Quel avenir pour les chrétiens d’Irak ?

Displaced people flee violence in Iraq

« Ils nous ont dit que nous devions être massacrés parce que nous étions chrétiens. Mais nous avons prié, et nous avons été épargnés ». C’est le récit d’une irakienne qui a survécu à la barbarie de l’État Islamique. Réfugiée aujourd’hui en Jordanie, elle se rappelle le son du haut-parleur dans la nuit du 18 juillet 2014 : « vous chrétiens vous devez choisir entre l’islam, être tués, payer la taxe, ou quitter vos maisons ». « Nous sommes restés fermes dans notre foi en Jésus-Christ, explique-t-elle au Franciscan Media Center, alors nous avons tout quitté, et nous avons pris la route avec quelques vêtements et très peu d’affaires ».

Comme elle, plus de deux millions d’irakiens ont quitté leur maison pour se réfugier dans les régions voisines. Il y a six mois, les chrétiens, mais aussi des milliers de yézidis, tentaient de fuir la mort, sous la chaleur écrasante de l’été. Aujourd’hui, ils doivent affronter la rigueur de l’hiver, avec très peu de ressources, et une aide internationale insuffisante pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

Le temps passe, donc, mais la situation ne s’améliore pas. C’est le constat de Carl Hétu, directeur national de l’Association catholique d’aide à l’Orient (CNEWA). Tout juste rentré d’une visite au Moyen-Orient, il déplore une situation qui s’aggrave : « il y a plus de souffrance humaine, plus de désespoir, plus de réfugiés, plus d’homicides, plus de problèmes sociaux, plus de récession économique ». « Mais malgré tout, nuance-t-il, les gens gardent espoir ».

« Si ce n’était pas à cause de notre foi, nous n’aurions pas tout quitté pour venir ici. C’est au nom du Christ que nous l’avons fait, et nous sommes fiers de son nom et de ce qu’il a fait pour nous », témoigne encore une réfugiée, dont le sort a été comparé par le Pape à celui de Jésus. «  Vous êtes comme Jésus la nuit de sa nativité : il n’y avait pas de place pour lui, il a été chassé et il a dû fuir pour se sauver » a dit le Pape aux réfugiés irakiens du camp d’Ankawa, en banlieue d’Erbil, lors d’un appel téléphonique la veille de Noël.

En Jordanie, où sont réfugiés selon Caritas près de 7000 chrétiens d’Irak, 18 paroisses ont ouvert leurs portes pour venir en aide aux déplacés. La paroisse catholique Marie Mère de l’Église, à Amman, est pour ainsi dire une vraie mère pour de nombreux chrétiens. « Les gens arrivés ici ne possédaient plus rien. Voilà pourquoi ils ont besoin d’urgence de tout ce qui pourrait leur être d’une quelconque utilité, comme des chaussures, des vêtements, des couvertures et des médicaments. Viennent s’y ajouter les repas quotidiens pour 200 familles » raconte le curé de la paroisse, le père Khalil Jaar.

« Il nous donne tout : la nourriture, l’eau. Il a même ouvert une école pour nos enfants en âge d’être scolarisés. C’est une bonne chose » se félicite un homme, réfugié dans la paroisse avec sa famille. « Mais jusqu’à quand allons-nous rester comme ça ? » S’interroge-t-il.

Dans cette même paroisse, témoins de l’horreur, et confrontés à la misère qui les entoure, les réfugiés n’ont qu’une seule envie, celle de commencer une nouvelle vie. « Je suis prêt à aller ici ou là, mais pas retourner en Irak. Je veux retrouver du travail, envoyer mes filles à l’école, et leur offrir un avenir » confie avec émotion un autre père de famille.

C’est dans ce bien triste contexte qu’une milice chrétienne, de plus de 3000 soldats, est actuellement constituée pour faire face aux djihadistes de l’État Islamique. Les assyriens, avec l’aide de yézidis, veulent ainsi récupérer le territoire qui leur a été volé. Une terre chrétienne depuis des milliers d’années, qui comptait il y a dix ans plus d’un million de chrétiens, et qui aujourd’hui n’en compte plus que 400 000.

