Le cardinal Turcotte sur les médias


L’archevêque de Montréal s’entretient avec le père Thomas Rosica.

À voir ce mercredi 19h30 et 23h30.

Déclaration de l’assemblée plénière 2009 des évêques du Canada sur L’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix

Déclaration de l’assemblée plénière 2009 des évêques du Canada sur L’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix.

23 octobre 2009.
Les évêques du Canada, réunis en Assemblée plénière, ont discuté du mandat et des opérations de l’Organisation catholique canadienne pour le développement et paix à la lumière de la plus récente encyclique du Pape Benoît XVI, Caritas in Veritate. Ils ont également considéré d’autres questions qui, durant les derniers mois, ont ébranlé la confiance de certains fidèles qui appuient cet organisme par leurs dons.

Les évêques croient au projet de Développement et Paix et apprécient l’excellent travail de cet organisme au fil des ans. Ils veulent également assurer la pérennité de cet apostolat important de l’Église au Canada. À cette fin, les évêques désirent collaborer avec Développement et Paix afin de s’assurer que la réalisation de son mandat est en harmonie avec l’identité et la mission de l’Église.

Ils sont encouragés par l’intention de Développement et Paix de revoir la mise en œuvre de son mandat à la lumière de Caritas in Veritate et d’exercer une plus grande vigilance sur les mandats et opérations de ses partenaires en collaboration avec les épiscopats locaux. Pour les évêques, il s’agit là d’initiatives essentielles.

Les évêques ont décidé de mettre sur pied un comité ad hoc qui collaborera avec Développement et Paix dans ce travail de révision et dans la mise en œuvre des recommandations de son comité d’enquête faites en juin dernier. Le comité ad hoc fera rapport des progrès accomplis par Développement et Paix sur ces questions lors de la plénière de 2010, ce qui permettra aux évêques de décider alors d’actions futures.

Conscients que Développement et Paix est déjà engagé dans ce processus de renouveau, les évêques ont décidé, dans l’intervalle, d’appuyer Développement et Paix et sa collecte Carême de partage de 2010.

Les évêques catholiques du Canada réunis dans le cadre de leur Assemblée plénière annuelle ont élu Mgr Pierre Morisette, évêque de Saint-Jérôme, président de leur conférence épiscopale. Il succède à Mgr V. James Weisgerber, archevêque de Winnipeg, dont le mandat de deux ans vient de prendre fin.

Soirée bénéfice réussie pour S+L

Plus de 150 chefs de file du milieu des affaires et communautaire en provenance de tout le pays se sont rassemblés hier soir au Musée royal de l’Ontario pour célébrer et soutenir Télévision Sel + Lumière, la chaîne de télévision catholique nationale du Canada. L’événement a permis d’amasser 1,9 millions $ en soutien à l’œuvre de charité.

Les faits saillants de la soirée incluent un don de 1 million $ de la part de la Fondation Hilary M. Weston pour la jeunesse pour le développement de nouvelles émissions présentant les enseignements du pape Benoît XVI sur les relations interreligieuses, 50 000 $ de la famille Desmarais et Power Corporation du Canada et 500 000 $ du Conseil suprême des Chevaliers de Colomb, le plus important ordre fraternel et charitable au monde.

« Cette soirée est un témoignage du soutien important qu’obtient Télévision Sel + Lumière d’un bout à l’autre du pays » a mentionné le père Thomas Rosica, csb, pdg de la Fondation catholique Sel et Lumière média. « Télévision Sel + Lumière est née il y a 6 ans sur les ailes de la Journée mondiale de la jeunesse. Elle est un signe tangible d’une Église qui est jeune et en vie. L’événement de ce soir est essentiel à la croissance continue de notre réseau et je remercie tous ceux et celles qui ont pris part à cette soirée, ainsi que toutes les personnes qui soutiennent Sel + Lumière à travers leurs dons et prières. »

Le gala 2009, Une soirée à la Mer morte, s’est tenu autour de l’exposition historique du Musée royal de l’Ontario sur les Manuscrits de la mer Morte et des Dix Commandements du Deutéronome. « Les Dix Commandements ont aidé à façonner notre société et notre culture, en offrant au monde un plan précis pour vivre en harmonie » a pour sa part déclaré Tony Gagliano, pdg de Communications St-Joseph et président du conseil d’administration de la Fondation catholique Sel + Lumière média. Il a ajouté qu’« à travers les nouveaux médias et des exemples concrets d’espoir et de charité, Télévision Sel + Lumière encourage un large public à demeurer fidèle à cet appel important ».

