De commencement en commencement

par Sébastien Lacroix

‘Déjà!’ disent les uns, ‘enfin!’ disent les autres. Même si je ne me rendais pas à l’école ce matin, et ça me manquait un peu, il y avait une atmosphère de rentrée dans nos studios. Les séminaristes qui nous ont aidés depuis juin sont retournés au séminaire. Pour eux, c’est une autre année d’étude et de discernement qui débute, sous la mouvance de l’Esprit et de la vie communautaire qu’ils ont la chance de vivre. Les jeunes hommes ont fait place au retour de plusieurs personnalités de S+L. Sœur Marie-Noëlle est de retour de France après une virée dans ses terres natales. Gillian est de retour d’Australie où elle travaillait à l’organisation des JMJ. Justyna, l’épouse de Jasmin, est de retour de congé de maternité… Bref, l’atmosphère était presqu’à la fête, aux retrouvailles.

Je pensais donc ce matin à tous ceux et celles qui retournent à l’école aujourd’hui. Professeurs, élèves, et je me revoyais à mon premier jour au secondaire. Que de nervosité, que d’appréhension, mais aussi que d’excitation à l’idée d’entrée dans la ligue des grands. Le sentiment était semblable lors de mon entrée au cégep. Je ne vous dis pas en quelle année c’était.

Il y  a toujours une certaine anticipation de la rentrée. Ce sentiment qui vous empêche de dormir la nuit d’avant, mais qui fait quand même qu’on se réveille du bon pied, content.

La rentrée est aussi la réalisation que notre vie est faite de départs et de commencements.

Nouveaux projets, nouvelle carrière, nouvelle ère. Dans nos diocèses, c’est le début d’une nouvelle année pastorale. Les liturgies dominicales reprennent un peu de tonus, les chorales sont de retour. Les catéchètes préparent leurs activités pour des centaines de jeunes et leurs parents. Certains d’entre-eux militent contrent le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse et jonglent avec l’idée de retirer leur enfant de ce cours… Bref les défis ne manquent pas.

Il y a aura donc beaucoup à faire et beaucoup à suivre cet automne. Pour parvenir à réaliser tout ce que l’on souhaite, pourquoi ne pas vivre notre  ‘rentrée’ avec le Seigneur. Lui qui ne prend jamais congé était là tout au long de nos vacances. Sûrement qu’Il est heureux de nous retrouver et de nous accompagner sur ces chemins de nouveautés.

Bonne rentrée!

Un mois après Sydney, nous rêvons encore

par Sébastien Lacroix

 

Cela fait déjà plus d’un mois que je suis rentré d’Australie, comme 2000 autres jeunes Canadiens qui se sont rendus dans la Terre de la Croix du Sud pour rencontrer Benoît XVI et les kangourous.

Un mois et on se prend encore à penser à nos souvenir de voyage, aux lieux superbes que nous avons visités, aux rencontres inoubliables que nous avons faites. À cet effet, nous avons reçu à Sel + Lumière quelques témoignages de participants et accompagnateurs qui étaient à Sydney. Voici celui de Suzanne Maltais qui accompagnait le groupe de Saint-Lambert:

Les Journées Mondiales de La Jeunesse 2008 furent pour moi un temps de ressourcement incomparable. Des moments de reconnexion à la source de vie qu’est la parole de Dieu. L’Esprit Saint qui à tout moment venait nous envahir nous faisait planer au dessus de nos craintes et de nos insécurités d’êtres humains. Quelle force nous avons là à notre disposition ! Et c’est tellement incroyable de réaliser que c’est auprès de choses et de personnes tellement  futiles que nous choisissons de nous ressourcer la plupart du temps…Nous nous abandonnons à des charlatans quand l’expert des cœurs (Notre Père du ciel) est là tout près et ne désire nul autre chose que réconforter son enfant ,sa créature et lui dire qu’elle ne manquera jamais de rien.
 
