Témoignages de Lourdes : entre le voyage familial et le pèlerinage

Statue de la Vierge couronnée de Lourdes. © Sel + Lumière Média, 2023

Chaque fois que je visite ma famille en France, je consacre une journée pour aller visiter Notre-Dame de Lourdes dans la région de Pau. C’est un pèlerinage que je trouve essentiel et qui m’aide à me ressourcer spirituellement. En fait, ça me permet de porter une réflexion sur ma vie chrétienne et me remplir de paix intérieure.

Lourdes est une petite ville nichée au pied des majestueuses montagnes des Pyrénées et comprend le site miraculeux où la sainte Vierge est apparue dix-huit fois à Bernadette Soubirous en 1858 (devenue sainte et canonisée le  8 décembre 1933 à la place Saint-Pierre au Vatican, par le pape Pie XI). Précisément dans la grotte de Massabielle qui est devenue un lieu de pèlerinage des fidèles de partout dans le monde. Cette destination est bien plus qu’une simple visite. Dans cette cité des souvenirs profonds sont gardés à l’intérieur de moi et m’accompagnent jusqu’à la visite suivante. En fait, j’ai visité Notre-Dame de Lourdes quatre fois.Chaque fois, je pensais que ma visite va être ordinaire puisque l’endroit est déjà vu ; je me surprends à savoir que c’est le contraire qui se passe. Je ressentais comme si j’étais à ma première visite, toujours éblouie, émerveillée et envahie par les mêmes sentiments.

Lourdes est un lieu de refuge pour les malades du monde entier. Chaque jour, des milliers de personnes affligées par des maux physiques et spirituels convergent vers la ville, espérant trouver réconfort et guérison. Les sanctuaires dédiés à la Vierge Marie offrent un espace de prière et de méditation où l’espérance transcende la douleur, créant une atmosphère de solidarité et de compassion. Je trouvais cela impressionnant quand, par hasard, ma visite coïncida avec les cérémonies de bénédictions des quelques dizaines de milliers de malades qui occupèrent toutes les places du site, tous en même temps. Nous citons : des célébrations liturgiques, des processions et des moments de recueillement, qui prennent place,  avec autant de monde dans le respect et le silence.

Je me sens bénie et privilégiée d’avoir eu la chance de visiter cet endroit que beaucoup de personnes rêvent d’y aller au moins une fois dans leur vie. Lourdes est un des cinq sites religieux les plus visités au monde par les catholiques.

Pour les touristes religieux, Lourdes offre un espace propice à la méditation et à la contemplation. La ville devient ainsi un lieu de ressourcement où l’âme se régénère. Un lieu où les personnes malades cherchent à vivre un miracle de guérison. 

La visite en été ressemble à une grande manifestation de milliers de malades arrivant en transport adapté pour assister aux prières soit à l’extérieur dans la grande place devant l’église, soit à l’intérieur de l’église ou devant la grotte. Les lieux se remplissent et chacun sent qu’il est interpellé. L’image se répète tous les jours avec les visites des pèlerins qui viennent de partout.

Le passage devant la grotte où la Vierge Marie apparaissait à sainte Bernadette est une station très importante. Il faut respecter la file d’entrée dans ce lieu sacré. Tout le monde est silencieux et se voit attiré par la splendeur et le côté mystique des lieux.. 

Après la visite de la grotte, chaque pèlerin choisit un cierge de deux mètres de longueur, qui pourrait parfois être porté par deux personnes. Il ne faut pas oublier l’eau bénite de Lourdes, une eau de source, considérée comme miraculeuse, et beaucoup croient en ses pouvoirs de guérison. Souvent les pèlerins en prennent plusieurs bouteilles pour les distribuer à leurs familles et amis, à leur retour du pèlerinage pour recevoir une bénédiction.

Lors de leur visite, les touristes se dirigent vers la grotte de Lourdes et doivent se rappeler que le site contient l’église de la Basilique du Rosaire, un chef-d’œuvre architectural qui témoigne de la dévotion des fidèles. L’atmosphère à l’intérieur évoque la sérénité, incitant les visiteurs à la contemplation et à la réflexion. 

La splendeur de Lourdes ne se limite pas à ses lieux sacrés. Les paysages des montagnes majestueuses qui encadrent la ville. Ainsi que les centaines de boutiques de souvenirs qui bordent les rues avoisinantes où le choix d’articles religieux est illimité. Souvent je pense aux personnes pour lesquelles mon petit souvenir de Lourdes va faire plaisir. Je sors toujours de là, avec une dizaine de chapelets et de petits articles à distribuer à plus de monde possible, comme une missionnaire.

Quoique je n’ai jamais été dans un hôtel de Lourdes, mais il y en a plusieurs qui s’offrent, pour ceux qui veulent passer quelques jours, pour une retraite spirituelle. Oups ! C’est une très bonne idée pour ma prochaine visite. Pourquoi ne pas essayer une telle expérience ?

Chaque visite à Lourdes est pour moi une nouvelle découverte. Un lieu unique où la foi, le lien familial et la beauté naturelle convergent pour créer une expérience inoubliable, marquée par la paix intérieure, la joie et la guérison.