Ce gala est l’une des nombreuses initiatives de levées de fonds organisées annuellement par Télévision Sel + Lumière pour financer ses activités. La vaste majorité de ce financement provient d’hommes et de femmes qui sont engagés à partager la Bonne nouvelle du Christ et le message de l’Église à travers une programmation télévisuelle originale et créative.

Si la télévision est un médium extraordinaire, elle coûte aussi extraordinairement chère à produire. Aidez-nous à poursuivre cette oeuvre. Faites vous aussi un don en téléphonant au 1-888-302-7181 ou en ligne sur notre page sécurisée.

Zoom – lundi 10 août 2009

Des mots qui ont changé le monde: les Manuscrits de la Mer Morte au Canada

[NDLR: Le présent article nous vient de Marilena Berardinelli, une jeune enseignante catholique à Toronto.]

En 1965, le groupe américain The Byrds a composé son single à succès « Turn! Turn! Turn! » Les jeunes d’aujourd’hui chantent encore les paroles toujours populaires: “For every season…a time to be born, a time to die…a time to plant, a time to reap, a time to kill, a time to heal, a time to laugh, a time to weep…”  «Pour chaque saison… un temps pour naître, un temps pour mourir… un temps pour semer, un temps pour récolter, un temps pour tuer, un temps pour guérir, un temps pour rire, un temps pour pleurer…» Peu de gens savent toutefois que cette chanson s’inspire du livre de l’Ecclésiaste (3, 1-8). De fait, il existe plusieurs phrases ou passages de ce genre, cités tant par des religieux, des athées que des agnostiques qui ne réalisent pas que leurs paroles sont tirées du Canon des Écritures.

mer-morteLorsque les chrétiens songent à la bible, leurs pensées gravitent plus souvent autour du Nouveau Testament. Nous sommes à l’aise avec ses histoires familières et ses paraboles. On se tourne donc que très rarement sur les 46 premiers livres de la bible, l’Ancien Testament (appelée aussi la bible hébraïque). Ces livres présentent un dieu moins chaleureux, moins fussy, un dieu qui choisit une approche plutôt dure envers son peuple. Les récits et leçons d’histoire que l’on trouve dans cette première partie de la bible forment et informent l’ensemble du Nouveau Testament. Ainsi, notre piètre connaissance de la première alliance appauvrit notre compréhension de la seconde.

En acceptant leur incapacité à survivre ne serait-ce qu’un tour de Jéopardy sur l’Ancien Testament, les chrétiens doivent aussi confronter leur ignorance quant à la manière dont ces écrits ont été colligés pour former un livre saint. Bien qu’il puisse être plus réconfortant de croire qu’un récit de la création, de l’exode, de la construction du Temple (prise un et deux) ont été écrits au moment où l’événement se produisait, la vérité est tout autre. Ces récits viennent d’abord d’une tradition orale, transmise fidèlement d’une génération à l’autre. Ces histoires ont par la suite été allongées et redites à travers les lentilles de périodes historiques différentes. On ajouta ainsi diverses nuances pour que les récits qui relataient des événements du passé lointain puissent correspondre aux besoins et aux circonstances d’une nouvelle génération de croyants.

L’exégèse biblique et des preuves archéologiques relatent cette évolution organique des textes bibliques. Entre 1947 et 1956, plus de 900 fragments et manuscrits, renfermant des textes de l’Ancien Testament, ont été trouvés dans 11 grottes à Qunran, situées sur la rive nord-ouest de la Mer Morte. D’où leur appellation: « Manuscrits de la Mer Morte ». [Read more…]

Bienheureuse Teresa de Calcutta: l’une des nôtres après tout

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

Ce vendredi nous commémorons la fête de la Bienheureuse Teresa de Calcutta.  Née en Albanie “Agnes Gonxha Bojaxhiu,” elle est connue à travers le monde comme Mère Teresa de Calcutta.  La vie de cette remarquable femme n’était pas qu’un simple grand titre sensationnel. Sa vie était une métaphore de dévouement désintéressé et de sainteté. C’est pourquoi tant de jeunes, femmes et hommes, de presque tous les coins du monde, continuent d’entrer chez les Missionnaires de la Charité. Mère Teresa a fondé la communauté des Missionnaires de la Charité qui compte plus de 4500 femmes qui servent dans plus de 100 pays. Elles dirigent plus de 500 maisons, hospices et abris pour des milliers de mourants et de déshérités, en plus de centaines d’écoles, de cliniques mobiles, de maisons pour lépreux et sidéens.