J’ai senti à plusieurs reprises cette puissance qu’est cet amour inconditionnel et sans limite. Plus particulièrement lors de la messe d’ouverture. Mon cœur était sans doute plus attentif et disponible à ce moment ? J’ai été très touchée par le discours du premier ministre et du Cardinal George Pell. Des mots et des sentiments percutants. Voir en plus  tous ces drapeaux de tous les pays du monde , le soleil qui frappait à pleins feux sur cette ville magnifique qu’est Sydney, La création avait mis tous ces atours pour montrer à la jeunesse tout son amour et toute sa splendeur !
 
Voir le pape Benoît XVI fut aussi un moment inoubliable. Voir le représentant de Dieu sur terre ce n’est pas rien tout de même. Son passage tout près de nous nous a apporté paix et sérénité. J’espère en avoir rapporté un peu à tous ceux qui étaient greffés à nos cœurs et pour lesquels nous avons demandé des grâces spéciales.
 
Les journées à Townsville nous ont préparés magnifiquement à se laisser aimer par l’Esprit Saint. Nous avons été accueillis par les paroissiens de cette ville avec toute la chaleur, l’amour fraternel et  inconditionnel d’une famille. La manière avec laquelle celle-ci offre tout ce qu’elle a pour dire qu’elle est heureuse de nous avoir accueilli et laissé entrer dans son intimité.
 
Je  remercie le Pape Jean-Paul II d’avoir instauré avec autant de brio ce bain d’amour et d’espérance que sont Les Journées Mondiales de la Jeunesse. Une rencontre avec l’humanité de demain, un feu de joie qui ne peut  laisser aucun jeune indifférent.
 
Les jeunes ont reçu la semence. Il faut maintenant laisser  Dieu façonner la terre. Il a un plan pour chacun de nous et nous devons nous assurer que les voies de communication avec lui sont toujours libres et en bon état. Je crois que notre défi est d’être attentif dans cette mer d’information souvent inutile qui brouille le message Du Grand Messager…
 
Suzanne Maltais
Accompagnatrice du groupe de Saint-Lambert

N’hésitez pas à écrire vos réflexions et commentaires sur la JMJ de Sydney et/ou sur la couverture que nous en avons faite. Il n’est pas trop tard, au contraire. Et pour revivre les meilleurs moments de Sydney 2008, rendez-vous à la section JMJ de notre site ou regardez l’émission spéciale ‘Retour sur la JMJ’ avec Soeur Marie-Pierre Delorme et l’abbé Stefano Cascio, en rappel ce samedi à 20h, heure de l’Est.

Photo: WYD 2008/Getty Images.

Pour une civilisation de l’Amour

par Sébastien Lacroix

Les 2000 délégués des Chevaliers de Colomb retourneront chez eux à partir d’aujourd’hui après un congrès qui leur permettra de poursuivre leur oeuvre visant à bâtir une civilisation de l’Amour par la charité, l’unité et la fraternité. Ces trois piliers qui forment, avec le patriotisme, la plate-forme de ce grand mouvement d’hommes laïcs ont été abordés sous divers angles par plusieurs intervenants.

Les paroles prononcées ont certainement un impact sur les Chevaliers et leur famille, mais les gestes posés résonnent encore davantage.  Des millions d’heures de bénévolat, des centaines de millions de dollars donnés à la communauté. Mises ensembles, les petites et grandes contributions des 1,7 millions de membres des C de C n’ont pas leur pareil.

Lors de la messe de la fête de la transfiguration hier, le cardinal Jean-Claude Turcotte a affirmé que bâtir une civilisation de l’Amour signifie chercher le visage de Dieu chez les autres.

L’autre façon de bâtir une civilisation de l’amour est d’être prophête dans notre époque et notre milieu. L’archevêque de Montréal se sert ici du prophête Élie pour rappeler aux Chevaliers présents, mais aussi à chaque baptisé, ce à quoi notre baptême nous appelle:

  • Prophête par la manière dont nous parlons et travaillons
  • Prophête par la manière que je considère mon époux ou épouse
  • Prophète par la manière que j’élève mes enfants
  • Prophête dans la manière que nous dépenssons notre argent et l’investissons
  • Prophête par la manière que nous votons
  • Prophête par notre manière de défendre et de protéger la vie.