Je souhaite à toute personne, qui veut faire un pèlerinage pour renouveler sa foi et pour vivre une expérience spirituelle profonde et exceptionnelle, de visiter Notre-Dame de Lourdes en France.

De nombreux pèlerins prient le Chapelet ensemble à Lourdes ! À partir du 11 février, Sel et Lumière diffuse la prière du chapelet de Lourdes tous les jours. Priez avec nous le chapelet du lundi au dimanche à 16 h 30 (heure de l’Est) / 22 h 30 (heure de Paris) sur Sel + Lumière TV.

Du Liban au monde : les maronites au-delà des frontières

Saint Maroun et ses disciples. Le tableau se trouve dans l’église paroissale Saint Maroun de Jazzine au Liban. Commons Wikipedia.

Découvrez l’héritage culturel et spirituel des Maronites, voyageant de leurs racines au Liban vers les horizons du monde, façonnant ainsi une histoire riche et diversifiée.

Qui sont les maronites?

Les Maronites ont une histoire riche et ancienne, enracinée dans les montagnes du Liban, au Moyen-Orient. Leur origine remonte aux premiers siècles du christianisme, et leur nom est dérivé du moine Saint Maron ou « Maroun », un ermite qui a fondé un monastère sur la montagne de Naboau Vème siècle, qui est devenu le « Père des Maronites » et qu’on fête aujourd’hui le 9 février. 

Au fil du temps, les adeptes de la foi de saint Maron se sont organisés en une communauté distincte, les Maronites, adoptant une forme particulière du christianisme oriental, fortement influencée par les traditions syriaques et antiochiennes mais en communion avec l’Église Romaine. Les Maronites ont traversé des périodes tumultueuses, souvent confrontés à des défis politiques et religieux dans la région du Levant. Malgré ces difficultés, leur attachement à leur foi et à leurs racines culturelles a perduré, façonnant l’identité maronite au fil des siècles et s’étendant aujourd’hui bien au-delà des frontières du Moyen-Orient, avec une expansion significative en Amérique du Nord et surtout au Canada. 

La communauté maronite à travers le monde

Quoi que l’église mère des maronites est au Liban représentée par le Patriarcat Maronite, des maronites vivent aussi en Syrie, en Égypte et d’autres pays du Moyen-Orient.

Les Maronites ont établi des communautés dynamiques partout dans le monde, en Amérique, en Australie, en Europe et en Afrique avec une présence significative qui continue de se développer au fil des ans. 

Au Canada, en particulier, la communauté maronite a connu une croissance remarquable, reflétant le phénomène de l’expansion qui a vu de nombreux membres de cette tradition religieuse s’installer dans ce vaste pays. Les premières vagues d’immigration maronite au Canada remontent aux XIXe et XXe siècles, lorsque des familles ont fui les troubles politiques et religieux au Moyen-Orient. Au fil du temps, ces communautés ont prospéré, érigeant des églises et des centres communautaires qui sont devenus des piliers de la vie maronite au Canada. Les Maronites canadiens ont maintenu avec dévotion leur identité culturelle et religieuse, organisant des célébrations annuelles, des événements culturels et des activités caritatives qui renforcent les liens communautaires.

Les Maronites canadiens

Les nouvelles générations de Maronites canadiens sont de plus en plus impliquées dans la vie sociale et économique du pays, tout en conservant un lien fort avec leur pays d’origine. Les églises maronites, disséminées à travers les provinces canadiennes, sont des points de rassemblement essentiels, offrant un lieu de culte et des espaces pour maintenir les traditions. De plus, des initiatives éducatives et culturelles ont émergé pour transmettre l’héritage maronite aux jeunes générations, garantissant ainsi la continuité et la vitalité de cette communauté dans le tissu multiculturel du Canada. 

Les jeunes maronites se réunissent une fois par an lors d’une convention qui les rassemble d’un océan à l’autre. Cette année cette convention aura lieu à Ottawa du 17 au 20 mai sous le thème : « Enracinés dans le Christ et dans nos traditions »

Ainsi, les Maronites en Amérique du Nord, et tout particulièrement au Canada, continuent de prospérer en édifiant un pont entre leur passé ancien et les opportunités offertes par leur nouvelle patrie.

Pour en savoir plus sur les Maronites au Canada visitez leur site :  maronitescanda.ca. Et pour voir les célébrations de la fête de saint Maron et les activités de cette communauté, cliquez ici.

Sainte Barbe : L’Histoire d’une Chrétienne Martyre au Courage inébranlable !

Francesco Soderini, Sainte Barbe et son père foudroyé, vers 1700. Wikimedia Commons.

Sainte Barbe est une sainte et martyre (des années +235) vénérée dans la religion chrétienne, catholique et orthodoxe, dont la fête est célébrée surtout au Liban. Elle incarne le courage et la dévotion dans le visage de l’adversité. Son histoire fascinante transcende les époques pour nous rappeler la force de la foi et la persévérance face à l’oppression. 