Il existe des critiques au sein de l’Église qui affirment que Mère Teresa personnifiait une vision pré-Vatican II de la foi et ignorait de parler des maux systémiques comme les dépenses militaires.  Ils la critiquent, de mêmes que ceux et celles qui la suivent, de condamner sans relâche l’avortement. Je connais des religieux et religieuses qui affirment qu’il n’y avait aucun élément de critique prophétique dans les enseignements et le style de vie de Mère Teresa. Certains affirment qu’elle était un modèle ‘sûr’, allant aussi loin que d’affirmer que chaque prêtre ou évêque pouvait la mettre sur un piédestal et dire aux femmes : « Soyez dociles, faites vos affaires de femmes, mais n’allez pas critiquer quoi que ce soit. »

Lorsque Mère Teresa parle de ‘partager la pauvreté’, elle défie la logique des institutions qui préfèrent des plans stratégiques pour les pauvres à la communion avec les personnes qui sont pauvres. La communion ignore les approches conventionnelles. Elle ne trouvera peut-être jamais un emploi à quelqu’un, encore moins le remettra-t-elle sur ses deux pieds. C’est pourquoi les agents de communion sont qualifiés de non pertinent. Ou bien finiront-ils, comme Mère Teresa, par être qualifiés de ‘saints’. Alors qu’un journaliste lui demanda directement comment elle se sentait était qualifiée de sainte à travers le monde, la petite religieuse frêle répondit sans broncher : « La sainteté n’est pas un luxe, mais une nécessité. »

Bien qu’elle ait quitté ce monde il y a onze ans aujourd’hui, cette petite sœur a fait la manchette mille fois plutôt qu’une il y a environ un an lors de la publication de ses lettres. Plusieurs journalistes, éditeurs de magazine et lecteurs de nouvelles ont raté leur cible avec leurs manchettes sensationnelles : «La vie secrète de Mère Teresa : crise et ténèbres,» ou «La sainte de Calcutta était une athée,» ou même «Mère Teresa et le Grand Absent.» Certains commentateurs ont écrit : «Elle a perdu la foi et l’Église l’a récompensée pour cela.» Tous ces gens semblent ignorer que ceux qui ont préparé la béatification de Mère Teresa en 2003 ont cité ces lettres comme preuve de sa foi exceptionnelle et non de l’absence de foi.

L’Église ne recherche pas simplement de bonnes œuvres chez les saints, il y a  les Prix Nobel pour cela, mais une évidence solide que le candidat pour béatification ou canonisation a été transformé, en dedans et au dehors, par la grâce de Dieu. Nous pouvons dire à partir de ses lettres que Mère Teresa était d’une race de saints spéciale : elle était une authentique mystique. Dans ses messages bouleversants, Mère Teresa nous dit qu’elle a déjà senti la présence de Dieu et entendu la voix de Jésus qui lui parlait. Puis Dieu s’est retiré et Jésus s’est tu. Mère Teresa a par la suite fait l’expérience de la foi exempte de toute consolation émotive. À la fin, Mère Teresa dut s’appuyer sur la foi crue, l’espérance et la charité. Ce sont-là les vertus de tous les chrétiens, et pas seulement des élites spirituelles. Elle était l’une des nôtres après tout.

Il y a plusieurs années, j’ai rencontré pour la première fois Mère Teresa après une célébration à Rome, j’ai pu rencontré Mère Teresa. Elle posa fermement dans mes mains une carte d’affaire comme je n’en n’avais jamais vue. On pouvait y lire:

Le fruit du silence est la PRIÈRE ; le fruit de la prière est la FOI; le fruit de la foi est l’AMOUR; le fruit de l’amour est le SERVICE; le fruit du service est la PAIX. Que Dieu vous bénisse.      – Mère Teresa

J’ai toujours cette carte avec moi. Il n’y avait pas d’adresse postale, pas numéro de téléphone ou de courriel sur la carte. Mère Teresa n’avait pas besoin d’une adresse à ce moment. Et nous n’avons pas besoin d’adresse pour la rejoindre. Chacun sait où elle se trouve et comment la rejoindre : elle est là pour nous tous dans la communion des Saints.

Bienheureuse Teresa de Calcutta, priez pour nous.