C’est ce que parvienne à réaliser les Chevaliers de Colomb. D’une manière simple et concrète, ils deviennent des prophêtes dans un monde qui a bien besoin de modèle de bonté et de charité.

Thabor et Golgotha: Quand l’obscurité peut être éblouissante.

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

[NDLR: À l’occasion de la Fête de la Transfiguration, nous publions une réflexion du père Rosica parue en février dernier.] 

L’impressionnante histoire de la Transfiguration du Seigneur est au cœur de l’Évangile du second dimanche de carême. Nous ne pouvons que spéculer sur ce qui se cache derrière cette histoire –  l’un des évangiles les plus mystérieux et l’une des visions les plus impressionnantes (Mc 9, 2-9 ; Mt 17, 1-8 ; Lc 9, 28-36). Pierre, Jacques et Jean ont fait une expérience bouleversante avec le Seigneur au Mont Thabor. Après la nuit de la tentation et les ténèbres du Golgotha, les rayons glorieux de la transfiguration jaillissent. Sous leurs yeux, Jésus qu’ils avaient connu et avec qui ils avaient marché fut transfiguré. Son visage était radieux, ses vêtements resplendissaient d’une lumière blanche. À ses côté, enveloppé dans la gloire, se tenaient Moïse, le puissant libérateur qui avait sortit Israël de l’esclavage, Élie, le plus grand des prophètes d’Israël.

Sur la sainte montagne, Pierre, Jacques et Jean discutaient avec Jésus au sujet de sa mort et de sa résurrection qui devaient avoir lieu à Jérusalem. Les trois disciples étaient complètement confus et émerveillés. Pierre essaya maladroitement de dire quelques mots. « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; laisse nous dresser trois tentes, une pour toi, une pour Élie et une pour Moïse. » Mais tout à coup, venant d’un nuage translucide, une voix semblable au tonnerre, la voix de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».

L’expérience de la transfiguration de Jésus nous donne l’opportunité d’examiner nos propres expériences sur la montagne. Comment de telles expériences mettent-elle en lumière l’ombre et l’obscurité de la vie. Que seraient nos vies sans ces expériences dans les hauteurs ? Combien de fois nous sommes-nous tournés vers ces expériences, petites mais importantes pour trouver force et courage ? Lorsque nous redescendons dans la vallée, il nous est difficile de voir la gloire du Christ.

Quand Jésus se mit en route pour son « exode », et que ses disciples ont vu ce que cela signifiait pour lui – quand il ont vu son visage lumineux ensanglanté, sous les crachats et ses vêtements resplendissants déchirés, leurs souvenirs en lambeaux – ils ont du penser que la gloire était remise en question. Son visage n’était pas lumineux et resplendissant sur la croix. Pas de char de feu envoyé par l’Esprit pour l’éloigner de là. Aucune musique de tonalité glorieuse et victorieuse n’a résonné sur le Golgotha. Et nous pourrions très bien nous demander : Pourquoi Dieu a-t-il caché toute la gloire sur le Mont Thabor, où personne ne pouvait le voir ? Pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas réservée pour la croix ?

Jésus est mort d’une façon très semblable à ceux qui sont mort de chaque côté de lui, l’un d’eux lui demandant de le sauver de ce qui lui arrivait, l’autre demandant à Jésus de ne pas l’oublier lorsqu’il serait au paradis. Jésus n’a rien pu faire pour celui qui voulait être délivré, mais il a donné une réelle faveur à celui que la tradition a appelé « Dismas », ce qui signifie celui qui meurt.

Il lui dit que la noirceur était éclatante et qu’au bout se trouvait le paradis pour chacun d’eux. Jésus avait appris cela au Mont Tabor, alors que la lumière jaillit pour montrer à Jésus de quoi il était fait.

