Par Sébastien Lacroix
Je me questionne depuis hier matin sur le communiqué de l’Assemblée des évêques du Québec (AECQ) à-propos du programme d’éthique et de culture religieuse. Les prélats du Québec ont terminé leur rencontre annuelle le 7 mars dernier et sont retournés chez eux sans un bruit. Il aura fallu attendre plus d’une semaine avant d’avoir la position des évêques sur le programme qui fait tant parler de lui. À lire le communiqué, on imagine que nos pasteurs ont eu une dure semaine et qu’ils ne sont pas du même avis sur cette question, mais ça, nous le savions déjà.
Si j’étais un parent catholique non pratiquant et que je me questionnais sur l’éducation religieuse de mon enfant, je ne saurais que faire de cette opinion. Si, comme parent, je suis désorienté parce que j’apprends en début d’année qu’il n’y a plus d’enseignement religieux, rien dans ce message ne m’oriente vers ma paroisse qui est cependant prête à recevoir mon enfant. Si j’étais un parent catéchète, ou un agent de pastorale engagé dans la catéchèse en paroisse, je ne trouverais aucun appui réel, ni signe d’encouragement. Si, en tant que parent, je m’opposais au programme du Ministère de l’Éducation jusqu’à marcher dans les rues, il n’y aurait rien non plus pour me désarmer, ou me faire voir l’envers de la médaille. Que faire? M’asseoir et attendre?
Nous comprenons que l’objet de l’avis des évêques porte sur le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse. Malheureusement, leur message est lancé dans le vide et ne touchera personne. Pourquoi ne pas avoir saisi cette opportunité pour s’adresser directement aux catholiques du Québec au lieu de parler à la troisième personne? Pourquoi ne pas avoir encouragé ceux et celles qui font leur possible pour initier des jeunes à la foi et aux principes du catholicisme? Pourquoi ne pas avoir invité directement les opposants au programme à donner la chance au coureur au lieu de parler d’utilisation circonspecte du recours à l’exemption? D’ailleurs, ceux qui demandent l’exemption sont justement ceux qui n’auraient pas à le faire : les parents qui transmettent les éléments de la foi chrétienne à leurs enfants sont assez «vigilants» pour pallier aux lacunes potentielles du programme tout en permettant à leurs enfants d’ouvrir leurs horizons.
Doit-on voir chez les évêques un manque de leadership qui risque à long terme de remettre en question la pertinence d’un regroupement régional comme l’AECQ? En tant que catholiques, nous avons le droit, sinon le devoir d’interpeller nos pasteurs et de leur poser des questions. Et tout en étant «critiques et vigilants», nous pouvons continuer de prier pour eux.
Le Vendredi Saint est le jour du paradoxe divin. L’émouvant récit de la Passion selon saint Jean est proclamé dans la liturgie. Nous nous réunissons en silence pour écouter le récit du disciple bien-aimé et de la mort du Messie. Comme la croix est élevée au milieu de nous, nous regardons cet instrument de mort et de destruction, et d’une manière étrange et silencieuse, nous trouvons la force et l’espérance dans nos propres luttes. Ce n’est pas seulement un jour de tristesse, c’est aussi un jour de gloire. Aujourd’hui, ce qui n’aurait pas pu demeurer autres choses que des souvenirs honteux se transforme en beauté, en espérance et en un appel continu à la bonté héroïque. Aujourd’hui le « grand prêtre » n’est pas loin de nous, ni éloigné de notre condition, mais il est celui qui éprouve de la sympathie pour nous parce qu’il a connu notre faiblesse et notre douleur et même nos tentations (Hébreux 4, 14-45).
Le péché est sur toutes les lèvres dans l’Église cette semaine. D’abord dimanche, le responsable de la Pénitencerie apostolique parlait de « nouveaux péchés » reconnus par l’Église. La pollution, les manipulations génétiques et l’inaction face à la pauvreté se trouvent sur cette nouvelle liste. La notion de péché communautaire n’est pas nouvelle, et nous sommes de plus en plus sensibles aux répercussions de nos fautes communes et des dommages énormes causés à la nature et à ses habitants, i.e. nos frères et soeurs. Du même coup, nous brisons notre relation avec Dieu.
Le Mont Garizim près du puit de Jacob est situé dans le centre d’Israël dans la ville biblique de Sichem, appelée aujourd’hui Naplouse. C’est la rencontre de Jésus avec la Samaritaine qui a rendu ce puit célèbre dans la tradition chrétienne. Plusieurs choses semblent anormales dans cette scène du puit de Jacob. Tout d’abord, le puit est un espace public accessible aux hommes et aux femmes, mais ils ne devraient pas être là en même temps.
Le message le plus réconfortant de la Transfiguration est probablement pour ceux et celles qui souffrent et ceux qui observent la déformation de leur propre corps et le corps de gens qu’ils aiment. « Il transfigurera nos misérables corps, les conformant à son corps glorieux. » Les corps humiliés par la maladie et la mort seront rachetés. Même Jésus sera défiguré au cours de la Passion, mais il s’élèvera dans son corps glorieux dans lequel il vivra pour l’éternité et, c’est ce que la foi nous enseigne, avec lequel il nous retrouvera lorsque nous quitterons cette vie.