De commencement en commencement

par Sébastien Lacroix

‘Déjà!’ disent les uns, ‘enfin!’ disent les autres. Même si je ne me rendais pas à l’école ce matin, et ça me manquait un peu, il y avait une atmosphère de rentrée dans nos studios. Les séminaristes qui nous ont aidés depuis juin sont retournés au séminaire. Pour eux, c’est une autre année d’étude et de discernement qui débute, sous la mouvance de l’Esprit et de la vie communautaire qu’ils ont la chance de vivre. Les jeunes hommes ont fait place au retour de plusieurs personnalités de S+L. Sœur Marie-Noëlle est de retour de France après une virée dans ses terres natales. Gillian est de retour d’Australie où elle travaillait à l’organisation des JMJ. Justyna, l’épouse de Jasmin, est de retour de congé de maternité… Bref, l’atmosphère était presqu’à la fête, aux retrouvailles.

Je pensais donc ce matin à tous ceux et celles qui retournent à l’école aujourd’hui. Professeurs, élèves, et je me revoyais à mon premier jour au secondaire. Que de nervosité, que d’appréhension, mais aussi que d’excitation à l’idée d’entrée dans la ligue des grands. Le sentiment était semblable lors de mon entrée au cégep. Je ne vous dis pas en quelle année c’était.

Il y  a toujours une certaine anticipation de la rentrée. Ce sentiment qui vous empêche de dormir la nuit d’avant, mais qui fait quand même qu’on se réveille du bon pied, content.

La rentrée est aussi la réalisation que notre vie est faite de départs et de commencements.

Nouveaux projets, nouvelle carrière, nouvelle ère. Dans nos diocèses, c’est le début d’une nouvelle année pastorale. Les liturgies dominicales reprennent un peu de tonus, les chorales sont de retour. Les catéchètes préparent leurs activités pour des centaines de jeunes et leurs parents. Certains d’entre-eux militent contrent le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse et jonglent avec l’idée de retirer leur enfant de ce cours… Bref les défis ne manquent pas.

Il y a aura donc beaucoup à faire et beaucoup à suivre cet automne. Pour parvenir à réaliser tout ce que l’on souhaite, pourquoi ne pas vivre notre  ‘rentrée’ avec le Seigneur. Lui qui ne prend jamais congé était là tout au long de nos vacances. Sûrement qu’Il est heureux de nous retrouver et de nous accompagner sur ces chemins de nouveautés.

Bonne rentrée!

Un mois après Sydney, nous rêvons encore

par Sébastien Lacroix

 

Cela fait déjà plus d’un mois que je suis rentré d’Australie, comme 2000 autres jeunes Canadiens qui se sont rendus dans la Terre de la Croix du Sud pour rencontrer Benoît XVI et les kangourous.

Un mois et on se prend encore à penser à nos souvenir de voyage, aux lieux superbes que nous avons visités, aux rencontres inoubliables que nous avons faites. À cet effet, nous avons reçu à Sel + Lumière quelques témoignages de participants et accompagnateurs qui étaient à Sydney. Voici celui de Suzanne Maltais qui accompagnait le groupe de Saint-Lambert:

Les Journées Mondiales de La Jeunesse 2008 furent pour moi un temps de ressourcement incomparable. Des moments de reconnexion à la source de vie qu’est la parole de Dieu. L’Esprit Saint qui à tout moment venait nous envahir nous faisait planer au dessus de nos craintes et de nos insécurités d’êtres humains. Quelle force nous avons là à notre disposition ! Et c’est tellement incroyable de réaliser que c’est auprès de choses et de personnes tellement  futiles que nous choisissons de nous ressourcer la plupart du temps…Nous nous abandonnons à des charlatans quand l’expert des cœurs (Notre Père du ciel) est là tout près et ne désire nul autre chose que réconforter son enfant ,sa créature et lui dire qu’elle ne manquera jamais de rien.
 
J’ai senti à plusieurs reprises cette puissance qu’est cet amour inconditionnel et sans limite. Plus particulièrement lors de la messe d’ouverture. Mon cœur était sans doute plus attentif et disponible à ce moment ? J’ai été très touchée par le discours du premier ministre et du Cardinal George Pell. Des mots et des sentiments percutants. Voir en plus  tous ces drapeaux de tous les pays du monde , le soleil qui frappait à pleins feux sur cette ville magnifique qu’est Sydney, La création avait mis tous ces atours pour montrer à la jeunesse tout son amour et toute sa splendeur !
 