Le Mont Tabor est en réalité une fenêtre ouverte sur notre futur. Le sens profond de la Transfiguration nous assure que nos l’opacité de nos corps sera un jour transformée en lumière. Mais Tabor nous enseigne également quelque chose du présent, en soulignant ce que nos corps sont déjà : le temple de l’Esprit.

Le message le plus réconfortant de la Transfiguration est probablement pour ceux et celles qui souffrent et ceux qui observent la déformation de leur propre corps et le corps de gens qu’ils aiment. «  Il transfigurera nos misérables corps, les conformant à son corps glorieux. » Les corps humiliés par la maladie et la mort seront rachetés. Même Jésus sera défiguré au cours de la Passion, mais il s’élèvera dans son corps glorieux dans lequel il vivra pour l’éternité et, c’est ce que la foi nous enseigne, avec lequel il nous retrouvera lorsque nous quitterons cette vie.

Nous devons ainsi traverser les ténèbres avant que la lumière nous enveloppe. Avant que les cieux s’ouvrent à nous, il nous faut marcher dans la boue et la saleté. Nous devons faire l’expérience des deux montagnes, Tabor et Golgotha, afin de voir la Gloire de Dieu.  La transfiguration nous enseigne que la mort faisait partie de la vie lumineuse de Dieu et qu’il est impossible de la contourner, il faut la traverser. Elle nous rappelle également que l’obscurité qui nous fait peur peut aussi être éclatante et resplendissante. Dans les moments de transfiguration, Dieu pénètre les régions dures, incrédules et même troublées de notre être avec lesquelles nous ne savons pas quoi faire et laisse sur elles l’empreinte de son visage, dans toute la gloire et la splendeur de sa beauté.

Le bras droit de l’Église

par Sébastien Lacroix 

 

Il sont plus de 2000 qui sont débarqués à Québec avec leur épouse, parfois leurs enfants. Le 126e Congrès international des Chevaliers de Colomb débutera demain pour les membres de cet ordre catholique d’hommes. Rassemblement annuel, ce congrès est l’occasion pour les Chevaliers de partout au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde de se retrouver pour prier, réaffirmer leur engagement au service de l’Église et faire un bilan de l’année qui vient de s’écouler.

Il est fort à-propos que ce 126e congrès se déroule à Québec. En cette année où la première ville d’Amérique du Nord célèbre sont 400e anniversaire de fondation, les Chevaliers se rassemblent dans le berceau de la foi sur ce continent, alors qu’eux-mêmes ont contribué et contribue encore grandement à la vie des communautés chrétiennes. Le fondateur des Chevaliers de Colomb, le père Michael McGivney est d’abord entré au séminaire de Saint-Hyacinthe en 1868 avant d’étudier deux ans au séminaire St. Mary à Montréal.

Ni mon père, ni mon grand-père étaient chevaliers. Je me souviens toutefois de leur présence à ma paroisse quand j’étais enfant. J’étais très impressionné par les plumes et les épées des membres du 4e degré. Je le suis moins aujourd’hui il va sans dire, mais adolescent, j’ai découvert, et même bénéficié, de l’action de ces hommes. Qui d’entre-nous n’est pas allé à un brunch ou un un souper spaghetti organisé par les Chevaliers? Non seulement ils le font souvent pour une cause charitable, mais ces repas permettent aux gens de fraterniser et d’échanger. Les Chevaliers nourissent la communauté.

Après mon cégep à Sherbrooke, je suis parti pour un programme d’échange international pour une année. Comme j’étais assez engagé en paroisse, le conseil m’a aidé dans ma levée de fonds qui m’a permis de faire cet échange. Les Chevaliers appuient la jeunesse.