Originaire de Nicomédie en Asie mineure (l’actuelle Turquie), sainte Barbe a vécu au IIIe siècle à Héliopolis (aujourd’hui Baalbek, au Liban) sous l’empereur Maximien, une période de persécution religieuse intense. Sa décision de se convertir au christianisme et sa résistance à l’opposition de son propre père, un riche païen nommé Dioscore qui voulait la marier à un prince Perse, en font un symbole puissant de sa foi inébranlable. 

Elle était d’une beauté extraordinaire et d’une grande intelligence. À l’âge de 16 ans, elle se convertit au christianisme, et s’enfuit dans les champs de blé pour fuir son père. 

Retrouvée, elle fut emprisonnée dans une tour et torturée. La tour a été incendiée mais sainte Barbe resta vivante. Finalement, elle fut martyrisée et exécutée par son propre père. C’est à ce moment qu’un éclair foudroya Dioscore qui est mort brûlé.

Appelée aussi « sainte de feu », elle est la sainte patronne protectrice des mineurs et des sapeurs-pompiers en France et de certains métiers d’ingénierie dans plusieurs pays de l’Occident et de l’Orient.

Son histoire, sa conversion, son martyre tragique, et son héritage perdurent à travers les générations et sont célébrés même aujourd’hui.

En 1969, l’église consacre le jour du 4 décembre la fête de sainte Barbe.

 

Eid El Barbara ou la fête de sainte Barbe au Liban

La fête de sainte Barbe est largement célébrée au Liban. Selon la tradition, il s’agit d’une fête qui précède Noël et est accompagnée de diverses célébrations et coutumes. L’histoire commence la veille de la fête de sainte-Barbe, le 3 décembre : des enfants se déguisent représentant la sainte Barbe qui s’est échappée de la tour où elle était emprisonnée. Les familles se rendent visite et se retrouvent. En se rendant chez les voisins et les membres de leur famille, et les enfants reçoivent de l’argent et des desserts, faits maison, spécialement par leur famille.

Sainte Barbe s’est cachée dans un champ de blé. Le blé est donc devenu un symbole très important de cette fête. Chaque famille prépare Noël en plantant des graines de blé et de lentilles dans trois petits plats recouverts de coton imbibé d’eau, symbolisant la Trinité. Les petites pousses sont arrosées quotidiennement jusqu’à Noël, lorsque de petites pousses se forment, c’est un signe de bénédiction et de prospérité pour la nouvelle année.

Aussi les familles préparent des mets traditionnels surtout à base de blé tel que l’amhieh. En plus des desserts comme les maakroun, mchabbak, katayef qui sont préparés surtout ce jour-là. Et ils nous rappellent des souvenirs exceptionnels qu’on porte toute la vie, et on la transmet aux générations futures.

(Photos reproduites avec l’aimable autorisation de Délices des cèdres sur Facebook.

Utilisées avec permission.)

 

(Photo de Wikimedia Commons)

 

À côté des traditions, la fête religieuse se traduit par la visite des chrétiens libanais de leur église pour célébrer la messe à cette occasion.

C’est à la sainte Barbe que les Libanais commencent à décorer leurs maisons pour Noël en dressant le sapin et montant la crèche, et ils se préparent pour la venue du petit Enfant Jésus. C’est ainsi que les trois petites assiettes plantées à la sainte Barbe seront disposées devant la crèche le 24 décembre. Cette décoration sera retirée après l’Épiphanie soit après le 6 janvier de la Nouvelle année.

La période de pratiques religieuses et des préparations pour la naissance de Jésus est accompagnée soit par des œuvres de charité, telles que le don de la nourriture aux nécessiteux, ou de l’argent ou du matériel à des organisations actives dans le pays.

La célébration de la Sainte-Barbe porte de beaux souvenirs d’enfance en famille que les Libanais insistent à préserver malgré les situations politiques et économiques actuelles. Ils la transmettent d’une génération en génération.

Les Libanais se félicitent en disant Barbara mbarkeh (Jour de la Sainte-Barbe béni) ou kel Barbara w ento bi kheir (Bonne Sainte-Barbe).

 

Prière à sainte Barbe

« Sainte Barbe, sainte bien-aimée des Libanais, nous nous tournons vers toi en ces temps incertains, Toi qui as montré la force de ta foi face à l’adversité.

Protège notre cher Liban, terre de diversité, garde-nous des tourments, des conflits et de la discorde, guide nos dirigeants vers la sagesse et la paix, ô sainte Barbe.

Nous te prions pour que nos traditions perdurent, malgré les défis économiques et politiques qui nous assaillent, que la fête en ton honneur demeure un lien sacré.

Inspire nos cœurs à la solidarité et à la charité, aide-nous à soutenir nos concitoyens dans le besoin, et à maintenir l’amour et l’unité dans notre société.

Sainte Barbe, veille sur nous, sur notre nation, que ta lumière brille sur le Liban, même dans l’obscurité, et que nous puissions continuer à célébrer ta mémoire avec fierté.

Amen. »

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