Un carême contre « la mondialisation de l’indifférence »

MAN BEGS IN BUDAPEST, HUNGARY

Ce mardi 27 janvier le pape François rendait public son message de carême 2015. Dans cette lettre, intitulée « Tenez-ferme ! », le Pape s’arrête largement sur « la mondialisation de l’indifférence ». Une expression qui fait écho à son homélie, prononcée en juillet 2013, lors de son voyage à Lampedusa. En évoquant les migrants morts en mer, il dénonçait alors « la culture du bien-être qui nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais qui ne sont rien. Elles sont l’illusion de la futilité, du provisoire, qui mène à l’indifférence, plus encore, à la mondialisation de l’indifférence ».

« Le carême, écrit le Pape en introduction de son message, est un temps de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle ». « Dieu n’est pas indifférent à nous…mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres, nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent…alors notre cœur tombe dans l’indifférence ». Cette attitude égoïste déplore le pape, « a pris aujourd’hui une dimension mondiale ».

Pour dépasser l’indifférence donc, le Souverain pontife propose dans son message trois pistes à méditer :

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Il évite aujourd’hui la flagellation

badawi

En Arabie Saoudite, Raïf Badawi échappe ce jour à 50 coups de fouet. Pour la deuxième semaine consécutive le jeune homme ne sera pas fouetté, « pour des raisons de santé ». La semaine dernière les plaies des premiers coups n’avaient pas suffisamment cicatrisé, et cette semaine, un avis médical le déclare une fois encore inapte à la flagellation. Aujourd’hui donc il ne s’agit pas d’une grâce, mais d’un répit médical.

Détenu depuis juin 2012 à la prison de Briman, à Djeddah, le blogueur de 31 ans a été condamné en novembre 2014 à 1000 coups de fouets et 10 ans d’emprisonnements pour « insulte à l’islam ». Selon l’ONG Human Rights Watch, il lui est notamment reproché d’avoir critiqué, sur son blogue, plusieurs dignitaires religieux de son pays. Et selon sa femme, le procès portait essentiellement sur ses déclarations de 2010 auprès d’une chaîne de télévision française : « un athée a le droit de dire ce qu’il veut …et personne n’a le droit de lui réclamer des comptes pour ses opinions ».

Pour s’être ainsi exprimé, le jeune blogueur a reçu ses 50 premiers coups de fouet en public, vendredi 9 janvier, après la prière devant une mosquée à Djeddah. Ce rituel devait s’étendre sur 20 semaines, chaque vendredi, à raison de 50 coups de fouet. Un traitement inhumain qui scandalise la communauté internationale.

L’Union européenne appelle les autorités saoudiennes à suspendre de nouveaux châtiments corporels. « Ce type d’acte n’est pas conforme avec les conventions internationales sur les droits de l’Homme, notamment la convention contre la torture qui a été ratifié par l’Arabie Saoudite ».
« Au lieu de continuer à tourmenter Raïf Badawi en éternisant son calvaire avec des examens [médicaux] répétés, les autorités devraient annoncer publiquement la fin de sa flagellation et le libérer immédiatement et sans condition », a déclaré Saïd Boumedouha d’Amnistie internationale.

La femme de Badawi, ainsi que ses trois enfants, sont aujourd’hui réfugiés à Sherbrooke, dans la province du Québec, où se multiplient les rassemblements de soutien à la famille. Ils demandent au gouvernement canadien d’intervenir afin de faire libérer Raïf.

La mort, ce vendredi, du roi Abdallah « va peut-être permettre une certaine clémence pour la situation du jeune blogueur », estime une journaliste depuis la capitale saoudienne.

Plus d’oppression et moins de liberté pour les chrétiens en 2014

Les chrétiens constituent aujourd’hui le groupe religieux le plus persécuté dans le monde. En effet, au moins 4344 chrétiens ont été assassinés en 2014 à cause de leur foi, et les chiffres sont en constante augmentation. C’est ce qui ressort de l’Index Mondial de Persécution 2015, publiée ce mois-ci par l’ONG Portes Ouvertes. L’organisation protestante recense chaque année les 50 pays où les chrétiens subissent les plus graves discriminations. D’après leurs informations, c’est au Nigeria que coule le plus de sang chrétien. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, on dénombre 2484 chrétiens tués en 2014, c’est quatre fois plus qu’en 2013. Vient ensuite la Centrafrique, avec plus de 1088 assassinats.