En 2001 et 2002, il aurait été impensable de réaliser le pèlerinage de la Croix des JMJ au Canada sans l’aide des Chevaliers de Colomb. De Terre-Neuve à Vancouver, ils ont transporté la Croix donnée par Jean-Paul II aux jeunes du monde dans les endroits parfois les plus reculés de notre pays. Plus récemment, c’est à l’occasion du pèlerinage de l’Arche de la Nouvelle-Alliance que les Chevaliers se sont distingués, en vue du Congrès eucharistique international. Ces contributions plus ‘physiques’ sont sans compter les généreuses contributions financières des Chevaliers: au JMJ, au Congrès eucharistique et pour une foule de projets liés à l’évangélisation dont Télévision Sel + Lumière.

C’est donc une joie d’être à Québec pour cette occasion et de prendre part à la rencontre d’une organisation qui enrichie la vie de l’Église et contribue à démontrer la pertinence de son message.

Tout au long de cette semaine, nous aurons donc la chance de découvrir certains aspects de ce mouvement important au sein de l’Église. En remarquant le nombre d’évêques et de prêtres qui se trouvent ici cette semaine, on comprend vite à quel point il en est ainsi.

S+L diffusera les principaux événements de ce Congrès. Visiter notre page dédié à notre couverture exclusive en français.

Messe de la fête de sainte Anne ce jeudi à 21h

Télévision Sel + Lumière diffusera ce jeudi à 21h la messe solennelle de la fête de sainte Anne, célébrée au Sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré le 26 juillet 2008. Des difficultés techniques nous ont empêchés de présenter cette messe il y a deux jours, nous nous reprenons ce soir. Merci pour votre compréhension.

Benoît XVI: un pape surprenant!

par Stefano Cascio
[NDLR: L’abbé Stefano Cascio faisait partie de l’équipe de Télévision Sel + Lumière qui a assuré la couverture des Journées mondiales de la jeunesse 2008 à Sydney. De retour à Rome où il est vicaire paroissial, il nous partage sa réflexion post-JMJ.]

On disait de Benoît XVI qu’il n’avait pas le charisme de Jean Paul II, qu’il ne pouvait attirer les jeunes, qu’il était froid, enfermé dans ses recherches théologiques, trop vieux pour guider l’Église du troisième millénaire…et j’en passe… Or il démontre, voyage après voyage, qu’il est bien différent de l’image que l’on a voulu nous donner de lui.

Après sa visite triomphale aux États-Unis, Benoît XVI vient de remporter une nouvelle bataille contre les préjugés à son égard en Australie.

On annonçait un voyage difficile, dans un pays à majorité protestante et extrêmement sécularisé, mais la joie des jeunes catholiques et les gestes effectués par le pape durant les JMJ ont inversé les sentiments des Australiens. Le pape remporte une victoire sur tous les plans:

Tout d’abord politique, le premier ministre Kevin Rudd a souligné, lors de son discours de bienvenu à Barangooroo, l’importance de la foi dans la vie d’une personne et la richesse de l’héritage chrétien pour son pays. Cette ouverture s’est concrétisée par sa participation bien entendu aux deux cérémonies à l’aéroport mais également aux messes d’ouverture et de clôture et de manière privée au festival de la jeunesse, en allant à la prière de la communauté de Taizé (Cfr. Blogue de soeur Marie-Pierre Delorme). Lorsqu’il a pris congé du Pape, il l’a remercié pour avoir toujours voulu démontrer que la foi ne s’oppose pas à la raison humaine mais qu’elle la complète. Ce n’est d’ailleurs pas le premier leader à être touché par un tel message (Blair, Sarkozy, Bush).

Le Premier ministre a voulu formaliser cette relation amicale en nommant, pour la première fois dans l’histoire diplomatique australienne, un ambassadeur permanent près le Saint-Siège.

Mais Benoît XVI n’a pas touché seulement l’élite du pays mais l’ensemble de la société civile, en particulier en condamnant les abus sexuels commis par des membres du clergé mais surtout en rencontrant comme aux États-Unis des victimes de ces abus, montrant sa sollicitude pastorale et sa compassion.

