Canada en juillet de la même année.

De plus, la CECC a mis sur pied le Fonds de réconciliation avec les Autochtones (FRA) afin de recevoir les dons de 73 diocèses et éparchies catholiques à travers le pays, conformément à son engagement de 30 millions de dollars sur cinq ans. Jusqu’à présent, le Fonds a recueilli plus d’un tiers de la promesse initiale (11 264 838 $) et est en bonne voie d’atteindre son objectif. À ce jour, plus de 50 projets ont reçu des subventions du FRA pour faire avancer les initiatives de guérison et de réconciliation. Le Fonds vise à soutenir des projets au niveau local, déterminés en collaboration avec des partenaires des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

En mars dernier, le Dicastère pour la culture et l’éducation et le Dicastère pour le service du développement humain intégral ont publié une note conjointe sur le concept de « doctrine de la découverte ». Cette note conjointe, que la CECC a accueillie favorablement dans sa propre déclaration, rejette tout concept qui ne reconnaît pas les droits inhérents des peuples autochtones et exprime son soutien aux principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, notamment en ce qui a trait à l’amélioration des conditions de vie des peuples autochtones, à la protection de leurs droits et au soutien de leur autodéveloppement dans le respect de leur identité, de leur langue, de leur histoire et de leur culture. Un projet de symposium sur le sujet est présentement à l’étude.

En juin 2023, le Conseil permanent de la CECC a publié un guide pour aider les diocèses à élaborer leurs propres politiques diocésaines en ce qui a trait aux documents qu’ils pourraient détenir relativement aux Autochtones. Tel que promis lors de l’Assemblée plénière de 2022, ce guide tente, avec transparence et simplicité, d’aborder les processus parfois lourds d’identification et de demandes de documents.

Tournée vers l’avenir, tout en restant ancrée dans les riches discours pastoraux prononcés par le pape François lors de sa visite historique au Canada, une vidéo intitulée Visite papale au Canada, un an après, a été produite par l’archidiocèse d’Edmonton avec des réflexions du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, de Mgr Anthony Wieslaw Krotki, de Mgr Richard Smith et du chef Victor Buffalo de Maskwacis. La vidéo décrit la visite du pape François comme une étape historique sur le chemin de la guérison et de la réconciliation, tout en précisant que le travail et l’engagement se poursuivront. Elle montre que la visite du Saint-Père a également permis de rêver non seulement à l’idée, mais à la réalisation de la réconciliation.

-30-

Contact média:

Maribel Mayorga 

Directrice des Communications
Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC)
communications@cecc.ca

Revivez les moments marquants du pèlerinage pénitentiel du pape François au Canada grâce à un livret commémoratif contenant tous les discours et homélies de sa visite apostolique. Pour un temps limité, profitez d’un rabais de 40 % offert par les Éditions de la CECC pour souligner ce premier anniversaire.

Homélie du pape François lors de la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées

 

Le dimanche 23 juillet 2023, 16e dimanche du temps ordinaire, le pape François a prononcé l’homélie de la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées en la basilique Saint-Pierre.

Voici le texte intégral de l’homélie :

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées
16e dimanche du temps ordinaire
Dimanche, 23 juillet 2023

Pour nous parler du royaume de Dieu, Jésus utilise des paraboles. Il raconte des histoires simples qui touchent le cœur de celui qui écoute. Ce langage rempli d’images ressemble à celui que les grands-parents utilisent souvent avec leurs petits-enfants, peut-être en les prenant sur leurs genoux : ils transmettent de cette manière une sagesse importante pour la vie. En pensant aux grands-parents et aux personnes âgées, racines dont les plus jeunes ont besoin pour devenir adultes, je voudrais relire les trois récits de l’Évangile d’aujourd’hui en partant d’un aspect qu’ils ont en commun : grandir ensemble.

Dans la première parabole, ce sont le bon grain et l’ivraie qui poussent ensemble, dans le même champ (cf. Mt 13, 24-30). C’est une image qui nous aide à faire une lecture réaliste : Dans l’histoire de l’humanité, comme dans la vie de chacun, coexistent ombres et lumières, amour et égoïsme. Le bien et le mal s’entremêlent au point d’apparaître inséparables. Cette approche réaliste nous aide à regarder l’histoire sans idéologies, sans optimismes stériles ni pessimismes néfastes. Le chrétien habité par l’espérance de Dieu n’est pas un pessimiste, mais il n’est pas non plus un naïf qui vit dans un monde de fables, qui fait semblant de ne pas voir le mal et qui dit que « tout va bien ». Non, le chrétien est réaliste : il sait qu’il y a du bon grain et de l’ivraie dans le monde, et il regarde en lui-même, reconnaissant que le mal ne vient pas seulement « de l’extérieur », que ce n’est pas toujours la faute des autres, qu’il n’y a pas besoin de « s’inventer » des ennemis à combattre pour éviter de faire la lumière en soi-même. Il se rend compte que le mal vient de l’intérieur, de la lutte intérieure que nous menons tous.