Même si c’est au Nigeria qu’il y a eu le plus de chrétiens exécutés l’année dernière, c’est en Corée du Nord, en revanche, que la persécution est la plus forte. En tête de classement dans l’Index depuis 12 ans, la Corée du Nord reste le pays le plus répressif à l’encontre de la foi chrétienne. Mais pour la première fois, 2 autres pays font leur entrée dans la catégorie noire (persécution absolue) de l’Index. La Somalie et l’Irak sont ainsi les deuxième et troisième pays où la persécution anti-chrétienne atteint son paroxysme.

La persécution, explique-t-on dans le rapport, peut s’exercer sous différentes formes : de manière visible, par la violence physique et matérielle. Et de manière plus sournoise, par l’oppression quotidienne à travers le rejet, la discrimination, l’exclusion…

Quelle que soit sa forme, la persécution contre les chrétiens s’intensifie. Elle est présente en Afrique, Asie, Amérique et Europe, même dans les pays à majorité chrétienne. « Il y a plus de persécution, plus d’oppression, moins de liberté » déplore Michel Varton, président de Portes Ouvertes. Interrogé par Radio Vatican, il explique que « pour chaque pays les facteurs de persécution sont différents », mais selon lui, l’islamisme est un facteur que l’on retrouve un peu partout. « C’est clair qu’il y a quelque chose qui se passe au sein du monde musulman et qu’il y a un impact à travers le monde, en particulier envers l’Église ».

D’après l’Index Mondial, l’islamisme est en effet à l’origine des persécutions dans 40 des 50 pays figurant dans le document, que ce soit en matière de persécution violente ou d’oppression. Et sur les 10 pays où les chrétiens subissent le plus de violence, 8 connaissent une radicalisation islamique : Nigeria, Irak, Syrie, Centrafrique, Soudan, Pakistan, Egypte, Kenya.

Parmi les tendances relevées par l’ONG, on note que de plus en plus de chrétiens sont chassés de chez eux. Ils ont dû fuir la persécution, créant un flot énorme de réfugiés et de déplacés vivant dans une extrême précarité. En Syrie par exemple, 40% de la population chrétienne a quitté le pays. Sur les 1.8 million de chrétiens que comptait le pays avant la guerre, 700 000 sont partis. En Irak, depuis l’été dernier, 140 000 chrétiens ont été déplacés et 5000 familles chrétiennes ont émigré. Au Nigeria, des milliers de chrétiens ont été chassés de chez eux par Boko Haram. En Erythrée, ils quittent le pays pour échapper à la prison.

Les chiffres publiés dans l’Index Mondial de Persécution « sont probablement en dessous de la réalité » souligne l’ONG Portes Ouvertes, car « de nombreux assassinats sont très certainement passés sous silence ». Ils révèlent néanmoins que le meurtre en raison de la foi chrétienne est une dramatique réalité aujourd’hui.

L’Église condamne l’attentat contre Charlie Hebdo, le Pape prie pour les victimes

Pope Francis gestures as he leads Angelus at Vatican Jan. 1
Ce jeudi 8 janvier 2015 la France est sous le choc. Une journée de deuil national a été décrétée, les drapeaux sont en bernes, l’émotion est totale. L’attentat perpétré la veille à Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo a coûté la vie à 12 personnes, en blessant 11 autres. Cette attaque terroriste est la plus meurtrière en France depuis 50 ans. Elle a été orchestrée par 3 individus cagoulés, lourdement armés, criant « Allah akbar ! Nous avons vengé le Prophète ! ». Face à cette horreur, les responsables politiques français appellent à l’unité nationale, tandis que les réactions internationales abondent. Indignation. Condamnation. Solidarité.

