Par le père Thomas Rosica, c.s.b.
Pâques est la promesse que chacun de nous recevra la visite de la mort. Mais plus important Pâques est la certitude que la mort est un changement de vie et non la fin de la vie. Pâques nous oblige à revoir comment Dieu nous réconforte et nous donne la force de persévérer, dans les moments les plus sombres de souffrance comme dans les plus petites épreuves. Le mystère de Pâques nous donne une nouvelle identité et un nom nouveau: nous sommes sauvés, rachetés, renouvelés; nous sommes chrétiens, et nous n’avons plus besoin d’avoir peur et de désespérer. Le tombeau n’a pas pu retenir le Seigneur de la Vie.
Les lectures du Triduum, spécialement celles de la Vigile Pascale et du matin de Pâques, nous permettent d’entrevoir le sens de Pâques. Quels mots pour dire la résurrection ? Nous devons admettre honnêtement que nous n’avons pas de mots. Seules des métaphores ‚ des images nous invitent à entrer dans ce mystère au delà des mots.
Il est quasi impossible de s’asseoir à l’ordinateur et d’écrire au sujet de la résurrection de Jésus à partir d’un mort. On n’écrit pas sur son portable ou sur son Blackberry “Jésus est ressuscité”, on doit en témoigner :
Si la résurrection était vérifiable historiquement, Dieu ne l’aurait pas fait dans l’obscurité sans témoin. La résurrection a été un événement entre Dieu le Père et Dieu le Fils par le pouvoir de Dieu Esprit. Pas un seul Evangile ne peut raconter comment cela s’est passé. La résurrection n’est pas une question théorique, mais une question de Coeur qui peut être seulement expérimentée au sein de la liturgie d’une communauté.
Pour être pleinement vécue et comprise, la résurrection requiert un environnement avec du chant, de l’encens, du pain et du vin, des instruments de musique, des mots de bienvenues, des cris de joie, des couleurs chatoyantes et surtout, la présence de personnes réelles, même de celles qui ne sont pas des personnes «pratiquantes » fréquentant régulièrement la communauté paroissiale. La victoire de Jésus sur la mort appartient à la pastorale, à la vie sacramentelle et à la mission de l’Eglise dans le monde.
Comment et où Jésus est-il vivant et présent dans notre propre expérience, dans notre Eglise et notre Monde ?
Tout d’abord, Jésus est vivant dans toutes les personnes qui prêchent et enseignent. Il est présent en tant que Parole et Sacrement ; signe d’unité de son peuple sur la terre.
Nous reconnaissons que Jésus est vivant et humblement présent dans l’Eglise, dans le monde et dans nos propres vies, souvent dans l’obscurité, et dans les choses qui peut-être ne sont pas apparemment visibles ou compréhensibles de l’extérieur, mais qui, quand elles sont vues de l’intérieur, nous révèlent la présence vivante du Seigneur ressuscité.
Quand nous examinons soigneusement nos propres vies, nous pouvons être effrayés par nos péchés, notre faiblesse, notre ambiguïté, duplicité et vide. Nous sommes pauvres, faibles, désespérés et paraissant incapables d’être des vases d’argile porteurs de semences de résurrection. Mais grâce à l’amour du Seigneur, son pouvoir, sa miséricorde et sa présence immortelle, même nos propres vies peuvent devenir des manifestations de la gloire du pouvoir du Fils de Dieu. Pâques nous invite à regarder le passé avec reconnaissance, à envisager l’avenir avec espérance et à vivre le moment présent avec émerveillement.
Pâques est la réponse glorieuse de Dieu aux questions sur le sens de nos vies. À partir de maintenant, la seule expérience de vie et de mort qui a de la valeur est celle des premiers disciples – être l’un d’eux qui a vu le Seigneur – reconnaître qu’il est ressuscité et partager aux autres cette joie incroyable, voilà ce que je nous souhaite en cette fête de Pâques…

Le Vendredi Saint est le jour du paradoxe divin. L’émouvant récit de la Passion selon saint Jean est proclamé dans la liturgie. Nous nous réunissons en silence pour écouter le récit du disciple bien-aimé et de la mort du Messie. Comme la croix est élevée au milieu de nous, nous regardons cet instrument de mort et de destruction, et d’une manière étrange et silencieuse, nous trouvons la force et l’espérance dans nos propres luttes. Ce n’est pas seulement un jour de tristesse, c’est aussi un jour de gloire. Aujourd’hui, ce qui n’aurait pas pu demeurer autres choses que des souvenirs honteux se transforme en beauté, en espérance et en un appel continu à la bonté héroïque. Aujourd’hui le « grand prêtre » n’est pas loin de nous, ni éloigné de notre condition, mais il est celui qui éprouve de la sympathie pour nous parce qu’il a connu notre faiblesse et notre douleur et même nos tentations (Hébreux 4, 14-45).
Le péché est sur toutes les lèvres dans l’Église cette semaine. D’abord dimanche, le responsable de la Pénitencerie apostolique parlait de « nouveaux péchés » reconnus par l’Église. La pollution, les manipulations génétiques et l’inaction face à la pauvreté se trouvent sur cette nouvelle liste. La notion de péché communautaire n’est pas nouvelle, et nous sommes de plus en plus sensibles aux répercussions de nos fautes communes et des dommages énormes causés à la nature et à ses habitants, i.e. nos frères et soeurs. Du même coup, nous brisons notre relation avec Dieu.
Le Mont Garizim près du puit de Jacob est situé dans le centre d’Israël dans la ville biblique de Sichem, appelée aujourd’hui Naplouse. C’est la rencontre de Jésus avec la Samaritaine qui a rendu ce puit célèbre dans la tradition chrétienne. Plusieurs choses semblent anormales dans cette scène du puit de Jacob. Tout d’abord, le puit est un espace public accessible aux hommes et aux femmes, mais ils ne devraient pas être là en même temps.