Mais la parabole nous pose une question : lorsque nous voyons le bon grain et l’ivraie coexister dans le monde, que devons-nous faire ? Comment devons-nous nous comporter ? Dans le récit, les serviteurs voudraient arracher l’ivraie immédiatement (cf. v. 28). Cette attitude est bien intentionnée, mais impulsive voire agressive. On s’illusionne sur le fait que l’on pourrait arracher le mal par ses propres forces pour faire la pureté. C’est une tentation qui revient souvent : une « société pure », une « Église pure » mais, pour atteindre cette pureté, l’on risque d’être impatient, intransigeant, voire violent à l’égard de ceux qui sont tombés dans l’erreur. Alors, avec l’ivraie, on arracherait aussi le bon grain et on empêcherait les gens de se frayer un chemin, de grandir, de changer. Écoutons plutôt ce que dit Jésus : « Laissez pousser ensemble le bon grain et l’ivraie jusqu’au moment de la moisson » (cf. Mt 13, 30). Qu’il est beau ce regard de Dieu, cette pédagogie miséricordieuse qui nous invite à être patient avec les autres, à accueillir – dans la famille, dans l’Église et dans la société – les fragilités, les retards et les limites : non pas pour s’y habituer avec résignation ni pour les justifier, mais pour apprendre à intervenir avec respect, en continuant à prendre soin du bon grain avec douceur et patience. En se rappelant toujours une chose : la purification du cœur et la victoire définitive sur le mal sont essentiellement l’œuvre de Dieu. Et nous, surmontant la tentation de séparer le bon grain de l’ivraie, nous sommes appelés à comprendre quels sont les manières et les moments les meilleurs pour agir.

Je pense aux personnes âgées et aux grands-parents, qui ont déjà parcouru un long chemin dans la vie et qui, s’ils regardent en arrière, voient beaucoup de belles choses qu’ils ont réussies à accomplir, mais aussi des défaites, des erreurs, des choses pour lesquelles – comme on dit –  « si c’était à refaire, je ne le referais pas ». Mais aujourd’hui, le Seigneur nous rejoint de sa douce parole qui nous invite à accueillir le mystère de la vie avec sérénité et patience, à Lui laisser le jugement, à ne pas vivre de regrets et de remords. Comme s’Il voulait nous dire : « Regardez le bon grain qui a germé sur le chemin de votre vie et faites-le grandir encore, en me confiant tout, à moi qui pardonne toujours : à la fin, le bien sera plus fort que le mal ». La vieillesse est un temps béni aussi pour cette raison: elle est la saison pour se réconcilier, pour regarder avec tendresse la lumière qui a progressé malgré les ombres, dans l’espérance confiante que le bon grain semé par Dieu l’emportera sur les mauvaises herbes avec lesquelles le démon a voulu infester notre cœur.

Voyons maintenant la deuxième parabole. Le Royaume des cieux, dit Jésus, est l’œuvre de Dieu qui agit silencieusement dans les trames de l’histoire, au point de paraître une chose petite et invisible, comme une minuscule graine de moutarde. Mais « quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches » (Mt 13, 32). Il en est ainsi également de notre vie, frères et sœurs : nous venons au monde petits, nous devenons adultes, puis âgés ; nous sommes au début une petite graine, puis nous nous nourrissons d’espérances, nous réalisons des projets et des rêves dont le plus beau est de devenir comme cet arbre qui ne vit pas pour lui-même mais pour faire de l’ombre à ceux qui le désirent et pour offrir un lieu à ceux qui veulent y construire leur nid. C’est ainsi que, dans cette parabole, le vieil arbre et les oiseaux grandissent ensemble.

Je pense aux grands-parents : qu’ils sont beaux ces arbres luxuriants sous lesquels les enfants et les petits-enfants font leur propre « nid », apprennent l’ambiance d’un foyer et connaissent la tendresse d’une étreinte. Il s’agit de grandir ensemble : l’arbre verdoyant et les petits qui ont besoin du nid, les grands-parents avec leurs enfants et leurs petits-enfants, les personnes âgées avec les plus jeunes. Frères et sœurs, nous avons besoin d’une nouvelle alliance entre les jeunes et les anciens, pour que la sève de ceux qui ont une longue expérience de la vie derrière eux irrigue les pousses d’espérance de ceux qui grandissent. Dans cet échange fécond, nous apprenons la beauté de la vie, nous créons une société fraternelle et, dans l’Église, nous permettons la rencontre et le dialogue entre la tradition et la nouveauté de l’Esprit.

Enfin, la troisième parabole, où le levain et la farine croissent ensemble (cf. Mt 13, 33). Ce mélange fait croître toute la pâte. Jésus utilise précisément le verbe « mélanger », qui rappelle cet art qui est « la mystique de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras », et de « sortir de soi-même pour s’unir aux autres » (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 87). Cela permet de vaincre les individualismes et les égoïsmes, et aide à générer un monde plus humain et plus fraternel. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à veiller à ce que, dans nos vies et dans nos familles, nous ne marginalisions pas les personnes âgées. Veillons à ce que nos villes surpeuplées ne deviennent pas des  « concentrations de solitude » ; que la politique, appelée à pourvoir aux besoins des plus fragiles, n’oublie pas les personnes âgées, laissant le marché les reléguer au rang de « déchets improductifs ». Qu’à force de poursuivre à toute vitesse les mythes de l’efficacité et de la performance, nous ne devenions pas incapables de ralentir pour accompagner ceux qui peinent à suivre. De grâce, mélangeons-nous, grandissons ensemble.

Frères et sœurs, la Parole divine nous invite à ne pas nous séparer, à ne pas nous renfermer, à ne pas penser que nous pouvons y arriver seuls, mais à grandir ensemble. Écoutons-nous les uns les autres, dialoguons, soutenons-nous réciproquement. N’oublions pas les grands-parents et les personnes âgées : par une caresse de leur part, nous avons été relevés à maintes reprises, nous avons repris la route, nous nous sommes sentis aimés, nous avons été guéris intérieurement. Ils se sont sacrifiés pour nous et nous ne pouvons pas les retirer de l’agenda de nos priorités. Grandissons ensemble, avançons ensemble : que le Seigneur bénisse notre voyage.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

5 000 jeunes Canadiens et Canadiennes se joignent au pape François au Portugal

 

Les Journées mondiales de la jeunesse du 2 au 6 août devraient attirer plus d’un million de pèlerins

 

Plus de 5 000 jeunes Canadiens et Canadiennes se rendent à Lisbonne, au Portugal, pour être avec le pape François, du 2 au 6 août 2023. Le Saint-Père se joindra à plus d’un million de jeunes pour la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), un rassemblement international de jeunes organisé par l’Église catholique. La première Journée mondiale de la jeunesse s’est tenue en 1986 et l’événement a été accueilli par le Canada en 2002, le pape saint Jean-Paul II ayant fait le pèlerinage à Toronto. 

