par Nathalie Dumas, rédactrice en chef de la revue L’Oratoire
ROME – Père Fernando Ferrera, accompagnateur spirituel du groupe 6, a trouvé les mots pour motiver ses troupes. Un matin dans l’autobus menant au Vatican, père Ferrera a récité une prière qui invitait à ne pas se plaindre. Ni de la température, ni de l’horaire, ni du voisin exigeant, ni de la nourriture, ni des sièges obtenus, ni du guide, bref un réel chemin de sainteté! “Nous ne sommes pas des touristes, nous sommes des pèlerins!”, scande la prière.

Les pèlerins en foulards blancs marchent vers la Place Saint-Pierre. (Photo : DUMAS)
Il semble que les pèlerins québécois ont retenu la leçon. Ils avaient plutôt bonne mine en ce mercredi matin, jour de l’audience générale avec le pape Benoit XVI. Ils ont manifesté leur joie en agitant des drapeaux et en entonnant quelques refrains à saint André. Faisant son entrée avec quelques minutes de retard, le Saint-Père a circulé dans les allées autour de la foule pour revenir ensuite en plein centre et atteindre le podium. Il s’est adressé aux pèlerins en une dizaine de langues, répétant une réflexion sur la vie de saint Elisabeth de Hongrie.
Benoit XVI s’est également adressé à chacune des délégations présentes soulignant au passage les noms des six bienheureux qu’il a canonisé dimanche. Cette audience concluait les célébrations officielles à Rome. Les pèlerins profiteront ensuite de leur dernier après-midi dans la Ville Éternelle pour visiter la basilique Saint-Pierre et aller se recueillir sur le tombeau des papes. Peut-etre ajouteront-ils à leur horaire pour faire quelques achats… d’objets de piété.
Dimanche matin, 17 octobre, les pèlerins commencent à affluer vers la place Saint-Pierre, dès 8h00. Les meilleurs sièges sont courus, les préparatifs observés, la foule fébrile, jusqu’à ce que ce qu’il soit enfin le temps de faire silence, afin que « Quelqu’un » nous parle. Réussirons-nous à être silencieux, en ce moment attendu depuis des semaines, des mois, des années ? Surprise! L’assemblée devient attentive. Elle prie. Elle écoute. Ces six personnes qui ont marqué la foi de millions de gens sont présentées au pape Benoit XVI, qui, agissant bien humblement au nom de toute l’Église, reconnaît la sainteté de ces témoins. Ainsi commence cette célébration qui a été vécue dans une relative sobriété, priante et joyeuse à la fois, où des centaines de québécois sont heureux de pouvoir enfin invoquer « saint frère André ».









Demain matin, le frère André sera canonisé à Rome. Il sera offert en exemple au monde entier. Cet humble frère a été un homme de foi et de prière. Sa confiance en Dieu et en saint Joseph était absolue, lui qui disait : « Quand saint Joseph pousse avec Dieu, ça pousse fort. » Homme de prière, on disait de lui : « Il parle de Dieu aux hommes et il parle à Dieu des hommes. » Chaque jour, il faisait son chemin de croix en méditant sur la passion du Christ, il disait son chapelet en méditant les mystères du Rosaire. La nuit, pendant que quelque pèlerin dormait sur sa couche, lui, regardant le tabernacle par la petite fenêtre dans le mur de sa chambre, il priait pour toutes les personnes qu’il avait rencontrées et il parlait à Jésus son ami. Au père Deguire, son supérieur, qui s’inquiétait de le voir ainsi prier toute la nuit, il avait répondu : « Si vous saviez l’état du monde, vous ne parleriez pas ainsi. » Mais il invitait aussi les gens à prier Dieu par l’intercession de saint Joseph ; il les invitait à se confesser, à participer à la messe et à communier. Pour lui, le plus important ce n’était pas les guérisons mais la foi. « Beaucoup, disait-il, me demandent la guérison mais très peu la foi. » Et à ceux qui lui demandaient la guérison, il disait : « Priez Dieu pour obtenir la grâce d’accepter sa volonté sur vous. S’il veut vous guérir, remerciez-le ; mais si telle n’est pas sa volonté, demandez-lui la force de vivre avec votre maladie. » Il invitait les pèlerins à la confiance en Dieu : « Mais faites-lui donc confiance ! » Il insistait sur la proximité aimante de Dieu pour chacun de nous : « Entre Dieu et nous, il n’y a que l’épaisseur d’un voile. » Ou encore : « Quand nous disons le Notre Père, c’est comme si Dieu avait l’oreille collée à notre bouche. » Le frère André a été toute sa vie, tant dans les moments de joie que dans les épreuves, un homme de foi et de prière persévérante. Oui, il est vraiment le Saint Frère André !