Dès hier soir, le Pape exprimait sa « plus ferme condamnation pour l’horrible attentat ». Le Souverain Pontife participe dans la prière à la souffrance des blessés et des familles défunts. Il exhorte tout le monde à « s’opposer par tous les moyens à la diffusion de la haine et de toute forme de violence, physique et morale, qui détruit la vie humaine, viole la dignité des personnes, mine radicalement le bien fondamental de la cohabitation pacifique entre les personnes et les peuples, malgré les différences de nationalité, de religion et de culture ». Par la voie du directeur de la salle de presse du Saint-Siège le Saint-Père rappelle que « quelle que puisse être la motivation, la violence homicide est abominable, jamais justifiable. La vie et la dignité de tous doivent être garanties et défendues avec décision, toute instigation à la haine refusée, le respect de l’autre cultivé ».

Ce jeudi matin le Souverain pontife célébrait la messe à l’intention de victimes et de leurs familles. Il dénonçait dans son homélie cette « cruauté humaine » et le « terrorisme ». En priant pour les victimes de cette barbarie, le Saint-Père a également demandé que le seigneur change le cœur de ses auteurs. Souhaitant que le cœur de l’homme soit converti par l’amour de Dieu.

Avec la même émotion, les évêques de France condamnent cet acte abominable. Dans un communiqué, la Conférence des Évêques de France exprime sa « profonde émotion et l’horreur » que provoque un tel geste. « Une telle horreur est inqualifiable. Rien ne peut justifier une telle violence. Elle touche la liberté d’expression, élément fondamental de notre société. Cette société, constituée de diversités de toutes sortes, doit travailler sans cesse à la construction de la paix et de la fraternité. La barbarie ainsi exprimée dans cet assassinat nous blesse tous. Dans cette situation où la colère peut nous envahir, nous devons plus que jamais redoubler d’attention à la fraternité fragilisée et à la paix toujours à consolider ».

De l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, l’Église catholique de Québec est en communion avec l’Église de France. Les cloches de la cathédrale Notre-Dame de Québec sonnaient le glas à midi ce jeudi, en solidarité avec Notre-Dame de Paris qui lançait l’initiative. Alors que la France est en deuil, la presse mondiale se drape de noir.

Au Pakistan, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème

Il y a un an, Benoît XVI renonçait à sa charge

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Une onde de choc s’abattait sur le Vatican il y a un an, et le monde entier a ressenti la secousse. C’était le 11 février 2013. Benoît XVI prenait tout le monde de court en annonçant  qu’il renonçait à poursuivre son pontificat. Ce fameux lundi, lors d’un consistoire ordinaire, Benoît XVI, déclarait en latin : « Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère pétrinien ». Une décision « grave » admettait-il, et d’une grande importance pour la vie de l’Église. Son secrétaire personnel, Mgr Georg Gänswein, se rappelle de cette journée très particulière, dans une entrevue accordée au Centre Télévisé du Vatican, dont un extrait est relayé par Radio Vatican : « Les sentiments après l’annonce de la renonciation étaient la tristesse mais aussi de la gratitude. Il est certain que partir est toujours quelque chose de triste, qui fait mal et qui est douloureux. Mais, il y avait aussi ce sentiment de gratitude pour ces années où j’ai pu vivre aux côtés d’un grand Pape ». Même s’il connaissait déjà la décision de Benoît XVI, il avoue avoir été « secoué » au moment de l’annonce.

Le pape émérite pourtant, n’avait pas caché cet éventuel départ. Dans Lumière du Monde, publié en 2010, Benoît XVI déclarait : « Quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer ». Son entourage proche, affirme le porte-parole de la salle de presse du Saint-Siège, avait déjà compris qu’il menait une réflexion sur cette question. « C’est un thème sur lequel le Pape priait, réfléchissait, menait un discernement spirituel » confie le père Federico Lombardi.

Pour le porte-parole du Pape, comme pour son secrétaire personnel, il s’agit d’un geste courageux. À l’image d’ailleurs, de son pontificat. Huit années difficiles, parfois délicates, mais riches. Sans jamais fuir les polémiques qui les ont jalonnées. Benoît XVI a affronté avec détermination la crise des prêtres pédophiles, il a institué une autorité financière au Vatican, il a tendu la main aux fidèles de Mgr Lefebvre, il a fait preuve d’une  profonde dignité face au scandale du Vatileaks, allant jusqu’ à gracier celui qui l’avait trahi. Bref, en huit ans il aura sérieusement marqué l’histoire de l’Église.