« C’est une occasion pour les jeunes de célébrer leur foi, de rencontrer d’autres jeunes du monde entier et d’avoir une rencontre spéciale avec le pape François », a déclaré Isabel Correa, coordinatrice nationale de la délégation canadienne pour les Journées mondiales de la jeunesse 2023. « Au fil du temps, nous avons entendu et vu l’expérience puissante que la Journée mondiale de la jeunesse a été dans la vie de tant de jeunes Canadiens et Canadiennes et nous nous attendons à ce que le pèlerinage de cette année ne soit pas différent. C’est un moment de transformation et d’inspiration dont ils se souviendront pendant des années. » 

Michelle Pacheco, déléguée canadienne de 26 ans originaire de Toronto, travaille actuellement comme missionnaire au sein du bureau de la jeunesse de l’archidiocèse de Toronto et affirme avoir consacré tout son temps de préparation à la prière. « Par-dessus tout, j’ai demandé aux gens de prier pour moi et j’ai demandé aux autres comment je pouvais prier pour eux pendant mon pèlerinage aux Journées mondiales de la jeunesse », a-t-elle déclaré. 

« Comme il s’agit de mes premières Journées mondiales de la jeunesse, il est difficile de dire exactement ce que j’en retirerai », a déclaré Justin Nguyen, un Canadien de 28 ans originaire de Vancouver. « Mais ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’un voyage de foi – c’est la première fois que je participe aux JMJ, c’est la première fois que je vais au Portugal et en Espagne. J’espère simplement et je prie pour que ce soit un moment qui me permette de me concentrer sur ma relation avec Dieu, puis de rentrer chez moi et de poursuivre la mission que Dieu m’a confiée au service de ma communauté locale. » 

Les Journées mondiales de la jeunesse sont l’occasion d’entendre des orateurs catholiques de premier plan, notamment des évêques de tous les continents. En plus des sessions de catéchèse, il y a des occasions de prier et d’adorer. Un volet spécial des Journées mondiales de la jeunesse comprend également un festival culturel de musique, de danse et d’expression créative, qui fait appel à des jeunes talentueux du monde entier. 

Le pape François passera cinq jours au Portugal, la plupart du temps à Lisbonne, où il rencontrera des étudiants et étudiantes universitaires, déjeunera avec des jeunes, priera avec eux et présidera la messe, tout en s’arrêtant à Fatima, l’un des lieux de pèlerinage les plus populaires au monde. 

Les pèlerins canadiens qui se rendent au Portugal représentent nos provinces, la plus grande délégation venant de l’Ontario, suivie de près par les pèlerins québécois de Montréal. Treize évêques se rendront également au Portugal :

  1. Mgr Bryan Bayda, C.Ss.R., évêque de l’éparchie de Toronto et de l’Est du Canada de l’Église ukrainienne gréco-catholique. 
  2. Mgr Marcel Damphousse, archevêque d’Ottawa-Cornwall 
  3. Mgr Richard Gagnon, archevêque de Winnipeg 
  4. Mgr Pierre Goudreault, évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière 
  5. Mgr Jose Kalluvelil, évêque de l’éparchie catholique syro-malabare de Mississauga
  6. M. le Cardinal Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec et primat du Canada
  7. Mgr Martin Laliberté, P.M.É., évêque de Trois-Rivières 
  8. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal 
  9. Mgr Yvan Mathieu, S.M., évêque auxiliaire à Ottawa-Cornwall 
  10. Mgr Scott McCaig C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada 
  11. Mgr Christian Rodembourg, M.S.A., évêque de Saint-Hyacinthe 
  12. Mgr Pierre Olivier Tremblay, O.M.I., évêque de Hearst-Moosonee 
  13. Mgr Héctor Vila, évêque de Whitehorse. 

« Nous sommes fiers de constater qu’une importante délégation canadienne sera présente aux Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne », a déclaré Mgr Raymond Poisson, évêque de Saint-Jérôme-Mont Laurier et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada. « Ce grand pèlerinage international est une source d’espérance pour les générations actuelles de jeunes catholiques et pour l’avenir de l’Église. Il rassemble des milliers de jeunes catholiques du monde entier pour expérimenter la joie de rencontrer Dieu ensemble et pour approfondir leur foi. » 

Une rencontre spéciale pour les pèlerins canadiens aura lieu à Lisbonne le mardi 1er août, organisée par un groupe de jeunes adultes bénévoles de JMJ CANADA au nom de la Conférence des évêques catholiques du Canada. 

La délégation canadienne comprend également des jeunes autochtones, à la suite de la visite apostolique historique du pape François en 2022 au Canada, qui a constitué une étape importante dans le processus de guérison et de réconciliation avec les peuples autochtones de ce pays. 

Avant leur séjour à Lisbonne, de nombreux délégués canadiens participeront à des « journées dans les diocèses », ce qui leur permettra de faire connaissance avec des communautés en dehors de Lisbonne, de participer à des projets de service et de rencontrer des familles portugaises, renforçant ainsi les liens de foi entre les pays. 

La délégation canadienne comprend 42 % d’Ontariennes et Ontariens, 18 % de Québécoises et Québécois, 12 % de résidents et résidentes de la Colombie-Britannique, 10% d’Albertains et Albertaines, 2 % de Saskatchewanais et Saskatchewanaises, ainsi que 1 % de Manitobains et Manitobaines. Environ 26 bénévoles de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec, de l’Alberta et du Yukon seront présents pour aider à l’organisation des festivités à Lisbonne. 

