L’Église condamne l’attentat contre Charlie Hebdo, le Pape prie pour les victimes

Pope Francis gestures as he leads Angelus at Vatican Jan. 1
Ce jeudi 8 janvier 2015 la France est sous le choc. Une journée de deuil national a été décrétée, les drapeaux sont en bernes, l’émotion est totale. L’attentat perpétré la veille à Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo a coûté la vie à 12 personnes, en blessant 11 autres. Cette attaque terroriste est la plus meurtrière en France depuis 50 ans. Elle a été orchestrée par 3 individus cagoulés, lourdement armés, criant « Allah akbar ! Nous avons vengé le Prophète ! ». Face à cette horreur, les responsables politiques français appellent à l’unité nationale, tandis que les réactions internationales abondent. Indignation. Condamnation. Solidarité.

Dès hier soir, le Pape exprimait sa « plus ferme condamnation pour l’horrible attentat ». Le Souverain Pontife participe dans la prière à la souffrance des blessés et des familles défunts. Il exhorte tout le monde à « s’opposer par tous les moyens à la diffusion de la haine et de toute forme de violence, physique et morale, qui détruit la vie humaine, viole la dignité des personnes, mine radicalement le bien fondamental de la cohabitation pacifique entre les personnes et les peuples, malgré les différences de nationalité, de religion et de culture ». Par la voie du directeur de la salle de presse du Saint-Siège le Saint-Père rappelle que « quelle que puisse être la motivation, la violence homicide est abominable, jamais justifiable. La vie et la dignité de tous doivent être garanties et défendues avec décision, toute instigation à la haine refusée, le respect de l’autre cultivé ».

Ce jeudi matin le Souverain pontife célébrait la messe à l’intention de victimes et de leurs familles. Il dénonçait dans son homélie cette « cruauté humaine » et le « terrorisme ». En priant pour les victimes de cette barbarie, le Saint-Père a également demandé que le seigneur change le cœur de ses auteurs. Souhaitant que le cœur de l’homme soit converti par l’amour de Dieu.

Avec la même émotion, les évêques de France condamnent cet acte abominable. Dans un communiqué, la Conférence des Évêques de France exprime sa « profonde émotion et l’horreur » que provoque un tel geste. « Une telle horreur est inqualifiable. Rien ne peut justifier une telle violence. Elle touche la liberté d’expression, élément fondamental de notre société. Cette société, constituée de diversités de toutes sortes, doit travailler sans cesse à la construction de la paix et de la fraternité. La barbarie ainsi exprimée dans cet assassinat nous blesse tous. Dans cette situation où la colère peut nous envahir, nous devons plus que jamais redoubler d’attention à la fraternité fragilisée et à la paix toujours à consolider ».

De l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, l’Église catholique de Québec est en communion avec l’Église de France. Les cloches de la cathédrale Notre-Dame de Québec sonnaient le glas à midi ce jeudi, en solidarité avec Notre-Dame de Paris qui lançait l’initiative. Alors que la France est en deuil, la presse mondiale se drape de noir.