Profondément enraciné dans la foi, Benoît XVI a privilégié la dimension religieuse de son ministère, en accordant une large part de son pontificat à la théologie catholique. Il a notamment effectué 24 voyages apostoliques à travers le monde, rédigé trois encycliques, proclamé 44 nouveaux saints, et, chose extraordinaire, il a béatifié son prédécesseur, le pape Jean-Paul II, le pape de l’Espérance. Benoît XVI, lui, nous a davantage marqué par sa Foi, alors que le pape François s’illustre par sa Charité. Respectivement charismatique, contemplatif, et dépouillé, ces trois papes successifs incarnent avec des styles différents une belle continuité dans l’Église.

Reste que l’impact du pape François est phénoménal. « Un impact énorme » admet Mgr Gänswein, qui a été favorisé, dit-il, par la renonciation de Benoît XVI. « Il a ouvert une possibilité qui n’existait pas jusqu’alors et l’on a vu que le pape François a pris en main cette situation. On se réjouit qu’aujourd’hui ce soit comme cela ». Même analyse pour Romilda Ferrauto, responsable de la rédaction française de Radio Vatican : « Aujourd’hui l’Église catholique vit un moment de grâce, et on le doit aussi, et peut-être surtout, à Benoît XVI ».

Charles Le Bourgeois

Enlèvement d’un prêtre Français au Cameroun

pere georges vandenbeuschLe Père Georges Vandenbeusch, 42 ans, curé de paroisse dans le nord du Cameroun a été capturé dans la nuit de mercredi à jeudi, par la secte islamiste Boko Haram. Le prêtre, qui dépend du diocèse de Nanterre, en région parisienne, officiait depuis 2011 dans la paroisse de Nguetchewe, près de Koza, à quelques dizaines de kilomètres du Nigeria. Nonobstant les risques liés aux menaces terroristes et à la dangerosité de la zone, le curé  avait choisi de rester dans sa paroisse pour continuer l’exercice de sa mission auprès des fidèles. Il s’occupait notamment d’aider les réfugiés nigérians qui fuyaient les violences causées par Boko Haram. « Je veux rester au service des gens. Je sais que c’est difficile mais c’est difficile pour moi aussi », confiait-il il y a quelques jours à l’évêque de Maroua-Bokolo, diocèse dont dépend  sa paroisse.

Selon les témoignages recueillis par le diocèse, l’enlèvement a eu lieu aux alentours de 23h30. Les ravisseurs, une quinzaine d’hommes armés, s’en sont d’abord pris aux religieuses de la maison voisine, à qui ils ont réclamé de l’argent. Un laps de temps qui a permis au curé de contacter l’ambassade de France à Yaoundé. Les agresseurs se sont ensuite dirigés vers l’appartement du père Georges, où ils ont  « défoncé » la porte de sa chambre. « Ils ont tout saccagé. Ils cherchaient le coffre-fort, mais comme ils ne parvenaient pas à l’ouvrir, ils sont partis avec le père Georges » a expliqué le vicaire de la paroisse de Nguetchewe qui s’est rendu sur place après l’enlèvement.

Les ravisseurs ont laissé sur place des munitions de kalachnikov. Quelques heures après le rapt, une valise vide avec seulement un chéquier au nom du Père Georges a été retrouvée à un kilomètre de la paroisse, sur la route vers le Nigeria. Ils auraient filé en moto vers la région transfrontalière de Kerawa, une zone entièrement sous contrôle de Boko Haram.