Plus de 750 000 personnes ont participé à la dernière messe des Journées mondiales de la jeunesse à Toronto en 2002, et jusqu’à deux millions de personnes devraient assister à la messe de clôture à Lisbonne avec le pape François. Les personnes désireuses d’en savoir plus sur le voyage des Canadiens et Canadiennes au Portugal pour les Journées mondiales de la jeunesse 2023 peuvent consulter le site : www.wydcanada.org

Pour plus d’informations sur les JMJ de Lisbonne, veuillez consulter le dossier de presse.

-30-

 

À propos de la Conférence des évêques catholiques du Canada 

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) est l’assemblée nationale des évêques du Canada. Elle a été fondée en 1943 et reconnue officiellement par le Saint-Siège en 1948. 

Pour toute demande de renseignements des médias sur la délégation canadienne à la Journée mondiale de la jeunesse 2023 : 

Maribel Mayorga – Conférence des évêques catholiques du Canada communications@cecc.ca ; Neil MacCarthy – Archidiocèse de Toronto – neilm@archtoronto.org

Notre cadeau pour vous alors que nous célébrons les 20 ans de Sel + Lumière Média

 

« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde … »

Matthieu 5, 13-14

 

Depuis une vingtaine d’années, nous avons fait de votre espoir notre mission. Des visites papales, à la couverture des Journées mondiales de la jeunesse, en passant par des récits inspirants provenant des pays du monde entier ; c’est pour nous une grande joie de garnir vos foyers de médias catholiques édifiants.     

Les paroles de l’Évangile de saint Matthieu nous poussent à être le sel de la terre et la lumière du monde. En nous choisissant comme média catholique au Canada, vous soutenez notre mission d’apporter « saveur et dynamisme » au monde, par notre travail.

En guise de remerciement et pour fêter cet anniversaire, nous offrons aux nouveaux abonnés deux mois gratuits de Sel + Lumière Plus, notre plateforme de streaming sur demande. Visitez : https://slmedia.org/fr/endirect/ ou cliquez sur l’image ci-dessous pour créer un nouvel abonnement. Vous trouverez plus bas notre guide détaillé qui, est à suivre étape par étape.

 

 

Rappelons, ici, que Sel + Lumière Média a vu le jour le 1er juillet 2003, et durant toutes ces années-là, la générosité de sympathisants comme vous a permis à notre équipe de s’épanouir et de se développer. N’hésitez pas à nous aider à célébrer notre 20e anniversaire en renouvelant votre soutien aujourd’hui ! Vos dons sont essentiels pour nous permettre de continuer à produire et à partager des contenus médiatiques catholiques, joyeux et pleins d’espérance. Pouvons-nous compter sur vous ?

Nous sommes très reconnaissants de votre fidélité. Grâce à votre appui continu nous pourrons poursuivre notre mission pendant des décennies.

Cette offre (des deux mois gratuits) est valable pour les nouveaux comptes qui s’inscrivent en utilisant le code promotionnel : SLMEDIA20 ; et ce, entre le 1er juillet à minuit HE jusqu’au 31 juillet 2023 à 23h59 HE (Heure de l’Est). L’essai gratuit prendra fin après les deux mois. Aucun achat n’est nécessaire. 

 

Mise en place d’un nouvel abonnement à Sel + Lumière Plus :

1.Cliquez ici : https://slmedia.org/fr/endirect/ ou ouvrez votre navigateur et allez sur https://slmedia.org/fr/endirect/

2.Vous devriez voir une fenêtre floue au milieu de l’écran, avec un bouton bleu près du centre qui dit SOUSCRIRE en bleu. Cliquez sur SOUSCRIRE 

REMARQUE : Sel + Lumière Plus dispose d’un grand nombre de vidéos de qualité dans sa bibliothèque, et ce n’est pas uniquement le flux de télévision en direct. Il s’agit carrément de la manière la plus simple et la plus directe pour commencer.

 

Une boîte plus petite devrait apparaître. Vous verrez « CONNEXION / INSCRIPTION » en gris sous la bannière bleue « SLmédia », avec le terme « INSCRIPTION » déjà sélectionné.

3.Vous avez besoin d’une adresse électronique pour vous connecter. Choisissez l’une de vos adresses électroniques, cliquez sur «Email » et saisissez l’adresse électronique que vous avez choisie.
(Une traduction française des termes utilisés sera disponible sous peu.)

REMARQUE : Cette adresse sera l’adresse électronique liée à votre abonnement. Et elle sera donc celle que vous utiliserez chaque fois que vous vous connecterez à Sel + Lumière Plus.
Pour une aide supplémentaire, contactez-nous à l’adresse : assistance@slmedia.org

4.Cliquez sur « Confirmer Email » (ligne suivante) et saisissez la même adresse électronique.
5.Cliquez sur « Prénom » (ligne suivante) et tapez votre prénom.
6.Cliquez sur « Nom » (ligne suivante) et saisissez votre nom de famille.
7.Vous avez également besoin d’un mot de passe pour vous connecter. Choisissez un mot de passe, cliquez sur « Mot de passe » (ligne suivante) et tapez ce mot de passe.
8. Cliquez sur « Confirmer le mot de passe » (ligne suivante) et saisissez le même mot de passe. 

 

9.En dessous, vous verrez une petite case carrée à côté de « J’accepte la politique de confidentialité de Sel + Lumière Média. / I consent to Salt + Light Media’s Privacy Policy.* » Cliquez sur le petit carré pour qu’une coche apparaisse. Si vous souhaitez lire la politique de confidentialité, cliquez sur Politique de confidentialité. Un nouvel onglet s’ouvrira dans le navigateur, vous permettant de lire ce merveilleux jargon juridique ! Revenez ensuite à l’onglet contenant la boîte de connexion dans laquelle vous avez tapé (avec la bannière bleue de « SL média » en haut).