Voir le pape Benoît XVI fut aussi un moment inoubliable. Voir le représentant de Dieu sur terre ce n’est pas rien tout de même. Son passage tout près de nous nous a apporté paix et sérénité. J’espère en avoir rapporté un peu à tous ceux qui étaient greffés à nos cœurs et pour lesquels nous avons demandé des grâces spéciales.
 
Les journées à Townsville nous ont préparés magnifiquement à se laisser aimer par l’Esprit Saint. Nous avons été accueillis par les paroissiens de cette ville avec toute la chaleur, l’amour fraternel et  inconditionnel d’une famille. La manière avec laquelle celle-ci offre tout ce qu’elle a pour dire qu’elle est heureuse de nous avoir accueilli et laissé entrer dans son intimité.
 
Je  remercie le Pape Jean-Paul II d’avoir instauré avec autant de brio ce bain d’amour et d’espérance que sont Les Journées Mondiales de la Jeunesse. Une rencontre avec l’humanité de demain, un feu de joie qui ne peut  laisser aucun jeune indifférent.
 
Les jeunes ont reçu la semence. Il faut maintenant laisser  Dieu façonner la terre. Il a un plan pour chacun de nous et nous devons nous assurer que les voies de communication avec lui sont toujours libres et en bon état. Je crois que notre défi est d’être attentif dans cette mer d’information souvent inutile qui brouille le message Du Grand Messager…
 
Suzanne Maltais
Accompagnatrice du groupe de Saint-Lambert

N’hésitez pas à écrire vos réflexions et commentaires sur la JMJ de Sydney et/ou sur la couverture que nous en avons faite. Il n’est pas trop tard, au contraire. Et pour revivre les meilleurs moments de Sydney 2008, rendez-vous à la section JMJ de notre site ou regardez l’émission spéciale ‘Retour sur la JMJ’ avec Soeur Marie-Pierre Delorme et l’abbé Stefano Cascio, en rappel ce samedi à 20h, heure de l’Est.

Photo: WYD 2008/Getty Images.

Pour une civilisation de l’Amour

par Sébastien Lacroix

Les 2000 délégués des Chevaliers de Colomb retourneront chez eux à partir d’aujourd’hui après un congrès qui leur permettra de poursuivre leur oeuvre visant à bâtir une civilisation de l’Amour par la charité, l’unité et la fraternité. Ces trois piliers qui forment, avec le patriotisme, la plate-forme de ce grand mouvement d’hommes laïcs ont été abordés sous divers angles par plusieurs intervenants.

Les paroles prononcées ont certainement un impact sur les Chevaliers et leur famille, mais les gestes posés résonnent encore davantage.  Des millions d’heures de bénévolat, des centaines de millions de dollars donnés à la communauté. Mises ensembles, les petites et grandes contributions des 1,7 millions de membres des C de C n’ont pas leur pareil.

Lors de la messe de la fête de la transfiguration hier, le cardinal Jean-Claude Turcotte a affirmé que bâtir une civilisation de l’Amour signifie chercher le visage de Dieu chez les autres.

L’autre façon de bâtir une civilisation de l’amour est d’être prophête dans notre époque et notre milieu. L’archevêque de Montréal se sert ici du prophête Élie pour rappeler aux Chevaliers présents, mais aussi à chaque baptisé, ce à quoi notre baptême nous appelle:

  • Prophête par la manière dont nous parlons et travaillons
  • Prophête par la manière que je considère mon époux ou épouse
  • Prophète par la manière que j’élève mes enfants
  • Prophête dans la manière que nous dépenssons notre argent et l’investissons
  • Prophête par la manière que nous votons
  • Prophête par notre manière de défendre et de protéger la vie.

C’est ce que parvienne à réaliser les Chevaliers de Colomb. D’une manière simple et concrète, ils deviennent des prophêtes dans un monde qui a bien besoin de modèle de bonté et de charité.

Thabor et Golgotha: Quand l’obscurité peut être éblouissante.

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

[NDLR: À l’occasion de la Fête de la Transfiguration, nous publions une réflexion du père Rosica parue en février dernier.] 

L’impressionnante histoire de la Transfiguration du Seigneur est au cœur de l’Évangile du second dimanche de carême. Nous ne pouvons que spéculer sur ce qui se cache derrière cette histoire –  l’un des évangiles les plus mystérieux et l’une des visions les plus impressionnantes (Mc 9, 2-9 ; Mt 17, 1-8 ; Lc 9, 28-36). Pierre, Jacques et Jean ont fait une expérience bouleversante avec le Seigneur au Mont Thabor. Après la nuit de la tentation et les ténèbres du Golgotha, les rayons glorieux de la transfiguration jaillissent. Sous leurs yeux, Jésus qu’ils avaient connu et avec qui ils avaient marché fut transfiguré. Son visage était radieux, ses vêtements resplendissaient d’une lumière blanche. À ses côté, enveloppé dans la gloire, se tenaient Moïse, le puissant libérateur qui avait sortit Israël de l’esclavage, Élie, le plus grand des prophètes d’Israël.