La victoire est également pastorale: les jeunes ont démontré cette semaine leur amour pour l’Église et pour son pasteur universel. Ils ont répondu à l’invitation malgré la distance et le coût d’un tel voyage, et s’ils ont été confirmés dans leur foi par les enseignements des catéchèses et des homélies; ils ont eux-mêmes confirmé les évêques et le pape dans leur mission pastorale par leurs cris plein d’enthousiasme et leurs prières.

Benoît XVI n’est pas le fondateur des JMJ et beaucoup disaient qu’il n’appréciait pas ce genre d’événement mais il s’est montré un père spirituel pour un demi-million de pèlerins. Pour la première fois dans l’histoire des JMJ, la veillée a été entièrement dédiée à la prière, les jeunes ont participé en silence et à genoux à l’adoration guidée par un pape qui lentement mais sûrement est en train d’imprimer sa marque.

Durant ces JMJ, le cardinal Pell a associé le nom de Jean Paul II à l’adjectif “grand”. En pensant à Benoît XVI un seul adjectif me vient a l’esprit: “surprenant”, il se montre toujours plus un pape surprenant…

Retourner chez soi et garder l’esprit

par Marilena Berardinelli

Les JMJ se suivent et ne se ressemblent pas. Chaque JMJ est colorée par la vision de son comité organisateur, le charme de sa ville hôte et par l’esprit des pèlerins eux-mêmes. Mon expérience à Rome (2000) a été différente de celle de Toronto (2002) et ces deux expériences sont très différentes de celle vécue ici à Sydney.

La JMJ de Rome a changé ma vie. Elle a déclenchée une série d’événements qui me ferait changer de majeure à l’université (de l’économie à la théologie), poursuivre une vocation d’enseignante dans une autre province (du Québec à l’Ontario) et éventuellement me permettrait de rencontrer mon mari (le journaliste Sébastien Lacroix à S+L). À cause de toutes ces choses remarquables, il serait injuste d’espérer répéter l’expérience de Rome. La JMJ de Sydney a été incroyable à sa façon. Plus important encore, elle a été une source de renouveau dont j’avais bien besoin. Les temps de prières et les catéchèses, le festival de la jeunesse et les témoignages des pèlerins me donnent ce dont j’aurai besoin pour faire face aux défis qui m’attendent à mon retour. 

Ceci étant dit, je dois admettre que cette JMJ est fort probablement ma dernière. Avec l’aide d’un ami, j’ai compris que les JMJ ne se veulent pas sans fin. Le but d’un pèlerin ne devrait pas être de participer au plus grand nombre de JMJ possible. L’objectif des JMJ est plutôt d’allumer l’étincelle ou de rallumer la flamme que vous ramènerez avec vous pour la partager avec la famille, les amis, la communauté, qu’elle soit paroissiale ou scolaire. Les JMJ existe pour vous transformez afin que vous transformiez le monde à votre tour. C’est ainsi que l’esprit des JMJ vivra au-delà des pèlerinages eux-mêmes, et c’est en quelque sorte de cette manière que nous vivrons continuellement la JMJ.

Une JMJ sur le terrain

par Sébastien Lacroix

On pourrait croire que je suis un vétéran des JMJ, et il m’est arrivé de le croire moi-même parfois. Pourtant, Sydney était ma première participation aux JMJ en tant que pèlerin. Pèlerin-journaliste certes, mais pèlerin quand même.

Je suis venu en Australie avec certaines attentes et beaucoup d’éléments de comparaison. Lorsqu’on pense aux JMJ de Toronto, la première chose dont on se souvient est la Croix des JMJ. C’est grâce à cette Croix confié par Jean-Paul II aux jeunes du monde, qu’un pays tout entier s’est rallié pour accueillir ces jeunes et le pape, ensemble. Nous étions tous très fiers, tant au sein de l’équipe nationale que dans les diocèses, de ce qui avait été accompli. Nous étions des instruments entre les mains du Seigneur, qui a rejoint ainsi des milliers de jeunes.