10.En dessous de la politique de confidentialité, vous verrez une autre petite case carrée à côté de « J’accepte les conditions* » . Cliquez sur le petit carré pour qu’une coche apparaisse. Si vous le souhaitez, cliquez sur Conditions et lisez d’autres textes juridiques merveilleux !

11.Cliquez sur « S’INSCRIRE » (longue case bleue sous « J’accepte les Conditions* »).

 

12.Le gestionnaire de mot de passe de votre navigateur peut apparaître. Il peut être judicieux de laisser le gestionnaire de mot de passe mémoriser vos informations de connexion pour vous, en particulier si ces informations sont difficiles à retenir. C’est plus sûr et plus pratique que de les écrire vous-même !

 

Vous avez maintenant enregistré votre compte et les étapes suivantes vous aideront à compléter votre abonnement et à accéder à l’ensemble du catalogue Sel + Lumière Plus. La fenêtre contextuelle (pop-up) passera automatiquement à la partie suivante de ce processus.

1.Pour l’instant, choisissez l’option « Monthly Subscription $3.99/month » (Abonnement mensuel pour 3,99 $ par mois). Cliquez sur celle-ci pour que son fond gris devienne blanc et qu’elle soit entourée d’une bannière bleue.

Note : Il ne vous sera pas demandé d’indiquer votre mode de paiement à ce stade : l’abonnement gratuit prendra automatiquement fin après la période de deux mois. Pour plus d’aide, contactez-nous à l’adresse : assistance@slmedia.org/fr/

2.En bas à droite de la petite boîte, vous verrez un bouton bleu avec le texte SUIVANT en blanc. Cliquez sur SUIVANT.

 

3.Une autre boîte apparaît ! Vers le milieu de la boîte, sous le texte « Je paie pour : Abonnement mensuel, un « Prix : 3.99 $ CAD / *billed every mois » (sera facturé chaque mois) ; se trouve la ligne qui dit « ajouter un coupon ». Cliquez sur « ajouter un coupon ».

 

4.Une ligne indiquant « code coupon » apparaît à la place de « ajouter le code ». Cliquez sur « code coupon » et tapez ou copiez et collez le code SLMEDIA20.

5.Attendez quelques instants que le système traite le code. Lorsque le traitement est terminé, une coche plus grande apparaît, avec la mention SUCCÈS ! en bleu.

6.En dessous, vous verrez une boîte bleue avec ACCÈS AU CONTENU en texte gris. Cliquez sur ACCÈS AU CONTENU.

 

7.Le flux de télévision en direct devrait commencer à être diffusé. Si ce n’est pas le cas, cliquez sur « Actualiser » dans votre navigateur.

8.Vous êtes maintenant inscrit pour deux mois gratuits offerts pour vous en lien avec de l’application de Sel + Lumière plus ! Cliquez sur le logo SLPlus en haut à gauche de la fenêtre pour explorer le large éventail de la Vidéothèque, sur demande, de Sel + Lumière Média.

Homélie du pape François lors de la solennité des saints Apôtres Pierre et Paul 2023

Le pape François présidant la messe solennelle des saints Apôtres Pierre et Paul, basilique Saint-Pierre au Vatican.

 

Le jeudi 29 juin 2023, le pape François a présidé la messe de la solennité des saints Apôtres Pierre et Paul de la basilique Saint-Pierre au Vatican.

Voici le texte intégral de l’homélie:

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique Saint-Pierre
Jeudi, 29 juin 2023

Pierre et Paul, deux Apôtres amoureux du Seigneur, deux colonnes de la foi de l’Église. Alors que nous contemplons leur vie, l’Évangile nous interpelle aujourd’hui avec la question que Jésus pose aux siens : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15). C’est la question fondamentale, la plus importante : qui est Jésus pour moi ? Qui est Jésus dans ma vie ? Regardons comment les deux Apôtres y ont répondu.

La réponse de Pierre pourrait se résumer en un mot : la suite. Pierre a vécu à la suite du Seigneur. Ce jour-là, à Césarée de Philippe, Jésus interrogea ses disciples. Pierre répondit avec une belle profession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16) ;une réponse impeccable, précise, ponctuelle, on pourrait dire une réponse parfaite de “catéchisme”. Mais cette réponse est le fruit d’un cheminement : ce n’est qu’après avoir vécu l’aventure fascinante consistant à suivre le Seigneur, après avoir marché avec Lui et derrière Lui pendant longtemps, que Pierre parvient à cette maturité spirituelle qui l’amène, par grâce, par pure grâce, à une profession de foi si limpide.

L’évangéliste Matthieu nous raconte en effet que tout avait commencé sur les rives de la mer de Galilée, lorsque Jésus était passé et l’avait appelé, avec son frère André ; et « aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 20).Pierre a tout laissé pour se mettre à la suite du Seigneur. Et l’Évangile souligne “aussitôt”. Pierre n’a pas dit à Jésus qu’il devait y réfléchir, il n’a pas fait de calculs pour voir si cela lui convenait, il n’a pas cherché d’alibi pour reporter la décision ; il a laissé ses filets et l’a suivi, sans demander aucune sécurité à l’avance.Il devait tout découvrir au jour le jour, à la suite, en suivant Jésus et en marchant derrière Lui. Et ce n’est pas par hasard que les dernières paroles, rapportées dans les Évangiles, que Jésus lui adresse sont : « Toi, suis-moi » (Jn 21, 22), c’est cela se mettre à sa suite.

