par Sébastien Lacroix à Québec

Le 49e Congrès eucharistique international ne s’ouvre que dimanche, mais déjà, des centaines de théologiens de partout dans le monde se sont retrouvés à l’Université Laval pour réfléchir, approfondir et discuter autour du thème du Congrès: l’Eucharistie: don de Dieu pour la vie du monde. Du 11 au 13 juin donc, le Symposium international de théologie sur l’Eucharistie à diviser ses travaux en 3 thèmes liés à l’eucharistie: don eschatologique dans l’histoire (pour le salut), don constitutif de l’Église dans le monde et don pour la mission.
La qualité et la diversité des conférenciers-invités n’avait d’égal que l’enthousiasme des participants. Le cardinal Angelo Scola a abordé le thème du don d’un point de vue trinitaire, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a parlé de l’importance de l’eucharistie pour la vie de l’Église, universelle et locale, le cardinal Sean Patrick O’Malley, O.F.M. Cap., archevêque de Boston, a parlé de l’eucharistie comme une rencontre qui fortifie et invite à la mission.
Nous avons tous été bouleversés par les propos de Mgr Henri Tessier, archevêque d’Alger, Algérie, qui a partagé l’expérience de son petit groupe de catholiques dans une ville musulmane de trois millions d’habitants. Il a raconté, la voix étranglée par l’émotion, la tragique histoire de ce journaliste musulman qui a écrit un article dénonçant, à mots voilés, l’assassinat de deux religieuses espagnoles qui se rendaient à la messe. En guise de réponse, des terroristes ont assassiné le journaliste quelques jours après la parution de son article. L’eucharistie est martyre au milieu des nations, a affirmé Mgr Tessier. Pendant les années terroristes (90), chaque eucharistie prenait donc un sens très fort… Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI affirme ainsi que l’union avec le Christ est aussi l’union avec tous ceux à qui il s’est offert.
L’eucharistie nous appelle à dépasser nos visions nostalgiques pour ainsi nous ouvrir aux autres, a affirmé le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et l’une des conséquence de cela est le dialogue oecuménique. Si nous sommes transformés en un seul corps dans le Christ, comment cela s’étend-il à nos frères et soeurs chrétiens?
Un symposium théologique est un événement scientifique certes, mais cela ne veut pas dire que seule la tête travaille. Faire de la théologie, et je reprends ici les propos d’Anne Fortin lors de la synthèse des travaux du Symposium, est un acte spirituel et doctrinal enraciné dans la pratique. Bref, la théologie de bureau n’existe pas. Nous sommes invités à reconnaître le Seigneur comme les disciples d’Emmaüs. C’est dans la rencontre, le partage du pain, qu’Il se dévoile à nous.
C’est sur une telle lancée que débutera demain le Congrès eucharistique. À nous tous, je souhaite une belle Rencontre.
Télévision Sel et Lumière diffusera la cérémonie d’ouverture du Congrès dimanche le 15 juin à 20h, en français, à la télé et sur le Web.
Photos: Paul Dussault, Université Laval.
Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le “mois du Sacré Coeur”. Faisons un “pèlerinage aux sources” de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.
Encore aujourd’hui, le Christ vivant nous aime et nous présente son cœur comme la source de notre rédemption. A chaque instant, nous sommes enveloppés, le monde entier est enveloppé, dans l’amour de ce cœur “qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé”. Ce mystère de l’amour du Christ, nous ne sommes pas appelés à le méditer et à le contempler seulement; nous sommes appelés à y prendre part. C’est le mystère de la Sainte Eucharistie, centre de notre foi, centre du culte que nous rendons à l’amour miséricordieux du Christ manifesté dans son Sacré-Cœur.
A Abitène, un groupe de 49 chrétiens (parmi lesquels un sénateur, Dative, un prêtre, Saturnin, une vierge, Victoire et un lecteur, Eméritus) se réunissaient chaque semaine dans la maison d’un des leurs pour célébrer l’Eucharistie dominicale, sans respecter les ordres de l’empereur.
«Quand tu entends dire ‘chrétien’, tu dois savoir qu’il s’agit d’une assemblée qui célèbre le Seigneur; et quand tu entends dire ‘assemblée’, sache que là est le chrétien », conclut la citation.