par le père Thomas Rosica, c.s.b.
Emmaüs, c’est d’abord une page d’Evangile.
Emmaüs, le nom d’un village.
Emmaüs, c’est un chemin.
Emmaüs, c’est aussi une maison, une auberge.
Emmaüs, c’est une école de prière.
Emmaüs, c’est un éclairage sur le visage du Christ.
L’histoire biblique des deux disciples d’Emmaüs raconte comment un chemin de tristesse peut devenir une promesse d’espérance. Deux compagnons découragés ont quitté Jérusalem. Tandis qu’ils s’éloignent de la Ville Sainte, un inconnu les rejoint, s’approche, les interroge et commence à leur parler.
Pour les disciples en route vers Emmaüs, la nouvelle les a fait sortir de leur propre apitoiement et de leur mauvaise interprétation des Écritures. Par ailleurs, cette nouvelle les a amenés à se plonger plus profondément dans le mystère de la passion et de la mort de Jésus.
L’histoire d’Emmaüs parle du pain rompu et partagé au petit groupe. Mais c’est encore peu de chose pour lui. Si ce geste n’est pas habité par une lumière plus profonde, il ne vaut rien du tout.
Quelque chose s’éveille en eux et les bouleverse intérieurement : «Notre coeur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route?», diront-ils, lorsque leurs yeux s’ouvriront et reconnaîtront Jésus ressuscité.
Ce récit biblique des disciples d’Emmaüs est avant tout une école de prière pour notre vie. L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse.
Prier avec les disciples d’Emmaüs nous est une invitation à retourner aux Écritures avec de nouvelles questions. Jésus ouvre les Écritures aux deux disciples et il insiste sur la nécessité des souffrances du Messie, pour que celui-ci entre dans sa gloire. Est-ce que notre lecture biblique nous mène vers une expérience du Seigneur Ressuscité comme cela fut le cas pour Cléophas et son compagnon?
Prier avec les disciples d’Emmaüs nous amène à une expérience de louange en communauté. Les disciples éprouvent un nouveau sens de l’appartenance et un nouveau courage pour témoigner de la Résurrection de Jésus. Ils ne sont plus tristes et déçus. Ils sont lentement passés des ténèbres et du désespoir à la foi. Ils sont eux-mêmes devenus porteurs de la bonne nouvelle et capable de louer Dieu en Esprit et Vérité.
Prier avec les disciples d’Emmaüs veut dire répéter leur prière souvent: “Reste avec nous, Seigneur”. Par ces paroles, les disciples d’Emmaüs invitèrent le Voyageur à rester avec eux, alors que parvenait à son terme le premier jour après le sabbat au cours duquel l’incroyable était arrivé.
L’Evangile d’Emmaüs nous fait comprendre que nous sommes aussi attendus pour un autre repas. Le Seigneur se met à table avec nous. Il prend le pain, le bénit et nous le donne. C’est un geste qui résume toute la mission du Christ. Rien n’est plus utile à l’humanité que ce partage concret et fraternel.
Ce repas est le moment d’une Révélation. A Emmaüs, pendant que le pain est rompu, les yeux des compagnons s’ouvrent et ils reconnaissent le Seigneur : Il est vraiment ressuscité. Désormais, la victoire de l’amour contre toutes les tristesses de ce monde est assurée. Mais le Christ disparaît ; ses disciples sont passés de la désillusion à l’enthousiasme. Aussitôt, ils partent sur la route comme des messagers d’espérance.
Je termine ma réflexion en vous offrant cette prière.
Seigneur, nous te remercions pour ta Parole.
Merci de ta voix qui nous parle dans les Écritures.
Que ta Parole nous transforme en témoins,
en prophètes, en hommes et femmes de l’aube.
Trace pour nous les chemins au milieu de nos déserts.
Maintiens parmi nous les signes de ta présence.
Ravive en nos familles et en nos communautés
la foi en tes promesses de vie,
et qu’au souvenir de ton amour fidèle,
nous allions aussi loin que ton Esprit nous entraîne.
À la suite des disciples d’Emmaüs,
que nos vies soient le reflet de ta vie-
que plus nous étudions les Écritures,
plus nous te trouvions.
que plus nous te connaissions,
plus nous nous immergions dans ta Parole
qui est vérité et vie pour tous les âges. AMEN

C’est un homme de foi qui a osé poser des gestes forts de réconciliation, qui aimait communiquer la bonne nouvelle de l’évangile, qui a créé des ponts entre les personnes de différentes croyances, générations et peuples, qui a voyagé, n’a pas compté sa peine pour rencontrer des personnes que les chefs d’état vont rarement visiter comme les prisonniers, sans parler de l’homme qui avait voulu le tuer.
Il existe un proverbe qui dit: « Si le coeur n’y est pas, les mains hésitent. » Ce proverbe convient bien à ce deuxième dimanche de Pâques où nous lisons le récit de Thomas, celui que l’on appelle souvent ‘le sceptique’. Thomas, le disciple qui n’était pas présent lors de la première apparition de Jésus qui, à son retour fera une exceptionnelle rencontre avec son Seigneur et Sauveur, Jésus.

Le Vendredi Saint est le jour du paradoxe divin. L’émouvant récit de la Passion selon saint Jean est proclamé dans la liturgie. Nous nous réunissons en silence pour écouter le récit du disciple bien-aimé et de la mort du Messie. Comme la croix est élevée au milieu de nous, nous regardons cet instrument de mort et de destruction, et d’une manière étrange et silencieuse, nous trouvons la force et l’espérance dans nos propres luttes. Ce n’est pas seulement un jour de tristesse, c’est aussi un jour de gloire. Aujourd’hui, ce qui n’aurait pas pu demeurer autres choses que des souvenirs honteux se transforme en beauté, en espérance et en un appel continu à la bonté héroïque. Aujourd’hui le « grand prêtre » n’est pas loin de nous, ni éloigné de notre condition, mais il est celui qui éprouve de la sympathie pour nous parce qu’il a connu notre faiblesse et notre douleur et même nos tentations (Hébreux 4, 14-45).
Le péché est sur toutes les lèvres dans l’Église cette semaine. D’abord dimanche, le responsable de la Pénitencerie apostolique parlait de « nouveaux péchés » reconnus par l’Église. La pollution, les manipulations génétiques et l’inaction face à la pauvreté se trouvent sur cette nouvelle liste. La notion de péché communautaire n’est pas nouvelle, et nous sommes de plus en plus sensibles aux répercussions de nos fautes communes et des dommages énormes causés à la nature et à ses habitants, i.e. nos frères et soeurs. Du même coup, nous brisons notre relation avec Dieu.