Pierre nous dit qu’à la question “qui est Jésus pour moi ?”, il ne suffit pas de répondre par une formule doctrinale irréprochable, pas même avec une idée que nous nous sommes faite une fois pour toutes. Non. C’est en nous mettant à la suite du Seigneur que nous apprenons chaque jour à Le connaître. C’est en devenant ses disciples et en accueillant sa Parole que nous devenons ses amis et que nous faisons l’expérience de son amour qui nous transforme.Pour nous aussi, retentit cet “aussitôt”. Si nous pouvons reporter beaucoup de choses dans la vie, suivre Jésus ne peut être reporté ; pour cela on ne peut hésiter, on ne peut trouver d’excuses. Faisons attention car certaines excuses sont revêtues de spiritualité, comme lorsque nous disons “Je ne suis pas digne”, “Je ne suis pas capable”, “moi, qu’est-ce que je peux faire ?”. C’est là une ruse du diable qui nous vole la confiance en la grâce de Dieu, en nous faisant croire que tout dépendrait de nos capacités.

Nous détacher de nos sécurités – sécurités terrestres -, immédiatement, et suivre Jésus chaque jour : voilà la consigne que Pierre nous donne aujourd’hui en nous invitant à être une Église-à-la-suite.Une Église-à-la-suite. Une Église qui veut être disciple du Seigneur et humble servante de l’Évangile. De cette manière seulement elle sera capable de dialoguer avec tous, et devenir un lieu d’accompagnement, de proximité et d’espérance pour les femmes et les hommes de notre temps. Seulement de cette manière, même la personne la plus éloignée qui nous regarde souvent avec méfiance ou indifférence pourra enfin reconnaître avec le Pape Benoît : « L’Église est le lieu de rencontre avec le Fils du Dieu vivant et, ainsi, elle est le lieu de rencontre entre nous » (Homélie du 2ème Dimanche de l’Avent, 10 décembre 2006).

Et maintenant venons-en à l’Apôtre des nations. Si la réponse de Pierre consiste dans la suite, celle de Paul se trouve dans l’annonce, l’annonce de l’Évangile. Pour lui aussi, tout a commencé par grâce, à l’initiative du Seigneur. Sur le chemin de Damas, alors qu’il persécutait avec fierté les chrétiens, barricadé dans ses convictions religieuses, Jésus ressuscité vient à sa rencontre et l’aveugle de sa lumière. Mieux, grâce à cette lumière, Saul réalise à quel point il est aveugle. Enfermé dans l’orgueil de sa rigide observance, il découvre en Jésus l’accomplissement du mystère du salut. Il considère désormais toutes ses sécurités humaines et religieuses comme des “ordures” par rapport à la sublimité de la connaissance du Christ (cf. Ph 3, 7-8). Paul consacre ainsi sa vie à parcourir la terre et la mer, les villes et les villages, sans se soucier des difficultés et des persécutions, pour annoncer Jésus-Christ. En regardant son histoire, il semble presque que, plus il annonce l’Évangile, plus il connaît Jésus. L’annonce de la Parole aux autres lui permet de pénétrer les profondeurs du mystère de Dieu, à lui Paul qui a écrit « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16) ; à lui qui confesse : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 21).

Par conséquent, Paul nous dit qu’à la question “qui est Jésus pour moi ?”, on ne répond pas par une religiosité intimiste qui nous laisserait tranquilles, sans nous laisser ébranler par le souci d’apporter l’Évangile aux autres. L’Apôtre nous enseigne que nous grandissons dans la foi et dans la connaissance du mystère du Christ d’autant plus que nous sommes ses annonciateurs et témoins.  Et cela arrive toujours : quand nous évangélisons, nous sommes évangélisés.C’est une expérience de tous les jours : quand nous évangélisons, nous sommes évangélisés. La Parole que nous apportons aux autres nous revient parce que, dans la mesure où nous donnons, nous recevons beaucoup plus (cf. Lc 6, 38).  Et cela est également nécessaire à l’Église aujourd’hui : mettre l’annonce au centre. Être une Église qui ne se lasse pas de se répéter : “Pour moi, vivre c’est le Christ” et “Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile”. Une Église qui a besoin d’annoncer comme d’oxygène pour respirer ; qui ne peut pas vivre sans transmettre l’étreinte de l’amour de Dieu et la joie de l’Évangile.

Frères et sœurs, célébrons Pierre et Paul. Ils ont répondu à la question fondamentale de la vie – qui est Jésus pour moi ? – en suivant le Christ et en annonçant l’Évangile. Il est beau de grandir comme une Église à la suite, comme une Église humble qui ne tient jamais pour acquise la recherche du Seigneur. Il est beau de devenir une Église extravertie, qui ne trouve pas sa joie dans les choses du monde mais dans l’annonce de l’Évangile au monde, pour semer dans le cœur des personnes la question de Dieu. Porter partout, avec humilité et joie, le Seigneur Jésus : dans notre ville de Rome, dans nos familles, dans les relations et les quartiers, dans la société civile, dans l’Église, dans la politique, dans le monde entier, spécialement là où se trouvent la pauvreté, la dégradation, la marginalisation.

Et, aujourd’hui, alors que certains de nos frères Archevêques reçoivent le Pallium, signe de la communion avec l’Église de Rome, je voudrais leur dire : soyez des apôtres comme Pierre et Paul. Soyez des disciples à la suite et des apôtres de l’annonce, apportez la beauté de l’Évangile partout, à tout le Peuple de Dieu. Et enfin, je désire adresser mon salut affectueux à la Délégation du Patriarcat Œcuménique, envoyée par le très cher Frère Sa Sainteté Bartholomée. Merci pour votre présence, merci : avançons ensemble, avançons ensemble à la suite et dans l’annonce de la Parole, en grandissant dans la fraternité. Que Pierre et Paul nous accompagnent et intercèdent pour nous tous.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Audience générale du pape François – 28 juin 2023

Statue de Sainte Marie-de-la-Croix à la cathédrale Sainte Marie de Sydney. Wikimedia Commons.

