Par le père Thomas Rosica, C.S.B.
Le mercredi des Cendres, le 6 février, l’Église commence son grand itinéraire de carême avec Jésus sur le chemin de Jérusalem. Depuis des siècles, le carême est un itinéraire et une expérience spirituelle très intense pour les disciples de Jésus-Christ. Pourquoi y a-t-il quarante jours dans le carême ? Il a fallu quarante jours pour noyer l’immoralité dans les flots avant une nouvelle création dont pouvait hériter la terre. Il a fallu quarante ans pour que la génération d’esclaves meure avant que la nouvelle génération puisse entrer dans la Terre Promise. Pendant quarante jours Moïse, Élie et Jésus ont jeûné et prié pour se préparer à l’œuvre de leur vie.
Le carême nous invite à nous détourner de nous-mêmes, de notre péché, et à nous réunir en communauté. L’abnégation est le moyen d’exprimer notre repentance. Selon l’Évangile de saint Matthieu l’abnégation est triple. Nous prions : « Va dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père dans le secret ». Nous jeûnons : « Nul ne doit voir que vous jeûner mais votre Père ». Nous donnons l’aumône : « Gardez vos actes de miséricorde secrets, et votre Père qui voit ce que vous faites dans le secret vous le rendra ». Durant les exercices de carême, par la prière, le jeûne et l’aumône, nous remettons notre vie en ordre et nous aiguisons nos sens, pour désirer et pour faire advenir le règne de Dieu parmi nous.
De ces trois pratiques de carême, le jeûne est aujourd’hui ouvert aux plus mauvaises interprétations. Le jeûne est devenu une pratique ambiguë. Dans l’antiquité, seul le jeûne religieux était connu ; aujourd’hui, un jeûne politique et social existe (grève de la faim), un jeûne pour la santé ou idéologique (végétarien), un jeûne pathologique (anorexie), un jeûne esthétique (le culte du corps mince). Malheureusement, il y a avant tout un jeûne forcé : celui de millions d’êtres humains qui manquent du minimum indispensable et qui meurent de faim.
Ces jeûnes n’ont pas de raisons religieuses ou esthétiques en eux-mêmes. Un jeûne esthétique peut parfois « mortifier » le péché de gourmandise dans l’unique but d’obéir à un autre péché capital, celui de la fierté ou de la vanité. Le jeûne en lui-même est quelque chose de bon et souhaitable. Il traduit des attitudes religieuses fondamentales : la révérence à Dieu, la reconnaissance de ses péchés, la résistance aux désirs de la chair, et le souci de la solidarité avec les pauvres… Toutefois, comme pour toutes choses humaines, il peut être détourné par « les présomptions de la chair ». Les mots du pharisien dans le Temple nous le rappellent : « Je jeûne deux fois par semaine » (Lc 18 : 12).
Le carême est le temps qui nous fait découvrir la signification de la discipline et des dévotions de notre tradition catholique. Qu’avons-nous fait de l’importante pratique du jeûne pendant le carême ? Si Jésus était ici pour parler à ses disciples d’aujourd’hui, sur quoi mettrait-il le plus l’accent ? Nous considérons comme plus important la nécessité de « partager le pain avec celui qui a faim et vêtir celui qui est nu ». Nous avons en fait honte d’appeler « jeûne » le fait d’être au pain et à l’eau – ce qui serait pour nous le comble de l’austérité quand pour des millions de gens, ce serait déjà un luxe extraordinaire, surtout s’il s’agit de pain frais et d’eau pure.
Le jeûne nous aide à ne pas être réduit à de simple « consommateurs », il nous aide à acquérir le précieux « fruit de l’Esprit », qui est la « maîtrise de soi », il nous prédispose à la rencontre de Dieu. Nous devons nous vider nous-mêmes afin d’être remplis par Dieu. Le jeûne crée une solidarité authentique avec des millions d’affamés à travers le monde. Nous ne devons toutefois pas oublier qu’il y a des formes alternatives au jeûne et à l’abstinence de nourriture. Nous pouvons jeûner du tabac et de l’alcool qui ne sont bons ni pour l’âme ni pour le corps. Il y a le jeûne des images de violence et de sexe dont la télévision, les films, les magazines et l’Internet nous bombardent chaque jour en maltraitant la dignité humaine. Il y a aussi le jeûne de la médisance et du rejet des autres : une pratique trop répandue dans l’Église d’aujourd’hui.
« C’est maintenant le moment favorable ! C’est maintenant le jour du salut ! » Nous avons besoin du carême pour nous aider à reconnaître que notre identité et notre mission ont pour racine la mort et la résurrection de Jésus. La prière, le jeûne et l’aumône sont les piliers du temps de carême pour les chrétiens. Le carême est un temps de jeûne de certaines choses mais aussi un temps de fête pour d’autres. Jeûne du mécontentement, de la colère, de l’amertume, de la préoccupation de soi, du découragement, de la paresse, de la suspicion et de la culpabilité. Fête de la gratitude, de la patience, du pardon, de la compassion pour les autres, de l’espérance, de l’engagement, de la vérité et de la miséricorde de Dieu. Le carême est un temps de jeûne et de fête !
La fête de la présentation de Jésus dans le temple de Jérusalem est célébrée le 2 février, le quarantième jour après la naissance de Jésus. Cette fête a marqué la fin du temps de Noël depuis le 5ème siècle. Le récit d’un antique pèlerin chrétien à Jérusalem dit que cette fête était célébrée avec la même joie et la même ferveur que Pâques.
Saint Thomas d’Aquin est l’un des plus grands et des plus influents théologiens dans l’histoire de l’Église Catholique. Il est un exemple suprême de celui dont la vie et l’enseignement n’étaient qu’un. Il fut canonisé en 1323, puis déclaré Docteur de l’Église par le pape Pie V. Il est fêté le 28 janvier.
Des gestes symboliques ont été posés et demeurent dans l’imaginaire de plusieurs. Pensons à la rencontre entre Paul VI et le Patriarche Athénagoras 1er qui ont prié ensemble la prière du Christ « Que tous soient un », Jn 17. C’est justement par la prière qu’adviendra la réunion de tous les chrétiens. Car l’Unité des chrétiens ne relève pas de nous mais de l’Esprit de Dieu présent et agissant en nous. Ainsi, en discernant attentivement les signes de l’Esprit au sein des Églises, nous parviendrons, plus tôt que tard, à cette unité qui sera le véritable reflet de l’amour trinitaire.
Le sort était jeté déjà l’automne dernier, suite à l’annonce par le Saint-Siège d’une visite du pape aux États-Unis en avril 2008. Un grand voyage qui mènera Benoît XVI de la Maison Blanche aux Nations-Unis, où il prononcera un important discours. Auparavant, le Saint-Père avait déjà annoncé aux jeunes qu’il les retrouverait à Sydney à la fin juillet, et on ne renie pas une promesse faite aux jeunes. Malgré cela, le cardinal Marc Ouellet a joué le tout pour le tout en novembre dernier: lettre du premier ministre du Québec, pétition de quelques milliers de Québécois alors que la majorité d’entre-eux tournent le dos à leurs racines chrétiennes: tout pour convaincre le pape de venir à Québec en juin prochain.