En France, le soir même de son enlèvement, une veillée de prière était organisait dans son ancienne paroisse, à Saint-Jean-Baptiste de Sceaux, dans le diocèse de Nanterre. Soutien également des évêques de France dont le porte-parole, Mgr Bernard Podvin témoigne d’une vive émotion. Sur le site de la Conférence des Évêques de France il appelle « à porter le père Georges, ainsi que ses proches et ses paroissiens dans la prière, la pensée et la solidarité ». Le Vatican quand à lui dénonce la haine et la violence qui sévissent dans la région. « Il est douloureux d’observer combien de fois les chrétiens sont soumis en raison de leur foi et de leur témoignage à des douleurs et à des persécutions », a affirmé  le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège. « Nous espérons de tout cœur que le père Georges Vandenbeusch puisse retrouver la liberté », a-t-il ajouté.

Aujourd’hui plus de 3000 religieux, religieuses et prêtres Français sont en mission hors de France. Parmi eux, 165 sont des prêtres diocésains, envoyés pour la plupart en Afrique ou en Asie.

Pape François : six mois de pontificat

Pope arrives to lead general audience in St. Peter's Square at VaticanLes cardinaux sont venus le chercher « au bout du monde ». Une première dans l’histoire de l’Église, car jamais auparavant le siège de Pierre n’avait été occupé par un sud-américain. Ni même par un jésuite. C’est donc un profil « atypique »  qui est à la tête de l’Église depuis le 13 mars dernier. Et en six mois le pape François semble être parvenu à s’imposer. Il n’a pas peur de dire « Non », il casse allègrement le protocole, sans vergogne. Par ses gestes et par ses paroles le nouveau Pontife ne cesse de surprendre. La rédactrice en chef de la section française de Radio Vatican dira même qu’il crée un « véritable séisme », qui « secoue les catholiques, mais aussi les médias et l’opinion publique ». Loin de l’image traditionnelle que l’on se fait d’un souverain pontife, le pape François  reste un peu le cardinal Bergoglio, celui de Buenos Aires, le « bon pasteur ». Se mêlant ainsi aux foules, embrassant les malades, lavant les pieds des prisonniers, rencontrant les réfugiés, visitant les toxicomanes. Il se laisse volontiers prendre en photo, décroche son téléphone pour répondre à des lettres, et désormais, se déplace même en 4L.

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Avec sa porte sainte, Notre-Dame de Québec est « une autre Rome pour l’Amérique »

La capitale de la Belle Province est fière. Sa basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec abritera dans quelques mois la 7ème Porte sainte du monde. Un privilège octroyé par le Saint-Siège pour souligner le 350ème anniversaire de la première paroisse catholique d’Amérique du Nord. L’histoire de Notre-Dame de Québec, érigée en 1664 par Mgr François de Laval, est étroitement liée au développement de l’église canadienne. Et « cette porte sainte est une marque de reconnaissance, une manière de signifier que cette paroisse est une autre Rome pour l’Amérique » se félicite frère Thomas, directeur des expositions dans le cadre du 350ème anniversaire.

Les travaux de cette porte sainte ont officiellement commencé ce lundi, avec les 3 coups de marteau frappés par l’archevêque de la ville et primat du Canada, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, sur le mur en brique où sera érigée cette porte. « Fondés sur Jésus-Christ, sur la foi, nous désirons ardemment continuer d’écrire l’histoire sainte à Québec, en étant chacun à notre façon collaborateur de Dieu » a-t-il lancé lors de la cérémonie liturgique.

Pour le maire de la ville, Régis Labeaume, les festivités de ce jubilé ont un effet insoupçonné : « Québec est le diocèse fondateur en Amérique du Nord. C’est un évènement important et les gens n’ont pas idée du nombre de personnes qui viendront à Québec pour cette fête-là. Ça sera impressionnant », annonce-t-il.

Et pour cause. Cette porte Sainte, la première hors d’Europe, devrait attirer de nombreux fidèles dans une démarche de foi et de pèlerinage. La porte, qui ouvrira solennellement le 8 décembre en la fête de l’Immaculée Conception, restera ouverte tout au long de l’année jubilaire. Elle honorera ainsi « tous ceux et celles qui sont venus de France pour ouvrir la porte du Christ aux peuples d’Amérique », explique Mgr Lacroix. Et de conclure : « fiers de notre histoire, nous tournons maintenant notre regard vers l’avenir, confiant en la fidélité de Dieu ».

Ci-dessous la vidéo de l’évènement, (crédits: ECDQ)

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