Lors de l’audience générale d’aujourd’hui, le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les saints exemples de zèle apostolique en évoquant la vie et la mission de sainte Marie MacKillop. Il a déclaré qu’« une caractéristique essentielle de son zèle pour l’Évangile était son souci des personnes pauvres et marginalisées », ce qui « poussait Marie à aller là où d’autres ne voulaient pas ou ne pouvaient pas aller », à savoir leur offrir une éducation catholique qui consiste à « accompagner et encourager les étudiants sur le chemin de la croissance humaine et spirituelle, en leur montrant combien l’amitié avec Jésus ressuscité élargit le cœur et rend la vie plus humaine. »

Voici le texte intégral:

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui nous devons faire preuve d’un peu de patience avec cette chaleur ! Merci d’être venus par cette chaleur, par ce soleil, merci beaucoup de votre visite !

Dans cette série de catéchèses sur le zèle apostolique, nous allons à la rencontre de quelques figures exemplaires d’hommes et de femmes de tous temps et lieux, qui ont donné leur vie pour l’Évangile. Aujourd’hui, nous allons loin en Océanie, un continent composé de nombreuses îles, grandes et petites. La foi au Christ, que tant d’émigrants européens ont apportée sur ces terres, s’est rapidement enracinée et a porté des fruits abondants (cf. Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Oceania, n. 6). Parmi eux se trouve une religieuse extraordinaire, Sainte Mary MacKillop (1842-1909), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, qui a consacré sa vie à la formation intellectuelle et religieuse des pauvres dans les régions rurales d’Australie.

Mary MacKillop naît près de Melbourne de parents écossais émigrés en Australie. Jeune fille, elle se sentit appelée par Dieu à le servir et à témoigner de lui, non seulement par des mots, mais surtout par une vie transformée par la présence de Dieu (cf. Evangelii gaudium, 259). Comme Marie Madeleine, qui, en premier rencontra Jésus ressuscité et fut envoyée par Lui pour porter l’annonce aux disciples, Mary était convaincue qu’elle aussi était envoyée pour répandre la Bonne Nouvelle et attirer d’autres personnes à la rencontre du Dieu vivant.

En lisant avec sagesse les signes des temps, elle comprit que le meilleur moyen d’y parvenir était à travers l’éducation des jeunes, considérant que l’éducation catholique est une forme d’évangélisation. C’est une excellente forme d’évangélisation. Ainsi, si l’on peut dire que « chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile » (Exhortation apostolique Gaudete et exsultate, 19), Mary MacKillop l’a été surtout à travers la fondation d’écoles.

Une caractéristique essentielle de son zèle pour l’Évangile était son souci des personnes pauvres et marginalisées. Et ceci est très important : sur le chemin de la sainteté, qui est le chemin chrétien, les pauvres et les marginaux sont les protagonistes et une personne ne peut pas avancer dans la sainteté si elle ne se consacre pas aussi à eux, d’une manière ou d’une autre. Eux, qui ont besoin de l’aide du Seigneur, portent la présence du Seigneur. J’ai lu un jour une phrase qui m’a frappé : “Le protagoniste de l’histoire est le mendiant : les mendiants sont ceux qui attirent l’attention sur l’injustice, qui est la grande pauvreté du monde” ; l’argent est dépensé pour fabriquer des armes et non pour produire des repas… Et n’oubliez pas : il n’y a pas de sainteté si, d’une manière ou d’une autre, on ne prend pas soin des pauvres, des indigents, de ceux qui sont un peu en marge de la société. Ce soin des pauvres et des marginaux poussait Mary à aller là où d’autres ne voulaient pas ou ne pouvaient pas aller. Le 19 mars 1866, jour de la fête de Saint Joseph, elle ouvrit la première école dans une petite banlieue dans le sud de l’Australie. De nombreuses autres suivirent, qu’elle et ses sœurs fondèrent dans les communautés rurales d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Elles se sont multipliées, parce que le zèle apostolique fait ceci : il multiplie les œuvres.

Mary MacKillop était convaincue que le but de l’éducation est le développement intégral de la personne, à la fois comme individu et comme membre de la communauté, et que cela exige sagesse, patience et charité de la part de chaque enseignant. En effet, l’éducation ne consiste pas à remplir la tête d’idées : non, il ne s’agit pas seulement de cela. En quoi consiste l’éducation ? Il s’agit d’accompagner et d’encourager les étudiants sur le chemin de la croissance humaine et spirituelle, en leur montrant combien l’amitié avec Jésus ressuscité élargit le cœur et rend la vie plus humaine. Éduquer, c’est aider à bien penser, à bien comprendre – le langage du cœur – et à bien agir – le langage des mains. Cette vision est pleinement d’actualité aujourd’hui, où nous ressentons le besoin d’un “pacte éducatif” capable d’unir les familles, les écoles et la société dans son ensemble.

Le zèle de Mary MacKillop pour la diffusion de l’Évangile parmi les pauvres l’a également conduite à entreprendre plusieurs autres œuvres caritatives, à commencer par la ” Maison de la Providence ” ouverte à Adélaïde pour accueillir les personnes âgées et les enfants abandonnés. Mary avait une grande foi en la Providence de Dieu : elle a toujours été convaincue que, en toutes circonstances, Dieu pourvoyait à tout. Mais cela ne lui épargnait pas les angoisses et les difficultés liées à son apostolat, et Mary avait de bonnes raisons pour cela : il fallait payer les factures, traiter avec les évêques et les prêtres locaux, gérer les écoles et veiller à la formation professionnelle et spirituelle de ses sœurs ; et, plus tard, les problèmes de santé. Malgré tout, elle est restée calme, portant patiemment la croix qui fait partie intégrante de la mission.

