par Nathalie Dumas, rédactrice en chef de la revue L’Oratoire

La ministre Monique Gagnon Tremblay à Rome (Photo : DUMAS)
ROME – « Le Québec a vécu hier l’émotion de la canonisation de l’un des siens, André Bessette. (…) Cet honneur, nous le recevons et nous l’apprécions. D’autant qu’il consacre une vie extraordinairement ancrée dans sa communauté, dans sa ville, dans sa nation », mentionnait la ministre Monique Gagnon Tremblay, lors de la réception offerte par le Gouvernement du Québec, le lundi 18 octobre, à l’Hôtel Columbus.
Dans cette allocution très sentie dont nous avons retenu quelques extraits, la ministre des relations internationales et ministre responsable de la francophonie a fait un survol de l’histoire du Québec à travers la vie de son nouveau saint.
Dans cette vie exemplaire, c’est une page de l’histoire d’un peuple que l’on lit. Sa misère, ses peurs, ses espoirs, sa foi, sa solidarité. Ses errements, parfois.(…) La ferveur dont il (frère André) est l’objet est née dans une société plus homogène qu’aujourd’hui, unie par le destin, par les valeurs et par la foi. Car la trajectoire du Québec s’est souvent confondue avec celle de L’Église.
Aujourd’hui ancrés dans une société laïque et plurielle, les québécois ressentent moins ce besoin de se distancer d’un passé religieux avec lequel ils ont eu, durant des années, un rapport difficile. Si ce Québec pluraliste ne reviendra pas à la société cléricale d’antan, il est en mesure de redécouvrir cette dimension de son histoire et de sa culture.
La religion de nos pères et de nos mères est un pan de notre héritage qui s’incarne dans un patrimoine bâti, dans une histoire et des références communes. Voilà pourquoi cette canonisation est, pour de nombreux québécois, quelles que soient leurs convictions, une occasion de célébration. Et, pourquoi pas, de recueillement », a conclu la ministre Gagnon Tremblay.
La déléguée du Québec à Rome, Madame Amalia Daniela Renosto, avait préalablement adressé un mot de bienvenue à ses invités: dignitaires civils et religieux, délégation de l’Oratoire Saint-Joseph, religieux et religieuses de Sainte-Croix, représentants des diocèses de Montréal et de Saint-Hyacinthe. L’allocution complète sera éventuellement disponible sur ce site.








Demain matin, le frère André sera canonisé à Rome. Il sera offert en exemple au monde entier. Cet humble frère a été un homme de foi et de prière. Sa confiance en Dieu et en saint Joseph était absolue, lui qui disait : « Quand saint Joseph pousse avec Dieu, ça pousse fort. » Homme de prière, on disait de lui : « Il parle de Dieu aux hommes et il parle à Dieu des hommes. » Chaque jour, il faisait son chemin de croix en méditant sur la passion du Christ, il disait son chapelet en méditant les mystères du Rosaire. La nuit, pendant que quelque pèlerin dormait sur sa couche, lui, regardant le tabernacle par la petite fenêtre dans le mur de sa chambre, il priait pour toutes les personnes qu’il avait rencontrées et il parlait à Jésus son ami. Au père Deguire, son supérieur, qui s’inquiétait de le voir ainsi prier toute la nuit, il avait répondu : « Si vous saviez l’état du monde, vous ne parleriez pas ainsi. » Mais il invitait aussi les gens à prier Dieu par l’intercession de saint Joseph ; il les invitait à se confesser, à participer à la messe et à communier. Pour lui, le plus important ce n’était pas les guérisons mais la foi. « Beaucoup, disait-il, me demandent la guérison mais très peu la foi. » Et à ceux qui lui demandaient la guérison, il disait : « Priez Dieu pour obtenir la grâce d’accepter sa volonté sur vous. S’il veut vous guérir, remerciez-le ; mais si telle n’est pas sa volonté, demandez-lui la force de vivre avec votre maladie. » Il invitait les pèlerins à la confiance en Dieu : « Mais faites-lui donc confiance ! » Il insistait sur la proximité aimante de Dieu pour chacun de nous : « Entre Dieu et nous, il n’y a que l’épaisseur d’un voile. » Ou encore : « Quand nous disons le Notre Père, c’est comme si Dieu avait l’oreille collée à notre bouche. » Le frère André a été toute sa vie, tant dans les moments de joie que dans les épreuves, un homme de foi et de prière persévérante. Oui, il est vraiment le Saint Frère André !
Par François Gloutnay, rédacteur du blogue Nouvelles de l’ACPC
