
La crypte lors de la diffusion de la canonisation du frère André (Photo : DI MATTEO)
par Sabrina Di Matteo, rédactrice en chef de la revue Haute Fidélité
MONTRÉAL – Place Saint-Pierre, des dizaines de milliers de pèlerins, dont une délégation de 1,500 québécois, ont assisté à la canonisation du frère André, humble portier de Montréal. À 4h00 du matin, près de 1,500 personnes s’entassaient dans la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph pour la retransmission de la messe sur grand écran par Sel + Lumière, tandis que 500 autres fidèles étaient montés dans la basilique de l’Oratoire pour capter la bande sonore de l’événement.
Dans la crypte, la foule s’est levée d’un bond pour ovationner saint André Bessette, lorsque le pape Benoît XVI a proclamé sa canonisation. Quatre femmes ont aussi été proclamées saintes : Candida Maria de Jesus Cipitra, religieuse espagnole qui a fondé les Filles de Jésus, Mary MacKillop, première sainte australienne, fondatrice des Sœurs du Saint-Joseph-du-Sacré-Cœur, Battista Varani, moniale italienne de l’Ordre de Sainte-Claire et Giulia Salzano, italienne, fondatrice des religieuses du Sacré-Cœur-de-Jésus. Enfin, Stanislaw Soltis, prêtre polonais, a aussi été canonisé.
À Rome comme à Montréal, la foule était bigarrée : une diversité d’âges et de cultures se côtoyaient pour rendre hommage à des figures inspirantes, désormais vénérées dans l’Église universelle. Soulignons la participation de plusieurs équipes de jeunes au cours de l’animation chantée et priée de la vigile à l’Oratoire.
À l’issue de la messe, le pape s’est adressé spécialement aux pèlerins francophones, les encourageant à s’inspirer de saint André Bessette : « Puissiez-vous, vous aussi, déborder de charité envers vos frères et sœurs qui connaissent la détresse… et bon séjour à Rome! »
Le soir avant la canonisation du frère André, des milliers de pèlerins montréalais, à Rome et à Montréal, ont convergé vers les veillées de prière en l’honneur de saint André Bessette. La basilique Sant’Andrea della Valle (Rome) accueillait la délégation montréalaise, devant laquelle le père Claude Grou, CSC, recteur de l’Oratoire, a témoigné de la spiritualité du frère André. Alors que la veillée de Rome prenait fin, la vigile à l’Oratoire Saint-Joseph commençait. Depuis la messe de 19h30 jusqu’à pendant la diffusion de la canonisation, la crypte a été pleine à ras bords.
À l’Oratoire Saint-Joseph, les célébrations se poursuivent dimanche : petit déjeuner communautaire, messe solennelle dans la basilique, concerts d’orgue et de carillon, procession vers la chapelle d’origine pour l’installation de l’icône de saint André Bessette.
Demain matin, le frère André sera canonisé à Rome. Il sera offert en exemple au monde entier. Cet humble frère a été un homme de foi et de prière. Sa confiance en Dieu et en saint Joseph était absolue, lui qui disait : « Quand saint Joseph pousse avec Dieu, ça pousse fort. » Homme de prière, on disait de lui : « Il parle de Dieu aux hommes et il parle à Dieu des hommes. » Chaque jour, il faisait son chemin de croix en méditant sur la passion du Christ, il disait son chapelet en méditant les mystères du Rosaire. La nuit, pendant que quelque pèlerin dormait sur sa couche, lui, regardant le tabernacle par la petite fenêtre dans le mur de sa chambre, il priait pour toutes les personnes qu’il avait rencontrées et il parlait à Jésus son ami. Au père Deguire, son supérieur, qui s’inquiétait de le voir ainsi prier toute la nuit, il avait répondu : « Si vous saviez l’état du monde, vous ne parleriez pas ainsi. » Mais il invitait aussi les gens à prier Dieu par l’intercession de saint Joseph ; il les invitait à se confesser, à participer à la messe et à communier. Pour lui, le plus important ce n’était pas les guérisons mais la foi. « Beaucoup, disait-il, me demandent la guérison mais très peu la foi. » Et à ceux qui lui demandaient la guérison, il disait : « Priez Dieu pour obtenir la grâce d’accepter sa volonté sur vous. S’il veut vous guérir, remerciez-le ; mais si telle n’est pas sa volonté, demandez-lui la force de vivre avec votre maladie. » Il invitait les pèlerins à la confiance en Dieu : « Mais faites-lui donc confiance ! » Il insistait sur la proximité aimante de Dieu pour chacun de nous : « Entre Dieu et nous, il n’y a que l’épaisseur d’un voile. » Ou encore : « Quand nous disons le Notre Père, c’est comme si Dieu avait l’oreille collée à notre bouche. » Le frère André a été toute sa vie, tant dans les moments de joie que dans les épreuves, un homme de foi et de prière persévérante. Oui, il est vraiment le Saint Frère André !
Par François Gloutnay, rédacteur du blogue Nouvelles de l’ACPC