Un jour, en la fête de l’Exaltation de la Croix, Marie a dit à l’une de ses consœurs : “Ma fille, depuis de nombreuses années, j’ai appris à aimer la Croix”. Elle n’a pas baissé les bras dans les moments d’épreuve et d’obscurité, lorsque sa joie était assombrie par l’opposition, le rejet. Vous voyez : tous les saints ont été confrontés à des oppositions, même au sein de l’Église. C’est curieux. Elle aussi, elle en a rencontré. Elle restait convaincue que même lorsque le Seigneur lui donnait “le pain de l’affliction et l’eau de la tribulation” (Is 30,20), le Seigneur lui-même aurait vite répondu à son cri et l’aurait entourée de sa grâce. Cela est le secret du zèle apostolique : la relation permanente avec le Seigneur.

Frères et sœurs, que la vie de disciple missionnaire de Sainte Mary MacKillop, sa réponse créative aux besoins de l’Église de son temps, son engagement dans la formation intégrale des jeunes nous inspirent tous aujourd’hui, nous qui sommes appelés à être ferment de l’Évangile dans nos sociétés en mutation rapide. Que son exemple et son intercession soutiennent le travail quotidien des parents, des enseignants, des catéchistes et de tous les éducateurs, pour le bien des jeunes et pour un avenir plus humain et plein d’espoir.

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de la Libreria Editrice Vaticana

Saint Paul VI, pape du dialogue élu il y a 60 ans

Le pape Paul VI avec le cardinal Albino Luciani, le futur Jean-Paul Ier. Wikimedia Commons.

Qui est Paul VI et pourquoi est-ce qu’il est important pour nous aujourd’hui ? Canonisé en 2018, Paul VI a été élu pape il y a 60 ans, le 21 juin 1963. C’était en plein milieu du Concile Vatican II, qui avait été convoquée par le pape Jean XXIII. C’est Jean XXIII qui a eu l’intuition de lancer un concile pour ouvrir les fenêtres de l’Église, pour que l’Église puisse mieux accomplir sa mission dans le monde aujourd’hui. Malheureusement, Jean XXIII est décédé quelques mois après le début du concile. Il revenait à son successeur de prendre sa suite. De fait, le nouveau pape aurait même pu arrêter le concile ou changer de direction. Paul VI a choisi tout de suite de continuer l’élan du concile et de porter ses travaux à terme. Avec Jean XXIII, il est alors « le pape du Concile » qui a travaillé ardemment pour le renouveau de l’Église dans le monde moderne. 

Giovanni Battista Montini en mille huit-cent quatre-vingts dix-sept près de Brescia dans le nord de l’Italie, il a été diplomate du Vatican en Pologne, aumônier universitaire à Rome, adjoint au Secrétaire d’État du Vatican et bras droit du pape Pie XII, avant d’être nommé archevêque de Milan, sa dernière mission avant d’être élu pape. 

Sa première encyclique, Ecclesiam Suam, qui se traduit par « Son Église » c’est-à-dire l’Église du Christ, était un fort appel au dialogue. C’était le moment où l’Église s’ouvrait au terrain peu connu et tout nouveau du dialogue avec d’autres chrétiens en dehors de l’Église catholique et avec d’autres religions telles que le judaïsme, l’islam, le bouddhisme, l’hindouisme. Les voyages de Paul VI montrent bien son ouverture au monde et aux autres traditions religieuses. Il a été le premier pape à visiter la Terre Sainte, où il a rencontré le patriarche Athénagoras. Tous les deux, ils ont enlevé les excommunications mutuelles entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique, un grand moment pour l’œcuménisme. 

Paul VI a été également le premier pape à voyager en avion, allant à New York au siège des Nations unies pour plaidoyer pour la paix dans les années tendues de la Guerre froide. Ayant lui-même vécu les deux guerres mondiales, il a déclaré à l’ONU : « Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C’est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité ! » Il est aussi allé en Inde pour rencontrer la diversité culturelle et religieuse du pays dans un esprit de dialogue et de fraternité. 

Paul VI a également souligné la joie de la vie chrétienne, sur lequel il a écrit son exhortation Gaudete in Domino, « Réjouissez-vous dans le Seigneur ! » Son exhortation Evangelii Nuntiandi, « Pour annoncer l’Évangile » est une boussole pour l’évangélisation qui peut nous inspirer encore aujourd’hui, afin de témoigner au Christ dans le monde contemporain. « L’Église existe pour évangéliser », a-t-il dit, à nous de trouver des moyens les plus féconds de répandre la saveur de l’Évangile dans chaque culture et dans chaque époque.  

Paul VI a donné à l’Église « un magistère de la main tendue », comme celle du Bon Samaritain, signe de l’ouverture à l’autre, au dialogue, à la solidarité et à la fraternité. Paul VI croyait profondément que l’Église a quelque chose à recevoir des diverses cultures du monde, qu’il vaut mieux être en solidarité plutôt qu’en conflit, et que Dieu se révèle à nous à travers nos relations avec ceux qui sont différents de nous. Lisons ses documents et inspirons-nous de ses enseignements afin de renouveler notre mission aujourd’hui.

De nos jours, le pape François a repris le flambeau de Paul VI, proposant à l’Église d’être en sortie à la rencontre de tous et de toutes, pour partager la joie du Christ et accomplir la mission que Dieu nous confie au service de la grande famille humaine

Saint Paul VI, pape du dialogue, priez pour nous. 

Secured By miniOrange