Sur la sainte montagne, Pierre, Jacques et Jean discutaient avec Jésus au sujet de sa mort et de sa résurrection qui devaient avoir lieu à Jérusalem. Les trois disciples étaient complètement confus et émerveillés. Pierre essaya maladroitement de dire quelques mots. « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; laisse nous dresser trois tentes, une pour toi, une pour Élie et une pour Moïse. » Mais tout à coup, venant d’un nuage translucide, une voix semblable au tonnerre, la voix de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».

L’expérience de la transfiguration de Jésus nous donne l’opportunité d’examiner nos propres expériences sur la montagne. Comment de telles expériences mettent-elle en lumière l’ombre et l’obscurité de la vie. Que seraient nos vies sans ces expériences dans les hauteurs ? Combien de fois nous sommes-nous tournés vers ces expériences, petites mais importantes pour trouver force et courage ? Lorsque nous redescendons dans la vallée, il nous est difficile de voir la gloire du Christ.

Quand Jésus se mit en route pour son « exode », et que ses disciples ont vu ce que cela signifiait pour lui – quand il ont vu son visage lumineux ensanglanté, sous les crachats et ses vêtements resplendissants déchirés, leurs souvenirs en lambeaux – ils ont du penser que la gloire était remise en question. Son visage n’était pas lumineux et resplendissant sur la croix. Pas de char de feu envoyé par l’Esprit pour l’éloigner de là. Aucune musique de tonalité glorieuse et victorieuse n’a résonné sur le Golgotha. Et nous pourrions très bien nous demander : Pourquoi Dieu a-t-il caché toute la gloire sur le Mont Thabor, où personne ne pouvait le voir ? Pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas réservée pour la croix ?

Jésus est mort d’une façon très semblable à ceux qui sont mort de chaque côté de lui, l’un d’eux lui demandant de le sauver de ce qui lui arrivait, l’autre demandant à Jésus de ne pas l’oublier lorsqu’il serait au paradis. Jésus n’a rien pu faire pour celui qui voulait être délivré, mais il a donné une réelle faveur à celui que la tradition a appelé « Dismas », ce qui signifie celui qui meurt.

Il lui dit que la noirceur était éclatante et qu’au bout se trouvait le paradis pour chacun d’eux. Jésus avait appris cela au Mont Tabor, alors que la lumière jaillit pour montrer à Jésus de quoi il était fait.

Le Mont Tabor est en réalité une fenêtre ouverte sur notre futur. Le sens profond de la Transfiguration nous assure que nos l’opacité de nos corps sera un jour transformée en lumière. Mais Tabor nous enseigne également quelque chose du présent, en soulignant ce que nos corps sont déjà : le temple de l’Esprit.

Le message le plus réconfortant de la Transfiguration est probablement pour ceux et celles qui souffrent et ceux qui observent la déformation de leur propre corps et le corps de gens qu’ils aiment. «  Il transfigurera nos misérables corps, les conformant à son corps glorieux. » Les corps humiliés par la maladie et la mort seront rachetés. Même Jésus sera défiguré au cours de la Passion, mais il s’élèvera dans son corps glorieux dans lequel il vivra pour l’éternité et, c’est ce que la foi nous enseigne, avec lequel il nous retrouvera lorsque nous quitterons cette vie.

Nous devons ainsi traverser les ténèbres avant que la lumière nous enveloppe. Avant que les cieux s’ouvrent à nous, il nous faut marcher dans la boue et la saleté. Nous devons faire l’expérience des deux montagnes, Tabor et Golgotha, afin de voir la Gloire de Dieu.  La transfiguration nous enseigne que la mort faisait partie de la vie lumineuse de Dieu et qu’il est impossible de la contourner, il faut la traverser. Elle nous rappelle également que l’obscurité qui nous fait peur peut aussi être éclatante et resplendissante. Dans les moments de transfiguration, Dieu pénètre les régions dures, incrédules et même troublées de notre être avec lesquelles nous ne savons pas quoi faire et laisse sur elles l’empreinte de son visage, dans toute la gloire et la splendeur de sa beauté.