Deux moments forts m’ont marqué cette semaine. Le premier, qui ne surprendra personne, fut l’arrivée de la Croix des JMJ dans la baie de Sydney lundi. La JMJ ne débutait officiellement que le lendemain, mais des milliers de jeunes étaient déjà en ville et plusieurs sont venus marcher avec la Croix qui a ainsi traversé le quartier des affaires de Sydney. Il ne s’agit que d’une croix, pourtant tout s’est arrêté pour un moment. Les gens sortaient des bureaux pour prendre des photos. Les jeunes chantaient. Comme d’autres l’avaient fait à Toronto, et aussi à Rome, Paris, Denver… Les JMJ faisaient leur œuvre.

Samedi, nous avons pu réaliser le pèlerinage à pied jusqu’à Randwick pour la veillée. Nous étions ensemble S. Marie-Pierre, Stefano, Marilena et moi pour cette marche d’environ deux heures. Loin d’être pénible, la marche fut agréable, ponctuée de prières tirées du guide du pèlerin, et de rencontres avec d’autres jeunes. Nous avons rejoint un contingent du diocèse de Montréal avec Isabel Correa tout au fond, loin de la scène. Les gens s’installaient pour une nuit froide. Un ami salésien nous a reçus dans son «condo» : matelas pneumatique et banc de plastique : le luxe quoi!

Emmitouflés dans nos manteaux et foulards, nous avons veillé avec le Saint-Père pour prier, nous étions 235 000. Nous nous sommes réveillés 400 000 pour la messe de clôture. Benoît XVI nous a ainsi posé les vraies questions au cours de son homélie :

Comment utilisez-vous les dons qui vous ont été faits, la « force » que l’Esprit Saint, aujourd’hui encore, est prêt à répandre sur vous ? Quel héritage laissez-vous aux jeunes qui viendront après vous ? Comment vous distinguerez-vous?

Fortifiée par l’Esprit et s’inspirant d’une riche vision de foi, une nouvelle génération de chrétiens est appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie est accueillie, respectée et aimée, non rejetée ou ressentie comme une menace et par conséquent détruite. (…) Chers jeunes amis, le Seigneur vous demande d’être des prophètes de cette nouvelle ère, des messagers de son amour, capables d’attirer les personnes au Père et de bâtir un avenir plein d’espérance pour toute l’humanité.

C’est ainsi que chacun des jeunes présents retourne chez soi : en tant que prophète, habité par l’Esprit et prêt à œuvrer pour un monde meilleur.

Photo: Le pèlerinage vers Randwick le 19 juillet au matin. WYD 2008/Getty Images

Merci d’être venus !

par S. Marie-Pierre Delorme

Que dire à la fin d’une expérience si grandiose, sinon un simple merci…

Merci à Dieu de nous avoir rassemblés. Le chant d’offertoire de la messe d’hier disait : “nous t’adorons Seigneur dans notre communion”. Ce matin-là, c’était un Dieu présent dans une communion de gens de toutes les couleurs, de toutes les musiques.

Merci à l’Australie de nous avoir accueillie. Routes bloquées mais portes ouvertes et coeurs émerveillés: c’était “la grande terre australe de l’Esprit Saint” dans toute sa beauté !

Merci à Benoît XVI de s’être prêté au jeu. Ses paroles de sagesse nous ont lancés au-delà de nous-mêmes : “Qu’allez-vous transmettre aux futures générations?”

Merci aux pèlerins d’être venus. Pour reprendre l’idée du Cardinal Pell, vous avez mis de grands efforts et fait de nombreux sacrifices pour vous rendre jusqu’aux extrémités de la terre. Soyez assurés que vous y avez planté une semence qui, assurément, grandira et rendra cent pour un.

Et finalement, merci à vous qui nous avez suivis depuis votre téléviseur ou votre ordinateur. Votre intérêt et vos encouragements nous ont permis de tenir jusqu’au bout. Vous retrouverez des jeunes transformés au retour de l’Australie : merci aussi de les aider à poursuivre l’oeuvre que le Seigneur de la vie a commencée en eux.

Photo: Messe de clôture dimanche matin à Randwick. WYD 2008/Getty Images

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